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Sujet / Message Massacre du 17 octobre 1961

le Dim 17 Oct - 20:10
Massacre du 17 octobre 1961

Les évènements du 17 octobre 1961 désignent la répression ayant frappé une manifestation organisée par le Front de libération nationale algérien (FLN) en faveur de l'indépendance de l'Algérie à Paris. Des dizaines à des centaines d'Algériens, selon les sources, sont morts lors de la confrontation avec les forces de l'ordre alors dirigées par le préfet de police Maurice Papon. Certains d'entre eux ont été jetés dans la Seine. Les manifestants internés dans des centres de détention pendant quatre jours y auraient subi des violences.

Contexte historique

Le FLN et la communauté algérienne

Créé par des anciens de l'Organisation spéciale, bras armé du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD), un mouvement nationaliste dirigé par Messali Hadj[1], le FLN qui se distingue par une stratégie insurrectionnelle, se trouve en conflit frontal avec le Mouvement national algérien (MNA), nouveau parti des Messalistes. Dès le mois d'avril, le FLN décide de passer à l'assassinat des responsables messalistes en France. Jean-Paul Brunet considère que dès 1957, le FLN a pris le dessus sur son rival.

Cette guerre civile entre Algériens a sans doute coûté la vie à quelque 4 000 victimes. Un des enjeux de cette lutte fratricide que se sont livrées les deux organisations nationalistes sur le territoire français, était l'encaissement de l'impôt révolutionnaire prélevé sur les travailleurs algériens en métropole. À la fin de l'année 1960, le MNA n'aurait plus disposé que de 6 000 cotisants contre 120 000 pour le FLN.

La communauté algérienne en France connait une forte expansion: 211 000 personnes en 1954 et 350 000 en 1962. Une grande partie de cette communauté, 150 000 personnes, dont 8 000 femmes et 29 000 enfants en 1961, est concentrée dans le département de la Seine. Les travailleurs algériens, souvent manœuvres, parfois ouvriers qualifiés, vivent souvent dans des bidonvilles comme à Nanterre, Aubervilliers, Argenteuil ou Bezons ou dans les quartiers les plus miséreux de Paris comme la Goutte d'Or ou Ménilmontant.

L'imposition prélevée sur la communauté algérienne en France représente près de 80% des ressources du FLN, le restant provenant des aides de la Ligue arabe. Pour le travailleur algérien, il représente entre 5% et 9% de son salaire. L'emprise du FLN sur la communauté algérienne en France s'étend à certains domaines de la vie quotidienne. Par exemple, il prescrit le respect de la loi coranique et interdit la consommation d'alcool. Le recours aux tribunaux français est également prohibé. Les contrevenants peuvent être purement et simplement éliminés.

L'organisation militaire du FLN en France

Jusqu'en 1958, le FLN est organisé selon une structure pyramidale classique qui permet aux cadres un bon contact avec la base, mais qui rend l'appareil perméable à l'investigation policière. De fait, en septembre 1958, après des attentats spectaculaires, la police parvient à démanteler l'appareil du mouvement. Le FLN se réorganise alors en s'adaptant aux règles de sécurité basée sur de petits groupes de trois ou de six. Le FLN peut ainsi compter sur environ 450 hommes en région parisienne pour former ses groupes de choc en marge desquels il faut rajouter 8 katibas (compagnies) de 31 hommes chacune, constituant l' « Organisation spéciale », organisation de combat formée de tireurs confirmés et de techniciens des explosifs, chargée des missions difficiles et de l'élimination des « traîtres ».

Les supplétifs algériens de la police française: la FPA

C'est à cet appareil militaire du FLN que la préfecture de police de Paris dirigée par Maurice Papon à partir de 1958, doit faire face. Le 30 novembre 1959, le premier ministre Michel Debré décide de constituer une Force de police auxiliaire (FPA) composée de musulmans algériens volontaires qui sera commandée par le capitaine Raymond Montaner.

L'objectif des FPA est de disloquer l'organisation du FLN en arrêtant les responsables et en empêchant le prélèvement des cotisations. Ils parviennent à rallier les Algériens menacés de mort par le FLN et à recruter des indicateurs parmi les commerçants. La méthode utilisée par les hommes de Montagner est invariable: occupation d'hôtels habités par les travailleurs algériens, infiltration et recueil de renseignements, violences policières, tortures. Dans les archives policières, Linda Amiri a retrouvé une plainte déposée par un breton au teint mat, torturé pour qu'il avoue. Autrement dit, conclut Linda Amiri, toute personne au teint mat est soupçonnée de cotiser au FLN et susceptible de donner des informations.

La première compagnie de FPA implantée dans un quartier du XIIIe arrondissement parvient à disloquer l'organisation frontiste dans cet arrondissement. Ce succès amène le préfet de police à implanter une deuxième compagnie dans le quartier de la Goutte d'Or. Dès lors, les patrouilles en file indienne de ces hommes en calots bleus, mitraillette à la ceinture, fait partie du paysage des XIIIe et XVIIIe arrondissements. Dans la lutte que mène la préfecture de police de Paris contre le FLN, les FPA sont en première ligne.

L'efficacité de la FPA, conclut Jean-Paul Brunet, a eu pour contrepartie l'emploi de moyens illégaux et moralement condamnables comme les arrestations et détentions arbitraires et la pratique systématique de la torture. Ces méthodes sont dénoncées dans la presse de gauche, et ce sont peut-être ces protestations, mais aussi l'ouverture des premiers pourparlers d'Évian entre le gouvernement français et le GPRA à la fin du mois de juin 1961, qui aboutisent au regroupement des compagnies de FPA au fort de Noisy à Romainville. Toujours est-il que les négociateurs français d'Évian présentent le regroupement des FPA comme un geste de bonne volonté de la France, en échange duquel le FLN annoncera l'arrêt des attentats contre les policiers français.

Partisan de l'Algérie française et conseiller municipal de Paris, Bernard Lafay dénonce ce geste, alors que François Rouve, secrétaire du syndicat général de la police présente au conseil général de son syndicat le regroupement comme la réponse positive du gouvernement à l'une de leur revendication. Il précise même « nous avons obtenu que les cars conduisant les supplétifs soient conduits par des chauffeurs auxiliaires supplétifs, et non par des chauffeurs de la police municipale ».

Après une visite au fort de Noisy, Jean Viatte Président de la Commission de vérification des mesures de sécurité publique, qui représente également Maurice Patin, président de la Commission de sauvegarde des Libertés et droits individuels, termine son rapport en ces termes: « Le regroupement des forces supplétives et leur casernement à Noisy-le-Sec semblent avoir mis fin à certains excés antérieurs... ».

L'efficacité des FPA conduit rapidement le FLN à déclencher avec eux une guerre sans merci. Le poste de la Goutte d'Or est attaqué par deux groupes armés le jour même de son installation, le 20 novembre 1960, puis le 4 décembre. D'une façon générale, les postes et les cafés tenus par la FPA dans le XVIIIe arrondissement sont la cible de commandos qui y subissent de lourdes pertes, mais en provoquent également chez l'adversaire.

En avril 1961, les méthodes de la police et plus particulièrement des FPA en marge de la légalité sont à l'origine d'un différent opposant le garde des sceaux Edmond Michelet à Maurice Papon. Michel Debré donne raison à Papon et confirme que les Algériens peuvent être internés 15 jours avant que le procureur n'en soit informé. Il obtient également de la part de de Gaulle le renvoi de Michelet le 24 août.

Les attentats FLN contre la police française

Les supplétifs de la FPA ne sont pas les seuls à être visés par le FLN, il y a également des victimes parmi les policiers français depuis le début de la guerre. Dans certains cas, il s'agit de ripostes lorsqu'un suspect refuse d'être interpellé et tire sur ses poursuivants, mais dans d'autres cas, il s'agit d'attentats à l'initiative du FLN. Ces attentats connaissent une recrudescence en 1961 et plus particulièrement à partir du mois de septembre.

Parmi les 47 tués, on compte 15 FPA, 3 contractuels de la SATFMA (Services d'assistance technique aux FMA), 23 gardiens de la paix de la police municipale et 4 officiers de police judiciaire. Au total, depuis 1957, les services de la police ont dénombré 2124 attentats imputés au FLN. Dans la plupart des cas, il s'agit visant des Algériens qui contreviennent d'une façon ou d'une autre à la loi du FLN. 1252 morts et 1291 blessés ont été enrégistrés.

Les premières négociations d'Évian entre le gouvernement français et le GPRA débutent le 20 mai 1961. 15 jours après, on observe une suspension des attentats et cette trêve se poursuit pendant les pourparlers de Lugrin qui se tiennent à la fin du mois de juillet et pendant le mois d'août. Le 29 août, les attentats reprennent subitement. On en compte 5 à Paris et dans la proche banlieue. La vague d'attentats de septembre et octobre 1961 sera d'une ampleur que l'on avait jamais connue. Sept policiers en seront victimes en septembre. Il semble bien que les commandos du FLN aient reçu pour consigne d'attaquer indistinctement tout policier ou militaire en uniforme.

La cause de la reprise des attentats n'est pas claire : il est peu probable qu'elle ait été décidée par le GPRA vis-à-vis duquel de Gaulle a fait une concession le 5 septembre en reconnaissant le caractère algérien du Sahara. Jean-Paul Brunet a écrit qu'il a bien pu exister un décalage entre le GPRA et la Fédération de France et cite le nom de Mohammedi Saddek, le coordinateur de la Fédération de France qui aurait personnellement fait preuve d'indiscipline en lançant la vague d'attentats. Le 27 août, puis le 16 septembre, le comité fédéral de la Fédération de France, qui réside alors en Allemagne, écrit à Mohamed Zouaoui, chef de l'ensemble des opérations à Paris, pour lui demander sur quels principes ou quelles directives il se basait pour abattre de simples gardiens de la paix, puis le 7 octobre ordre est donné de cesser toute attaque contre les policiers. Pour les historiens britanniques House et MacMaster, la vague d'assassinats a été lancée à un niveau inférieur à celui de Zouaoui, par les chefs des deux wilayas de la région parisienne qui contrôlent les activités des Groupes armés (GA).



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Sujet / Message Re: Massacre du 17 octobre 1961

le Dim 17 Oct - 20:29
De la colère des policiers à la généralisation des sévices et aux assassinats

Les attentats dont ils sont victimes engendre chez les policiers une véritable psychose. Il apparait que le corps des policiers, excédé par les attentats, est prêt à se faire justice lui-même. Dans le bimensuel du syndicat de la police parisienne, syndicat le plus représentatif des policiers, l'un de ses dirigeants, Paul Rousseau, se croit obligé d'écrire pour raisonner ses troupes : « Camarades du SGP, ne vous laissez pas aller à des actes qui ne sont pas en accord avec votre manière de penser; groupez-vous autour de vos cadres syndicaux, agissez comme des hommes représentant la justice, et non comme des justiciers ». L'ensemble de la communauté policière se sent concernée et les obsèques de chacune des victimes se déroulent en grande pompe dans la cour de la préfecture de police, en présence des plus hautes autorités. Le 3 octobre, aux obsèques du brigadier Demoën, Maurice Papon déclare dans son allocution : « Pour un coup donné, nous en porterons dix ». Dans la journée, il aura l'occasion de passer dans plusieurs commissariats où il autorise verbalement ses hommes à tirer dés qu'ils se sentent menacés. Il donne sa parole qu'ils seront couverts. Par ailleurs, il ne cesse de donner des consignes tendant au respect de la légalité. « Gradés et gardiens, écrit-il, se doivent de toujours garder leur sang-froid et d'éviter les brimades qui engendrent le ressentiment et la haine et qui font finalement de jeu de l'adversaire. Dans un rapport au ministre de l'intérieur daté du 9 octobre, il attire l'attention sur le « malaise profond décelé au sein des services... qu'il n'est pas possible de laisser s'aggraver ... sans courir les plus grands risques ».

L'exaspération des fonctionnaires de police s'exprime en effet au cours des semaines qui précèdent le 17 octobre, par une pratique de sévices de plus en plus généralisée. À l'occasion des divers contrôles d'identité et formalités administratives auxquelles devaient se soumettre les FMA (Français musulmans d'Algérie) comme on appelle alors les Algériens, le passage à tabac devient de plus en plus fréquent. La hiérarchie se montre souvent incapable de tenir ses hommes. Les avocates Marie-Claude Radziewsky et Nicole Rein assurent souvent la défense des victimes de ces exactions policières. L'un de leur clients est un marchand de tapis arrêté le 17 octobre près du métro Barbès. Roué de coups, il se met à hurler. Un brigadier tente de s'interposer « Allez, ça suffit comme ça », mais le policier mis en cause lui répond « Je n'arrêterai que si je veux ». Outre les passages à tabac, les sévices peuvent consister en destruction de papiers d'identité ou en vols purs et simples, d'argent ou de montre. Encore le vol reste-t-il relativement rare, tandis que le bris volontaire des montres lors des passages à tabac est beaucoup plus répandu. Quand des plaintes sont déposées, l'IGS doit diligenter une enquête, mais suite aux consignes du préfet Papon, le commissaire divisionnaire de l'IGS s'efforce généralement de dédouaner les hommes mis en cause.

Au-delà des sévices ordinaires, certains policiers se laissent aller à des violences beaucoup plus graves. Malheur au suspect appréhendé après un attentat ! Le 4 octobre, au cours de la réunion hebdomadaire du SCINA (Service de coordination des informations nord-africaines), son président demande si la recrudescence des découvertes de cadavres de FMA dans la Seine ne pourrait pas être consécutives à des représailles policières. Les statistiques des homicides commis sur des Nord-Africains dégagent en effet une tendance particulièrement nette.

Parmi les 93 homicides du mois d'octobre, 55 ont été commis avant la manifestation du mois d'octobre. Quelle part faut-il imputer aux policiers ou groupes parapoliciers opérant après les heures de service ? Jean-Paul Brunet qui a épluché les dossiers estime qu'une dizaine de cas sont presque certainement à mettre dans cette catégorie, mais qu'«à titre d'hypothèse provisoire», les morts d'octobre d'avant le 17 sont « en majorité imputables au FLN ». House et MacMaster, s'appuyant sur le fait qu'aucun élément ne vient étayer l'hypothèse d'une recrudescence d'assassinats fratricides au sein de la communauté algérienne, ni au sein du FLN, ni entre le FLN et le MNA, la majorité des homicides d'octobre doit être imputée aux violences policières.

Le couvre-feu

Le 5 octobre, le préfet de police Papon diffuse un communiqué de presse qui institue un couvre-feu pour les Nord-Africains. « Il est conseillé de la façon la plus pressante aux travailleurs algériens de s'abstenir de circuler la nuit dans les rues de Paris et de la banlieue parisienne, et plus particulièrement entre 20h30 et 5h30 du matin. » Officiellement, il s'agissait « de mettre un terme sans délai aux agissements criminels des terroristes algériens ». En fait, il s'agit pour Papon de riposter au FLN pour prendre un avantage définitif dans la « Bataille de Paris » qui oppose depuis 1958 le FLN qui entend contrôler toute la population algérienne vivant dans la région parisienne à la police parisienne dirigée par Papon. Le couvre-feu est effectivement une gêne considérable pour les activité du FLN dont les activités étaient vespérales et nocturnes. Parallèlement, les services de la SATFMA délivrent en grand nombre des laisser-passer, de mille à quinze cents par semaine. Le 15 novembre, sur les 90 000 travailleurs algériens du département de la Seine, 14 000 auront obtenu un laisser-passer.

Sur le plan intérieur, le couvre-feu est violemment critiqué pas seulement par les forces de gauche comme le parti communiste et la CGT, mais également par le MRP, et même par le commissaire Dides, ancien député poujadiste qui présente la mesure comme « une manifestation de racisme contraire à nos traditions ». Selon la constitution de 1958, les Algériens étaient des citoyens à part entière et ils ne devaient donc pas être l'objet de mesures discriminatoires. Les 30 députés algériens dénoncent eux-aussi ces « mesures vexatoires, discriminatoires, pour ne pas dire racistes ». C'est d'ailleurs parce que le couvre-feu est légalement indéfendable que, selon communiqué de Papon, il est seulement conseillé de s'abstenir de circuler la nuit. La police a naturellement donné à ce « conseil » un caractère tout à fait impératif.

La manifestation du 17 octobre

Le FLN décide de riposter au couvre-feu en organisant une manifestation

Tout de suite après l'établissement du couvre-feu, le responsable parisien Zouaoui envoie au comité fédéral un rapport : il y mentionne le couvre-feu et la dureté de la répression engagée par Papon. Il préconise des actions nocturnes rassemblant hommes, femmes et enfants. Après avoir consulté en Belgique, le 10 octobre, les hommes de terrain, Zouaoui, Saddek et Omar Ouhadj, syndicaliste de l'AGTA (Amicale générale des travailleurs algériens), le comité fédéral conduit par Omar Boudaoud se réunit à Cologne et fournit des instructions détaillées pour une série d'actions articulé en trois phases. Le 14 octobre, Zouaoui transmet à son tour son plan d'actions détaillé au comité fédéral: Action de masse dans la soirée du mardi 17 octobre, grève des cafés, commerces et hôtels le 18 et manifestation de femmes et d'enfants le .

Le mot d'ordre est donné aux militants qui ne doivent le communiquer à la base que dans la journée même du 17 octobre pour que la police soit au courant le plus tard possible. Tous les Algériens, hommes, femmes et enfants doivent participer à la manifestation. Le port d'armes est absolument interdit. Les hommes seuls et les familles ont pour mission d'atteindre à 20h30 un certain nombre de lieux sur les principaux boulevards et places de la capitale. La participation à la manifestation revêt un caractère obligatoire pour les populations contrôlées par le FLN, ce qui n'empêche pas que par sympathie la majorité des manifestants penche du côté du FLN.

Mise en place du dispositif de police

Ce n'est que dans la journée du 17 que l'information parvient au cabinet de Papon. À 16h20, tous les services de la préfecture de police reçoivent un télégramme informant que « Le FLN ordonne à tous les FMA de sortir ce soir 17 octobre en fin d'après-midi et en soirée sur les grands axes de la capitale [...] afin de manifester pacifiquement contre les récentes mesures préfectorales ». Consigne est donnée dans ce même télégramme d'appréhender les manifestants, de conduire les hommes au Palais des sports, les femmes et les enfants devant être conduits au poste de police de la rue Thorel, dans le IIeme arrondissement. Pour faire face à la manifestation, la préfecture mobilise 716 hommes de la police municipale, 662 hommes de la Gendarmerie mobile et 280 CRS, soit au total 1658 hommes, à peine quelques sections de plus que pour les journées de monômes du Bac, remarque Jean-Paul Brunet qui verra dans cette faiblesse des effectifs l'un des facteurs ayant conduit à la violence, ce qui n'est pas le point de vue de House et MacMaster.

La tension des policiers est extrême. Sur les fréquences districts utilisée par la police et que peuvent capter les policiers qui rejoignent dans leurs cars leurs lieux d'affectation, circulent des rumeurs signalant que cinq policiers ont déjà été tués par les Algériens.




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Sujet / Message Re: Massacre du 17 octobre 1961

le Dim 17 Oct - 20:44
La manifestation du 17 octobre

Les différents historiens ayant travaillé sur cette journée du 17 octobre, Jean-Luc Einaudi, Jean-Paul Brunet et les britanniques Jim House et Neil MacMaster font ressortir que la répression policière de la manifestation sera d'une violence extrême, causant des dizaines de morts parmi les manifestants algériens.

Le FLN avait prévu de concentrer la manifestation sur trois grands secteurs, zone de l'Étoile pour les Algériens de la banlieue ouest, les boulevards Saint-Michel et Saint-Germain pour ceux de la banlieue sud et enfin les Grands boulevards pour ceux de la banlieue nord et nord-est. Le 17 octobre, il pleut en fin d'après-midi. Entre 20 000 et 30 000 Algériens, hommes, femmes et enfants, vêtus de l'habit du dimanche pour témoigner de leur volonté de dignité, commencent à se diriger vers les points de regroupements.

Une colonne de 10 000 personnes en provenance des bidonvilles de la banlieue ouest : Nanterre, Bezons, Courbevoie, Colombes et Puteaux, se rassemble au rond-point de la Défense et se dirige vers le Pont de Neuilly en vue de gagner le secteur de l'Étoile. Cette colonne est bloquée au pont de Neuilly où est installée une section de la FPA, sept hommes du commissariat de Puteaux et ultérieurement une section d'une compagnie d'intervention, soit en tout 65 hommes. C'est ici, au Pont de Neuilly que se déroule un des affrontements majeurs de la soirée. Jusqu'à 19 heures, la police arrive à faire face et à diriger au fur et à mesure des arrivées 500 Algériens vers le commissariat de Puteaux. Lorsque des milliers de manifestants sont au contact des policiers, ceux-ci doivent faire usage de leurs « bidules », ces longs bâtons en bois dur de 85 cm de long. Une cinquantaine de manifestants arrivent quand même à passer. Des coups de feu sont tirés. D'après Brunet, ce sont sans doute les « chocquistes » du FLN qui auraient tiré en l'air les premiers coups de feu pour provoquer un affrontement. D'après House et MacMaster, c'est plus vraisemblablement la police car aucun policier n'a été touché. Que les policiers aient tiré et qu'ils se soient livrés à des actes d'une violence extrême n'est pas contesté. Qu'il y ait eu des morts dans ce secteur, que durant toute la nuit des hommes aient pu être jetés dans la Seine depuis les ponts de Neuilly, d'Argenteuil ou d'Asnières ne l'est pas non plus .

D'autres manifestants ont pu joindre le secteur de l'Étoile par le métro, mais de nombreux cars de police se tiennent prêts à recevoir les Algériens qui sortent des bouches de métro pour les diriger vers les centres d'internement. Plus de 2 500 Algériens sont appréhendés dans ce secteur où les violences restent à un niveau modeste. Il en est de même dans les secteurs de la Concorde et dans une moindre mesure, de l'Opéra où 2 000 manifestants sont conduits aux centres d'identification.

Par contraste, les incidents du secteur des Grands Boulevards sont particulièrement violents et sanglants. Les Algériens avaient pu réussir leur rassemblement place de la République. Ils brandissent des drapeaux et écharpes aux couleurs vertes et blanches du FLN et scandent les slogans « Algérie algérienne », « Libérez Ben Bella ». Ils se heurtent à deux compagnies de CRS devant le cinéma Rex. Des coups de feu partent d'un car de police transportant des interpellés vers le commissariat de la rue Thorel et qui est bloqué par des manifestants. Après les événements, l'état de la voie publique sera comparable à celui du Pont de Neuilly : débris de verre, chaussures perdues, flaques de sang, nombreux blessés gisant sur le trottoire.

Le troisième secteur d'affrontements violents est celui du secteur Saint-Michel Saint-Germain, à proximité de la préfecture de police dans la cour de laquelle les cars de la police déversent des flots de manifestants interpellés, plus d'un millier au total. Dans la rue, les forces de police encerclent les manifestants qu'ils chargent et frappent. Pour échapper aux coups des policiers, certains préfèrent se jeter du Pont Saint-Michel. Des échauffourées se prolongent jusqu'à 22h30 boulevard Saint-Germain et dans le secteur de Saint-Sulpice où des coups de feu sont tirés.

La nuit du 17 au 18 octobre dans les centres d'identification

Entre 17h et minuit, une noria incessante de cars de police et d'autobus réquisitionnés débarquent entre 6 000 et 7 000 algériens au Palais des sports de la porte de Versailles. Au cours de ces transports, les corps sont parfois empilés les uns sur les autres. Après une heure du matin, les 32 derniers cars, contenant 2 623 « FMA » (Français musulmans d'Algérie, selon la dénomination de l'époque) sont dirigés vers le Stade de Coubertin. Des centaines de manifestants blessés ont été dirigés sur des hôpitaux. Dans cinq hôpitaux seulement, on compte 260 blessés hospitalisés. Jean-Paul Brunet note que sur ces 260 blessés, 88 sont entrés entre le 19 et le 21, ce qui témoignerait de la persistance des brutalités policières bien au-delà de la nuit du 17 octobre.

Parmi les policiers, une dizaine a été conduite à la Maison de santé des gardiens de la paix pour des blessures légères. Certains des blessés hospitalisés viennent du Palais des sports où les 150 policiers qui assurent la garde des détenus se livrent à des brutalités dont le syndicaliste policier Gérard Monate dira dans les semaines suivantes « ...d'après ce que nous savons, il y a eu une trentaine de cas absolument indéfendables ». Tous les internés ne sont pas systématiquement frappés au Palais des sports, mais des sévices sont également exercés avant l'arrivée, dans les commissariats ou pendant les transports. Jean-Luc Einaudi a recueilli nombre de témoignages d'appelés du contingent affectés au service sanitaire, d'assistantes sociales et même de certains policiers décrivant la « vision d'horreur » qui les a saisis à l'entrée du Palais des sports ou du Stade de Coubertin. Les sévices sur les détenus se poursuivent jusqu'au 20 octobre où la salle de spectacle doit être libérée pour un concert de Ray Charles.

Dans la cour de la préfecture de police de l'île de la Cité les 1 200 détenus sont reçus par des « comités d'accueil ». Vingt blessés graves, souvent victimes de traumatisme crânien doivent être évacués vers l'Hôtel-Dieu et d'autres hôpitaux.

La journée du 18 octobre et les jours suivants

Le FLN avait prévu une grève générale des commerçants nord-africains et une nouvelle manifestation sur la voie publique, mais il ne bénéficie plus de l'effet de surprise. À 12h30, 60% des quelque 1 400 commerces concernés sont effectivement fermés et les simples admonestations policières restent sans effet. Il faut attendre 17 heures pour qu'un ordre soit donné d'arrêter les commerçants grévistes. 79 commerçants sont effectivement arrêtés et la menace est assez efficace pour faire rouvrir les commerces à partir de 18h30.

Pour les manifestations de la soirée, l'encadrement du FLN est considérablement affaibli par les arrestations de la veille, alors que la police a mobilisé 3 000 hommes, substantiellement plus que les 1 658 de la veille. La préfecture de police a fait le choix, ce soir là, de privilégier la dispersion énergique aux arrestations massives. Les 1 856 arrestations du 18 octobre s'ajouteront quand même aux 11 518 de la veille. Dans ces conditions, les seules véritables manifestations rassemblant quelques milliers de personnes se déroulent en banlieue, à Nanterre et à Colombes. À Nanterre, un véhicule de police est atteint par une balle. Les policiers ripostent faisant huit blessés.

Le dénombrement des morts

En 2006, House et MacMaster notent que la question du nombre exact d'Algériens tués par les forces de l'ordre restent la question la plus ardemment débattue, les deux protagonistes de cette bataille de chiffres étant Jean-Luc Einaudi et Jean-Paul Brunet. Les auteurs britanniques qualifient de minimalistes l'estimation de Brunet, de 30 à 50 morts pour le 17 octobre et les journées alors que des commentateurs du livre d'Einaudi croient comprendre de son ouvrage La Bataille de Paris que les policiers ont fait ce soir-là plus de 200 morts. Les historiens britanniques précisent que dans la liste d'Einaudi des 246 victimes pour lesquelles la date du décès est connue, 141 décès ont été enregistrés avant le 17 octobre. Les chiffres de Brunet et d'Einaudi couramment cités ne concernent donc pas la même période. Brunet avait mis ce point en évidence en 2003 et dénonçait également dans l’exploitation de cette affaire un « mythe forgé pour les besoins d’une cause militante ».

Il n'en reste pas moins qu'une fois ces questions de périodes considérées éclaircies, des divergences subsistent, notamment pour désigner les meurtriers des 109 décès d'Algériens enregistrés à l'automne 1961. Brunet a imputé un grand nombre de ces victimes au FLN, alors qu'en gros, House et MacMaster se rangent du côté d'Einaudi en imputant l'essentiel de ces décès aux violences policières .

Un autre aspect du débat sur le nombre de victimes concerne la possibilité que des corps n'aient pas été retrouvés et n'aient pas été enregistrés à l'Institut médico-légal. Pour Brunet, la culture policière rejette toute dissimulation de cadavres. Pour House et MacMaster, il est également probable que « certains corps ont été enterrés en secret plutôt que d'être remis aux autorités françaises tant redoutées ». Brunet rejette cette possibilité : « hormis peut-être quelques cas extrêmes, on voit mal comment dans un pays démocratique cette éventualité aurait pu se produire et comment, après presque un demi-siècle, des restes humains n’aient pas été retrouvés. »

Répercussions politiques
Les réactions de la Presse


Dans la nuit du 17 au 18 octobre, Papon publie un communiqué de presse selon lequel la police a dispersé une manifestation à laquelle les Algériens ont été contraints de participer sous la menace du FLN. Toujours selon le communiqué, la police sur laquelle des coups de feu avaient été tirés avait dû répliquer, faisant deux morts et plusieurs blessés chez les manifestants. Il est également fait état de l'hospitalisation d'une douzaine d'officiers de police et du prochain renvoi en Algérie de tous les manifestants arrêtés.

Nombreux avaient été les journalistes à couvrir la manifestation du 17 , mais la censure de la presse en vigueur pendant la guerre incitant à la prudence, c'est ce point de vue officiel que reflète la presse quotidienne le 18 au matin, mais dès le 19, les journaux publient une version plus détaillée des évènements. De nombreux journalistes se rendent dans les bidonvilles de la banlieue parisienne et y découvrent les signes de la violence policière qui a sévi non seulement le 17 octobre, mais aussi la période précédente.

Si L'Humanité et Libération réfuteront nettement le bilan gouvernemental, même Le Figaro, publie des articles sur les exactions commises par la police, évoquant par exemple des « scènes de violence à froid » dans les centres d'internement. Le Monde rendra également compte de ces conditions de détention exécrables et de l'invraisemblance des annonces officielles, mais dans l'ensemble, la presse populaire, le Parisien libéré, L'Aurore, Paris Match reproduisent la version officielle à laquelle va adhérer tout naturellement la majorité de la population française.

Le numéro de Témoignage chrétien daté du 27 octobre. consacrera un dossier complet au massacre des Algériens, avec un éditorial d'Hervé Bourges et le témoignage et les photos d'Élie Kagan. D'autres photos de ce dernier paraîtront dans le journal de gauche France Observateur. La radio, par contre, ne révèle pas les événements et la télévision française raille la presse américaine, accusée d'avoir affirmé que « la Seine charriait des cadavres d'Algériens ». L'ensemble des revues de gauche, L'Express, Esprit, Les Temps modernes, au sujet de la violence de la semaine du 17 au 20 octobre, souligne à quel point la répression en France ressemble à ce qui se passe en Algérie.

Le 26 octobre, Georges Montaron, directeur de Témoignage chrétien, Claude Bourdet, directeur de France Observateur, Emmanuel d'Astier de la Vigerie, directeur de Libération, le RP Avril, directeur de Télérama, le Pasteur Lochard, Jean-Marie Domenach, directeur de la revue Esprit, Jean Schaeffert et André Souquière, organisent à la Mutualité, un meeting pour « protester contre les violences policières et la répression de la manifestation du 17 octobre 61 à Paris » biographie de Georges Montaron sur le site de Daniel Montaron.

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Sujet / Message Re: Massacre du 17 octobre 1961

le Dim 17 Oct - 20:54
Historiographie et aspects mémoriels

Aubervilliers passerelle de la fraternité & plaque



wikipedia

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Sujet / Message Re: Massacre du 17 octobre 1961

le Dim 17 Oct - 20:58
49e anniversaire des massacres du 17 octobre 1961: Le jour où les masques sont tombés

Si retour de mémoire il y a, c’est sans doute du côté français, là où l’on commence timidement à reconnaître les faits, en partie, sans pouvoir donner à cette attitude un prolongement pratique qui trouverait sa place, par exemple, dans les manuels scolaires ou dans un geste de repentance.

L’on n’est pas sûr que le concept de «retour de mémoire» dont parlent à profusion la presse et certains historiens spécialisés de la guerre d’Algérie soit le mieux indiqué pour parler de la journée du 17 octobre 1961 telle qu’elle a été vécue par notre communauté émigrée en France; ceci pour la raison suivante : c’est que, en réalité, il n’y a jamais eu d’extinction de mémoire, particulièrement du côté des Algériens victimes de ces indicibles atrocités. Les survivants sont nombreux et les stigmates ne disparaîtront chez eux qu’avec le dernier souffle de la vie. Si retour de mémoire il y a, c’est sans doute du côté français, là où l’on commence timidement à reconnaître les faits, en partie, sans pouvoir donner à cette attitude un prolongement pratique qui trouverait sa place, par exemple, dans les manuels scolaires ou dans un geste de repentance.

Cependant, il serait certainement superflu de focaliser les débats sur les possibilités de repentance de la France coloniale par rapport aux crimes qu’elle a commis en Algérie ou sur des Algériens en France. Dans ce genre de situation, les faits dépassent largement le symbolisme. C’est le cas de l’avant-projet de criminalisation de la présence coloniale en Algérie préparé par des députés de l’APN et qui, pour des considérations liées certainement à des intérêts diplomatiques qu’il s’agit de sauvegarder ou de ne pas compromettre, n’a pas pu trouver d’aboutissement. Dans la réalité, la colonisation a vu sa présence criminalisée par le soulèvement du peuple algérien qui l’a balayée au cours d’une atroce guerre de libération. Le tribunal et le verdict de la révolution algérienne dépassent tous les actes que l’on peut réclamer à la symbolique législative.

Il est vrai que depuis quelques années une plaque commémorative placée par la mairie de Paris orne un pont de la Seine. Il y est rendu hommage aux Algériens morts noyés par la police de Maurice Papon dans cette profonde rivière française dans la nuit du 17 octobre 1961.

Emigration algérienne : une histoire de luttes

L’histoire de l’émigration algérienne en France avait timidement commencé au 19e siècle avant de trouver une première voie avec les contingents mobilisés pour la première guerre mondiale. En effet, plusieurs milliers de soldats algériens qui ont survécu à cette aventure européenne ont trouvé des points de chute dans les houillères de l’Alsace et de la Lorraine et dans d’autres sites miniers. Entre les deux guerres mondiales, le mouvement s’intensifia et toucha l’ensemble du Maghreb au point où, dans certaines usines, les travailleurs nord-africains constituèrent la majorité des effectifs. C’est dans ce contexte que le mouvement national allait trouver une de ses voies d’expression sur la terre de la Métropole. Messali Hadj, ouvrier émigré et syndicaliste se saisira des outils de la lutte syndicale, vulgarisés par les partis de gauche, pour leur adjoindre les principes de la revendication nationaliste. Avec son lieutenant Imache Amar, il fondera l’Etoile nord-africaine à Paris. Et c’est cet esprit de lutte et ce combat qu’il transférera en Algérie pour conduire le Mouvement national et le faire prendre en charge par d’autres jeunes militants.

La circonscription de ce qui deviendra pendant la guerre de Libération la «Septième wilaya» (le territoire français) était tracée à cette époque qui a vu l’émigration algérienne imbriquer la lutte pour les droits sociaux dans les usines à la revendication nationaliste de la libération de la patrie. Cette présence humaine en France a assez tôt acquis un caractère politique par sa façon de s’organiser dans les villes et les quartiers français, d’entretenir la relation avec la terre natale et la famille laissée dans le village et, enfin, par la montée de la conscience syndicale et politique à la faveur des contacts avec les syndicats français et certaines organisations de gauche. Cela donnait lieu à une structuration de plus en plus efficiente de la communauté algérienne en France et un développement réticulé de ses relations avec les organisations politiques et syndicales et les associations culturelles exerçant en Algérie.

Mohamed Harbi écrit dans FLN, mirages et réalités :

L’émigration donne le ton au mouvement national. D’elle partent les mots d’ordre et les initiatives. On ne saurait décrire la frayeur qui s’empare de la bourgeoisie algérienne avant l’entrée en scène des nouvelles catégories sociales issues de la prolétarisation mieux que ne le fait Mohamed Zahi de l’association des Oulémas : l’ENA a fortement impressionné les milieux de travailleurs nord-africains. Elle a beaucoup de partisans et ces derniers font la contradiction de tout. Il note aussi : «L’enracinement du mouvement messaliste est faible en Algérie et les forces sociales intéressées à la destruction du système colonial sont encore dans l’expectative.

L’appui de la classe ouvrière française polarise l’espoir des messalistes, malgré les rapports tumultueux avec le PCF. La désillusion ne tarde pas. Le Front populaire se charge de l’administrer. La dissolution de l’ENA, le 17 janvier 1937, par le gouvernement de Léon Blum, marque une étape nouvelle dans l’histoire du mouvement messaliste. Il ne rompt pas avec le mouvement ouvrier français, mais s’en éloigne. Le 11 mars 1937, le PPA (Parti du peuple algérien) naît à Nanterre. Au-delà de ce qui peut être réclamé ou exigé de l’ancienne puissance coloniale en matière de reconnaissance de l’histoire sanglante entre les deux pays, les Algériens sont doublement interpellés par cette journée que l’on célèbre officiellement sous le nom de «Journée de l’émigration».

Ce dernier slogan risque d’être banalisé en l’amenant à signifier faussement un problème spécifique à l’émigration en tant que phénomène de mobilité sociale entre deux espaces géographiques et en tant que phénomène économique de transfert de revenus. L’on est, en fait, interpellé sur l’écriture de l’histoire de façon à ce que la connaissance des évènements liés au Mouvement national et à la guerre de Libération sorte des cercles de la polémique pour atterrir dans les manuels scolaires ; ensuite, il est temps que les Algériens s’approprient définitivement cette mémoire de la lutte de l’émigration pour l’indépendance du pays et que la «Septième wilaya» et la Fédération de France deviennent un patrimoine aussi valorisé que le reste des structures de la révolution.

source: Le jour d’algerie


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Sujet / Message Re: Massacre du 17 octobre 1961

le Dim 17 Oct - 21:17
Massacres du 17 octobre 1961
« Un crime contre l’humanité », selon Mohamed-Cherif Abbas


Les massacres perpétrés contre les Algériens le 17 octobre 1961 en France, sont un « crime contre l’humanité ». C’est ainsi que s’est exprimé ce dimanche 17 octobre depuis M’sila, le ministre des Moudjahidine, Mohamed-Cherif Abbas. Le ministre qui présidait la cérémonie de commémoration officielle du 49e anniversaire de ces événements sanglants a estimé que la responsabilité des ces crimes est « partagée par leurs auteurs directs et l’Etat français et, par conséquent, la sanction doit toucher les individus et l’Etat dans tous les aspects se rapportant aux droits de l’homme ».

Le ministre a également souligné que l’Etat français a prouvé, en décorant de médailles les auteurs de ces massacres historiques, son « implication manifeste et directe ». Ces crimes ont été perpétrés contre des personnes désarmées dont le seul tort avait été de réclamer à la France de mettre fin à sa politique discriminatoire (état d’urgence, concentration dans des bidonvilles, loi martiale) car ils en étaient les seules victimes en France.

Mohamed-Cherif Abbas a également ajouté que la journée du 17 octobre 1961 a donné lieu à des « actes d’extermination horribles contre des Algériens qui furent jetés dans la Seine, à Paris, ou abattus par balles ». Pour lui, ces évènements rappellent à tous les Algériens la contribution et l’engagement de la communauté nationale établie en France aux côtés de la Révolution pour l’indépendance du pays. « En dépit des tentatives de passer ce crime sous silence, ces évènements ont été une révolte des Algériens de l’émigration qui ont montré leur attachement à leur patrie et prouvé le caractère éphémère du colonialisme », a encore ajouté le ministre.


http://www.tsa-algerie.com/politique/un-crime-contre-l-humanite-selon-mohamed-cherif-abbas_12664.html

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Sujet / Message Re: Massacre du 17 octobre 1961

le Mer 21 Sep - 22:52
Une mobilisation algérienne : Nanterre et le 17 octobre 1961

Les vendredi 14 et samedi 15 octobre 2011 à la Maison de la musique de Nanterre
Colloque organisé pour la commémoration du cinquantenaire de la répression de la manifestation.


Le 17 octobre 1961 environ 20 000 Algériens et Algériennes défilaient dans les rues de la capitale à la nuit tombée pour protester contre le couvre feu mis en place par le préfet de police Maurice Papon le 5 octobre 1961, à l’encontre des seuls « Français musulmans d’Algérie ». La répression policière fut d’une violence inédite et causa la mort de plusieurs dizaines d’Algériens. Si l’événement suscita l’effroi des observateurs et une véritable campagne de protestation dans les jours suivants, il fut cependant rapidement occulté et resta longtemps un point aveugle de l’histoire de France.

Ce colloque, organisé par la mairie de Nanterre, l’association Les Oranges, la Société d’histoire de Nanterre, le MRAP de Nanterre, l’université Paris-Ouest Nanterre la Défense et la Bibliothèque internationale de documentation contemporaine (BDIC), se propose de revenir, à l’occasion du cinquantenaire de la manifestation, sur ces événements et leurs traces dans la France d’aujourd’hui.
En ouverture, le vendredi 14 octobre à 20h00, projection du nouveau documentaire de Yasmina Adi suivi d'un débat avec le public. Le colloque se tiendra ensuite le samedi 15 octobre. Il est organisé en trois parties :

Contexte : l’automne 1961 en région parisienne : animée par Sylvie Thénault avec Emmanuel Blanchard, Neil macMaster et Daho Djerbal
Les chercheurs invités décriront la situation des « Français musulmans d’Algérie » en métropole pendant la guerre d’Algérie, l’appareil policier à l’origine de la répression et le rôle du Front de libération nationale (FLN) dans l’organisation de la manifestation.

Les mémoires du 17 octobre 1961, du local au national : animée par M’Hamed Kaki et avec Medhi lallaoui, Mohammed Harbi, Victor Collet et Jean-luc Einaudi
Ces interventions seront consacrées à l’émergence tardive d’une mémoire collective de l’évènement et aux acteurs de cette reconnaissance. Longtemps confiné à une mémoire militante d’extrême-gauche, le souvenir de la répression du 17 octobre a connu un renouveau depuis les années 1990, et bénéficie aujourd’hui d’une reconnaissance institutionnelle croissante. Les acteurs de ce combat et des chercheurs reviendront sur ce processus.

Témoins et acteurs à Nanterre : animée par Marie-claude Blanc-chaléard, avec Monique Hervo, Nicole Rein et la projection du film Octobre à Paris de Jacques Panijel

Cette dernière partie sera composée de témoignages concernant la participation des habitants des bidonvilles à la manifestation et plus largement leur vécu de la guerre d’Algérie en métropole. Monique Hervo présentera ses photos prises au bidonville de la Folie à Nanterre entre 1959 et 1961. Le film « Octobre à Paris » tourné en 1961 par Jacques Panigel, très rarement diffusé depuis, sera projeté en version intégrale.

http://www.histoire-immigration.fr

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Sujet / Message Re: Massacre du 17 octobre 1961

le Dim 25 Sep - 15:21
des jeunes algériens furent massacrer par la police de papon et de son chef de gaulle ;le massacre de l’arabe: dont un jeune de 21 ans nommé BOUHADJAR MOUNIR; sanglante cette journée. rien a sa mémoire: a ce jour dans sa ville adoption. enfin les héros meurent sans terre.
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Sujet / Message Re: Massacre du 17 octobre 1961

le Sam 15 Oct - 1:35
7 Octobre 1961 : Une monstruosité commandée par l’infâme Maurice Papon

17 octobre 1961 – 17 octobre 2011



50 ans après, la France officielle continue d’ignorer et de cacher une des pages sombres de son histoire coloniale. Cependant des voix s’élèvent pour dénoncer cette attitude et réclamer toute la vérité sur les évènements tragiques afin que ce crime d’Etat soit reconnu par les plus hautes autorités de la République française.
Accusé pour son implication dans la déportation des juifs en 1942, Maurice Papon, alors préfet de police de Paris à l’époque, n’a jamais été accusé pour sa barbarie envers les Algériens. Un crime contre l’humanité occulté dans le pays de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Une monstruosité commandée par l’infâme Maurice Papon

Le préfet de police de Paris Maurice Papon n’a jamais été poursuivi pour la barbarie de la répression des Algériens dans la capitale francaise alors qu’il était aux commandes. Deux poids deux mesures puisqu’il a été condamné en 1998 pour crimes contre l’humanité en raison de son implication dans la déportation des juifs en 1942.

Le massacre du 17 octobre 1961 n’est pas un événement tiré du néant. Depuis plusieurs semaines déjà, les Algériens étaient victimes d’exactions pour le simple fait d’être algériens. « L’évidence est là : la jonction que nous redoutions en avril entre les tortionnaires d’Alger, et les tortionnaires de M. Papon est réalisée dans les faits. Les méthodes de masse instaurées à Alger par le général Massu et les colonels Godard et Trinquier ont été transplantées à Paris. La Seine charrie des noyés qui évoquent les noyés de la baie d’Alger, les crevettes du colonel Bigeard ».
Cette citation est extraite du journal « Vérité liberté Cahier d’information sur la guerre d’Algérie » publié clandestinement » à partir de mai 1960. Il publie dès son numéro 13, daté de novembre 1961, un dossier spécial sur le massacre des Algériens le 17 octobre 1961. Au lendemain des événements tragiques, les journaux parisiens, risquant la censure ou la saisie, avaient informé sur la gravité de la répression, tels L’Express, France nouvelle, France-Observateur, Témoignage chrétien et même le Figaro, malgré les dénégations du pouvoir. « Vérité-Liberté » va plus loin en dénonçant la barbarie, faisant le parallèle avec des événements encore proches dans la mémoire des Fran-çais : « Au cœur même de Paris, à la préfecture de police, M. Papon fait tuer cinquante Algériens désarmés. Comme les juifs pendant l’occupation, la comparaison a été faite immédiatement par les Français et par les Algériens et nul doute qu’elle ne soit fondée (…) Les Algériens ont été traqués comme des bêtes, et la chasse au faciès a remplacé la recherche de la circoncision ».

Ainsi, entre la concentration des Algériens dans le Palais des sports par centaines en octobre 1961, et la rafle des juifs en juillet 1942, un même homme infâme apparaît : Maurice Papon. Dans les coulisses en 1942, préfet de police de Paris depuis 1956, après avoir été préfet de Cons-tantine entre 1956 et 1958. Il n’a jamais été poursuivi pour son « organisation contre le FLN » qui a signifié des centaines de victimes algériennes en 1958 et 1962. Maurice Papon avait toujours dit à ses policiers et aux supplétifs harkis : « quoi qu’il arrive, vous êtes couverts ». Lui-même était couvert par son ministre. Plus tard, bien après qu’il ait atteint le sommet de l’Etat en devenant ministre, Papon a été jugé et condamné pour crime contre l’humanité, pas pour le massacre des Algériens, non, mais en raison de son implication dans la déportation des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale…
Dans le journal « Vérité liberté », dont l’histoire reste encore à écrire, signaient des gens comme Pierre Vidal-Naquet, Robert Barrat, Paul Ricoeur, Vercors, Jean-Marie Domenach… et bien d’autres figures de l’humanisme français comme Jean-Paul Sartre ou encore Jacques Panijel qui tournera des images du 17 octobre 1961, et dont le film, « Octobre à Paris » restera interdit en France durant des années. Son auteur, décédé en 2010, verra sa carrière de cinéaste largement compromise.

Le film sort enfin cette année dans le cadre du 50e anniversaire.
Dans un numéro des Temps modernes (saisi à l’imprimerie), l’éditorialiste accuse le préfet de police : « Avec Papon nous n’avons plus que le visage nu de la haine raciste. Du ghetto au couvre-feu, des raids de harkis au lynchage organisé, une logique infernale l’a conduit à ce soir du 17 octobre. Alors, froidement, délibérément, il a donné le signal du pogrom, il a couvert la ratonnade : il a lâché ses flics sur les Algériens comme on lâche les chiens dans la curée. Mais du coup, il est allé trop loin et la situation se renverse. Entre ces policiers bottés, casqués, mitraillette au poing, la matraque levée, hurlant des injures, et ces hommes droits sous les coups, dont les frères tiennent en échec depuis sept ans la plus puissante armée coloniale des temps modernes, il n’était pas besoin d’hésiter longtemps cette nuit-là, pour savoir qui était vainqueur. Soudain s’étalait en pleine rue, au cœur de la capitale, ce que dissimulait jusqu’alors l’ombre des commissariats et des caves » (in Vérité Liberté n°13).
« La manifestation algérienne a été pour beaucoup et même jusque dans la classe ouvrière le révélateur d’un racisme latent », écrit le journal Vérité Liberté qui cite les propos d’un conseiller municipal de Paris qui préconisa « le rembarquement de tous les Algériens dans des ba-teaux », précisant « quant au problème de couler les bateaux, ce n’est pas du ressort du conseil municipal ». L’élu ne sera pas pour autant inquiété pour un tel appel au meurtre.

Nassim AMEUR

Le PS demande une reconnaissance officielle par la France

Le Parti socialiste (PS) a demandé hier que la France reconnaisse officiellement les “évènements tragiques” du 17 Octobre 1961 à Paris, durant lesquels des centaines d’Algériens ont été tués pour avoir manifesté pacifiquement contre le couvre-feu discriminatoire qui leur a été imposé quelques jours auparavant par le préfet d’alors, Maurice Papon. “Le Parti socialiste demande que la France reconnaisse officiellement ces événements tragiques et facilite l’accès aux archives pour les historiens, dans un esprit de justice et de vérité”, indique un communique du PS, signé par le premier secrétaire du Parti par intérim, Harlem Désir, et le secrétaire national à la coopération, à la francophonie, à l’aide au développement et aux droits de l’homme, Pouria Amirshahi. Le PS rappelle qu’il y 50 ans, les forces du préfet de police Maurice Papon “réprimaient avec une brutalité injustifiée et meurtrière une manifestation pacifique d’Algériens défendant le droit à l’égalité et l’indépendance de l’Algérie”, ajoutant que le bilan fut “dramatique : plusieurs milliers d’arrestations, plusieurs centaines de morts noyés dans la Seine ou frappés à mort”. “Cette page sombre de notre histoire a longtemps été ignorée ou masquée. Il est aujourd’hui temps que notre pays reconnaisse ces faits et que les responsabilités dans les violences commises soient établies et reconnues. Il est temps pour notre pays de rendre hommage à ces victimes et à leur mémoire”, indique-t-il. Pour le deuxième parti politique en France, cette reconnaissance “permettra enfin d’avancer réellement vers la pleine réconciliation entre les peuples français et algérien, essentielle pour bâtir de nouvelles relations tournées vers notre avenir commun”.

Source:algerie360.com

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Sujet / Message Re: Massacre du 17 octobre 1961

le Sam 15 Oct - 10:32
ce cinquantième anniversaire du 17 octobre 1961 a paris ,moi personnelemnt me rappel chaque année que mon oncle MOUNIR fut jeté a la seine de paris par les sbire certe de papon mais il ne faut pas oubliés son chef de gaulle.
mon oncle qui parti a paris pour travailler comme maçon a l'age de vingts et un ans , donna sa vie pour une Algérie moderne .
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Sujet / Message Re: Massacre du 17 octobre 1961

le Dim 16 Oct - 0:34
17 octobre 1961: retour sur une tragédie

17 octobre 1961 Ce jour-là, à Paris, des policiers assoiffés de vengeance tuaient plusieurs centaines d'Algériens désarmés, dont le seul tort était d'avoir manifesté à l'appel du FLN. En octobre 2001, Paul Thibaud, qui en fut témoin, revenait pour l'Express sur cette tragédie.

En 1961, Paul Thibaud, secrétaire de rédaction de la revue Esprit, était aussi directeur-gérant de Vérité et Liberté, une publication régulièrement censurée pour ses prises de position sur l'Algérie. A ses côtés, on trouvait des hommes comme Pierre Vidal-Naquet, Robert Barrat et Jacques Panigel. Arrêté par deux fois, en 1960 et 1961, Paul Thibaud revient ici sur les tragiques événements du 17 octobre 1961. Un document important pour comprendre une période qui pèse sur notre histoire. Ce ne fut pas un "affrontement": la foule était sans armes, sans bâtons, pacifique; la police n'était ni menacée ni même débordée: elle se vengeait. Ce ne fut pas non plus une journée, car le 17 octobre 1961 n'a pas duré un jour mais plusieurs mois (de la fin d'août à la fin d'octobre). Ce fut un épisode de trop d'une guerre entre la République française et le FLN qui se terminera l'année suivante par la victoire du second. Un épisode d'un conflit paradoxal qui vit celui qui prenait les coups s'affirmer et celui qui les donnait se charger d'une amertume stérile et rongeuse.
A l'automne 1961, les jeux sont faits

En Algérie, l'armée française s'est rendue maîtresse du terrain, mais à quel prix! Et bien inutilement, puisque le gouvernement français a accepté: 1. de négocier; 2. de négocier à propos de l'avenir politique de l'Algérie; 3. avec le seul FLN; 4. sur une indépendance concernant tout le territoire, y compris le Sahara. Le gouvernement français considère la guerre comme terminée. Il a d'ailleurs décidé une trêve unilatérale à l'ouverture des premières négociations d'Evian, en mai 1961. Le FLN en profite pour reprendre la main.

En France, l'intérêt du FLN serait apparemment de calmer le jeu. Depuis la fin de l'année 1960, le MNA (Mouvement national algérien) est marginalisé et le Front contrôle l'ensemble de l'immigration, qui, avec 150 000 cotisants (pour 250 000 personnes, femmes et enfants compris), fournit au GPRA (Gouvernement provisoire de la République algérienne) l'essentiel de ses ressources. Mais l'appareil d'Etat français continue de vouloir disputer au Front la population algérienne. Le Centre d'identification de Vincennes fonctionne à gros débit: au moins la moitié des adultes de la région parisienne y ont séjourné en une année et demie pour des contrôles humiliants.

Depuis la fin de 1959 sont implantés dans les XIIIe et XVIIIe arrondissements 220 harkis qui, sous la conduite d'un capitaine venu d'Algérie, se renseignent, menacent, brutalisent, torturent et appliquent une justice expéditive. Leur action compromet l'apaisement que semblait promettre l'arrêt, à partir du mois de juin, des attentats du FLN contre la police.

Mais, si les exactions des harkis peuvent justifier une riposte des commandos FLN, elles n'expliquent pas qu'à la fin d'août 1961 commence une campagne d'attentats aveugles (visant n'importe quel agent de la police: 22 policiers seront tués de janvier à octobre 1961, pour 9 en 1960).

Parmi les policiers parisiens se développe une révolte informe et viscérale contre la situation qu'ils subissent. La police a le sentiment, en cette fin de conflit, d'être exposée pour rien, sans perspective politique. Depuis janvier, il n'y a plus ni en France ni en Algérie d'exécution de condamné à mort. Certains policiers en concluent que désormais on leur tire dessus sans grand risque. D'où la tendance à se faire justice soi-même dans les commissariats les plus chauds, d'où le harcèlement constant dans les bidonvilles, les descentes, les matraquages, les vols, les pillages, la destruction des papiers d'identité.

Papon couvre ses subordonnés

Se forment aussi, semble-t-il, selon l'historien Jean-Paul Brunet, des groupes de policiers activistes qui, en dehors du service, pour leur propre compte, enlèvent et liquident des Algériens attrapés au hasard. En août, l'Institut médico-légal avait reçu 12 corps d'Algériens victimes de violences; il en verra arriver 48 en septembre et 54 du 1er au 16 octobre.

"Les membres des groupes de choc armés surpris en flagrant délit de crime devront être abattus sur place par les forces de l'ordre
Maurice Papon
"

Sans doute, comme d'autres responsables, Maurice Papon, préfet de police, s'inquiète-t-il de ce croissant délire, mais il choisit de l'accompagner pour ne pas perdre le contact avec ses hommes. Il écrit, dans une note du 15 septembre: "Les membres des groupes de choc armés surpris en flagrant délit de crime devront être abattus sur place par les forces de l'ordre." C'était autoriser la vengeance directe, et même la vengeance préventive. En outre, il couvre ses subordonnés. Il a donné (selon le syndicaliste Gérard Monate) la consigne à l'IGS d'épargner les policiers dans ses rapports d'enquête. Et la "police des polices" ne ménage pas ses efforts dans ce sens: quand les plaignants se contredisent, c'est qu'ils mentent; quand ils sont d'accord, ils se sont concertés; quand ils sont vagues, on ne peut rien conclure; quand ils décrivent précisément leurs agresseurs, c'est qu'ils les connaissaient d'avance. Au cours d'une tournée des commissariats, début octobre, le préfet de police confirme que les gestes de défense préventive sont couverts, et surtout, le 2, devant le personnel réuni pour les obsèques du brigadier Demoën, abattu par le FLN, il lance: "Pour un coup, nous en rendrons dix."

Couvre-feu à partir de 20 h 30 pour les Algériens

Mais la décision qui fera exploser la crise, c'est, le 6 octobre, l'instauration d'un couvre-feu à partir de 20 h 30 pour les Algériens, décision prise sur le conseil de plusieurs syndicats de policiers, dont la CFTC. Cette mesure provoque une levée de boucliers, voire un refus; pour l'opinion, la guerre est quasi finie et ce qui y ramène est mal perçu; quant au FLN, il doit réagir à une décision qui gêne considérablement son action.

Avec le couvre-feu, Maurice Papon n'a pas trouvé la solution qu'il cherchait peut-être vaguement - c'est-à-dire sans s'en donner les moyens - pour freiner la violence policière et arrêter les attentats. En organisant la manifestation qui y répond, le FLN s'emmêle dans une série d'ambiguïtés analogues à celles de son adversaire. Le 7 octobre Mohamed Saddok, coordinateur pour la région parisienne, propose au comité fédéral une réplique modeste: que les Algériens sortent un jour donné après 20 h 30 avec femmes et enfants dans les quartiers où ils sont nombreux. Le 10 et le 14 arrivent du comité fédéral (Kaddour Ladlani) des consignes bien plus ambitieuses, qui seront appliquées: former des cortèges pour défiler en masse dans les grandes artères de Paris, comme pour adresser une sommation politique et morale à la population française. Ces consignes, venues de Cologne, traduisent l'ambition de la Fédération de France de réussir sur son territoire quelque chose d'analogue aux manifestations décisives d'Alger en décembre 1960; elles ne tiennent aucun compte de l'état d'esprit de la police. Et leur justification politique n'est pas claire.

Les difficultés du FLN de sortir de la logique de l'affrontement

Quels griefs demande-t-on aux Français de reconnaître, puisqu'on veut s'adresser à eux? S'il s'agit des demandes politiques que le gouvernement français n'a pas satisfaites au cours du premier cycle des négociations, alors interrompues, la plus importante (l'algérianité du Sahara) a été acceptée publiquement par de Gaulle, le 6 septembre. S'il s'agit de protester contre l'aggravation du harcèlement par la police (dont Monique Hervo donne pour Nanterre un tableau hallucinant dans son Journal), la protestation est plus que justifiée. Mais elle aurait dû être précédée par un désaveu des attentats. Ces incohérences montrent les difficultés qu'a le FLN de sortir de la logique de l'affrontement. Le résultat sera d'envoyer une foule désarmée, pour une manifestation qui sera jugée provocante, au-devant d'une police folle, animée d'une passion vengeresse.

Les travailleurs algériens ont été prévenus très tard. La manifestation n'avait donc rien de spontané; c'était un ordre à exécuter, un devoir à remplir, bien qu'aux mots d'ordre ("Algérie algérienne!", "Contre le couvre-feu raciste!") ceux qui marchaient, beaucoup de femmes, aient adhéré de tout coeur. Le lendemain, une assistante sociale de Nanterre s'étonnera qu'une famille soit allée manifester avec un bébé de 15 mois. "Ils nous auraient tués si on n'y était pas allés": telle fut la réponse.
Il y eut des rassemblements surtout au pont de Neuilly, dans le quartier de l'Opéra et au Quartier latin, et de graves violences à Saint-Michel, où l'on a lancé des hommes à la Seine; boulevard Bonne-Nouvelle, il y eut des tirs et des morts (le journaliste Jacques Derogy en a compté 12 sur le trottoir), comme au pont de Neuilly. Les cars de police étaient reliés par radio, formant un réseau où chacun d'eux pouvait intervenir. Provocation ou intoxication mutuelle, on entendit sur ce réseau des informations alarmistes et fausses sur la violence des Algériens et les policiers qu'ils venaient de tuer. La manifestation fut l'occasion d'une énorme rafle dont l'objectif était et dont le résultat fut de démanteler l'appareil du FLN. Il y eut, sur quelque 25 000 manifestants, 11 700 interpellés gardés sur place ou dans des locaux de police, puis transportés au Palais des sports, au stade Coubertin et au Parc des expositions pour y être "triés", certains étant envoyés au Centre d'identification de Vincennes et expulsés vers l'Algérie.

C'est dans les locaux de détention provisoire qu'eurent lieu les pires violences, et les moins excusables; il y eut des morts, des assassinats en fait, au Palais des sports (neuf corps entassés dans une arrière-salle, qu'a vus le séminariste Bernard Grange) et à Coubertin, des "comités d'accueil" partout, des refus de soins, des tabassages gratuits et répétés, même de blessés, et un épouvantable matraquage collectif dans la cour de sûreté de la préfecture de police, sous les yeux de Maurice Papon, incapable d'arrêter ses hommes. Il y eut d'autres manifestations avec de nouvelles violences les deux jours suivants.

Le 17 octobre suscita une émotion forte mais passagère, presque fugitive. Cette émotion n'était pas très éclairée; elle était polarisée sur la journée du 17, ignorant les très nombreux forfaits commis depuis des mois par la police. Elle s'est polarisée aussi sur la manifestation plus que sur les "sanctions" infligées ensuite aux détenus, qui relevaient de l'incroyable pour beaucoup de gens. Rien n'est plus pathétique à cet égard que le cas (rapporté par l'historien Jean-Luc Einaudi) de Bernard Grange: ses supérieurs refusent de le croire et lui conseillent de se reposer. Le mot de "stupéfaction" désigne bien l'atmosphère du moment, mélange d'angoisse et d'incrédulité. Un certain doute n'épargnait pas les plus militants. Ce n'est pas un hasard si, au conseil municipal de Paris, Claude Bourdet affirme moins qu'il ne questionne: "Est-il vrai que dans la cour de la Cité..., demande-t-il à Papon. Est-il vrai qu'il y a eu de nombreux corps retirés de la Seine? On parle de 150..." Bourdet espérait un démenti... qui ne vint pas.

L'une des raisons de l'oubli rapide qui recouvrit l'automne 1961 et ses victimes est l'apaisement qui suivit, des deux côtés. Affaibli et désorganisé, le FLN cessa ses attentats dans la région parisienne (mais pas en province). Les policiers devinrent plus sérieux après ce défoulement. Un chef de district de police parle d'un "personnel redevenu calme après l'exutoire des jours précédents" et un autre ajoute: "Le personnel a compris que certains avaient fait fausse route et qu'il convenait de revenir à la légalité." Euphémismes! "Inadmissible mais secondaire", aurait dit de Gaulle à propos du 17 octobre. Secondaire? Il est vrai que les négociations pour terminer la guerre d'Algérie n'en furent pas affectées. Mais il n'en fut pas de même pour la vie politique française ni même pour l'identité nationale.

Stratégie du silence

Dans les semaines qui suivirent, la presse ne fut pas silencieuse, ni les hommes politiques. Les journaux qui, au départ, soulignaient la responsabilité du FLN insistèrent de plus en plus, même à droite, sur les inadmissibles "violences à froid" qui avaient suivi la manifestation. Claude Bourdet, Gaston Defferre, Eugène Claudius-Petit en particulier interpellèrent Maurice Papon au conseil municipal et Roger Frey à l'Assemblée. On leur répondit par les dénégations, le silence, puis l'étouffement. Frey fit semblant d'accepter une commission d'enquête parlementaire, puis éluda, sous prétexte de ne pas interférer avec des instructions judiciaires bidon. Puis il y eut l'amnistie.

Cette stratégie du silence avait plusieurs raisons d'inégale valeur.
1. Elle protégeait un préfet de police sec et orgueilleux qui avait "tenu Paris" (et sa police), mais dont la mauvaise gestion de la crise (qui lui fut reprochée par de Gaulle) serait apparue au grand jour.
2. Elle épargnait la police, désormais rentrée (à peu près) dans l'ordre. Infliger des sanctions, et même enquêter, informer, ç'eût été recruter pour l'OAS.
3. Elle permettait d'aller vers la paix sans regarder en arrière, comme le suggère la formule prêtée à de Gaulle. Malheureusement, octobre 1961, faute d'être "racheté" par un authentique succès, a fini par devenir, avec l'OAS, les harkis, l'exode des pieds-noirs, l'un des éléments de l'échec algérien.

Si, du côté de l'Etat, la stratégie de l'oubli est sans équivoque, la réaction de l'opinion est plus complexe. La stupéfaction, ce mélange d'indignation et de refus d'y croire tout à fait, qui s'exprime d'abord par des rumeurs, a paru devoir se changer en amnésie, puisque le temps passait sans qu'une information cohérente cristallise le malaise. En fait, comme le montre le mémoire de Sylvie Thénault, l'accusation contre l'Etat et sa police a bientôt fusionné dans les consciences avec l'opposition à l'OAS. Ce qui se lève en effet à la fin de la guerre d'Algérie, c'est un antifascisme assez confus grâce auquel la gauche se refait une bonne conscience. On mêle dans la même dénonciation les pieds-noirs racistes, les généraux putschistes, l'extrême droite et l'appareil d'Etat, supposé complice des précédents. La thèse d'une infiltration de la police et de sa nécessaire épuration, mise en avant après le 17 octobre, par les syndicats de policiers, est une manière, en chargeant l'OAS, d'innocenter la fraction policière du peuple de gauche; c'est aussi un point de départ pour accuser le pouvoir gaulliste, qui, ayant renoncé à l'épuration par réalisme politique, se trouve compromis avec ceux qui pourtant le combattent à la bombe et au fusil. La manifestation du 8 février 1962 a pour thème cet amalgame (entre l'OAS et le pouvoir), qui trouvera ce jour-là ses martyrs et sera la matrice de la gauche unie et mitterrandisée.

Octobre 1961, fusionné avec février 1962, est devenu une illustration de l'éternel fascisme contre lequel la gauche éternellement s'affirme. Il est intéressant de remarquer que ce travail de déshistoricisation d'octobre 1961 est aujourd'hui repris et accentué par certains de ceux qui s'attachent à en réveiller la mémoire, avec cette différence que c'est plutôt le racisme que le fascisme qui désormais qualifie le crime.

L'échec d'une sortie par le haut de la colonisation

Quant au gaullisme, n'ayant pas voulu ou pas pu rompre ouvertement avec ses policiers enragés, il se trouvera durablement compromis par eux et traînera comme un boulet le souvenir confus et lancinant d'octobre 1961. De cela la récurrence du thème des barbouzes, les soupçons parfois délirants autour de la disparition de Ben Barka sont des symptômes. N'oublions pas non plus, comme le rappellent certains témoignages, que c'est au milieu de cette crise violente de l'appareil d'Etat français que certains des leaders de la génération CRS = SS ont éprouvé leurs premières émotions politiques. Encore aujourd'hui, à propos d'octobre 1961, ils parlent de crime d'Etat, alors qu'il s'agit de l'effet d'une syncope de l'Etat. Tant il est vrai que leur réflexe est toujours de se poser comme étrangers à l'Etat, et de l'accuser: Etat = crime.
Au-delà du gaullisme, cet épisode illustre l'échec d'une sortie par le haut de la colonisation, qui est un échec national. Mais voilà qu'aujourd'hui l'actualité, nous obligeant à considérer sous un autre angle le marasme algérien et l'immigration maghrébine, nous suggère de renouer avec une histoire interrompue, de reprendre un problème sur lequel on peut dire que nous avons "calé" autrefois. La relation de l'Occident avec le monde arabo-musulman est un problème qui revient, un champ d'action où les Français ont un rôle particulier à jouer. Pour le faire, il faut réfléchir aux échecs d'hier. Mais certainement pas sur un mode pénitentiel, unilatéral et déshistoricisé, puisque c'est bien une relation qu'à la sortie de la colonisation on n'a pas su reformuler. Une relation manquée. Ce n'est plus à un verdict qu'il faut penser, mais à ouvrir un nouveau chapitre d'histoire. C'est la vie qui peut guérir les plaies de l'Histoire.

RÉFÉRENCES

Spoiler:
Pierre Brichard, L'Action sociale envers l'immigration algérienne et la répression policière de septembre-octobre 1961. Mémoire de maîtrise, Paris VIII.
Jean-Paul Brunet, Police contre FLN. Flammarion, 1999.
Jean-Luc Einaudi, La Bataille de Paris, Seuil, 1991; Octobre 1961, Fayard, 2001.
Monique Hervo, Chroniques du bidonville, Seuil, 2001.
Michel Lévine, Les Ratonnades d'octobre. Ramsay, 1983.
Paulette Péju, Ratonnades à Paris et Les Harkis à Paris. La Découverte, 2001.
Sylvie Thénault, La Manifestation des Algériens à Paris le 17 octobre 1961 et sa répression. Mémoire de maîtrise.

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"Quelle est la différence fondamentale entre une femme et un terroriste ? Avec le terroriste on peut négocier"
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Sujet / Message Re: Massacre du 17 octobre 1961

le Dim 16 Oct - 12:01
je pense que les juifs ont raisons de culpabiliser l'occident de ce qu'ils ont fait contre les juifs, car sinon ils revendrons toujours a leur instinct d’assassins, comme la affirmer le Général GIAP:ce sont de mauvais éléves.
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Sujet / Message Re: Massacre du 17 octobre 1961

le Dim 16 Oct - 14:34
Octobre 1961: le témoignage d'un policier

Gardien de la paix débutant, Raoul Letard a participé, sous les ordres de Maurice Papon, à la traque des Algériens. Dans ce témoignage, encore inédit, il raconte la tragique nuit de haine du 17 octobre 1961.

"Nous, on faisait la guerre et on avait un adversaire bien désigné: c'étaient les Algériens." En 1961, Raoul Letard, alors tout jeune policier, est en poste dans une brigade d'intervention de la préfecture de police de Paris, dirigée par Maurice Papon. Il participe à la tragique nuit du 17 octobre, au cours de laquelle 200 Algériens au moins sont tombés sous les matraques ou les balles des policiers chargés de mater la manifestation organisée par le FLN. Ce témoignage - encore inédit - a été recueilli dans le cadre d'une enquête de l'Ihesi (Institut des hautes études de la sécurité intérieure). Il sera publié, avec de nombreux autres, dans un essai de l'historien Jean-Marc Berlière intitulé La Cour du 19 août.



On se disait: "Un jour, un jour quand même ils vont bien faire la connerie de sortir tous ensemble." Et ça, c'était une sorte de rêve... D'avoir un jour un paquet de mecs face à nous, là, et de pouvoir régler les comptes parce qu'on avait accumulé des morts et des morts, et, bien sûr, de la haine. Et puis un jour, à l'occasion d'obsèques, le préfet de police Papon fait un discours dans la cour de la Cité: "A partir de maintenant, nous ne rendrons plus coup pour coup; pour un mort, nous ferons dix morts." [En réalité, Maurice Papon déclara: "Pour un coup porté, nous en porterons dix."] Ce discours a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. (...) Il a remis une pression formidable parce qu'on savait que Papon protégeait toutes les exactions de la police.

(...) Et puis on apprend la veille ou l'avant-veille du 17 octobre 1961 qu'il y aura une manifestation des Algériens dans Paris. Le lendemain, on a la confirmation. Un collègue qui était de radio vient nous dire: "Les gars, ça y est, les... ratons - on disait les ratons - se réunissent sur les Champs-Elysées... Il paraît qu'ils veulent aller agresser le commissariat du VIIIe arrondissement." Et après: "Des collègues sont encerclés par des ratons." Alors, là, même les joueurs de tarot ont laissé tomber leurs cartes... C'était la mort qui commençait à rôder... On a donc commencé à aller se servir dans le "sac à bidules"... Chacun se cherchait le plus beau casse-tête...



Puis on est partis en direction de l'Etoile. On a pris l'avenue Victor-Hugo, où on a fait une première descente sur une dizaine de mecs, des Algériens qui ont, bien sûr, été matraqués et qu'on a laissés sur le carreau. (...) Ensuite, on passe le pont de Neuilly, on arrive à Colombes, et qu'est-ce qu'on voit devant nous? Une manifestation d'Algériens, plusieurs centaines. Notre patron, l'officier qui commandait, était prêt à couvrir tout ce qui devait être couvert... Il n'y avait pas de raison de se retenir. (...) J'ai un collègue qui était le chauffeur du car de commandement; il descend et tue d'emblée un Algérien qui avait sous son manteau une arme qui se révélera être factice, en bois. Le patron est affolé: "Vous êtes fous! Commencez pas comme ça!" Ce mort-là a été l'un des deux "morts officiels" recensés dans la nuit du 17 au 18 octobre 1961... On était devenus incontrôlables
C'était parti... On s'est lancés dans ce qu'on appelait les ?courettes? [les poursuites], qui nous ont conduits dans une zone de pavillons de Colombes. Il était déjà 23 heures. (...) Les habitants qui avaient peur nous appelaient... On montait dans les étages pour mieux voir et on tirait sur tout ce qui bougeait... C'était l'horreur, l'horreur...



(...) Pendant deux heures, ça a été une chasse à l'homme véritablement terrible, terrible, terrible! (...) Enfin, on a fini par rentrer, faute de combattants. Il y avait un car qui nous suivait, un car de police qui était chargé de ramasser les manifestants. Dans ce car-là, il y avait pas mal de morts. Là, ça a gueulé parce que le commandant n'était pas content qu'on ramène des cadavres. Il disait qu'il fallait les laisser sur place... On était tellement déchaînés qu'on était devenus incontrôlables. L'ambiance était telle que si un officier, ou le patron, s'était avisé de vouloir nous reprendre en main, il aurait été malmené à son tour...

(...) Quelques jours plus tard, le 1er novembre, les Algériens devaient ressortir... A la limite, ça nous aurait pas déplu, mais le directeur est arrivé en disant: "Voilà, je sors de chez le préfet, qui n'est pas content de ce qui s'est passé le 17, parce qu'il y a eu beaucoup trop de morts dans les commissariats. Il ne veut pas que ça se renouvelle... En revanche, vous avez carte blanche sur la voie publique." Vous vous rendez compte? Dire à des gardiens de la paix (...): "Vous avez carte blanche sur la voie publique"! En rentrant à la maison après la nuit du 17 octobre, j'ai réveillé ma femme. D'habitude, je ne raconte rien à personne, mais, cette fois, je lui ai dit: "La haine, c'est terrible, ça conduit à tuer.""

Par Laurent Chabrun, publié le 16/10/1997, mis à jour le 14/10/2011 à 15:41

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" Il ya deux manières d'ignorer les choses:
La première, c'est de les ignorer;
La seconde, c'est de les ignorer et croire qu'on les sait.
La seconde est pire que la première."



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Sujet / Message Re: Massacre du 17 octobre 1961

le Dim 16 Oct - 14:41
il faut dire que la haine de l'ALG2RIEN est persistante:jusqu’à ce jour ils veulent notre peaux:le cauchemars continu ,mais maintenant nous sommes là et on attends les coups pour les rendre:notre peaux vos plus .

les paons et consorts ne doivent plus dormir .
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Sujet / Message Re: Massacre du 17 octobre 1961

le Dim 16 Oct - 14:51
abdelmalek a écrit:il faut dire que la haine de l'ALG2RIEN est persistante:jusqu’à ce jour ils veulent notre peaux:le cauchemars continu ,mais maintenant nous sommes là et on attends les coups pour les rendre:notre peaux vos plus .

les paons et consorts ne doivent plus dormir .

Les algériens sont partout Arrow t'inkiète ils le savaient bounce parce que en aucun cas c'est pas l'IRAK guerre025

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Sujet / Message Re: Massacre du 17 octobre 1961

le Dim 16 Oct - 15:11
merci ,je suis sur que notre pétrole a le sang des chouhadas:il vaut cher :Boumdiéne là dit et répété.
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Sujet / Message Re: Massacre du 17 octobre 1961

le Lun 17 Oct - 21:25
Massacres du 17 octobre 1961 en images !
















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Sujet / Message Re: Massacre du 17 octobre 1961

le Mar 18 Oct - 15:13
en regardant ces photos j'ai le sang qui tourne ;hitler était un ange:
pauvre france pays des droits de l'homme.
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Sujet / Message Re: Massacre du 17 octobre 1961

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