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Traités, Pacte,accord,conférences et chartes

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Sujet / Message Traités, Pacte,accord,conférences et chartes

Message par Sphinx le Mar 16 Mar - 23:02

Signature du pacte de Bagdad (24 février 1955)

L'Irak et la Turquie signent à Bagdad un traité de défense auquel se joindront au cours de l'année le Royaume-Uni (4 mars), le Pakistan (23 septembre) et l'Iran (3 novembre).



Le contexte de la guerre froide est à l'origine de cette nouvelle alliance défensive dont l'étape initiale est la signature d'un traité entre l'Irak et la Turquie. L'adhésion des Britanniques, au mois de mars, accentue les tensions avec l'Égypte qui perçoit ce geste comme une menace à son rôle dans la région. L'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) s'inquiète aussi des conséquences de ce pacte de Bagdad auquel adhèrent le Pakistan et l'Iran, mais pas les États-Unis qui collaborent néanmoins de près à la mise sur pied et au fonctionnement de l'alliance. Parmi les mécanismes prévus par les cinq pays signataires, soulignons le Conseil ministériel permanent et la rencontre annuelle des ministres des Affaires étrangères. Des bouleversements politiques entraîneront le retrait de l'Irak en août 1959. Les quatre autres pays - Royaume-Uni, Iran, Pakistan, Turquie - formeront alors la Central Treaty Organization (CENTO) dont les bureaux seront établis à Ankara. Elle disparaîtra en 1979 avec le départ de l'Iran, conséquence de la chute du chah et de la révolution islamique.

Lire la suite sur:http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMEve?codeEve=354

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Sujet / Message Re: Traités, Pacte,accord,conférences et chartes

Message par Sphinx le Jeu 1 Avr - 23:34

Accords de Dayton [Guerre de Bosnie. ]

Les accords de Dayton, signés le 14 décembre 1995, ont mis fin à la guerre de Bosnie. Trois ans et demi après le début des conflits, plus personne n'y croyait ! Les accords de Dayton n'ont pas tout résolu, loin de là, et ils sont même sous certains aspects scandaleux. Mais ces accords ont au moins eu l'avantage de faire cesser les violences en Bosnie-Herzégovine.


Trois ans et demi auparavant, les armées tchetniks (nationalistes serbes) de Ratko Mladic s'étaient emparées dans la violence et le sang des trois quarts du territoire de la Bosnie, se livrant sur les terrains conquis à une purification ethnique. Puis pendant trois ans ce ne furent que combats entre les trois peuples constitutifs de la Bosnie : les Musulmans (= bosniaques), les Serbes et les Croates. Puis les Musulmans et les Croates se sont à nouveau réunis au début 1994, ce qui faisait en somme deux adversaires, l'armée croato-musulmane d'un côté, et l'armée serbe de l'autre. Et l'ONU au milieu.

Plans de paix

Plusieurs plans de paix avaient été proposés par la Communauté internationale pour tenter de résoudre le conflit. Citons le plan Cutilheiro (mars 1992) qui découpait la Bosnie en trois cantons (un canton pour chaque ethnie), le plan Vance-Owen (janvier 1993) qui découpait la Bosnie en dix cantons (trois pour chaque ethnie, et un canton neutre au milieu), le plan Owen-Stoltenberg (1993) qui divisait carrément la Bosnie en trois républiques indépendantes, ou encore le plan Juppé-Kinkel (Alain Juppé était alors le ministre français des affaires étrangères). Tous ces plans ne faisaient jamais l'unanimité au sein des différents dirigeants concernés, et il y avait toujours quelqu'un pour se sentir lésé et refuser la signature.

A l'été 1995, les choses s'accélèrent. Prise d'otages de Casques bleus par les Serbes, génocide de Srebrenica, nouveaux carnages sur le siège de Sarajevo... L'armée croato-musulmane remporte des victoires, et la communauté internationale, qui pensait que les Musulmans étaient perdus, se rend compte d'une part que rien n'est joué, et d'autre part que l'ONU est complètement dépassé.

Les grands dirigeants européens et américains prennent une carte de la Bosnie et partagent le pays en deux. La moitié pour les Serbes, et l'autre pour les Croates et les Musulmans. Avec tout de même un léger avantage pour les Croates et Musulmans, car ils sont tout de même plus nombreux : 51% / 49%. A ce moment-là, les Serbes dominent 75% du territoire. Alors l'OTAN bombarde les positions stratégiques serbes pendant un mois, en septembre 1995. Considérablement affaiblis, l'armée serbe, dont tout le monde disait qu'elle était surpuissante et invincible, se retrouve complètement désorganisée et essuie plusieurs lourdes défaites contre l'armée croato-musulmane. Les Serbes reculent et perdent du terrain... jusqu'à ce qu'ils n'aient plus que 49% du territoire. Le partage prévu par la communauté internationale se retrouve donc réalisé et l'OTAN fait cesser tous les combats afin de mettre le plan de paix en place.

Bien sûr, il est certain que les Serbes auraient pu perdre davantage de terrain, et auraient même pu se retrouver complètement démis des territoires conquis trois ans et demi plus tôt, si l'OTAN avait bombardé quelques semaines de plus. Mais les dirigeants européens étaient décidés à mettre en place ce partage moitié/moitié. Les Serbes, sachant qu'ils risquaient de perdre tout le reste, ont donc accepté ce partage.

Du 1er au 21 novembre 1995 se tiennent les discussions relatives aux accords de Dayton. Sont réunis à Dayton (Ohio, Etats-Unis) : Alija Izetbegovic (président des Musulmans), Slobodan Milosevic (président de la Serbie) et Franjo Tudjman (président de la Croatie). Radovan Karadzic, président des Serbes de Bosnie, a donné toute sa confiance à Slobodan Milosevic pour la signature des accords. Les trois hommes sont tenus de trouver un accord, et n'ont pas le droit de quitter les lieux avant d'avoir finalisé le traité.

Celui-ci est finalement signé le 14 décembre 1995 à Paris. Voila pourquoi les accords de Dayton sont aussi appelés les accords de Dayton-Paris.

Contenu des accords de Dayton et nouvelle constitution
La Bosnie-Herzégovine reste donc un pays unifié et indépendant. Il est découpé en deux entités politiques :

•La Fédération de Bosnie-Herzégovine, aussi appelée "Fédération croato-musulmane", ou "Fédération" tout court, qui est l'entité des Musulmans et des Croates de Bosnie.
•La République serbe de Bosnie, qui est l'entité des Serbes de Bosnie.
51% du territoire est donné à la Fédération croato-musulmane, et 49% à la République serbe de Bosnie.

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Sujet / Message Re: Traités, Pacte,accord,conférences et chartes

Message par Sphinx le Jeu 1 Avr - 23:41

Partage de la Bosnie en deux entités : la Fédération croato-musulmane et la République serbe de Bosnie
Image domaine public, retouchée par mes soins :]
Chacune de ces deux entités dispose d'une très grande autonomie : chaque entité a sa propre armée (très symbolique cependant), sa propre police, sa propre justice, et même son propre système éducatif... ainsi que sa propre langue (bien qu'en réalité le serbe, le bosniaque et le croate soient quasi-identiques), et ses propres finances.

Peu à peu, des dispositifs communs ont été mis en place, en particulier une monnaie unique (le mark convertible) et un passeport commun.

Quant aux institutions centrales, elles sont composées de membres issus des différentes ethnies :

•La présidence de la Bosnie-Herzégovine est exercée par un collège de trois présidents (un Musulman, un Serbe, un Croate), qui sont présidents à tour de rôle.
•Le conseil des ministres est composé de ministres issus des trois ethnies.
•La chambre des représentants : 42 membres (14 par ethnie)
•La chambre des peuples : 15 membres (5 par ethnie)


Signature des accords de Dayton à Paris. On reconnaît Bill clinton et Jacques Chirac. Au premier plan de gauche à droite : Slobodan Milosevic, Franjo Tudjman, Alija Izetbegovic

Problèmes
En réalité, tout ceci est très problématique. Chaque entité dispose d'une forte autonomie, tandis que l'Etat unitaire et central, lui, ne dispose que de très peu de pouvoirs. Son champ d'action se résume à la politique extérieure, et encore... toutes les décisions sont prises sont par le Haut Représentant au nom de la Communauté internationale. La Bosnie-Herzégovine est complètement soumise à la volonté des grandes puissances internationales. La Communauté internationale prendra du recul le jour où l'on sera sûr qu'une indépendance totale n'amènera pas à une nouvelle guerre. Ce qui est malheureusement loin d'être le cas.

Finalement, personne n'est satisfait. Les Serbes de Bosnie demandent leur indépendance, ou bien leur rattachement à la Serbie. Beaucoup de Croates de Bosnie aimeraient également être rattachés à la Croatie. Si de tels rapprochements étaient faits (et il en fut question autrefois), cela voudrait dire que la Bosnie-Herzégovine se retrouverait réduite à une petite enclave musulmane au milieu des Balkans, ce qui est une situation très critique.

Les Musulmans (=Bosniaques) souhaitent que la Bosnie reste unifiée, et avec un fonctionnement "normal" des institutions. Les Musulmans seraient automatiquement dirigeants de cette Bosnie, puisque majoritaires en nombre. Car en Bosnie, les gens ne votent pas pour des idées, mais pour les représentants de leur ethnie. Mais il hors de question, pour les Serbes de Bosnie, d'avoir un président musulman. Cette situation n'est donc pas envisageable non plus.

L'histoire en est là... Douze ans après les accords de Dayton, la Bosnie-Herzégovine ne s'est toujours pas remise de la guerre. Le pays est toujours en crise, et la situation politique semble toujours inextricable. Souhaitons que les choses s'améliorent, d'une manière ou d'une autre.

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Sujet / Message Re: Traités, Pacte,accord,conférences et chartes

Message par Sphinx le Ven 2 Avr - 0:14

Analyse des accords de Dayton


Analyse de la paix américaine en Bosnie et de l’historique des plans de paix dans les guerres de Croatie et de Bosnie-Herzégovine.

Si j’en crois ce que je lis, ce que j’entends, ce qu’on me rapporte à droite, à gauche, il semblerait que, dans le mouvement français de solidarité pour la Bosnie-Herzégovine, les accords de Dayton aient jeté quelques troubles chez beaucoup, qu’il y ait quelques difficultés à en comprendre les tenants et les aboutissants, bref que leur analyse ne soit pas encore faite.

Il me semble que les relations internationales autour de ce conflit ne pouvant être parfaitement systématiques, ne reposant pas non plus sur une motivation unique, seule une analyse historique et génétique peut en respecter le caractère propre. On ne peut pas faire l’économie d’une analyse chronologiquement construite, si l’on veut dégager le moment et la cause des mutations, des bifurcations. Ce travail serait un peu long. Je l’ai fait déjà, en partie, ailleurs . Je me contenterais donc, ici, d’essayer, à partir d’une brève analyse de la succession des plans de paix, de montrer ce qu’en furent les principales étapes.

La première question pourrait donc être : dans quel contexte les accords de Dayton ont-ils vu le jour ?

Il faut tout d’abord restituer les événements de ces derniers mois. Après la prise en otages des casques bleus et la chute de Srebrenica, un tournant majeur a lieu, en août, lorsque les forces croates libèrent la Krajina. C’est la première véritable défaite militaire des nationalistes serbes depuis le début du conflit en juillet 1991. C’est le début d’une modification majeure du rapport de force entre les belligérants des conflits de Bosnie-Herzégovine et de Croatie. En septembre, les forces de l’OTAN bombardent les positions serbes pendant plusieurs semaines. L’armée croate, alliée à l’armée bosniaque, libère une partie de la Bosnie-Herzégovine. C’est la deuxième défaite militaire des nationalistes serbes, et la première véritable sanction militaire de la communauté internationale à leur encontre. Après cette modification du rapport de force, le nouvel équilibre sert de base pour une nouvelle négociation de paix, à Dayton, aux États-Unis. De cette négociation sont exclus les chefs politiques et militaires des nationalistes serbes de Bosnie-Herzégovine, qui, par ailleurs, sont inculpés de crime de guerre par le Tribunal pénal international. C’est la première véritable défaite diplomatique des nationalistes serbes.

C’est dans ce contexte que les accords de Dayton ont vu le jour. Les deux défaites des nationalistes serbes, militaire et diplomatique, en étaient, me semble-t-il, les conditions de possibilités.

Qu’en est-il maintenant de ces accords à proprement parler ?

Divisons tout d’abord cette question en deux points : d’une part, qui y a participé (acteurs et organisateurs) ? D’autre part, qu’elle est leur contenu ?

La question des participants est une question fondamentale pour comprendre la nature même de ces accords. Du côté des organisateurs, ce sont les Américains qui ont pris les choses en main, après le rééquilibrage militaire de la situation sur le terrain que je viens de rappeler. Du côté des belligérants, ce sont les trois présidents des trois pays directement concernés par le conflit qui sont présents. Directement concernés par le conflit et non pas en conflit. Car il faut bien noter que ces trois pays ne sont pas en conflit, ni deux à deux, ni les trois ensemble. Le conflit se divise, en droit, en deux conflits de type sécessionnistes, l’un en Croatie, l’autre en Bosnie-Herzégovine. Dans les deux cas les sécessionnistes ont été, d’abord et principalement , les nationalistes serbes, soutenus par le régime de Belgrade, d’où la présence du président serbe à Dayton. Les sécessionnistes serbes de Croatie et de Bosnie n’étaient pas représentés à Dayton, ce qui, pour eux, était déjà une défaite en soi.

La question du contenu a été déjà traitée par de nombreux médias, journalistes, commentateurs ou hommes politiques. Je n’ai pas grand-chose de plus à dire que ce qui est communément répété à partir du texte même de ces accords . Il ne faut cependant pas confondre l’analyse et la prospective. Il est utile de séparer les deux questions : quid juris et quid facti (qu’en est-il en droit et qu’en est-il en fait). En droit, ce plan reconnaît l’unité juridique internationale de la Bosnie-Herzégovine. Elle est composée de deux entités, la Fédération de Bosnie-Herzégovine et la Republika Srpska. Politique étrangère, douanière, monétaire, commerce extérieur, politique d’immigration, des réfugiés, moyens de communication communs et circulation aérienne sont du ressort de Bosnie-Herzégovine. Ca n’est donc pas, comme on l’a souvent lu ou entendu, un plan de division de la Bosnie-Herzégovine. Les relations bilatérales spéciales autorisées entre les entités et les États voisins sont limitées au respect de la souveraineté et de l’intégrité de la Bosnie-Herzégovine. En droit, ce plan exige le retour des réfugiés, l’indemnisation de ceux dont les biens ont été détruits, la libre circulation des personnes, la fin des persécutions religieuses, ethniques ou idéologiques, l’organisation d’élections libres sous contrôle international. Les inculpations du tribunal pénal international interdisent aux dirigeants nationalistes serbes de continuer une activité politique ou militaire. En bref, ce plan exige la démocratisation de la Bosnie-Herzégovine donc de la Republika Srpska.

C’est le temps, l’année 1996, qui permettra de répondre à la question quid facti, et de savoir si finalement ce plan est un plan de réunification ou un plan de division. Mais avant de s’essayer à toute prospective, il convient de commencer par une analyse génétique et historique.

Il y avait eu plusieurs plans de paix depuis le début du conflit. Pourquoi celui-ci a-t-il été signé par tous les protagonistes ?

On a effectivement vu se succéder, pendant ce conflit, de nombreux plan de paix et de nombreux négociateurs. Pour l’observateur pressé, il est facile de conclure de cette multitude que les belligérants ne souhaitaient pas la paix. Pourtant lorsqu’on regarde avec attention les différents plans de paix dans une vue d’ensemble, on peut voir les évolutions de la gestion internationale du conflit. On peut dégager un sens. La meilleure chose à faire, me semble-t-il, pour y voir clair, c’est donc un petit tableau récapitulatif des différents plans de paix avec leurs principaux attributs:http://bliaudet.free.fr/article.php3?id_article=6

Tableau des plans de paix

Il y a eu 7 plans de paix depuis 1991 . Nous nous proposons de regarder principalement d’une part, du côté des belligérants, les participants à ces plans (colonne 4), les pays qu’ils représentent (colonne 3) et la réponse qu’ils ont donnée au plan (colonne 5). D’autre part, du côté des organisateurs, les États ou les organisations internationales participants [colonne 8] et, dans le cas d’organisation internationale, la nationalité du diplomate la représentant (colonne 9). On notera aussi le principe général du plan ainsi que ses suites militaires sur le terrain (colonnes 6 et 7).

Regardons principalement les plans de paix en Bosnie-Herzégovine. Ce tableau montre qu’il y a eu un virage majeur à partir du 5e plan. On voit que l’ONU et la CEE n’interviendront plus [colonne 8]. On voit que le problème ne sera plus traité uniquement entre les belligérants de la Bosnie-Herzégovine (colonne 3), mais avec des représentants des trois pays concernés. Il y a un retour à un plan de fédération pour la Bosnie-Herzégovine (colonne 6) et les suites ne sont plus l’accroissement du conflit (colonne 7). Au contraire, la fin de la sécession croate marque le premier recul du conflit en Bosnie-Herzégovine. Que s’est-il donc passé ? Les colonnes 8 et 9 nous le montrent clairement : on est passé d’une gestion principalement européenne du conflit à une gestion principalement américaine. Le virage a été pris au moment des accords de la fédération croato-musulmane en janvier 1994, puis de l’ultimatum de Sarajevo (qui n’apparaît pas dans notre tableau) qui a vu l’entrée en scène de l’OTAN et les premiers bombardements en avril 1994. Jusqu’aux accords de Dayton, le système OTAN-Forpronu, dit système à double clé, marquait la période de transition d’une gestion européenne du conflit à une gestion américaine. Avec les accords de Dayton, la Forpronu a quitté le terrain, et le commandement militaire de la nouvelle force internationale est passé aux mains des Américains. De la double clé, on est passé à une clé américaine.

Cela ressemble donc à un échec des Européens à prendre en charge eux-mêmes ce conflit européen. Ils ont pourtant essayé.

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Sujet / Message Re: Traités, Pacte,accord,conférences et chartes

Message par Syfou le Mer 25 Aoû - 0:31

Les accords de Yalta

Conférence de Yalta


Yalta summit 1945 with Churchill, Roosevelt, Stalin

Tenue du 4 au 11 février 1945 dans le palais de Livadia situé dans les environs de la station balnéaire de Yalta, sur la côte de la mer Noire, en Crimée, la conférence de Yalta réunit en grand secret les chefs de gouvernement de l'Union soviétique (Joseph Staline), du Royaume-Uni (Winston Churchill), des États-Unis (Franklin D. Roosevelt) dans les buts suivants :

adopter une stratégie commune afin de hâter la fin de la guerre,
régler le sort de l’Europe après la défaite du IIIe Reich et
garantir la stabilité du monde au-delà de la victoire.
Les accords que les trois « grands » signèrent le 11 février 1945 allaient se révéler essentiels pour l’après-guerre. Le propos principal de Staline était sans doute de préserver son pays de futures attaques, comme en 1914 et en 1941, en le protégeant par un glacis territorial et politique. La meilleure solution pour lui, c’était la création d’une Pologne qui serait dirigée par un gouvernement ami de l’Union soviétique.

Churchill et Roosevelt, de leur côté, étaient disposés à obtenir de la part de Staline la promesse que l'URSS entrerait en guerre contre le Japon dans les trois mois après la capitulation de l’Allemagne. Il est vrai que Staline négociait en position de force, les armées soviétiques n’étant plus qu’à une centaine de kilomètres de Berlin. Par ailleurs, Roosevelt, dont la santé se dégradait de plus en plus, faisait preuve d’une totale méconnaissance des valeurs morales de son interlocuteur en affirmant : « Si je lui donne tout ce qu'il me sera possible de donner sans rien réclamer en échange, noblesse oblige, il ne tentera pas d'annexer quoi que ce soit et travaillera à bâtir un monde de démocratie et de paix. »

Le rapport des forces

En février 1945, le rapport des forces est nettement à l'avantage de Staline. Les forces soviétiques sont, de loin, les premières en nombre et en armement . Elles atteignent Varsovie et Budapest, et ne sont qu'à quelques étapes de Berlin, alors que les Anglo-Américains se demandent encore comment ils vont passer le Rhin. Cependant, Staline est prudent. Sa priorité est la prise de Berlin, à la fois comme symbole de sa victoire et pour les avantages politiques et scientifiques qu'elle lui conférerait. Il tient à s'emparer du maximum de régions industrielles allemandes, et de l'institut de physique nucléaire de Dahlem, où il espère trouver des éléments de fabrication de la bombe atomique. Il craint une capitulation allemande, voire un retournement des alliances, qui le frustrerait de sa victoire. Habilement, il a fait croire à ses alliés que Berlin n'était pas prioritaire, et que l'offensive principale de l'Armée Rouge porterait vers la Bohême et la vallée du Danube: il les invite à chercher la jonction en Allemagne du Sud.

Pour Roosevelt, Eisenhower et les responsables américains en général, la priorité est de finir la guerre avec le minimum de pertes en vies américaines. Le président américain accepte de laisser l'URSS fournir l'effort de guerre le plus lourd, quitte à lui abandonner une plus vaste zone d'occupation. Peu méfiant, il annonce dès le début de la conférence que les troupes américaines quitteront l'Europe deux ans après la fin de la guerre.

Churchill souhaiterait rétablir un équilibre européen et éviter une hégémonie soviétique sur le continent, mais, représentant d'un empire affaibli économiquement et démographiquement, il a peu de poids sur les décisions de ses alliés.

Quels accords ?

Les accords conclus à l'issue des rencontres prévoyaient :

des élections libres dans les États européens libérés, les Trois Grands s'engageant à « constituer des autorités gouvernementales provisoires largement représentatives de tous les éléments démocratiques des populations et qui s'engageront à établir, dès que possible, par des élections libres, des gouvernements qui soient l'expression de la volonté des peuples » (cf. Communiqué final en annexe : Déclaration sur l'Europe libérée);
l'organisation en avril 1945 de la conférence de San Francisco ;
l’entrée en guerre de l'Union soviétique contre le Japon dans les 3 mois qui suivront la défaite de l'Allemagne, l'URSS recevant en échange le sud de l’île de Sakhaline et les îles Kouriles ;
la destruction du militarisme allemand et du nazisme ;
la division de l'Allemagne en trois zones occupées par les trois vainqueurs : États-Unis, URSS, Royaume-Uni (par la suite, Churchill soutiendra une division de l'Allemagne en quatre zones d'occupation : la quatrième revenant alors à la France : cette proposition aboutira peu après la conférence de Yalta) ;
déplacement de la Pologne vers l'ouest : elle céderait des territoires à l'URSS et recevrait en compensation des territoires enlevés à l'Allemagne ;
l'établissement de la frontière soviéto-polonaise sur la ligne du pacte germano-soviétique de 1939 (correspondant en partie à la ligne Curzon) ;
la réorganisation du « Comité de Lublin », gouvernement pro-soviétique établi en Pologne libérée, « suivant des bases démocratiques plus étendues, avec l'inclusion des chefs démocrates se trouvant à l'étranger », c'est-à-dire des membres du gouvernement polonais en exil à Londres (cf. Communiqué final en annexe : Pologne) ;
quelques modalités concernant le fonctionnement de l'ONU, dont la création avait été décidée en 1944 à la conférence de Dumbarton Oaks : le droit de veto des membres permanents du Conseil de sécurité jouera pour tous les cas sauf pour les questions de procédure ; l’URSS demande autant de sièges qu'il compte de provinces et de régions (soit 16), mais en obtient "seulement" 3 (Russie, Ukraine, Biélorussie) ; les Nations unies auront un droit de regard sur l'organisation de l'Europe.

Une conférence pour terminer la guerre
L'Allemagne : défaite, occupation, réparations
Lors de la première séance plénière, la question principale porte sur la défaite de l’Allemagne par une analyse de la situation militaire. Cela débouchera sur le premier article du communiqué disponible au public[3]. Comme on peut le lire à la dernière phrase de cet article : « Il a été procédé à un échange complet et réciproque des renseignements ». Le général Marshall indique qu’une offensive massive sera possible sur le front de l’ouest mais les alliés ne pourront franchir le Rhin avant le mois de mars. Staline prend alors sa décision, l’armée rouge libèrera la Tchécoslovaquie et la Hongrie, repoussant la prise de Berlin. Ainsi, Staline évite toute tension avec les alliés occidentaux. Cependant, cette première séance plénière est importante car elle définit bien le cadre général des négociations qui vont suivre : les Occidentaux sont en position d’infériorité par rapport aux Soviétiques.

Lors de la deuxième séance plénière du 5 février, Staline entame la question de l’occupation de l’Allemagne qu’il considère être la plus importante. Lors de la conférence de Téhéran, tous les Alliés étaient d’accord sur un démembrement complet de l’Allemagne. Mais à l’approche de la victoire cette certitude devient moins évidente. Les Occidentaux pensent briser le Reich nazi, mais faut-il détruire l’Allemagne et sa population ? On peut voir dans le deuxième article du communiqué disponible au public : « Nous sommes inflexiblement résolus à anéantir le militarisme et le nazisme allemand » mais les alliés présentent le peuple allemand comme victime du nazisme et décident qu’ « Il n’est pas dans notre intention d’anéantir le peuple allemand ». Churchill considère l’Allemagne comme une future alliée contre l’expansionnisme soviétique. Pourtant, un démembrement de l’Allemagne est conclu avec une « autorité suprême » des occupants, censé garantir la paix future en Europe. Chacun des alliés occupera une zone séparée, et la France est invitée à participer à ce projet. Cependant, les Soviétiques étant en position de force, la zone française sera prise dans la zone anglaise et américaine. La France est aussi invitée à siéger au Conseil de contrôle interallié pour l’Allemagne. De plus il est conclu que l’Allemagne sera entièrement démilitarisée et désarmée. Cette mesure est encore plus sévère que ce qu’avait prévu le Traité de Versailles de 1918, qui fixait le nombre de militaires allemands à un maximum de cent mille.

La question des réparations est elle aussi engagée par Staline. Il demande de l’Allemagne en gage de réparation, 20 milliards de dollars au total, dont 50% de cette somme devrait aller à l’URSS. Sur ce point, c’est aussi Churchill qui s’oppose à cette somme démesurée, insistant sur le fait que l’économie allemande ne devait pas être anéantie. Il est d’ailleurs écrit dans le troisième article du communiqué disponible au public, que les dommages que verserait l’Allemagne devaient être calculés « dans la plus grande mesure possible ». Cette question n’a pas été résolue entièrement. Il est défini les différents moyens de réparation des dommages auxquels serait contrainte l’Allemagne, c’est-à-dire : des transferts de biens et d’argents, des livraisons de marchandises, et l’utilisation de la main-d’œuvre allemande. Les deux points sur lesquels la conférence ne s’est pas fixée est sur la mise en œuvre de ce plan et surtout sur le montant des réparations. Pour cela, les Alliés décident la création d’une commission dont le siège est à Moscou. Cette commission réunira les représentants des trois pays alliés et devra fixer le coût total des réparations sur la base de la proposition du gouvernement soviétique. Si la demande soviétique est à moitié acceptée, c’est pour la simple raison que Roosevelt considère que les Soviétiques ont déjà fait pas mal de concessions, et ne prend donc pas le parti des Anglais.


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Sujet / Message Re: Traités, Pacte,accord,conférences et chartes

Message par Syfou le Mer 25 Aoû - 0:39

Suite Les accords de Yalta...

Le Japon : une entrée en guerre de l’URSS ?

La Conférence porte sur la question de la défaite japonaise. Il est dit que : « Les chefs des gouvernements des trois grandes puissances […] ont décidé d’un commun accord […] que l’URSS entrera en guerre contre le Japon ». Si cette formule « commun accord » est employée dans ce cas précis c’est tout d’abord pour ne pas contrarier Churchill. En effet, la question de l’Extrême-Orient, concernant les modalités et les conditions de l’engagement soviétique, s’est réglée lors d’une conversation privée entre Roosevelt et Staline. L'URSS devait entrer en guerre 3 mois après la capitulation allemande. Les conditions de l’engagement ayant fait débat furent celles de Port-Arthur et des chemins de fers mandchous. L’URSS obtient le statu-quo en Mongolie et l'annexion des îles Kouriles et Sakhaline, Port-Arthur n’est pas annexé mais internationalisé et les chemins de fers mandchous ne seraient pas propriété de l’URSS mais contrôlés par une commission soviéto-chinoises. Néanmoins, Staline et Roosevelt voulaient un accord du président chinois sur ces points, et ne pas les lui imposer. Churchill ne fut mis au courant de ces propositions que le lendemain de l’entrevue et malgré son hostilité et sa volonté de négociations, il finit par céder, craignant d’être mis à l’écart sur les affaires japonaises.

Une Conférence pour poser les bases d'un monde nouveau
Roosevelt : pour une organisation politique mondiale

Pour Roosevelt, le principal dossier de Yalta est celui de la future Organisation des Nations unies. Il entendait réussir, là où Wilson avait échoué après la première guerre mondiale avec la Société des Nations, et devenir l’arbitre entre les Anglais et les Soviétiques. Il ne montre donc pas trop exigeant avec Staline, notamment sur la question de la Pologne. Tous les acteurs sont d’accord sur ce projet mais une question fait débat : qui sera membre du Conseil de Sécurité, et quels pays composeront l’Assemblée ? Les Américains soutiennent l’adhésion de la Chine, et les Britanniques celle de la France, au sein du conseil de sécurité. Bien que Staline objecte le fait qu’il serait en position défavorable, il finit par céder. Le réel problème se pose alors pour la composition de l’assemblée. Les Soviétiques craignent une mainmise anglo-américaine (soutien des pays du Commonwealth et d’Amérique latine). L’URSS exige donc que chacune des seize républiques soviétiques fédérées dispose d’un siège. Dans l’extrait de la conférence non disponible au public, on constate que l’URSS obtient l’adhésion de deux républiques fédérées : la Russie Blanche (Biélorussie) et l’Ukraine. Après réflexion et négociations, Staline ne demandait plus que l’adhésion de ces deux républiques ainsi que la Lituanie. Cette dernière est refusée mais Roosevelt doit s’incliner face à Staline pour préserver la réussite de son projet (ONU).

Une conférence future est programmée pour le 25 avril 1945 à San Francisco. L’organisation de cette conférence est due au fait que les trois grands n’ont su se mettre d’accord sur le système de vote de l’assemblée de la future ONU, ainsi que sur l’obtention du droit de veto ou non. Ils ne se sont d’ailleurs pas mis d’accord sur les états qui pourront accéder à cette organisation. Il est donc déclaré dans un extrait non disponible au public, que « Les nations associées qui auraient déclaré la guerre à l’ennemi commun avant le 1er mars 1945 » seront invitées à la conférence de San Francisco et pourront faire partie de l’ONU.

La question polonaise

Le thème de la Pologne fait l’objet de vives tensions à Yalta. En effet, du côté de l’URSS, la Pologne est le pays dont elle a obtenu une partie du territoire après le pacte Germano-Soviétique, et du côté occidental, la Pologne est une alliée qui avait eu la garantie d’une aide en cas d’agression allemande, ce qui a entraîné l’entrée en guerre des alliés. Lors de la conférence, les deux principales questions concernant la Pologne étaient : quelles seront ses frontières, et quelle sera la nature de son régime politique ?

La frontière orientale de la Pologne ne pose pas de problème, comme on peut le voir dans l’article VI : « La frontière orientale de la Pologne à l’Est devra suivre la ligne Curzon, avec des déviations au profit de la Pologne sur une profondeur de 5 à 8 kilomètres par endroits ». Le réel problème est celui de la frontière occidentale, celle avec l’Allemagne. Staline propose alors le fleuve de la Neisse. Ce déplacement de la frontière occidentale vers l’ouest est une compensation des pertes orientales. La question porte ensuite sur le choix de la Neisse : le fleuve se sépare en deux, la Neisse orientale et la Neisse occidentale. Les trois s’accordent sur une formule ambiguë : « La Pologne devra obtenir des accroissements sensibles de territoire au nord et à l’ouest ». Churchill est sceptique : l’annexion de cette partie du territoire allemand, jusqu’à l’Oder et la Neisse signifie la présence de six millions d’Allemands sous la souveraineté polonaise. Mais Staline déclare alors : « le problème des nationalités est un problème de transport » : dans l'année suivante, 11,5 millions d'Allemands seront « déplacés » hors de ces territoires, remplacés par 4,5 millions de Polonais eux-mêmes « déplacés » hors de la Pologne orientale devenue soviétique.

La question du régime politique est plus aigüe. En effet, pour Churchill, elle a une forte signification symbolique puisque le Royaume-Uni a accueilli le gouvernement polonais en exil durant la guerre. Pour Roosevelt, elle touche à l’électorat américain, car venant d’être réélu, il vient de faire des promesses à des millions d’américains d’origine polonaise. Mais Staline a mis en place un gouvernement polonais communiste, l’a installé à Lublin après la libération de l’Est de la Pologne l’a officiellement reconnu en juillet 1944 et lui a confié l’administration du territoire polonais derrière les lignes militaires soviétiques. Les Occidentaux refusent de reconnaître ce gouvernement car ils estiment qu’il y a un problème de représentativité. Pour pallier ce problème, on s’accorde à Yalta sur la mise en place « d’élections libres et sans contraintes ». Pourtant, Staline n’a pas la moindre intention de dissoudre le gouvernement de Lublin ni de se soumettre à de véritables élections libres, il réaménagera seulement l’équipe de Lublin en ajoutant quelques membres supplémentaires polonais.

La déclaration sur l'Europe libérée

Cette déclaration a été proposée par Roosevelt et montre généreusement les principes censés permettre l’établissement d’un « ordre mondial régi par le droit ». Il est dit dans cet article que dans chacun des pays libérés, des gouvernements provisoires seront constitués en ayant la forme et la politique que chacun de ces États souhaite. Il est aussi dit que des élections libres auront lieu dans chacun de ces pays. Cet article est une grande preuve de naïveté de la part de Roosevelt qui se félicite d’avoir donné une tonalité morale aux accords de Yalta. D’ailleurs, par cynisme ou lassitude, Staline approuve tout sans protester.

Cependant, cette déclaration sur l’Europe libérée ne mentionne pas une convention anodine sur la libération des prisonniers. Celle-ci n’apparaît ni dans le communiqué officiel ni dans le protocole des travaux. Elle prévoit que tous les prisonniers des allemands seront regroupés par nationalité et dirigés vers leur pays d’origine. En réalité de nombreux prisonniers russes ne souhaitent pas repartir en URSS, d'autant que le règlement de l'Armée Rouge assimile la capture par l'ennemi à une trahison. On évalue à deux millions le nombre de Soviétiques rapatriés contre leur gré et déportés au Goulag comme « traîtres ».

Conclusion


Churchill si crucificarea Romaniei

Dans le communiqué officiel du 11 février 1945, il n'est pas fait état des trois sièges concédés à l’URSS à l’assemblée générale de l’ONU, ni de l’évaluation des réparations allemandes, ni des avantages territoriaux reconnus à l’URSS en Asie. Ce communiqué produit donc une profonde impression sur la presse et dans les milieux parlementaires. Spontané ou organisé, aux États-Unis et en URSS l’enthousiasme est très manifeste. En Europe occidentale, la satisfaction est plus nuancée, les Britanniques évoquent le chaos allemand après Versailles comme un exemple à ne pas suivre. En France, bien que Charles de Gaulle ait souligné le manque de précision sur le cas polonais et parfaitement perçu la naïveté de la déclaration sur l’Europe libérée, la Conférence et ses conclusions sont globalement saluées, d'autant qu'elle admet la France parmi les « Quatre Grands » et lui fait de substantielles concessions par rapport au statut que les anglo-américains étaient initialement prêts à lui accorder.

Les résultats de Yalta sont approximatifs. Les anglo-américains obtiennent peu d'engagements concrets importants sur le futur européen en contre-partie de ce qu'ils offrent à Staline, celui-ci étant de plus décidé à exploiter au mieux sa position de force en Europe de l'est. Les trois chefs de gouvernement ou d’État n’ont négocié aucun point sur la question des déportés (les Soviétiques ont libéré Auschwitz le 27 janvier, mais rien n’est révélé avant début mai).

Contrairement à la légende, ce n'est pas à Yalta que s'est décidé le « partage de l'Europe » en « taux d'influence » mais à Moscou, le 9 octobre 1944. Contresigné par Churchill et Staline, cet accord prévoit les « taux d'influence » suivants, respectivement pour les Alliés occidentaux et pour l'URSS : Hongrie et Yougoslavie : 50-50%, Roumanie : 10%-90%, Bulgarie: 25%-75% et Grèce : 90%-10%, nonobstant le poids respectif des non-communistes et des communistes dans les mouvements de résistance et les opinions (par exemple, les communistes étaient très minoritaires en Roumanie et Bulgarie, mais majoritaires en Grèce à la tête du principal mouvement de résistance). Certains historiens ont estimé que l'influence de cet accord a été exagérée: par exemple, la Tchécoslovaquie, la Hongrie et la Yougoslavie ont vu les communistes y monopoliser le pouvoir, bien que les accords ne mentionnent pas la première et aient prévu une égalité d'influences dans les deux autres...

Cet accord avait été préparé au printemps 1943 lorsque Winston Churchill et Anthony Eden s'étaient rendus à Moscou pour conférer avec Joseph Staline et Viatcheslav Molotov.

Selon Churchill, ces accords n'avaient qu'une portée provisoire, le temps de la guerre. Il est cependant peu probable qu'il n'en avait pas perçu le risque, même s'il a sous-estimé la violence qui allait s'exercer sur les pays laissés aux Soviétiques. Son principal objectif était d'obtenir de Staline un renoncement à la Grèce, où la guerre civile grecque allait découler du choc entre la résistance grecque à majorité communiste et la volonté anglaise de maintenir la Grèce dans la sphère d'influence occidentale. L'établissement de la tutelle soviétique en Europe orientale allait se traduire par plusieurs décennies de dictature au sein du bloc de l'Est, tandis qu'en Grèce, les troubles et la dictature des colonels traduisaient la tutelle des anglo-américains.

Presque immédiatement après Yalta, Staline violait les accords. En Roumanie, les communistes noyautent les institutions, répriment les protestations de manière sanglante et imposent au roi de nommer un gouvernement communiste par le coup d'état du 6 mars 1945, alors que l'armée roumaine combat contre la Wehrmacht en Hongrie et Tchécoslovaquie. Le cas de la Bulgarie obéit aux mêmes règles. En Pologne, les Soviétiques favorisent les hommes politiques qu'ils ont placés, temporisent les discussions avec les alliés pour réprimer l'opposition, tendent des pièges aux membres de la résistance non communistes. Pendant tout ce temps, Roosevelt cherche à faire évoluer Staline en jouant la carte de l'apaisement.

La conférence suivante réunissant les trois alliés est celle de Potsdam d’août 1945, qui tente d’éclaircir certains points jugés trop flous à Yalta, mais l’Union Soviétique et les Alliés ont fait le lit de la guerre froide. L'accord stipulait aussi le renvoi en URSS de ceux qui avaient rejoint la Wehrmacht pour combattre le communisme, ainsi que de tous les prisonniers soviétiques : or être fait prisonnier au front était assimilé par le code militaire soviétique à une trahison, passible de la peine de mort (pour ceux qui s'étaient rendus) ou de la déportation au Goulag (pour ceux qui avaient été capturés).

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Sujet / Message Re: Traités, Pacte,accord,conférences et chartes

Message par Syfou le Mer 25 Aoû - 0:42

Les accords de Yalta
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Sujet / Message Re: Traités, Pacte,accord,conférences et chartes

Message par Syfou le Mar 7 Sep - 22:26

Accords d'Oslo:conflit israélo-palestinien

Les Accords d'Oslo[1] sont le résultat d'un ensemble de discussions menées en secret, en parallèle de celles publiques consécutives à la Conférence de Madrid de 1991, entre des négociateurs israéliens et palestiniens à Oslo en Norvège, pour poser les premières pierres à une résolution du conflit israélo-palestinien.

La Déclaration de principes, signée à Washington le 13 septembre 1993 en présence de Yitzhak Rabin, Premier ministre israélien, de Yasser Arafat, Président du comité exécutif de l'OLP et de Bill Clinton, Président des États-Unis, instaure un mode de négociations pour régler le problème et pose une base pour une autonomie palestinienne temporaire de 5 ans pour progresser vers la paix. La vive poignée de main entre Yasser Arafat et Yitzhak Rabin derrière la Maison Blanche et devant le Président Bill Clinton suite à la signature des accords de Washington fait renaître l'espoir de l'établissement d'une paix durable entre les deux entités proche-orientales.

Le processus d'Oslo est complété le 4 mai 1994, de l'Accord de Jéricho-Gaza qui investit la nouvelle Autorité Nationale Palestinienne de pouvoirs limités. Enfin, l'accord intérimaire sur la Cisjordanie et la Bande de Gaza ou "Accord de Taba", qui est signé à Washington le 28 septembre 1995, prévoit les premières élections du Conseil Législatif Palestinien et implique un découpage négocié des territoires palestiniens en zones où les contrôles israélien et palestinien s'appliquent de façon différente, dans l'attente de l'aboutissement des négociations toujours en cours.

Cette tentative de processus de paix israélo-palestinien, largement soutenue par la communauté internationale, sera mise en difficulté entre 1996 et 1999 suite au durcissement des positions de part et d'autre lorsque seront abordés les thèmes cruciaux du statut de Jérusalem, du problème des réfugiés palestiniens, de la lutte contre le terrorisme. Les positions les plus extrêmes s'expriment dans les années qui suivent, lors de l'assassinat de Yitzhak Rabin en 1995 par un étudiant israélien d'extrême-droite, et dans la multiplication des attentats menés par les mouvements palestiniens Hamas et Jihad islamique. Le processus d'Oslo ne pourra plus être relancé après 2000, au déclenchement de la seconde Intifada.

Contexte historique

La violence de la Première Intifada, déclenchée en 1987 et qui se poursuit par le biais d'attaques palestiniennes organisées contre les civils et les militaires israéliens, a mis sur le devant de la scène internationale les revendications palestiniennes mais laisse la résolution du conflit dans une impasse.

D'autre part, la guerre du Golfe, au cours de laquelle Israël a été bombardé de missiles Scud sans répondre à ces provocations irakiennes, prend fin en 1991 et les États-Unis envisagent alors l'ouverture de négociations multilatérales pour régler l'ensemble des problèmes du Proche-Orient et du Moyen-Orient. George Bush demande à son Secrétaire d'État, James Baker, d'ouvrir ces négociations. Elles se déroulent à Madrid et à Washington mais piétinent En 1992, le gouvernement Shamir issu du Likoud perd les élections législatives israéliennes et Yitzhak Rabin, du parti travailliste, devient Premier Ministre. Parallèlement aux négociations de Madrid, il négocie avec l'OLP par l'entremise de la Norvège.

Ces discussions secrètes aboutissent à l'accord sur les régions de Jéricho et de Gaza. Les États-Unis rattrapent le mouvement en organisant la signature du traité.

Termes de l'accord

Cet accord entre en vigueur le 13 octobre 1993, soit un mois après la signature. Il est composé de trois éléments :

1.une déclaration générale de principe sur l'autogouvernement (self-government) des deux régions de la bande de Gaza et de Jéricho (puis étendu à d'autres villes de Cisjordanie) ;
2.quatre annexes ;
3.des minutes explicatives.
L'auto-gouvernement sur ces deux régions se fera par le biais d'une autorité intérimaire palestinienne et d'un Conseil élu (avant le 13 juillet 1994), et ce pour 5 ans.

Au 13 décembre au plus tard, un comité israélo-palestinien se réunira pour déterminer les conditions et les dates de retrait des troupes israéliennes dans ces deux régions. C'est en avril 1994 au plus tard, que ce retrait devra être opéré.
Un passage sera prévu entre les deux zones. Mais les routes de Jéricho et de la bande de Gaza pourront être librement empruntés par les civils et les militaires israéliens. La santé, l'éducation, les affaires sociales, la taxation, le tourisme et la culture seront transférés aux Palestiniens.

Le Conseil, qui sera élu, aura pouvoir sur toute la bande de Gaza et sur la Cisjordanie sauf en ce qui concerne les colonies juives, les emplacements militaires, les Israéliens et Jérusalem.

Au bout de trois ans au plus tard, commenceront les négociations sur le statut final où seront abordées les questions des réfugiés palestiniens, de Jérusalem, des implantations israéliennes et les problèmes de sécurité d'Israël.

Il est également prévu une coopération israélo-palestinienne dans les domaines économiques, surtout ceux concernant le partage de l'eau.
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Sujet / Message Re: Traités, Pacte,accord,conférences et chartes

Message par Syfou le Mer 1 Fév - 13:43

Ou il y a les anglais ya de la merde , l'hypocrisie et pire que çà LA TRAHISON Arrow

Conflit israélo-palestinien :Le fiasco d'Amman



Il semble bien que les discussions sous modération jordanienne entre les négociateurs sionistes et palestiniens à Amman ne mènent nulle part. Certains observateurs soutiennent qu'elles étaient vouées à l'échec depuis le début parce que le régime israélien d'apartheid continue de refuser le gel de l'expansion coloniale. Les rencontres, qualifiées d'"exploratoires" par certains responsables de l'Autorité palestinienne, n'ont jamais eu la moindre chance de succès, étant donné le refus obstiné et têtu d'Israël de mettre fin à son occupation militaire de la Cisjordanie, de la Bande de Gaza et de Jérusalem Est, ainsi que de permettre le rapatriement, dans leurs domiciles et leurs villages dans ce qu'on appelle aujourd'hui "Israël", des millions de Palestiniens déracinés.

C'est le minimum des exigences palestiniennes les plus élémentaires qui doivent être remplies si un accord de paix est un jour conclu.

Il est cependant évident que les soi-disant pourparlers de paix se tiennent non pas dans le but de parvenir à une paix véritable, mais plutôt pour maintenir occupés à quelque chose les deux côtés, et aussi pour satisfaire les exigences du Quartet qui aimerait avoir l'impression, même fausse et malhonnête, que quelque chose bouge et que le train de la paix n'est pas désespérément coincé dans la gare.

C'est ce que disent les négociateurs palestiniens, éternellement et à juste titre frustrés, à savoir qu'Israël, qui n'a jamais cessé de voler la terre palestinienne et de démolir les maisons des Palestiniens, ne cherche pas réellement un accord de paix digne mais essaie plutôt de liquider la cause palestinienne.

Et c'est le message qu'a envoyé Yitzhak Molcho, représentant en chef sioniste aux discussions, aux Palestiniens, quand il leur a fait part de la vision israélienne d'un "compromis" territorial final en Cisjordanie . Des sources palestiniennes ont dit que les idées de Molcho étaient inacceptables. Cependant, le seul fait que des représentants de l'AP, des gens comme Sa'eb Erekat, soient prêts à écouter Molcho peut suggérer une certaine volonté de la part de l'AP d'abandonner l'exigence centrale de se retirer du dernier centimètre de Cisjordanie . Le retrait de toute la Cisjordanie et de Jérusalem Est a toujours été une constante palestinienne qui jouit d'un large consensus national.

Selon Molcho, Israël garderait et annexerait toutes les colonies juives et les avant-postes colonialistes établis depuis 1967. Quant à Jérusalem Est occupée, la ville ferait partie de la capitale "éternelle et indivisible" d'Israël. Cependant, si les Palestiniens faisaient preuve d'un peu de "bonne volonté", Israël, dans sa grande bonté, permettrait aux Arabes et les Musulmans un accès limité aux lieux saints musulmans du Haram el-Sharif de Jérusalem.

C'est grosso modo l'essentiel de la position israélienne et il est hautement improbable que le gouvernement Netanyahu, qui est de loin le plus fasciste et le plus opposé à la paix qu'a jamais eu l'entité sioniste, fasse des "concessions" sérieuses qui pourraient donner à l'AP et aux chasseurs de mirage arabes désespérés, comme le Roi de Jordanie ou les membres du Quartet, un minimum d'espoir de conclure un accord.

Les Israéliens savent que le Quartet n'est pas en position de faire pression sur Israël pour qu'il fasse de vraies concessions pour la paix. De plus, l'administration des US(a) est entrée dans une année électorale au cours de laquelle les candidats à la présidentielle sont obligés de choisir entre deux choix peu attirants concernant Israël : soit ils se transforment délibérément en véritables prostituées politiques qui doivent satisfaire les désirs et les caprices d'Israël, soit ils se suicident d'un point de vue politique.

Un exemple de cette dépravation politique est arrivé récemment, lorsque le candidat républicain Newt Gingrich a qualifié les Palestiniens de "peuple inventé". Le candidat à la présidentielle désespérément ignorant a oublié que comparé au peuple palestinien, le peuple des États-Unis (à l'exception des indigènes) est bien plus qu'inventé puisque la plupart des Étasuniens sont des immigrants venus des quatre coins du monde.

Le rival de Gingrich, Mitt Romney, devrait également s'adonner à une diarrhée verbale similaire pour plaire à Israël et aux cercles pro-israéliens puissants et riches des États-Unis.

La même chose s'applique à Barack Obama, qui ne manque jamais une occasion d'encenser Israël, un État qui mérite d'être traité de crime contre l'humanité pour la douleur extrême et l'oppression monumentale qu'il a infligées et inflige à un peuple sans défense, dont le seul crime est de ne pas faire partie de la sainte tribu, la "race supérieure", autrement dit le peuple élu.

Il est donc vain d'espérer que l'administration américaine traite un jour les Palestiniens avec un semblant de justice. La culture politique des États-Unis est simplement trop machiavélique pour produire des présidents guidés par des principes moraux, qui prendraient le train de la moralité plutôt que celui de l'opportunisme.

Quant à l'Union européenne, il est évident que le maximum qu'elle peut faire ne serait pas encore suffisant pour obliger Israël à accéder aux exigences internationales ou tenir compte du droit international. Cela signifie que l'Union européenne ne peut que jouer un rôle complémentaire au rôle américain. En outre, certains États européens comme l'Allemagne sont toujours accablés et paralysés par l'héritage de l'holocauste et ne peuvent pas réellement adopter, vis-à-vis du régime sioniste, une politique sérieuse qui pourrait conduire à une paix véritable.

Le rôle joué par les Russes au sein du Quartet est lui aussi secondaire et symbolique, malgré la rhétorique pro-palestinienne que nous continuons d'entendre de la part des diplomates russes parlant l'Arabe et qui apparaissent sur les écrans des chaines de télévision arabes et russes.

En clair, il est vraiment difficile de penser à une quelconque chance raisonnable d'un authentique accord de paix qui répondrait au minimum des aspirations palestiniennes et qui obtiendrait l'agrément d'une majorité de Palestiniens, au pays ou en diaspora.

Au lieu de cela, on assiste à un travail israélien concerté et acharné pour imposer aux Palestiniens des faits accomplis. Selon ces faits accomplis, qu'Israël cherche à perfectionner en bâtissant toujours plus de colonies et en développant celles qui existent, tout éventuel État palestinien ne couvrirait que des morceaux du territoire occupé, mais pas sa totalité, avec la plus grande partie de Jérusalem Est restant sous occupation.

Quant au droit au retour, il est probable que les deux côtés seront d'accord pour être en désaccord sur cette question primordiale, mais il reste à voir si ce dossier épineux entravera un éventuel accord partiel.

A l'évidence, les Palestiniens n'ont pas beaucoup d'alternatives à partir desquelles faire un choix.

Il est cependant vital que la direction et les dirigeants palestiniens ne sacrifient pas les constantes nationales palestiniennes pour des faveurs et un soutien financier des Américains et des Européens.

En dernière analyse, la direction de l'AP devrait être capable de "jeter les clés" et d'abandonner l'objectif de construire un État. Je dis ceci parce qu'édifier un État en soi n'a jamais été un objectif primordial ou central.

Bien sûr, dans les diverses phases de leur lutte, les Palestiniens ont toujours voulu libérer leur terre usurpée des griffes illégitimes du sionisme international. Mais la dernière chose qu'accepteraient les Palestiniens, au pays ou en exil, ce serait d'établir un État sur une petite partie de leur patrie ancestrale, en échange de la liquidation de leur cause et de la décapitation de leurs droits historiques, dont le droit au retour.

Par Khaled Amayreh
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Sujet / Message Re: Traités, Pacte,accord,conférences et chartes

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