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des Français qui se sont battus pour l'indépendance de l'Algérie

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Sujet / Message des Français qui se sont battus pour l'indépendance de l'Algérie

Message par Sphinx le Dim 8 Fév - 16:51

Henri Maillot



Henri Maillot était fils d'un européen d'Algérie de vieille souche — un enfant du pays, en quelque sorte. Militant du PCA (Parti communiste algérien), délégué national de l'UJDA, il était comptable au journal Alger Républicain. Après avoir été rappelé trois mois sous les drapeaux, il s'engage avec le grade d'aspirant et est affecté au 57e bataillon de tirailleurs de Miliana. Le 4 avril 1956 il passe au maquis avec un camion d'armes, et il adresse cette lettre à la presse parisienne.

L'écrivain français Jules Roy, colonel d'aviation, écrivait, il y a quelques mois : “Si j'étais musulman, je serais du côté des fellagha” .

Je ne suis pas musulman, mais je suis Algérien, d'origine européenne. Je considère l'Algérie comme ma patrie. Je considère que je dois avoir à son égard les mêmes devoirs que tous ses fils. Au moment où le peuple algérien s'est levé pour libérer son sol national du joug colonialiste, ma place est aux côtés de ceux qui ont engagé le combat libérateur.

La presse colonialiste crie à la trahison, alors qu'elle publie et fait siens les appels séparatistes de Boyer-Bance. Elle criait aussi à la trahison lorsque sous Vichy les officiers français passaient à la Résistance, tandis qu'elle servait Hitler et le fascisme.

En vérité, les traîtres à la France, ce sont ceux qui pour servir leurs intérêts égoïstes dénaturent aux yeux des Algériens le vrai visage de la France et de son peuple aux traditions généreuses, révolutionnaires et anticolonialistes. De plus, tous les hommes de progrès de France et du monde reconnaissent la légitimité et la justesse de nos revendications nationales.

Le peuple algérien, longtemps bafoué, humilié, a pris résolument sa place dans le grand mouvement historique de libération des peuples coloniaux qui ambrase l'Afrique et l'Asie. Sa victoire est certaine.

Et il ne s'agit pas comme voudraient le faire croire les gros possédants de ce pays, d'un combat racial, mais d'une lutte d'opprimés sans distinction d'origine, contre leurs oppresseurs et leurs valets sans distinction de race.

Il ne s'agit pas d'un mouvement dirigé contre la France et les Français, ni contre les travailleurs d'origine européenne ou israélite. Ceux-ci ont leur place dans ce pays. Nous ne les confondons pas avec les oppresseurs de notre peuple.

En accomplissant mon geste, en livrant aux combattants algériens des armes dont ils ont besoin pour leur combat libérateur, des armes qui serviront exclusivement contre les forces militaires et policières et les collaborateurs, j'ai conscience d'avoir servi les intérêts de mon pays et de mon peuple, y compris ceux des travailleurs européens momentanément trompés.

Henri Maillot
Au maquis, Henri Maillot retrouve Maurice Laban. Lui aussi était né en Algérie, à Biskra, où ses parents étaient instituteurs. Il s'engage dans les Brigades internationales durant la Guerre d'Espagne ; il en revient avec de graves blessures. Lui aussi était militant du Parti communiste algérien .

Devenu “l'officier félon” pour la presse coloniale , Henri Maillot est condamné à mort par contumace le 22 mai par le tribunal militaire d'Alger.

Henri Maillot et Maurice Laban rejoignent un petit groupe d'une quinzaine de maquisards du PCA, “les Combattants de la liberté” (CDL), dans la région d'Orléansville (aujourd'hui Chlef). Mais dès le 5 juin 1956, le petit groupe est liquidé par l'armée française ; Maillot est capturé vivant, et alors qu'on veut lui faire crier “Vive la France”, il s'exclame “Vive l'Algérie indépendante !” avant de tomber sous une rafale — il avait 24 ans. Certains d'entre ceux qui survécurent s'intégreront, dans l'Armée de libération nationale (ALN) algérienne.

Henri Alleg parle d'« épopée » à propos de la constitution de ce “Maquis rouge”, comme disait la presse de l'époque. Il est de ceux qui jamais ne pourront oublier « l'extraordinaire émotion qui, un matin de juin 1956, accueillit la nouvelle de la mort d'Henri Maillot, de Maurice Laban et de leurs compagnons d'armes, paysans patriotes engagés à leur côté » .

Henri Alleg note que, si à l'époque « le nom des Européens qui en étaient membres a été plus médiatisé que ceux qui étaient d'origine algérienne, ils ne seront pas non plus traités par les dirigeants de l'Algérie indépendante avec le respect et la reconnaissance que méritait leur exceptionnel courage ». Merzak Chertouk, après avoir remarqué que, 45 ans après la fin de cette terrible guerre d'Algérie, on hésite encore parfois dans le choix du vocabulaire et devant l'évocation de certains épisodes dramatiques, afin de ne pas raviver des blessures non cicatrisées, regrette que les Algériens d'origine européenne, morts pour l'indépendance ainsi que les survivants demeurent enfouis « sous des décombres d'amnésie » .

Pour Merzak Chertouk, « le devoir de mémoire nous impose de connaître notre histoire pour mieux comprendre le présent et appréhender l'avenir. » [EW] Déplorant que « l'écriture de l'histoire de la guerre de Libération nationale » reste « un enjeu important, des luttes politico-idéologiques actuelles », il souhaite que soient « ressuscités certains héros “oubliés”, et, parmi eux, l'aspirant Henri Maillot et Maurice Laban, authentiques patriotes algériens ». « Pour s'en convaincre davantage, il suffit de lire la lettre que Henri Maillot a envoyée aux rédactions parisiennes pour expliquer les raisons de sa désertion. Une lettre qui véhicule un message de tolérance, d'humanisme et de fraternité. Lettre qui devrait être lue dans nos écoles afin d'enraciner ces valeurs fondamentales dans le cœur et l'esprit de nos enfants. »

article de la rubrique les deux rives de la Méditerranée > la guerre d'Algérie
date de publication : jeudi 28 juin 2007



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Sujet / Message Re: des Français qui se sont battus pour l'indépendance de l'Algérie

Message par Daûphin_zz_47 le Lun 4 Avr - 13:36

ll y a cinquante-quatre ans, le 4 avril 1956
Le camion d’armes d’Henri Maillot




Le 4 avril 1956, le geste héroïque d’Henri Maillot fut comme une réponse à l’appel pressant d’Abane Ramdane. «Nous n’avons qu’un seul souci : les armes, les armes, les armes», écrivait d’Alger, à la Délégation extérieure du FLN installée au Caire, celui qui était devenu en quelques mois le chef de la lutte de libération nationale.

Les armes dont avait besoin l’ALN, il fallait les arracher à l’ennemi, pensait Henri Maillot. C’est l’idée qui germa dans sa tête dès les premiers moments de son séjour à la caserne de Miliana où il avait été rappelé, au mois d’octobre 1955, comme officier de réserve.

Venu en permission chez ses parents, à La Redoute, à l’occasion des fêtes de fin d’année, il rencontra son camarade du Parti communiste, William Sportisse. Celui-ci, en route vers Constantine, était venu rendre visite à la famille Maillot. Les deux camarades ne s’étaient pas vus depuis plusieurs mois.

Le temps des retrouvailles passé, Henri confia à William l’idée qui lui trottait par la tête : capturer un camion d’armes. L’idée acceptée par les dirigeants du PCA clandestin fit son chemin.

Pour la réaliser, il fallait évidemment du courage, du sang-froid et de l’intelligence. Ces qualités, Henri Maillot les réunissait. Un groupe de la branche armée du PCA -les Combattants de la libération **- se forma et passa à l’action.

Le 6 avril 1956, l’Echo d’Alger, un quotidien à gros tirage, titrait à la une : «Un important chargement d’armes disparaît dans la forêt de Baïnem, 123 mitraillettes, 140 revolvers, 57 fusils, un lot de grenades et divers uniformes ont été subtilisés.» Au lendemain de cette opération de commando réussie en plein cœur d’Alger, Henri Maillot, qui l’a conduite de main de maître, transmet à la presse internationale une lettre qui fera le tour du monde :«L’écrivain français, Jules Roy, écrivait, il y a quelques mois : ‘‘Si j’étais musulman, je serais du côté des fellagas’’.

Je ne suis pas musulman mais je suis Algérien d’origine européenne. Je considère l’Algérie comme ma patrie. Je considère que je dois avoir à son égard les mêmes devoirs que tous ses fils. Au moment où le peuple algérien s’est levé pour libérer son sol natal du joug colonialiste, ma place est aux côtés de ceux qui ont engagé le combat libérateur…

Le peuple algérien, longtemps bafoué, humilié, a pris résolument sa place dans le grand mouvement historique de libération des peuples coloniaux qui embrase l’Afrique et l’Asie. Sa victoire est certaine. Il ne s’agit pas, comme voudraient le faire croire les gros possédants de ce pays, d’un combat racial mais d’une lutte d’opprimés sans distinction d’origine contre leurs oppresseurs et leurs valets sans distinction de race…

En accomplissant mon geste, en livrant aux combattants algériens des armes dont ils ont besoin pour le combat libérateur, des armes qui serviront exclusivement contre les forces militaires et policières, les collaborateurs, j’ai conscience d’avoir servi les intérêts de mon pays et de mon peuple, y compris ceux des travailleurs européens momentanément trompés.»

Ce message fut reproduit par le journal Liberté, organe du PCA clandestin, et largement diffusé.Les armes furent acheminées aux maquis de l’ALN, dans la Wilaya IV, par une formidable chaîne humaine qui fit preuve d’une extraordinaire ingéniosité pour déjouer l’ennemi aux abois.

Dans la constitution de cette chaîne, Odet Voirin et Ahmed Belhadjouri jouèrent un rôle crucial. Henri Maillot connut une mort héroïque le 5 juin 1956. Repéré avec son groupe, au djebel Sidi Derraga, au flanc nord de l’Ouarsenis, par les fidèles du bachagha Boualem, auxiliaire servile de l’autorité coloniale, il fut capturé. Il préféra mourir que de s’agenouiller. Il fut tué debout par des militaires français de son âge, arrivés en Algérie avec le contingent. Cinq de ses camarades du groupe, Maurice Laban, Belkacem Hannoun, Djillali Moussaoui et Abdelkader Zelmat ont connu également la mort. Henri Maillot naquit à Alger le 21 janvier 1928.

Il adhéra très jeune au Parti communiste algérien où sa conscience nationale se développa à travers les luttes constantes menées avec ses camarades contre le colonialisme. Il fit partie de la direction nationale de l’Union de la jeunesse démocratique algérienne (UJDA) aux côtés d’un de ses frères d’armes, Nour Eddine Rebah, tombé au champ d’honneur, dans les monts de Blida, à Bouhandès, au sud-ouest de Chréa, le 13 septembre 1957.

La tribune
_______________

Henri Maillot et Maurice Laban, héros « oubliés »
El Watan, 18 juin 2007


Le devoir de mémoire nous impose de connaître notre histoire pour mieux comprendre le présent et appréhender l’avenir. Il revêt aussi une importance particulière pour l’écriture de l’histoire de la guerre de Libération nationale.

Celle-ci demeure d’une actualité brûlante. Elle procède, malheureusement, des luttes politico-idéologiques actuelles dont elle reste un enjeu important. Pour ce faire, nous devons ressusciter certains héros « oubliés », et, parmi eux, l’aspirant Henri Maillot et Maurice Laban, authentiques patriotes algériens, morts les armes à la main un certain 5 juin 1956. Comme Yveton, son voisin et ami d’enfance, héros guillotiné le 11 février 1957, Maillot avait choisi la cause de l’indépendance de l’Algérie par conviction idéologique, considérant la guerre de libération comme « une lutte d’opprimés sans distinction d’origine contre leurs oppresseurs et leurs valets sans distinction de race » tel qu’il l’a écrit lui-même aux rédactions parisiennes juste après sa désertion. Ayant assisté à la répression qui s’est abattue sur les musulmans lors des événements du 20 août 1955 dans le Nord constantinois, il en est sorti profondément marqué. Il a, dès lors, pris résolument la décision de se joindre au combat libérateur. Après avoir été rappelé sous les drapeaux pendant 3 mois, il demanda à être réengagé, dans le but de mettre à exécution son projet de désertion avec un stock d’armes. Affecté au 57e bataillon de tirailleurs de Miliana où il a le grade d’aspirant, Maillot convoite l’occasion de détourner des armes pour les acheminer aux maquis de la résistance algérienne afin, précise-t-il, d’« aider mon pays et mon peuple », (lire la lettre). L’opportunité se présente le 4 avril 1956 : l’officier Maillot déserta avec un camion d’armes qu’il remet aux moudjahidine. Pas moins de 132 mitraillettes, 140 revolvers, 57 fusils et un lot de grenades viennent enrichir le potentiel militaire de la résistance. Henri Maillot, devenu « l’officier félon » pour la presse coloniale, est condamné à mort le 22 mai par le tribunal militaire d’Alger, qui décide de mettre aussi le maison familiale de Clos-Salembier sous séquestre, et ce, afin de faire rembourser les armes sur la part d’héritage revenant à Henri. Activement recherché, il échappe aux paras jusqu’au mardi 5 juin 1956, quand son commando de 8 hommes fut surpris au djebel Deragua, à El Karimia (Lamartine), par les miliciens du bachagha Boualem et les soldats français. Henri y laissera sa vie, ainsi que quatre autres compagnons d’armes : l’enseignant de Biskra, Maurice Laban, Belkacem Hamoun qui n’avait pas 20 ans, Djillali Moussaoui et Abdelkader Zalmaï.

Trois combattants ont échappé au traquenard : Hamid Guerab, Mohamed Boualem et Mustapha Saâdoun. Mustapha Saâdoun est le dernier survivant de cette aventure inoubliable. Il a 89 ans. Retiré à Cherchell, il vit désormais avec ses plantes et ses souvenirs. Force est de constater que cinquante et un ans après sa mort, Henri Maillot reste inconnu de la grande majorité de la génération postindépendance, qui, plus est, par les jeunes d’El Madania, quartier où vit toujours sa famille. Et pour cause, aucune rue, ni école, ni institution publique ne porte son nom jusqu’à l’heure actuelle. La désertion de cet officier avec un camion rempli d’armes vers le maquis a été d’une grande portée psychologique et a marqué de façon éclatante la participation d’Algériens d’origine européenne au combat pour la libération de la patrie commune. Un combat qui n’avait aucun caractère de race, ni de religion, mais un combat libérateur et national. Quant au second, Maurice Laban, né à Biskra de parents instituteurs, il était lui et sa sœur les seuls Européens dans toute l’école où enseignaient leurs parents. C’est tout naturellement qu’il a appris à parler l’arabe comme une langue maternelle. Plus tard, il parlera le chaoui couramment après avoir enseigné dans une école indigène où les élèves ne parlaient que cette langue. Dans les années 1930, il prit part à la guerre civile d’Espagne aux côtés des républicains, il fut blessé deux fois sur le front. La deuxième blessure était tellement grave qu’il a failli être achevé par les brancardiers qui ne croyaient pas en sa survie. C’est finalement Georges Raffini, son camarades de lycée à Constantine, qui le sauvera in extremis sur le champ de bataille. Il était tellement imprégné de la mentalité de la population de Biskra qu’il envoya une lettre à ses parents leur demandant de sacrifier un mouton sur le tombeau de Sidi Messaoud (le saint patron de la localité) et de l’offrir accompagné de couscous aux pauvres de la région. Et ce, en guise de reconnaissance envers Dieu pour l’avoir sauvé d’une mort certaine. De retour d’Espagne, il rentrera à Biskra où il participera, aux côtés des musulmans opprimés, à tous les combats contre les formes d’injustice auxquelles ils étaient soumis par le système colonialiste et leur valet, le bachagha Bengana.

En 1941, il fut arrêté et incarcéré à Serkadji, puis condamné à mort avec son épouse Odette et son camarade Georges Raffini. L’acte d’accusation portait sur la publication et la diffusion d’un journal clandestin s’opposant au régime fasciste de Pétain. Au déclenchement de la révolution, le chahid Mostefa Benboulaïd fait appel à lui pour devenir son adjoint. Vu son tempérament de bagarreur, Maurice était ravi à l’idée de s’engager, enfin, dans la lutte armée contre le colonialisme. Etant un militant discipliné du parti, il demanda l’accord de sa hiérarchie. Celle-ci refusa et lui demana de tempérer ses ardeurs jusqu’à nouvel ordre. C’est, finalement, à El Karimia (Lamartine), dans l’Ouarsenis, qu’il devra rejoindre Henri Maillot qui venait de déserter. Cette rencontre fut possible grâce à Myriam Bey, militante du parti et enseignante à Oued Fodda. La méconnaissance de cette région leur fut fatale, à lui et à ses compagnons.

Merzak Chertouk
__________________

Lettre de l’aspirant Henri Maillot transmise à la presse parisienne à l’époque
Un document ronéotypé portant en signature le nom de l’aspirant Henri Maillot est parvenu hier aux rédactions des journaux parisiens. Ce document déclare notamment :

« L’écrivain français Jules Roy, colonel d’aviation, écrivait, il y a quelques mois : ‘‘Si j’étais musulman, je serais du côté des fellagas.’’ Je ne suis pas musulman, mais je suis Algérien d’origine européenne. Je considère l’Algérie comme ma patrie. Je considère que je dois avoir à son égard les mêmes devoirs que tous ses fils. Au moment où le peuple algérien s’est levé pour libérer son sol national du joug colonialiste, ma place est aux côtés de ceux qui ont engagé le combat libérateur. La presse colonialiste crie à la trahison, alors qu’elle publie et fait siens les appels séparatistes de Boyer-Bance. Elle criait aussi à la trahison lorsque sous Vichy, les officiers français passaient à la résistance, tandis qu’elle servait Hitler et le fascisme. En vérité les traîtres à la France ce sont ceux qui, pour servir leurs intérêts égoïstes, dénaturent aux yeux des algériens le vrai visage de la France et de son peuple aux traditions généreuses, révolutionnaires et anticolonialistes. De plus, tous les hommes de progrès de France et du monde reconnaissent la légitimité et la justesse de nos revendications nationales. Le peuple algérien longtemps bafoué, humilié a pris résolument sa place dans le grand mouvement historique de libération des peuples coloniaux qui embrase l’Afrique et l’Asie.

Sa victoire est certaine. Et il ne s’agit pas comme voudraient le faire croire les gros possédants de ce pays, d’un combat racial mais d’une lutte d’opprimés sans distinction d’origine contre leurs oppresseurs et leurs valets, sans distinction de race. Il ne s’agit pas d’un mouvement dirigé contre la France et les Français ni contre les travailleurs d’origine européenne ou israélite. Ceux-ci ont leur place dans ce pays. Nous ne les confondons pas avec les oppresseurs de notre peuple. En accomplissant mon geste, en livrant aux combattants algériens des armes dont ils ont besoin pour le combat libérateur, des armes qui serviront exclusivement contre les forces militaires et policières et les collaborateurs. J’ai conscience d’avoir servi les intérêts de mon pays et de mon peuple, y compris ceux des travailleurs européens momentanément trompés. »

__________________

Ces « Français » du FLN

La guerre d’Algérie fut dure, terrible et atroce. Elle fut cruelle et douloureuse. Paradoxalement, elle fut militante et fraternelle. Tant d’êtres souffrirent et cependant, c’est dans ces moments douloureux que certains Algériens de souche et ceux d’origine européenne apprirent à mieux se connaître, et qui plus est en ces jours de vérité nue.

Quarante-cinq ans après la fin de la guerre d’Algérie, on hésite encore parfois dans le choix du vocabulaire ainsi que l’évocation de certains épisodes dramatiques de cette guerre, afin de ne pas raviver des blessures non cicatrisées. Malheureusement, les Algériens d’origine européenne, morts pour l’indépendance ainsi que les survivants demeurent sous des décombres d’amnésie énigmatique. Il convient de rappeler l’action généreuse et courageuse de cette poignée d’hommes et de femmes qui ont su défier la puissance et l’arrogance des oppresseurs aux pires moments de la colonisation ou lors de la lutte de libération. Ces justes ni Arabes ni Berbères, qui au nom de l’égalité et de la fraternité de tous les hommes, de leur droit égal à la dignité et à la vie, avaient pris place parmi les résistants. Ils avaient l’incroyable audace de rejoindre le camp des opprimés et des exploités. De ceux-là, on ne parle plus guère aujourd’hui. Qui se souvient encore de ceux qui ont sacrifié leur vie pour l’Algérie ? A l’exemple de Roland Simeon (officier de l’ALN), André Martines, Georges Raffini, du docteur Georges Connillon, tous morts dans les Aurès, de Raymonde Peschard, morte en Wilaya III, de Roger Touati et Pierre Guemassia de confession juive, mort en défendant son infirmerie et ses blessés à Tibergueni en Wilaya IV. De ceux morts en exil, comme Jean Farrogia, de Paul Estorges « socle du communisme constantinois », du docteur Masbœuf, mort et enterré à Constantine.

Des frères Timistit et Georges Arbib, étudiants en médecine de confession juive qui composaient l’une des premières cellules de fabrication de bombes avec Annie Steimer (qui vit toujours à Alger), pendant la bataille d’Alger. Des frères Sportiss et leur sœur, juifs de Constantine. Sans oublier ceux qui n’ont jamais quitté l’Algérie et y demeurent toujours, à l’instar de Georges Decompora, ancien condamné à mort qui n’a jamais quitté Bab El Oued, d’Elyette Loup, de Felix Colozi, de Lucette Larribere, d’Evelyne Lavalette, de Jacqueline Guerroudjj et sa fille Danièle Minne, de l’ancien secrétaire général des Dockers d’Alger, Jean Baptiste Peretto (mort et enterré à Alger), de Jacques Salort, ancien directeur d’Alger Républicain (mort à Alger), de Maurice Baglietto. Sans toutefois, oublier le rôle joué par l’église d’Algérie, représentée par Monseigneur Duval, l’abbé Seotto, l’abbé Berrenguer et les autres… Quant à ceux qui n’ont jamais quitté l’Algérie, leur mérite est d’avoir cru jusqu’au bout en cette patrie, et ce, en dépit de tous les drames douloureux qui ont secoué cette terre qu’ils ont tant aimée et idéalisée, une épopée.

Il n’y a pas d’autres mots pour évoquer le parcours de ces hommes et de ces femmes qui choisirent délibérément de se lancer au péril de leur vie dans le combat pour l’indépendance de l’Algérie. Leur grandeur sera d’avoir suivi ce chemin jusqu’au bout, d’être restés fidèles à eux-mêmes et à leur idéal. C’est là une héroïque et fantastique aventure qui dure depuis plus de quarante ans, pour des raisons diverses, l’histoire « officielle » aura tenté d’effacer des mémoires. A ces hommes et ces femmes qui ont su vivre et mourir pour leur idéal avec tant de simplicité et de grandeur, nous leur devons bien cette fraternelle et chaleureuse affection qui les sortira de la nuit, de l’oubli où l’on voulait les ensevelir une seconde fois. Pour s’en convaincre davantage, il suffit de lire la lettre que Henri Maillot a envoyée aux rédactions parisiennes pour expliquer les raisons de sa désertion. Une lettre qui véhicule un message de tolérance, d’humanisme et de fraternité. Lettre qui devrait être lue dans nos écoles afin d’enraciner ces valeurs fondamentales dans le cœur et l’esprit de nos enfants.

Merzak Chertouk

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Sujet / Message Re: des Français qui se sont battus pour l'indépendance de l'Algérie

Message par Daûphin_zz_47 le Dim 10 Juin - 15:19

Anniversaire de la mort d'Henri Maillot : cérémonie de recueillement à Alger

Devant la tombe du défunt, abondamment fleurie à l’occasion, des habitants d’El Madania accompagnaient des membres de la famille d’Henri Maillot, aux côtés d’anciens Moudjahidine et Moudjahidate, de personnalités politiques et culturelles ainsi que d’officiers supérieurs retraités de l’Armée nationale populaire (ANP).

La cérémonie a été marquée par la lecture de la célèbre lettre envoyée par Henri Maillot aux rédactions parisiennes, alors qu’il avait déserté l’armée coloniale en 1956 pour rejoindre les maquis de la guerre de libération nationale algérienne, après avoir détourné un camion d’armes.

Dans sa missive, il expliquait son choix de combattre pour l’indépendance de l’Algérie avec ses compatriotes algériens, estimant que sa place était "aux côtés de ceux qui ont engagé ce combat libérateur (qui n’était pas), comme voudraient le faire croire les gros possédants de ce pays, un combat racial mais une lutte d’opprimés sans distinction d’origine contre leurs oppresseurs".

Certaines personnalités présentes, notamment d’anciens combattants, se sont ensuite succédés pour rendre hommage au défunt et réitérer l’appel de la famille Maillot à nommer un lieu dans la capitale à la mémoire de ce militant de la cause nationale, d’autant plus que l’Algérie célèbre cette année le cinquantenaire de sa libération du joug colonial.

Les organisateurs de la cérémonie ont par ailleurs tenu à associer au souvenir d’Henri Maillot le nom de son compagnon d’arme et militant communiste Maurice Laban, tombé au champ d’honneur le même jour que lui.

Né le 11 janvier 1928 à Alger, d’une famille européenne, Henri Maillot grandit à El Madania (Alger). Il rejoint très tôt le PCA (Parti communiste algérien) après avoir été secrétaire général de l’Union de la jeunesse démocratique algérienne.

Employé en tant que comptable au quotidien Alger Républicain, il est mobilisé par l’armée française comme aspirant en 1956 dans la région de Méliana. Le 4 avril de la même année, il déserte et prend le maquis en détourant un camion d’armes. Il meurt sous les balles de l’armée coloniale le 5 juin 1956 à Chlef.



Henri Maillot, "l’aspirant félon" (EVOCATION)

ALGER - Il avait 28 ans et des rêves. Rêves d’une Algérie fraternelle, plurielle, débarrassée de l’oppression et de la domination coloniales. Lui, c’est Henri Maillot. Aspirant dans l’armée française. Mort les armes à la main pour l’indépendance de l’Algérie, un 4 juin 1956.

Deux mois auparavant, le 5 avril, la population pieds-noirs d’Algérie se réveilla groggy. Sur toutes les unes de la presse coloniale s’étale en gros caractères une information à peine croyable : un sous-officier du 57e BTA de l’armée française stationné à Miliana avait détourné la veille un camion d’armes avant de s’évanouir dans la nature...

Ce détournement spectaculaire d’armes dans l’Algérie insurgée depuis novembre 1954 contre l’ordre colonial, mit en émoi les chefs militaires français et la presse coloniale aux ordres qui hurlait à la trahison de "l’aspirant félon".

Mais en ce deuxième printemps de la lutte armée, l’étau se resserre sur "El Khawa" (les Frères Moudjahidine) dans les villes, alors que dans les djebels les armes manquent cruellement à l’ALN (Armée de libération nationale), confrontée à la puissance de feu de l’occupant appuyé par l’armada de l’Otan.

Robert Lacoste, ministre résident, a désormais les mains libres en Algérie, grâce aux pleins pouvoirs votés par le parlement français. Parallèlement à la chasse aux nationalistes, son administration interdit le PCA (Parti communiste algérien) dont la direction, entrée en clandestinité, continue d’activer et les militants, nombreux, piaffent d’impatience de gagner les maquis. Maillot était de ceux-là.

Avec l’accord de son parti, il détourne la cargaison d’armes qu’il devait convoyer de Miliana à Alger. Audacieux tour de force qui mit à la disposition de la lutte armée cent trente-deux mitraillettes, cent quarante revolvers, des caisses entières de grenades, entre autres.

H. Maillot rejoint le maquis le 5 mai 1956, après une cavale d’un mois. A Chlef, région de son affectation, il retrouvera Maurice Laban, un ancien des brigades internationales en Espagne en compagnie d’une petit groupe d’hommes, qui formaient les CDL (Combattants de la libération) de l’Ouarsenis.

Avec d’autres groupes disséminés dans les monts de Tlemcen et des Aurès, les CDL devaient constituer les premiers noyaux de maquisards communistes que la propagande colonialiste s’empressa d’étiqueter de "maquis rouges".

La vie des CDL fut de courte durée. Un mois seulement pour Maillot et ses compagnons, au cours duquel ils combinent attentats et opérations de sabotage avant d’être accrochés par les "harkas" -supplétifs- du bachaga Boualem et la soldatesque française dans la forêt de Beni-Boudouane (Chlef).

Le groupe fut quasiment décimé. L’intégration des communistes algériens dans les rangs de l’ALN interviendra le 1er juillet 1956, suite à l’accord FLN-PCA, moins d’un mois donc après la disparition de Maillot et de ses compagnons (Belkacem Hanoun, 18 ans, Djillali Moussaoui, Maurice Laban et Abdelkader Zelmatt).

Des témoignages recoupés attestent que Maillot a été pris vivant. Face aux militaires qui le sommaient de répéter "vive la France", il criera le slogan vengeur "vive l’Algérie", avant d’être arrosé d’une rafale de mitraillette. Le corps criblé de balles de l’aspirant fut exposé pendant de longues heures sur la place de Lamartine (El Karimia aujourd’hui).

Dans une lettre d’une rare lucidité publiée par la presse parisienne, en réponse à ses détracteurs, Maillot affirmait avec force : "Je ne suis pas musulman mais Algérien d’origine européenne. Je considère l’Algérie comme ma patrie (et) je dois avoir à son égard les mêmes devoirs que tous ses fils. En livrant aux combattants algériens les armes dont ils ont besoin pour le combat libérateur (...) J’ai conscience d’avoir servi les intérêts de mon pays et de mon peuple".

En cette année du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie, Henri Maillot se rappelle au souvenir de l’Algérie libérée. Reconnu membre de l’ALN en 1986, aucun espace ou édifice publics ne porte à ce jour son nom.

Algérie Presse Service

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Sujet / Message Re: des Français qui se sont battus pour l'indépendance de l'Algérie

Message par abdelmalek le Dim 10 Juin - 16:52

trés bonne action de reconnaitre MAILLOT a nos fréres et nos soeurs et bien sur nos enfants , que l'Algérie était et sera un pays appartenant a celle qui aime cette terre. MAILLOT est un de ses enfants ,pour l'histoire ,il ne faut pas oublier les oubliers de l'histoire, je connais un bout.
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Sujet / Message Re: des Français qui se sont battus pour l'indépendance de l'Algérie

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