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Sujet / Message Extermination, massacre et destruction (1830,1962)

le Ven 23 Avr - 17:21
Les manifestations de la guerre totale menée par l'administration coloniale française étaient présentes sous toutes leurs formes, allant de l'extermination de l'élément humain, lanéantissement de tous les repères arabomusulmans de la société algérienne, à travers la destruction des institutions religieuses et culturelles, les expéditions militaires sans merci contre les tribus qui rejetaient la colonisation et toutes les actions répressives qui en découlent telles que le bannissement, la déportation, le déplacement des populations et l'emprisonnement.

Les dirigeants et gouverneurs français, aussi bien militaires que civils, qui avaient pris en charge l'administration des affaires de l'Algérie furent l'instrument efficace pour l'exécution de cette politique barbare, mettant en uvre toutes leurs énergies pour asseoir l'occupation et renforcer ses bases


Dans l'un de ses rapports, un des chefs militaires français reconnaît : " Nous avons détruit totalement tous les villages, les arbres, les champs et les pertes occasionnées par nos troupes à ces populations sont inestimables. Si certains se demandent, si nous avons bien ou mal agi, je leur répondrais que c'est là l'unique méthode pour soumettre les habitants et les pousser à partir "

Le Général Bugeaud a justifié le non respect par l'armée française des règles humanitaires dans ses rapports avec les Algériens par le fait que le respect de celles-ci aurait retardé l'opération d'occupation de l'Algérie. Ceci constitue une reconnaissance explicite de la pratique par l'armée française de l'extermination, de la rapine, de la destruction et le déplacement des populations à l'égard des Algériens.

Il ne fait aucun doute que cet esprit militaire régnant au sein de larmée française a été dominé par des tendances agressives sauvages à tel point quil ne faut guère sétonner de cette appellation officieuse donnée par le commandant Montignac à ses soldats, à savoir les fantassins de la mort, de même quil ne faut pas sétonner de constater que les officiers supérieurs et les historiens attribuent le nom de colonnes infernales aux colonnes de la destruction que Bugeaud avait fait sévir en Algérie.

Il nest pas surprenant que Saint Arnaud se soit glorifié dans ses correspondances davoir rayé de la carte de nombreux villages et érigé sur son chemin des montagnes de cadavres. Lorsque le Général Bugeaud fut interpellé par le Parlement français à propos des crimes commis par ses officiers et soldats en Algérie, il répondit à son ministre de la guerre en disant : «Et moi, je considère que le respect des règles humanitaires fera que la guerre en Afrique risque de se prolonger indéfiniment ».

Cela avait débuté par le massacre de Blida à lépoque du Général Clauzel puis le massacre dEl Ouffia à lépoque du Duc de Rovigo qui dévoila la nature du génocide collectif adopté comme méthode politique par la France en Algérie.

Cela fut suivi par dautres massacres dont le plus célèbre fut celui de la grotte des Frachich , commis par le colonel Pélissier , sans parler de ce qui a été commis par le criminel Cavaignac contre les tribus du Chélif où il

appliqua une méthode comparable à lexécution par asphyxie. Ce fut le massacre des tribus de Sébiâa.

Lopération dextermination de lélément humain ne sest pas limitée à une région précise en Algérie mais devint la distraction favorite de tout dirigeant militaire français chargé détendre linfluence de la France ou de propager son message civilisationnel

Le traité de reddition conclu le 5 juillet 1830 entre le Comte De Bourmont , commandant de larmée française doccupation et le régent dAlger le Dey Hussein nétait en fait que la soumission du faible au plus fort et du vaincu au vainqueur.
Bien que larticle 5 du traité stipule la non atteinte à la religion musulmane, ni aux biens du peuple algérien, ni à leurs commerces ou industries, les biens privés néchappèrent pas au pillage et à la rapine. Les troupes doccupation, aussi bien les officiers que les soldats, entreprirent de chasser les habitants de la Casbah où se situait le siège du Dey et commencèrent à creuser le sol dans lespoir de découvrir les trésors enfouis de lAlgérie. Les murs denceinte furent également détruits dans le même objectif, de même que les particuliers furent contraints dabandonner leurs biens et leurs demeures, craignant pour leurs vies, ainsi quen témoigne Hamdan Khodja lui-même. En outre, des terres et des maisons relevant des biens privés furent accaparés par lautorité doccupation. C'est ainsi que plus de 168 mille hectares furent confisqués pour la seule région dAlger, auxquels il faut ajouter lopération de regroupement des tribus expropriées de leurs terres dans le cadre dune loi promulguée par le Gouverneur Général Randon dont lapplication débuta en 1863.

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Sujet / Message Re: Extermination, massacre et destruction (1830,1962)

le Ven 23 Avr - 17:21
Selon le témoignage de Hamdan Khodja, les notables dAlger furent contraints de quitter la ville laissant leurs biens en proie au pillage, ce qui a eu une influence négative sur les couches démunies qui se sont révoltées contre cette politique. Les soldats de lennemi ont également pris possession des meubles, notamment les armes incrustées dor, dargent ou de pierres précieuses. Parmi les demeures qui furent l'objet de pillage, il y eut celle de Hamdan Khodja lui-même .Toutes les demeures situées à Alger destinées à la villégiature furent également accaparées.
Les propriétaires des biens privés réquisitionnés par la force ne reçurent aucune indemnisation. Bien plus, les biens étaient soumis à la destruction au vu et au su des propriétaires. Ainsi, les portes étaient cassées pour être brûlées et les clôtures métalliques arrachées pour être vendues. Les sols quant à eux étaient creusés à la recherche de trésors mythiques.
Si les biens privés à lintérieur de la Capitale furent en butte à la destruction, les environs dAlger connurent le même sort. Ainsi les officiers supérieurs rivalisaient pour saccaparer les plus belles demeures et jardins quils entreprenaient de détruire après y avoir séjourné.
Dautre part, les locaux commerciaux furent enlevés aux Algériens pour être remis aux juifs prioritairement.
Genty de Bussy a exprimé cette politique par ces propos : « Nous avons pris lAlgérie ; nous en sommes les propriétaires sans partage et nous y ferons tout ce qui nous plaira à travers sa destruction ou autre »
Un rapport français publié en 1833 a confirmé cette politique basée sur la destruction et le pillage. On peut notamment y lire : « Nous avons détruitet été injustes envers des populations auxquelles nous avions promis le respectnous avons accaparé leurs biens privés sans indemnisation. ». Cette voie a été suivie par Bugeaud pour lexécution de son plan incluant plusieurs méthodes infernales parmi lesquelles la dévastation totale des villages habités par les autochtones, la destruction des institutions religieuses et leur vente aux colons européens qui les ont démolies pour ériger dautres constructions à leur place.
La confiscation des biens privés avait causé des préjudices considérables à leurs propriétaires et selon le témoignage de lun des français, M. DELSPES : « Les indigènes dépouillés de leurs biens sans aucune indemnisation se sont retrouvés dans un tel état de misère qu'ils étaient contraints de mendier »
Même lartisanat qui était pourtant conscrit à un nombre limité dAlgérois fut anéanti et neut plus aucune existence. Les biens publics constitués par le legs laissé derrière lui par le Dey Hussein et en premier lieu les fonds algériens déposés au Trésor public estimés à 50 millions de dollars, furent accaparés par les autorités doccupation qui se les sont appropriés.
Il en fut de même pour les biens religieux waqf qui furent confisqués en vertu de la décision du 8 septembre 1830 laquelle fut suivie par une deuxième décision le 7 décembre 1830 autorisant le gouverneur général à disposer même des biens religieux en les louant ou les donnant en location.
Aux termes de ces deux décisions eut lieu la nationalisation des biens publics qui furent, par la suite, mis à la disposition des colons vu que ladministration française leur avait vendu, en matière de biens waqf, pour léquivalent de 4495839 Francs. La destruction sest par la suite étendue à toutes les grandes villes où les troupes doccupation ne se sont pas contentées de couper les arbres mais ont troué les conduites deau et détruit les canaux dirrigation. Parallèlement les noms des rues furent changés et les marchés existant à lépoque détruits et transformés en places publiques. De même, de nombreuses maisons furent démolies à Alger pour réaliser la place du Gouvernement. Ces biens furent transformés en cabarets, lieux de culte ou cafés à la française.
Dans ce domaine, et selon des sources françaises concernant les biens de manière générale, le Docteur Sâadallah a relevé ce qui suit :

- Les biens de létat (beylik) estimés à 5000 propriétés et qui comprenaient diverses installations parmi lesquelles des casernes, des bâtiments officiels, des biens des gouvernants, ministres et hauts fonctionnaires dans le gouvernement algérien ont été affectés à ladministration coloniale.

- Les biens de beyt el mel (Trésor public) à savoir les biens saisis et versés au Trésor parmi les et pour lesquels il ny avait pas dhéritiers ;

- Les biens privés constitués par de nombreux biens immobiliers;

- Les biens religieux (waqf) en dépit de leur statut de biens publics étaient de diverses sortes :

- les biens waqf à la Mecque et Médine, nombreux et très riches

- les biens appartenant aux mosquées

- les biens des zaouias (confréries) et des mausolées

- les biens waqf en Andalousie, les biens des nobles, les biens waqf des janissaires et les biens waqf en voie publique et enfin les biens waqf en sources deau.

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Sujet / Message Re: Extermination, massacre et destruction (1830,1962)

le Ven 23 Avr - 17:22
Les institutions culturelles et religieuses firent également lobjet de destruction et ce dans le cadre dune politique coloniale sinscrivant elle-même dans une guerre totale. Ladministration coloniale avait mis laccent sur la démolition des établissements religieux, et en premier lieu les mosquées, les écoles et les zaouias, en raison du rôle quelles pouvaient jouer dans la préservation des valeurs du peuple algérien et son appartenance à la civilisation arabomusulmane. Cette politique eut pour résultat la détérioration de la culture et du niveau de lenseignement dans la société algérienne, contribuant au renforcement de la position de ladministration coloniale et des colons.

Parmi ces institutions, nous citerons les mosquées comme exemple de la barbarie française. Avant loccupation française, la ville dAlger, regroupait à elle seule 176 mosquées. En 1899, il n'en restait plus que cinq(05). Parmi les mosquées les plus importantes profanées par le colonialisme, nous citerons :

- La mosquée de la Casbah transformée en Eglise de la Sainte Croix

- La mosquée Ali Betchine transformée en Eglise de la Sainte Victoire

- La mosquée Ketchaoua transformée en église après que larmée française ait décimé les 4000 fidèles qui sy étaient réfugiés. Et la liste est longue.

Il en fut de même dans le reste des villes algériennes : les zaouias connurent le même sort que les mosquées et furent lobjet de démolition, de cession ou de transformation.

Selon les statistiques françaises, 349 zaouias furent détruites ou accaparées. Parmi celles qui ont disparu du fait de cette politique, celles del kachach, al sabaghin, al mekyasin et Chaberlya.

Réalisant le danger que constituait lenseignement en langue arabe, les politiciens français sen prirent aux établissements qui le dispensaient et le financement constitué par les recettes des biens waqf fut interrompu.

Les écoles ou médrasas subirent également le même sort, telles la médersa de Djamaâ Kébir (la Grande Mosquée) et la médersa de la mosquée al sayyeda.

Dans la ville de Annaba, il y avait, avant loccupation, 39 écoles en plus de celles qui relevaient des mosquées. Il nen resta plus que 3.

Dans un rapport adressé à Napoléon III, lun des généraux français a résumé la détermination de ladministration française à combattre les institutions culturelles algériennes en disant : « Nous sommes tenus de créer des entraves aux écoles musulmaneschaque fois que nous le pouvonsEn dautres termes, notre objectif doit être de détruire le peuple algérien matériellement et moralement ».

Par:toufik bakhti

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Sujet / Message Re: Extermination, massacre et destruction (1830,1962)

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