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Algérie française

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Sujet / Message Algérie française

Message par Syfou le Jeu 25 Fév - 10:44

Rappel du premier message :

La mémoire collective est parfois moins prégnante que la mémoire personnelle. Alors que la société française tend parfois à se contenter de la «paix des braves» que le général de Gaulle appelait de ses vœux lors des affaires algériennes, Georges Marc Benamou, écrivain et journaliste, revient sur «son» Algérie d’enfant et sur ce qui est arrivé aux Français d’Algérie.
Car la guerre d’Algérie pose diverses questions, et notamment la date exacte de son début et celle de sa conclusion. Comme le souligne l’auteur, si la France officielle n’a reconnu que dernièrement le fait que les «opérations de police» s’avérèrent une véritable guerre, les Français, dont nombreux en furent les acteurs plus ou moins volontaires, savent bien ce qu’il en est. Les polémiques autour du choix d’une date de commémoration, la question de la torture et la récente affaire Aussaresses, l’affaire de Charonne… tout indique que ce passé là «ne passe pas» non plus, pour reprendre le titre d’une ouvrage d’Eric Conan et Henry Rousso consacré à un autre traumatisme, Vichy.

En revenant sur la guerre d’Algérie, G.-M. Benamou entend éclairer ces zones d’ombres, soulever certaines casseroles, dénoncer non pas un, mais plusieurs mensonges qui finissent par peser sur la conscience nationale, sinon sur les consciences individuelles.

Car les consciences ont fait leur tri : l’auteur montre ainsi quels furent les discours des divers partis politiques, à droite comme à gauche, et combien la notion d’Algérie française semblait à tous une réalité incontestable et une figure constante de la rhétorique parlementaire. Pourtant, le pays réel allait rapidement démontrer l’inanité de ces discours. Dans une quatrième république indécise, la pression exercée par certains groupes politiques bascule dans le terrorisme. L’affaire du bazooka (un attentat raté contre le général Salan, le 16 janvier 1957) sert d’illustration à une évocation du gaullisme, côté jardin : on y croise un Michel Debré contempteur de la Quatrième République et comploteur menaçant, un général de Gaulle qui sait se faire désirer, un mystérieux Comité des Six, à mi-chemin entre politique et terrorisme, et un monde politique relativement déboussolé (à l’image du jeune V. Giscard d’Estaing, que certains anciens de l’OAS revendiquent comme leur informateur). Reliée à l’affaire de l’observatoire, cette crise éclaire d’un jour nouveau la fin de la Quatrième République, mais aussi les agissements de certains gaullistes de choc. Comparant cette république à un roman feuilleton digne des œuvres de Dumas, G.-M. Benamou évoque une histoire officieuse du régime, depuis les complots nombreux jusqu’à la mystérieuse opération Résurrection, qui ramène de Gaulle au pouvoir, et sa gestion de la crise.

Car De Gaulle demeure dans l’Histoire comme l’homme de la solution à la «question algérienne» : G.-M. Benamou remonte les fils de la décision, depuis la visite en Algérie et le «Je vous ai compris» jusqu’à Evian et son difficile accouchement. Il éclaire surtout certaines affaires douteuses, comme l’offre de paix faite en juin 1960 par Si Salah (commandant d’une des six willayas du FLN) au général de Gaulle en personne, offre rejetée tandis que son auteur disparaissait peu après. Du douteux au douloureux, il n’y a hélas qu’un pas dans cette affaire, c’est celui franchi parles harkis, sacrifiés par la raison d’État prononcée au plus haut niveau et massacrés par leurs compatriotes. Il en va de même pour les milliers de victimes françaises du massacre du 5 juillet 1962, également «oubliées» au nom d’une irénique volonté de conciliation.

Il s’agit d’une histoire à la subjectivité assumée : G.-M. Benamou se souvient, ou du moins tente de se souvenir, autant qu’il enquête. Comme ses témoins, il retrace une Algérie personnelle, telle qu’il a cru la comprendre, et qu’il distingue de l’Algérie réelle, celle qui a fini par s’imposer aux colons comme aux Algériens en 1962. Cette «Atlantide algérienne», pour reprendre une belle formule, il faut la chercher dans la mémoire des acteurs survivants. L’auteur maîtrise à la perfection la technique de l’interview et sait «faire parler» : le récit des rencontres avec les anciens activistes de l’Algérie française (particulièrement les conversations avec Philippe Castille, l’artificier, ou Alain Griotteray, l’éminence grise…) est captivant et efficace. Toutefois, l’un des passages les plus émouvants de ce livre est sans doute le silence de Delphine Renard, dont la seule participation à cette guerre fut d’être la victime médiatisée d’un attenta OAS à Paris… Confronté à un refus de parler qui se conjugue avec ses propres doutes, le journaliste hésite et réfléchit.
Le grand absent de l’ouvrage demeure toutefois Albert Camus dont G.-M. Benamou trace un portrait magnifique sans oublier les ombres portées par le soleil algérien. «Interrogeant» l’auteur de La Peste, il en éclaire les tentatives, l’indécision et le trouble, mais aussi les espoirs. Révélant même une tentative d’assassinat (ou du moins un projet caressé par quelques-uns des soldats perdus de l’OAS), il fait de Camus le dernier des Algériens français de bonne volonté.

Car du côté des anticolonialistes, certains mensonges subsistent. Face aux menées des partisans de l’Algérie française, l’anticolonialisme semble à la fois homogène et certain d’incarner le bon droit : G.-M. Benamou revient sur cette apparence et distingue les excès d’un Sartre – dont on ne soulignera jamais assez les phrases criminelles et l’autisme intellectuel avec lequel il a soutenu les pires dérives – de la modération constructive d’un Camus, ou d’une Germaine Tillion, modération vouée néanmoins à l’échec.

Au final, ce livre est, comme les précédents du même auteur, passionnant : d’une lecture aisée, il évolue entre l’intime et l’historique et donne de cette «guerre sans nom» une vision sans fards, complétée par des annexes précieuses. On pourra parfois lui reprocher des audaces de style, mais elles font le charme d’une lecture qui n’est pas académique. Quiconque a lu Le dernier Mitterrand se souvient de ce festin d’ortolans introductif et saisissant : l’un des talents de G.-M. Benamou réside dans sa capacité à croquer à la perfection une scène, une image ou une conversation afin d’en tirer un morceau d’histoire anthologique. Certes, certaines affirmations brutales, certains raccourcis peuvent étonner le lecteur précautionneux : l’auteur ne vise pas à un discours de la méthode ; il s'agit d’un essai, mais qui témoigne éloquemment d’un malaise général, et de mensonges peu à peu assumés.

Gilles Ferragu

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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Sphinx le Jeu 13 Mai - 22:44

mai. À l'Assemblée nationale, un député rapporte ces paroles du général Katz
(commandant militaire d'Oran) : « Donnez moi un bataillon de l'A.L.N. et je réduirai l'O.A.S. à
Oran ».
11 mai. En Algérie, appel sous les drapeaux de tous les jeunes Européens de 19 ans, y
compris ceux, bénéficiant d'un sursis, qui sont envoyés faire leur service en métropole. Ils
seront plus de 6000.
- Entre le 3 et le 11-5-1962, les attentats ont provoqué 241 tués à Alger dont 230 Musulmans
et 11 Européens.
12 mai. Toute initiative individuelle dans le domaine du rapatriement des Harkis est interdite
aux officiers.
13 mai. Devant la carence de l'administration, l'O.A.S. délivre, « de vrais, faux laissezpasser,
» aux Européens pour leur permettre de quitter l'Algérie.
14 mai. Des commandos F.L.N. attaquent à la grenade et au pistolet mitrailleur différents
bars à Alger, faisant 17 morts et 35 blessés parmi les civils.
15 mai. Riposte des commandos O.A.S., à Alger, faisant 56 morts et 37 blessés parmi les
civils musulmans. Le couvre-feu est ramené à 18h00.
- À Paris, début du procès du général Salan, le chef de l'O.A.S..
16 mai. Au cours de son procès, Raoul Salan déclare au tribunal : « Je n'ai de compte à
rendre qu'à ceux qui souffrent et meurent pour avoir cru en une parole reniée et des
engagements trahis ». - Azzedine, le chef de la Z.A. d'Alger, donne une conférence de
presse à Belcourt (Alger) et explique aux journalistes que le F.L.N. mènera des opérations
contre les civils européens tant que l'O.A.S. s'attaquera aux Musulmans.
17 mai. Le 7° Régiment de Tirailleurs Algériens qui tte définitivement l'Algérie pour s'installer
à Épinal.
18 mai. Au procès Salan, François Mitterrand (Garde des Sceaux en 1957), met
nommément en cause Michel Debré, (qui le réfutera), dans l'attentat au bazooka auquel
Salan a échappé en janvier 1957, à Alger.
- Entrevue Susini (responsable O.A.S.) Abderahman Farés (Président de l'exécutif provisoire
en Algérie), en vue d'un accord O.A.S. - F.L.N..
- Le Bachaga Boualam quitte l'Algérie pour la France avec ses Harkis et leurs familles.
22 mai. La liberté de sortie d'Algérie, sans « laissez-passer, » est accordée aux femmes, aux
enfants de moins de 19 ans (la majorité est à 21 ans) et aux hommes de plus de 65 ans.
23 mai. Verdict du Haut tribunal, au procès du général Salan : prison à perpétuité.
26 mai. Le premier camp d'accueil, pour les Harkis est ouvert en métropole au Larzac, un
autre le sera le 29 juin, à Bourg Lastic, puis d'autres par la suite.
27 mai. Une ordonnance supprime le Haut Tribunal, suite au verdict jugé trop clément, lors
du procès Salan.
30 mai. Institution d'une Cour Militaire de Justice.
31 Mai. Le nombre des attentats, à Alger, s'élève à 944 pour le mois (O.A.S. - F.L.N.).
- Jean Jacques Susini (O.A.S.) décide la trêve des attentats.
3 juin. À Birtoutat, à 20 km d'Alger, 27 agriculteurs dont 8 Européens sont enlevés par le
F.L.N..
4 juin. La Cour de Cassation rejette les recours d'Edmond Jouhaud et d'Albert Dovecar,
condamnés à mort pour leur action au sein de l'O.A.S..
5 juin. De sa prison, le général Jouhaud demande l'arrêt définitif des actions O.A.S..
7 juin. Au fort du Trou d'Enfer, le sergent Albert Dovecar et Claude Piegts, un civil pied-noir,
tous deux O.A.S., sont fusillés par un peloton d'appelés.
11 juin. Le général de Larminat, Président de la Cour Militaire de Justice et gaulliste, qui juge
" les soldats perdus", se suicide " pour ne pas avoir à condamner de brillants soldats. "
- Rupture de la trêve des attentats O.A.S.. La bibliothèque de l'Université d'Alger, est
ravagée par un incendie ; de nombreux manuscrits anciens et rares sont détruits.
14 juin. À Oran, le général Ginestet et le colonel Mabille sont tués par l’O.A.S..
15 juin. L'intérieur de la mairie d'Alger est fortement endommagé par l'explosion d'un camion
bourré d'explosif que l'O.A.S. a introduit au sous-sol, faisant 40 victimes, civiles et militaires.
17 juin. Accords O.A.S. - F.L.N.. (Susini pour l'O.A.S. et Chouki Moustefaï pour le F.L.N
.).

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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Sphinx le Jeu 13 Mai - 22:52


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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Sphinx le Jeu 13 Mai - 22:56


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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Sphinx le Sam 15 Mai - 0:25

24 septembre. Georges Pompidou invite l'Ambassadeur d'Algérie à intervenir pour que soit
mis fin aux enlèvements et que les personnes arrêtées soient relâchées.
25 septembre. Proclamation de la République Algérienne Démocratique et Populaire, dont
Ben Bella, qui est le premier Président, rejette la laïcité et prône l'Islam.
26 septembre. La rentrée scolaire, en Algérie, n'absorbe que 250000 enfants au lieu des
2000000 de la rentrée 1961.
30 septembre. Deux coopérants, instituteurs français de métropole, sont assassinés à
Philippeville.
8 octobre. Entrée de l'Algérie à l'ONU.
12 octobre. L'État algérien exige que la Cathédrale d'Alger, édifiée à l'emplacement d'une
mosquée, elle-même édifiée à l'emplacement d'un lieu de culte des débuts de l'ère
chrétienne, soit livrée au culte musulman au plus tard le premier novembre, pour la
commémoration de la révolution Algérienne.
19 octobre. En France, le Conseil d'État rend un arrêt annulant la Cour Militaire de Justice et
ses jugements, pour atteinte aux principes du droit. Le lieutenant Degueldre a déjà été
fusillé, André Canal est sauvé du peloton d'exécution.
16 novembre. Le Gouvernement français prend connaissance du bilan des infractions aux
accords d'Evian : « Des milliers de Français de souche ont disparu ou ont été tués, les
Harkis et leurs familles, suppliciés et massacrés, les biens français, spoliés et confiés à des
comités de gestion, » et demande, sans résultat, à l' État algérien d'indemniser les victimes.
28 novembre. Le général Jouhaud, condamné à mort, (O.A.S.) est gracié par de Gaulle.
31 décembre. En Algérie, depuis le premier juillet, les militaires français ont enregistré dans
leurs rangs 22 tués et 21 blessés, ainsi que 58 enlèvements.
- En Algérie, la population compte 10180.000 d'Algériens musulmans, moins de 80000
Français nés en Algérie, 50000 Français métropolitains coopérants, et 20000 coopérants
des pays de l'Est et de la Chine.

http://www.miages-djebels.org

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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Sphinx le Lun 17 Mai - 1:29

1962 - L'EST REPUBLICAIN du Lundi 18 Juin

L'OAS et le GPRA ont signé un accord qui laisse songeur ! Amnistie totale ? Européens dans l'armée algérienne ? Représentativité de l'OAS reconnue ? Qui a jamais cru à de telles garanties ?

Vu l'exode des Pieds Noirs, personne à priori.







Tout le monde faisait semblant d'y croire, même Christian Fouchet.



Source:pubetmanchettes

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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Sphinx le Dim 23 Mai - 3:23

Organisation armée secrète



L'Organisation armée secrète (OAS), également appelée Organisation de l'armée secrète, était une organisation française politico-militaire clandestine d'extrême droite, dont les actions concrètes sont principalement le militantisme, la propagande et des actions violentes. Créée le 11 février 1961 après une rencontre à Madrid entre Jean-Jacques Susini et Pierre Lagaillarde, elle regroupait les partisans du maintien de l'« Algérie française » par la lutte armée. Le sigle OAS apparut sur les murs d'Alger le 16 mars 1961, accompagné du slogan « L'Algérie est française et le restera ». Le nom OAS fait volontairement référence à l’Armée secrète de la Résistance.






Répression

Dès le printemps 1961, le commissaire Grassien, sous-directeur de la police judiciaire (PJ), arrive en Algérie à la tête de quinze officiers. Mais les résultats sont limités, et le groupe regagne la Métropole le 9 novembre 1961. Quelques semaines plus tard, le directeur de la PJ, Michel Hacq, les relaie, avec pas moins de deux cents inspecteurs, qui forment la Mission C. Ces policiers sont renforcés par un peloton de quinze gendarmes, dirigé par le capitaine Lacoste, et qui avait déjà combattu le Front de libération nationale (FLN). Ce sont ces gendarmes qui arrêtent le général Raoul Salan, le 20 avril 1962, suite aux renseignements fournis par la Police judiciare parisienne.

De son côté, le général Charles Feuvrier, chef de la Sécurité militaire (SM), crée une structure spécifiquement chargée de la lutte anti-OAS en Algérie, la Division des missions et recherches.

Ces forces officielles sont aidées par des agents de police parallèles, les célèbres barbouzes, ainsi appelés en raison des postiches qu’ils étaient censés porter (le terme s’est ensuite appliqué à tous les agents secrets, réguliers ou non). Sans mandat officiel, les barbouzes sont recrutés dans divers milieux : des champions d’arts martiaux, des Vietnamiens ayant choisi la France pendant la guerre d’Indochine, des marginaux, et des truands, comme Jean Augé et le proxénète Georges Boucheseiche, ancien de la Gestapo française. Ce recrutement, ainsi que l'acheminement vers l'Algérie, sont assurés par deux ardents partisans du général de Gaulle, Lucien Bitterlin, chef du Mouvement pour la communauté, et par Pierre Lemarchand. Les barbouzes sont chargées de faire du contre-terrorisme, c’est-à-dire des plasticages (à la place de la Sécurité militaire, qui ne pouvait elle-même commettre des attentats), de réaliser des interrogatoires (au cours desquels la torture est utilisée, selon les membres de l'OAS qui les ont subis), et de transmettre les renseignements recueillis par le FLN sur l’OAS, car les services officiels ne pouvaient, avant le cessez-le-feu, entretenir de relations avec un mouvement interdit. Le Service d'action civique a participé à la répression de l'OAS. En revanche, nombre de ces agents de police parallèle ont rejoint le SAC après 1962, notamment Augé (qui devient chef du SAC pour Lyon et sa région), ou Georges Boucheseiche.

En métropole, la lutte contre l’organisation armée devient efficace en décembre 1961, avec la formation du Bureau de Liaison. Ce Bureau de Liaison regroupe tous les agents des forces de l’ordre chargés d’enquêter sur l’OAS et d’arrêter ses membres : PJ, DST, RG, Gendarmerie nationale, Sécurité militaire de métropole. Les chefs du Bureau de Liaison se réunissent tous les soirs et travaillent en contact direct avec le ministre de l’Intérieur, Roger Frey, le conseiller de celui-ci chargé la lutte anti-OAS, Alexandre Sanguinetti, et le conseiller spécial de Michel Debré chargé de coordonner l’action des services secrets, Constantin Melnik.


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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Sphinx le Dim 23 Mai - 3:33

Attentats

Bilans

L'historien français Rémi Kauffer estime que l'OAS a assassiné entre 1 700 et 2 000 personnes. Le journaliste américain Paul Hénissart cite lui une source officieuse selon laquelle le nombre de victimes assassinées en Algérie s'élève à 2 200. L'historien français Guy Pervillé, s'appuyant sur deux rapports des forces de l'ordre (l'un de la Sûreté nationale, l'autre du général Fourquet, commandant supérieur des troupes françaises), et considérant l'« escalade de la violence » entre le printemps et l'été 1962, estime que ce chiffre est peut-être inférieur à la réalité[2]. Son collègue américain Rudolph J. Rummel considère lui que le nombre de victimes s'élève à au moins 12 500 (12 000 civils et 500 membres des forces de l'ordre), estimation comparable à celle de Charles de Gaulle dans ses Mémoires d'espoir. L'historien Olivier Dard[3] estime ces bilans très exagérés .

En 1962, 635 membres de l'OAS sont arrêtés. 224 sont ensuite jugés, dont 117 acquittés, cinquante-trois condamnés à une peine de prison avec sursis, trente-huit à une peine de prison ferme, trois sont condamnés à mort et exécutés (Roger Degueldre, Claude Piegts et Albert Dovecar); le lieutenant-colonel Bastien-Thiry est également passé par les armes mais n'était pas membre de l'OAS. Les arrestations ultérieures permettent de porter le nombre de condamnés à 3 680 (décompte de Rémy Kauffer, qui estime par ailleurs que les policiers, gendarmes, militaires et barbouzes ont tué plusieurs centaines de membres de l'OAS durant la guerre). Plusieurs membres de l'OAS se sont réfugiés à l'étranger, notamment en Espagne, au Portugal et en Amérique du Sud.

Dès le mois de décembre 1964, les prisonniers condamnés à des peines inférieures à quinze ans de détention sont amnistiés. En mars 1966, une centaine de condamnés sont graciés et, trois mois plus tard, une seconde loi d'amnistie efface les condamnations des condamnés libérés. Le général Jouhaud, condamné à perpétuité, est libéré en décembre 1967. En 1968, des anciens de l'OAS rencontrent Jacques Foccart pour lui proposer leur ralliement au régime gaulliste contre la "chienlit" et demander l'amnistie des membres de l'organisation encore incarcérés, ce qu'ils obtiendront. En juillet 1974, une amnistie complémentaire efface d'autres condamnations pénales. En décembre 1982, les officiers survivants sont réintégrés dans les cadres de l'armée par une nouvelle amnistie. En 1987, une loi sur les rapatriés amnistie les dernières condamnations encore effectives.

En mars 1993, un trio d'anciens de l'OAS assassine Jacques Roseau, ancien membre et président du "Recours", faisant de lui la dernière victime de l'organisation.

Chefs principaux

Raoul Salan
Edmond Jouhaud
Yves Godard
Jean-Jacques Susini
Jean-Claude Perez

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"Quelle est la différence fondamentale entre une femme et un terroriste ? Avec le terroriste on peut négocier"
3

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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Sphinx le Dim 23 Mai - 3:37

Organigramme

Organisation pour l'Algérie

État-Major

Général Raoul Salan
Général Edmond Jouhaud
Colonel Yves Godard
Jean-Jacques Susini
Jean-Claude Perez

Algérois

Général Paul Gardy (Adjoint Colonel Yves Godard)
OM Organisation des Masses (Colonel Jean Gardes, Adjoint Michel Leroy), chargée du recrutement.
BF Bureau des Finances (Charles, Rambaud)
S1 Section Ressources (Medeu, Armstrong, Trouard, Duriff)
S2 Section Budget (Michel, Rameau)
S3 Section Social (Anciso, Verneuil)
Commandos Z (Jean Sarradet)
Grand-Alger (Colonel Roland Vaudrey)
APP Action Psychologique et Propagande (Jean-Jacques Susini, Adjoint Georges Ras), chargée de conquérir les faveurs de la population.
DL Diffusion-Liaison
AP Agitation-Propagande
ORO Organisation Renseignement Opération (Jean-Claude Perez, secrétaire général-adjoint, le capitaine Gérard Dufour du 5ème chasseur d'Afrique basé à Teniet El Had, Ouarsenis), chargé de préparer les opérations à une éventuelle prise de pouvoir. [4]
BCR Bureau Central de Renseignement (Jean Lalanne), chargé de la collecte de l'ensemble des informations.
Commandos Alpha (Jacques Achard)
BAO Bureau d'Action Opérationnelle (Lieutenant Roger Degueldre, Adjoint Lieutenant Pierre Delhomme), chargé de l'exécution des opérations.
Commandos Delta (Lieutenant Roger Degueldre)
Delta 1 (Albert Dovecar)
Delta 2 (Wilfried Schliederman)
Delta 3 (Jean-Pierre Ramos)
Delta 4 (Lieutenant Jean-Loup Blanchy)
Delta 5 (Josué Giner, dit « Jésus de Bab-el-Oued »)
Delta 6 (Gabriel Anglade)
Delta 7 (Jacques Sintes)
Delta 9 (Jo Rizza)
Delta 10 (Joseph-Edouard Slama)
Delta 11 (Paul Mancilla)
Delta 14
Delta 15 (Claude Peintre)
Delta 20 (Maurice Stimbre)
Delta 23
Delta 24 (Marcel Ligier)
Delta 30
Delta 33 (Jacques Bixio)

Secteurs (« Soviet des capitaines »)
Alger-Centre (Capitaine Guy Branca)
El Biar (Lieutenant Olivier Picot d'Assignies)
Hussein-Dey (Capitaine Pierre Montagnon)
Maison-Carrée (Capitaine Philippe Le Pivain)
Orléans-Marine (Jacques Achard)
Guyotville (« Nicolas »)

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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Sphinx le Dim 23 Mai - 3:41

Oranie

Général Edmond Jouhaud (Adjoints Commandant Julien Camelin, Lieutenant de vaisseau Pierre Guillaume)
OM Organisation des Masses (Roméo)
APP Action Psychologique et Propagande (Charles Micheletti)
ORO Organisation Renseignement Opération (Claude Micheletti)
Finances (Daniel Brun)
Contacts politiques (Robert Tabarot)
Action (Georges Gonzalès)
Collines (secteurs géographiques d'Oran) :
Colline 1 « Bugeaud »
Colline 2 « La Fayette »
Colline 3 « Bayard »
Colline 4 « Cicéron »
Colline 5 « Hoche » (Gilberte Blay)
Colline 6 « Socrate »
Colline 7 « Surcouf »
Colline 8 « Colbert »
Mers-el-Kébir
Réseaux :

Oran :

Bonaparte (Marcel Carreno)
France-Algérie (Marc Friess)
GAD Garde au Drapeau (Jegou)
Commandos Kléber (Olivier Parviller)
Commandos Robespierre (Christian Choiral)
Commandos Vercors (Lucien Tournier)
Groupe Surcouf (Diego Albéracin)
Mostaganem (Marc Payras, Favarel) :
Commandos Dahra
Commandos Dominique
Commandos Dufois
Commandos Ghislain
Commandos de la Mouette
Saïda (Bayle)
Sidi-bel-Abbès (Perrin)
Tiaret (Lieutenant Robert Planchot)

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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Sphinx le Dim 23 Mai - 3:45

Constantinois

Colonel Pierre Château-Jobert (Adjoint Lieutenant Michel Alibert)
Robert Martel alias le « chouan de la Mitidja ».
Organisation hors frontière
OAS-Métropole

Mission I

André Regard
Yves Gignac
Capitaine de vaisseau Jean Joba

Mission II

Général Paul Vanuxem : Délégué Général
Capitaine Pierre Sergent : Chef d'état-major
OM Organisation des Masses (Lieutenant Daniel Godot, Adjoint Adjutant-chef Marc Robin)
APP Action Psychologique et Propagande (Lieutenant Jacques Chadeyron)
ORO Organisation Renseignement Opération (Capitaine Jean-Marie Curutchet)
BCR Bureau Central de Renseignement (Alfred Amiot)
BAO Bureau d'Action Opérationnelle (Lieutenant Alain Bougrenet de La Tocnaye)
GCM Groupement de Commandos Militaires (Georges Robin)
Bureau des Plans (Claude Capeau)
OAR Organisation Algérie Révolution
OMJ OAS Métro-Jeunes (Lieutenant Nicolas Kayanakis, Adjoint Jean Caunes)
Réseaux :
Bretagne (Comte Horace de Savelli)
Sud-Ouest (Bertrand de Gorostarzu)
Lorraine (Commandant Robert Vitasse)
Lyonnais
Bourguignon (Colonel Arnaud de Sèze)
Provence (Jean Reimbold, Adjoint Pierre Castellan)
Corse
ZAP Zone Autonome Paris (Bertrand de Sèze)
Zone Autonome Saint-Maixent
Allemagne (Colonel Parizot)

Mission III

André Canal (dit « le Monocle »)
Action (Philippe Castille, Adjoint Jean-Marie Vincent)
Propagande (Nicolas d'Andréa)
Logistique (Ferdinand Ferrand)
Finances (Camille Vignau)
Résurrection Patrie
Marcel Bouyer
Bernard Lefèvre
Capitaine de corvette Jacques Roy
Réseaux :
Angoulême
Bayonne
Bordeaux
Dax
Limoges
Mont-de-Marsan
Poitiers
Jeune Nation
Pierre Sidos

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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Sphinx le Dim 23 Mai - 3:49

OAS-Madrid

Groupe dissident revendiquant la direction centrale de l'OAS.
Tous les membres du groupe Madrid seront rapidement arrêtés par la police espagnole (Guardia civil).
Pierre Lagaillarde
Joseph Ortiz
Colonel Antoine Argoud, qui deviendra adjoint de Georges Bidault
Colonel Charles Lacheroy

Autres membres

Alexis Arette
Les juifs pieds-noirs et l'OAS
Les attentats du FLN touchent également les synagogues et les rabbins : en janvier 1962, le FLN commet des attentats dans le quartier juif de Mostaganem; une grenade est lancée sur un marché du quartier juif de Constantine en mai; etc...

Durant cette période, la communauté juive s'oriente d'une manière générale vers une position de neutralité. Les organisations communautaires font preuve d'une extrême modération et refusent de prendre politiquement position, car elles considèrent que cela ne les concerne pas, pourtant certains de leurs membres s'engagent au sein de l'OAS, de manière individuelle comme Jean Ghenassia qui deviendra le lieutenant de Joseph Ortiz (selon Emmanuel Ratier), ou collectivement comme à Alger et à Oran où ils seront particulièrement actifs. Regroupés au sein des "Commandos Colline", ces groupes sont liés aux réseaux France Insurrection conduits par Elie Azoulai et Ben Attar. Ils assassineront certains élus musulmans, essaieront de mettre le feu à la prison où sont détenus des hommes du FLN et abatteront des officiers français, comme le Lieutenant-Colonel Pierre Rançon, chef du 2e Bureau d'Oran, chargé de la lutte anti-OAS.

Les musulmans et l'OAS

L'OAS avait lancé un appel aux français-musulmans pour combattre auprès d'eux, contre le FLN. En 1962, on dénombre au moins deux musulmans parmi les jeunes dirigeants de l'OAS

wikipedia

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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Sphinx le Dim 23 Mai - 3:57

Mouvement d’action civique

Organisation belge d'extrême droite active de 1960 à 1962.


Issu du Comité d'action et de défense des Belges d'Afrique (CADBA), le Mouvement d'action civique (Mac) est fondé en septembre 1960. Il est singularisé par son procolonialisme. Dans cette optique, il apporte un appui logistique à l'Organisation armée secrète (OAS), spécialisée dans les actions terroriste afin de défendre l'Algérie française. Le Mac adopte pour emblème la croix celtique. Ce mouvement est réputé pour ses actions commandos contre ses adversaires. Pour les élections législatives belges de 1961, il va tenter, sans succès, de réunir les diverses formations d'extrême droite et d'ultra-droite de l'époque (Parti national, Parti indépendant, Parti social-indépendant, Rassemblement national...) au sein d'une seule formation politique. Après des conflits internes, déjà symptôme de l'extrême droite francophone de l'époque, le Mac disparut en septembre 1962.

Il donne directement naissance à Jeune Europe, une nouvelle organisation qui marquera les années 1960 et sera singularisée par son charismatique dirigeant, Jean Thiriart, ancien du CADBA, du Mac et futur théoricien du « communautarisme européen », un nationalisme européen préconisant une alliance avec le Tiers-monde contre les Etats-Unis. L'ancien « économiste » du Mac, Henri Moreau, rejoindra pour sa part bien plus tard le Front national belge de Daniel Féret, après sa création en 1985.

Le Mac fait partie de l'Histoire des organisations de référence de l'extrême droite belge.

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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Sphinx le Lun 24 Mai - 7:09

Deux guerres coloniales :la FA entre 1945 et 1962



La saignée de 1939-1945 venait à peine d'être arrêtée que, déjà, seize ans de guerres coloniales, perdues d'avance (ce n'est pas un regret) commençaient pour la France. Leur mépris des peuples colonisés n'ayant d'égal que la profondeur de leur stupidité, ils pensaient pouvoir casser plus facilement du Viet ou du bougnoule que du boche, et acquérir une nouvelle gloire en sauvegardant l'empire français et les intérêts qui s'y rattachaient.

Officiers supérieurs, généraux, colonels, des hommes politiques et d'affaires en profitèrent pour trafiquer sur la monnaie du pays ; mais quoi, on pouvait bien s'offrir un peu de butin en ramassant quelques piastres . Les hommes politiques de droite, conformément à leur nature, étaient pour la reconquête. Les socialistes, fidèles à eux-mêmes, tournèrent le dos à leurs principes déclarés et, tant en Indochine qu'en Algérie, ajoutèrent à leur titre de loyaux gérants de la société capitaliste celui de zélés défenseurs de l'impérialisme français. Quant aux communistes, ils participaient au gouvernement au début de la guerre d'Indochine, et ce n'est que lorsqu'ils en furent écartés, en 1947, qu'ils entreprirent une campagne d'opposition à la guerre. En revanche, ils s'élevèrent dès le début contre la guerre d'Algérie et les militants menèrent un dur combat, mais, pour rester près des socialistes -leur tactique de l'époque- ils votèrent au Parlement les crédits qui permirent à Guy Mollet d'intensifier la répression.

Si la guerre d'Indochine ne suscita aucune divergence dans les milieux libertaires, celle d'Algérie amena des prises de position différentes, non pas que quiconque l'approuvât, qu'on se rassure. Non, les controverses portèrent sur la tactique, comme d'habitude.

L'Indochine

Dès le début, en 1946, des articles ont paru assez fréquemment dans le Libertaire. Ce n'est cependant qu'à partir de 1950 que, de plus en plus régulièrement, et avec de plus en plus de virulence, la question d'Indochine est traitée, la guerre en Corée -de 1950 à 1953- contribuant à renforcer l'opposition à toute guerre. De 1952 à 1954, des pages entières du Libertaire seront consacrées aux événements de l'Asie du Sud-Est mais aussi à ceux de Madagascar, de Tunisie, du Maroc et.., de l'Algérie, événements qui sont le prélude aux combats qui vont éclater aussitôt après la fin des hostilités en Indochine. Dans cette guerre qui est, en fait, un épisode révolutionnaire, deux facteurs entrent en jeu et cette solidarité ouvrière internationale qui doit dresser les travailleurs français et les travailleurs vietnamiens contre le même ennemi: le capitalisme français (Le Libertaire, 20 novembre 1952).

Fin du premier épisode de la guerre du Vietnam

Le 21 juillet 1954, le président du Conseil Mendès-France signait les accords de Genève qui mettaient fin à huit ans de guerre et à la présence française dans la moitié nord du pays. En attendant les Américains...

Cent mille tués, cent quatorze mille blessés, en majorité des Indochinois et des Nord-africains incorporés dans le corps expéditionnaire français. Du côté vietnamien, des centaines de milliers de victimes, probablement, et les séquelles habituelles aux guerres. Pendant ces huit années bien d'autres événements tinrent les libertaires en haleine : de puissantes grèves en France ; la guerre de Corée ; la mort de Staline et le rapport Krouchtchev ; des grèves en Espagne ; la décomposition de la IVème République...

L'Algérie

J'ai toujours condamné la terreur. Je dois condamner aussi un terrorisme qui s'exerce aveuglément dans les rues d'Alger, et qui, un jour, peut frapper ma mère ou ma famille. Je crois à la justice mais je défendrai ma mère avant la justice (Albert Camus).

Cette phrase d'Albert Camus résume bien ce qui fit de la guerre d'Algérie un drame bien plus intensément ressenti par la population française en général, par les militants des organisations de gauche et d'extrême gauche en particulier, que ne le fut la guerre d'Indochine.

Il ne s'agit pas d'excuser mais de comprendre les comportements. Sans un minimum d'attention pour les faits et gestes des autres, les événements risquent de nous être incompréhensibles, et notre action peut être mal adaptée à la lutte à mener.

Un million d'habitants en majorité d'origine française, mais aussi des Italiens, des Espagnols, s'étaient installés dans ce pays depuis près de cent cinquante ans, et ils s'y sentaient chez eux comme dans n'importe quelle province française. L'Algérie française était une évidence pour tous.

Que les Algériens musulmans, qu'ils méprisaient plus ou moins, n'aient pas de droits politiques dans leur propre pays ; qu'ils soient confinés pour la plupart dans les besognes les plus dures et les moins payées, ou tout bonnement privés d'emploi, qu'on leur ait volé leurs terres au début de la colonisation cela, malheureusement, ne semblait pas monstrueux à tous ces "petits blancs" pour lesquels les autochtones étaient encore inférieurs. Seuls quelques-uns - Camus était de ceux là - s'élevaient courageusement contre cet état de choses qui, un jour ou l'autre, amèneraient une révolte générale.

Les révoltes, elles n'avaient pas manqué depuis 1830. La dernière, en mai 1945, avait fait quarante mille victimes dans la population musulmane.

Personne ne crut -surtout pas les militaires ni les hommes politiques- que la série d'attentats qui furent perpétrés ce matin du 1er novembre 1954 dans toute l'Algérie était le début d'un conflit dont l'aboutissement serait son indépendance, qui verrait la France au bord de la guerre civile, l'avènement d'une nouvelle République et le retour en métropole de huit cent mille "colons".

Contre la guerre

Dès le mois de décembre 1954, Maurice Fayolle signait un article remarquable -il allait en faire, bien d'autres - dans Le Monde Libertaire intitulé : De Tunis à Casablanca où mûrissent les fruits de la colère (voir l'article dans son intégralité). Pendant huit ans, Le Monde libertaire n'allait pas cesser de combattre cette guerre. Les trois Maurice : Fayolle, Joyeux, Laisant, d'autres encore, vont dénoncer les tortures, clouer les politiciens au pilori, fustiger l'attitude des socialistes, ce qui entraîna des saisies larvées du journal et son interdiction an Algérie, çvidcmmcni la Fviiéraium Anarchiste, de son câré, tic teslail pas inaclive. Membre des Forces libres de la paix, qui ½mprenaienT des associations pafilisles, elle participa à la lutte commune et organisa elle-même plusieurs meetings. Au cours d'une de ces réunions, des "anciens d'Indochine" brisèrent le matériel et volèrent la caisse avant d'être expulsés ; à la sortie de la réunion, ils jetèrent d'une voiture deux grenades offensives qui firent quelques blessés, dont deux grièvement.

Le 13 mai 1958, des généraux, des colonels, des groupes d'extrême-droite au service des gros colons qui, pendant des années avaient poussé les pieds-noirs à refuser la moindre réformette en faveur des Algériens musulmans, et les incitaient depuis le début de la guerre à se révolter contre la Métropole, s'emparent du siège du gouvernement général. C'est l'insurrection, cette fois des Français d'Algérie. Le socialiste Guy Mollet va chercher de Gaulle, la IVème République a vécu.

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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Sphinx le Lun 24 Mai - 7:11

La lutte continue

Sous l'impulsion de Maurice Joyeux, la Fédération Anarchiste met sur pied un comité d'action révolutionnaire auquel adhèrent : le Parti communiste internationaliste (trotskiste), le syndicat des charpentiers en fer (CGT), le comité de liaison et d'action pour la démocratie ouvrière. Des tracts, des affiches sont édités ; un meeting est organisé. Le comité d'action révolutionnaire participera à la manifestation du 28 mai 1958, dernier baroud, où deux cent milles manifestants clamaient leur volonté de s'opposer aux factieux. Les partis de gauche, les syndicats étaient présents. Le comité d'action révolutionnaire formait un groupe imposant et remarqué, de nombreux membres de diverses organisations étaient venus se joindre à lui.

La Fédération Anarchiste tient un congrès extraordinaire à Paris les 24, 25 et 26 mai 1958 et, à l'issue de ses travaux adopte cette motion :

Le congrès extraordinaire de la Fédération Anarchiste, réuni les..., demande a ses groupes et à ses militants de tout mettre en oeuvre pour lutter sans merci contre les fascistes, appuyés par des factions militaires à la faveur d'une guerre absurde que nous n'avons cessé de dénoncer et qui ne veulent pas terminer.

Il les incite expressément a resserrer leurs contacts avec les comités de résistance locaux les moins politisés et, surtout, a mener une action décidée dans leurs syndicats pour créer les conditions d'une riposte ouvrière immédiate.

Nos libertés essentielles reposant incontestablement sur le fonctionnement normal et les possibilités d'action des organisations démocratiques, leur défense est pour les libertaires un impératif absolu.

La Verne République s'installe, la lutte contre la guerre d'Algérie continue, de plus en plus violente. Participent à cette lutte : les communistes, des socialistes, des chrétiens regroupés autour de Témoignages chrétien, de nombreux intellectuels de tous bords, qui s'expriment dans des périodiques comme France-observateur et l'Express, les milieux d'extrême-gauche et, naturellement les libertaires, ceux de la Fédération Anarchiste et d'autres, par exemple dans Liberté, de Louis Lecoin qui, en pleine guerre d'Algérie, menait une campagne pour obtenir un statut de l'objection de conscience. A la librairie du Monde Libertaire, 3 rue Ternaux à Paris, on diffusait des publications interdites telles que La Question, Pour Djamila Bouhired, La Gangrène, et. d'autres encore.

En mars 1961, le siège du Monde Libertaire et sa librairie sont entièrement détruits par une puissante explosion provoquée par l'OAS qui assassine, au cours de ces mois, des dizaines de personnes.

Débats au sein de la Fédération Anarchiste

Dans la Fédération Anarchiste, un courant largement majoritaire avait adopté une position "classique" : lutte contre la guerre coloniale, la répression, la torture, et renvoi dos à dos des belligérants, le Front de Libération nationale algérien, et le gouvernement colonialiste français. Un autre courant, dont j'étais, pensait que cette position n'était plus suffisante après quatre années de conflit, même si elle correspondait aux principes libertaires antinationalistes. Nous disions qu'il fallait tenir compte de la réalité si l'on voulait que cette tuerie cesse ; la réalité, c'était que les Algériens musulmans voulaient l'indépendance politique de leur pays et que le FLN représentait pour eux la force qui devait y conduire. Il nous semblait qu'on ne pouvait pas mettre simplement sur le même plan gouvernement français et ceux qui se battaient pour chasser leurs oppresseurs, même si, finalement, ils ne feraient peut-être que changer une exploitation par une autre. Il est à remarquer qu'il est constant qu'un peuple opprimé par un autre peuple cherche d'abord à se débarrasser de l'occupant étranger avant de s'en prendre ultérieurement à ses propres exploiteurs.

Dans le Bulletin intérieur n°37 du 1er mai 1961, je signais un article intitulé : A propos des 121, en réponse à notre camarade Hem Day qui avait écrit dans Freedom du 7 janvier 1961 et dans Les Cahiers du pacifisme un article reproduit dans le n°36 du Bulletin intérieur de la Fédération Anarchiste, Hem Day écrivait, entre autres, dans son excellent article : Entre cette démocratie française et ce gouvernement d'indépendance nationale, mon choix est impossible, car, pour moi, l'équivoque des objectifs reste constant... Alors pourquoi choisir un camp plutôt que l'autre, je n'éprouve point l'envie.

Je répondis : Nous refusons ce dilemme. S'il ne s'agissait que de choisir entre Ferhatabas et de Gaulle, il n 'y aurait, bien entendu, pas de problème. Nous n'avons pas choisi entre deux gouvernements, nous avons choisi le camp des opprimés en révolte, celui de ceux qui, depuis plus d'un siècle, ont été bafoués, volés, réduits à la misère dans leur propre pays, et que cela trouble la conscience du peuple français en général. Nous sommes avec ceux qui ont été "contraints" d'user de la violence...

Ils ne sont pas libertaires, ils font une guerre d'indépendance nationale. Et comment pouvait-il en être autrement ?

Dans ce même numéro du Bulletin intérieur, deux tracts que nous avions diffusés étaient reproduits ; ils explicitaient notre position. L'un était intitulé : Les anarchistes s'adressent aux révolutionnaires algériens. L'autre : Au peuple algérien, c'est sa révolution qu'on lui demande de laisser à la porte comme une paire de babouches. Je rappelle, pour mémoire, que le manifeste dit des 727 était une Déclaration sur le droit à l'insoumission dans la guerre d'Algérie. Il était signé par 121 personnalités représentant le monde littéraire, médical, syndical... De nombreux jeunes du contingent -envoyés en Algérie par Mendés France et Mitterrand- ont choisi, en effet l'insoumission. Parmi eux, des libertaires.

C'est surtout au cours du congrès de 1960 de la Fédération Anarchiste que la question algérienne donna lieu à débats. À l'issue d'une très longue discussion, le congrès adopta une motion présentée par le groupe d'Alfortville : Le groupe d'Alfortville, après examen des conditions qui ont amené la guerre d'Algérie, considère que cette guerre ne pourra se terminer que par la reconnaissance du droit effectif aux Algériens de disposer d'eux-mêmes. Pense qu'il ne suffit pas aux anarchistes d'exprimer des v½ux platoniques sur la fin du conflit ni d'attribuer au FLN les mêmes responsabilités qu'aux Français dans la poursuite des combats.

Malgré le caractère nationaliste de la rébellion algérienne (caractère qui était inéluctable), nous ne pouvons rester absolument neutres. Il faut accentuer notre soutien moral aux combattants, prendre des contacts avec eux partout où cela est possible, ce qui nous permettrait de leur faire comprendre qu'il existe une autre voie que la constitution d'un État bourgeois. En conséquence, nous demandons que dans les semaines, les mois à venir, la FA, dans Le Monde Libertaire et dans les groupes, engage une vaste campagne pour dénoncer la responsabilité du seul gouvernement français dans cette guerre colonialiste, afin de faire sortir l'opinion publique de son indifférence et de l'amener par une pression puissante à obliger les forces réactionnaires et le gouvernement à capituler. Texte publié dans le Bulletin intérieur de la Fédération Anarchiste n°33 de juillet 1960.

Ces années furent difficiles pour les militants de la Fédération Anarchiste. L'équipée de Suez, la révolution en Hongrie, Cuba. La mort d'Albert Camus. Continuation de la reconstruction de la Fédération Anarchiste. Il y avait alors peu de militants, et l'on est rétrospectivement étonné de constater que la Fédération Anarchiste fit face à tous ces événements, qu'elle fut de tous les combats.

Morts en Algérie, morts pour rien, écrivait Fayolle dans Le Monde Libertaire de mars 1959. On peut ajouter : Morts en Indochine, morts pour rien. Morts de toutes les guerres, morts pour rien.

Par:André Devriendt

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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Sphinx le Lun 24 Mai - 7:20

Une colonie très particulière : trois départements français où la plupart des habitants ne sont pas citoyens français


Yves Lacoste, fondateur de la revue Herodote et
auteur de l'ouvrage "Vive la nation" dont quelques
extraits vous sont présentés ci-contre.




En effet, l'Algérie coloniale fut, dans ce que l'on appellera plus tard le tiers monde, un cas doublement exceptionnel. Bien qu'ayant un fort peuplement autochtone, très différent par sa culture du monde européen pourtant très proche, elle a été aussi une colonie de peuplement européen, la seule d'ailleurs dans l'Empire français - à la différence des colonies anglaises de peuplement qui se sont développées dans des contrées à faible population autochtone. Mais surtout, et cela prendra par la suite une très grande importance géopolitique, l'Algérie, contrairement à la quasi totalité des autres colonies au monde, a été juridiquement et politiquement considérée par le gouvernement colonial comme partie intégrante du territoire de la métropole.
En effet, l'Algérie, déjà subdivisée en 1848 en départements de type français (mais Napoléon III voulut en faire un « royaume arabe »), fut officiellement proclamée en 1870 partie du territoire national, bien que les Européens y fussent alors très peu nombreux (moins de 250 000). Cette décision des fondateurs de la République (peu avant que la France perde l' Alsace-Lorraine) aura bien plus tard pour l'avenir de la France de considérables conséquences politiques : dès lors, en Algérie, il ne s'agit plus d'une colonie, mais constitutionnellement du territoire de la République française.
Cependant, la très grande majorité des habitants de ces départements français d'outre-Méditerranée, c'est-à-dire les musulmans - les « Arabes », comme on disait -, n'étaient pas citoyens français. Ils n'étaient que « sujets » français et n'avaient pas le droit de vote. Plus d'un siècle après la conquête, la plupart ne parlaient toujours pas le français. Néanmoins, officiellement et dans les manuels scolaires, « l'Algérie, c'est la France » ; mais les Français n'en savent guère plus. Par la suite, durant des décennies et jusque vers 1955-1956, quasiment tous les hommes politiques français penseront ainsi, même en parlant de réforme, sans oser se demander s'il s'agit véritablement du territoire de la nation, ni même chercher au moins à savoir combien de gens, dans ces départements français, parlent le français et combien ne le parlent pas.

Les colons contre la francisation
En Algérie ont été soigneusement oubliés non seulement les principes de laïcité de la HP République, mais surtout les lois sur l'instruction primaire obligatoire qui, dans l'intérêt même de la colonisation, auraient été des plus utiles pour essayer de franciser la population « indigène ». L'application de ces lois se heurta non pas au refus des musulmans, mais à celui des « pieds-noirs », les citoyens français d'Algérie (venus pour une grande part d'Espagne et d'Italie) qui, jusqu'aux années 1950 et en fait jusqu'à la guerre d'Algérie, s'opposèrent par tous les moyens à l'ouverture d'écoles pour les « Arabes ». Le but d'une telle obstruction, proclamé sans vergogne dans la presse, était que les musulmans n'apprennent pas le français, qu'ils ne puissent pas lire de livres qui leur donneraient des idées subversives, et aussi qu'ils ne puissent pas prétendre à des fonctions aue les Français entendaient se réserver.

C'est en effet une colonisation de peuplement qui caractérise l'Algérie : aux petits paysans qui n'avaient guère de terres et qui ont été d'abord installés (sur celles des « Arabes ») se sont ajoutés à la fin du XIXe siècle de nombreux viticulteurs du midi de la France ruinés par le phylloxéra et qui étaient venus s'établir en Algérie où les maudits insectes ne s'étaient pas (encore) implantés. La crise de surproduction viticole vers 1910 (provoquée par la « reconstitution » du vignoble français, dont les productions s'ajoutaient à celles du vignoble récemment créé en Algérie) entraîna une telle chute des prix du vin que nombre de petits viticulteurs ruinés durent aller trouver en ville de quoi subsister, emplois plus ou moins précaires disputés à ceux des musulmans qui savaient lire et écrire le français. Cette prolétarisation d'une partie des Européens d'Algérie conduisit à cette contradiction ahurissante que ce sont eux qui s'opposèrent à la francisation des musulmans ! En 1929, 6 % seulement des enfants « indigènes » allaient à l'école primaire.
En revanche, les Européens d'Algérie ne se sont pas tenus à l'écart de la vie politique française. Ils y interviennent même activement, notamment lors de l'affaire Dreyfus qui leur donne le prétexte de mener une campagne antisémite forcenée contre les Juifs algériens devenus citoyens français depuis 1870. C'est comme député d'Alger qu'entre au Parlement en 1898 Edouard Drumont dont le livre La France juive (1886), qui a déjà connu un énorme succès politique, redouble encore d'influence durant l'affaire Dreyfus. Les « pieds-noirs », qui organisent alors de véritables pogroms contre les Juifs, profitent de cette agitation pour obtenir une relative autonomie administrari've pour les trois départements, mais évidemment à leur seul avantage.
Certes, les Français, attirés par les distributions de terres prises aux « tribus indigènes », sont plus nombreux qu'autrefois, mais les « Arabes » forment toujours la grande masse. Cependant, peu à peu, une certaine proportion de musulmans ont pu aller à l'école et apprendre le français. À partir de l'entre-deux-guerres, en raison des progrès sanitaires, leur nombre commence à s'accroître beaucoup plus vite.
En 1947, les musulmans deviennent citoyens français, mais des citoyens au rabais du fait de l'« autonomie » accordée à l'Algérie
C'est après la Seconde Guerre mondiale (à laquelle nombre d'entre eux participèrent avec courage) que l'ensemble des musulmans d'Algérie obtinrent enfin le droit de vote. qu'ils réclamaient depuis longtemps ; mais les réformes qui leur avaient été promises furent largement privées d'effet, sous couvert d'une prétendue « autonomie ». Une Assemblée algérienne est créée, mais les musulmans y sont représentés par le même nombre de députés que les Européens, pourtant neuf fois moins nombreux. De surcroît, en mai 1945, une terrible répres¬sion fut déclenchée après de graves émeutes qui avaient éclaté à Sétif lors de cortèges qui célébraient la victoire contre le nazisme et demandaient davantage de démocratie et moins de misère en Algérie. Aussi se développe dans une grande partie de la population musulmane une volonté d'indépendance nationale, notamment parmi ceux qui ont appris le français.
En métropole, les hommes politiques, qu'ils soient de gauche ou de droite, et a fortiori l'opinion publique, n'auront longtemps pas la moindre idée de la nature des problèmes qui se posent en Algérie, et cette méconnaissance persistera des années après le début des « événements » (insurrection de novembre 1954). Ces difficultés et ces contradictions étaient, il est vrai, extrêmement complexes ; mais, pour en avoir une idée un peu claire, il aurait fallu que les recherches en sciences sociales en Algérie ou à propos de l'Algérie fussent moins atones (à l'exception de l'histoire de la colonisation romaine, dont la France s'estimait l'héritière...). Elles étaient beaucoup plus actives au Maroc, grâce à l'impulsion que leur avait donnée Lyautey dès les débuts du protectorat.
Une analyse géopolitique de la situation en Algérie aurait-elle pu éviter in extremis la tragédie qui s'y est déroulée ? La « décolonisation », qui, compte tenu du contexte international, aurait dû paraître inéluctable aux dirigeants français, aurait-elle pu prendre une forme relativement pacifique, comme c'était déjà le cas dans nombre de pays coloniaux et bientôt en Tunisie.

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Sujet / Message Re: Algérie française

Message par Sphinx le Lun 24 Mai - 7:33

Il y a en France depuis plus d'un siècle un important phénomène d'immigration. Il est brusquement devenu depuis une quinzaine d'années une question nationale à cause de l'utilisation qu'en fait un mouvement nationaliste pour mobiliser à son profit une large partie de l'opinion (il reprend d'ailleurs à peu près le même genre d'arguments d'exclusion que ceux avancés durant l'affaire Dreyfus). Les Français discutent aujourd'hui bien davantage du chômage, des immigrés et de la nationalité de leurs enfants que de l'intégration de leur pays dans l'Union européenne. I.'« Europe ? peut être la prochaine question nationale, mais ce n'est pas encore le cas pour le. moment. La question natonale aujourd'hui qui oppose le plus les Français les uns aux autres et les pousse à polémiquer sur l'idée qu'ils se font de la nation est celle de l'immigration. Mais celle-ci, pour diverses raisons, est en fait largement la question algérienne en France, et ses caractéristiques géopolitiques sont très particulières.
On pourrait croire que cet état de choses est lié, tant du côté français qu'algérien, à une redécouverte, trente ans plus tard, des atrocités des uns ou des autres durant la guerre d'Algérie. Mais on n'en parle guère, même si nombre de leaders locaux du Front national, et surtout Jean-Marie Le Pen, ont été très impliqués dans la lutte pour l'Algérie française. Ce sont aujourd'hui les organisations antiracistes qui font surtout allusion à cette « sale guerre », mais seulement aux agissements colonialistes.

On aurait pu croire qu'après un conflit de près de sept ans qui a connu à bien des égards les atrocités d'une guerre civile, l'indépendance de l'Algérie, en 1962, allait être suivie par une hostilité durable des Algériens à l'encontre de la France, et par une sorte d'irrédentisme des Européens d'Algérie qui avaient quitté en catastrophe le pays où ils étaient nés.
En réalité, et en dépit de tout ce qui s'était passé, les rapports entre les deux États ont été, du moins jusqu'à présent, étonnamment bons. C'est un phénomène dont on ne mesure pas assez le caractère extraordinaire. Avec l'acquiescement du gouvemement d'Alger, de Gaulle a même immédiatement entrepris une politique active de coopération avec l'Algérie indépendante, et de nombreux Français, peu après l'indépendance, sont allés y apporter l'aide de leur compétence et ont été accueillis avec sympathie.

Mais, paradoxalement, ces bonnes relations ont progressivement fait grossir le problème qui se pose aujourd'hui, dans le contexte du chômage, à propos des musulmans vivant en France, notamment de ceux dont les familles étaient originaires d'Algérie. À noter que ce ne sont pas eux en tant que tels qui font problème (du moins pour le moment), mais le Front national qui se sert de leur nombre comme argument de ses projets politiques.
SI en 1962 Environ un million de « pieds-noirs » sont partis d'Algérie, dans les quHiw ans qui suivirent, un nombre sans doute presque aussi élevé d'Algériens sont venus en France pour y trouver du travail (à l'époque, on avait besoin de main-d'½uvre), pour rejoindre ceux qui y résidaient déjà, ou encore pour fuir un régime oppressif et les rivalités entre ceux qui avaient lutté pour l'indépendance. Si les Algériens avaient éprouvé de la haine envers les Français (c'eût été assez normal), ou si ce sentiment avait été orchestré par leur gouvernement, ils ne seraient pas venus en France aussi nombreux. Et ils n'auraient pas pu y vivre durablement s'ils s'étaient heurtés à une forte hostilité des Français et notamment des « pieds-noirs ». Ce ne fût pas le cas, car les Français, conscients de la gravité de la crise dont ils étaient presque miraculeusement sortis, ne voulaient plus d'« histoires » avec l'Algérie.
Parce qu'ils sont nés en France, les fils et filles de ces Algériens ont aujourd'hui la nationalité française et nombre de leurs parents nés en Algérie l'ont conservée ou obtenue par naturalisation, comme bien d'autres immigrés. Or ces musulmans français forment sans doute près de la moitié des quatre millions de musulmans (pour beaucoup, les autres sont originaires du Maroc et de Tunisie) qui vivent en France. Parmi eux, les descendants d'Algériens jouent souvent un rôle important, parce qu'ils sont les plus nombreux et parce que leurs familles sont installées depuis plus longtemps.
Si certains, grâce à leurs efforts et à leurs relations, sont bien intégrés dans la société française, la plupart d'entre eux se sentent aujourd'hui de plus en plus victimes d'exclusion. De surcroît, ils ne veulent pas accepter ce que leurs parents ont supporté autrefois, qu'il s'agisse des « ratonnades » durant la guerre d'Algérie (à Paris, celle du 17 octobre 1961) ou de la misère dans les bidonvilles de Nanterre ou d'ailleurs.
Effectivement, les musulmans en France estiment qu'ils souffrent particulièrement du chômage (et c'est sans doute vrai, mais les statistiques tenant compte des appartenances reli¬gieuses sont interdites) et que les causes en sont une véritable stratégie de rejet à leur égard. Les islamistes abondent d'autant plus en ce sens qu'ils sont hostiles par principe à l'intégration de musulmans dans toute société occidentale, et notamment dans la société française à cause de sa laïcité.
Les fils et tllles d'Algériens se sentent d'autant plus victimes d'exclusion qu'ils sont en majorité de nationalité française. De surcroît, lorsqu'ils entendent parler de la nation, c'est dans les milieux populaires et pour se sentir encore plus exclus, puisque c'est au travers de propos racistes qui les rejettent explicitement. Les jeunes musulmans, qui pour la plupart parlent fort bien le français, répliquent en se proclamant fièrement arabes et en faisant montre localement à l'égard des Français « de souche » d'une agressivité qui alimente en retour les thèses du Front national.

Extraits :Yves Lacoste, auteur de l'ouvrage "Vive la nation"

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