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Prolifération nucléaire.

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Sujet / Message Prolifération nucléaire.

Message par Sphinx le Sam 27 Mar - 0:49

Selon le centre de recherche Carnegie Endowment for International Peace de Joseph Cirincione,
il y a 27 000 armes atomiques dans le monde, réparties entre 8 pays.
26 000 sont aux mains des Etats-Unis et de la Russie.

Au début de la course à l'armement nucléaire, les Etats-Unis avaient quatre ans d'avance sur l'Union soviétique. En 1990, ils avaient fait exploser 921 charges, contre 642 pour l'URSS. En nombre total d'essais, la balance penchait du côté des Américains, mais les Soviétiques surclassaient leurs adversaires en puissance brute: lors des essais dans l'atmosphère qui eurent lieu avant la mise en application du traité qui les interdisait (1963), l'URSS fit exploser l'équivalent de 451 mégatonnes de TNT, contre 141 pour les États-Unis
.

La demande croissante d'énergie nucléaire complique la non-prolifération

12/8/2009 - La demande croissante d'énergie nucléaire, en réponse au réchauffement climatique, rend plus difficile d'assurer la non-prolifération des armes nucléaires, a averti mercredi la représentante spéciale du président Obama pour la non-prolifération nucléaire, Susan Burk.

L'usage pacifique de l'énergie nucléaire est l'un des trois piliers du Traité de non-prolifération (TNP), qui accorde à ses signataires le droit à l'énergie nucléaire en échange du leur désarmement ou de l'abandon de leurs ambitions nucléaires militaires.

"Renforcer ce pilier du traité est plus important que jamais, surtout si l'on considère l'intérêt renouvelé que suscite l'énergie nucléaire en tant que réponse au réchauffement climatique, assurance de sécurité énergétique et outil de promotion du développement durable", a déclaré Susan Burk dans sa première déclaration publique, au Centre de Politique de Sécurité à Genève.

Selon elle, le défi est de ne pas "créer de la prolifération en allumant la lumière".

Le président américain étudie de nouvelles mesures, dont la création d'une banque mondiale de combustible nucléaire qui permettrait à des Etats de se doter de l'énergie nucléaire sans forcément posséder la capacité à produire du combustible, a encore indiqué Mme Burk.

Elle a appelé la communauté internationale à punir les "abus" des signataires du TNP, les mesures prises jusque là ayant été "médiocres".

"Le coût de la violation du traité doit être plus lourd que les avantages retirés. Le non-respect du traité doit entraîner des conséquences réelles", a-t-elle déclaré.

Mme Burk a toutefois indiqué que les Etats-Unis n'ont pas usé de tous les recours possibles auprès des Nations Unis et de l'Agence internationale de l'énergie atomique pour traiter des cas de l'Iran et de la Corée du Nord.

Le Monde, 5/7/2009


Dernière édition par Hakim le Ven 11 Juin - 2:15, édité 1 fois

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Sujet / Message Re: Prolifération nucléaire.

Message par Sphinx le Sam 27 Mar - 0:51

Aux Etats-Unis, la "communauté du désarmement nucléaire" a le vent en poupe

Le désarmement est de retour. Dans la petite communauté des spécialistes des négociations stratégiques, blanchis sous le harnais de la guerre froide, l'excitation est grande. Depuis l'élection de Barack Obama, ils ont de nouveau l'impression d'être du bon côté de l'Histoire. "Le contrôle des armements est devenu le nouveau réalisme", se réjouit Joseph Cirincione, expert reconnu sur la question.

En six mois, le président américain a revigoré la discipline. "Notre communauté a traversé une période difficile. Maintenant, une renaissance est possible", affirme Gary Samore, le "tsar" antiprolifération de la Maison Blanche. Dans son discours de Prague, le 5 avril, M. Obama a lancé un chantier ambitieux : réduction des arsenaux nucléaires, renforcement du régime de non-prolifération, sécurisation des armes existantes... Le conseiller a lui-même été saisi d'une pointe d'angoisse : "J'écoutais le discours et je me suis dit : ça fait énormément de choses à faire", racontait-il il y a quelques semaines, lors d'un colloque à l'Arms Control Association.

Dès la fin mai, les Etats-Unis et la Russie (qui possèdent quelque 20 000 armes nucléaires à eux deux) ont entamé les discussions sur la réduction de leur arsenal. Lundi 6 juillet à Moscou, M. Obama va faire le point de l'avancement des travaux avec son homologue Dmitri Medvedev. L'objectif est de prolonger le traité Start (Traité sur la réduction des armes stratégiques) de 1991 qui expire le 5 décembre. Mais les analystes pensent que les deux pays ne vont pas s'arrêter là et qu'ils vont s'engager dans une négociation élargie, visant des réductions beaucoup plus importantes.

Pour les partisans du désarmement, la traversée du désert a été longue. Sous Clinton, ils ont vu disparaître l'Arms Control and Disarmament Agency (ACDA), l'agence américaine indépendante, sous la pression du sénateur ultraconservateur Jesse Helms. Pendant la présidence Bush, ils ont vu s'établir une nouvelle doctrine - la Nuclear Posture Review de 2002 - étendant l'éventail des circonstances dans lesquelles l'arme nucléaire pourrait être employée (une révision de la doctrine est attendue pour décembre). "Et John Bolton a été nommé (sous-secrétaire au désarmement) pour s'assurer que rien ne repousse, ironise M. Cirincione. Raté."

Au contraire, le président actuel partage leur conviction que les crises iranienne et nord-coréenne, loin de montrer l'inanité du désarmement, le rendent plus indispensable : "Il reconnaît ce que notre communauté dit depuis un bon moment : que le leadership américain sur le désarmement est essentiel si on veut construire le soutien international nécessaire pour faire respecter le système international de non-prolifération", dit Daryl Kimball, le directeur de l'Arms Control Association. Autrement dit, pour prétendre faire plier l'Iran, Washington doit donner le bon exemple. "Toutes ces réformes que nous souhaitons ont un impact direct sur des pays comme l'Iran ou la Corée du Nord, explique M. Samore. Pour nous, cela a du sens de renforcer le Traité de non-prolifération nucléaire lorsqu'on veut traiter de ces questions."

Tout le monde à Washington n'est pas devenu "abolitionniste" mais, selon Joseph Cirincione, on assiste à une "évolution historique de l'élite" de la politique étrangère américaine. Les anciens secrétaires d'Etat républicains Henry Kissinger et George Shultz, associés à deux démocrates, l'ancien secrétaire à la défense William Perry et l'ancien sénateur Sam Nunn, se sont rangés du côté de l'option "zéro" arme nucléaire. Le républicain James Schlesinger, ancien secrétaire à la défense, auteur d'un article publié en 2000 sur "la déroute du contrôle des armements", s'est rallié aux négociations post-Start. Brent Scowcroft, un réaliste de l'équipe de George Bush père, qui s'était opposé en 1999 au traité d'interdiction des essais nucléaires (CTBT), est maintenant favorable à sa ratification par le Sénat.

Les " (hommes de) Neandertal du nucléaire", comme les appelle M. Cirincione, n'ont pas baissé les bras. Ils accusent le président de brader la dissuasion nationale. Au sein même de l'administration règne, selon lui, une tension entre les partisans d'une transformation radicale et ceux qui veulent avancer par étapes et ne croient plus possible d'enrayer la prolifération. Mais au Conseil national de sécurité, là où il n'y avait qu'un directeur, Gary Samore a maintenant une équipe d'une dizaine de personnes. Au département d'Etat, trois femmes tiennent les rênes : Rose Gottemoeller, qui a passé les trois dernières années à Moscou, où elle s'occupait de questions stratégiques. C'est elle qui négocie avec les Russes ; Susan Burk, ambassadeur auprès de la Conférence du désarmement, et Ellen Tauscher, représentante du district de Californie où siège le laboratoire Lawrence Livermore, l'un des hauts lieux de la recherche sur l'armement nucléaire (sous-secrétaire au désarmement).

Depuis le discours de Prague, de notables avancées ont déjà été enregistrées. A la conférence de préparation de la révision du Traité de non-prolifération (TNP), prévue en mai 2010, une échéance jugée cruciale par les stratèges de M. Obama, les délégués se sont mis d'accord sur l'ordre du jour, ce qui s'était révélé impossible en 2005. Fin mai, à Genève, une autre percée a été réalisée à la conférence du désarmement, qui réunit 65 Etats de l'ONU. Depuis douze ans, les conversations n'avaient jamais pu débuter sur le traité interdisant la production de matière fissile, dispositif pourtant prévu par le TNP. Soudain, les blocages sur l'ordre du jour ont été levés.

Pour montrer la bonne volonté de l'Amérique, M. Obama s'est aussi engagé à mener une campagne "agressive" pour obtenir la ratification du traité d'interdiction complète des essais nucléaires (CTBT) rejeté en 1999 par le Sénat. Les perspectives sont meilleures qu'il y a dix ans, plusieurs sénateurs, dont John McCain, étant prêts à faire preuve de souplesse. Mais le seuil des deux tiers (67) nécessaire à la ratification n'est pas atteint et les sénateurs Jon Kyl, de l'Arizona, et Jeff Sessions, de l'Alabama, font déjà campagne contre la ratification. Gary Samore l'a reconnu devant ses collègues de l'Arms Control Association : de tous les éléments présentés à Prague par M. Obama, c'est "le plus controversé sur le plan intérieur". L'administration aimerait néanmoins qu'un vote puisse intervenir avant l'ouverture de la conférence de révision du TNP en mai 2010, pour, là encore, tenter d'isoler les réfractaires tel l'Iran.

La Croix, 5/7/2009:

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Sujet / Message Re: Prolifération nucléaire.

Message par Sphinx le Sam 27 Mar - 0:55

A Marcoule, la France a stoppé la production de plutonium

Les installations de Marcoule où était produit le plutonium à des fins militaires sont en train d'être démantelées : un choix que la France met en évidence dans le cadre du désarmement dans le monde

Le réacteur G2 de Marcoule, dans le Gard, est comme un colosse vaincu. Privé de combustible, il contient encore une puissante énergie intérieure mais sa fin est annoncée. Vendredi 3 juillet, une vingtaine de journalistes français et étrangers ont pu le constater, juchés sur la plate-forme où les cartouches d'uranium étaient autrefois introduites dans l'une des 1 200 gaines où se produisait la réaction nucléaire.

Sur décision de Nicolas Sarkozy, la direction des applications militaires du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) a en effet organisé une visite des installations où la France produisait les matériaux fissiles pour ses armes nucléaires. L'exercice est sans précédent de la part d'un pays doté de bombes atomiques.
Le réacteur G2 et son jumeau le G3 entraient dans la chaîne de fabrication du plutonium, un métal artificiel produit à partir d'uranium enrichi. Long de 34 mètres, le cylindre de 20 mètres de diamètre contenait, enrobé dans une gangue de béton de 3 mètres d'épaisseur, 1 200 tonnes de graphite, un matériau en carbone propice à la réaction nucléaire tout en jouant le rôle de modérateur.

Le colosse pouvait contenir 40 000 cartouches de combustible, d'une vingtaine de centimètres de longueur, changées régulièrement. À la sortie, la réaction nucléaire avait modifié l'isotope des atomes d'uranium. Récupérées, les cartouches devenues très hautement radioactives étaient acheminées par des circuits spéciaux dans l'usine de retraitement UP1, distante de quelques centaines de mètres.

Autant le réacteur G2, abrité par une nef de 55 mètres de haut, 72 m de long et 44 m de large, évoque une puissance formidable, autant le dédale du millier de salles de l'usine UP1 renvoie à l'atelier du chimiste. Le bâtiment résonne encore du souffle des extracteurs d'air et de la ventilation qui assure des zones de dépressions successives, de l'extérieur vers le coeur des opérations de fabrication.

Une décision audacieuse. Avant d'atteindre sa forme finale d'un galet de plutonium à usage militaire, le barreau d'uranium irradié provenant de G2 et de G3 était introduit dans une solution acide pour y être dissous. La « soupe » ainsi produite était soumise à des extractions successives à l'aide d'un solvant permettant de dissocier le plutonium 239, l'uranium résiduel et des produits de fission. Des précipités permettaient de passer de l'état liquide à l'état solide.

Le coeur d'UP1, veiné par des kilomètres de tuyaux, était ainsi une suite de piscines, de bassins de mélange et de décantation, de cuves contenant les réactifs toxiques. Ensuite venaient les batteries d'extraction, les évaporateurs, puis les ateliers où, à travers 200 « boîtes à gants » dans lesquels ils enfilaient leurs mains, les techniciens procédaient à d'indispensables manipulations en se protégeant des effets radioactifs et toxiques chimiquement de la matière.

Deux autres groupes avaient déjà eu droit à ce coup d'oeil : les ambassadeurs des États membres de la conférence sur le désarmement de l'ONU, le 16 septembre 2008, et des experts non gouvernementaux, le 16 mars dernier.

Inciter tous les États dotés d'armes nucléaires à faire de même. Objectif : montrer que la France est concrètement engagée dans un processus de désarmement et inciter tous les États dotés d'armes nucléaires à faire de même, notamment ceux reconnus comme tels par le traité de non-prolifération (TNP) : les États-Unis, la Russie, la Chine et le Royaume-Uni ­ qui forment avec elle un groupe appelé P5.
Les réacteurs G2 et G3 ont été arrêtés respectivement en 1980 et 1984, et l'usine UP1 en 1997. Mais le démantèlement et l'assainissement de ces installations ne seront pas achevés avant 2035-2040. Les 1 200 tonnes de graphite qui forment le coeur de chacun des réacteurs sont encore hautement radioactives, tout comme des produits solides et liquides produits par la fabrication du plutonium. Stockés pour l'instant à Marcoule, ils attendent l'ouverture du futur site de stockage géologique profond à Bure (Meuse), prévue en 2019. L'ensemble des opérations représente un budget de 6 milliards d'euros.

Montrer le démantèlement de ces sites stratégiques qu'elle gardait soigneusement hors de vue de l'Agence internationale à l'énergie atomique (AIEA) relève d'une décision audacieuse pour la France.

"Créer la confiance". À l'heure où les États-Unis et la Russie discutent à nouveau de désarmement et où l'Iran, la Corée du Nord et le Pakistan font courir le risque d'une prolifération des armes nucléaires, elle veut montrer un chemin et s'y engage, comme pour donner l'exemple. Pour réduire la menace d'un développement anarchique de ces armes, Paris presse les plus anciens pays nucléaires d'entrer dans un cycle vertueux de réduction des armements, d'interdiction des essais nucléaires et d'interdiction de la fabrication de matériaux fissiles à usage militaire. En s'imposant ces restrictions, ces puissances pourraient les exiger des pays proliférants.

La France peut d'autant plus indiquer cette voie qu'elle a procédé en 1995-1996 à une ultime campagne d'essais qui lui a permis de valider le processus de fabrication de têtes nucléaires pour vingt ou trente ans. Elle se dote en outre près de Bordeaux d'un équipement scientifique, le laser Mégajoule (LMJ), qui compensera la fin des expériences réelles. Elle a donc pris une longueur d'avance en ayant d'ores et déjà ratifié le traité d'interdiction complète des essais nucléaires (Tice, signé en 1996) tout comme le Royaume-Uni et la Russie.

Elle a aussi signé, comme les États-Unis, la Russie et la Grande-Bretagne ­ mais pas la Chine ­ un moratoire sur la fabrication de matières fissiles à usage militaire. Mais elle est la seule à avoir entrepris le démantèlement de ses installations de production de ces matières, situées à Marcoule pour le plutonium et à Pierrelatte pour l'uranium enrichi.

La France, qui a obtenu le soutien de l'Union européenne lorsqu'elle assumait la présidence du Conseil européen, fin 2008, pousse Washington et Pékin à ratifier le Tice et engage à l'ouverture de négociations pour un traité d'interdiction de production de matières fissiles pour les armes nucléaires. Elle invite ses homologues du P5 à adopter des mesures de transparence.

« Pour que les négociations commencent sur de bonnes bases, il faut créer la confiance », assurait vendredi dernier le capitaine de vaisseau Beaussant, membre de l'état-major particulier du président de la République. « Et cela passe par la transparence et la réciprocité. »

Cette approche concrète vise à couper l'herbe sous le pied, d'une part, des partisans d'un désarmement nucléaire global, d'autre part, des puissances proliférantes. Car si la France désarme, ayant réduit de moitié en vingt ans le nombre de ses têtes nucléaires ­ elle en détient moins de 300 ­, elle estime devoir toujours compter sur la dissuasion atomique. Et si elle ne se connaît plus d'ennemi vers lequel pointer ses missiles, elle juge que le monde n'est pas suffisamment sûr pour tous les démanteler. Le plutonium produit pendant quarante ans à Marcoule gardera donc encore longtemps son caractère dissuasif.

Abolition 2000, 9/5/2009

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Sujet / Message Re: Prolifération nucléaire.

Message par Sphinx le Sam 27 Mar - 1:00

Le monde en voie de nucléarisation rapide

En défiant avec un certain succès la communauté internationale, l'Iran et la Corée du Nord ont incité nombre de pays à se lancer dans la course nucléaire.

L'Iran, toujours déterminé à développer son programme d'enrichissement d'uranium en installant 3 000 centrifugeuses d'ici à mars 2007, donnera une réponse « destructrice » à toute attaque israélienne contre ses sites nucléaires. Cette menace a répondu hier à celle de l'État hébreu, qui avait envisagé l'éventualité d'une « option militaire », faute de pouvoir arrêter, par la négociation, le programme nucléaire militaire iranien.

Celui-ci, de fait, se poursuit, la Russie et la Chine s'opposant, au sein du Conseil de sécurité de l'ONU, à de trop sévères sanctions contre Téhéran. Samedi à Moscou, Ali Larijani, le négociateur iranien sur le nucléaire, a par avance laissé entendre que son pays pourrait rompre tout lien avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), si une ferme résolution était adoptée. De son côté, la Corée du Nord, qui a expulsé les inspecteurs de l'AIEA en décembre 2002 et rejeté le traité de non-prolifération (TNT) en janvier 2003, a procédé à son premier essai nucléaire souterrain le 9 octobre dernier.

LA GUERRE froide est terminée depuis quinze ans, mais le concept de dissuasion nucléaire ne s'est jamais aussi bien porté. Alors que tous les experts prédisaient, après l'effondrement de l'empire soviétique, la désuétude prochaine de l'arme atomique, le plus puissant engin de destruction jamais imaginé par l'homme, la période actuelle d'anarchie internationale démontre l'inanité de ces prédictions. Outre les États-Unis, seule superpuissance réelle de la planète, on assiste à une « multipolarisation » croissante des relations internationales et à l'émergence d'un certain nombre de puissances « moyennes », aux ambitions régionales voire mondiales, comme l'Inde, le Pakistan, l'Iran, le Brésil, la Turquie ou encore l'Arabie saoudite.

Nouvelles ambitions égyptiennes. Cette géopolitique de plus en plus complexe bouscule l'ordre ancien établi par le traité de non-prolifération (TNP) qui, en 1970, fixait à cinq le nombre d'États autorisés à posséder le feu nucléaire : les États-Unis, l'URSS, la Chine, la France et la Grande-Bretagne. Il incitait ces pays à s'engager dans un désarmement général et à interdire ce « club atomique » très fermé à de nouveaux membres éventuels.

Trente-six ans plus tard, l'échec est manifeste sur les deux tableaux. Il existe près de 30 000 ogives nucléaires sur Terre - de quoi la réduire cent fois en poussières d'étoiles. Les « Cinq Grands » n'ont fait aucun effort pour désarmer. De nouvelles puissances nucléaires « renégates » sont apparues, se rebellant contre l'ordre immuable imposé par le TNP. L'Inde et le Pakistan ont fait exploser leur première bombe atomique en 1998, la Corée du Nord et l'Iran s'approchent de cet objectif. Nombre de pays, guère intéressés par l'arme nucléaire et son « pouvoir égalisateur », selon l'expression de Lucien Poirier, théoricien français de la dissuasion, se montrent soucieux de cette évolution et s'interrogent sur leur doctrine stratégique, ne serait-ce que pour protéger leurs intérêts face à des voisins aux ambitions subitement démesurées.

Le Japon, Taïwan et la Corée du Sud veulent se prémunir face à la Corée du Nord, qui a procédé à un essai nucléaire souterrain le 9 octobre dernier. La Turquie s'inquiète des desseins nucléaires iraniens, tandis que six pays arabes ont carrément franchi le pas : le 3 novembre dernier, l'Algérie, l'Égypte, le Maroc, la Tunisie, les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite ont annoncé leur intention de se doter d'un programme nucléaire civil. Bien que le droit international les autorise parfaitement à vouloir user de l'atome pour développer leur production nationale d'énergie, beaucoup de circonspection entoure ce regain d'intérêt soudain et collectif pour le nucléaire, qui pourrait dissimuler la volonté de se préparer à contrer, le jour venu, la menace perse avec une « bombe atomique arabe ».
Si l'Égypte et les pays d'Afrique du Nord peuvent justifier leur faim énergétique, l'argument est moins pertinent pour l'Arabie saoudite, assise sur de gigantesques réserves d'hydrocarbures. Mais il n'y a pas que Riyad. Au Caire, le président Hosni Moubarak vient d'annoncer qu'il était temps d'engager « un sérieux débat » autour du nucléaire. L'Égypte, signataire du TNP, avait renoncé en 1986 à un programme nucléaire lancé par le président Nasser dans les années cinquante. La catastrophe nucléaire de Tchernobyl avait refroidi ses intentions. Considérant l'Égypte comme un allié majeur au Moyen-Orient, les États-Unis disent soutenir cette initiative. Il ne fait cependant pas mystère que le pouvoir égyptien s'inquiète des ambitions nucléaires de Téhéran, au même titre qu'Ankara et Riyad. Pour ne rien arranger, les États-Unis soutiennent officiellement les nouvelles ambitions nucléaires civiles égyptiennes, indiennes ou encore brésiliennes, au grand dam de Téhéran, qui y voit la preuve d'une politique de « deux poids, deux mesures » de la part des Occidentaux, prêts à fermer les yeux en faveur de régimes « amis ».

L'échec des organisations internationales. Cette course larvée aux armements nucléaires a depuis longtemps sonné le glas du TNP. D'une manière générale, les mécanismes internationaux de contrôle des armements, imaginés durant la guerre froide, ont failli. Ce constat est valable pour l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), dont le double mandat était de veiller au respect du TNP et de soutenir les États désireux de développer un programme nucléaire civil.

De par sa nature « duale », à la fois civile et militaire, la technologie nucléaire permet à tout État maîtrisant l'ensemble du cycle de l'atome d'adapter sans trop de problèmes, le jour venu, son programme civil à des desseins militaires. Qualifié d'« énergie du futur », face à l'épuisement annoncé des réserves mondiales de pétrole, instrument de souveraineté nationale plus incontournable que jamais, ouvertement convoité par des groupes terroristes infra-étatiques, le nucléaire porte en soi les germes d'une plus grande instabilité planétaire.

Agence Science-Presse, 6 novembre 2006

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Sujet / Message Re: Prolifération nucléaire.

Message par Sphinx le Sam 27 Mar - 1:05

Londres et Washington veulent se doter d'armes nucléaires " robustes "

La Grande-Bretagne et les Etats-Unis vont suivre l'exemple de la France en modernisant leur arsenal nucléaire, ce qui alimente le débat outre-Manche

Le test nucléaire effectué le 23 février par les scientifiques britanniques dans le désert du Nevada a prêté le flanc à des supputations et à des interprétations hâtives outre-Manche. Certains commentateurs ont estimé que la Grande-Bretagne a manqué à ses obligations au titre du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICE), et le Sunday Times a écrit que Londres développe en secret, en coopération avec les Etats-Unis, une nouvelle arme nucléaire.

Cette émotion est compréhensible, dans la mesure où, comme ce fut le cas à la fin des années 1980 avec les missiles Polaris, le débat sur l'arme nucléaire est récurrent en Grande-Bretagne lorsqu'il devient nécessaire d'envisager une modernisation du système d'armes atomiques. L'essai du Nevada, baptisé " Krakatau ", intervient au moment où la Grande-Bretagne s'interroge sur le remplacement des missiles balistiques Trident et des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) de la classe Vanguard. Bien que le premier ministre Tony Blair ait réaffirmé son soutien à la pérennité de la dissuasion nucléaire, il doit compter avec l'opposition de certains membres du Parti travailliste, d'une partie de l'opinion et des mouvements antinucléaires. Londres devrait prendre une décision avant la fin de la législature, en 2010, a indiqué M. Blair.

Le test du Nevada était un essai nucléaire " sous-critique " qui a pris la forme de ce que les spécialistes appellent un " tir froid ", autrement dit une détonation contrôlée d'explosifs conventionnels sur une faible quantité de plutonium. Il ne s'agissait donc pas d'un essai nucléaire proprement dit, mais d'un test destiné à vérifier si le combustible contenu dans les missiles Trident n'a pas été altéré avec le temps.

Jusqu'à présent, la Grande-Bretagne, comme les Etats-Unis, s'est contentée de vérifier régulièrement les têtes nucléaires de ses armes, et de remplacer certains composants au gré des besoins. Cette démarche parallèle n'a rien d'étonnant, vu l'étroite dépendance stratégique entre les deux pays. Les SNLE britanniques vont chercher leurs missiles nucléaires à Kings Bay, dans l'Etat de Georgie, avant de partir en patrouille océanique, et la tête de leurs missiles Trident est considérée comme dérivée de celle des Trident américains, la W76.

L'essai du Nevada est, d'une certaine manière, un pis-aller, avant la mise au point d'une autre technologie visant à mettre au point des armes nucléaires dites " robustes ", c'est-à-dire conçues pour ne pas subir les altérations technologiques que connaissent les charges actuelles avec le temps.

La France a pris dans ce domaine une avance certaine sur la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, rappelle Bruno Tertrais, de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). La dernière campagne d'essais nucléaires ordonnée par Jacques Chirac, en 1995 et 1996, lui a permis d'emmagasiner des données physiques destinées à la mise au point d'armes " robustes ", par des simulations numériques effectuées dans deux installations expérimentales : la machine à radiographier Airix, située à Moronvilliers, dans la Marne, et le laser Mégajoule, installé près de Bordeaux et destiné à l'étude du domaine thermonucléaire. Les SNLE français seront équipés d'un missile plus performant, le M51, vers 2010, et celui-ci recevra une tête nucléaire robuste (TNO) à partir de 2015. L'arme nucléaire aéroportée modernisée, l'ASMP-A, sera, de son côté, équipée d'une tête de nouvelle génération - la TNA.

C'est dans cette voie que s'engagent Britanniques et Américains. Les premiers poursuivent des travaux en ce sens dans leur laboratoire d'Aldermaston, dans le Berkshire (sud de l'Angleterre). Les seconds - qui n'ont pourtant pas ratifié le TICE, et peuvent donc, théoriquement, avoir recours à des essais nucléaires - ont commencé des études, en mai 2005, dans leurs laboratoires de Los Alamos (Nouveau Mexique) et de Livermore (Californie). Les deux pays s'efforcent de mettre au point la " Reliable Replacement Warhead " (RRW), littéralement l'" ogive nucléaire fiable de rechange ", autrement dit une tête " robuste ", dont la longévité, l'efficacité présumée et le coût sont plus performants que les têtes nucléaires actuelles.

Britanniques et Américains en sont cependant aux prémices du programme RRW, et rien ne dit que la RRW n'aura pas besoin d'être testée pour être validée. De quoi alimenter le débat nucléaire en Grande-Bretagne. Celui-ci est particulièrement sensible, note M. Tertrais, parce que vécu comme une question de " dépendance nationale à l'égard de Washington, à la différence de la France, où le nucléaire est associé à l'indépendance nationale, en particulier vis-à-vis des Etats-Unis ".

Londres et Washington développent une nouvelle arme nucléaire

11 mars 2006 - La Grande-Bretagne est en train de développer en secret une nouvelle arme nucléaire en coopération avec les États-Unis, selon le journal britannique Sunday Times.
Les travaux de construction de ce nouveau missile ont été lancés depuis que le premier ministre Tony Blair a été réélu en mai 2005, précise le journal, citant une source «britannique haut placée», ayant requis l'anonymat.
Le gouvernement s'est lancé dans le projet tout en affirmant dans le même temps qu'aucune décision n'avait été prise sur la nature des engins devant, ou pas, remplacer la génération actuelle de missiles balistiques Trident, a poursuivi l'hebdomadaire.
Les recherches sur la nouvelle arme au siège du Centre «Atomic Weapons Establishment» d'Aldermaston, dans le Berkshire (sud), seraient plus avancées que des études similaires ayant lieu dans le même temps aux États-Unis.
Les scientifiques désirent fabriquer cette nouvelle ogive nucléaire dissuasive avec des éléments déjà existants afin d'éviter de violer le traité d'interdiction des essais nucléaires, selon le journal.
La nouvelle arme «The Reliable Replacement Warhead» serait ainsi conçue afin d'être testée en laboratoire plutôt que par détonation.
«Nous devons construire une chose que nous ne pourrons jamais tester dans la réalité, mais en laquelle nous devons avoir une confiance absolue qu'elle marche si nous l'utilisons», a indiqué la source citée par le Sunday Times.
Le projet nucléaire secret risque de choquer certains membres du gouvernement Blair opposés à tout remplacement du programme Trident et de constituer une violation flagrante du traité de non-prolifération nucléaire, a encore indiqué le Sunday Times.
La Grande-Bretagne possède quatre sous-marins nucléaires Trident lanceurs de missiles balistiques - Vanguard, Victorious, Vigilant et Vengeance -, équipés chacun de 16 engins à têtes multiples d'environ 12 000 km de portée.


Libération, 11 janvier 2006

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Sujet / Message Re: Prolifération nucléaire.

Message par Sphinx le Ven 11 Juin - 2:17

Israël : une menace nucléaire globale

Israël est entré incognito dans le club fermé des pays possédant l’arme nucléaire par la porte de service du nucléaire civil. En refusant de signer le traité de non prolifération des armes nucléaires (TNP) en 1968, il a affirmé son intention de poursuivre son programme nucléaire militaire sans aucun contrôle international.

Se plaçant dès lors en situation de monopole du nucléaire au Moyen-Orient avec le soutien américain, il a mis en joue tous ses voisins les uns après les autres, mais ne pourra maintenir sa position de gendarme nucléaire incontrôlé et belliciste sans risque grave pour la région : il s’agit bien d’une perspective de guerre nucléaire. Israël, considéré par l’opinion européenne comme une menace prioritaire pour la paix, doit être soumis à une inspection internationale de ses installations nucléaires.

Le pouvoir probablement le plus dangereux est le pouvoir nucléaire. Mais c’est un pouvoir caché, invisible, en orbite ou sous la mer. Et depuis qu’on l’a vu à l’œuvre à Hiroshima et Nagasaki, l’humanité en a gardé la trace indélébile et se sent menacée dans son existence.

Après 1989 et la fin de l’équilibre de la terreur (nucléaire) on nous a fait croire que « la paix avait éclaté » pour tout le genre humain. Ainsi s’est diffusée l’illusion que désormais la menace de guerre nucléaire avait disparu et que par conséquent il n’était plus nécessaire de se mobiliser pour la conjurer. En réalité, après « l’équilibre de la terreur » qui éloignait la possibilité d’une déflagration réelle, les Etats-Unis, restés seuls en lice, n’ont pas éliminé leur arsenal nucléaire. Bien au contraire, ils l’ont réajusté, remodelé, repensé pour créer un « déséquilibre de la terreur » encore plus dangereux.

Désormais les Etats-Unis ont décidé de mettre au point une nouvelle génération d’armes nucléaires de faible puissance. Ces armes, dont la conception est issue de la doctrine de la guerre préventive incluant la nouvelle doctrine nucléaire américaine, visent à percer les bunkers où se cacheraient les missiles ou les commandements ennemis. En utilisant le terrorisme ou l’Iran, comme feuille de vigne… Plutôt que d’éliminer les armes nucléaires, on tend ainsi à annuler la distinction fondamentale entre guerre conventionnelle et guerre nucléaire pour mieux faire admettre leur utilisation. Le seuil tabou sera donc plus aisément franchissable .

En d’autres termes, préparer des armes de ce type accroît la possibilité que la guerre devienne vite nucléaire, provoquant une réaction en chaîne qui pourrait être irréversible. Dans un rapport du Pentagone publié en mars 2002 dans Los Angeles Times, l’administration Bush demande de préparer des plans pour l’emploi d’armes nucléaires contre au moins sept pays : la Chine, la Russie, l’Irak, la Corée du Nord, l’Iran, la Libye et la Syrie. Certains passages de ce rapport précisent où et pourquoi les forces armées américaines « devraient être préparées à employer des armes nucléaires : dans un conflit arabo-israélien, dans une guerre entre la Chine et Taiwan ou dans une attaque de la Corée du Nord contre la Corée du Sud. Elles devraient être prêtes aussi dans le cas d’une attaque de l’Irak contre Israël ou contre un autre pays voisin. »

Tel est le contexte stratégique global où la guerre nucléaire est de nouveau d’actualité, devenant l’arme des puissants de la planète pour résoudre une fois pour toutes l’existence du conflit sur la terre.

Si les Etats-Unis prévoient explicitement dans leur logique de guerre préventive l’usage du nucléaire au Moyen-Orient, pourquoi Israël devrait-il l’exclure ? Le 7 octobre 2003, Ariel Sharon, encouragé par le soutien américain à son bombardement en Syrie, déclare à la télévision israélienne qu’Israël frappera ses ennemis « à n’importe quel endroit et avec n’importe quel moyen » . Ainsi Ariel Sharon, qui vient de bombarder la Syrie, se déclare immédiatement prêt à utiliser l’arme nucléaire. La bombe secrète, dont tout le monde connaît l’existence, est destinée à jouer un rôle de plus en plus important et dangereux dans les crises du Moyen-Orient.

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Sujet / Message Re: Prolifération nucléaire.

Message par Sphinx le Ven 11 Juin - 2:23

L’arsenal nucléaire de Sharon


Sur la base d’estimations diverses, les forces armées israéliennes possèdent entre deux cents et quatre cents têtes nucléaires. Selon la revue anglaise spécialisée Jane’s Intelligence Review, leur arsenal en comprend environ quatre cents pour une puissance d’ensemble de 50 mégatonnes équivalant à 3 850 bombes d’Hiroshima.

Il s’agit d’abord d’armes tactiques de faible puissance, parmi lesquelles des bombes à neutrons faites pour frapper des objectifs rapprochés sans provoquer une excessive retombée radioactive sur-le-champ de bataille. Mais on trouve aussi des armes thermonucléaires de forte puissance prêtes à être utilisées. Comme vecteurs nucléaires les forces israéliennes disposent d’environ 300 chasseurs F16 fournis par les Etats-Unis et 25 F15 d’origine américaine également. Ces derniers ont été « renforcés » avec l’augmentation du rayon d’action à 4450 km et en les dotant de systèmes de guidage plus sophistiqués.

Ces avions sont armés de missiles air-sol Popeye à tête nucléaire capables de pénétrer à une certaine profondeur sur le terrain pour détruire les bunkers des centres de commandement. Ce système d’armes - acquis de l’aéronautique américaine et utilisé en 1999 avec des têtes conventionnelles dans la guerre contre la Yougoslavie - a été produit, testé et amélioré à travers un programme conjoint israélo-américain. Une autre version de ce même missile nucléaire, le Popeye Turbo, a été installée sur trois sous-marins Dolphin, fournis par l’Allemagne en 1999-2000. La marine israélienne peut ainsi maintenir en navigation vingt-quatre heures sur vingt-quatre, soit dans la Méditerranée soit en mer Rouge ou dans le Golfe persique, au moins deux sous-marins armés de missiles nucléaires.

Il faut ajouter à ces vecteurs nucléaires environ 50 missiles balistiques Jéricho II sur des rampes mobiles de lancement avec une portée d’environ 1500 km emportant une charge nucléaire d’une tonne. Une version renforcée du missile, le Jéricho II B est capable probablement d’atteindre les 2800 km. En outre, Israël possède le Shavit, un engin qui a permis de mettre en orbite les satellites Ofek. Dérivé du missile Jéricho II, il peut à son tour être employé comme missile balistique qui, avec une portée comprise entre 5000 et 7000 km, est capable de frapper n’importe quel objectif au Moyen-Orient et même au-delà.



L’histoire d’une bombe secrète

Alors que les Etats-Unis, l’Union soviétique et la Grande-Bretagne cherchent à empêcher, avec le traité de non-prolifération (TNP) , que d’autres pays entrent dans le club nucléaire - dont font partie en 1968 les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, URSS, Grande-Bretagne, France et Chine), un sixième pays s’infiltre dans le « club », réussissant non seulement à y entrer par la porte de service du nucléaire civil mais une fois dedans à se rendre officiellement invisible : Israël.

Au moment même où, en 1968, le TNP est ouvert à la signature, Israël est déjà en train d’installer ses propres armes nucléaires. L’histoire du nucléaire israélien est désormais à peu près élucidée grâce, en particulier, à la publication de la Fédération des savants atomistes américains : Bulletin of Atomic Scientists. Le programme nucléaire israélien a démarré dès la naissance de l’Etat d’Israël en 1948. Dès cette année est constitué au sein de l’armée un « corps scientifique » (Hemed Gimmel). En 1949, sur ordre du ministère de la défense, une équipe de ce corps scientifique a effectué des prospections dans le désert du Néguev à la recherche de réserves d’uranium. Ayant trouvé du minéral à basse teneur d’uranium, le corps scientifique perfectionne un procédé pour l’extraire et développe même une nouvelle méthode pour produire de l’eau lourde (qui sert de modérateur dans les réacteurs nucléaires).

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Sujet / Message Re: Prolifération nucléaire.

Message par Sphinx le Ven 11 Juin - 2:27

Le rôle décisif de la France et la comédie du nucléaire pacifique

cette étape, Israël a besoin d’un réacteur. Pour l’avoir, il s’adresse secrètement à la France avec laquelle existe déjà une collaboration nucléaire : les savants israéliens ont participé, aux débuts des années cinquante, à la construction d’un réacteur à eau lourde et d’une installation de retraitement à Marcoule. La réponse positive de Paris arrive à l’automne 1956 : la France accepte de fournir à Israël un réacteur nucléaire de 18 mégawatts. Quelques semaines plus tard, les forces israéliennes envahissent le Sinaï égyptien pour aider la France et la Grande-Bretagne à occuper la zone du canal de Suez, après la nationalisation par Nasser de la Compagnie qui exploitait le canal. Une fois finie la crise de Suez, pour récompenser Israël, le gouvernement français envoie ses

propres techniciens pour construire dans le plus grand secret, dans un bunker souterrain à Dimona, dans le désert du Néguev, un réacteur nucléaire de 24 mégawatts de puissance. Pour faire parvenir les composants du réacteur en Israël le gouvernement français va faire de la contrebande, déclarant aux douanes françaises qu’ils font partie d’une installation de dessalement destinée à un pays de l’Amérique latine.

De leur côté, les autorités israéliennes font de leur mieux pour cacher la nature réelle des travaux de construction qui sont alors photographiés en 1958 par un avion-espion américain : sans crainte de se contredire, elles déclarent d’abord qu’il s’agit d’une usine textile, puis d’une station agricole et enfin d’un centre de recherche métallurgique… En même temps, en 1959, elles acquièrent secrètement de la Norvège 20 tonnes d’eau lourde sur la base d’un contrat, connu... trente ans après, qui contraint l’acquéreur à l’utiliser uniquement pour des usages pacifiques. Juste après, en 1960, le général De Gaulle, craignant qu’un éventuel scandale affaiblisse la position internationale de la France en pleine guerre d’Algérie, demande au Premier ministre israélien Ben Gourion de rendre public le projet de Dimona. Celui-ci refuse. Le contentieux se résout par un compromis formel : la France complètera la fourniture des composants du réacteur et du matériel fissile, et en échange Israël révèlera l’existence du réacteur et s’engagera à l’utiliser seulement pour la recherche nucléaire civile. En décembre 1960 Ben Gourion annonce au monde l’existence du réacteur, garantissant que celui-ci sera utilisé à des fins exclusivement pacifiques.

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Sujet / Message Re: Prolifération nucléaire.

Message par Sphinx le Ven 11 Juin - 2:32

Le double jeu des Etats Unis

Dans les années soixante, les Etats-Unis entrent officiellement en scène et demandent à Israël de soumettre le réacteur de Dimona à des inspections internationales. Le gouvernement israélien accepte en posant une seule condition : les inspections doivent être effectuées par le gouvernement américain, qui ensuite en communiquera les résultats. Alors, entre 1962 et 1969, vont arriver à Dimona des inspecteurs envoyés par Washington. Ignorants ou malhonnêtes, ces experts ne s’aperçoivent pas que les locaux qu’ils visitent sont une mise en scène avec de faux instruments qui miment des processus inexistants du nucléaire civil et que sous le pavé sur lequel ils marchent, il y a un énorme bunker de huit étages où l’on construit les armes nucléaires…

Le président Lyndon Johnson peut alors assurer officiellement que l’installation est utilisée seulement pour des objectifs pacifiques. La comédie du nucléaire pacifique continue. Entre temps, en 1965, une société américaine, la Nuclear Materials and Equipment Corporation à Apollo (Pennsylvanie) constate la disparition de 90 kg d’uranium enrichi qui, selon toute probabilité, sont arrivés en Israël…

A partir de 1967, le nucléaire israélien est braqué sur les capitales arabes

L’installation de Dimona devient alors opérationnelle et, dès 1966 elle aurait commencé à produire des armes nucléaires. En 1967, Israël dispose probablement de deux bombes qu’elle déploie secrètement pendant la guerre des Six jours . Les vecteurs qui peuvent la transporter, - des avions de chasse-, ont été fournis par les Américains.

Les forces israéliennes se préparent de nouveau à utiliser les armes nucléaires quand, dans la phase initiale de la guerre du Kippour, le 6 octobre 1973, elles se trouvent en difficulté face à l’attaque égypto-syrienne. La décision est prise secrètement le 8 octobre par le Premier ministre Golda Meir et par le ministre de la défense Moshe Dayan : 13 têtes nucléaires de 20 kilotonnes sont déployées pour être lancées sur l’Egypte et la Syrie par des missiles Jericho I (construits par Israël sur projet français) et par des chasseurs-bombardiers fournis par les Etats-Unis. Par la suite, ce « secret » sera volontairement divulgué par les services secrets israéliens pour avertir les pays arabes qu’Israël dispose d’armes nucléaires et est prêt à les utiliser. C’est ce qu’on appelle une stratégie de dissuasion.

Après la guerre du Kippour, le programme nucléaire israélien est accéléré par l’utilisation d’un processus plus rapide pour l’enrichissement de l’uranium par la miniaturisation des têtes nucléaires afin que celles-ci puissent être utilisées avec des canons fournis par les Etats-Unis.

Dans les années soixante-dix, le gouvernement israélien établit une relation secrète avec un partenaire particulier : l’Afrique du Sud de l’apartheid. Ce pays lui fournit au moins 550 tonnes d’uranium et, en échange, reçoit d’Israël le savoir technologique qui lui permet de construire des bombes nucléaires.

Ainsi le gouvernement israélien ne se contente pas de développer ses propres armes nucléaires, il aide en même temps un autre pays, l’Afrique du Sud, à les construire : il participe donc à la prolifération des armes nucléaires.

En fait, en refusant d’emblée, dès 1968, de signer l’accord du TNP au motif qu’on ne peut se fier au système de contrôle international mis en place par l’AIEA, Israël manifestait son refus de se voir contrôler par celle-ci et, ipso facto, démontrait son intention de mener à bien sans entrave un projet nucléaire militaire qui ouvrait la voie à la prolifération nucléaire régionale, à l’échelle de tout le Moyen-Orient jusqu’au Pakistan.

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Sujet / Message Re: Prolifération nucléaire.

Message par Sphinx le Ven 11 Juin - 2:33

Israël, gendarme militaire du Moyen-Orient
En même temps qu’ils se consacraient au développement quantitatif et qualitatif de leur propre arsenal nucléaire, les gouvernements israéliens ont cherché par tous les moyens de conserver au Moyen-Orient le monopole de ces armes, en empêchant les pays arabes de développer des programmes leur permettant un jour de les construire. C’est sur la base de cet élément stratégique majeur, sûrement en accord avec Washington, que le 7 juin 1981 Israël lance une attaque-surprise contre le réacteur nucléaire Tamouz-1 qui était sur le point d’entrer en fonction à Osirak en Irak. Pour la première fois dans l’histoire, un Etat accomplit un acte de guerre selon la doctrine de la première frappe préventive qui peut détruire par surprise l’essentiel de l’arsenal stratégique nucléaire de l’ennemi dans le cadre de la logique de la guerre nucléaire. Vingt ans avant que les Etats-Unis en fassent officiellement leur doctrine stratégique…

Un plan analogue est, selon toute probabilité, déjà prêt vis-à-vis de l’Iran que le ministre des affaires étrangères israélien accuse le 4 juillet 2003 de « vouloir développer une arme nucléaire », ce qui constitue, souligne-t-il sans faiblir, « une menace non seulement pour Israël mais pour la stabilité du monde entier ». Ainsi le gouvernement qui donne l’alarme n’adhère pas au TNP - à la différence du gouvernement iranien - et échappant à tout contrôle de la part de l’AIEA, est le seul au Moyen-Orient à posséder des armes nucléaires et à les pointer en permanence sur les autres pays de la région…

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Sujet / Message Re: Prolifération nucléaire.

Message par Sphinx le Ven 11 Juin - 2:39

Une stratégie nucléaire globale : l’axe Etats-Unis-Israël-Inde

En septembre 2003, la visite d’Ariel Sharon en Inde est la première d’un chef de gouvernement israélien depuis l’indépendance du pays en 1947. Elle permet de mettre à jour les relations militaires et même stratégiques qui s’étaient constituées depuis environ un quart de siècle entre les deux puissances nucléaires .

En fait, c’est en 1998, au moment des essais nucléaires effectués par l’Inde et le Pakistan, entérinant ainsi la nucléarisation de l’Asie du Sud, que sont révélés les contacts clandestins entre l’Inde et Israël en matière de technologie nucléaire et de missiles. Ces révélations mettent en lumière l’étroite relation existant entre les problèmes du Moyen-Orient et ceux de l’Asie du Sud, problèmes qui ont désormais une dimension nucléaire. Cinq éléments déterminants apparaissent alors :

Israël est la seule puissance nucléaire qui ne reconnaît pas l’être.
Israël, échappant aux inspections de l’AIEA, a aussi aidé l’Inde pour son programme d’armes nucléaires.
Le Pakistan, dont le statut nucléaire a été perçu dans le monde musulman comme un contrepoids positif à l’arsenal israélien, a craint une attaque préventive d’Israël sur ses installations nucléaires, en liaison avec l’Inde.
Tandis que l’Inde a publiquement qualifié le Pakistan et la Chine d’adversaires, la caractérisation de la bombe du Pakistan comme « islamique » implique qu’elle a une double dimension, orientale (l’Inde) et occidentale (le Moyen-Orient).
Les Etats-Unis, à travers la CIA, ont servi de médiateur pour développer la coopération militaire entre l’Inde et Israël d’abord dans le domaine des armes conventionnelles, au milieu des années soixante, et ensuite dans les programmes nucléaires.

La connexion entre les tensions en Asie du Sud centrées autour du Cachemire avec celles du Moyen-Orient qui ont comme foyer central l’occupation des terres arabes par Israël depuis 1967 annonce alors l’ouverture d’un nouveau chapitre extrêmement préoccupant dans les relations internationales.

A partir de 1998, la situation change en effet quand la droite hindoue non seulement fait exploser des armes nucléaires mais entreprend de renforcer ses liens avec les Etats-Unis et Israël, essayant de créer une nouvelle entente Washington-Tel-Aviv-New-Delhi contre l’Islam. La coopération militaire entre l’Inde et Israël s’accélère alors et se renforce. Dès mars 1998, quelques jours avant que l’Inde entame ses essais nucléaires, une délégation des industries aéronautiques israéliennes vient en Inde pour vendre des avions-missiles sans pilote pour neutraliser l’option nucléaire du Pakistan.

Les attentats du 11 septembre 2001 donneront une nouvelle impulsion à cette coopération. S’exprimant devant le Comité juif américain (AJC) à Washington, le conseiller à la sécurité du premier ministre indien, Brajesh Mishra plaidera pour « un axe central Etats-Unis-Israël-Inde pour combattre en commun le terrorisme » . En fait, l’Inde veut imiter Israël comme puissance nucléaire régionale disposant d’un prestige international en particulier auprès des Etats-Unis. Israël considère l’Inde comme un vaste marché pour son armement et comme un alliécontre « le monde islamique ». Les Etats-Unis semblent souhaiter une nouvelle configuration stratégique incluant l’Inde et Israël pour encercler aussi bien le communisme (chinois) que l’islam. Israël entre ainsi dans une stratégie nucléaire globale voulue par les Etats-Unis.

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Sujet / Message Re: Prolifération nucléaire.

Message par Sphinx le Ven 11 Juin - 2:43

Vers une guerre nucléaire au Moyen-Orient ?

Cela dit, Israël reste toujours dans une sorte de limbe nucléaire et il faut bien mesurer son intérêt de maintenir ce flou. Quel en est l’avantage ? Les ennemis ne savent pas exactement ce qu’il possède et il en résulte un certain effet de dissuasion. D’autre part, les Etats-Unis peuvent continuer officiellement à appuyer Israël sans être accusés d’abandonner leur politique officielle de non-prolifération.

D’où cela vient-il ? D’un compromis - révélé très récemment - datant de 1969 entre les Etats-Unis et Israël, signé entre Golda Meir et le gouvernement de Washington. En résumé, les Américains s’abstiennent de faire pression sur Israël pour qu’il signe le TNP ; en échange, Israël s’engage à maintenir l’ambiguïté pour éviter d’avoir à répondre précisément devant la communauté internationale de cet armement nucléaire.

Pour l’avenir, quelle peut être la stratégie nucléaire israélienne ? Pour l’appréhender, on peut distinguer deux temps :
Le temps des années quatre-vingt-dix avec la perspective d’un compromis de paix (Oslo).
Le temps de l’abandon du processus d’Oslo par le gouvernement Sharon, articulé sur l’accélération de l’évolution américaine après le 11 septembre 2001.

La première phase a été conditionnée par la première guerre du Golfe avec les quarante-deux missiles Scud lancés par l’Irak sur Israël. À partir de ce moment, la menace a été pensée par les stratèges israéliens comme pouvant venir de loin, émanant d’Etats non limitrophes d’Israël (alors qu’on espérait un processus de paix qui aurait inclus la Syrie voisine). Désormais la menace était constituée par des missiles balistiques pouvant atteindre le territoire israélien avec - ou non - des têtes nucléaires. La réponse officielle d’Israël est « simple » : fabriquer des missiles antimissiles, les fameux Arrow, et, plus récemment, les Patriot, avec les Américains. C’est la réaction stratégique officielle. Mais en réalité Israël préparerait une riposte en deuxième frappe à partir de sa flotte de sous-marins d’origine allemande avec des missiles de croisière dotés de têtes nucléaires. Une stratégie de dissuasion à la française justifiée par le fait que les Etats-Unis n’ont pas pu empêcher le Pakistan d’avoir sa bombe et qu’il faut en tirer les conséquences.

Jusqu’à ce moment, l’arme nucléaire israélienne était présentée comme le dernier recours au cas où les armées arabes auraient subverti complètement les frontières de l’Etat hébreu. A ce moment-là on utiliserait en dernier recours l’arme nucléaire contre les pays qui auraient envahi le territoire israélien. Mais aujourd’hui, si l’adversaire « islamique » détient l’arme nucléaire, la réflexion stratégique est bouleversée. Il faut donc préparer une « défense préventive » à long rayon d’action. Cela signifie en réalité que l’on peut envisager une espèce d’attaque préventive pour empêcher cette attaque nucléaire par un pays ennemi. Il faut donc se doter de cette capacité d’attaque préventive contre les missiles ennemis avant que ceux-ci ne soient lancés.

L’échec du processus de paix d’Oslo, la venue au pouvoir de George W.Bush - ce « Sharon global » - et de Sharon, l’alliance étroite entre l’extrême droite israélienne et l’extrême droite américaine assombrissent de manière dramatique l’horizon stratégique. La course à l’armement nucléaire (mais aussi aux armes chimiques) s’en trouve accélérée et la doctrine d’emploi du nucléaire s’élargit beaucoup. Déjà la guerre contre l’Irak a été potentiellement nucléaire. En effet, les Etats-Unis ont dit que l’option nucléaire était ouverte. Des centaines d’armes nucléaires tactiques ont été déployées autour de l’Irak. Il y a donc cette ambiance lourde qui s’installe dans la mesure où Bush, avec l’accord et parfois la pression de Sharon, entend régler militairement les problèmes au Moyen-Orient. Aujourd’hui, le nucléaire israélien représente une menace principale pour la paix au Moyen-Orient. On ne peut concevoir un processus de paix au Moyen-Orient avec un pays qui met en joue tous ses voisins avec ses armes nucléaires.

Le Moyen-Orient constitue, avec le pôle Inde-Pakistan, la zone la plus critique concernant l’avenir de la prolifération nucléaire. Israël se trouvera à l’avenir face à un certain nombre de défis liés au développement régional d’armes non conventionnelles (chimiques et/ou nucléaires) . La situation pourrait se révéler bientôt intenable pour Israël. L’opération Osirak pourrait devenir une sorte d’impératif stratégique de la politique israélienne soucieuse de rester le gendarme nucléaire dans la région. On imagine les risques de cette situation.

La garantie définitive contre la prolifération nucléaire au Moyen-Orient est à rechercher sur le plan politique dans la solution des problèmes de la zone, à commencer par la question palestinienne. Dans l’immédiat, il est évident qu’il faut établir un haut niveau de contrôle international sur les activités des pays proliférants. Ce problème concerne au premier chef le nucléaire israélien. Après l’Iran, où l’Europe semble avoir imposé pacifiquement un arrêt du nucléaire militaire, pourquoi Israël, considérée par l’opinion européenne comme une menace prioritaire pour la paix, ne pourrait-il pas être l’objet d’une demande d’inspection internationale de ses installations nucléaires ?

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Sujet / Message Re: Prolifération nucléaire.

Message par Sphinx le Ven 11 Juin - 2:45

Les dangereux préparatifs nucléaires de Tel-Aviv contre l’Iran

Au moment où l’AIEA refuse l’exigence américaine de voter des sanctions contre l’Iran qui a accepté de signer le protocole additionnel du TNP, un autre acteur entend agir indépendamment de toute résolution de l’AIEI : Israël, qui a évoqué « les inquiétantes tentatives de Téhéran » (Le Monde, 28 novembre 2003). En fait, le gouvernement israélien est en train de préparer le terrain pour une action militaire contre les installations nucléaires civiles iraniennes. Selon le Jerusalem Post du 23 novembre, Ariel Sharon a annoncé à la radio de l’armée qu’il voulait « prendre personnellement la direction des activités israéliennes face à l’effort nucléaire iranien ». Dès le 12 novembre, à Washington, le ministre israélien de la défense, Shaul Mofaz, a déclaré qu’avec son programme nucléaire « l’Iran peut atteindre le point de non retour d’ici un an et[qu’]Israël ne lui permettra pas de développer des armes nucléaires ». Le 17 novembre, le chef du Mossad, Meir Dagan, a affirmé devant une commission parlementaire que le programme nucléaire iranien « constitue la plus grande menace qu’Israël ait jamais affrontée ».

Le plan d’attaque est déjà prêt : dès juin 2002, la revue Jane’s a annoncé qu’« Israël lancera presque certainement une attaque préventive contre l’infrastructure iranienne de recherche et de développement nucléaire », ajoutant que, pour ce raid, « Israël aurait, selon toute probabilité, l’appui couvert des Etats-Unis ».

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Sujet / Message Re: Prolifération nucléaire.

Message par Syfou le Lun 19 Sep - 1:57

Pas de résolution des pays arabes contre « Israël » à l’AIEA

Les États arabes ne déposeront pas cette année de résolution condamnant la politique nucléaire d’Israël lors de la conférence générale de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a-t-on appris jeudi de sources diplomatiques.

Cette décision vise à « créer une base de confiance » dans le cadre des négociations sur une zone sans armes nucléaires au Moyen-Orient, alors qu’une conférence sur le sujet doit avoir lieu en 2012, a indiqué un diplomate arabe.

Les États signataires du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) ont avalisé il y a deux ans la tenue en 2012 d’une conférence pour débattre d’une interdiction des armes de destruction massive dans tout le Proche-Orient.

Rappelons qu’ « Israël » qui n’a pas signé le TNP est la première puissance nucléaire au Proche Orient.

Source: Agences

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