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Algérie française

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Sujet / Message Algérie française

Message par Syfou le Jeu 25 Fév - 10:44

La mémoire collective est parfois moins prégnante que la mémoire personnelle. Alors que la société française tend parfois à se contenter de la «paix des braves» que le général de Gaulle appelait de ses vœux lors des affaires algériennes, Georges Marc Benamou, écrivain et journaliste, revient sur «son» Algérie d’enfant et sur ce qui est arrivé aux Français d’Algérie.
Car la guerre d’Algérie pose diverses questions, et notamment la date exacte de son début et celle de sa conclusion. Comme le souligne l’auteur, si la France officielle n’a reconnu que dernièrement le fait que les «opérations de police» s’avérèrent une véritable guerre, les Français, dont nombreux en furent les acteurs plus ou moins volontaires, savent bien ce qu’il en est. Les polémiques autour du choix d’une date de commémoration, la question de la torture et la récente affaire Aussaresses, l’affaire de Charonne… tout indique que ce passé là «ne passe pas» non plus, pour reprendre le titre d’une ouvrage d’Eric Conan et Henry Rousso consacré à un autre traumatisme, Vichy.

En revenant sur la guerre d’Algérie, G.-M. Benamou entend éclairer ces zones d’ombres, soulever certaines casseroles, dénoncer non pas un, mais plusieurs mensonges qui finissent par peser sur la conscience nationale, sinon sur les consciences individuelles.

Car les consciences ont fait leur tri : l’auteur montre ainsi quels furent les discours des divers partis politiques, à droite comme à gauche, et combien la notion d’Algérie française semblait à tous une réalité incontestable et une figure constante de la rhétorique parlementaire. Pourtant, le pays réel allait rapidement démontrer l’inanité de ces discours. Dans une quatrième république indécise, la pression exercée par certains groupes politiques bascule dans le terrorisme. L’affaire du bazooka (un attentat raté contre le général Salan, le 16 janvier 1957) sert d’illustration à une évocation du gaullisme, côté jardin : on y croise un Michel Debré contempteur de la Quatrième République et comploteur menaçant, un général de Gaulle qui sait se faire désirer, un mystérieux Comité des Six, à mi-chemin entre politique et terrorisme, et un monde politique relativement déboussolé (à l’image du jeune V. Giscard d’Estaing, que certains anciens de l’OAS revendiquent comme leur informateur). Reliée à l’affaire de l’observatoire, cette crise éclaire d’un jour nouveau la fin de la Quatrième République, mais aussi les agissements de certains gaullistes de choc. Comparant cette république à un roman feuilleton digne des œuvres de Dumas, G.-M. Benamou évoque une histoire officieuse du régime, depuis les complots nombreux jusqu’à la mystérieuse opération Résurrection, qui ramène de Gaulle au pouvoir, et sa gestion de la crise.

Car De Gaulle demeure dans l’Histoire comme l’homme de la solution à la «question algérienne» : G.-M. Benamou remonte les fils de la décision, depuis la visite en Algérie et le «Je vous ai compris» jusqu’à Evian et son difficile accouchement. Il éclaire surtout certaines affaires douteuses, comme l’offre de paix faite en juin 1960 par Si Salah (commandant d’une des six willayas du FLN) au général de Gaulle en personne, offre rejetée tandis que son auteur disparaissait peu après. Du douteux au douloureux, il n’y a hélas qu’un pas dans cette affaire, c’est celui franchi parles harkis, sacrifiés par la raison d’État prononcée au plus haut niveau et massacrés par leurs compatriotes. Il en va de même pour les milliers de victimes françaises du massacre du 5 juillet 1962, également «oubliées» au nom d’une irénique volonté de conciliation.

Il s’agit d’une histoire à la subjectivité assumée : G.-M. Benamou se souvient, ou du moins tente de se souvenir, autant qu’il enquête. Comme ses témoins, il retrace une Algérie personnelle, telle qu’il a cru la comprendre, et qu’il distingue de l’Algérie réelle, celle qui a fini par s’imposer aux colons comme aux Algériens en 1962. Cette «Atlantide algérienne», pour reprendre une belle formule, il faut la chercher dans la mémoire des acteurs survivants. L’auteur maîtrise à la perfection la technique de l’interview et sait «faire parler» : le récit des rencontres avec les anciens activistes de l’Algérie française (particulièrement les conversations avec Philippe Castille, l’artificier, ou Alain Griotteray, l’éminence grise…) est captivant et efficace. Toutefois, l’un des passages les plus émouvants de ce livre est sans doute le silence de Delphine Renard, dont la seule participation à cette guerre fut d’être la victime médiatisée d’un attenta OAS à Paris… Confronté à un refus de parler qui se conjugue avec ses propres doutes, le journaliste hésite et réfléchit.
Le grand absent de l’ouvrage demeure toutefois Albert Camus dont G.-M. Benamou trace un portrait magnifique sans oublier les ombres portées par le soleil algérien. «Interrogeant» l’auteur de La Peste, il en éclaire les tentatives, l’indécision et le trouble, mais aussi les espoirs. Révélant même une tentative d’assassinat (ou du moins un projet caressé par quelques-uns des soldats perdus de l’OAS), il fait de Camus le dernier des Algériens français de bonne volonté.

Car du côté des anticolonialistes, certains mensonges subsistent. Face aux menées des partisans de l’Algérie française, l’anticolonialisme semble à la fois homogène et certain d’incarner le bon droit : G.-M. Benamou revient sur cette apparence et distingue les excès d’un Sartre – dont on ne soulignera jamais assez les phrases criminelles et l’autisme intellectuel avec lequel il a soutenu les pires dérives – de la modération constructive d’un Camus, ou d’une Germaine Tillion, modération vouée néanmoins à l’échec.

Au final, ce livre est, comme les précédents du même auteur, passionnant : d’une lecture aisée, il évolue entre l’intime et l’historique et donne de cette «guerre sans nom» une vision sans fards, complétée par des annexes précieuses. On pourra parfois lui reprocher des audaces de style, mais elles font le charme d’une lecture qui n’est pas académique. Quiconque a lu Le dernier Mitterrand se souvient de ce festin d’ortolans introductif et saisissant : l’un des talents de G.-M. Benamou réside dans sa capacité à croquer à la perfection une scène, une image ou une conversation afin d’en tirer un morceau d’histoire anthologique. Certes, certaines affirmations brutales, certains raccourcis peuvent étonner le lecteur précautionneux : l’auteur ne vise pas à un discours de la méthode ; il s'agit d’un essai, mais qui témoigne éloquemment d’un malaise général, et de mensonges peu à peu assumés.

Gilles Ferragu

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Dernière édition par Syfou le Ven 1 Juil - 0:24, édité 1 fois

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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Syfou le Jeu 25 Fév - 11:17

L'affaire du Bazooka

Le 16 janvier 1957 un attentat mystérieux est commis contre le Général Salan, alors Commandant de la 10eme Région Militaire, commandant interarmées à Alger.
P.91 - 92 Raoul Salan - Tom 3 " fin d'un empire " Algérie Française.

..." C'est seulement à 18h40 que je quitte mon bureau dont les volets ont été fermés à la nuit tombée.
J'arrive au gouvernement général et me rend immédiatement chez M. Lacoste. Nous parlons un moment de la situation dans Alger et du léger ralentissement dans la mise en place des paras.
Dix-neuf viennent de sonner quand un énorme fracas, comme on n'en a jamais entendu dans Alger, ébranle l'édifice. Malgré l'obscurité on voit monter au-dessus du port une épaisse colonne de fumée noire et jaunâtre. Nous nous regardons atterrés
---C'est chez vous, le commandant Rodier est blessé.
Je mets mon képi, dévale les escalier, bondis dans ma voiture et, à toute allure, rejoins la Xème région.
Ma femme m'attend devant la porte.
---Rodier est mort, me dit-elle. "...


..."Sans m'arrêter je pénètre dans le bureau du cabinet militaire. Là le spectacle est atroce. Basset, décomposé, les cheveux roussis, me fait signe. Sa main est rougie de sang car dans l'obscurité il s'est approché de Rodier en l'appelant et sa main a touché son corps. Il me montre dans le coin de la pièce, derrière son bureau, son camarade projeté au sol, avec une énorme blessure au flanc gauche, la poitrine ouverte. Le malheureux a été presque partagé en deux. Sur le parquet et au plafond le sang a giclé en larges plaques. Bien que la guerre m'ait souvent montré des cadavres affreusement mutilés, je ne puis oublier ce spectacle."...

P94 - ..."Le 20 janvier a 9 heures. - Commandant Henry chef de la sécurité militaire et le Lieutenant-colonel de Shacken, chef du 2eme bureau. Mon Général, me disent-ils, après l'attentat au bazooka, il devient indispensable que vous soyez mis au courant des bruits qui courent, si désobligeants soient-ils. Nous avons longuement conversé avec le juge Bérard et les propos qu'il nous a tenus confirment bien ce que nous avons appris. Depuis le 15 décembre dernier, vous faites ici l'objet d'une campagne de diffamation, dont l'origine est à Paris.

Notez la " griffe de De Gaulle et de son entourage. Diffamer avant d'agir. Je me demande si Salan connaissait bien De Gaulle ? N'avait-il pas pensé un seul instant à l'attentat de son ancien collègue Giraud ? Et a l'assassinat de Darlan ? N'avait-il pas pensé à toutes ces similitudes ?

La conversation se poursuit :- Nous estimons que ni le F.L.N. ni le P.C.A. ne sont les responsables de l'attentat, mais bien plutôt des Algérois dirigés par Paris. Ce qui est certain, c'est que ces calomnies n'ont commencé à circuler qu'après la visite du général Cogny et des civils qui l'accompagnaient le 15 décembre dernier.

P95 ..." Devant cet exposé, je demeure sans voix. Qu'on m'accuse d'avoir bradé l'Indochine et de vouloir " larguer " l'Algérie, le fait assorti de calomnies dépasse tout ce que je pouvais imaginer. Pareille infamie m'atteint dans ma réputation de chef, moi qui ait toujours protégé mes hommes.
Je ne puis que demander à Henry et Schacken de me laisser.
Je suis complètement bouleversé.
Eh bien ! Je ferai face. ".

L'enquête menée avec diligence identifie les auteurs. Il s'agit de
-René Kovacs, docteur en médecine,
-Philippe Castille,
-Michel Fechoz représentant chez Renault,
-Gabriel Della Monica, sapeur pompier,
-Christian Tronci, bijoutier,
-Ange Gaffory, ajusteur mécanicien.

Kovacs déclare être innocent. Philippe Castille se met à " table "

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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Syfou le Jeu 25 Fév - 11:19

P99 ..." Je suis inspecteur commercial à la société algérienne des automobiles Renault.
et connais le docteur Kovacs avec qui j'ai eu des relations au point de vue professionnel.
Nous avions de la sympathie l'un pour l'autre. Estimant que la politique actuelle de la France mettait notre pays dans une situation proche de la faillite, nous avons décidé de provoquer un choc psychologique. Il y a eu quelques petites actions de terrorisme sur le milieu musulman, pour lesquelles nous avons été aidés par Tronci, par mon ami Michel Fechoz et par Ange Gaffory. J'ai connu par la suite Gaby Della Monica. C'est l'arrivée du Général Salan, considéré avec M.Mendes France comme le liquidateur de l'Indochine, qui nous a donné l'idée d'un attentat contre la Xeme Région. Nous nous sommes procurés trois roquettes et le nécessaire pour la mise a feu. "...

..."Le 16, à 18 heures, nous sommes montés individuellement sur la terrasse dont Fechoz avait la clef. Il faisait nuit noire et le temps était à la pluie. Le docteur Kovacs est resté dans la rue et s'est mêlé aux passants. "...

..."Tandis que l'équipe Fechoz-Gaffory s'occupait du fil, avec nos autres camarades nous avons transporté contre la balustrade un escabeau, une caisse en bois et une planche à laver pour servir de support aux deux tubes. Puis Tronci a préparé les roquettes, effectuant les jonctions avec le fil qui avait été placé le long du mur de la cour et qui retombait à l'intérieur par la fenêtre du bas demeurée ouverte. J'ai placé les roquettes, rattachées au fil, dans les tubes, puis mes camarades sont redescendus et j'ai moi-même pris l'escalier deux minutes après eux. Arrive en bas, j'ai procédé à la mise à feu, à l'aide de la pile que je détenais, par contact negatif-positif avec le fil. L'explosion a été instantanée. Je suis sorti sans me hâter et j'ai jeté la pile dans un égout de la rue Sadi-Carnot. Puis mes camarades et moi-même sommes repartis. Je ne savais pas qu'un commandant avait été tué

Je n'ai aucune autre déclaration à faire sinon de vous préciser que notre but n'était pas de tuer, mais de provoquer une explosion spectaculaire au sein même du haut-commandement dans l'espoir de voir réagir et l'opinion publique et les éléments saints de l'armée. "...

Notez : les autres inculpés rapporteront les mêmes versions.

René Kovacs déclarera par la suite outre la même version, des faits nouveaux.

P101 ..." Si je me décide à faire certaines déclarations c'est, en mon âme et conscience et après mure réflexion, pour éviter aux protagonistes de cette malheureuse affaire les inconvénients majeurs qu'elle n'aurait pas manqué de leur susciter.
Aux environs du début du mois de décembre 1956, je reçus la visite de M. François Knecht, habitant Paris, et marié à une de mes amies d'enfance d'Alger.
Il m'exposa les tenants et les aboutissants d'une situation qui pouvait se résumer de la sorte : " Il existait à Paris un comité de dix membres parmi lesquels figuraient M.Le Sénateur Michel Debré, M. le député Pascal Arrighi et, si mes souvenirs sont exacts, M. Giscard-Monservin (nom donné avec les plus express réserves). "
M. François Knecht, était chargé d'établir une liaison avec nous pour nous mettre au courant de cette situation et nous prévenir de l'arrivée prochaine de M. Arrighi et de M.Griotteray, officier d'état-major du général Cogny. "...

..."Le 16 décembre 1956 M. Griotteray me donna des explications qui devaient être complétées l'après-midi même par M.Arrighi que François Knecht amena chez moi aux environs de 17 heures. Auparavant, vers 15 heures 30, j'avais rencontré le général Cogny à l'Hôtel Saint-George dans la chambre de Griotteray, présenté par celui-ci. Cet entretien se borna simplement à un échange de vues sur la situation sans aborder le problème politique."...

..."Plan politique pour renverser le gouvernement etc. etc. imagine par M.Debré avec constitution d'un gouvernement de Salut Public ect..ect. où chacun se voyait attribuer de hautes fonctions. "...

P103 104 Nouvel entretien début janvier 1957 ..."C'est au cours de cet entretien qu'il fut question du général Salan. Comme la conversation roulait sur les évènements et la possibilité de les résoudre au mieux, Griotteray a fait allusion à lui dans ce sens " mais il y a Salan, s'il disparaissait cela serait tout autre chose et les difficultés seraient aplanies " ceci accompagné d'un geste du bras. C'est à partir de ce moment là que germa dans mon esprit ainsi que dans celui de Castille et de Fechoz, quand je leur eus rapporté l'entretien, l'idée de l'attentat contre la Xème région. "
Le général Faure, au courant de l'existence du comité des six, me déclara même un jour en faire partie et ne se cachait pas d'avoir été envoyé ici par M.Debré."...

Notez que comme toutes les manipulations la propagande adroitement et savamment menée devait aboutir à l'accomplissement d'un but recherché. Dans le cas présent c'était l'élimination du général Salan. Comme ce fut le cas de tant d'autres obstacles qui jonchaient la route du général De Gaulle depuis 1939.

P105 ..." Kovacs répond à la question :
--- Quels étaient les contacts du général Faure à Alger ? Et à Paris ?
--- Il était assez discret à ce sujet et ne m'a parlé que des seuls poujadistes, en particulier de M.Goutaillier. Il parlait également du colonel André et de " ses tueurs ". A Paris, outre le sénateur Debré, il était très lié avec Poujade. "...

P106 ..." Le 2 fevrier, le docteur Kovacs ajoute les précisions suivantes :
………… "La décision que nous avons prise d'une action contre la Xème Région a été précédée et " préparée " par les attendus psychologiques suivants :
Le 16 décembre 1956, Griotteray nous faisait clairement entendre que le seul obstacle à la réalisation de son projet ----venue de Cogny à Alger ----était la présence du général Salan.

Notez que chaque fois c'est le même scénario qui est adopté : éliminer les gêneurs par n'importe quel moyen.

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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Syfou le Jeu 25 Fév - 11:19

P109 ..."A son tour M. Fechoz déclare :
---Tout ce qu'a dit M.Kovacs est l'exacte vérité. J'insiste sur le fait que l'attentat fait partie d'un complot inspire par de hautes personnalités politiques de Paris. "...

Salan confirme, que l'authenticité de ces documents, qui lui ont été communiqués d'une façon officielle, ne peut être contestée.

P111- 112 ..." J'avais pour ma part, retrouvé le général Cogny au Tonkin en juin 1954. Le général de Langlade, inspecteur des Forces Terrestres d'Indochine, était venu me voir et m'avait dit :
---Mon Général, je vais aujourd'hui dans cette petite principauté de l'Italie décadente où règne Borgia, et où l'on s'attend toujours à ce que Lucrèce, derrière le rideau, vous tende la coupe de poison.
Allusion à Cogny et à sa compagne qui portait un nom de consonance italienne. Sur le moment j'avais souri à cette boutade.
Maintenant, les déclarations des auteurs de ce tragique attentat méritent attention.
La visite de Cogny à Alger les 15 et 16 décembre 1956 et la mise en garde du Lieutenant-colonel Faig : "Méfiez-vous du général Cogny… ", prend toute son importance. "...

..."Tout ceci m'étonne et il me semble entrevoir la vérité à travers les accusations des inculpés, tant il y a des faits et gestes troublants dans le comportement du général Cogny."...

..."Que de questions peuvent maintenant se poser à la lumière de ces déclarations.
Parmi les autres noms cites par Kovacs, Castille et Fechoz, d'aucun figurent dans les informations que j'avais eues en 1955 et 1956, au cours de mon séjour parisien. Il m'avait été en effet signalé à l'époque que plusieurs groupes issus du R.P.F., parfois sans aucun lien entre eux, travaillaient pour le RETOUR AU POUVOIR DU GENERAL DE GAULLE. Au cours des incidents de l'Etoile, le 4 avril 1954, puis le 8 mai 1955, j'avais décelé leur intervention. Dans le même temps, lors de la lutte contre le projet de Communauté Européenne de défense (C.E.D.), le nom du sénateur Michel Debré, qui menait campagne sur le plan parlementaire, se trouvait prononcé aux cotés de celui du général Jacques Faure et des animateurs du Centre d'information des anciens combattants (C.I.A.C.), MM. Labelle-Rojoux et J.C. Barbé, tous deux militants gaullistes. "...

Il faudrait vraiment être aveugle en lisant ces lignes et après recule pour ne pas voir la " griffes de de Gaulle. Debré devait se croire malin mais en définitif il a belle et bien été manipulé comme tous les autres. Bien entendu il a été récompensé pour ses bons et loyaux services. N'empêche que, comme son maître, il a les mains recouvertes de sang d'innocents. Et grâce également à ce maître il a pu échapper à la justice.

P113 ..."Le 15 janvier 1957, on m'avait écrit que le conseiller Blocq-Mascart publiait un projet de Constitution et faisait des réunions à son domicile où l'on pouvait rencontrer Michel Debré, le général Cogny, le syndicaliste André Lafont de la C.G.T T-F.O et Roger Frey, secrétaire des républicains-sociaux.
Les noms du général Cogny, du sénateur Michel Debré, du député Pascal Arrighi reviennent souvent dans les déclarations des inculpes comme ceux de personnalités désireuses d'un changement de régime. M. Arrighi n'a t-il pas dit au docteur Kovacs : " La bombe allumée à Alger explosera dans la métropole. " "...

Kovacs décide de faire une mise au point de l'entrevue du 16 décembre au St.George.

P117 ..." Il ma été donné rendez-vous pour 15 heures au St.George, à la chambre 95, qu'Alain Griotteray avait louée. Lorsque j'arrive le général Cogny est avec le général Faure et M. Arrighi dans le jardin où ils discutent. J'entre dans la chambre où se trouvent Knecht et naturellement Griotteray. Nous y sommes rejoints vers 15 heures 30 par le général Cogny et M.Pascal Arrighi. " (Cogny dépose à son entrée son képi, ses gants et sa canne sur le lit.) "...

P118-119 ..."Salan : J'estime, en conséquence, que Kovacs, sur ce point, a dit la vérité, que les démentis des autres n'ont aucune valeur et, au contraire, donnent à penser qu'ils sont coupables.

Le commissaire du gouvernement au tribunal militaire d'Alger, le colonel Gardon, saisi de l'affaire, demande le 8 mars 1957 que Paris se dessaisisse au profit du tribunal militaire d'Alger.
Nulle réponse officielle ne nous est fournie.

C'est le silence le plus complet, comme si on voulait, en haut lieu, enterrer cette pénible affaire. Aucun acte d'instruction ne suivra dans les jours prochains.

Visite du général de Gaulle 2 étoiles à Colomb-Bechar (sud oranais) le 11 mars où il rencontre le général Salan 5 étoiles.
Salan déclare : " Nous avons tout d'abord une conversation de prés d'une heure sur la situation générale en Algérie, sur celle d'Alger qui lui semble s'améliorer grandement et dont il me complimente, sur d'autres questions ayant trait à mes commandements Antérieurs…Puis, tout de go, le général me dit :
--- Alors Salan, cette affaire du bazooka…sans doute faut-il voir son origine dans des sanctions que vous avez infligées à des soldats en Indochine et qui, depuis, vous en voulaient !…

Sur le moment cette réflexion me laisse pantois, mais je me reprends vite

---Non mon Général, dis-je, il ne s'agit nullement de gars d'Indochine, ils me sont bien trop attachés, mais d'une sordide affaire politique. Lorsque le procès aura lieu, croyez moi, vous en découvrirez vous-même toute la gravité.
Le général me jette un regard sans aménité puis, comme si rien ne s'était passé, me dit :
--- A tout à l'heure au dîner.

Je ne cesserai de penser à cette conversation dans les jours qui suivent.

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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Syfou le Jeu 25 Fév - 14:44

Effectivement le général Salan avait de quoi être étonné mais pas nous. OK, il était général mais en principe retiré de la vie politique en surface. Que venait-il faire à Colomb Bechar ? S'assurer que les puits de pétroles seraient remis en parfait état au FLN ?Parce que Monsieur De Gaulle était très prevoyant.
Salan avait devant lui son propre assassin, l'assassin de son ami Cordier et il ne le savait pas.
Avez vous remarqué avec quelle aisance il passe d'un sujet à l'autre ? Comment il a tenté de le faire parler ! De Gaulle était désormais fixé sur les risques que pouvait entraîner pour lui l'affaire du bazooka si celle-ci devait passer devant un tribunal militaire.

Déjà dans son esprit il était en train de prévoir comment il pourrait étouffer l'affaire du bazooka.
Mais, voyons justement la suite pour le savoir. Un vrai roman policier a dit Salan.

Les mois passent, MM. knecht et Sauvage sont mis en liberté, M. Griotteray est rentré en France sans être inquiété. "...

P120 ..." Au début du mois de janvier, Les auteurs sont inculpés d'association de malfaiteurs, d'homicide volontaire, de tentative d'homicide, de destruction d'immeuble par engins explosifs. Ils sont renvoyés devant le tribunal permanent des forces armées pour y être jugées conformément à la loi. "...

P121 ..." M. Knecht explique qu'il s'est rendu deux fois à Alger, la première fois du 8 au 21 novembre 1956 en mission officielle, ce qui est vérifié, et la deuxième fois en congé, du 8 décembre 1956 au 10 janvier 1957. A cette occasion il a rencontré à différentes reprise le docteur Kovacs.
Il rejette en bloc toutes les déclarations de Kovacs. Il connaît le général Cogny depuis 1948, d'où ses allées et venues entre rabat et Alger. Sauvage est son ami et a été reçu également à Rabat par le général Cogny.
M. Sauvage nie lui aussi les faits. Il précise qu'il s'est rendu au Maroc pour trouver des fonds destinés à construire un hôtel à Tahiti.
M. Griotteray est souvent allé à Alger en mission officielle pour son général. Il a rencontré son ami knecht et des amis de ce dernier dont Kovacs, mais nie avoir ménagé une entrevue entre le général Cogny et Kovacs.
M.Arrighi explique que ses voyages à Alger avaient un caractère officiel et que c'est dans le cadre de sa mission d'information qu'il a rencontré Kovacs, présenté comme très renseigné sur les opinions et les mouvements du milieu algérois. Il affirme qu'aucune entrevue n'a eu lieu le 16 décembre entre le général Cogny et Kovacs.
Le général Cogny confirme la mission de securiteee militaire confiee à Sauvage, les déplacements officiels de Griotteray et affirme ne pas connaître Kovacs et donc n'avoir pas eu d'entretien avec lui. Il n'a pas reçu le fameux télégramme.

Or ce télégramme, dont le texte figure au dossier, après avoir été saisi a la poste par les services de police, a bien été envoyé par le professeur Lagrot au général Cogny.

Au Saint George, Kovacs a bien rencontré Cogny, le général Faure en a donné l'assurance.
Pourquoi toutes ces dénégations ?

J'ajoute que MM. Soustelle, Debré, Boscary-Monservin, Giscard d'Estaing et le général Faure, interrogés, déclarent tout ignorer d'un comité des six…

Le dossier est clos sur ces déclarations et par le réquisitoire du 1er janvier 1958.
L'affaire devrait donc aller maintenant vers sont dénouement puisque les hommes qui ont inspireé l'attentat sont mis hors de cause et qu'il ne reste plus qu'à condamner les auteurs.
Toutefois, des avènements imprévus vont donner, dans les mois qui viennent, un éclairage nouveau à la manœuvre politique que l'on s'est efforcée de cacher et qui, pourtant, se trouve bien à l'origine du " bazooka ".
"...

P126 ..."Au sujet de Kovacs, je reçois la visite le 18 juin de Me Tixier-Vignancour, son avocat.
(Kovacs est bien malade il ne supportera pas le choc du jugement.) Le maître se fait persuasif, c'est du " grand mélo " et j'ai droit à tout un panégyrique.
Ceci est une des premières manœuvres à laquelle, en ce qui me concerne, il était simple de répondre. Mais ce qui est plus grave, c'est la pression exercée sur Mme Rodier.
Et maintenant je cite Mme Rodier.
" Les mois passent…Me Floriot m'écrit seulement le 30 décembre 1957 et sa lettre ne me satisfait pas, je demande à le voir. Il me confirme que des non-lieux viennent d'être rendus pour les inculpés en France, ajoute que l'affaire ne sera pas jugée à Alger mais en métropole et me dit tout ignorer des raisons de ces décisions. Seule la justice militaire est en possession de tous les éléments. Pour lui, il n'y a plus de " dossier Rodier "(sic) Devant mon vif désire d'avoir des explications, il me propose de me mettre en rapport avec M.Guibert, directeur de la justice militaire, seul qualifié pour me donner satisfaction.
" Effectivement, fin janvier 1958, je suis reçue par M.Guibert avec lequel j'ai un long entretien. Il me fait un résumé de l'affaire, me donne les noms de personnes impliquées dans le complot et ajoute : " Si Griotteray, Knecht et Sauvage ont bénéficiés de non-lieux c'est parce qu'ils ne sont que des sous-ordres et ne peuvent être incriminés sans mettre en cause des personnalités beaucoup plus en vue. Cela pourrait déclencher des mouvements d'opinion, menacer la stabilité gouvernementale et être à la base d'un 6 février(sic). D'autre part, ajoute-t-il, certaine confrontation entre le général Cogny et le général Salan ne serait guère opportune. Cela serait certainement exploité par la presse et jetterait le discrédit sur notre armée. "
" Puis, en présence d'un général de gendarmerie, il me demande de renoncer à ce que le coté politique de ce procès soit évoqué, faisant appel à la mémoire de mon mari, à son attachement au général Salan et à mon sens de l'honneur.
Je me suis inclinée.
Pour me prouver que ce sacrifice est nécessaire et marquer la confiance qu'il met en moi, il propose de me laisser consulter le dossier après son retour de la Cour de cassation, ce en présence de Me Floriot auquel il est lié d'amitié et dont il est sur du patriotisme.
Je me suis retirée sur ces paroles, mais je n'ai plus jamais eu de nouvelles ni de M.Guibert ni de Me Floriot.
"...

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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Syfou le Jeu 25 Fév - 14:46

Affaire classée pour eux..Ils ont trouvé la faille. L'excuse évoquée ne pouvait que mieux réussir sur une pauvre veuve désemparée. Les magouilleurs bien connus, n'aspiraient qu'à une chose : réussir leur but politique. Dire que cela pouvait porter préjudice au général Salan n'était qu'un prétexte pour attendrir Mme Rodier qui savait l'attachement que se portaient les deux hommes. La preuve, Elle n'a plus entendu parler des deux fins stratèges. Leur mission était remplie certainement avec promesses qui d'avancement qui de poste important dans le prochain régime.
Pourquoi se faire assister de la présence d'un général de gendarmerie ? Fallait-il impressionner a ce point Mme Rodier ? Qui voulait-on protéger ? Cogny ??? non. Debré ? Peut être, De Gaulle ? Sur.

D'ailleurs Salan écrit P127 ..."La pression exercée sur cette pauvre femme portant le deuil de son mari et faisant suite à une sorte de conspiration qui était en même temps une tromperie à laquelle des personnalités connues n'ont pas craint de mêler leur nom revêt un caractère odieux ; mais aussi les déclarations des exécutants d'Alger n'en prennent que plus de force. "...

Dernier paragraphe d'une lettre de Guy Mollet adressée à Mme Rodier P128 ..." Les criminels qui on lâchement assassiné un officier français et, s'il en est, ceux qui ont armés leur bras, doivent être punis. Non seulement je n'ai jamais agi pour qu'il en soit autrement, mais je me tiens à votre entière disposition pour vous aider --- si je peux --- à faire poursuivre jusqu'à son terme la nécessaire action de la justice. Je vous autorise, évidement, à faire de cette lettre tout usage qui pourra vous paraître utile à cette fin…"...


Pourquoi Guy Mollet a-t-il cru bon d'ajouter ----si je peux---- ?? Quelle pensée l'a-t-il animé au moment de rédiger cette lettre que vous pouvez lire en entier à la P127 & P128 du tome 3 des mémoires de Raoul Salan?

..." Au mois de juillet, " l'affaire du bazooka " commence à remplir les colonnes de la presse, le procès doit en effet se dérouler sous peu. Cette perspective jette la consternation dans certain milieu politique. Le fait suivant en est une illustration.
A mon cabinet civil et militaire se trouve le colonel Alain de Boissieu, gendre du général De Gaulle. Un lundi du mois de juillet, de retour de week-end, il demande à être reçu personnellement pour une question grave. J'accède à son désir mais le prie de se faire accompagner dans mon bureau par son chef direct, le général Lennuyeux, qui dirige le cabinet.
---M.Debre, que j'ai rencontré au cours de mon séjour parisien, me dit le colonel, m'a prié de vous demander de ne pas insister pour que le procès du bazooka vienne à l'audience.
Ma reponse demeure invariable :
---Rodier a été tué, ses assassins doivent être jugés, quels qu'ils soient !
Puis Lennuyeux et de Boissieu se retirent. "...

P130 ..." Ainsi voilà l'orientation donnée à son tour par le ministre de tutelle, essentiellement responsable puisque chef hiérarchique suprême du parquet militaire. M.Debré peut se sentir rassuré, nous allons vers une mise en liberté provisoire…
Malgré l'opposition du colonel Cornu, commissaire du gouvernement, et à l'étonnement de tous, un huis clos est ordonné à l'issue du quel, à 18 heures, l'affaire est renvoyée sine die et les accusés mis en liberté provisoire. "...

P131 ..." A cet instant du récit faisant bien le point. Après les déclarations de Me Floriot et de M.Guibert à Mme Rodier, la démarche d'Alain de Boissieu au nom et pour le compte de M.Michel Debré, le rapprochement des instructions de M.Guillaumat, ministre des Armées, et des arguments avancés par la défense au cours du huis clos, arguments rapportés par le commissaire de gouvernement lui-même, n'est-il pas à son tour hautement significatif ? "...

P133 ..." Comme le colonel Gardon regagne la capital, Dulac le prie de me mettre au courant de cette démarche(M.de la Malène voulait savoir si Salan était d'accord pour que l'affaire soit jugée huis clos), ce qu'il fait le 11 août à l'hôtel Astor ou je réside.(Salan est en déplacement à Paris). Il me remet à ce sujet une fiche écrite de sa main, s'étonnant devant moi de l'insistance que mettent certains personnages, dont M.Debré, à éviter ce procès.

Des mon retour à Alger, le général Dulac me confirme la visite qu'il a reçu de M.de la Malène et son but. Je lui dis alors :
---On met donc tout en œuvre pour que la justice ne soit pas rendue ! Pour ma part, je maintien ma position, avec d'autant plus de vigueur que toutes ces manœuvres confirment la justesse de mon opinion : Ceux qui ont prescrit cet attentat ne sont pas sur le banc des accusés. "...

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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Syfou le Jeu 25 Fév - 14:48

P134 ..." Kovacs ne se présentera pas à la convocation du tribunal. Il préfère disparaître et regagne l'Espagne.
Les séances du tribunal se déroulent du 6 au 11 octobre dans une salle misérable de la vieille caserne de Reuilly. Derrière une table en bois, siège un vieux magistrat bien usé et quelques militaires. Que viennent-ils faire là ? Il est vrai que cette fonction n'est pas recherchée dans l'armée et qu'on choisit un peu n'importe comment parmi les cadres disponibles. Ces juges, surpris par l'atmosphère du procès et troublés par me Tixier-Vignancour et me Biaggi, ont accepté la mise en liberté provisoire des inculpés sans trop comprendre pourquoi.
Pas un seul n'a posé de question sur les origines de l'attentat ni ne s'est demandé qui avait armé les bras de ces exécutants. Aucun d'eux ne s'en préoccupe et l'audience suit son petit train train.
Ils n'ont plus devant eux que les cinq inculpés qui n'ont pas fui, pensant bien que leurs amis politiques vont les tirer d'affaire et qu'ils seront relaxés.
Aussi lorsque le verdict tombe, grande est leur stupéfaction : peine de mort par contumace pour Kovacs, réclusion criminelle pour Castille, peines de prison pour les autres. Les gardes les enchaînent…personne ne les a secourus ! Ils partent vers la Santé, la tête basse mais une flamme de révolte se lit dans leur regards.
Et ceux qui les ont poussés ne sont pas inquiétés.
Le silence se fait… "...

P135-136-137 ..." L'affaire du bazooka semble donc close…
Il n'en est rien ! tout d'abord, en janvier 1960, dans le tumulte des barricades, un commando de Pierre Lagaillarde libère les condamnés du bazooka et les incorpore dans sa troupe.
Puis, alors que la politique d'abandon du général de Gaulle m'a conduit à passer en Espagne, j'ai, à Madrid, une conversation intéressante. Je loge à l'hôtel Princesa où Pierre Lagaillarde me demande de donner audience à Castille et à Fechoz qui sont avec lui. Le 10 janvier 1961, j'accède à sa requête et reçois Castille et fechoz dans mon bureau dont les fenêtres donnent sur un petit jardin. Les gardes civils y assurent une faction vigilante car je suis étroitement surveillé par la police de Franco.
Castille se présente : officier du génie, il a appartenu comme lieutenant au 11eme Choc ainsi qu'au S.D.E.C.E. Le 11eme Choc est en effet le régiment où cet organisme puise ses spécialistes pour les missions délicates. Il n'a jamais été en Indochine. Grand, très fin, il s'exprime avec facilité.
Fechoz est assez fruste. C'est un garçon courageux mais influençable.
Tous deux me disent leurs regrets d'avoir été entraînés dans cette affaire du bazooka et leur certitude, eu égard à la personnalité de ceux qui les dirigeaient de Paris et de rabat, d'être dans la voie juste du maintien de l'Algérie dans la France.
---Tout ce qu'à déclaré Kovacs et que nous avons confirmé dans nos dépositions du début février 1957 est vrai, me dit Castille. C'EST M.DEBRE QUI ORCHESTRAIT TOUT. LE GENERAL COGNY ETAIT A SA DEVOTION ET VOULAIT A TOUT PRIX VENIR A ALGER. Knecht était subjugué par Griotteray qui, de son coté, avec Sauvage, était envoûté par le général.
" La réunion du 16 décembre 1956, au Saint George a bien eu lieu ainsi que l'a décrite Kovacs. Nos rencontres avec Griotteray, Knecht et Sauvage, sont l'exacte vérité. C'est pourquoi lorsque nous avons été condamnés nous n'avons pas compris car nous étions persuadés que M.Debré, alors Garde des Sceaux, nous ferait obtenir le non-lieu dont les autres inculpés, en France, avaient déjà bénéficié. Nous avons porté toute la responsabilité de cette malheureuse affaire… "
A les écouter parler pendant près de trois heures, j'ai prouvé le sentiment qu'ils étaient incapables d'avoir monté ce scénario pour se défendre tant ils donnaient de précisions sur les rencontres d'Alger, sur les personnages, les lieux…Je retrouvais là une confirmation de toutes les hypothèses antérieures, formulées à la lumière des documents…
Enfin, lorsque après avoir quitté Madrid pour Alger, le dimanche 22 avril1961 au matin, je deviens le chef de l'O.A.S., les informations que je recueille concordent parfaitement avec les propos tenus par Castille et fechoz.
C'est pourquoi j'adresse à M.Michel Debré, qui est alors Premier ministre, la lettre suivante, en raison des attaques dont l'O.A.S. est l'objet de sa part, attaques injustes contre des hommes qu'il a lui-même engagés à la lutte par ses écrits du Courrier de la Colère, dont je n'ai pas oublié cette phrase : " Tout abandon de l'Algérie est un acte illégitime qui place ceux qui le commettent hors la loi et tous ceux qui s'y opposent, quels que soient les moyens employés, se trouvent en état de légitime défense. "

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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Syfou le Jeu 25 Fév - 14:50

Le 29 janvier 1962
" Monsieur,
" Jusqu'ici je m'étais fixé comme ligne de conduite de garder personnellement le silence dans cette bien triste affaire qu'a été celle du bazooka. Certes, je sais que quelques journalistes partiellement informés y ont fait allusion.
Votre gouvernement vient de prendre des mesures dites " spectaculaires " pour lutter contre les patriotes qui ont pris pour mission celle-là même que vous prétendiez remplir il y a de cela seulement trois ans : la lutte pour la défense et l'intégrité du territoire national. Ces mesures, vous avez tenu à les expliquer vous même sur les ondes de la Radio Télévision Française, n'hésitant pas à appliquer les qualificatifs d'assassins et de criminels à l'encontre de ces mêmes patriotes.
De ce fait, me voilà donc libre de raviver certains détails précis et de vous rappeler la part directe que vous avez personnellement prise, en d'autres temps, dans une affaire d'assassinat.
Votre participation m'a été prouvée en deux occasions au cours de l'année 1958.
Au mois de juillet, le colonel Alain de Boissieu venait me trouver en présence du général Lennuyeux, pour me demander de votre part de ne pas donner suite au procès du bazooka, craignant que " votre nom et celui du général de Gaulle n'y soient irrémédiablement mêlés ". Vous connaissez la suite que j'ai réservée à cette démarche. Je me suis refusé à vous suivre.
Quelque temps après, au mois d'août, vous êtes revenu sur ce problème. M.de la Malène, qui faisait alors partie de votre cabinet, vint à Alger. Comme je devais m'absenter je le fis recevoir par le général Dulac qui mit au courant le colonel Gardon, mon conseillé juridique, étant donné qu'il s'agissait d'une mission dans le cadre du cabinet du Garde des Sceaux. M. de la Malène a exposé la même argumentation que le colonel de Boissieu.
Le colonel Gardon m'a laissé une relation manuscrite de cet entretien. Ce document, précieux s'il en fut, a échappé à toutes les investigations et perquisitions de votre police.
En Espagne ensuite, vous n'ignorez pas que j'ai rencontré ceux-la même que vous aviez trompés, en leur faisant exécuter un acte qui était beaucoup plus destiné à servir vos ambitions que la cause de l'Algérie française. Les précisions que j'ai recueillies auprès de ces exécutants m'ont définitivement fixé sur la réalité de vos agissements.
Ainsi vous êtes le premier justiciable des mesures que vous venez de prendre contre ceux que vous qualifiez de criminels.
Je vous désigne nommément comme l'assassin du chef de bataillon Rodier ".

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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Syfou le Jeu 25 Fév - 14:53

Une copie de la présente lettre fut adressée à M. le Ministre des Armées et à M. Le procureur de la République de la Seine, pour leur information personnelle.

Acheminée par les voies postales normales, elle parvint bien à ses destinataires et fut reproduite à l'époque par certains journaux dont " Le monde " du 7 février 1962.

Trois mois après, le 20 avril 1962 c'est mon arrestation. Le 15 mai 1962 s'ouvre mon procès où il sera longuement parlé du " bazooka ".

Quels sont les enseignements qu'il faut en tirer de cette affaire où il y a eu mort d'homme. Salan le fait lui même dans les lignes qui suivent à la P138. de ses mémoires tome 3.

Dans ma déclaration devant le tribunal, le 16 mai, je m'exprime en ces termes :
" …A Alger, intervient le monstrueux attentat du bazooka. Le 16 janvier, à 19 heures, deux roquettes sont tirées, l'une sur mon bureau, l'autre sur celui du commandant Rodier qui est tué sur le coup. C'était le premier acte de violence n'émanant pas du F.L.N., et il avait été dirigé contre le commandant en chef. Qui donc l'avait commis ?
On sut rapidement que cet attentat était relié à un important complot dont la réussite exigeait mon assassinat.
Ses instigateurs sont ceux qui demandent aujourd'hui pour moi la peine capitale. Ils désirent obtenir par mon jugement ce qu'ils n'ont pas réussi par le bazooka.
Cela est si vrai que toute instruction sérieuse m'a été refusée. Aucun témoignage n'a été recueilli, pas même celui de M. Michel Debré. Or il est impossible de comprendre les événements et d'expliquer ma position comme le mobile de mes actes si l'attentat du bazooka n'est pas éclairci. Quand le pouvoir refuse à un inculpé une justice complète, c'est qu'il y a le plus grand intérêt ".
Je termine ma déclaration :
" Désormais je garderai le silence ". "...

P138-139 ..." Mitterrand est cité à la barre à la suite de son article suivant :
" Un incroyable hasard a voulu que Salan fut la première victime désignée par le clan qui portera devant l'Histoire la responsabilité d'avoir déclenché la guerre civile, en ordonnant de tirer au bazooka, un jour de janvier 1957, sur le commandant en chef de notre ancienne Algérie. "
Mitterrand répond :
---J'ai en effet écrit cet article. "...

P144 ..."Debré à la barre nie être à la base du complot de l'attentat au bazooka.
Il détient une lettre du général Dulac où celui-ci écrit ne pas se souvenir de la visite de la Malène à Alger. ainsi qu'une lettre de Knecht qui dément l'entretien qu'a eu le colonel de Boissieux avec le général Salan courant juillet 1958 où il lui demandait de la part de Debré de ne pas insister pour que l'affaire du bazooka vienne à l'audience, craignant en effet que " son nom et celui du général De Gaulle " n'y soient irrémédiablement mêles. "...

P141 ..." Il me paraît alors que M.Debré, encore premier ministre, a eu le réflexe de se faire " couvrir ", après ma lettre du 29 janvier, en recueillant ces déclarations fallacieuses auprès de généraux qui étaient, de fait, toujours sous ses ordres. "...

Salan écrit P144 ..." Le complot du bazooka, point de départ du 13 mai 1958, avait pour origine un groupe politique, derrière lequel se profilait la haute et énigmatique figure du général de Gaulle et qui gravitait autour de M.Debré et de ses amis.

Malheureusement, lorsque les événements du 13 mais se produisirent, j'étais dans l'ignorance de la plupart des faits que je viens de relater au cours des pages précédentes et qui ne parvinrent à ma connaissance qu'à partir de juillet 1958 et dans les années suivantes. "...

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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Syfou le Jeu 25 Fév - 14:57

Que pourrait-on ajouter à l'affaire, non du bazooka, mes des bazookas car il y avait deux tubes.

Malgré que la vérité soit dure à avaler pour les français, il reste que des assassins tels De Gaulle, Debré et toute sa clique, sont restés impunis. Non seulement impunis mais en plus ils ont été montés au zénith et glorifiés à jamais dans l'Histoire de France. (Sauf si d’honnêtes Historiens un jour décident d’élucider toutes les magouilles de la période considérée.)

Souvenez-vous de l'auteur du crime de l'Amiral Darlan, (Bonnier de la Chapelle), de la tentative d'assassinat contre le général Giraud par un ( tirailleur sénégalais) et de l'attentat contre le général Salan, qui a coûté la vie au colonel Rodier ! Dans ces trois cas les auteurs ont été condamnées à mort et la sentence rendue rapidement pour Bonnier de la Chappelle et le sénégalais afin de couper toutes pistes qui menaient au cerveau. Dans le cas de l'affaire du bazooka Kovacs est condamné à mort mais profite de s'échapper en Espagne à l'occasion d'une mise en liberté provisoire, ce qui lui sauve la vie. Deux de ses complices, Castille réclusion criminelle et peines de prison pour les autres, auraient moisis en prison si à la suite des barricades d'Alger ils n'avaient été libérés par Lagaillarde.

Dans tous les cas ceux qui armèrent leurs bras comme par hasard restèrent impunis.
M.Debré, bras droit de De Gaulle, homme à tout faire pendant la période avant et après 1958, Sénateur, Garde des Sceaux, pendant l'affaire du bazooka qui profitant de cette position tente d'étouffer l'affaire se sachant démasqué par les témoignages et les aveux des auteurs de l'attentat. Circonstances des plus aggravantes, il réussi grâce à l'appui de son chef De Gaulle, à échapper à la Justice.

Mais que penser de cette Justice si celle-ci a, à sa tête un assassin sous les ordres d’un autre assassin? Quels sont les petits délinquants qui auraient pu échapper à des poursuites, etc…Pas un seul. Mais, des De Gaulle, des Debré et autres magouilleurs(voir Chirac) eux, réussissent toujours à détourner, grâce à leurs positions, toutes les lois de la République, sans crainte d'êtres poursuivis.

Les années passant, les exécutants et hommes de mains changèrent mais le cerveau se maintenait actif et vigilant jusqu'à sa mort.
De Gaulle et sa cour furent écartés du pouvoir par ceux la même qui aveuglés par un soleil factice le mirent à la tête de la France.

Je n'aurais de repos que lorsque la vérité sera connue et l'Histoire rectifiée. Si je ne vie pas assez longtemps pour le voir, je suis sûr que parmi les nouvelles générations il se trouvera d'honnêtes personnes, pieds-noirs ou pas, qui se feront un devoir de continuer la lutte pour que la justice triomphe un jour. Et pour que l'on arrête de raconter des fausses Histoires de France à nos enfants.

Quelle est la morale de toutes ces histoires sinon que, tant que la justice reste sous le joug des politiques au pouvoir, elle sera causes d'injustices.
Et si l'injustice reste mère de la patrie les " ripoux " et les pourris ont devant eux de bons jours à vivre hélas.


Gilbert Ibanes
Pour qui un seul but la vérité.

Source: Raoul Salan - Tom 3 " fin d'un empire " Algérie Française.

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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Sphinx le Dim 18 Avr - 2:34

Annuaire de l’Afrique du Nord 1978

VII. - GUERRE D’ALGÉRIE

L’historiographie de la guerre d’Algérie continue sur sa lancée. En dépit de l’abondance de la production antérieure (au moins en France), tout n’a pas été dit, et chaque année apporte son lot de révélations partielles, ou relatives. 1978 (auquel nous devons joindre quelques titres oubliés de la fin de 1977), est une année moyenne par la quantité.

Les mémoires sont représentés par quatre témoignages d’officiers français : Nicolas d’Andoque, le général Jacquin, les colonels Trinquier et Château-Jobert, auxquels il convient de joindre le récit d’un bref épisode de la « pacification » (septembre 1955, région d’El-Milia) par Pierre Hovette, ancien capitaine du 1er RPC, le régiment de Bigeard (Capitaine en Algérie, Paris, Presses de la Cité 1978, 221 p.).

Deux Français ont tenté d’éclairer le côté algérien du conflit par des publications à caractère documentaire. Celle d’Alfred Boissenot (L’Islam et la guerre d’Algérie, Cannes, CEL, 1977, 141 p.), vaut surtout par cet aspect. L’auteur y utilise une bibliographie abondante et variée (de Louis Bertrand à Gérard Chaliand, d’André Servier à Charles-André Julien), pour démontrer la responsabilité totale et unilatérale de l’Islam dans les origines et le déroulement de la guerre. Les citations placées en exergue, allant de Mustapha Kemal à Chateaubriand, font craindre le pire : un réquisitoire haineux. En fait, c’est pour défendre ses compatriotes, les Français d’Algérie, que l’auteur attaque, avec une passion bien visible. Il s’agit de prouver que l’échec de l’Algérie française n’est pas imputable au racisme et au colonialisme des colons, mais simplement au fanatisme des Musulmans qui ont refusé d’évoluer dans ce cadre, contrairement aux Israélites indigènes qui ont su saisir la chance de promotion offerte par la France. L’auteur explique longuement que l’Islam enseigne le mépris et la haine envers les chrétiens et les juifs, mais il semble se contredire en affirmant que la plupart des Musulmans algériens souhaitaient vivre en paix avec leurs voisins et avaient choisi d’être français en septembre 1958. En tout cas, son livre a le mérite de souligner l’importance du facteur islamique dans la résistance à la conquête française, de 1830 à 1962 ; ce qui bouscule deux mythes déjà bien fragiles : le caractère français de l’Algérie, et la responsabilité de la subversion communiste dans l’insurrection.

Jean Boisson applique plus fidèlement la méthode d’objectivité historique dont il se réclame. Son ouvrage, Ben Bella est arrêté, 22 octobre 1956, est remarquable par l’abondance des citations de documents inédits, des annexes, des notes. Il éclaire les coulisses de l’organisation extérieure du FLN et des négociations avec la France en 1956. À un autre niveau se situe le roman de Abdeslam Haderbache, 11-54. L’Aube des héros, (Paris, la Pensée Universelle, 1978, 94 p.) qui raconte un épisode de la lutte armée : la rareté des informations nouvelles comme l’inachèvement de l’écriture laissent le lecteur sur sa faim.

Signalons enfin, en marge de la guerre, deux témoignages de femmes. Celui de Virginie Buisson (L’Algérie ou la mort des autres) d’une incontestable valeur littéraire, mêle deux thèmes : le regard pénétrant d’une adolescente sur la guerre qui rôde autour d’elle ; et l’éveil de la sensualité dans un monde d’hommes [1]. Celui de Fernande Stora (L’Algérie pour mémoire, Paris, Guy Authier, 1978) est le journal d’un bref retour à Alger après la tourmente, en septembre 1962.

(Rédaction : été 1979. Publication : 1980)
mardi 7 août 2007.
La rubrique "Guerre d’Algérie" est nettement identifiée à partir de cette édition de l’Annuaire de l’Afrique du Nord, mais d’autres auteurs de comptes-rendus (Slimane Chikh, Jean-Claude Vatin) y participent également. Voir l’AAN 1978, pp. 1097-1104.

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"Quelle est la différence fondamentale entre une femme et un terroriste ? Avec le terroriste on peut négocier"
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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Sphinx le Lun 19 Avr - 2:41

GUERRE ET PACIFICATIONS, QUATRE TEMOIGNAGES D’OFFICIERS FRANÇAIS

En quelques mois, de novembre 1977 à mars 1978, quatre officiers français ont publié leur témoignage sur la guerre d’Algérie.

Soldat d’occasion, non de vocation, Nicolas d’Andoque a suivi la tradition familiale : servir comme officier quand la patrie est en danger. Appelé au service militaire en 1956, volontaire pour l’Algérie, après un stage à l’école de Saumur il découvre la guerre en 1957 dans une unité d’intervention, également affectée au secteur brûlant d’Aïn Beïda. Devenu officier de renseignement, il se passionne pour cette mission, qu’il refuse de concevoir comme une besogne de « basse police ». Condamnant la terreur (qu’il laisse au FLN), et la torture (qui lui est recommandée « à travers un brouillard d’euphémismes, une purée de litotes pudiques »), il s’attache à « l’apprentissage patient des relations qui fondent la cohésion des communautés confiées à son autorité (suivant l’exemple de Lyautey et de ses officiers des affaires indigènes). Ayant réussi à détruire l’Organisation politico-administrative (OPA) du FLN en épargnant la population, il peut désormais lui démontrer la sincérité de ses intentions de progrès et de fraternité : « Selon la formule célèbre, la pacification n’est pas la guerre. Si nous nous acharnions à démolir la rébellion, le souci profond qui ne nous quittait pas était bien sûr d’aider, de faire avancer vers davantage de bien-être et d’instruction, donc de liberté, les populations misérables parmi lesquelles nous vivions » (p. 26).

Libéré au début de 1959, il reprend du service comme officier des Affaires Algériennes après le discours sur l’autodétermination, pour faire en sorte que la solution soit la meilleure possible. Affecté à une SAS proche de son ancien secteur, il se dévoue à sa tâche : assistance médicale gratuite, scolarisation, construction de villages de regroupement. Il se heurté à l’incompréhension et à l’inertie de l’administration, ainsi qu’à la mauvaise volonté des notables locaux : les anciens, « féodaux » attachés à leurs privilèges, et surtout les nouveaux, élus municipaux et secrétaires de mairies, attentistes se croyant les cadres prédestinés de l’Algérie de demain, quel que soit son avenir. À partir de juin et surtout de décembre 1960, la rapide évolution de la politique gaullienne les encourage dans leur opposition systématique à la tutelle des SAS, tout en inquiétant profondément les « moghaznis » fidèles. Privé de toutes ses illusions, Nicolas d’Andoque reste en Algérie à la fin de son contrat, pour tenter de sauver ceux qui lui ont fait confiance. Avec plusieurs camarades, qui se regroupent dans l’Association Nationale des Anciens des Affaires Algériennes, il s’efforce, en dépit de l’obstruction des autorités responsables, d’organiser le transfert et la réintégration en France du plus grand nombre possible de « Français musulmans » menacés. D’après lui, moins de 40.000 ont pu s’y réfugier, près de 60.000 auraient été massacrés dans l’Algérie indépendante, sur plus de 200.000 personnes en danger.

Ce livre plaide avec éloquence pour « cette action humaine et généreuse menée sans arrière-pensée par des Français », qui se sont dévoués pour leur patrie et pour l’Algérie. Ses limites n’en restent pas moins évidentes : parti-pris d’ignorer le passé colonial, et l’action brutale d’autres Français qui ne partagent pas leur haut idéal ; surtout méconnaissance des véritables intentions de la nation au nom de laquelle ils s’engageaient. Sans se renier, l’auteur en a pris conscience : « Enivrés d’une utopie de fusion des peuples et des races, nous étions encore des milliers à espérer qu’une vertu jamais vue pouvait gouverner la nation. Nous nous étions persuadés de la valeur exemplaire de l’engagement de notre pays [... ]. On nous dira, après, que notre solitude nous aveuglait, que la promotion de l’Algérie oubliée n’était pas le seul projet qui s’offrait à la nation [... ], qu’enfin pourquoi ne pas laisser la place à ceux qui avaient eu le courage de se dresser contre nous ? [... ] C’était vrai. Ces gens-là garantissaient l’avenir de leur pays [... ] Mais les fins de guerre ne sont jamais propres, et nous avions des amis » (p. 119). Ce n’est donc pas l’indépendance de l’Algérie qu’il reproche au général de Gaulle, mais seulement ses modalités.

Jacquin (Henri), La guerre secrète en Algérie. Paris, Olivier Orban, 1977, 321 p.

Le général (alors colonel) Henri Jacquin est également un spécialiste du renseignement, mais à un autre niveau, et dans un tout autre esprit. Ancien de Saint-Cyr, ayant choisi la Légion, il connaît aussi bien l’Afrique du Nord que l’Indochine. Pour lui, la guerre d’Algérie est avant tout une guerre, avec tout ce que ce mot implique de violence : « La guerre est la guerre [... ], et le colonel Iks (alias Jacquin), que n’abusent pas certains aspects de la pacification, n’est pas un sentimental. La guerre du renseignement, professe-t-il, n’est pas une chanson de geste. La guerre, hélas ! se fait œil pour œil dent pour dent » (pp. 205-206).

On attend de cet homme bien placé pour connaître le dessous des cartes des révélations étonnantes. Elles ne manquent pas, en effet . Mais la vision d’ensemble est très classique. On reconnaît la théorie militaire française de la « subversion » (même si le mot n’est guère employé par l’auteur), qui explique la « rébellion » par les intrigues des puissances étrangères. La première partie du livre est consacrée aux « convoitises » (communistes, panarabistes, mais aussi allemandes, italiennes, espagnoles, anglaises, américaines) qui ont visé l’Afrique du Nord bien avant 1954. L’auteur s’inscrit en faux contre l’affirmation de Malraux, « que les Occidentaux ont toujours exagéré la participation de l’étranger dans les guerres dites de libération du monde colonial ». D’après lui, « la génération spontanée des soulèvements populaires appartient à cette imagerie acceptée les yeux fermés par qui se pique d’avoir bonne conscience et le cœur bien placé ; l’irréversible sens de l’Histoire permet d’esquiver regrets, remords et responsabilités ». (p. 25). Il retrouve la même conspiration mondiale tout au long du conflit : « En vérité, la France se bat contre un monde hostile, à l’affut de ses faiblesses et de ses reniements [... ] » (p. 166).

Ainsi, la thèse est claire. D’un côté, la subversion étrangère, qui exploite habilement « une situation économique, sociale et politique archaïque et même détestable par certains aspects » (p. 25). Tous les chefs du mouvement nationaliste sont des agents de l’étranger, ou sont au moins manipulés par ceux-ci : Bourguiba (p. 30-31), le sultan du Maroc (p. 75), Messali et le PPA (pp. 18-19), Ferhat Abbas (p. 14-15), les Oulémas (pp. 23-24). De l’autre côté, les gouvernements français n’opposent à la subversion que leur aveuglement, leur incapacité, leur manque de volonté. L’auteur va jusqu’à dénoncer quelques cas de trahison ministérielle : ceux de Jacques Chevallier dès novembre 1954 (p. 89-90 et 272), et d’Edmond Michelet à partir de 1959 (p. 253-267-268). L’exemple venant de si haut, il ne peut s’étonner des nombreuses complicités dont bénéficia le FLN en Algérie et en France, pour des motifs idéologiques ou autres .

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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Sphinx le Lun 19 Avr - 3:15

Pourtant, les services de renseignement avaient bien fait leur travail jusqu’en 1954. Ils avaient réussi à trouver des informateurs dans toutes les organisations nationalistes, jusqu’au sommet. Car les agents de la subversion, apparemment, se laissent facilement retourner. L’auteur cite « Tewfik El Madani, l’un des Oulémas les plus respectés, agent du gouvernement général, Ben Bella, héros de l’Organisation Secrète, jadis informateur de la Sécurité Militaire, et Ferhat Abbas lui-même, longtemps « honorable », correspondant de la police des Renseignements Généraux »(p. 205). Il s’étend davantage sur le cas de Messali « devenu depuis 1945, sous le pseudonyme de Léon, un précieux informateur pour la police française » (p. 22). Dans ces conditions, les responsables politiques ne peuvent sans mauvaise foi prétendre qu’ils ont été surpris par le 1er novembre.

De 1954 à 1956, le FLN gagna la « bataille du renseignement » par la terreur et par la trahison (qui lui permit de connaître « dès 1954 à peu près tous les informateurs des services de police ou de renseignement » (p. 272)). Tous les moyens de lutte efficace, comme les « Détachements Opérationnels de Protection » (DOP) spécialisés dans le démantèlement de l’OPA « rebelle », devinrent « la cible d’une campagne mobilisant les consciences contre des brutalités inadmissibles dans une indignation fort légitime si elle ne s’exerçait à sens unique sur un fond d’arrière-pensées douteuses » (p. 137).

Pourtant, le camp français réussit de 1957 à 1960 à retrouver des sources de renseignement par divers procédés : infiltration d’agents, recrutement d’informateurs bénévoles jusque dans l’entourage du GPRA, retournement de « rebelles » capturés. Il contre-attaque en menant la « guerre psychologique », laquelle vise l’effondrement du moral de l’adversaire par tous les moyens. Le plus redoutable fut la célèbre « bleuite », opération d’intoxication due au colonel Godard qui provoqua en 1958 une sanglante épuration de la wilaya III. En 1959 et 1960, le colonel Jacquin, chef du mystérieux « Bureau d’Études et de Liaisons », directement subordonné à l’état-major du général Challe, fut chargé de l’étendre à toutes les wilayas de l’intérieur. Il exploita systématiquement la méfiance et la sévérité envers les traîtres caractéristiques de l’ALN pour l’inciter à se détruire elle-même. Procédé peu élégant, que l’auteur justifie en montrant que l’autre camp n’était pas plus scrupuleux.

Le général Jacquin raconte en détail la tentative de paix des chefs de la wilaya IV, dite « affaire Si Salah » [5], qui aurait pu d’après lui terminer la guerre d’Algérie en 1960. Le regret d’avoir échoué, par la faute de la « trahison », explique sans doute le ton d’amère dérision dans lequel il se complaît. On peut néanmoins regretter qu’il n’ait pas tenté de surmonter son amertume, ni de dépasser son point de vue étroitement professionnel. En effet, quel que soit l’intérêt de ses révélations - que nous ne pouvons accepter sans preuves suffisantes - on peut douter qu’elles fournissent la véritable explication du conflit algérien. Elles n’éclairent pas les causes de l’insurrection, mais seulement l’origine des moyens dont elle a bénéficié. L’exemple de la guerre d’Espagne, auquel se réfère le général Jacquin, suffit à montrer que la subversion est une entreprise aléatoire et, en fin de compte, décevante.

Trinquier (colonel Roger), Le temps perdu. Paris, Albin Michel 1978, 442 p.

Comme Henri Jacquin, Roger Trinquier est un représentant typique de cette génération d’officiers coloniaux qui ont trouvé dans l’Empire français à son apogée un champ d’action à leur mesure, et n’ont pu se résigner à son abandon. Il connut d’abord le rôle exaltant de chef de poste dans les montagnes du Tonkin, puis la curieuse vie de garnison dans les concessions françaises de Chine, vestiges d’une époque révolue que la Deuxième guerre mondiale balaya. Cette guerre, par obéissance aux ordres de Vichy, il ne la fit pas, mais se contenta de la commenter sur des cartes. De 1945 à 1960, au contraire, il ne cessa plus de guerroyer dans les « paras », en Indochine puis en Algérie, avant de quitter l’armée en 1961.

En Indochine, il découvrit la guerre révolutionnaire ou subversive, et rechercha les moyens de la gagner. Organisateur de maquis sur les arrières du Vietminh, il eut le sentiment d’une victoire possible, dont le désastre de Dien Bien Phu vint le frustrer. Débarquant à Alger en août 1956, il s’intéressa aussitôt à la lutte contre le terrorisme. Son récit de la « bataille », assez bref, n’ajoute guère à celui du général Massu. Il refuse de ranimer les controverses suscitées par les déclarations de son chef sur l’emploi de la torture. À en croire le colonel, il s’agirait de calomnies lancées contre les parachutistes par des agents de l’ennemi ou par des jaloux . D’après lui, le renseignement se trouve par d’autres moyens. La population qui est contrainte d’abriter les terroristes les connaît nécessairement (p. 239). Elle les dénonce volontiers aux forces de l’ordre quand elle se sent protégée contre eux (p. 318). Même un grand nombre des terroristes se sont ralliés une fois libérés de l’emprise de leurs chefs (p. 256). En somme, la « bataille d’Alger » de 1957 fut moins brutale que la répression de l’OAS par les autorités françaises à Alger et Oran en 1962 (p. 257).

Quand la population est libérée de la terreur, il suffit de la recenser et de l’organiser en une hiérarchie de responsables (de maison, d’îlot, de quartier) pour détecter immédiatement toute nouvelle infiltration des agents de la subversion. Cette organisation, nommée « Dispositif de Protection Urbaine » (DPU), fut le grand succès du colonel Trinquier qui l’appliqua en 1959 et 1960 dans le secteur pourri d’El Milia. Méthode qui, si elle avait été généralisée , aurait permis de gagner la guerre d’Algérie « avec des porte-plumes, à condition qu’ils soient protégés » (p. 251). Militaire complet, il se montra également le digne successeur de Bigeard à la tête du 3e RPC en 1958, et un stratège inventif qui proposa au gouvernement l’emploi d’irréguliers musulmans pour chasser l’ALN de ses bases tunisiennes en 1960.

Homme de guerre, le colonel Trinquier se veut aussi un pacificateur. Il recherche le dialogue avec la population et même avec l’adversaire. On lit avec intérêt le récit de ses conversations avec des membres de l’élite musulmane internés au camp de Beni Messous, avec des étudiants et des étudiantes d’Alger, avec Yacef Saadi et Zohra Drif, avec Abderrahmane Farès (p. 261-269), et de ses relations indirectes avec des membres de l’entourage de Ferhat Abbas (p. 336-337 et 423-425). Il en retire la conviction que les « rebelles » s’étaient révoltés pour obtenir l’égalité, que l’indépendance n’était pour eux qu’un moyen, que l’intégration était la solution la plus avantageuse pour l’Algérie comme pour la France, et que celle-ci l’a refusée par avarice.

Sachant que « la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens », il n’hésite pas à s’aventurer sur ce dernier terrain. Issu d’une famille paysanne, passé par l’École Normale d’Instituteurs et par l’École Militaire de Saint-Maixent, il a très tôt pris parti pour la droite nationale, contre la gauche pacifiste et antimilitariste, qu’il rend responsable du désastre de 1940. Pétainiste par discipline et par conviction, il est confirmé dans l’anti-gaullisme par l’épuration. Les souvenirs de 1939-40 et l’expérience de l’Indochine en font naturellement un anticommuniste systématique. Jusqu’en 1958, il reste un soldat discipliné, et c’est à tort que le ministre Chaban-Delmas, craignant son influence sur la population d’Alger, juge devoir l’en éloigner en 1957. Le hasard l’y renvoie le 13 mai 1958, en mission de maintien de l’ordre. Entre la foule algéroise qui le supplie de prendre le pouvoir, et l’État républicain, il n’hésite pas longtemps. On est frappé de l’audace avec laquelle il franchit le Rubicon sans regarder en arrière, organise le renversement de l’autorité légale à Oran et à Constantine, tente de persuader le général Massu d’imiter Bonaparte, et se prépare à occuper le Palais Bourbon... Audace d’autant plus téméraire que le colonel ne sait pas, au début, pour qui il travaille, ni ensuite quels sont les projets du général de Gaulle sur l’Algérie. Elle contraste vivement avec l’extrême prudence de la plupart des généraux (même de Salan au départ). L’auteur la souligne à juste titre afin de détruire le mythe de « l’Armée » unanime pour sauver à tout prix l’Algérie française, mythe qui entretint les illusions de ses partisans.

Conscient dès juin 1958 d’avoir été manipulé par les gaullistes, le colonel Trinquier est tenu informé de tous les complots militaires, mais il hésite désormais à s’engager. Désabusé sur la politique gaullienne, il se laisse fourvoyer dans l’aventureuse mission de former une armée au Katanga, et n’arrive pas à rejoindre Alger avant l’échec du putsch d’avril 1961. Il se consacre désormais à défendre la cause perdue de l’Algérie française et à mettre en garde l’Occident contre la subversion communiste, en écrivant plusieurs livres de stratégie et de politique . Bien conscient d’avoir vécu la fin d’une époque, il ne regrette pourtant pas « le temps perdu » à tenter de sauver l’Empire français. La décolonisation, loin d’être une nécessité historique, reste à ses yeux une politique à courte vue, imposée à la nation par l’égoïsme de De Gaulle, de la bourgeoisie et des intellectuels. Les guerres d’Indochine et d’Algérie sont pour lui deux batailles perdues d’un affrontement général entre le monde encore libre et le communisme international, dont l’issue reste douteuse. Pour n’avoir pas voulu les gagner, la France risque d’être acculée à livrer la dernière bataille sur son territoire. Vision cohérente, mais trop simple pour être exacte.

Château-Jobert (colonel), Feux et lumière sur ma trace. Faits de guerre et de paix. Paris, Presses de la Cité, 1978, 345 p. Photographies.

Comme le colonel Trinquier, le colonel Château-Jobert est d’origine modeste, et a choisi la carrière militaire comme voie de promotion. Contrairement à celui-ci, il a participé à tous les combats de la France libre (qui en fit un parachutiste), avant de découvrir l’Indochine, puis l’Algérie. Homme d’action avant tout, il n’a guère le temps de compléter sa formation intellectuelle, mais se préoccupe de la dimension morale du commandement, et s’étonne de ne recevoir de ses supérieurs aucune directive, aucune doctrine sur les graves questions de la fin et des moyens. Il cherche les réponses dans sa première formation catholique, et commence dès 1954 à douter des vertus du régime républicain.

La guerre d’Algérie accélère son évolution. Commandant depuis novembre 1955 le 2e RPC, il devient célèbre un an plus tard en le menant à l’assaut du canal de Suez. La « bataille d’Alger » - dont il parle fort peu - le conduit à prendre position sur les méthodes admissibles dans le maintien de l’ordre. Il refuse la torture, mais admet la « contrainte » physique dans certaines conditions et pour empêcher un plus grand mal : « Non, on ne peut pas tolérer l’abandon d’innocents aux exactions de criminels. Si le renseignement arraché à ceux-ci doit sauver les premiers, il faut le leur arracher ; mais uniquement s’il s’agit de criminels [... ]. Le fait que l’homme soit un ennemi ne suffit nullement pour que l’on puisse se permettre d’exercer des sévices à soir égard [... ]. Quant à faire souffrir un homme, simplement parce qu’il est présumé coupable, c’est une abomination. Si la contrainte physique s’impose dans certaines conditions, en revanche il faut toujours et résolument dire non à la torture, définie comme l’imposition de violences gratuites ou d’intensité exagérée » (p. 206-207). Encore faut-il que les autorités militaires et politiques assument toutes leurs responsabilités.

Appelé en 1957 au commandement de la brigade parachutiste d’Outre-Mer à Bayonne, il proteste contre les procédés publicitaires du colonel Bigeard, qui enfreint les règles de la discipline et de la camaraderie en faisant croire à l’opinion que l’Armée française ne vaut rien en dehors de son régiment. Mais il n’en pense pas moins, et rédige en 1958 un réquisitoire contre la sclérose de l’appareil militaire français, dont il fait le thème d’un stage de « combat-choc » destiné à des officiers de toutes armes et de tous grades.

Entre-temps, comme le colonel Trinquier, il a franchi le Rubicon en préparant l’opération « Résurrection » (dont l’annulation le « frustra ») pour balayer la IVe République (sinon la République elle-même). Convaincu depuis le 16 septembre 1959 que De Gaulle a trahi ceux qui l’ont porté au pouvoir, il se résout à lui résister. Il profite d’un stage à l’École Militaire de Paris pour approfondir les raisons idéologiques de son opposition, et pour participer, avec le général Zeller et le colonel Lacheroy, à la préparation du putsch d’avril 1961. Celui-ci le surprend au Niger, où l’a envoyé la prudence du ministre des Armées. Mis aux arrêts pour avoir tenté de rejoindre Alger, il prend le temps de mettre au point sa doctrine d’action avant de rallier l’OAS en janvier 1962. Chargé du Constantinois, il s’oppose rapidement à Jean-Jacques Susini (pour qui la fin justifie tous les moyens) et se lie avec Robert Martel, dont il partage les convictions catholiques intégristes. Ayant échoué dans ses tentatives de soulever l’armée contre les accords d’Évian, il consacre plusieurs années de clandestinité à l’élaboration et à la diffusion d’une « doctrine d’action contre-révolutionnaire » , qui prétend défendre « l’ordre naturel et chrétien », par des moyens conformes à celui-ci, contre la Révolution, qui est elle-même l’expression d’une révolte permanente contre cet ordre naturel (c’est-à-dire, « conforme à la nature des choses telles qu’elles ont été créées » (p. 252-253). Cette Révolution n’est pas seulement la révolution communiste, mais également celle de 1789, mère commune de toutes les « erreurs modernes », démocratie, libéralisme, marxisme, etc., qu’il rejette au nom d’une théocratie anachronique (dont on peut douter qu’elle ait jamais existé telle qu’il se l’imagine). Bien que la doctrine du colonel Château-Jobert se veuille essentiellement pratique, il nous apparaît comme un Don Quichotte du XXe siècle, étranger à notre temps.

Ces quatre témoignages sont de nouveaux documents à ajouter à la série déjà longue des Mémoires publiés par les acteurs français du conflit, militaires ou civils. Plus ils seront nombreux, plus leur confrontation sera instructive. Cet échantillon ne représente qu’une seule tendance, celle des officiers qui se sont personnellement engagés en faveur de l’Algérie française ; mais il permet cependant de constater la relative diversité de leurs points de vue sur cette guerre, en rapport avec celle des postes dans lesquels ils l’ont faite, et de leurs expériences antérieures.

Guy Pervillé.

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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Sphinx le Jeu 13 Mai - 16:59

La fin de la guerre d'Algérie.
Evocation historique 1962.


L'année 1962 verra la fin de la guerre d'Algérie sur fond de guerre civile d'une rare violence.
Celle-ci met aux prises le pouvoir et l'O.A.S. qui sévit, à la fois, en métropole et dans les
grandes villes d'Algérie, surtout d'Alger et d'Oran, tandis que le bled reste relativement
calme.
Pour le pouvoir, l'ennemi principal a changé de camp. Ce n'est plus le F.L.N. avec qui sont
menées des tractations qui vont aboutir aux accords d'Évian le 19 mars 1962, mais l'O.A.S.
qui, se réclamant de l'Algérie française, pratique la politique du pire sur fond de peur et de
désespoir des Pieds-noirs.
Mais qu'était l'O.A.S. ?
Il y a eu le Putsch en avril 1961. L'O.A.S. en est la queue de comète, organisée par les
déçus de cette opération manquée. Elle regroupe, sous la houlette de Jean-Jacques Susini,
ancien président des étudiants d'Alger, auréolé du procès des barricades, de Martel, un
illuminé au style de croisé et de Salan, l'ancien commandant en chef, des officiers supérieurs
comme Arnoud, Goddard, Jobert ...qui ont franchi le Rubicon ou d'anciens capitaines.
D'aucuns appèleront ces derniers le soviet des capitaines1.. S'y ajoutent des jeunes civils
des classes préparatoires à Saint-Cyr, épaulés par d'anciens légionnaires, des anciens
d'Indochine ou de l'Action française ou des jeunes Européens désoeuvrés qui veulent en
découdre.
Quel est leur dénominateur commun ? La haine de De Gaulle qui se prépare à brader
l'Algérie. Pour eux, il est donc l'homme à abattre ainsi que tous ceux qui appliquent sa
politique. Dans cette catégorie, sont inclus en premier lieu, ceux que l'on nommait alors les
"barbouzes", les exécuteurs des basses oeuvres du pouvoir dans la lutte anti-O.A.S..
Que veut cette troupe hétéroclite ? L'Algérie française ! Mais cette notion recouvre des
aspects bien différents. Certains Européens rêvent du statu quo. Des Susini ou Martel, dans
leur for intérieur, aspirent à un changement de régime d'où la démocratie serait sans doute
absente. Quant aux militaires, la plupart veulent une France grande et forte dans laquelle
l'Algérie a sa place. Ils n'ont pas peur d'y intégrer les Musulmans de façon démocratique.
À l'occasion, se mêle à cette lutte, la vieille animosité de certains Européens contre les
Arabes qui peut expliquer le côté aveugle de certains attentats.
Confusément, à l'instar du F.L.N., ils recherchent, par le terrorisme, une reconnaissance qui
leur permettrait de s'asseoir à la table des négociations, car les Européens en sont exclus.
(Ils ne pourront même pas se prononcer sur le référendum décidant de leur sort). Ils pensent
pouvoir y associer le M.N.A..
Il y a cependant des divergences dans l'appréciation des objectifs : " Pourrir la situation,
constituer une force crédible. Les objectifs de l'O.A.S. sont là. Pour y accéder, les idées des
chefs ne concordent pas obligatoirement. Les plus absolus, Susini, Degueldre, Le Pivain
verraient même volontiers Alger se transformer en Budapest 1956. Ils savent que les
révolutions impliquent du sang. Les autres chefs de file sont plus réservés." Extrait de "la
guerre d'Algérie" de Pierre Montagnon dont je me suis inspiré pour établir cette synthèse
simplifiée. Celle-ci ne traduit qu'imparfaitement la complexité de ce mouvement qui a regroupé, ce qui, avec le recul du temps, paraît invraisemblable, entre autres, des officiers
de grande valeur, idéalistes, courageux, déçus et sans doute aveuglés par l'inanité de sept
ans de guerre.

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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Sphinx le Jeu 13 Mai - 17:05

L'action de l'O.A.S. et son tragique bilan démontrent à quel point, le type de conflit auquel
nous avons été confrontés, peut être destructeur et faire perdre la raison, l'esprit critique ou
le sens de l'humain, même à des hommes ayant, au départ pourtant, une haute idée de la
valeur civilisatrice de leur mission.
La passion, la fureur d'avoir été trahis et de voir sacrifié tout ce que la France avait
patiemment bâti pendant plus d'un siècle, alors qu'aucune cause ne justifie et n'excuse le
terrorisme, les a poussés à commettre ou à cautionner l'irréparable et même l'impensable :
exactions relevant de la politique de la terre brûlée ou s'apparentant au nihilisme, attentats
aveugles, mitraillages dans les hôpitaux, bombes dans les ports etc...
Alors que beaucoup d'entre nous ignorions l'histoire de la conquête de l'Algérie ou nous
interrogions sur le bien-fondé de cette guerre, la lutte contre la barbarie et la neutralisation
du terrorisme avaient pu, à bien des égards, justifier, à nos yeux, la légitimité de notre
engagement sur place. Ce retournement de situation nous a traumatisés, atterrés et blessés.
Que le pouvoir, après nous avoir chargés, pendant sept ans, de combattre par tous les
moyens le F.L.N. qui utilisait la terreur pour arriver à ses fins, le trouve maintenant, non
seulement fréquentable en négociant avec ses représentants, mais lui abandonne tout, face
à ses exigences, sans aucune garantie, fut également pour beaucoup un choc et une amère
désillusion.
La chronologie suivante, puisée dans le site de l'Amicale des anciens combattants d'A.F.N.,
résume de façon bien imparfaite la situation dévastatrice dans laquelle prend fin ce conflit qui
représente, sans aucun doute, une des plus honteuses pages de notre histoire. Non
seulement, les commandos de l'O.A.S. s'en prennent à des innocents, mais les Pieds-noirs,
(ils seront près d'un million), doivent, en quelques mois, s'exiler de façon massive dans des
conditions indécentes vers une France qui ne les attend pas.
Précédemment ou simultanément, bon nombre de Pieds-noirs sont massacrés sur place
sans, parfois, que l'armée réagisse. Pire : les Harkis et Moghaznis qui avaient cru en notre
parole, sont désarmés
par nos soins et abandonnés. Ils seront par la suite massacrés par
dizaines de milliers.

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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Sphinx le Jeu 13 Mai - 17:39

À la lecture de cette chronologie, le lecteur comprendra pourquoi la date du 19 mars2 1962,
indépendamment du fait qu'en Algérie, depuis le 19 mars 1963, cette journée est décrétée
"Fête de la Victoire ", ne peut correspondre à une date dont il convient de garder la trace
dans la mémoire pour honorer nos morts. Il s'agit d'une date rappelant la signature d'un traité
qui n'a jamais été respecté, qui souligne en trait rouge de sang, l'inanité du sacrifice de ceux
des nôtres qui sont morts pour défendre une Algérie qui, en définitive, a été abandonnée à
nos adversaires dans les pires conditions qui soient.
Ce résumé, que d'aucuns pourront peut-être trouver partial et trop développé, n'a pour
objectif que de faire comprendre, de façon assez pâle, le reflet d'une situation tragique et
l'amertume de ceux qui, sur ordre de nos gouvernants, sont allés sur place non seulement
pour rien, mais dont l'action et les sacrifices sont présentés de nos jours, par certains, sous
un angle exclusif, manquant de vue d'ensemble, que ceux de ma génération entendent
réfuter.



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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Sphinx le Jeu 13 Mai - 22:03

1er février. Une nouvelle équipe du S.A.C. (anti-O.A.S.) arrive à Alger et s'installe à la villa «
Raja » à la Redoute.
2 février. Le colonel Godard et le capitaine Sergent (O.A.S.) sont condamnés à 20 ans de
réclusion criminelle par contumace.
7 février. Sur renseignement, le capitaine Le Pivain (O.A.S.) est tué par les gendarmes
mobiles à Alger.
- Un commando F.L.N. mitraille l'entrée des élèves, devant le lycée Bugeaud d'Alger, faisant
un mort et plusieurs blessés parmi les lycéens.
8 février. La manifestation anti-O.A.S. de 3 à 4 000 personnes, organisée par le P.C. (métro
Charonne) fait 7 morts et 126 blessés du coté des manifestants, 140 blessés du coté des
policiers.
10 février. Azzedine3 réorganise la ZAA, qui avait été détruite par Massu.
11 février. Pourparlers des Rousses, qui dureront jusqu'au 19/02/62. Les négociateurs
français se battent, sans succès, pour que les Pieds-noirs puissent bénéficier de la
nationalité algérienne.
14 février. Sanglantes échauffourées, entre forces de l'ordre et O.A.S., à Alger et Oran.
15 février. La villa Raja du S.A.C. (anti-O.A.S.) est attaquée au bazooka et à l'arme
automatique par un commando O.A.S., faisant de nombreux morts et blessés, dont certains
sont achevés lorsque leur voiture, arrive à l'hôpital Maillot, à Bab-el-Oued, ou un autre
commando O.A.S. les attend.
19 février. L'O.A.S. utilise deux avions T28, français basés à la Senia prés d'Oran, pour
bombarder le cantonnement F.L.N. d'Oujda au Maroc.
22 février. Les attentats F.L.N. à Alger font 23 morts parmi les civils européens.
24 Février. Un télégramme du Délégué Général en Algérie, adressé aux préfets, stipule : «
La République française maintiendra la nationalité française à tous ceux qui, en Algérie, la
possèdent actuellement et ne manifesteront pas la volonté de ne plus l'avoir. »
25 février. À Alger, pour venger les morts du 22 février, l'O.A.S. tue 68 civils musulmans. Un
couvre-feu immédiat est instauré vers 16 heures.
27 février. Un commando O.A.S. attaque au bazooka la caserne des gendarmes mobiles de
Maison Carré (banlieue est d'Alger), détruisant les dépôts d'essence et de munitions.
- Le programme d'information du Gouvernement français, sur le cessez-le-feu indique : «
Presque tous les Français resteront en Algérie après l'indépendance. »
1er mars. À Oran, l'O.A.S. fait exploser 2 voitures piégées dans un quartier musulman, faisant
23 morts et 32 blessés.
2 mars. Des commandos O.A.S. pénètrent dans les prisons d'Alger et d'Oran et y tuent des
détenus F.L.N..
- Une circulaire, gouvernementale précise qu'au lendemain du cessez-le-feu, deux
catégories de personnes seront amnistiées :
- Les Musulmans d'Algérie qui ont participé à la rébellion F.L.N..
- Les militaires français qui ont commis des infractions à l'occasion de leur mission.
5 mars. Dans la nuit, l'O.A.S. fait exploser plus de 130 charges de plastic à Alger.
7 mars. Négociations d'Evian.
11 mars. Publication officielle des mesures prises pour l'accueil et le reclassement des
Français rapatriés en France métropolitaine.
13 mars. Michel Debré, répondant à une question du général Ailleret demandant si les
Musulmans perdront automatiquement la citoyenneté française, déclare : « Oui s'ils
demeurent en Algérie, mais s'ils reviennent en métropole après l'autodétermination, ils
pourront reprendre la nationalité française et bénéficier des aides aux rapatriés. »
15 mars. L'écrivain Kabyle, Mouloud Feraoun est tué avec 5 autres personnes, par l'O.A.S.
au Beau Fraisier entre Bab-el-Oued et El-Biar.
16 mars. Un commando, neutralise les employés du dépôt des chaussures Bata à Bab-el-
Oued, et emporte plusieurs centaines de « Pataugas » pour les maquis O.A.S..
18 mars. Signature des « accords d'Évian » par Krim Belkacem pour le GPRA et Louis Joxe,
Robert Buron et Jean de Broglie pour la France.

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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Sphinx le Jeu 13 Mai - 22:20

- Le F.L.N. devient un parti légal.
19 mars. Cessez-le-feu en Algérie à partir de midi.
- Abderhamane Farés est libéré de prison (collecteur de fonds F.L.N.).
- Christian Fouchet est nommé Haut commissaire en Algérie.
20 mars. Abderahman Farés est pressenti pour être Président de l'exécutif provisoire en
Algérie. Il sera obligé de quitter l'Algérie, et s'installera en France en 1964.
- Libération des détenus d'Aulnoy (Ben Bella et ses codétenus).
- Alger et Oran paralysés pendant 24 heures par une grève générale de l'O.A.S..
- A Médéa, un officier de l'A.L.N. déclare publiquement : « O.A.S. ou pas O.A.S., nous ne
voulons plus de Français en Algérie. »
21 mars. Ultimatum de l'O.A.S. à l'armée, lui interdisant de pénétrer en armes, dans Bab-el-
Oued à partir du 23 mars à 0 heure.
Affrontement à Saint-Denis-du-Sig entre Harkis et F.L.N., faisant une centaine de morts de
part et d'autre.
22 mars. L'O.A.S. tire 6 obus de mortier, sur la place du gouvernement, au bas de la
Casbah, à Alger, faisant 24 morts et 55 blessés parmi les civils musulmans.
- Publication du décret portant amnistie des condamnés F.L.N..
- Une patrouille blindée de la gendarmerie mobile est attaquée en plein centre d'Alger, par un
commando O.A.S., 18 gendarmes sont tués et 25 autres blessés.
23 mars. Un commando O.A.S. organise un hold-up à la banque de l'Algérie à Oran : butin
plus de deux milliards (2.140.315.000) d'anciens francs.
- À Bab-el-Oued plusieurs patrouilles militaires sont désarmées par des commandos de
l'O.A.S., mais place Desaix, une fusillade éclate entre une patrouille motorisée de l'armée et
un barrage de contrôle O.A.S., faisant plusieurs morts et blessés parmi les militaires.
- A midi, bouclage total du quartier par l'armée. Les affrontements qui dureront toute la
journée, avec l'intervention de l'aviation et des chars, feront, selon une estimation, 17 tués et
97 blessés du côté des forces de l'ordre, et 18 tués et 55 blessés du côté des insurgés et
des civils.
- Les habitants de Bab-el-Oued, qui rentrent de leur travail sont arrêtés et internés dans les
camps récemment vidés des prisonniers F.L.N..
24 mars. Dans la nuit, les forces de l'ordre investissent Bab-el-Oued, entièrement « bouclé »,
par prés de 20 000 hommes, où un couvre-feu permanent est imposé à la population. Toutes
les communications téléphoniques ont été interrompues. Il sera interdit de sortir (sauf de 9 à
10 heures pour les femmes) ou d'ouvrir les volets. L'armée tire sans sommations sur les
contrevenants.
- À 8 heures du matin, alors que beaucoup de terrasses d'immeubles de Bab-el-Oued, ont
été investies par les militaires du contingent, un coup de feu part d'une des terrasses de la
rue Mizon sans atteindre personne. La patrouille de gendarmes mobiles, stationnée dans
cette rue (2 E.B.R. et 6 Scouts-cars) ouvre le feu pendant plus d'une demi-heure, à la
mitrailleuse lourde (12,7) sur les façades des immeubles, faisant quelques blessés légers
parmi les civils et les militaires.
25 mars. Arrestation à Oran du général Jouhaud, du lieutenant de vaisseau Guillaume et du
commandant Camelin.
- Deux députés d'Algérie, Messieurs Abdesselam et Djebour, reçoivent un message,
émanant de l'exécutif provisoire, les traitant de valets du colonialisme et leur annonçant leur
condamnation à mort par le GPRA.
26 mars. À Alger, une grande manifestation de soutien à Bab-el-Oued assiégé, est
organisée. Le cortège, qui chante la Marseillaise, précédé de drapeaux tricolores, emprunte
la rue d'Isly lorsque l'armée (un Régiment de Tirailleurs Algériens) ouvre le feu sur les
manifestants (fusillade de la rue d'Isly), faisant 46 morts et 200 blessés parmi les civils.
27 mars. Selon l'ONU, 263.000 habitants musulmans d'Algérie seront directement menacés,
en cas d'indépendance de l'Algérie.
28 mars. Création d'un maquis O.A.S. dans l'Ouarsenis.
29 mars. Levée du blocus de Bab-el-Oued, 7 500 appartements ont été perquisitionnés et
saccagés, 15000 personnes arrêtées et internées pour vérification d'identité.

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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Sphinx le Jeu 13 Mai - 22:29

31 mars. Les désertions dans l'armée française s'élèvent à 1 670, pour le mois de mars.
1 avril. Azzedine, le chef, F.L.N. de la Zone Autonome d'Alger, délivre des « laissez-passer »
aux patouilles de l'armée française pour qu'elles puissent pénétrer dans les quartiers
musulmans.
2 avril. Les « Européens d'Algérie » commencent à quitter massivement l'Algérie. Il leur faut
toutefois un laissez-passer, et attendre plusieurs jours un avion ou un bateau pour quitter le
pays à leurs frais, la France n'ayant rien prévu pour leurs rapatriements.
5 avril. Les 15000 habitants de Bab-el-Oued qui ont été arrêtés pendant le blocus sont
relâchés.
7 avril. Arrestation, à Alger, du lieutenant Roger Degueldre, chef des commandos Delta de
l'O.A.S..
- Dans une note adressée au Haut-commissaire de la république en Algérie, Louis Joxe
déclare à propos des Harkis : « On ne devra pas hésiter à regrouper et à protéger ceux qui
se trouveraient effectivement menacés, et le cas échéant, en cas de nécessité, à les
acheminer vers la métropole. »
8 avril. Référendum en France à propos de l'Algérie. 90,7 % des suffrages approuvent les
accords d'Évian : les populations d'Algérie sont écartées du scrutin auquel prendront part,
les soldats du contingent servant en Algérie et les départements métropolitains et d'Outremer.
9 avril. Vers 23H00 des grenades à fusil, ou obus de mortier, sont tirées par l'O.A.S. sur le
Palais d'été à Alger.
10 avril. Mise en place en Algérie d'une « Force locale » (ATO) composée de Musulmans
armés, qui patrouillent et procèdent à des arrestations et des vérifications d'identités,
prompts à ouvrir le feu dés qu'ils se croient menacés. Ils ne pénétreront pas, avant le 25 juin,
dans Bab-el-Oued à Alger, et dans Saint Eugène et Ekmule à Oran.
11 avril. Après un bref succès, le maquis O.A.S. de l'Ouarsenis est attaqué par le F.L.N. et
l'armée française qui, avec l'appui de l'aviation, le détruisent. 1 capitaine, 7 officiers et 46
hommes de l'O.A.S., sont fait prisonniers.
12 avril. Les premiers enlèvements massifs d'Européens par le F.L.N. sont signalés. Ils
seront, selon certaines estimations, prés de 60004 qu'on ne reverra jamais.
13 avril. Première réunion de l'exécutif provisoire, présidée par Abderahmane Farès.
- Verdict au procès du général Jouhaud : condamnation à mort, (il sera gracié sur
intervention de George Pompidou auprès de De Gaulle).
14 avril. Prés de Géryville, un accrochage avec le F.L.N. se solde par 2 tués et 3 blessés
côté français, 26 tués et 5 prisonniers du côté des rebelles.
- Démission du gouvernement Debré.
17 avril. Le général Fourquet, remplace le général Ailleret et prend ses fonctions de
Commandant en chef de l'Armée en Algérie. Il quittera ce poste le 3 juillet 1962.
19 avril. Le Conseil des ministres rejette la proposition de rapatriement général des
supplétifs, les Harkis.
20 avril. Le général Salan et le capitaine Ferrandi (O.A.S.) sont arrêtés à Alger.
26 avril. Georges Pompidou, le Premier ministre, assure à l'Assemblée nationale que «
Toutes les dispositions seront prises pour qu'il n'y ait pas de représailles après
l'autodétermination en Algérie ».
29 avril. Investiture du gouvernement Georges Pompidou.
30 avril. Les désertions de Musulmans s'amplifient.
- Le nombre des attentats, (O.A.S. - F.L.N.), à Alger, s'élève à 866.
1 mai. Explosion atomique souterraine au Sahara.
2 mai. L'explosion d'une voiture piégée, sur le port à Alger, fait 60 morts et 135 blessés
parmi les dockers musulmans.
6 mai. Un commando O.A.S. ouvre les vannes d'un camion-citerne d'essence au plus haut
de la Casbah d'Alger, mais grâce aux pompiers européens, la Casbah sera épargnée par le
feu.

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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Sphinx le Jeu 13 Mai - 22:44

mai. À l'Assemblée nationale, un député rapporte ces paroles du général Katz
(commandant militaire d'Oran) : « Donnez moi un bataillon de l'A.L.N. et je réduirai l'O.A.S. à
Oran ».
11 mai. En Algérie, appel sous les drapeaux de tous les jeunes Européens de 19 ans, y
compris ceux, bénéficiant d'un sursis, qui sont envoyés faire leur service en métropole. Ils
seront plus de 6000.
- Entre le 3 et le 11-5-1962, les attentats ont provoqué 241 tués à Alger dont 230 Musulmans
et 11 Européens.
12 mai. Toute initiative individuelle dans le domaine du rapatriement des Harkis est interdite
aux officiers.
13 mai. Devant la carence de l'administration, l'O.A.S. délivre, « de vrais, faux laissezpasser,
» aux Européens pour leur permettre de quitter l'Algérie.
14 mai. Des commandos F.L.N. attaquent à la grenade et au pistolet mitrailleur différents
bars à Alger, faisant 17 morts et 35 blessés parmi les civils.
15 mai. Riposte des commandos O.A.S., à Alger, faisant 56 morts et 37 blessés parmi les
civils musulmans. Le couvre-feu est ramené à 18h00.
- À Paris, début du procès du général Salan, le chef de l'O.A.S..
16 mai. Au cours de son procès, Raoul Salan déclare au tribunal : « Je n'ai de compte à
rendre qu'à ceux qui souffrent et meurent pour avoir cru en une parole reniée et des
engagements trahis ». - Azzedine, le chef de la Z.A. d'Alger, donne une conférence de
presse à Belcourt (Alger) et explique aux journalistes que le F.L.N. mènera des opérations
contre les civils européens tant que l'O.A.S. s'attaquera aux Musulmans.
17 mai. Le 7° Régiment de Tirailleurs Algériens qui tte définitivement l'Algérie pour s'installer
à Épinal.
18 mai. Au procès Salan, François Mitterrand (Garde des Sceaux en 1957), met
nommément en cause Michel Debré, (qui le réfutera), dans l'attentat au bazooka auquel
Salan a échappé en janvier 1957, à Alger.
- Entrevue Susini (responsable O.A.S.) Abderahman Farés (Président de l'exécutif provisoire
en Algérie), en vue d'un accord O.A.S. - F.L.N..
- Le Bachaga Boualam quitte l'Algérie pour la France avec ses Harkis et leurs familles.
22 mai. La liberté de sortie d'Algérie, sans « laissez-passer, » est accordée aux femmes, aux
enfants de moins de 19 ans (la majorité est à 21 ans) et aux hommes de plus de 65 ans.
23 mai. Verdict du Haut tribunal, au procès du général Salan : prison à perpétuité.
26 mai. Le premier camp d'accueil, pour les Harkis est ouvert en métropole au Larzac, un
autre le sera le 29 juin, à Bourg Lastic, puis d'autres par la suite.
27 mai. Une ordonnance supprime le Haut Tribunal, suite au verdict jugé trop clément, lors
du procès Salan.
30 mai. Institution d'une Cour Militaire de Justice.
31 Mai. Le nombre des attentats, à Alger, s'élève à 944 pour le mois (O.A.S. - F.L.N.).
- Jean Jacques Susini (O.A.S.) décide la trêve des attentats.
3 juin. À Birtoutat, à 20 km d'Alger, 27 agriculteurs dont 8 Européens sont enlevés par le
F.L.N..
4 juin. La Cour de Cassation rejette les recours d'Edmond Jouhaud et d'Albert Dovecar,
condamnés à mort pour leur action au sein de l'O.A.S..
5 juin. De sa prison, le général Jouhaud demande l'arrêt définitif des actions O.A.S..
7 juin. Au fort du Trou d'Enfer, le sergent Albert Dovecar et Claude Piegts, un civil pied-noir,
tous deux O.A.S., sont fusillés par un peloton d'appelés.
11 juin. Le général de Larminat, Président de la Cour Militaire de Justice et gaulliste, qui juge
" les soldats perdus", se suicide " pour ne pas avoir à condamner de brillants soldats. "
- Rupture de la trêve des attentats O.A.S.. La bibliothèque de l'Université d'Alger, est
ravagée par un incendie ; de nombreux manuscrits anciens et rares sont détruits.
14 juin. À Oran, le général Ginestet et le colonel Mabille sont tués par l’O.A.S..
15 juin. L'intérieur de la mairie d'Alger est fortement endommagé par l'explosion d'un camion
bourré d'explosif que l'O.A.S. a introduit au sous-sol, faisant 40 victimes, civiles et militaires.
17 juin. Accords O.A.S. - F.L.N.. (Susini pour l'O.A.S. et Chouki Moustefaï pour le F.L.N
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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Sphinx le Jeu 13 Mai - 22:52


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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Sphinx le Jeu 13 Mai - 22:56


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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Sphinx le Sam 15 Mai - 0:25

24 septembre. Georges Pompidou invite l'Ambassadeur d'Algérie à intervenir pour que soit
mis fin aux enlèvements et que les personnes arrêtées soient relâchées.
25 septembre. Proclamation de la République Algérienne Démocratique et Populaire, dont
Ben Bella, qui est le premier Président, rejette la laïcité et prône l'Islam.
26 septembre. La rentrée scolaire, en Algérie, n'absorbe que 250000 enfants au lieu des
2000000 de la rentrée 1961.
30 septembre. Deux coopérants, instituteurs français de métropole, sont assassinés à
Philippeville.
8 octobre. Entrée de l'Algérie à l'ONU.
12 octobre. L'État algérien exige que la Cathédrale d'Alger, édifiée à l'emplacement d'une
mosquée, elle-même édifiée à l'emplacement d'un lieu de culte des débuts de l'ère
chrétienne, soit livrée au culte musulman au plus tard le premier novembre, pour la
commémoration de la révolution Algérienne.
19 octobre. En France, le Conseil d'État rend un arrêt annulant la Cour Militaire de Justice et
ses jugements, pour atteinte aux principes du droit. Le lieutenant Degueldre a déjà été
fusillé, André Canal est sauvé du peloton d'exécution.
16 novembre. Le Gouvernement français prend connaissance du bilan des infractions aux
accords d'Evian : « Des milliers de Français de souche ont disparu ou ont été tués, les
Harkis et leurs familles, suppliciés et massacrés, les biens français, spoliés et confiés à des
comités de gestion, » et demande, sans résultat, à l' État algérien d'indemniser les victimes.
28 novembre. Le général Jouhaud, condamné à mort, (O.A.S.) est gracié par de Gaulle.
31 décembre. En Algérie, depuis le premier juillet, les militaires français ont enregistré dans
leurs rangs 22 tués et 21 blessés, ainsi que 58 enlèvements.
- En Algérie, la population compte 10180.000 d'Algériens musulmans, moins de 80000
Français nés en Algérie, 50000 Français métropolitains coopérants, et 20000 coopérants
des pays de l'Est et de la Chine.

http://www.miages-djebels.org

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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Sphinx le Lun 17 Mai - 1:29

1962 - L'EST REPUBLICAIN du Lundi 18 Juin

L'OAS et le GPRA ont signé un accord qui laisse songeur ! Amnistie totale ? Européens dans l'armée algérienne ? Représentativité de l'OAS reconnue ? Qui a jamais cru à de telles garanties ?

Vu l'exode des Pieds Noirs, personne à priori.







Tout le monde faisait semblant d'y croire, même Christian Fouchet.



Source:pubetmanchettes

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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Sphinx le Dim 23 Mai - 3:23

Organisation armée secrète



L'Organisation armée secrète (OAS), également appelée Organisation de l'armée secrète, était une organisation française politico-militaire clandestine d'extrême droite, dont les actions concrètes sont principalement le militantisme, la propagande et des actions violentes. Créée le 11 février 1961 après une rencontre à Madrid entre Jean-Jacques Susini et Pierre Lagaillarde, elle regroupait les partisans du maintien de l'« Algérie française » par la lutte armée. Le sigle OAS apparut sur les murs d'Alger le 16 mars 1961, accompagné du slogan « L'Algérie est française et le restera ». Le nom OAS fait volontairement référence à l’Armée secrète de la Résistance.






Répression

Dès le printemps 1961, le commissaire Grassien, sous-directeur de la police judiciaire (PJ), arrive en Algérie à la tête de quinze officiers. Mais les résultats sont limités, et le groupe regagne la Métropole le 9 novembre 1961. Quelques semaines plus tard, le directeur de la PJ, Michel Hacq, les relaie, avec pas moins de deux cents inspecteurs, qui forment la Mission C. Ces policiers sont renforcés par un peloton de quinze gendarmes, dirigé par le capitaine Lacoste, et qui avait déjà combattu le Front de libération nationale (FLN). Ce sont ces gendarmes qui arrêtent le général Raoul Salan, le 20 avril 1962, suite aux renseignements fournis par la Police judiciare parisienne.

De son côté, le général Charles Feuvrier, chef de la Sécurité militaire (SM), crée une structure spécifiquement chargée de la lutte anti-OAS en Algérie, la Division des missions et recherches.

Ces forces officielles sont aidées par des agents de police parallèles, les célèbres barbouzes, ainsi appelés en raison des postiches qu’ils étaient censés porter (le terme s’est ensuite appliqué à tous les agents secrets, réguliers ou non). Sans mandat officiel, les barbouzes sont recrutés dans divers milieux : des champions d’arts martiaux, des Vietnamiens ayant choisi la France pendant la guerre d’Indochine, des marginaux, et des truands, comme Jean Augé et le proxénète Georges Boucheseiche, ancien de la Gestapo française. Ce recrutement, ainsi que l'acheminement vers l'Algérie, sont assurés par deux ardents partisans du général de Gaulle, Lucien Bitterlin, chef du Mouvement pour la communauté, et par Pierre Lemarchand. Les barbouzes sont chargées de faire du contre-terrorisme, c’est-à-dire des plasticages (à la place de la Sécurité militaire, qui ne pouvait elle-même commettre des attentats), de réaliser des interrogatoires (au cours desquels la torture est utilisée, selon les membres de l'OAS qui les ont subis), et de transmettre les renseignements recueillis par le FLN sur l’OAS, car les services officiels ne pouvaient, avant le cessez-le-feu, entretenir de relations avec un mouvement interdit. Le Service d'action civique a participé à la répression de l'OAS. En revanche, nombre de ces agents de police parallèle ont rejoint le SAC après 1962, notamment Augé (qui devient chef du SAC pour Lyon et sa région), ou Georges Boucheseiche.

En métropole, la lutte contre l’organisation armée devient efficace en décembre 1961, avec la formation du Bureau de Liaison. Ce Bureau de Liaison regroupe tous les agents des forces de l’ordre chargés d’enquêter sur l’OAS et d’arrêter ses membres : PJ, DST, RG, Gendarmerie nationale, Sécurité militaire de métropole. Les chefs du Bureau de Liaison se réunissent tous les soirs et travaillent en contact direct avec le ministre de l’Intérieur, Roger Frey, le conseiller de celui-ci chargé la lutte anti-OAS, Alexandre Sanguinetti, et le conseiller spécial de Michel Debré chargé de coordonner l’action des services secrets, Constantin Melnik.


Dernière édition par sphinx le Dim 23 Mai - 4:03, édité 1 fois

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.、スフィンクス、


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Sujet / Message Re: Algérie française

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