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Yacef Saâdi

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Sujet / Message Yacef Saâdi

Message par Sphinx le Dim 3 Jan - 21:48

Yacef Saadi (né dans la Casbah à Alger le 20 janvier 1928) est l'un des chefs du Front de libération national algérien.(FLN) lors de la bataille d'Alger en 1957, pendant la Guerre d'Algérie. Il a joué son propre rôle dans le film de Gillo Pontecorvo, La Bataille d'Alger, qu'il a également co-produit.

Biographie

Il commença sa vie professionnelle comme apprenti boulanger dans la Casbah. En 1945, il rejoignit le Parti du peuple algérien (PPA), parti nationaliste interdit par les autorités françaises auquel succéda le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD). De 1947 à 1949, Yacef Saadi servit dans l'aile paramilitaire du MTLD, l'Organisation Spéciale. Après le démantèlement de l'OS, Yacef Saadi se rendit en France et y vécut jusqu'en 1952, puis il retourna en Algérie, où il reprend son métier de boulanger dans la Casbah.

Il rallie alors le FLN, au début de la guerre d'Algérie, en 1955 . En juin 1955, il est envoyé en Suisse pour une mission de liaison avec Ben Bella . Expulsé par les autorités helvétiques, il est arrêté à Orly par la police française, transféré à Alger, emprisonné, puis libéré en septembre contre la promesse d'informer la DST sur les activités du FLN à Alger , il va « donner » aux services français tous les messalistes notoires de la Casbah, en suite il parvient à se défaire de ce double jeu risqué en plongeant dans la clandestinité, devenant le bras droit de Larbi Ben M'Hidi, chef du FLN pour la zone militaire d'Alger .

En mai 1956, il était le chef FLN de la Zone autonome d'Alger (ZAA) faisant de lui l'un des leader algérien lors de la bataille d'Alger.

Des négociations secrètes se déroulent à Belgrade et à Rome durant l’été 1956. Mais les plus radicaux des militants de l'Algérie française s'organisent en groupuscules paramilitaires, sous la direction d'André Achiary, ex-officier du SDECE qui fut sous-préfet dans le Constantinois au moment du massacre de Sétif (1945). Avec des membres de l'Union française nord-africaine, créée par Robert Martel, Achiary monte l'attentat de la rue de Thèbes, dans la Casbah d'Alger, dans la nuit du 10 août 1956, qui fait 16 morts et 57 blessés, et marque un tournant dans la guerre d'Algérie . Patrick Rotman souligne ainsi, dans L'Ennemi intime (2002), qu'« à Alger, le contre-terrorisme a précédé le terrorisme » . Yacef Saâdi, qui était alors le chef militaire du FLN à Alger, déclarera ensuite à la journaliste Marie-Monique Robin :

« Jusqu'au massacre de la rue de Thèbes, nous ne faisions des attentats à Alger qu'en réponse à des arrestations massives ou à des exécutions. Mais là, nous n'avions plus le choix: fous de rage, les habitants de la Casbah ont commencé à marcher sur la ville européenne pour venger leurs morts. J'ai eu beaucoup de mal à les arrêter, en les haranguant depuis les terrasses, pour éviter un bain de sang. Je leur ai promis que le FLN les vengerait. »
Les négociations de paix sont rompues, et le gouvernement de Guy Mollet (SFIO) met alors un terme à la politique des négociations. Larbi Men M'Hidi décide d'étendre les actions terroristes à la ville européenne, afin d'atteindre les couches urbaines, en particulier la bourgeoisie arabe, et de faire d'Alger une caisse de résonance pour toucher l'opinion publique métropolitaine et internationale. Après l'envoi à la guillotine de responsables FLN, ce dernier donne comme instructions : « Descendez n'importe quel Européen de dix-huit à cinquante-quatre ans. Pas de femmes, pas d'enfants, pas de vieux. ».

Le 24 décembre 1956, Amédée Froger, un ultra, président de l'Association des maires de l'Algérois est assassiné. Selon Saâdi, cet assassinat fut commandé par les ultras de l'armée française pour déstabiliser le pouvoir civil et provoquer la prise du pouvoir des militaires (Saâdi, La Bataille d'Alger, 1997), mais Marie-Monique Robin affirme que « ce point n'est toutefois pas du tout établi » .


La bataille d'Alger

Avec Ali la Pointe pour adjoint , il crée les filières de conception, de réalisation, de stockage et de distribution de bombes et organise les séries d’attentats à la bombe dans Alger entre l’automne 1956 et l’été 1957. Ces attentats, perpétrés par de très jeunes femmes d’allure européenne dans les lieux publics (bars et restaurants, hôtels, avenues et boulevards, transports en commun, stades, dancings) font des dizaines de morts.

Le 7 janvier 1957, 8 000 hommes de la 10e DP de retour d’Égypte, où ils ont participé à la campagne de Suez, pendant laquelle l'armée s'est sentie humiliée, entrent dans Alger avec pour mission de « pacifier » la ville. La division est commandé par le général Jacques Massu, à qui Robert Lacoste vient de donner les pleins pouvoirs, assisté des colonels Marcel Bigeard, Roger Trinquier, Fossey-François et Yves Godard.

Le FLN lance ensuite un mot d’ordre de grève générale pour le 28 janvier. Les parachutistes brisent la grève en quelques jours, ouvrant les magasins de force, allant chercher à domicile avec des camions les travailleurs et les fonctionnaires absents au travail.

Saadi remplace Larbi Ben M'hidii après sa mort, en mars 1957, exécuté par le général Aussaresses .

Juillet 1957, il entretient en parallèle des relations clandestines avec l’ethnologue Germaine Tillon (membre en 1955 du cabinet de Jacques Soustelle, gouverneur de l’Algérie ), pour tenter de mettre fin à la spirale des exécutions capitales et des attentats aveugles.

L'arrestation


Les forces de l’ordre se demandent comment elles vont se saisir de Yacef Saadi ! C’est alors qu’elles réussissent à mettre la main sur un de ses amis nommé Ghandriche Hacène, plus connu sous le pseudonyme de Zerrouk : c’était le chef de la région 3 de la zone d’Alger. Après plusieurs jours de palabres et de marchandages, les services du GRE (Groupe de renseignements et d'exploitation) dirigé par le capitaine parachutistes Paul-Alain Léger sous le commandement du colonel Yves Godard d'Alger Sahel font basculer Zerrouk dans le camp français et incorporé dans l'équipe des « bleus-de-chauffe », ce sont des anciens combattants FLN faits prisonniers, et qui ont été « retournés », c'est-à-dire qu'après un certain temps de réflexion, ils s'étaient portés volontaires pour lutter contre leur ancien camp. Ces hommes étaient particulièrement efficaces car ils connaissaient parfaitement les groupes auxquels ils appartenaient quelques mois auparavant. Zerrouk ne parle à personne de son revirement et évite de mettre sa femme au courant de sa nouvelle situation. Le capitaine Léger pensait qu’il possédait maintenant un élément important pour la capture de Yacef Saadi. Léger imagine de mettre en contact Houria, la jeune femme brune trompée, avec Zerrouk. Ce dernier envoya la jeune femme porter un message à son épouse. Dans cette lettre, il affirmait que Houria était sa collaboratrice et qu’il fallait la cacher dans sa maison ! C’est ce qui se passa et Houria, une fois dans la place, put observer à loisir les gens qui se présentaient chez Zerrouk. Un jour, elle réussit à faire passer un message à Léger : elle décrivait un homme qui venait très souvent sonner chez son hôte : il était facile à reconnaitre car il promenait toujours en tenant une petite fille de 5 ans par la main. Grâce à ce renseignement, le visiteur fut rapidement identifié, et son domicile repéré n° 4 rue Caton dans la Casbah. Mais cela ne signifiait pas que Yacef Saadi se cachait à cette adresse.

Le 23 septembre, les gendarmes d’Alger arrêtent un homme nommé Djamel : ce dernier fut interrogé par le GRE : il avoua connaître Yacef Saadi et ajouta qu’il l’avait rencontré rue Caton ! Ces deux renseignements qui se recoupent donnent la convection que Yacef Saadi loge bien dans cette rue. Le lendemain, mardi 24 septembre, à 2h30, une opération est lancée, les paras du 1er REP sous le commandement du colonel Jean Pierre et les « bleus » du capitaine Léger bouclent totalement la rue Caton. Les hommes pénètrent dans la maison. La propriétaire protesta énergiquement contre cette intrusion et prétendit être une informatrice des services français. Mais quelques « bleus » la reconnurent : c’était la veuve d’un chef FLN ; elle participait également à la chaine de soutien aux hommes de la ZAA. La fouille de la maison commença. Yacef Saadi était effectivement présent dans l’immeuble avec sa compagne et sa collaboratrice : Zohra Drif. Ils se cachèrent dans un petit réduit au fond d’une salle de bain. Les paras eurent vite repéré la planque. Yacef Saad, il a sans doute compris qu'il avait été trahi, pour les faire reculer, lança une grenade dans le couloir. Les éclats blessèrent le colonel Jean Pierre. Les paras disposèrent alors une importante quantité d’explosifs dans les couloirs afin de faire sauter l’immeuble si Yacef Saadi ne se rendait pas, il n'avait pas le choix, il négocie ensuite sa reddition avec le colonel Godard et le capitaine Allaire, pour bénéficier le statut de prisonnier de guerre, au petit matin, il se rend à un détachement du 1er REP et fait des aveux détaillés plus de cent pages, condamné à mort. Le général Paul Aussaresses a prétendu [réf. nécessaire] que, pendant sa détention, il fournit aux forces françaises l'endroit où se cachait son adjoint, Ali la Pointe. Cette version est cependant démentie par Marie-Monique Robin, qui affirme qu'Ali la Pointe a été repéré par les « bleus-de-chauffe » grâce à Zerrouk. .

Il vit sa peine de mort commuée, après le retour de Charles de Gaulle au pouvoir, en 1958. Libéré après les accords d'Évian du 18 mars 1962, et proche de Ben Bella, il fonde alors Casbah Films, une société de production cinématographique financée par des capitaux algériens et yougoslaves . En parallèle, il crée une affaire d’import-export.


En juillet 1963, il est nommé par Ahmed Ben Bella président du C.N.A.P. (Centre National d’Amitié avec les Peuples, destiné à faire connaître internationalement les réalisations du socialisme algérien).

Tandis qu'il était en prison, Yacef Saadi écrivit ses mémoires de la bataille, qui furent publiés en 1962 sous le titre Souvenirs de la Bataille d'Alger. En 1966, après la fin de la guerre, Saadi produit le film de Gillo Pontecorvo, La bataille d'Alger

Le 6 janvier 2001, il est nommé sénateur par le président Bouteflika sur le contingent de 29 nominations qui lui est réservé

wikipedia

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Sujet / Message Re: Yacef Saâdi

Message par Sphinx le Dim 3 Jan - 22:03

Reddition de Yacef Sâadi

Le 24 septembre 1957 voit la reddition de Yacef Sâadi, chef de la Zone Autonome d’ Alger en compagnie de Zohra Drif. Arrêté le matin , il avoue que "… ses ordres sont exécutés non seulement par ses groupes d’action mais aussi par ceux qui ont été constitués par le parti communiste algérien et dont il assure le contrôle."

Lors du procès des "Combattants de la liberté" qui se déroulera du 4 au 7 décembre 1957 devant le tribunal des Forces armées d’ Alger, appelé à la barre , il confirmera ses déclarations.

Il est condamné à mort par le même tribunal des Forces armées d’ Alger. Gracié, il sera libéré en 1962.

Yacef Saâdi Rediti10

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rappel de cette capture en images ( commentaires-Historia Magazine La guerre d’ Algérie)

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Sujet / Message Re: Yacef Saâdi

Message par Sphinx le Lun 4 Jan - 0:14

Copie de la confession de Yacef, saadi ben mohamed

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Sujet / Message Re: Yacef Saâdi

Message par Sphinx le Lun 4 Jan - 0:15

Ecrite librement.

Ayant milité depuis 1944, époque où je versais simplement des cotisations, je devins militant actif à partir de 1947 au sein du parti du peuple algérien ( P.P.A). Ayant rendu d'énormes services au parti, par la propagande et par le recrutement, je fus muté à l'O.S. (Organisation Secrète) très dangereuse à l'époque, étant donné la structure et la discipline très sévère ainsi que son armement.

De 1947 à 1949 je fus membre instructeur (manuel du gradé) etc� J'ai dû démissionner de cette organisation ou plus exactement m'enfuir en France, rapport à quelque dirigeant usant de parti pris et n'étant pas à hauteur de leur tâche. Je passai donc loin d'Algérie les années 1949 jusqu'en 1952, date à laquelle je me suis installé définitivement ne m'occupant que du commerce que je devais gérer au nom de mon père à ALGER. Deux années s'écoulèrent paisiblement quand toutefois, vers la fin de 1954 je recevais la visite de Zoubir BOUADJADJ (actuellement détenu à MAISON CARREE), il me parlait d'une révolution toute proche. Je n'ai eu cette confirmation que le premier novembre 1954, jour où il était venu à la boulangerie m'annonçant la réussite. J'ai commencé à être intéressé par la propagande, très réussie. Il me présenta BITAT Rabah, afin que la continuation de la lutte ne s'arrête pas à cette flambée, et comme j'étais connu à ALGER, le problème de sécurité pour BITAT ne se posait plus. J'avais donc hébergé BITAT et commencé moi-même à former des éléments en leur faisant comprendre que cette lutte était en dehors des deux clans qui se disputaient le pouvoir (MNA et centralistes). Quelque temps après ce fut la venue de KRIM Belkacem et de OUAMRANE que j'avais hébergés toujours chez moi, puis quelques temps après celle de ABANE Ramdane et du docteur HAKINE ( ?)

Ensemble nous formions un état major chez moi où toutes les décisions étaient prises. L'arrestation de BITAT, le 16 mars 1955, nous oblige à nous séparer. Je me suis trouvé recherché, et j'avais à ma charge KRIM et ABANE, OUAMRANE avait regagné le maquis.

Après le déclenchement de novembre 1954, aucune ligne de conduite ne fût adoptée, il fallait pour ABANE et KRIM la persuasion que ceux de l'extérieur (BEN BELLA et sa clique) n'avaient pour rôle que de représenter ceux de l'intérieur, et que la souveraineté revienne à ceux de l'intérieur. J'entreprit un voyage en SUISSE pour toucher un membre de l'extérieur. Voyage qui avait d'ailleurs échoué par mon arrestation au lendemain de mon arrivée en SUISSE. Je fus transféré à la prison civile d'ALGER, gardé pendant quatre mois, j'ai été relâché sous condition. Je n'ai pu remplir cette condition en raison de la suspicion de l'organisation à mon égard. Je me suis donc dégagé de toute responsabilité, et je partais donc en France, précisément à TOULON .

A mon arrivée à TOULON, un Nord-Africain m'aborda et me remis un pli. Il y avait écrit qu'il fallait par tous les moyens rejoindre ALGER sous peine de mort. Je fus obligé de revenir immédiatement et depuis ce fût la clandestinité au sein du F.L.N. . Il me fallait donner des preuves et être bien compromis. Le but de ceux qui m'avaient appelé avait bien réussi, j'étais bel et bien compromis.

Pour mieux être surveillé, on me détacha comme responsable de Mustapha FETEL, qui fut arrêté quelques jours après. Après cette arrestation, ce fut le tour de BOUPACHA Belkacem qui prit la tête de l'organisation militaire à ALGER. Quelques mois après il fut arrêté. Je devins donc le responsable militaire il fallait donc ne plus reculer.

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Sujet / Message Re: Yacef Saâdi

Message par Sphinx le Lun 4 Jan - 0:20

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Sujet / Message Re: Yacef Saâdi

Message par Sphinx le Lun 4 Jan - 0:23

Les bombes cette sinistre besogne Je le reconnais, car j'ai toujours été conscient de mes actes, et pour le C.C.E. c'était un moyen d'exprimer les choses que l'on s'obstine à nous donner.

J'ai été toujours contre, mais, hélas, il fallait respecter les ordres. Cela avait débuté en juin-juillet 1956 où les "ultras" d'ALGER avaient déposé un obus plein de dynamite qui devait faire des morts et des blessés, environ 70 êtres, hommes, femmes et enfants. Il fallait une vengeance pour remonter le moral de la population musulmane. J'entreprit des recherches du coté de quelques chimistes dont dispose l'organisation Le premier laboratoire, rue de le Grenade au numéro 5, dans la demeure de KARSALI Abdelghane. Là le chimiste TALEB prit la tête d'une équipe se composant de KOUACHE Rachid, mort à EL BIAR, chargé des montures des réveils et des soudures des piles. ABDELGHANI, ébéniste de son métier, tout en apprenant la chimie, était chargé de confectionner les caisses où devaient être mises les bombes.

1er objectif : nous ne connaissions pas la puissance ni l'effet de ces engins. Un attentat spectaculaire devait rassurer la population musulmane et lui faire oublier ce qu'elle venait de subir.

La Cafetaria, le Milk bar, le Mauretania et un batimant avenue de la Marne. Contrairement à ce que certains ont pu dévoiler, voici exactement les personnes qui ont placé ces bombes : Cafetaria, Samia LAKHDARI ; le Milk-bar, Danielle (pseudonyme) fille de mère française et de père musulman, tous deux instituteurs, boulevard de Verdun, ALGER (sont actuellement à la prison civile) ; Maurétania, ZOUBIDA, nom pas connu, mais qui a une s�ur habitant chez un médecin, rue Colonna d'Ornano ; avenue de la Marne, le groupe armé de BEN CHERIF OMAR et Ali MOULAY.

Toutes ces bombes ont plus ou moins explosé le premier octobre 1956.

Il fallait, vu les résultats, mettre sur pied un véritable "labo" et par mesure de sécurité l'éloigner de la casbah. Le nommé Saïd, tenancier d'un bar square Bresson, (Saîd SMAIL) nous offrit son domicile, qui d'ailleurs n'a pas duré, car, après mise au point des premières bombes chez lui, il y eut l'explosion, et là mourut Rachid KOUACHE, pendant que Abdelghani et le nommé BAKI salah prirent le chemin de la casbah. Il fallait un nouveau laboratoire, c'est alors que Mustapha BOUIRED (oncle de Djemila BOUIRED) fut sollicité. Il accepta avec hésitations, mais il accepta. Nous entreprîmes d'installer des abris en cas de perquisition.

Cherif DEBIN rentre en jeu : Cherif DEBIN, bien connu sous le nom de SI MOURAD avait quitté ALGER le mois de juillet 1955 après l'arrestation de BEN ? ? ?. Ayant commis une bêtise au maquis, il fut obligé de fuir pour venir à ALGER. Il fut condamné à mort par le F.L.N. Je l'avais repêché, et j'ai pu obtenir sa grâce. Soudeur de son métier il entra à l'�uvre avec l'équipe des bombes.

Cette équipe se composait donc de TALEB, Abderhamane, CHERIF DENIN, ABDELGHANE, BENREZOUANE, Saïd, Mustapha LADJALLI, et BAZI Sallah. Chacun avait un rôle, quoi qu'ils devaient tous être au courant du perfectionnement et mise au point d'une bombe prête à exploser. Le F.L.N. à cette époque avait laissé un tract où il disait que des bombes allaient exploser. Je reçu donc ordre d'activer les travaux de bombes. Il fallait que l'action continue, car les "ultra " avaient déjà préparés leur offensive, et il était temps de les freiner. J'entrepris donc deux actions destructives : bombes rue Colonna d'Ornano et rue Michelet. La première par ZHOULIKA, la deuxième par BOUIRED.Djemila.

Je recevais ce jour là un blâme. Le C.C.E. me disait d'être plus sec que le moment est favorable pour que la minorité européenne reconnaisse nos droits. Vingt jours après, j'avais établi un plan bombes dans des paquets de journaux. Je fus obligé de les faire sortir de la casbah pour faire croire que le "labo" était quelque part en banlieue. Cette action échoua rapport au mauvais fonctionnement du détonateur et le dereglage en cours de route. Les éléments chargés de cette mission furent obligés d'abandonner les paquets un peu par-

pour juger de la bonne foi de cet excellent terroriste on notera que:

20 juin 1956:

Bombe à Bab El Oued, quatre morts, 16 blessés. (suivant des sources non publiques il y a eu en fait une dizaine d'attentats causant la mort de 49 personnes). Les terroristes laissent des tracts expliquant que s'ils tuent au hasard c'est pour venger les deux terroristes guillotinés l'avant veille, "justification" pieusement reprise par toutes les grandes consciences, qui approuvent ainsi qu'on frappe au hasard des dizaines de personnes pour venger la mort d'assassins démocratiquement condamnés.

10 Août 1956.

Explosion dans une maison de la casbah d'Alger, 16 morts, 32 blessés. On sait maintenant qu'il s'agissait d'une opération de contre terrorisme gaulliste, menée par Castille, lequel, le 16 janvier 1957 , toujours gaulliste, essayera de tuer Salan, général trop républicain à leurs yeux.

Ainsi donc, Yacef Saadi raconte dans ses tracts que les bombes du 20 juin, vengeaient deux terroristes qui avaient été guillotinées deux jours avant (les bombes étaient donc prêtes...), puis quelque mois aprés dans sa déposition, il explique que c'est parce que Castille avait fait exploser une bombe le 10 Août, deux mois plus tard.

Il n'a pas la mémoire des dates, mais ce qui est sûr c'est qu'il fait que se venger.

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Sujet / Message Re: Yacef Saâdi

Message par Sphinx le Lun 4 Jan - 0:34

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Sujet / Message Re: Yacef Saâdi

Message par Sphinx le Lun 4 Jan - 0:37

-tout, au lieu de les mettre comme convenu dans les couloirs.

Arrivage du plastic, par la voie du maquis de la wilaya 5 (Oranie). Nous avons alors décidé d'abandonner l'ancienne poudre et cela nous permettait aussi de réduire les modèles de carcasses.

Première action au plastic : je me rendais compte de la puissance de cet explosif. J'entrepris donc son utilisation pour des objectifs ne touchant pas l'être humain. Ce fut les attentats contre le Grande Poste ; les tris postaux , radio-ALGER et Veuve Cote. Je prenais soin pour ces objectifs de choisir l'heure ou le jour.

Je fus de nouveau harcelé par le C.C.E. (BENKHEDDA). C'est alors que pour repartir les taches, j'ai du créer des réseaux s'occupant de ces bombes : réseau BENKACEUR dit " Toufik " élément en contact à l'époque avec les groupes communistes convertis au F.L.N. (voir YVETON).

HATTAB, Mohamed, AMMADJI, OMAN ADER, et BENCHERIF Omar. Vu l'importance et le développement de l'organisation, je fus mis en contact avec le nommé CHERGUI Brahim, élément politique avec qui je collaborais en définissant les lignes de conduite politique. Notre contact nous réunissait à trois, BEN KHEDDA, CHERGUI et moi, et pour toute autres travail (décision) BEN M'HIDI prenait tout en charge. BEN M'HIDI se décida à rejoindre la casbah pour mieux contrôler nos actions et s'assurer de leur exécution. Une fois par semaine, BEN M'HIDI allait faire sa réunion avec le C.C.E. Notre proposition ne changeait guère, il fallait toujours attaquer. Vers le mois d'octobre, je fis la connaissance de DRIF Zohra qui m'a été présentée par le dénommé KHECHIDA, Abdallah, dit " Mourad ". Cette fille devait se charger des liaisons. Quelques jours après c'est même Abdallah qui me présenta MASSINA bent BOUALI, elle était recherchée. Je devais la prendre en charge et la mettre dans un abri sûr chez Djemila BOUIRED. Djemila BOUIRED en même temps que DRIF, Zohra, me servait d'agent de liaison. Djemila BOUIRED était en contact avec BHOULIKA qui lui transmettait des courriers destinés aux autres filles.

Je recevais donc ces ordres directement de BEN M'HIDI, installé chez le Bachaga BOUTALEB, où furent réglées trois bombes. Cette fois-ci, en dehors de mes connaissances, AMMAR, Ali fut chargé de l'exécution de cette action ; bombes stades, reglées par SI MOURAD, qui fut appelé par AMMAR, Ali et envoyé par moi.

Avant son arrestation et son départ de la casbah, BEN M'HIDI m'avait signifié le départ hors d'algérie, en compagnie du C.C.E. Donc, officiellement, je devais assurer le commandement de la zone autonome d'ALGER.

Ce fut à cette époque le démantèlement de tous les réseaux politiques et militaires. Il ne restait plus personne, certains avaient regagné le maquis, d'autres se sont terrés.

Pour moi, et ceux qui sont demeurés toujours avec moi, nous étions harcelés et nous échappions de justesse à chaque fois. Il y avait en ma compagnie, Djemila BOUIRED, Zohra DRIF, MASSINA Bent BOUALI, Cherif DENIN, AMMAR, Ali. Il fallait réorganiser, et je fis appel à ceux qui avaient échappé aux recherches.

HATTAB, Mohamed, accepta de reprendre ses activités, MEL HAFFAF et Cherif DENIN devaient reconstituer les maillons détruits. Chacun avait son rôle. Celui de DENIN était provisoire dans le domaine politique. Un nouveau recrutement pour remplacer ceux qui étaient partis. Parallèlement, une organisation militaire fut mise sur pied, dirigée par HAMEL. J'avais encore quelques bombes et j'avais ordonné à HATTAB de mettre à l'�uvre une bombe pour marquer notre présence F.L.N. Bombe qui explosa dans un couloir avenue de la Marne.

Pour mieux consolider l'organisation, il fallait une période d'accalmie. J'avais rétabli et mis sur pied les liaisons du maquis.

HATTAB, en dehors de ses fonctions politiques, avait organisé un réseau bombes comprenant neuf personnes, qui n'étaient connues que de lui. Ce réseau se chargeait aussi d'attentats au revolver (voir attentat caïd OKBA de l'ALMA).

L'accalmie fut troublée: Affaire MELOUZA-WAGRAM. Les atrocités de MELOUZA et WAGRAM ont soulevé les consciences humaines. A ALGER, nous étions dans le doute.

.../...

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Sujet / Message Re: Yacef Saâdi

Message par Sphinx le Lun 4 Jan - 0:46

Yacef Saâdi 57092513

Quels étaient les véritables instigateurs? Un cas de conscience s'était posé pour moi, j'avais juré que si cette boucherie était l'�uvre du F.L.N., de me rendre auprès des autorités et d'inciter tout ALGER à se rallier.

Après enquête auprès des responsables des wilayas, j'avais la confirmation que cette oeuvre était en dehors du F.L.N.

HATTAB me proposa des bombes qu'il voulait régler à l'heure qu'il m'avait indiquée. Ce furent les bombes (5) des lampadaires. Quelques jours après HAMEL par l'intermédiaire de MOULAY, Ali proposa une bombe, ce fut celle du casino.

D'autres attentats à la bombe devaient être effectués, dirigés par HAMEL et que ses chefs de région, ZEROUK, MOULAY, et (Hani ?) devaient faire déposer par leurs éléments.

Ce fut des actions plutôt psychologiques, pour montrer la présence du F.L.N.

Les actions qui se succédèrent avaient pour but de mettre fin par ce moyen aux exécutions des condamnés à mort.

Dès lors, aucune bombe ne fut mise à l'action, pour des raisons politiques.



..................Transcrit par..................................................... L'intéressé,

Le gendarme NOGUEIRA, O.P.J.A.......................... YACEF, Saadi



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Sujet / Message Re: Yacef Saâdi

Message par Sphinx le Jeu 8 Avr - 9:58

Récits de la Bataille d’Alger par Yacef Saâdi : Opération “Bérets verts”

Yacef Saâdi Saadi_10

Vers le mois d’avril 1957, un dispositif militaire colossal investit Alger pour “maintenir l’ordre”. Apparaît alors dans ce climat de guerre et de représailles, le mythe du para chez les Européens. L’organisation de la Zone Automne d’Alger se devait d’agir contre la prétendue invincibilité des parachutistes qui n’hésitaient d’ailleurs pas à mitrailler des innocents arrachés de leurs gîtes modestes, comme au chemin Vauban. Des témoignages rapportent qu’ils tiraient à bout portant sur des succombants. Yacef Saâdi, chef historique de Z.A.A. raconte la brutalité bestiale de ces militaires, les connivences occultes qu’ils entretenaient avec des parties qui, elles aussi, mettaient à l’occasion toute leur fureur haineuse pour exécuter les basses œuvres. Les fidayine ont répliqué par des opérations spectaculaires. le cycle sanglant de la guérilla urbaine s’enclenche.

Vers la fin du mois d'avril 1957, une partie de la grosse concentration de troupes décroche d'Alger ne conservant qu'une trentaine de milliers d'hommes appuyés par le colossal dispositif d'intervention du secteur Alger-Sahel pour « maintenir l'ordre » dans la capitale. Les cinquante-mille hommes prélevés d'Alger rejoignent la Kabylie, le massif blidéen jusqu'à Djelfa au sud et les contreforts de l'Ouarsenis dans le nord-ouest.
A la même période, à Alger, le parachutiste devient un véritable objet de culte. Le mythe personnifié du héros s'incruste à vive allure dans les mœurs des Européens d'Alger. «Le pied-noir » ne jure que par lui . Les hommes en tenue de camouflage devinrent des objets d'admiration.
Pourtant, en dépit d'une image tout à fait négative, paradoxalement le mythe du para progressait La question était de savoir comment stopper la progression.
Et si on tentait une opération para pour rappeler que nous existons ? dis-je à Ali la Pointe. La suggestion lui convenait. Il approuva. Donc on était d'accord pour marquer le coup à un moment où, il est vrai, notre « absence » relative du terrain avait dû faire croire à certains des nôtres que nous étions finis. L'ordre est fixé au 2 mai 1957. C'est évidemment à Ramel qu’échoit la tâche de conduire le bal avec la consigne de ne viser que les militaires, officiers, sous- officiers mais en priorité les parachutistes. L'offensive devra se poursuivre pendant quelque temps.
Ramel à bien saisi le fond de mes intentions. Il le démontre dès le lendemain. En effet, pendant plusieurs jours, on ne parle que des paras. Des paras qui tombent et dont les fidaïs arrachent la coiffe au passage en guise de trophée. C'est d'ailleurs Ahmed Chicha (de son vrai nom Benchiha ) un redoutable baroudeur de la Z.A.A., qui a eu cette idée de rapporter la casquette du parachutiste une fois celui-ci passé de vie à trépas. C'est nouveau et même stimulant dans un certain sens.
Enfin, la cote du combattant de l'ombre, la nôtre, s'est mise à grimper à nouveau et, inversement, le mythe du para à régresser. L'enthousiasme engendré par cette « flambée » diffuse mais efficace n'a pas, cependant, manqué de nous inciter à accentuer la pression. En effet, le nombre de plus en plus important de parachutistes éliminés alternant avec des soldats des autres armes accusant la même courbe en augmentation, a de quoi griser les esprits. Je me dis alors « nous tenons le bon bout...».
Erreur ! Car le 17 mai 1957, un coup d'arrêt brutal nous est assené. Une initiative pleine d'audace prise par Ahmed Chicha vient mettre fin à notre enthousiasme. L'événement a lieu aux abords immédiats du chemin Vauban, dans le quartier du Ruisseau, au nord. Chicha n'a pas transgressé les consignes d'usage, il a simplement innové en arrachant les casquettes des paras.
Mais en un mot pour dépeindre notre héros. Chiha était un solitaire. II n'était pas le seul au sein de la Z.A.A. Il y avait eu avant lui Arezki Lounis qui, à chaque fois, qu'il devait accomplir une mission dangereuse ou comportant des risques y allait seul. N'étant pas sournois de nature, Chiha recherchait toujours les endroits les plus exposés pour agir.
En agisssant en solitaire, il avait sans doute voulu que la peur bascule dans l'autre camp. Et c'était-là le sens de la campagne lancée le 2 mai contre le mythe de l'invincibilité du para. Comme Ali la Pointe à son apogée, Chiha multipliait les interventions. Et à chaque fois, il revenait à sa base de départ avec étrennes bérets verts, rouges ou noirs comme autant d'emblèmes des différents régiments composant la l0e Division de parachutistes. Ceci jusqu'à ce jour fatal du 17 mai où il choisit pour cible deux énièmes parachutistes à abattre à bout portant. En effet, pas de loin de là, au chemin Vauban, était installé un détachement du premier régiment de parachutistes coloniaux (R.C.P.).
Il est plus de 20 heures. Dans l'attentat, un troisième parachutiste échappe à Chiha, il s'enfuit et rejoint le cantonnement. Là, il donne l'alerte . Aussitôt, des parachutistes accourent vers le lieu où leurs camarades sont étendus à terre, morts . Armés de pistolets mitrailleurs et de grenades à main, ils entreprennent machinalement de ratisser les alentours. Décidés à se venger, les paras, une quarantaine environ, se ruent en direction du bain maure (les bains maures servent aussi de dortoir pour les sans-logis.) et des autres maisons du quartier. Ils en extirpent une centaine d'Algériens qu'ils alignent contre le mur à l'intersection du chemin Vauban et de la rue Polignac et qu'ils mitraillent ensuite sans l'ombre d'une hésitation. Le 18 mai 1957, un procès-verbal a été établi sur ordre du commissaire d'arrondissement. Le témoin répond au nom de Fontaine Paon. C'est un agent de sécurité publique, voici son témoignage «Aussitôt nous nous sommes transportés vers le lieu d'où provenaient les rafales de mitraillettes. Arrivés à l'angle du chemin Vauban et de la rue Polignac, nous avons constaté que, sur le trottoir de droite, en direction de l'usine électrique étaient allongés une quarantaine d'individus, quelques-uns d'ailleurs étant entassés les uns sur les autres. Parmi eux se trouvaient des morts et des blessés. Un groupe d'une quarantaine de militaires se trouvait à proximité et continuait à tirer des coups de feu en direction des succombants . Ces militaires appartenant à une unité de parachutistes béret bleu obéissent aux injonctions d'un commandant d'une unité territoriale que je n'ai pu identifier . Une fourgonnette et une ambulance de l'armée sont arrivées sur ces entrefaites . Ils ont acheminé des blessés en direction de l'hôpital le plus proche. Les morts ont été évacués en fourgon ... ».
Saisi de l'affaire par dossier établi le 21 mai 1957 portant le numéro d'enregistrement 139.1.42, le commandant de la subdivision territoriale d'Alger en matière de justice militaire ne daigna pas ouvrir ne fût ce qu'une procédure d'information En fait de parachutistes, la horde vengeresse qui avait immédiatement accouru vers le chemin Vauban et la rue Polignac, était commandée par un gradé (commandant) d'une unité territoriale, indique le procès-verbal établi à la demande du commissaire d'arrondissement Lafarge Maurice et de son officier Soudaye Maurice.
En effet, le procès-verbal établi par le commissariat d'arrondissement ne laissait subsister aucun doute sur l'origine « pied-noir » du commandant qui dirigeait les commandos de la mort. Bien mieux ! Il était commandant d'une unité territoriale. Par quelle étrange procédure commandait-il, ce soir-là des soldats appartenant à un détachement du 1er R.C.P. ? Quel était son nom ? On ne le saura jamais.
Quel rôle occulte jouait-il chez les paras ? Ce sont des questions de ce genre que nous eussions souhaité trouver dans le procès-verbal du commissariat.
Pour ceux qui l'ignoreraient encore, les U.T. (Unités territoriales) étaient des formations militaires dont les effectifs se composaient uniquement, plutôt exclusivement, de « pieds-noirs» disposant d'armes sophistiquées et même parfois de cuirassiers comme leurs homologues les Unités Territoriales Blindées (U.T.B.) dont le commandement avait été confié en 1956 au général Faure, l'homme qui avait failli renverser la 4e République avant l'heure.
U.T.B. et U.T. étaient à vrai dire, des unités combattantes dont les effectifs n'exerçaient pas à temps plein mais par période allant de 45 jours à trois mois. Ceci ne les dispensait pas de garder armes et munitions par devers eux en permanence. Outre cela, les paras qui s'étaient rués sur les paisibles musulmans se trouvant à proximité, connaissaient mal l'endroit. Ce fut un « pied-noir», encore un , qui leur servit de guide. Son nom, Ferrer Robert, demeurant à Hussein Dey. Si cela se trouve, C'était un homme qui, familier des Algériens, n'hésitera pas un seul instant, le lendemain du massacre, à aller goûter au couscous familial auquel les Algériens invitaient volontiers leurs amis « pieds-noirs».

Les représailles

Dans la guerre urbaine, ce ne sont pas les ressources qui manquent : ruses, subterfuges, malignité etc... constituent toute une panoplie pour ceux qui ont à cœur d'envenimer l'atmosphère d'une ville. Mais la bombe c'est avant tout le choc inattendu qui ébranle.
Le recours à l'usage de la bombe nous était donc vital . Alors, j'expédiai en le diligentant un message à Chérif Debbih (Si Mourad) pour lui demander de se tenir prêt à intervenir en urgence dans une action de représaille devant venger nos frères morts , au chemin Vauban.
On m'avait soumis quelques temps auparavant, un plan consistant à bourrer d'explosif des lampadaires de l'éclairage public implantés dans divers endroits de la ville européenne, mais pour une raison de peu d'importance, je dus en reporter l'exécution.
L'idée des lampadaires était née lors d'une discussion informelle entre membres du réseau des bombes. C'était un jeune employé des P.T.T., membre du réseau, qui en avait suggéré le principe.
Sa suggestion fut adoptée et on entreprit aussitôt d'en fignoler les contours. Le projet, prêt à l'exécution, fut mis sous le boisseau. Et voilà qu'il refaisait surface. Mais cette fois c'était la bonne. Les cibles furent choisies, elles étaient au nombre de trois. Donc exigeant trois équipes (légères) d'artificiers et un accoutrement idoine . Comme l'éclairage public relevait de la competence de I' E.G.A. (Electricité et gaz d'Algérie) l'uniforme des employés de cette grosse firme suffirait à faire passer nos « plombiers » du réseau des bombes pour de vrais agents de l'E.G.A. Pour ce faire, la mise au point du projet exigea huit jours pleins de travail méticuleux :
Sélectionner les agents pour le transport des charges, pour fixer les itinéraires à leur acheminements près des cibles etc....
Trois hommes furent choisis pour cette phase préparatoire Zmenzer Nourredine et Mehdaoui Abdenour, tous deux employés des P.T.T., et Stasaïd Mohamed, un jeune dynamique et vaillant membre à la fois du réseau et des groupes armés.
Par ailleurs, Zmenzer et Mehdaoui n'étaient pas des nouveaux venus. En tant qu'agents de maintenance des câbles téléphoniques et télégraphiques « au-dessus de tout soupçon » et bénéficiant des facilités d'accès liées à leur profession, ils avaient déjà pu introduire au mois de décembre 1956 des bombes qui, en explosant, avaient paralysé une bonne parties des services techniques de la ville.
A l'approche du jour «J», la fièvre des préparatifs augmente. Les équipes transport et artificiers, sont déjà formées.
La seconde et dernière phase est également entamée. Il ne reste que la touche finale : le déguisement. Pour cette dernière formalité, nous nous sommes adressés à Berami Mahmoud, magasinier à l'E.G.A., qui a mis à notre disposition tout ce que nous lui avons demandé, casquettes, chaussures professionnelles, tenues et même les écussons attestant que nos agents appartiennent « réellement » à la grande compagnie du gaz et de l'électricité. Mais avant de mettre le feu aux poudres, nous nous sommes aperçus que nous ne disposons pas des clefs pour ouvrir les niches d'intervention servant aux réparations des lampadaires en cas de panne. Après réflexion et grâce à Mahmoud Hadda, nous avons pu nous procurer les originaux des clefs servant à ouvrir les cavités des socles. Après les contre-façons nous les lui avons rendues. Entre-temps la filière s'est affinée. Les bombes ont été entreposées chez Omar Aïchoun au cercle du progrès dans la basse Casbah. Omar Aïchoune a été le premier président de l'U.G.C.A. (Union générale des commerçants Algériens).
Les charges ont été ensuite transférées dans un lieu sûr de la rue Rigodit à Belcourt. La date de l'opération a été fixée au 3 juin 1957. Ce jour là c'est à Ali Berrezouane de se déplacer jusqu' à Belcourt pour procéder au réglage, la première bombe devant exploser au Moulin, un quartier distant d'environ 1 km de la place de l'Agha, la seconde à l'Agha même et la troisième rue Alfred Lelluch au flanc de la Grande-Poste, entre 17 h 45 et 18 h15. Mais avant l'heure fatidique, il fallut s'acquitter d'une ultime tâche : celle du transport des faux agents de I'E.G.A. jusqu'au pied de l'ouvrage Cette dernière mission est revenue à Boussalem dit Moh-Ouchen lequel, grâce à une « deux chevaux » Citroên, a réussi à transporter l'ensemble des servants au moment convenu.
Le 3 juin, comme prévu, un premier lampadaire explose pas loin du marché « Clauzel » . Il est 17 h 45 On compte de nombreux morts et blessés. Un quart d'heure plus tard, une seconde charge transforme le deuxième support d'électricité en une masse informe, apocalyptique, une effroyable allégorie. Cest la panique à proximité du commissariat central D'abord tétanisés, les policiers se ruent ensuite vers la place de l'Agha où ils découvrent l'horreur, un magma de morts et de blessés entremêlés. Mais à peine commencent-ils à organiser les secours qu'une troisième explosion , donc un troisième lampadaire pulvérise la devanture des magasins «Veuve Côte » rue Alfred Lelluch. La aussi, le même spectacle d'horreur bouscule l'ordre des choses.
Nos artificiers, quant à eux ont pu regagner sains et saufs leur base arrière . Plus tard, l'un des acteurs, Hamid Méraoubi meurt au maquis, Azzouz Boualem, l'auteur des lampadaires du « Moulin » et de «l'Agha» est capturé quelque temps après. Enfin, Boussalem Ali surnommé Moh-Ouchen a disparu comme des centaines d'autres Algériens.

Y.S.

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Sujet / Message Re: Yacef Saâdi

Message par Syfou le Jeu 15 Avr - 15:18

Récits de la Bataille d’Alger par Yacef Saâdi : Opération «Ville d’Oran»(2e partie)

Une tentative infructueuse rendait nécessaire la mise en place d’une nouvelle tactique secrète pour placer la bombe à l’intérieur du « Ville d’Oran ». C’est presque une obsession pour le chef historique de la Zone autonome d’Alger, Yacef Saâdi. Tout a été planifié, organisé sauf qu’une défection imprévisible allait provoquer l’irréparable.Si jamais la bombe explosait en pleine Casbah ? Ce serait la pire des catastrophes. L’affaire prenait une autre tournure, à la fois dramatique et absurde. Une course contre la montre est engagée pour désamorcer l’engin meurtrier.  C’est le récit d’une événement angoissant que raconte Yacef Saâdi. Encore une fois le «Ville d’Oran» s’en tire de justesse, mais ce n’était que partie remise.

Le 9 janvier à 17 heures, je me rendis en compagnie de Ali la Pointe et Abdelghani Marsali au 3 impasse de la Grenade, à la Casbah, pour y rencontrer séparément les chefs de groupes armés afin d'établir, avec chacun d'eux, le bilan de la semaine qui venait de s'écouler. Elle me permit effectivement de recueillir des quantités de nouvelles fraîches, provenant des quatre coins du Grand Alger.
La rencontre ne dura pas plus de trois heures. Et alors que j'étais sur le point de me séparer du dernier d'entre eux, Tayeb le matelassier, notre hôte du jour, frappa à la porte...
- Qu' y a-t-il ? Je savais que c'était lui parce que j’avais donné la consigne pour que personne ne sache que nous sommes chez lui.
- Rien. Rien de vraiment important ! Si ce n'est que j'ai ici, dans la chambre d'à-côté, quelqu'un qui voudrait te voir. C'est un ancien du PPA-MTLD que tu connais très bien. A l’en croire, il était venu, ce jour-là tout à fait par hasard.
C'était donc, lui, Tayeb qui avait dévoilé ma présence. Selon notre hôte, l'homme en question lui rendait souvent visite. Je compris alors que Tayeb avait voulu, seulement en le présentant, lui montrer qu'il ne comptait pas que de simples militants parmi ses connaissances.
Acculé devant l'absurdité de la situation, je dus accepter. Sur un signe de tête, il comprit qu'il pouvait enfin introduire son ami. Et que vis-je ? Un ancien membre du mouvement nationaliste que j'avais perdu de vue depuis l'Organisation Spéciale (O.S.). Content de me voir, il l'était. Tout comme moi-même d'ailleurs.
Saïd, appelons-le ainsi pour la commodité du récit, qui me semblait très disert, m'apprit alors qu'il activait dans le secteur politique du FLN. Il menait, en quelque sorte, deux activités à la fois. Pour son entourage, il était copropriétaire d'un camion-citerne et livrait du pétrole lampant aux détaillants de la Casbah. Il se livrait, d'autre part à une activité souterraine de collecteur de fonds et de distributeur de tracts FLN. Grâce à son camion-citerne, il prospérait à vue d'œil. Pourtant, ce n'était pas l'opulence, toute relative qu'avait procurée à Saïd sa réussite sociale, qui m'intéressait pour l'instant. Ce qui m'intéressait, c'était lui. Ou plutôt lui et son camion-citerne ! Mon intérêt résidait dans l'usage qu'on pouvait faire de son engin, si j'arrivais à le convaincre de le mettre, de temps en temps, à notre disposition.
Pendant ce temps, il pérorait, prenant plaisir à énumérer le nombre de fois qu'il avait franchi les postes de contrôle, les coffres de son camion bourrés de tracts, sans subir de vérification. Il faut croire qu'il avait de la chance. Sur ce, je l'interrompis dans sa verve démonstrative pour entrer dans le vif du sujet.

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Sujet / Message Re: Yacef Saâdi

Message par Syfou le Jeu 15 Avr - 15:19

— Sais-tu mon frère que c'est la providence qui t'envoie ? Aussi je ne me tromperai pas en t'avouant que nous avons besoin d'hommes de qualité comme toi.
— Bien sûr que oui, répondit-il. Je suis quand même patriote. A quoi seraient bons les patriotes, si ce n'est à servir leur pays en toutes circonstances ? acheva-t-il en jetant un regard en direction de Ali la Pointe, assis à ma gauche. De toute façon, précisais-je, ma proposition ne comporte pas trop de risques. Nous te demandons simplement de transporter pour notre compte une bombe jusqu'à un lieu précis de la ville où quelqu'un t'attendra pour la prendre en charge.
A peine eus-je terminé ma phrase que notre homme changea brusquement de teint. Si radieux quelques minutes auparavant, il offrit soudain le visage de quelqu'un qui agonise. Ma proposition avait dû achever de le convaincre qu'il s’agissait d'une réalité autrement plus implacable que la distribution de tracts.
Ce dut être rude pour un homme qui se voyait déjà en train de fondre sous l'effet de la gégène ou du chalumeau.
Pendant deux longues minutes, il ne savait pas où il en était au juste. Puis, sortant de sa torpeur il se ressaisit.
— Ne vaut-il pas mieux que mon chef politique se prononce sur cette question ?
— S'il ne s'agit que de cette formalité, lui répondis-je, je m'en charge et plus vite que tu ne le crois. Alors ? Il était coincé entre la folle envie de déserter le lieu en maudissant le moment où il avait décidé de venir rendre visite à son ami le matelassier.
A présent, il transpirait à grosses gouttes en lançant de temps en temps des regards fiévreux en direction de son ami, comme pour le supplier d'intervenir afin d'arrêter le supplice dont il faisait l’objet.
Ayant épuisé tous les arguments susceptibles de le tirer d'affaire, il ne lui restait qu'une seule issue. Remettre son destin au Tout-Puissant et se dire « advienne que pourra ! » Prenant enfin conscience qu'aucune grâce ne viendrait le visiter, il accepta le marché que je lui avais proposé. D'une voix presque atone et sans conviction, il articula
— Je ferai ce que vous voudrez. Il ajouta aussitôt que sa prochaine tournée aurait lieu le vendredi suivant.
Dans la chambre où le « drame » de notre ami Saïd venait de prendre fin, le matelassier, heureux du dénouement, nous apporta du thé et des boissons fraîches. Après quoi, je me mis à expliquer à Saïd les grandes lignes de l'expédition que nous allions lui confier.
— Une fois hors de la Casbah, tu te rendras à côté de la Grande mosquée, (actuellement place des Martyrs). Tu gareras ton véhicule à l'endroit que je viens de t'indiquer et tu attendras à l'intérieur de ton camion, en prenant bien soin d'exhiber une revue de bandes dessinées. Quelques instants plus tard, un homme t'accostera. Il tiendra à la main un couffin. Une fois échangé entre vous le mot de passe, tu lui remettras le « colis ». Après cette formalité, ta mission prend fin. Tu n'auras qu'une chose à faire : foncer en direction de la Casbah pour informer Tayeb que tout a bien marché. D'accord ?
Saïd acquiesça en silence. En quittant les lieux, il devait maudire le matelassier de l'avoir entraîné dans un tel traquenard.
Toutefois, malgré la gaieté de l'ambiance et un Saïd qui avait retrouvé ses sens, j'étais inquiet. Je craignais en effet qu'il ne nous trahisse, ou que d'aventure il n'envoie tout en l'air.
Le vendredi suivant, à 6 heures du matin, le camion-citerne, comme convenu, faisait sa manœuvre pour se garer devant deux autres véhicules stationnés juste à l'entrée de la rue Porte Neuve à la Casbah. Entre-temps, j'avais prévenu Habib Rédha pour remettre la machine en route, concernant le « Ville d'Oran ». Le camion-citerne s'ébranla de la Casbah à 6 h 10, la bombe à son bord, information confirmée par le jeune neveu de Marsali que j'avais fait poster non loin de là, en sous-main, pour suivre l'opération en secret.

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Sujet / Message Re: Yacef Saâdi

Message par Syfou le Jeu 15 Avr - 15:25

Deux heures déjà que le camion était parti. Qu'avait-il pu bien se passer ? Intrigué, j'envoyais sur le champ « P’tit Omar » auprès du matelassier pour avoir des nouvelles.
«P’tit Omar» était à peine sorti que Allilou, mon agent de liaison, surgit dans le refuge après sa tournée des boîtes aux lettres. Dans le lot, il y avait un pli d'une extrême urgence émanant de Habib Rédha. Il signalait le retard du camion, sans autre détail. Que s'était-il passé au juste ? Saïd avait-il trahi notre confiance ?
Mais avant de songer aux solutions extrêmes, il fallait d'abord que nous sachions ce qu'il était advenu du camion.
Pendant que je songeais à toutes ces éventualités, quelque chose me disait que le danger était réel. Quant à sa nature exacte, rien. Progressivement, le noir intégral m'emprisonnait. Et enfin je pensais à « P’tit Omar » et son inépuisable débrouillardise pour l'envoyer chez Tayeb le matelassier afin d'obtenir des renseignements.
Après une nouvelle demi-heure d'angoisse, il réapparut, déboulant dans le refuge le souffle court, après avoir escaladé rapidement les escaliers intérieurs. Et sans même me laisser le temps de l'interroger, il lança comme un appel au secours.
- Le camion ! Le matelassier dit que le chauffeur n'a pas remis le « colis ». La bombe est dans le camion. Voilà donc la raison concrète qui m'avait causé tant d'angoisse. Je me mis à penser. Si jamais la bombe explose en pleine Casbah, pensai-je, ce serait la pire des catastrophes et nous serions obligés d'assumer la paternité.
Dans pareil cas, il n'y avait pas d'autre solution que d'appeler à la rescousse Taleb Abderrahmane, le chimiste qui avait réglé la bombe, lequel, heureusement pour nous, n'avais jamais failli à ses responsabilités. Moins de dix minutes plus tard, il était devant moi. Et lorsque j'ai fini de lui expliquer le tour fâcheux que venait de prendre l'affaire du « Ville d'Oran », il leva le bras à hauteur de vue et lisant l'heure sur son bracelet-montre, me dit, flegmatique.
— Ça va ! Il nous reste encore deux heures pour la neutraliser sans quoi, ajouta-t-il sentencieux, c'est l'apocalypse... Celui-ci, dit-il, prit ses jambes à son cou et se lança en direction de la rue Randon, vers le lieu où stationnait le camion-citerne. Resté seul dans mon réduit, j'imaginais une partie de la Casbah transformée en un incommensurable amoncellement de gravats, des dizaines de morts, comme cela s'était produit lors de l'explosion de la bombe des Ultras, à la rue de Thèbes, dans la Casbah, le 10 août 1956. J'égrenai ainsi, malgré moi, toutes sortes d'hallucinations, des morts, partout des morts et, au centre de ce spectacle morbide, ma montre à travers laquelle me parvenait, mille fois amplifié, le tic-tac de la bombe se rapprochant de la minute fatale.
Taleb était parti depuis dix minutes seulement et le temps me paraissait accomplir de trop grandes enjambées pour la circonstance. Comme une bête blessée dans sa tanière, je tournoyais dans la chambre en sentant mes forces s'amenuiser. Au fait, que faisait Taleb pendant que j'imaginais le pire ? Pouvait-il ou non désamorcer l'engin ? Si oui, nous sommes sauvés. Dans le cas contraire mieux vaut ne pas y songer.
En pensant au drame « imminent » mes gestes étaient réduits à la seule et obsessionnelle consultation de ma montre, dont les aiguilles poursuivaient inexorablement leur cheminement silencieux.

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Sujet / Message Re: Yacef Saâdi

Message par Syfou le Jeu 15 Avr - 15:27

Trente minutes s'étaient déjà écoulées depuis le départ de notre artificier. Mais toujours pas l'once d'une nouvelle. Que pouvait bien faire Taleb ? Soudain Allilou fait irruption dans le réduit. Son visage était bouleversant d'inexpression. J'ai alors compris que le pire était dehors. Pas loin de là. Qui y a-t-il ? lui intimai-je assez sèchement.
— Un problème, répondit-il. A proximité du camion-citerne une patrouille de zouaves devant une jeep discutant avec des parachutistes depuis une demi-heure. C'est ce qui empêche Taleb d'intervenir.
— Sauver la Casbah nom d'un chien... Et sur un ton moins coléreux je poursuivis.
— Ecoute-moi bien Allilou. Tu vas te rendre sur le champ à l'impasse Lavoisier. Tu diras à Ramel de se munir de sa mitraillette pour se rendre immédiatement. Je dis bien immédiatement à une centaine de mètres du camion-citerne et tirer une ou deux rafales en l'air. Après ça il doit disparaître. Je lui expliquerai pourquoi plus tard.
Dix minutes après, on entendit, effectivement, deux rafales de pistolet-mitrailleur. Les soldats de la patrouille se précipitèrent alors en direction de l'endroit présumé d'où les rafales avaient fusé. Ce qui permit à Taleb de sortir de sa cachette improvisée derrière l'étalage d'un marchand de légumes et d'aller diligemment désamorcer son engin. La Casbah fut sauvée. Il restait trente minutes avant l'explosion. La Casbah fut certes sauvée mais pour la seconde fois l'attaque du « Ville d'Oran » tombait à l'eau.
En revanche, je voulais avoir le cœur net quant à ce nouveau ratage, et en même temps savoir ce qu'était devenu le fameux Saïd qui avait montré de si rassurantes dispositions à affronter le danger. Renseignements pris, il s'était volatilisé.
Au préalable il avait confié son bien à son propre chauffeur sans lui expliquer l'intégralité du programme.
Dès lors que fait le chauffeur ? Comme le lui avait recommandé Saïd. Le lendemain à 6 h 10, le camion sort de la vieille ville, passe les postes de contrôle et se rend tout droit à la place du Gouvernement, mais comme il n'avait pas été chapitré sur la conduite à suivre au-delà de la grande esplanade, il stationna là pendant quelques minutes, puis, ne sachant pour quelle raison il attendrait outre mesure, quelqu'un qui n'avait nullement l'air de venir, il redémarra en direction de la Casbah.
Encore heureux, pensai-je, qu'il eut le réflexe de revenir directement vers la vieille ville sans trop flâner en route.
Saïd l'avait entretenu d'une « commission » à transporter ou à restituer au cas où personne ne viendrait la réclamer lorsqu'il arrivera à la place du Gouvernement. Et comme d'après les dires du chauffeur personne n'était venu la prendre en charge, il regagna la Casbah, d'où sa tranquille sérénité à conduire sans se poser de questions, ni paniquer comme l'aura fait une personne consciente de transporter une bombe à bord de son véhicule.
Habitué sans doute à commencer sa tournée par la rue Randon, il apparaît donc de bonne heure place du grand rabbin Bloch. Là, il gare tranquillement son camion-citerne instinctivement, pense d'abord à aller prendre son café du matin.
Mais au préalable, il y avait cette fameuse « commission » à remettre à quelqu'un, ou si d'aventure personne ne la réclame, lui-même irait voir le matelassier pour l'aviser.
Dès lors qu'il se fut décidé à prendre cette décision, nous le savons à présent, les événements se sont mis à s'accélérer.
On connaît la suite...
Y. S.
(A suivre)

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Sujet / Message Re: Yacef Saâdi

Message par Sphinx le Mer 28 Avr - 22:35

Récits de la Bataille d’Alger (Par Yacef Saâdi) : “L’opération Ville d’Oran”

Yacef Saâdi Saadi_11

Le “Ville d’Oran” donnait-il l'impression de narguer Yacef Saâdi, le chef de la Zone autonome d’Alger ? L'acharnement qu’il y mettait à l’atteindre pour le saborder en pleine mer est sans cesse compromis par d’imprévisibles revirements de dernière minute, des défections et des retournements de situation. La bombe ne parvient pas à arriver à bon port en dépit de tous les efforts engagés. L’approche imminente de la grève des huit jours se devait d’être marquée par une action de grande envergure qui puisse défrayer la chronique et semer le désarroi dans les rangs de l’ennemi. Les échecs essuyés ne parviennent pas à faire baisser les bras de la résistance. Ordre est donné pour remettre la machine en route. Il faut toucher le “ Ville d’Oran ” coûte que coûte. Dans cette troisième et dernière partie du récit, plein de rebondissements, Yacef Saâdi raconte comment la charge explosive a, enfin, pu éclater.
Le navire a subi l’attaque, tant de fois tombée à l’eau. L’exploit, car c’en est un, fut soigneusement étouffé et réduit à sa portion congrue par une presse coloniale locale désemparée et trop soucieuse de désinformation et de propagande mensongère. Quelques entrefilets laconiques en firent acte. Sans plus.

Triste « affaire » que celle envisagée pour endommager le « Ville d'Oran». On nageait, décidément, dans une affaire kafkaïenne. Pourquoi ne pas exclure ce navire de malheur de nos objectifs. Alger en était si riche que c'en était devenu absurde. C'est une question que j'ai retournée maintes fois dans ma tête sans pouvoir m'en défaire. Mon engouement pour ce paquebot redoublait d'intensité à chaque fois que sa sirène retentissait en s'approchant de la grande passe. A l'aller comme au retour, j'avais parfois le sentiment qu'il me narguait.
Et puis, pourquoi le « Ville d'Oran » et pas un autre, d'autant plus que nous avions non seulement l'embarras du choix et une taupe prête à changer l'objectif à n'importe quel moment.
Des questions de ce type me submergeaient l'esprit chaque jour un peu plus, mais je n'avais qu'une « obsession » : le « Ville d'Oran ». Quoi qu'il en soit l'ordre d'exécution ne sera pas levé en particulier maintenant que la grève des huit jours approche à grands pas. La grève exigeait, en effet, de plus en plus d'actions d'éclat.
J'imaginais le « Ville d'Oran » approcher au milieu de la passe du grand môle pour la franchir. Tout cela relevait, évidemment, d'une question de synchronisation du réglage de la bombe par rapport à la vitesse du navire.
Aussi, pour respecter le temps et la synchronisation qui concouraient à l’exécution de cette opération, je dus prendre quelques dispositions d'urgence.
En commençant d'abord par évacuer séparément le plastic et le corps de la bombe hors de la Casbah pour les entreposer dans le local prêté par le fils du mufti. Pour ce faire, je dus mettre à contribution une nouvelle filière qui s'en acquitta avec force ruse et subterfuge.
La date retenue pour ce troisième round fut fixée pour le 18 janvier 1957. Taleb Abderrahmane se rendit au local le 17 pour y passer la nuit, régler la bombe et la confier au pointeur Lounès… C’est «grosso modo» ce qui fut fait.
Le lendemain à 6 heures, Lounès le pointeur se présenta. Il prit la bombe réglée pour exploser entre 12 h 15 et 12 h 20 et l'enfouit dans un cageot d'agrumes sur le couvert duquel il a pris le soin de coller une étiquette normalisée avec le nom du destinataire imaginaire et son adresse complète, à Marseille.

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Sujet / Message Re: Yacef Saâdi

Message par Sphinx le Mer 28 Avr - 22:36

Il sortit de la mosquée attenante au local, puis dégringola les escaliers pour se rendre au port. Le camion de la PAF (Primeurs Algérie - France) qui l'attendait mit le cap vers la balance officielle du port. Le « colis » étant déjà à l'intérieur.
Après le pesage, son camion rejoignit deux autres mastodontes, des poids lourds chargés d'agrumes, eux aussi, qui attendaient leur tour pour décharger. A l'intérieur du port, Belkat était comme chez lui. Evoluant avec aisance à travers les rouages administratifs, Belkat avait d'autres qualités à faire valoir.
D'où l'estime de ses employeurs. Il était donc tout à fait normal qu'il puisse faire parcourir à sa bombe le reste du trajet sans éprouver la moindre inquiétude.
A 10 heures, ce jour-là, il était déjà prêt. Il a accompli toutes les formalités en vigueur.
Les palanquiers travaillaient à un rythme endiablé pour permettre au navire d'appareiller à l'heure.
Après avoir entreposé son « colis » dans le magasin des colis-adresses, il fallait trouver la cache la moins repérable à l'intérieur du navire pour y fourrer sa « cargaison ». Il se dirigea vers la salle des machines mais il buta contre une demi-douzaine de mécaniciens affairés autour de la machinerie en vue du départ. Déçu, il rebroussa chemin. Enfin, prenant une résolution définitive, il opta pour la cale numéro 5.
A l'approche du départ, Lounès tendit son « paquet » à l'un des débardeurs et le tour fut joué... Il était 11 h 30 lorsque le chargement fut terminé.
A 11 h 35, les trappes coulissantes s'ébranlèrent, et, simultanément, l'ensemble des cales du « Ville d'Oran » fut verrouillé.
En principe, le navire était prêt à appareiller. Sur le quai, Lounès, comme nous tous d'ailleurs, était contraint d'attendre à l'abri la suite des évènements pour être fixé.
Le moment fatidique était-là, à portée de jumelles. Si, comme on s'était empressé de me le confirmer, le déroulement de l'opération avait été observé à la lettre, l'explosion du « Ville d'Oran » devait avoir lieu à l'heure que nous avions fixée.
A ce moment-là, j'avoue qu'un certain contentement me parcourut pendant que le navire, dont je scrutais le moindre mouvement depuis la terrasse, se séparait du quai.
Ma montre indiquait midi moins dix. Le navire était maintenant loin du quai.
Il s'apprêtait à sortir du port. Tout d'un coup, l'idée d'associer Ben M'hidi à l'imminent spectacle me séduisit.
Il était midi quand il me rejoignit sur la terrasse. Je lui tendis ma paire de jumelles et l'invitai à regarder en direction de la jetée pour qu'il profite, en premier, du feu d'artifice.
Il faisait beau et la mer était très calme. Pour la seconde fois, le navire vira, légèrement, de bord et mit le cap au nord-ouest.
Sur les terrasses des quais, la foule d'accompagnateurs agitait des foulards en signe d'adieu aux civils et militaires. « Encore deux ou trois minutes et nous serons édifiés », pensai-je.
Les yeux rivés aux jumelles, Ben M'hidi, se délectait de la mer « huileuse ». Pendant ce temps, le navire s'approchait de la jetée. Plus qu'une minute, majestueusement le paquebot franchit la passe, augmenta sensiblement sa vitesse, cap vers le nord. Mais le spectacle que nous avions si minutieusement préparé n'avait pas eu lieu. Nous avions échoué. Quelle gabegie ! Ce fut en tout cas ma conclusion. Las de scruter le large, Ben M'hidi s'approcha de moi, visiblement contrarié et me lança :
— C'est une plaisanterie ou quoi ? Ma réponse fut instantanée. — J'avoue que je n'y comprends rien moi-même, répondis-je, profondément affecté par ce troisième échec. Ne sachant quoi faire, je saisis machinalement la paire de jumelles pour fixer à mon tour le large. Et que vis-je ? Un insolent point noir qui n'en finissait pas de disparaître à l’horizon. Enfin, je quittai la terrasse pour rentrer au refuge, suivi de Ben M'hidi qui avait compris que j'étais plus affecté que lui.
Entre-temps, un second message de Habib me parvint. Devançant mes préoccupations car j'étais justement sur le point de lui écrire pour lui demander de m'éclairer sur notre « commun échec ! ». Une série de questions lui était posé : sur Belkat en me demandant
s'il avait bien accompli sa mission ?

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Sujet / Message Re: Yacef Saâdi

Message par Sphinx le Mer 28 Avr - 22:37

Et Doukaneuf, qu'en pensait-il ? Lui non plus, selon Habib Rédha, n'en savait rien. Il était cependant sûr d'une chose : Belkat n'avait pas trahi.
Après une discussion de quelques minutes avec Ben M'hidi, ce dernier rejoignit sa chambre, au premier étage. Resté seul, je sentis aussitôt ma colère sourdre encore plus intensément. Après deux échecs, nous voici en face d'un troisième. Sans pouvoir rien faire ! Quelle malchance !
Je regagnai la terrasse. Un geste instinctif gratuit ! Accoudé sur l'un des rebords donnant sur le port, mon regard ne distinguait rien d'intéressant. Puis, au moment où je m'y attendais le moins, sur le plan d'eau je vis une nuée de remorqueurs lancés à toute vitesse en direction de la sortie du port.
Sans perdre une minute, je dévalai les escaliers pour me rendre chez Ben M'hidi. Les remorqueurs étaient bien munis de lances d'incendie et se dirigeaient bel et bien vers le nord. C'était bien ce que je voulais confirmer. Mais pour en avoir le cœur net, je saisis un poste de radio posé sur la vieille commode, en réglai l'aiguille sur les ondes courtes pour tenter d'intercepter les messages échangés à ce moment-là entre la capitainerie du port et la police. Et alors tout se confirma !
— Ça y est, dis-je à Ben M'hidi, notre coup a porté. La bombe a explosé et il me semble bien que ça a causé des dégâts importants. Des remorqueurs viennent de partir au secours du « Ville d'Oran » à vive allure… Ben M'hidi rasséréné, esquissa un sourire.
Sur le coup, je repoussai toutes les mauvaises pensées qui nous avaient harcelés concernant le travail accompli par Lounès Belkat.
Il avait risqué gros, et personne ne pouvait soutenir le contraire.
Une ombre planait cependant sur le tableau de chasse.
C’était ce fameux grain de sable qui, en se glissant dans les rouages, avait faussé l'heure de l'explosion prévue pour des raisons psychologiques au moment où le navire franchissait la passe. Autrement dit, pendant que les foules agitaient leurs mouchoirs. C'est à cet instant-là que nous voulions que le spectacle fut. Hélas, Taleb Abderrahmane avait réglé
sa bombe à 13 h 10 au lieu de 12 h 10 comme prévu après notre longue observation du navire.
C'était ça l'erreur ! Loin des eaux territoriales, l'explosion de la bombe n'avait évidemment pas eu l'effet que nous en escomptions.
La presse, en revanche, le lendemain, ne lui consacra qu'un entrefilet pour plaire, en cela, aux recommandations du service d'action psychologique de l'armée.
A l'inverse, certains journaux métropolitains moins frileux annoncèrent à la une que le « Ville d'Oran » venait de subir de sérieuses avaries dues à un incendie qui s'était déclaré à bord et que l’on n’avait pas osé appeler par son nom, mais c’était déjà quelque chose comparé au mutisme complice et quasiment hermétique de la presse locale…

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Sujet / Message Re: Yacef Saâdi

Message par abdelmalek le Jeu 17 Juin - 10:43

quoique qu'on dise c'est un brave de la cause nationale;l'esprit trés vif et il aime ce qu'il fait trés bon organisateur:je le respecte.
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Sujet / Message Re: Yacef Saâdi

Message par abdelmalek le Mar 3 Aoû - 16:26

dans une cause celle de libéré le pays :il faut tout prendre.JE vous raconte une anecdote :le plan de constantine de de gaulle a fait bénéficier bcp d'algerien d' argent qui sont devenue les futurs bourgeois et miliardaires de l'algerie independante avec la promotion lacoste.
le petit omar il y a eu dans toutes l'algerie profonde:je me rappel moi le petit omar qui servait a achetés le mercurochrome du coton ect..de faire la liaison entre la ville et la montagne dans un car des années 40: quelqu'un de mon patelin ,qui avait bénificie du plan de constantine :ma mére me donna une lettre ou il était condanmer a payer une amande,je lui remit et le lendemain je suis venu pour la reponse:il me remit un manteau de faux fourrur a la mode des années 50,et des cadeaux souliers talon ect..ma mére me demanda d'aller remettre ces cadeaux ;et d'annoncer qu'il était condanner a mort comme la messive lui rappeler. enfin il est mort a 90ans avec des richesses a lui et ses enfants et bcp de piston a touts les niveaux :ses enfants que je les rencontrent on ce dit bonjour et que vie l'algerie:nous n'allons pas faire la guerre aux faux ou moins faux :simplement il ne faut pas oubliés le sang versés.



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Sujet / Message Re: Yacef Saâdi

Message par Sphinx le Mar 5 Oct - 21:44

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Sujet / Message Re: Yacef Saâdi

Message par abdelmalek le Mer 6 Oct - 11:40

IL NE FAUT PAS OUBLI2 QU4IL 2TAIT le chef de la zone autonome:l'histoire est là est ce que nous ne pouvons pas être souple:je me rappel pdt la révolution que si quelqu'un était arrête par l'armée française doit tenir a la torture pdt 48 heures et après il peut chanter.alors si c'est le cas de saadi nous devons être tolérant.
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Sujet / Message Re: Yacef Saâdi

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