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Sujet / Message Géopolitique des espaces maritimes du Sénégal

le Dim 6 Juin - 7:54
Le Sénégal ordonne aux navires de l'UE de quitter ses eaux territoriales

Depuis des générations, les pêcheurs lancent leurs filets dans les eaux du littoral atlantique, qui s'étend sur 2 000 km du Maroc à la Guinée-Bissau et est l'une des dernières grandes réserves de pêche du monde. Les pêches y ont été abondantes, mais la présence accrue de chalutiers étrangers, venus notamment d'Asie et d'Europe, entraîne une diminution des réserves de certaines espèces courantes et laisse à penser que l'existence des artisans pêcheurs et le développement durable d'un secteur économique majeur sont désormais menacés.

"Si les réserves de poissons étaient suffisantes dans nos eaux, serions-nous obligés d'utiliser du carburant pour aller pêcher jusqu'à Freetown (Sierra Leone) ?", demande Abdourahmane Ndir, un pêcheur sénégalais. Il prédit que si les bateaux européens continuent à pratiquer la surpêche, "ils vont détruire les réserves sénégalaises, comme ils l'ont déjà fait chez eux".

Pour répondre en partie à de telles inquiétudes, en janvier dernier, le Sénégal a interdit aux pêcheurs européens l'accès à ses eaux territoriales, après la rupture des négociations sur le renouvellement des concessions de pêche dont bénéficie l'Union européenne (UE) depuis plus de vingt ans. L'accord avec le Sénégal est l'un des nombreux accords signés entre l'UE et les pays africains et permettant aux navires venant notamment d'Espagne, du Portugal, de Grèce, d'Italie, des Pays-Bas et du Royaume-Uni de ramener chez eux des centaines de milliers de tonnes de thon, de crevettes, de sardines, de saumon, d'anchois, de colin et autres espèces très demandées en Europe.

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La survie économique des pêcheurs sénégalais est menacée
par le dépeuplement des bancs de poissons, dû en partie
aux chalutiers européens.


Depuis les années 50, la pêche industrielle s'est rapidement développée dans les mers du Nord, dépeuplant les réserves de poissons dans les zones les plus productives, à tel point que leur reconstitution est presque impossible. Pour répondre à la demande croissante de poisson et occuper ses flottes, l'UE est descendue pêcher dans le Sud dans les années 70 et a signé avec les pays de l'Afrique et de l'Océan indien des accords permettant à plus de 300 bateaux de pêcher dans les eaux africaines. Si l'UE a également signé des traités avec les pays de l'Atlantique Nord et de l'Amérique latine, la majorité de ses exportations vient de l'Afrique. L'UE a acheté 540 000 tonnes de poisson par an entre 1993 et 1997. Pratiquement la moitié -- soit 240 000 tonnes par an -- venait d'Afrique, le Maroc représentant 74 % des pêches africaines, tandis que l'Angola, la Guinée-Bissau, la Mauritanie et le Sénégal ensemble comptaient pour 25 %.

D'une durée moyenne de trois ans, ces accords stipulent le montant des redevances à régler, le nombre d'observateurs présents sur chaque bateau et le nombre de travailleurs locaux devant être engagés par les bateaux étrangers. Les droits de pêche sont calculés différemment selon chaque accord -- en fonction du nombre de navires, des quantités pêchées, ou des deux. Souvent, l'UE règle une somme forfaitaire en contrepartie du droit de pêcher un quota fixe de poissons, les propriétaires des chalutiers payant ensuite des droits de licence. De tels droits représentent environ 15 % du budget national en Mauritanie et 30 % en Guinée-Bissau.

Toutefois, selon une étude du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), il faut savoir que le coût à long terme de ces accords -- dû à la perte de revenus des pêcheurs locaux, aux dégâts environnementaux et à la diminution des réserves locales de poissons -- dépasse largement les gains financiers à court terme. Si les devises fortes encaissées par les pays en développement dans le cadre de ces accords les aident à rembourser leur dette extérieure et à stimuler la croissance économique, Klaus Töpfer, Directeur exécutif du PNUE, affirme que "à moins de mettre en place de stricts garde-fous, cette erreur pourrait coûter cher".

Le coût de la surpêche

Le Sénégal est l'un des six pays analysés dans l'étude en cours, réalisée par le PNUE et intitulée "Réformes économiques, libéralisation du commerce et environnement", dont certains extraits ont déjà été publiés en novembre dernier. La pêche excessive au Sénégal a eu un effet dévastateur, certaines espèces très prisées des consommateurs européens et vivant dans les eaux profondes du littoral ayant considérablement diminué. Plusieurs facteurs ont contribué à cette situation :

Le gouvernement sénégalais a signé un certain nombre d'accords avec des flottes étrangères dans les années 80, en vue d'aider un secteur de la pêche en difficulté.
La Convention de Lomé, accord de commerce préférentiel entre l'UE et les pays de l'ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique), a accéléré les exportations de poisson en garantissant un accès au marché de l'UE en franchise de douane.
En 1994, la dévaluation de 50 % du franc CFA, monnaie de la communauté des anciennes colonies françaises d'Afrique de l'Ouest, a fait baisser le prix de ces exportations.
A la fin des années 90, les prises dans les eaux sénégalaises dépassaient en moyenne de 30 000 tonnes par an le montant permettant d'assurer la viabilité du secteur, estimé à 420 000 tonnes (voir graphique). Le poisson est désormais le premier produit d'exportation du pays, devant les arachides. En 2000, environ 30 % des recettes d'exportation provenaient de la pêche, secteur qui emploie 600 000 personnes sur une population active de 3,5 millions d'habitants.

Mais cette rapide croissance ne s'est pas faite sans coût, note le PNUE. Selon ce rapport, il risque d'y avoir plus tard des pénuries sur le marché local, car les artisans pêcheurs préfèrent désormais les exportations -- aux marges bénéficiaires plus élevées -- plutôt que les marchés intérieurs. On constate aussi un déclin de certaines espèces. La pêche de conques, qui occupe une place importante dans l'alimentation sénégalaise, est passée de 20 000 tonnes en 1989 à 5 000 tonnes en 1998 en raison du dépeuplement des réserves.

En outre, d'après le PNUE, le pays n'a pas vraiment bénéficié des transferts de technologie promis dans les accords de pêche signés avec les pays industriels. Au lieu de construire des usines modernes de transformation du poisson, l'accent a été placé sur l'expansion d'usines vétustes déjà construites, ce qui empêche le Sénégal de transformer ses produits et donc de leur ajouter de la valeur avant de les exporter.

Blocage des négociations

De plus en plus préoccupé par la question, le Sénégal se trouve actuellement dans l'impasse dans ses négociations avec l'UE. En 1980, le pays a signé avec l'UE le premier d'une série d'accords de pêche portant sur 4 ans. Le dernier, signé en 1997, a expiré en avril 2001, mais a été prorogé deux fois pour permettre la poursuite des négociations. Les négociations ont traîné pendant les prorogations temporaires sans déboucher sur un accord et en janvier, le Sénégal a interdit aux navires de l'UE de pêcher sur ses eaux.

M. Franz Fischler, commissaire européen à l'agriculture et aux pêches, dit que cette suspension "n'est pas conforme aux excellentes et longues relations qui existent entre l'UE et le Sénégal".

Toutefois, les négociations ont été tendues. Elles auraient été rompues en partie parce que l'UE a exigé d'augmenter le volume de ses pêches de 60 % -- pour passer d'un quota annuel de 10 000 tonnes à 16 000 tonnes. L'UE, composée de 15 membres, a aussi exigé que le nombre de navires autorisés à pêcher dans les eaux sénégalaises passe de 148 à 207.

Le Sénégal, quant à lui, exige que l'UE s'acquitte de redevances plus élevées. En vertu du dernier accord, l'UE a versé 48 millions d'euros en quatre ans. De même, plutôt que de maintenir une simple relation commerciale, le Sénégal préfère signer un accord de coopération assurant la viabilité du secteur. Les responsables citent en exemple les relations du Sénégal avec l'Espagne (le Sénégal a aussi signé des accords bilatéraux avec certains pays). L'Espagne participe à la construction d'un marché au poisson d'une valeur de 4 millions de dollars et d'un centre de formation pour les artisans pêcheurs, d'une valeur de 7 millions de dollars.

M. Ndiaga Gueye, directeur des pêches en mer au Sénégal, dit que les pouvoirs publics "n'accepteront pas n'importe quel accord sous prétexte qu'il présente des avantages financiers".

Le Sénégal souhaite développer sa propre pêche industrielle pour la rendre plus performante. Ce secteur s'appuie pour l'instant sur des chalutiers et du matériel désuets et non performants, qui contribuent au problème de la surpêche. Si les 10 000 tonnes ramenées annuellement par l'UE sont inférieures au volume des pêches locales, le Ministre des pêches, Cheikh Sadibou Fall, estime que le Sénégal doit tout d'abord défendre ses propres intérêts et développer un secteur plus performant, plus moderne, capable d'exporter directement des produits locaux prêts à être vendus dans les supermarchés.

Le Sénégal tient à ce que le nouvel accord soit réduit à une période de deux ou trois ans seulement. Le Sénégal hésite aussi à réserver des zones de pêche exclusive aux pêcheurs de l'UE ou encore à les autoriser à prendre des périodes de repos plus courtes (périodes nécessaires à la reconstitution des stocks), comme le souhaitait l'UE.

Mais les responsables n'ont que trop conscience des risques qu'ils encourent s'ils font preuve d'intransigeance face à leur plus grand partenaire commercial. M. Amadou Wade, de la Fenagie, la fédération des pêches du Sénégal, note que les négociateurs ont peur que l'UE "refuse de laisser entrer nos produits sur ses marchés si nous ne cédons pas".

La nature des accords de pêche

En raison des pressions exercées par les associations locales de pêcheurs, certains accords de l'UE associent de plus en plus les Africains à la pêche industrielle, et contiennent des clauses qui soutiennent le développement de l'industrie locale. Le groupe de pression non gouvernemental "Africa-Europe Faith and Justice Network" (AEFJN), basé à Bruxelles, note que les nouveaux accords, comme ceux qu'ont signés la Namibie, le Maroc, et le Sénégal (ce dernier étant maintenant arrivé à expiration), comprennent des mesures destinées à éviter la surexploitation, donnent la priorité aux flottes nationales par rapport aux bateaux de pêche étrangers et exigent que la transformation du poisson s'effectue localement afin d'accroître la valeur du produit exporté.

"Toutefois, l'aspect commercial et les intérêts de l'UE dominent toujours ces accords de pêche", note l'AEFJN. Une étude de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer montre que chaque euro investi par l'Europe dans ces accords rapporte trois euros. Les accords de l'UE avec les pays du Sud ont créé plus de 40 000 emplois, montre l'étude, dont 80 % au sein de l'UE.

D'après l'AEFJN, bien que les bateaux de pêche s'engagent à respecter les quotas et les lois d'octroi de licences, peu de pays africains ont les moyens de les contrôler, "et par conséquent, ils ne respectent pas les conditions définies dans les contrats". Les pays d'Afrique de l'Ouest doivent non seulement contrôler les bateaux de l'UE, mais aussi ceux du Japon, de la Russie et de la Corée du Sud. Les bateaux pirates posent un autre type de problème, car ils empiètent sur les divers lieux de pêche sans respecter ni les quotas ni les limites imposées.

Des subventions dangereuses

Les critiques avancent que le véritable danger des accords de pêche entre l'UE et les pays africains est de mettre en concurrence des flottes commerciales fortement subventionnées avec des artisans pêcheurs locaux, pauvres, n'ayant quasiment jamais accès aux programmes d'aide publique. Les bateaux subventionnés, souvent plus gros et mieux équipés, sont conçus pour pêcher des volumes supérieurs à ceux des artisans pêcheurs.

Au Sénégal, les artisans pêcheurs dépendent de méthodes traditionnelles, qui se caractérisent par de faibles investissements et une main d'oeuvre abondante. Plus de 70 % de la consommation locale de poisson est pêchée par 60 000 artisans pêcheurs. A mesure que le poisson se raréfie, les pêcheurs doivent s'éloigner de plus en plus des côtes. Ceux qui ne peuvent pas faire concurrence aux plus gros bateaux se résignent à approvisionner les navires européens et asiatiques, note l'AEFJN. Dans certains cas, affirme l'AEFJN, les bateaux étrangers recourent aux pêcheurs locaux pour accéder à des zones côtières qui leur sont interdites en vertu des accords.

L'UE subventionne ses pêches à hauteur d'environ 1 milliard de dollars par an. Sur ce montant, environ 280 millions de dollars financent directement 850 bateaux qui pêchent en dehors des eaux de l'UE, d'après la section sur la pêche du groupe.

Puisqu'elles financent de vastes flottes et de gros bateaux, les subventions conduisent souvent à la surpêche, affirme l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Parfois, elles servent à accroître la capacité de pêche -- en construisant de nouveaux bateaux et en modernisant les flottes -- ce qui, d'après les spécialistes, est la principale cause de non-viabilité des pêches. Dans un rapport de 2000, la FAO a noté que 75 % des grandes réserves halieutiques mondiales étaient totalement exploitées, surexploitées, dépeuplées, ou encore en train de se repeupler lentement. Ceci signifie que les flottes présentes dans la plupart des zones de pêche du monde "ont déjà des capacités de pêche trop importantes ou ne peuvent accroître leurs capacités sans menacer la viabilité de ces réserves de poisson".

Après des années de résistance de la part des pays industriels, l'Organisation mondiale du commerce vient finalement d'accepter d'inscrire les subventions halieutiques à l'ordre du jour de la nouvelle série de négociations commerciales qui a commencé cette année, ce qui pourrait conduire au plafonnement des subventions halieutiques mondiales, estimées à 14 milliards de dollars par an.

"Tant que la surexploitation a été rentable, il n'y avait aucune incitation à pratiquer une pêche permettant à l'environnement et donc à l'industrie de la pêche de prospérer", note M. Brendan May, directeur du Marine Stewardship Council, groupe de pression non gouvernemental basé à Londres militant en faveur d'une pêche mondiale viable. "Les pêcheurs ne s'opposent pas à la préservation. Mais ils redoutent souvent que les poissons qu'ils préservent seront pris par un autre pêcheur."

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"Quelle est la différence fondamentale entre une femme et un terroriste ? Avec le terroriste on peut négocier"
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