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La conquête de l'algérie

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Sujet / Message La conquête de l'algérie

Message par Sphinx le Mer 28 Jan - 18:17

Rappel du premier message :

Les causes de la conquête de l'Algérie, le 5 juillet 1830

« Tandis que l'Europe se coalise contre la France libre, une puissance africaine (Alger), plus loyale et fidèle, reconnaît la république et lui jure amitié. »

Le Moniteur de juin 1793

Cette relation d'amitié a été entretenue pendant toute la période scabreuse qu'a vécue la France. Car du 25 mars au 26 septembre 1793, l'Europe se coalisait dans son ensemble contre elle. Son territoire a été envahi sur plusieurs points et son armée manquait cruellement de subsistance. Par ailleurs, le premier Directoire qui a succédé à la Convention, deux ans plus tard, n'a pas ramené la paix. Situation par ailleurs qui ne dépendait pas de sa seule volonté. La coalition, de son côté, n'a pas non plus affiché une quelconque volonté eu égard aux buts qu'elle s'était fixés. Il s'agissait, dans un premier temps, de sauver la civilisation européenne menacée par la Révolution française et, dans le second temps, de contraindre la France à renoncer à sa propagande. Pour y parvenir à cette fin, les Anglais avaient contribué activement au blocus afin que le peuple et l'armée français aient à manquer de tout. En plus du blocus, en 1793, la France était confrontée à une calamité: la disette dans plusieurs départements. Cette dernière avait rendu la situation intenable étant conjuguée aux attaques de la coalition, si l'on croit Georges Lefebvre, auteur de Révolution française: «La débâcle fut si brusque que la vie économique semble comme suspendue; les salaires, naturellement, ne purent suivre la hausse des prix et le resserrement du marché, par la réduction du pouvoir d'achat, alla jusqu'à provoquer l'arrêt de la production: les mines de Littry, par exemple, suspendirent l'exploitation.» Quant aux commerçants, ils ont simplement suspendu leur activité suite aux décisions du gouvernement de pratiquer «l'assignat», c'est-à-dire papier-monnaie dont la valeur était assignée sur les biens nationaux.

Cependant, la bouffée d'oxygène venait de l'alliée, la Régence d'Alger. En effet, le dey avait proposé au gouvernement français, pour l'achat du blé algérien, de lui prêter l'équivalent d'un million, sans intérêts. La maison qui s'était occupée de la vente appartenait à Bacri et Busnach. Ces juifs livournais établis à Alger détenaient, à eux seuls, la totalité ou peu s'en faut du commerce de la Régence. Ainsi, pendant sept ans, la maison Bacri-Busnach avait pourvu en céréales le Midi de la France et les armées engagées dans les campagnes d'Italie et d'Egypte. Toutefois, lorsque le premier Empire a succédé au second Directoire, les 9 et 1O novembre 1799 correspondant aux 18 et 19 brumaire an VIII, Napoléon n'avait pas, comme ceux qui l'avaient précédé, l'intention de rembourser la dette. Pire encore, c'était le début de la détérioration des relations entre les deux Etats. Bien qu'elle ait été sous l'autorité ottomane, la Régence répondait aux critères d'un Etat souverain, selon Benjamin Stora, auteur de «Histoire de l'Algérie coloniale». Thèse qu'il corrobore en écrivant: «souveraineté reconnue par la plupart des Etats européens et les Etats-Unis, qui avaient accrédité auprès du dey des agents diplomatiques permanents.»

Une décennie après le coup d'Etat perpétré par Napoléon, ce dernier a songé réellement conquérir l'Algérie. Le prétexte avancé était l'achat des comptoirs français par des Anglais, dans la région bônoise (actuelle Annaba), en avril 1808. Perçue comme une humiliation, cette affaire a failli déboucher, plus tôt que prévu, sur la colonisation de l'Algérie. Pour se venger, Napoléon a chargé son ministre de la Marine, dans son discours du 18 avril 1808, de préparer une expédition contre Alger. Henri Noguerès, auteur d'«Expédition d'Alger 1830» rapporte l'instruction de l'empereur: «Monsieur Decrès, méditez l'expédition d'Alger, tant sur le point de vue de mer que sous celui de la terre.» Suite à cette injonction, le ministre a aussitôt désigné Vincent-Yves Boutin, marin de profession. Le 9 mai, celui-ci s'embarquait sur le Requin, direction Alger, pour tâter le terrain. Dans un rapport envoyé à l'empereur, Boutin décrivait précisément l'itinéraire et la période propice pour une éventuelle expédition. Il notait en guise de plan, l'endroit où l'armée française devait opérer: «Reste donc l'espace entre Cap Caxime, Sidi Ferruch et au-dessus et c'est vraiment là qu'il faut opérer.» Les différentes guerres sous le premier Empire ont rendu cette entreprise irréalisable. En juin 1815, la bataille de Waterloo a mis un terme aux visions expansionnistes de Napoléon.

Le gouvernement de la Restauration a pris la suite de l'Empire. Bien que l'ordre et la paix soient retrouvés, Louis XVIII n'a guère manifesté de velléité en vue de régler la dette contractée 22 ans plus tôt. Quatre ans après l'intronisation de Charles X, d'après l'historien Olivier Le Cour Grandmaison: «La commission française, réunie en 1819, fit subir de sérieuses réductions aux factures de Bacri, en suite desquelles ce qui reste dû est fixé définitivement, d'accord avec Bacri et le dey, à une somme globale de 7 millions.» En outre, l'accord stipulait que, sur les 7 millions, on ôtait les sommes dues par Bacri à ses créanciers. Aubaine pour les créanciers de gonfler leurs factures. Du coup, la justice a été saisie pour déterminer la véracité des éléments présentés par chaque partie. En 1827, les tribunaux n'ont pas encore rendu leur verdict. Excédé par l'attente interminable, le dey Hussein a envoyé quatre lettres au roi des Français, Charles X. Selon Charles Robert Ageron: «C'est de ce contentieux qu'eut à débattre, avec le dey Hussein, Pierre Duval, consul général de France, mis en poste à Alger par Talleyrand, en dépit (ou en raison) de ses intrigues. Le 27 avril 1827, cet affairiste douteux est frappé d'un coup d'éventail par Hussein, puisqu'on en fera la cause première de l'expédition d'Alger.»

Par ailleurs, dès la fin de l'année 1827, le ministre de la Guerre, le comte Clermont-Tonnerre, a exposé au roi les bénéfices à tirer en occupant la Régence. Pour lui, une intervention militaire réussie «ferait une utile diversion à la fermentation politique de l'intérieur», note Ch. R. Ageron. En effet, le conflit intérieur pouvait, à tout moment, déboucher sur une guerre civile. Et le risque était maximal lorsque le roi Charles X a désigné le prince de Polignac pour diriger le gouvernement ultra. Parmi les buts fixés par De Polignac, il y avait l'obsession de renouer avec l'époque napoléonienne. Pour atteindre son objectif, De Polignac a misé, selon Benjamin Stora, sur «la recherche d'une brillante victoire extérieure, mais aussi le souci de juguler l'opposition intérieure en vue du rétablissement de la monarchie absolue dont rêvait Charles X.» En fait, tant que l'opposition intérieure ne menaçait pas directement le trône, Charles X n'avait pas intérêt à offrir aux libéraux une occasion de se manifester. Et en 1830, la confrontation frontale avec ces derniers était inéluctable. La raison est décrite par Ageron: «Le pays régal (90.000 électeurs sur 32 millions a envoyé en 1827, à la chambre des députés, une majorité (221 députés) qui refuse d'accorder sa confiance au ministère Polignac, ce qui aboutit à l'épreuve de force entre partisans de la monarchie parlementaire et ceux de la royauté de droit divin, emmenés par Charles X.»

Dans ces conditions, la conquête de la Régence constituait l'unique solution, pour le roi, pour maintenir la cohésion nationale. Charles X a présenté la conquête, dans son discours du 2 mars 1830, comme une décision visant à venger l'honneur de la nation tout entière. D'ailleurs, cette conquête a été présentée comme une expédition punitive. Et l'accent mis sur la nature de cette dernière classait de fait les Algériens dans le camp des méchants. Quant à la mission de civilisation et du combat contre la piraterie, ils n'étaient qu'une politique sournoise visant une seule finalité: vendre le projet de la conquête. Mais, pour que la première réussisse, ne fallait-il pas s'assurer d'emblée que les personnes envoyées soient plus civilisées que les autochtones ? Pour l'auteur des mythes fondateurs de l'Algérie française, Jean-François Guillaume, les personnes envoyées en Algérie n'étaient pas plus civilisées que les Algériens. Il ajoute: «Il ne faut pas croire qu'il y avait une grande distance au point de vue de la civilisation entre les paysans et les ouvriers français, qui ont formé la presque totalité des colons officiels à l'époque de la conquête, et les paysans arabes. La France tenait la tête en Europe par l'éclat des sciences, des lettres et des arts, mais cette magnifique culture était réservée aux hautes classes de la société.» Concernant la lutte contre le repaire de la piraterie, plusieurs historiens s'accordent à dire que cette activité, en 1830, était quasiment inexistante. Pour cause, une mission militaire anglaise avait endommagé la flotte du dey en 1812. Et depuis, le contrôle des mers était dominé par les Européens afin que le commerce triangulaire, appelée aussi la traite atlantique, puisse être davantage florissant. En effet, cette activité a connu son âge d'or au début du XIXe siècle. Celle-ci consistait à fournir les esclaves africains aux colonies américaines en échange des produits récoltés par les colons. Au XIXe siècle, les prix des esclaves ont atteint leur apogée. Hugh Thomas, dans la traite des Noirs, dresse un tableau exhaustif des prix pratiqués. En Sénégambie, par exemple, en 1440, un cheval valait de 25 à 30 esclaves. En 1847, à Lagos, le coût d'un captif était de 480 f et en 1851, le prix des esclaves du Mozambique était, selon le même auteur, d'environ 3 à 5 dollars. Depuis la quasi-disparition de la flotte du dey, les ports français n'arrêtaient pas de faire des va-et-vient pour chercher des esclaves, selon Raymond-Marin, auteur du commerce triangulaire colonial. Il note en guise de récapitulatif que: «De 1814 à 1849, ils [les ports français] envoyèrent 717 navires chercher des Noirs.»

Pour conclure, on peut dire que l'addition des éléments cités précédemment a suscité une course effrénée des Européens pour le contrôle de la Méditerranée. La France a réussi à s'emparer du pays en devançant les autres concurrents. Pire encore, la signature de l'acte de reddition, le 5 juillet 1830, a constitué une épreuve terrible pour le peuple. Car la violence qui a accompagné la pacification a failli l'anéantir totalement. Pendant 41 ans qu'a duré cette période, la démographie a connu une chute vertigineuse, passant d'environ 3 millions en 1830 à 2.15O.000 habitants en 1871. Période que résume si bien Robert Louzon: «Quarante ans de combats, de meurtres et de pillage, quarante ans pendant lesquels, à chaque moment, telle région qu'on avait hier pacifiée se soulevait à nouveau et devait être pacifiée à nouveau, à coups de razzia et de massacres.» En somme, tel était l'acte fondateur de l'Algérie française.

Source : http://www.lequotidien-oran.com

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Sujet / Message Re: La conquête de l'algérie

Message par Sphinx le Lun 24 Mai - 5:43

Pour eux comme pour le fils du Sévillan ou du Napolitain ( Italiens et Espagnols s'assimilaient généralement très vite. Sauf dans les milieux où, vraiment, ils prédominaient par trop, les fils d'Espagnols ou Italiens immigrés ne savent déjà plus parler la langue de leurs pères ;

c'est la cas à Alger.) , la « patrie » c'est l'Algérie. Patrie à laquelle ils se sentent étroitement attachés, patrie dont ils sont fiers, patrie dont le développement les passionne.

Ils ne constituent pas seulement un peuple ; vivant dans un même milieu, soumis aux mêmes conditions pour gagner leur vie, ils deviennent une race. Même langage (non seulement les mots mais l'accent), les mêmes gestes, même mentalité. Mentalité des peuples neufs, des peuples de « conquistadors » :

énergie, audace, brutalité. Ils aiment à se comparer aux Américains ; ils ont raison. Comme ceux-ci, ils ont eu à lutter contre des indigènes valeureux et contre une âpre nature, cela leur a forgé, toutes proportions gardées, une mentalité analogue.

On comprend qu'un tel peuple ait le goût de l'indépendance.

Il l'a montré avec une certaine vigueur, il y a trente ans. On a prétendu (Gautier, L'Algérie et la métropole.) que le grand mouvement antisémite des années 1900 n'exprimait en réalité que le désir de se libérer de la métropole. Tuer du juif n'avait pour but que narguer le gouvernement de France. C'est probable. En tous cas, un fait est certain : l'agitation antisémite disparut dès le jour, non point où il fut pris des mesures contre les juifs, il n'en fut pris aucune, mais le jour où l'Algérie fut dotée de l'autonomie financière. Depuis 1900, un corps élu par les Algériens, les délégations financières, est maître du budget de l'Algérie ; c'est lui qui vote souverainement les impôts et règle les dépenses.

L'indépendance financière, qui est pour toute bourgeoisie la forme essentielle de l'indépendance, a jusqu'à ce jour suffi aux algériens. D'autant plus que leur union avec la métropole n'est pas sans avantages pour eux ; son principal avantage fut que les Algériens purent jusqu'à présent faire entrer en France leur blé et leur vin sans payer de droits de douane ; un autre est la présence de l'armée française qui tient en respect, sans que les Algériens aient à s'en occuper, Arabes et Kabyles. Mais le jour où certains de ces avantages leur seraient retirés, le terrain serait prêt pour une action séparatiste .

( Dès maintenant, l'Algérie joue de cette menace, avec beaucoup de doigté d'ailleurs, mais très nettement néanmoins, dans sa lutte contre le Midi. A peine était-il, pour la première fois, question de « contingentement » que le député d'Alger, Laquière, introduisait dans un article de la Presse libre du 16 février 1930, intitulé « la question du vin, un grave danger », cette phrase savamment suggestive :

« Toute les difficultés qui ne manqueront pas de naître, pourraient créer, entre la Métropole et l'Algérie, des sentiments qui n'ont jamais existé. » Deux mois plus tard, dans un immense meeting, tenu au stade d'Oran, pour protester contre la décision d'une Commission interministérielle en faveur du contingentement, l'un des députés du département d'Oran, terminait ainsi son discours :

« M. Brière termine dans une magnifique péroraison où il évoque que l'indépendance américaine est née de tout ce que l'Angleterre voulait imposer à ses coloniaux. » (Presse libre, 23 mars 1930) Enfin, quelques jours après, à l'Assemblée générale de la Confédération Générale des Vignerons d'Algérie, le représentant de l'Oranie, M. Sicard, s'écriait : « De telles prétentions menacent l'unité nationale. » (Vifs applaudissements) (Presse libre, 27 mars 1930). On ne saurait mieux manier la menace sous condition.) )

Cette tendance au séparatisme de la population européenne fait que le mot d'ordre d'« indépendance de l'Algérie » lancé par le Parti Communiste ne trouve aucun écho auprès des indigènes algériens, ceux-ci ayant, au contraire, tendance à chercher dans la métropole un appui contre leurs maîtres directs, les « Algériens ».

LES COLONISES


En face de la précarité de l'installation européenne : la solidité de l'indigène.

Permanence de la population

Malgré tout, malgré la dissociation sociale apportée par le contact avec une société toute différente, malgré l'apport par l'Européen de maladies comme la tuberculose, contre lesquelles les indigènes n'étaient pas immunisés puisqu'ils en étaient jusque-là indemnes, et qui, de ce fait, font chez eux des ravages considérables, malgré l'alcool et l'entassement dans les taudis des villes, choses que pareillement ils ignoraient, les indigènes, ( Dès maintenant, l'Algérie joue de cette menace, avec beaucoup de doigté d'ailleurs, mais très nettement néanmoins, dans sa lutte contre le Midi. A peine était-il, pour la première fois, question de « contingentement » que le député d'Alger, Laquière, introduisait dans un article de la Presse libre du 16 février 1930, intitulé « la question du vin, un grave danger », cette phrase savamment suggestive :

« Toute les difficultés qui ne manqueront pas de naître, pourraient créer, entre la Métropole et l'Algérie, des sentiments qui n'ont jamais existé. » Deux mois plus tard, dans un immense meeting, tenu au stade d'Oran, pour protester contre la décision d'une Commission interministérielle en faveur du contingentement, l'un des députés du département d'Oran, terminait ainsi son discours :

« M. Brière termine dans une magnifique péroraison où il évoque que l'indépendance américaine est née de tout ce que l'Angleterre voulait imposer à ses coloniaux. » (Presse libre, 23 mars 1930) Enfin, quelques jours après, à l'Assemblée générale de la Confédération Générale des Vignerons d'Algérie, le représentant de l'Oranie, M. Sicard, s'écriait : « De telles prétentions menacent l'unité nationale. » (Vifs applaudissements) (Presse libre, 27 mars 1930). On ne saurait mieux manier la menace sous condition.)

non seulement se maintiennent, mais même tendent à s'accroître.

Il faut se méfier des statistiques officielles, en Algérie plus qu'ailleurs. Cependant, malgré le désir de l'Administration de montrer un accroissement de la population indigène comme preuve des « bienfaits » de la colonisation française, malgré que plus les recensements sont récents, plus ils sont complets, l'accroissement de 85 % de la population indigène que donnent les statistiques entre le premier et le dernier recensement, celui de 1856 et celui de 1926 (4) ne semble pas compatible avec celui d'une régression.

C'est ce que confirme, d'ailleurs, l'impression directe. L'extraordinaire résistance que présente l'indigène au froid, au chaud, à la faim, à l'infection, aux maladies auxquelles il est accoutumé, comme la syphilis qui, chez lui, ne produit pas certains des graves accidents ( Le tabès, par exemple.) auxquels elle aboutit chez l'Européen. Tout cela s'ajoutant à sa grande fécondité, fait que, là au moins où la promiscuité des grandes villes ne le livre pas entièrement à la tuberculose et à l'alcool ( Dans la ville d'Alger, la mortalité était, en 1925 (dernière année dont la statistique a été publiée), de 37 pour mille chez les indigènes, contre 16 pour mille chez les Français.), l'indigène tient, et

- peut-être même progresse. Cinq millions d'indigènes, Arabes ou Kabyles, se maintiennent contre 800 000 Européens.

le cas généralL'indigène tient comme nombre ; il tient aussi économiquement et « idéologiquement ». De même que, malgré la tuberculose et l'alcool, la population indigène ne décroît pas, de même, malgré la présence de l'économie capitaliste et de l'idéologie européenne, l'économie des indigènes résiste victorieusement, et - son idéologie se maintient, imperturbable.

i Permanence de l'économie

Nous l'avons déjà dit : il y a, en Algérie, deux grands modes d'économie indigène ; l'un a son type fournit par la Kabylie,

l'autre par les Hauts Plateaux.

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Sujet / Message Re: La conquête de l'algérie

Message par Sphinx le Lun 24 Mai - 6:37

Sur la montagne, plus ou moins arrosée, plus ou moins irriguée, c'est le verger : l'économie indigène y est basée sur la culture du figuier et de l'olivier. Dans la plaine steppique, c'est l'élevage ; l'indigène y vit, avant tout, du mouton.

Chacune de ces deux économies a victorieusement résisté à l'intrusion européenne.

Le village kabyle n'a pas bougé, ni la maison, ni le champ. Il est d'ailleurs impossible actuellement pour un Européen d'acquérir des terres en Kabylie, voire même des maisons dans le chef-lieu administratif de la Kabylie, Tizi-Ouzou.

Pour le mouton, la situation est analogue.

Les énormes troupeaux qui nomadisent du Sahara au Tell sont entièrement restés en possession de l'indigène et sous sa direction. Il y a bien quelques Européens, des fonctionnaires du bled, par exemple, qui trafiquent dans le mouton, mais c'est de compte et demi avec l'indigène ; ils achètent quelques moutons et les confient à un indigène qui les gère en même temps que son troupeau ; l'Européen n'intervient que comme commanditaire :

c'est l'indigène qui garde la direction du troupeau ; il l'élève à sa manière, que celui-ci appartienne à l'Européen ou à lui-même. C'est l'Européen qui s'intègre dans l'économie indigène et non l'indigène qui s'intègre dans l'économie européenne.

Permanence des idées

Permanence de l'économie, — donc permanence des m½urs et des idées. Le droit kabyle, ses « kanouns », sont encore en pleine vigueur. C'est le Conseil des Anciens, la « djemaa » qui continue à gouverner le village, et ses arrêts à l'encontre de qui a fauté contre l'« honneur », continuent à être exécutés, — même si leur exécution constitue, pour le droit français, un crime, et que leurs auteurs risquent, pour le moins, les travaux forcés, s'ils sont pris... mais ils ne sont généralement pas pris.

L'Arabe des plateaux continue, de son côté, à vivre en tribu. L'un et l'autre, Kabyle et Arabe sont des hommes de la misère, ces hommes de pays pauvres, très pauvres. Dès lors, dépourvus de besoins, n'ayant aucun goût pour le confort, vivant sous la tente ou dans des maisons misérables, couchant à même le sol, tout au plus sur une natte, dépourvus ordinairement de ce vice du travail pour le travail, si caractéristique de l'Européen moderne, ne dépensant que pour le luxe, ils n'ont rien du bourgeois, ce sont des aristocrates. Entourés de tous côtés par la civilisation industrielle mais non pénétrés par elle, ils gardent intactes les qualités du montagnard et du pasteur.

Cette résistance dans les idées se manifeste, sous une forme particulièrement apparente, dans la résistance de la religion.

L'Islam est inviolé.

Certes rares sont ceux qui observent toutes les prescriptions de la loi coranique ; plus rares encore sont ceux, surtout chez les Kabyles, qui ne mêlent pas à la grande religion monothéiste du désert, de nombreuses croyances païennes. Mais tous, Arabes et Kabyles, continuent à affirmer unanimement leur foi par deux signes : d'une part par cette affirmation publique et quotidienne qu'est le port de la chéchia, d'autre part, par la pratique du jeûne durant le rhamadan.

Pour les peuples de la plaine steppique et de l'âpre montagne, si faibles l'une et l'autre en ressources alimentaires, l'entraînement à la faim, quand ces peuples veulent continuer à vivre, est presque une nécessité ; une frugalité extrême dans le boire et dans le manger doit devenir pour eux une seconde nature ; il faut être capable de parcourir de grands espaces avec simplement le secours d'une galette d'orge ou de quelques dattes ; pire, il faut, les années de disette, pouvoir vivre une année entière sur des fonds de silos. Or, la frugalité ne vient pas d'elle-même : elle ne s'acquiert et ne se maintient que par entraînement. Le rhamadan qui, pendant toute une lune oblige chaque année, tout adulte, homme ou femme, quelque soit le froid ou la chaleur, à rester sans manger et sans boire depuis le lever jusqu'au coucher du soleil, est un prodigieux entraînement à la faim et à la soif. Un peuple qui pratique obstinément le rhamadan est un peuple qui ne veut pas mourir.

Le cas particulier

Telle est, dans son ensemble, la masse de la population indigène. Mais il est une exception.

De même que, tout en échouant dans son ensemble, la colonisation française a réussi dans les plaines sublittorales, de même, tout en n'étant pas modifiée dans son ensemble, la population indigène commence à l'être dans l'un de ses éléments.

Il existe maintenant un prolétariat indigène.

Ces grandes fermes des plaines à vin, à orangers et à cultures maraîchères, ont besoin d'une main-d'½uvre importante ( Dans la plaine de la Mitidja, près de 60 % de la population agricole se compose de salariés.), qu'elles ne trouvent pas sur place. La plupart de leurs ouvriers viennent d'autres régions et sont installés sur la propriété du patron en des sortes de cités ouvrières, de gourbis. Ce sont des déracinés.

Certes beaucoup d'entre eux ont conservé des liens étroits avec leur lieu d'origine, qu'ils n'ont généralement point quitté sans esprit de retour. Cependant, ce sont bien déjà de véritables prolétaires. Il suffit de traverser, le dimanche, un village du littoral d'Alger ou de la Mitidja, pour être frappé du caractère de la foule indigène qui baguenaude sur les places. Ils ont beau être la plupart recouverts du burnous, et tous coiffés de la chéchia, ces ouvriers ne donnent pas du tout l'impression de la foule arabe habituelle, de celle qui se presse dans les centres arabes aux jours de marché ; cette foule a au contraire tout à fait l'allure de celle des cités industrielles de France, le dimanche.

Dans les villes il y a aussi un prolétariat indigène. L'indigène algérien n'est pas encore accoutumé à la ville : il y meurt comme les mouches, mais les apports continuels que fait la campagne à la ville sont si considérables qu'ils compensent, et bien au delà, les pertes dues à la mortalité. A Alger, non seulement la population indigène augmente, mais, malgré sa mortalité double de celle des Européens, elle croît plus vite que la population européenne ; en vingt ans, de 1906 à 1926, elle a augmenté de 58 % alors que la population européenne n'augmente que de 34 %.

Ce constant apport d'éléments nouveaux fraîchement arrivés de la campagne, retarde la rapide formation du prolétariat indigène, d'un véritable prolétariat, pourvu de conscience et de tradition ; cependant, lentement et malgré tout, celui-ci parvient à se constituer.

Enfin, depuis la guerre, un grand nombre d'indigènes parviennent, malgré tous les obstacles administratifs par lesquels on essaie d'entraver leur émigration, à aller travailler en France, où ils restent souvent plusieurs années, puis reviennent en Algérie, après avoir fait en France leur apprentissage de prolétaires.

A noter que la plus grande partie de ce prolétariat en formation n'est pas arabe, mais kabyle. Ce sont des Kabyles qui constituent la grande masse des ouvriers agricoles des vignobles, la grande masse des man½uvres des ateliers ou des chantiers urbains, la grande masse de ceux qui partent en France.

La prolétarisation d'une importante fraction du peuple kabyle a naturellement sa répercussion dans le domaine des idées.

L'un des traits les plus caractéristiques de l'indigène de l'Afrique du Nord est le fatalisme. Il ne peut en être autrement. Dans un pays où, selon les années, selon s'il pleut au printemps ou qu'il ne pleut pas, il y aura une récolte abondante ou il n'y aura rien du tout, indépendamment de tout travail qu'on aura ou n'aura pas fait, on ne peut pas ne pas être fataliste. Mais le paysan transformé en chauffeur d'auto n'est pas long à se rendre compte que s'il ne dépendait pas de lui qu'il pleuve ou qu'il ne pleuve pas, et que par suite il vive dans l'abondance ou périsse dans la famine, c'est de lui au contraire, et de lui seul, de sa plus ou moins grande habileté que dépend le fait qu'il aille se jeter contre un mur ou qu'au contraire il arrive à bon port. Le fatalisme tend donc, chez les prolétaires, à disparaître.

L'une des formes sous lesquelles se traduit cette disparition est le désir de s'instruire.

Pour travailler en plein pays roumi comme les plaines à vin, pour s'embaucher à la ville, pour aller en France, il est utile d'abord de savoir parler français, puis de pouvoir le lire et l'écrire, de savoir calculer ; dès lors les Kabyles envoient leurs enfants à l'école, dès qu'il y a une école. Alors qu'en pays arabe la fréquentation scolaire par la population indigène est très faible, presque nulle, en Kabylie, au contraire, tous les enfants mâles vont à l'école, et si les fille n'y vont pas encore, c'est que l'Administration française persiste à ne pas vouloir y établir des écoles de filles.

Dans cette nombreuse population scolaire, fort intelligente d'ailleurs, il était fatal que certains veuillent pousser davantage leurs études et enseigner à leur tour : d'où la naissance de l'instituteur kabyle. Il existe actuellement en Algérie un demi-millier d'instituteurs indigènes, presque tous kabyles.

Ces instituteurs sont tout naturellement appelés à exprimer l'idéologie des couches que leur prolétarisation a fait entrer dans la société capitaliste moderne. Cette idéologie est, forcément, une idéologie « moderniste ». En religion ils n'osent pas encore s'affirmer carrément libres penseurs, ils sont tout au moins pour une religion libérale, pour une religion débarrassée des rites et des superstitions, réduite à une morale ; en morale, ils vont jusqu'à prêcher l'émancipation de la femme ; en politique, ils réclament l'abolition de toutes les mesures d'exception, ils réclament l'égalité civile, politique et sociale avec les Européens ; ils veulent être « citoyens » français, des citoyens complets, sans restriction.

En dehors des instituteurs indigènes, qui ont un syndicat à eux, auquel adhèrent la quasi-unanimité des instituteurs indigènes, qui publie une revue d'idées générales, et revendique avec vigueur sur le terrain corporatif, le prolétariat indigène a fourni aux syndicats mixtes d'Européens et d'indigènes, des militants de valeurs, qu'une répression terrible parvient malheureusement à briser presque aussi vite qu'ils sont formés.

Ce ne sont là que des débuts.

Ce serait une grave erreur de croire qu'on se trouve déjà en présence d'un important mouvement ; la modernisation de la fraction indigène prolétarisée est encore trop peu avancée, comme cette prolétarisation elle-même, pour que le mouvement qui en est issu, ne soit pas encore bien timide et souvent vacillant, mais son existence n'en est pas moins dès maintenant très nette ; il a des racines déjà profondes qui peuvent lui permettre de se développer très rapidement dans un avenir peut-être proche.

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Sujet / Message Re: La conquête de l'algérie

Message par Sphinx le Lun 24 Mai - 6:48

LE TALON DE FER

A l'égard des deux grandes fractions de la population indigène, la grande masse qui a conservé intact son mode de production, et par la suite sa civilisation, et le petit groupe qui, mêlé à la production moderne, a fait siennes les idées de progrès, de liberté, d'égalité, quelle est l'attitude de la population algérienne européenne ?

A l'égard de l'une comme de l'autre, cette attitude se caractérise en ces termes : domination, brutalité, mépris.

C'est la conquête qui continue. Ce ne sont plus les grandes razzias et les coupages de tête en série, mais c'est la pression continue de tout un appareil administratif, policier et judiciaire ayant pour unique mission d'empêcher l'indigène de relever la tête, de le maintenir dans la position du serviteur soumis et déférent à l'égard de tout ce qui est européen.

La lettre de cachet

En droit l'indigène est dépourvu de toute garantie : par simple décision du Gouverneur général, tout indigène, sans qu'il ait commis aucun délit peut être « déporté », c'est-à-dire soumis à la résidence forcée en un point quelconque du Sahara, par périodes de deux ans indéfiniment renouvelables ; c'est la lettre de cachet. La lettre de cachet avec cette circonstance aggravante qu'à la Bastille le température n'atteignait point 50° à l'ombre, comme c'est le cas à Beni-Abbès, le lieu de déportation actuellement préféré de l'administration, et qu'à la Bastille le prisonnier était nourri, tandis qu'en sa résidence forcée, où les possibilités de travail sont pratiquement nulles, il ne reste guère au déporté que la ressource de se laisser progressivement mourir de faim, s'il n'a une famille ou des amis pour lui venir en aide.

On est déporté dès qu'on fait preuve d'une activité quelconque, quelle qu'elle soit, et qui qu'on soit. On a déporté le tra-minot Youbi parce qu'il avait trop protesté dans une réunion électorale contre le trop petit nombre d'écoles pour indigènes ; on a menacé de la résidence forcée Abdallah, militant du syndicat des typos de Bône, parce qu'il avait pris la parole dans une réunion du 1er mai ; on a déporté Ben Lekhal, Issad et Marouf à cause de leur activité syndicale, Ben Lekhal à cause de son activité politique ; on a mis l'émir Khaled, petit-fils d'Abd el Kader, ancien capitaine de spahis, chevalier de la Légion d'Honneur, dans l'alternative de quitter l'Algérie ou d'être déporté pour ce crime : jouir d'un prestige tel que, bien que non candidat officiel, s'être fait élire par les indigènes conseiller municipal, conseiller général, etc.

La résidence forcée par simple mesure administrative, sans avoir commis de délit, de par le simple bon plaisir d'un gouverneur général, est une arme terrible dont les effets ne peuvent se mesurer au nombre de ceux qu'elle frappe. C'est une épée de Damoclès suspendue sur la tête de chacun ; il suffit que de temps en temps on fasse la preuve qu'elle n'est pas rouillée en l'abattant sur une tête pour qu'elle agisse sur tous. Par peur de la résidence forcée on n'osera pas dénoncer la mise aux enchères des places de caïd, d'agha ou de bach-agha ; par peur de la résidence forcée on n'osera pas protester contre les fraudes, les dénis de justice, les crimes dont on est journellement victime.

Et ceux-ci sont innombrables.

Dépourvu de toute liberté (La liberté de la presse arabe n'existe pas. Tout journal publié en arabe peut être supprimé par mesure administrative.) et de toute garantie politiques, l'indigène se trouve nécessairement privé, en fait, de toute garantie civile.

La justice de classe On le bat chaque jour et partout.

Le cas Almazoff est pour lui la règle : à l'égard de l'indigène, le seul procédé d'instruction que connaît la police est la torture ;

s'il arrive à l'innocent d'en mourir et de se retrouver par surcroît l'ami d'un riche marabout, ferme soutien de l'administration française, il pourra se faire que les meurtriers passent aux assises, mais bien entendu ils y seront acquittés ( Voir la RP du 1er septembre 1927. )

On peut lui enlever ses enfants ; si le ravisseur est un Européen, un quelconque substitut ( Ce substitut est actuellement juge d'instruction à Alger, et c'est naturellement à lui qu'est confiée l'instruction de toutes les affaires politiques.)

décidera, sans jugement, de laisser l'enfant au ravisseur, et le Parquet général, comme le Parquet de la République, couvrira cette forfaiture, tant elle semble naturelle (59) ; s'il y a viol et qu'il arrive qu'on poursuive, comme ce fut le cas en 1925 pour le colon Alvado qui avait violé une fillette indigène de 12 ans, on acquitte, bien entendu, et cela « après un réquisitoire très modéré de M. l'avocat général » ( Dépêche Algérienne du 17 décembre 1925.)

Pour un oui ou pour un non, on tue l'indigène ; si le meurtrier est un bourgeois européen, son patron, par exemple, ou un propriétaire, et qu'il arrive qu'on le poursuive, il sera acquitté, à moins, cas d'ailleurs très exceptionnel, qu'il ne soit condamné à une peine dans le genre de celle-ci : trois mois de prison, pour... homicide par imprudence ( En 1922, dans sa session de mars, la Cour d'Assises d'Alger condamna à cette peine Pierre Reira, gérant de ferme, qui avait tué un de ses ouvriers indigènes en le battant.)

Voici les deux dernier jugements (dernière session d'assises du département d'Oran). Nous en donnons in-extenso la relation fourme par un journal bourgeois d'Alger :

Oran, 18 mars. (De notre correspondant particulier).

— Le 15 juillet 1929, M. Hemandez Antoine, colon à Turgot, 21 ans, surprenait le nommé Benouchine Kouider Ould Et Habib au moment où il volait des pastèques dans son champ. Il fit feu sur l'indigène avec un fusil et le blessait mortellement. Deux jours après, Benouchine décédait.

L'accusé prétend s'être trouvé en état de légitime défense, l'Arabe s'étant baissé pour ramasser des pierres.

M. Guignes, substitut, occupe le siège du ministère public. Il s'applique à détruire les affirmations d'Hemandez. Me Gandolfe plaide pour la défense. Après un court délibéré, la Cour prononce l'acquittement d'Hemandez.

(Presse Libre du 19 mars 1930)

Oran, 24 mars (de notre correspondant particulier).

— Le 29 septembre 1929, vers 20 heures, trois indigènes, Achaba Bachir, Bourahia Abdellah, Abdeikader Bentemouche Miloud rejoignaient leur domicile au douar Ben-Daoud, les deux derniers soutenant le premier en état d'ivresse. A 3 kil. 400 d'Arcole, ils étaient croisés par une voiture attelée d'un cheval, conduite par l'accusé Castillo, et sur laquelle avaient pris place deux de ses amis. Soudain, un coup de feu retentissait, parti de la voiture. Achaba s'écroulait. Les recherches de la Sûreté établissaient que Castillo en était l'auteur.

Tout en reconnaissant la matérialité des faits, l'accusé allègue pour sa défense qu'il avait cru à une agression de la part de la victime et de ses deux compagnons lorsqu'il arrivait à leur hauteur ; il était porteur d'une importante somme d'argent.

Ministère public, M. Siché, substitut ; défenseur Me Gandolphe.

M. Castillo est acquitté.

La partie civile, représentée par M6 Mathiet Saint-Laurent fils, obtient 6 000 francs de dommages-intérêts.

(Presse Libre du 25 mars 1930)

Le fait seulement qu'on poursuive est d'ailleurs jugé scandaleux par la presse algérienne bien pensante. « Ce fait est-il répréhensible au point qu'il nécessite le déploiement de tout l'appareil judiciaire ? » se demande la très chrétienne Dépêche algérienne (9 mars 1928) en relatant l'acquittement du colon Ginestous qui avait blessé d'un coup de fusil, puis achevé à coups de crosse, un indigène coupable de s'être engagé sur un chemin privé desservant sa propriété.

Cependant, ici comme ailleurs, la solidarité de classe l'emporte sur celle de race. Si le meurtrier arabe est fils d'un multimillionnaire, capable de semer l'argent à pleines mains, et que la victime, même européenne, soit prolétaire, le meurtrier est acquitté par la cours criminelle (Dernière session de la Cour criminelle d'Alger : le meurtre de la danseuse Fotius par le fils de Zerrouk Mahieddine.)

La justice de classe, dont la justice de race n'est qu'une forme particulière, s'étale en Algérie sans pudeur. Contre cela, l'indigène algérien n'a pour le moment qu'une ressource : courber la tête. Il n'a que la ressource de courber la tête pour aujourd'hui, et d'emmagasiner de la haine pour demain. Il ne se fait faute ni de l'un ni de l'autre. L'« ordre » règne en Algérie, mais le moindre incident de rue, ou toute conversation à c½ur ouvert avec n'importe quel individu, riche ou pauvre, « intellectuel » ou ouvrier, découvre quel abîme de haine gît au c½ur de l'indigène algérien. Si l'attitude des Européens se caractérise par l'arbitraire, la brutalité et le mépris, le sentiment des indigènes se résume en un mot : la haine.

Un indigène, même naturalisé, n'est pas Français

On a donné, les Français de France ont donné à certains indigènes, un certain nombre de droits politiques. En fait : parodie de droits. Sauf des cas très exceptionnels, les élections indigènes sont presque toujours, jusqu'à présent, ce que l'Administration veut qu'elles soient.

S'il arrive, par extraordinaire, que ces droits ne soient point une parodie, les Algériens, l'administration algérienne dans ses plus hautes instances, ne les reconnaissent point. Nous avons déjà vu comment l'émir Khaled, coupable d'être élu sans l'agrément de l'Administration, fut mis en demeure de quitter l'Algérie. Voici un cas, tout récent, d'un autre genre. C'est un jugement du Conseil de Préfecture d'Alger. Ce jugement dont les considérants ont été reproduits intégralement, et avec les appréciations les plus élogieuses, par tous les quotidiens d'Alger, est un acte de révolte ouverte contre la loi française ; malgré sa longueur et son charabia nous le reproduisons in-extenso.

Il s'agit des dernières élections municipales à Mekia, commune kabyle. Ces élections, aussi bien celles des conseillers français que celles des conseillers indigènes, ont été annulées par le Conseil de Préfecture, dans son audience du 22 juin, pour les raisons suivantes :

« Considérant que la loi du 4 février 1919, art. 12, a accordé aux conseillers municipaux indigènes le droit de prendre part à l'élection des maires et adjoints, et de figurer dans les assemblées municipales avec les mêmes titres et les mêmes droits que les conseillers français (sous réserve des dispositions de l'article 11 de la loi organique du 2 août 1875) ;

Considérant qu'il résulte du dernier recensement que la population française algérienne atteint 650 000 habitants et 5 000 000 passés d'indigènes ; qu'en vertu de la loi du 4 février 1919 la population musulmane est représentée dans les conseils municipaux, à raison de 4 à 12 conseillers suivant le chiffre des indigènes de la commune ;

Considérant que ces conseillers sont élus au suffrage restreint ;

Considérant qu'en faisant bénéficier des mesures susvisées les conseillers indigènes, le gouvernement français entendait montrer à la population musulmane toute sa bienveillante sollicitude, en même temps que tout son espoir de voir ses élus, en signe de reconnaissance, user avec droiture et modération, de la mesure exceptionnelle de faveur prise à leur égard ;

Considérant qu'à aucun moment le législateur n'a songé à permettre à des conseillers indigènes, non naturalisés, généralement illettrés, élus à un suffrage restreint, s'alliant notamment à une minorité et parfois aux éléments de désordre, d'arbitrer et fausser les manifestations électorales dans les communes en faveur de chefs de municipalités ne représentent plus du tout les majorités, cependant nettement affirmées par les suffrages français ;

Considérant que c'est malheureusement ainsi que se présentent, la plupart du temps, les résultats des élections municipales en Algérie depuis la mise en vigueur de la nouvelle loi ;

Considérant qu'étendant, même à leur fantaisie, l'esprit de ladite loi, certains conseillers n'ont pas hésité à favoriser, au cours de la consultation de 1925, l'élection, en qualité de maire, d'un ancien caïd, non naturalisé, révoqué ;

Considérant que si cette élection avait été définitive, elle eût été certainement déférée et cassée par le Conseil de la Préfecture, mais il n'en est pas moins vrai, qu'en attendant la décision de l'appel suspensif, elle eût permis au bénéficiaire de mettre à profit les fonctions dont il était illégalement investi en faveur de ses coreligionnaires, au détriment de l'élément français ;

Considérant qu'une semblable compréhension de l'art. 12 de la loi du

4 février 1919, est de nature à porter gravement atteinte au principe de souveraineté nationale et est formellement contraire à l'esprit de la loi du 5 avril 1884 ;

Considérant que cette situation commence à émotionner sérieusement la population française et même indigène algérienne ;

Qu'à Mékia, le conseil municipal nouvellement élu comprend 5 Français et 10 indigènes dont 6 naturalisés ;

Que cette situation a provoqué, de la part des électeurs européens de cette commune, une protestation portée devant le Conseil de préfecture où l'on peut relever les phrases suivantes :

« Nous soussignés, électeurs français de la commune de Mékia, avons l'honneur de porter à votre connaissance la pénible situation où nous met l'élection de la nouvelle municipalité de notre village dans lequel la prépondérance française est en train de se perdre ;

« Le nouveau Conseil comprend cinq membres français, cinq naturalisés et cinq indigènes, soit dix Kabyles pour cinq Français, tous, d'ailleurs, soumis à l'influence du caïd Cherfa ;

« Parmi les cinq membres français, en dehors du maire et de son adjoint, figurent trois personnes de la même famille : le père, le fils (secrétaire de la mairie) et le beau-père de ce dernier ;

« L'adjoint au maire et plusieurs conseillers indigènes sont illettrés.

« II est non seulement légal, mais d'une haute moralité et nous osons ajouter de l'intérêt de la prédominance française en Kabylie, que ces élections soient annulées.

« Nous n'agissons pas par ambition, certes, mais dans le sentiment de remplir notre devoir de Français. »

Et même une protestation d'un électeur Kabyle, ainsi résumée :

« Le maire et le caïd s'entendent pour rayer leurs ennemis politiques des listes électorales et pour inscrire, à leur place, les mendiants et les bandits asservis à leur cause. »

Considérant qu'à Boghni, les conseillers municipaux indigènes n'ayant pu trouver parmi les conseillers français une minorité susceptible de leur permettre d'être les maîtres absolus de la municipalité, ont préféré s'abstenir de prendre part à l'élection des maire et adjoint ;

Considérant que dans la pratique les réserves, mêmes édictées par l'article 12 de la loi du 4 février 1919, touchant à l'application de l'art. 11 de la loi organique du 2 août 1875 ne sauraient non plus être sauvegardées, puisque les conseillers municipaux indigènes peuvent, à tout instant, peser sur les décisions des conseillers français dont ils représentent toujours le tiers de l'effectif total en raison de la densité de la population musulmane ;

Considérant, par ailleurs, qu'en ce qui concerne plus particulièrement l'élection des maires et adjoints devant avoir lieu au bulletin secret, conformément à l'art. 76 de la loi du 5 avril 1884, le secret du vote se trouve toujours infailliblement violé puisque, la plupart du temps illettrés, les conseillés indigènes sont obligés d'avoir recours à leurs collègues français pour confectionner leurs bulletins avant de les jeter dans l'urne ;

Considérant que si la jurisprudence du Conseil d'Etat a pu admettre qu'un seul conseiller français illettré put avoir recours à un de ses collègues pour la rédaction de son bulletin, sans pour cela violer le secret du vote en entraîner l'annulation de l'élection (C.E., 25 mars 1893, Election de Wleneuve d'Aveyron), cette jurisprudence ne saurait s'étendre à des votes où la presque totalité des conseillers, exceptionnellement admis à prendre part aux élections des maires et adjoints français, peut à tout instant violer l'esprit de l'art. 76 de la loi municipale ;

Considérant que pour l'élection du maire et de l'adjoint de Mékia, ce dernier, lui même illettré, des conseillers illettrés ont dû recourir aux tiers pour rédiger leur bulletin de vote ;

Considérant que l'on ne peut continuer à tolérer de semblables abus et qu'il y a lieu, pour le Conseil, de déclarer nulle toute élection déférée ou contestée de maire ou d'adjoint obtenue dans les conditions susvisées parce que contraire à l'intention du législateur et à l'esprit de la loi du 5 avril 1884 ;

Considérant qu'il serait, en effet, anticonstitutionnel d'admettre plus longtemps que des conseillers indigènes, non naturalisés, la plupart du temps illettrés, élus à un suffrage restreint, pussent arbitrer et fausser la volonté exprimée par le suffrage universel français et apporter, au sein des communes algériennes, actuellement en pleine évolution, des troubles d'ordre administratif et économique d'une gravité exceptionnelle, de nature surtout à y abolir tout principe de souveraineté nationale... »

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Sujet / Message Re: La conquête de l'algérie

Message par Sphinx le Lun 24 Mai - 6:57

Ainsi, pour ces honorables magistrats :

1. Les indigènes naturalisés ne sont pas, comme tous les autres naturalisés, des citoyens français, jouissant de la plénitude des droits de citoyens : l'Italien ou l'Espagnol naturalisé est français, mais le Kabyle naturalisé doit continuer à être compté comme indigène.

2. Les conseillers municipaux indigènes auxquels la loi reconnaît « les mêmes titres et les mêmes droits que les conseillers français » n'ont pas le droit de voter avec la fraction des conseillers français avec lesquels ils sont en communion d'idées, si ceux-ci n'ont pas la faveur de l'administration.

3. Enfin, — pour mémoire, car ce considérant n'a été évidemment mis là que pour faire passer les autres, — alors que la loi ne fait nullement un cas d'inéligibilité du fait de ne pas savoir lire et écrire, le fait que certains élus se trouveraient dans ce cas (5) entraîne non seulement l'annulation de leur élection, mais celle de tous les autres conseillers élus en même temps qu'eux !

On ne saurait être plus cynique. Rien ne montre mieux que ce jugement l'attitude des Algériens, particuliers et fonctionnaires, à l'égard à la fois, des indigènes et de la France. L'Algérien entend conserver intacts ses pleins pouvoirs sur le « bicot » ; et s'il arrive que la métropole croit prudent de vouloir les lui rogner tant soit peu, il la rappelle vertement à l'ordre.

La seule voie possible

Ainsi, comme tous les opprimés, l'indigène algérien ne peut attendre son salut d'une évolution de la loi. Il est possible que, sous une pression grandissante, le Parlement français lui attribue à la longue, au compte-gouttes, quelques nouveaux droits. Le bourgeois de France n'exploite pas directement l'indigène, il ne jouit pas chaque jour de la joie d'être le maître, de se sentir appartenir à une caste supérieure, libérée de toute obligation, de toute restriction à l'égard de 5 millions d'autres êtres ; d'autre part, il se rend compte plus ou moins confusément qu'il y a des craquement dans son « Empire », que pour pouvoir désormais compter sur le loyalisme de ses 60 millions de sujets ou de « protégés », en une période de crise, il lui faut tenter de s'attacher ceux-ci autrement que par le matraquage et les lois d'exception. Mais... L'Algérien est là. Pour lui, la domination sur l'indigène, l'exploitation de l'indigène est une jouissance et un profit. Il n'entend pas s'en laisser dépouiller. On peut voter au Palais Bourbon ce qu'on voudra ; à Alger on ne l'appliquera pas. Une loi n'est rien, son application est tout ; or ce n'est pas à Paris que la loi sera appliquée, mais en Algérie par des Algériens. Il l'appliqueront comme le Conseil de Préfecture applique les lois sur les élections et la naturalisation. Aucun gouvernement français n'est et ne sera capable d'imposer sa volonté à l'Algérie en matière indigène ; on y a encore vu récemment une preuve, lorsque, il y a deux ans et demi, le Gouverneur général Violette avait manifesté l'intention d'étendre, dans d'assez fortes proportions, le droit de vote des indigènes ; une telle campagne se déclencha contre lui qu'en moins d'un mois le gouvernement français fut dans l'obligation de le rappeler.

Aussi la libération des indigènes algériens est-elle certaine.

Le grand danger en effet qui menace le mouvement indigène d'Afrique du Nord c'est qu'une séparation, une scission se produise entre les deux éléments en lesquels nous avons vu que se partage la population indigène : que d'un côté aillent les « modernisés », les « occidentalisés », instituteurs, prolétaires, etc. et que de l'autre côté reste la grande masse pastorale, immobile. Que les éléments « modernisés » trouvent un large accueil dans la communauté européenne, qu'ils participent à sa vie de plus en plus, sur un pied d'égalité, ils risquent de se sentir bientôt des étrangers, non plus chez le roumi, mais chez leurs frères bergers.

Or, la masse de ces derniers n'est pas capable de se défendre ou d'agir par elle-même. Elle peut résister par inertie à la pénétration de la civilisation capitaliste, mais elle est incapable, par elle même, dans l'état actuel des choses, d'échapper à la domination européenne. Le salut des peuples de l'Afrique du Nord n'est possible que par l'union entre la masse immobile et la petite fraction évoluée. L'une fournira sa masse, sa capacité millénaire de résistance ; l'autre y ajoutera le ferment. C'est par la conjonction de ces deux éléments que la Turquie a réalisé son émancipation : la conjonction du paysan d'Anatolie immobile avec le Jeune-Turc de Stamboul.

Sous quelle forme se réalisera, en Algérie, cette union ? Il est fort difficile de le prévoir. L'Emir Khaled l'avait un moment réalisée, mais pour des raisons strictement personnelles. Le lustre qu'il tirait du fait de sa descendance directe du grand marabout Abd el Kader ainsi que sa prestance personnelle lui donnaient auprès des masses musulmanes un formidable prestige qu'il employa à soutenir un programme essentiellement moderniste

(Voici quel était son programme, le programme qui lui valut l'exil, Herriot et Painlevé régnant :

a. Représentation au Parlement à proportion égale avec les Européens algériens.

b. Suppression pleine et entière des lois et mesures d'exception des tribunaux répressifs, des cours criminelles, de la surveillance administrative, avec retour pur et simple au droit commun. c. Mêmes charges et mêmes droits que les Français en ce qui concerne le service militaire.

d. Accession pour les indigènes algériens à tous les grades civils et militaires, sans d'autres distinctions que le mérite et les capacités personnelles.

e. Application intégrale aux indigènes de la loi sur l'instruction publique obligatoire avec liberté de l'enseignement. f. Liberté de presse et d'association.

g. Application au culte musulman de la loi de séparation des églises et de l'Etat.

h. Amnistie générale.

i. Application aux indigènes des lois sociales et ouvrières.

j. Liberté absolue pour les ouvriers indigènes de se rendre en France.).

En tous cas, quelle que soit la forme sous laquelle se réalisera cette union, elle se réalisera. Les donatistes et les circoncellions, c'est-à-dire les révolutionnaires nationaux et les révolutionnaires sociaux, n'attendront pas encore deux siècles, comme au temps de Rome, pour apparaître. La politique bornée de l'Européen algérien en est le sûr garant.


Robert LOUZON (extraits d’un texte paru en 1930)

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Sujet / Message Re: La conquête de l'algérie

Message par Sphinx le Lun 24 Mai - 23:25

L'histoire de la conquête en images


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Sujet / Message Re: La conquête de l'algérie

Message par Sphinx le Lun 24 Mai - 23:29


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Sujet / Message Re: La conquête de l'algérie

Message par Sphinx le Lun 24 Mai - 23:31


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Sujet / Message Re: La conquête de l'algérie

Message par Sphinx le Lun 24 Mai - 23:34


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Sujet / Message Histoire Coloniale de l'Algérie

Message par Sphinx le Sam 24 Juil - 0:03

Algerie - Histoire Coloniale - Partie 1

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Sujet / Message Re: La conquête de l'algérie

Message par Sphinx le Sam 24 Juil - 0:04

Algerie - Histoire Coloniale - Partie 2

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Sujet / Message Re: La conquête de l'algérie

Message par Sphinx le Sam 24 Juil - 0:05

Algerie - Histoire Coloniale - Partie 3

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Sujet / Message Re: La conquête de l'algérie

Message par Sphinx le Sam 24 Juil - 0:06

Algerie - Histoire Coloniale - Partie 4

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Sujet / Message Re: La conquête de l'algérie

Message par Sphinx le Sam 24 Juil - 0:07

Algerie - Histoire Coloniale - Partie 5

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Sujet / Message Re: La conquête de l'algérie

Message par Sphinx le Sam 24 Juil - 0:08

Algerie - Histoire Coloniale - Partie 6

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Sujet / Message Re: La conquête de l'algérie

Message par Sphinx le Sam 24 Juil - 0:09

Algerie - Histoire Coloniale - Partie7

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Sujet / Message Re: La conquête de l'algérie

Message par Sphinx le Sam 24 Juil - 0:10

ALGERIE - Histoire Coloniale - Partie 8

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Sujet / Message Re: La conquête de l'algérie

Message par Sphinx le Sam 24 Juil - 0:12

ALGERIE - Histoire Coloniale - Partie 9

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Sujet / Message Re: La conquête de l'algérie

Message par Sphinx le Sam 24 Juil - 0:13

ALGERIE - Histoire Coloniale - Partie 10

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Sujet / Message Re: La conquête de l'algérie

Message par Sphinx le Sam 24 Juil - 0:16

ALGERIE - Histoire Coloniale - Partie 11

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Sujet / Message Re: La conquête de l'algérie

Message par Sphinx le Sam 24 Juil - 0:17

ALGERIE - Histoire Coloniale - Partie 12

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Sujet / Message Re: La conquête de l'algérie

Message par Sphinx le Sam 24 Juil - 0:18

ALGERIE - Histoire Coloniale - Partie 13

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Sujet / Message Re: La conquête de l'algérie

Message par Sphinx le Sam 24 Juil - 0:20

ALGERIE - Histoire Coloniale - Partie 14

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Sujet / Message Re: La conquête de l'algérie

Message par Sphinx le Sam 24 Juil - 0:22

ALGERIE - Histoire Coloniale - Partie 15

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Sujet / Message Re: La conquête de l'algérie

Message par Sphinx le Sam 24 Juil - 0:23

ALGERIE - Histoire Coloniale - Partie 16

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Sujet / Message Re: La conquête de l'algérie

Message par Sphinx le Sam 24 Juil - 0:23

ALGERIE - Histoire Coloniale - Partie 17

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Sujet / Message Re: La conquête de l'algérie

Message par Sphinx le Sam 24 Juil - 0:24

ALGERIE - Histoire Coloniale - Partie 18 et FIN

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Sujet / Message Re: La conquête de l'algérie

Message par Syfou le Jeu 19 Aoû - 0:33


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« Vouloir prouver des choses qui sont claires d'elles-mêmes, c'est éclairer le jour avec une lampe. »  


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Sujet / Message Re: La conquête de l'algérie

Message par Syfou le Jeu 19 Aoû - 0:34


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Sujet / Message Re: La conquête de l'algérie

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