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Géoéconomie ?

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Annonce globale Géoéconomie ?

Message par Daûphin_zz_47 le Sam 25 Sep - 19:40

La géoéconomie est une branche des relations internationales, au croisement des sciences économiques et de la géopolitique.

Le concept de géoéconomie a été développé aux États-Unis par Edward Luttwak et en France par Pascal Lorot (ce dernier a créé en 1997 la revue trimestrielle Géoéconomie).

Selon Pascal Lorot, « la géoéconomie analyse les stratégies d'ordre économique – notamment commerciales –, décidées par les États dans le cadre de politiques visant à protéger leur économie nationale ou certains pans bien identifiés de celle-ci, à aider leurs "entreprises nationales" à acquérir la maîtrise de technologies et/ou à conquérir certains segments du marché mondial relatifs à la production ou à la commercialisation d'un produit ou d'une gamme de produits sensibles, en ce que leur possession ou leur contrôle confère à son détenteur – État ou entreprise "nationale" – un élément de puissance et de rayonnement international et concourt au renforcement de son potentiel économique et social. »

Il précise que « La géoéconomie s'interroge sur les relations entre puissance et espace, mais un espace "virtuel" ou fluidifié au sens où ses limites bougent sans cesse, c'est-à-dire donc un espace affranchi des frontières territoriales et physiques caractéristiques de la géopolitique [...] »

Économie géographique

L'économie géographique ou économie spatiale, ou Économie des territoires est une conception nouvelle de la géographie économique. À partir des travaux historiques de von Thünen (1827) et Christaller (1933), une branche de l'analyse économique s'est peu à peu engagée sur la compréhension des conséquences économiques de l'espace. Initié par Walter Isard, en science régionale et William Alonso (1964), en économie urbaine, un nouveau programme de recherche se développe. On distingue progressivement une approche régionale (incarnée en France par François Perroux ou Jacques Boudeville) dont les problématiques se rapprochent de la théorie de la croissance (Robert Solow contribuera d'ailleurs à ce champ), d'une approche urbaine qui se développe plutôt aux États-Unis dans le sillage de William Alonso (1964), Edwin Mills (1967) et Richard Muth (1969).

Sous l'impulsion de la nouvelle théorie du commerce international, Paul Krugman redynamise la science régionale qui devient, au cours des années 1990 la Nouvelle économie Géographique. Les ressorts de base de cette nouvelle théorie ne sont plus les avantages comparatifs, mais les économies d'agglomération (produites entre autres par l'accumulation dans la même région d'une grande quantité de clients ou de fournisseurs).

Au tournant des années 2000, Paul Krugman et Masahisa Fujita fusionnent en partie les cadres modélisés de l'économie régionale et de l'économie urbaine au prix d'une modélisation compliquée.

Ces développements ont mis au cœur de la théorie la question des externalités d'agglomération (propres à un secteur ou une activité) et d'urbanisation (plus larges). L'enjeu est alors de trouver les sources de ces externalités : l'économie industrielle est ainsi mobilisée (en grande partie sous la houlette de Jacques Thisse) à la fois pour comprendre l'effet de la distance dans les relations de marché (reprenant ainsi le flambeau laissé par Hotelling en 1929) ou dans la production d'innovations.

Le développement d'une économie urbaine est aussi allée de pair avec le développement des travaux en fiscalité locale, essayant de comprendre et formaliser les mécanismes et les conséquences économiques des biens publics locaux.

Économie régionale
Le rôle des avantages compétitifs et des avantages comparatifs


Elle s'appuie sur le fait que la mondialisation économique, loin de conduire à une dispersion des activités, tend à les concentrer sur des territoires, généralement urbains, disposant d'un avantage compétitif sur le plan mondial. Revus par Michael Porter, cela réactualise le concept d'avantage comparatif énoncé par David Ricardo.

De nos jours les avantages dont peut disposer un territoire sont souvent liés, non plus à l'existence de ressources naturelle, mais à la maîtrise de savoirs et technologies, à l'existence d'un capital humain particulier. On parle à ce sujet de pôle de compétitivité.

On parle aussi de guerre des territoires, l'attractivité d'un territoire basé sur le capital humain plutôt que d'avantages naturels supposant une stratégie, face à d'autres territoires de la planète disposant, ou étant prêts à développer, des atouts comparables.

La nouvelle économie géographique : anticipations et effets boule de neige

La croissance des territoires, basée sur la capacité de ceux-ci à augmenter leur production de biens et services, ne doit pas uniquement être pensée de manière statique, comme c'est le cas dans les modèles comparatifs.

Dès lors qu'il y a des coûts de transport ou de transaction, que la main d'œuvre n'est pas totalement mobile entre les pays ou entre les secteurs, les arbitrages ne se font plus suivant les mêmes logiques que dans le cas Ricardien. La région la plus importante offre par exemple des débouchés plus importants; si les coûts de transport entre les deux régions sont élevés, les entreprises auront tendance à se localiser à proximité de ce marché final, en dépit de coûts du travail souvent plus importants. Mécaniquement, cela accroît le nombre de fournisseurs ayant intérêt à se localiser eux aussi dans cette région. Au final, l'agglomération nourrit l'agglomération: il y a un effet boule de neige. Celui-ci est alimenté par les conditions de coût et débouchés objectives ou anticipées.

L'accumulation d'entreprises et de salariés dans une même région y fera augmenter les coûts du travail. Dès lors que le différentiel de coût de travail entre la région dynamique et les autres régions dépasse le différentiel de coût de transport, les entreprises peuvent faire le choix alternatif de se (re-)localiser dans la région périphérique.

Dès lors que les salariés ne sont pas totalement mobiles d'une région à l'autre ou d'un secteur à l'autre, ces simples changements de choix de localisation peuvent induire un chômage important.




Dernière édition par MKA-47-B le Mer 21 Déc - 13:57, édité 2 fois

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Annonce globale Re: Géoéconomie ?

Message par Daûphin_zz_47 le Sam 25 Sep - 20:33

Proximité géographique et proximité organisée

Le développement des analyses de la proximité a donné lieu, depuis le début des années 1990, à une pluralité de définitions des formes de proximité, qui s’articulent toujours autour de deux dimensions : pour le dire rapidement, une dimension d’essence spatiale et une autre d’essence non spatiale. Aujourd’hui le débat repose sur une distinction entre deux catégories de proximités, respectivement nommées géographique et organisée (Torre, Rallet, 2005).

La proximité géographique traduit la distance kilométrique entre deux entités (individus, organisations, villes...), pondérée par le coût temporel et monétaire de son franchissement. Elle a deux propriétés essentielles. Elle est tout d’abord de type binaire : il existe naturellement d’infinies graduations (plus ou moins loin de, plus ou moins près de) mais l’examen de la proximité géographique a in fine pour objet de savoir si on est « loin de » ou « près de ». Elle est ensuite relative, doublement relative. Primo, la distance géographique, qui fonde le partage entre proximité et éloignement, est relative aux moyens de transport. On pondère la distance kilométrique par le temps et/ou le coût de transport. Secundo, la proximité n’est pas qu’une donnée objective. Elle procède en dernier ressort d’un jugement porté par les individus ou les groupes sur la nature de la distance géographique qui les sépare. Le jugement consiste à traiter l’ensemble des paramètres qui influent sur la distance pour les réduire à l’énoncé selon lequel on est près ou loin de. Cet ensemble des paramètres comprend des données objectives (km, temps, prix) mais aussi la perception que les individus en ont. Or cette perception est variable selon l’âge, le groupe social, le sexe, la profession… (par exemple, la possibilité de se rencontrer une fois par jour peut être perçue différemment selon les personnes). Toutefois, bien qu’elle soit de nature sociale (déterminée par les moyens de transport) et subjective (relevant d’un énoncé), la proximité géographique peut être, à un instant t, considérée comme une donnée de l’espace physique représentant une contrainte qui s’impose, en cet instant, aux agents pour développer leurs actions.

La proximité organisée n’est pas d’essence géographique mais relationnelle. Par proximité organisée, on entend la capacité qu’offre une organisation de faire interagir ses membres. L’organisation facilite les interactions en son sein, en tous cas, les rend a priori plus faciles qu’avec des unités situées à l’extérieur de l’organisation. Deux raisons majeures l’expliquent. D’une part, l’appartenance à une organisation se traduit par l’existence d’interactions entre ses membres. C’est la logique d’appartenance de la proximité organisée : deux membres d’une organisation sont proches l’un de l’autre parce qu’ils interagissent et que leurs interactions sont facilitées par les règles ou routines de comportement (explicites ou tacites) qu’ils suivent. D’autre part, les membres d’une organisation peuvent partager un même système de représentations, ou ensemble de croyances, et les mêmes savoirs. Ce lien social est principalement de nature tacite. C’est ce que nous appelons la logique de similitude de la proximité organisée. Deux individus sont dits proches parce qu’ils « se ressemblent », i.e. partagent un même système de représentations, ce qui facilite leur capacité à interagir.

Territoires et réseaux, une nouvelle géographie économique ?
Les territoires dans les chaînes de valeur mondialisées.

La mondialisation de l'économie produit une géographie profondément différente qui a une traduction rapide sur les ressources des territoires. Dans cette économie en archipel, les territoires (continus?) doivent s'inscrire dans des réseaux.

La notion de proximité doit ainsi être rediscutée.

L'accent mis sur la capacité d'un territoire à attirer des investisseurs étrangers est de plus en plus important. Paradoxalement, cela témoigne pleinement du fait qu'aucun développement n'est véritablement exogène. Les investisseurs alimentent généralement des concentrations sectorielles préexistantes.

Plus qu’une désindustrialisation, les pays occidentaux vivent actuellement un formidable renouvellement industriel, fruit de l’évolution des technologies et des conditions de la geoeconomie internationale. Si la diffusion des produits repose essentiellement sur la desserte de marchés locaux, l’innovation et la maîtrise des circuits économiques, sont des activités de plus en plus concentrées… Si une région économique les laisse partir, le pouvoir d’achat associé à ces activités finira par s’effriter et l’effet de taille de marché disparaîtra à terme : les effets cumulatifs propres à l’économie contemporaine peuvent aussi bien être vertueux que vicieux…

Une approche par filières chamboule donc les relations hiérarchiques que l’on est tenté de poser entre Centre et Périphérie. On observe dans l’ensemble des grandes régions économiques une répartition fonctionnelle (cadres vs ouvriers) apparente centre-périphérie, mais où les liens organiques dépassent le cadre régional. Ces liens se pensent au niveau des entreprises (groupes) multinationaux et un établissement de fabrication localisé en périphérie ne dépend pas nécessairement du centre géographiquement le plus proche. Des spécialisations locales peuvent naître d’un district local ou de l’implantation d’un grand groupe extérieur à la région économique considérée…

L'économie résidentielle, nouveau ressort du développement territorial

Selon la théorie de la base économique (théorie que l’on doit, selon Krumme (1968), à Werner Sombart (1916) et qui a été généralisée par des auteurs comme Homer Hoyt (1954), Douglass North (1955) ou Tiebout (1956)), la variable décisive du développement territorial est le revenu monétaire capté de l’extérieur par les territoires (et qui est appelé revenu basique). La rémunération des facteurs locaux de production de la valeur ajoutée créée localement n’est qu’une modalité parmi d’autres de captation de ces revenus. Cette base productive est désormais moins importante que les autres sources de revenu que sont devenus les salaires associes aux emplois publics, les pensions de retraite, les prestations sociales, ou le revenu des « résidents non recensés » (résidents secondaires, touristes, …). Les travaux de Laurent Davezies attestent ainsi de l'importance d'une autre base économique, résidentielle, qui permet de comprendre le développement de certains territoires : ces travaux montrent que le véritable enjeu du développement d'un territoire n'est pas de créer le plus de richesses possibles, mais d'en capter le plus possible . Cette théorie s’appuie sur un constat macro-économique : l'augmentation du temps libre, le développement technologique (TGV, Internet, portable…) participent de plus en plus au découplage entre lieux de production et lieux de consommation (Davezies, 2004) . Le mécanisme du « développement basique » est, simplifié, le suivant : (i) le territoire attire de diverses façons des revenus de l’extérieur qui constituent la base économique ; (ii) ce revenu stimule l’activité locale, l’emploi national, qui produit des biens (de consommation ou d'équipement et des services vendus localement ; (iii) et détermine ainsi le niveau de revenu, d’emploi – et de cohésion – du territoire. » (Davezies, 2003).

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Annonce globale Re: Géoéconomie ?

Message par Daûphin_zz_47 le Sam 25 Sep - 20:41

Économie urbaine



L'économie urbaine est une branche de l'économie spatiale qui s'est peu à peu spécialisée à la faveur de son objet d'étude (la ville) et des modèles utilisés.

Le rôle économique des villes
Rente foncière et structure des villes


Suite aux travaux de Von Thünen (1827), le lien entre productivité d'un sol et prix/rente de celui-ci s'est doublé d'une réflexion sur l'occupation du sol: qu'il s'agisse de distance à un centre (de consommation ou de réacheminement) ou de qualité du sol, le niveau de rente varie en fonction du prix de la production et du profit qu'elle permet de dégager. Cela induit mécaniquement une spécialisation des territoires car une activité à faible rendement ne pourra pas payer des rentes élevées et sera immédiatement évincée d'un lopin que la qualité de la localisation ou du sol promet à des usages plus 'rentables'.

Ce raisonnement conduit ainsi von Thünen (focalisé sur le coût d'acheminement plus que sur la qualité du sol qu'il suppose homogène) à construire un modèle radio-concentrique d'occupation du sol, les produits agricoles les plus rentables (maraîchage) étant proches de la ville, les plus extensifs occupant des parcelles situées de plus en plus loin du centre.

Appliqué à la croissance des villes, ce modèle permet de la même manière de comprendre comment le sol à bâtir (plus cher) remplace progressivement le sol agricole en frontière des villes à mesure que la population urbaine croît. Tout un pan de l'économie urbaine et rurale contemporaine analyse d'ailleurs les conditions de cette transition et les éléments pouvant expliquer que certaines parcelles soient urbanisées plus tôt que d'autres, conduisant ainsi à un mitage de l'espace urbain.

Les mécanismes classiques

A l'intérieur des villes, des mécanismes similaires s'appliquent, quoique plus complexes. La rente foncière est au cœur de l'économie urbaine contemporaine, mais ses déterminants sont plus variés que la seule distance au centre ou la productivité du sol. Les travaux de Alonso (1964), Mills (1967) et Muth (1969) ont permis de constituer le socle d'un ensemble théorique sur lequel un vaste ensemble de travaux s'est développé. En milieu urbain, la rente foncière est déterminée de manière indirecte, comme une disposition à payer permettant d'équilibrer l'utilité qu'un consommateur retire d'une surface à une certaine distance du centre et le coût des déplacements jusqu'à ses lieux de travail, de consommation et de loisir. Lorsque tous ces lieux sont localisés au centre, la rente foncière prend une forme classique, radio-concentrique: Selon que les 'riches' valoriseront relativement plus la taille ou l'accessibilité que les 'pauvres', ils seront respectivement en périphérie ou au centre des villes (modèles de villes respectivement américains ou européens).

L'analyse économique du desserrement urbain : polycentrisme et périurbanisation

Le desserrement en périphérie des lieux d'emplois, des centres commerciaux et des espaces de loisir complique beaucoup la détermination des rentes foncières: alors que celles-ci sont traditionnellement décroissantes depuis le centre vers la périphérie (comme en témoignent les prix de l'immobilier dans la plupart des villes), elles peuvent désormais croître localement en périphérie autour d'un pôle secondaire.

Utilisé comme élément de compréhension et de modélisation des villes, la rente foncière se retrouve au cœur des modèles économiques permettant d'analyser les conséquences d'investissements particuliers ou de tarifications des transports sur la forme des villes.

Interactions stratégiques et choix de localisation

Hotelling, le marchand de glaces, différentiation spatiale ou différentiation produit

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Annonce globale Re: Géoéconomie ?

Message par Syfou le Mar 14 Déc - 23:38

Géographie économique de l'intégration régionale – Finances ....


http://www.imf.org/external/pubs/ft/fandd/fre/2008/12/pdf/deichmann.pdf

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