Bienvenue sur le forum non officiel de l'Etoile Nord-Africaine;

Afin de profiter pleinement de certains sujets sur le forum, merci de vous identifier si vous êtes déjà membre ou de rejoindre notre espace si vous ne l'êtes pas encore.


http://www.intervalle-dz.com/
Sondage
Meilleurs posteurs
8022 Messages - 42%
5687 Messages - 30%
2215 Messages - 12%
1184 Messages - 6%
1142 Messages - 6%
207 Messages - 1%
142 Messages - 1%
128 Messages - 1%
94 Messages - 0%
87 Messages - 0%
Galerie


Octobre 2017
DimLunMarMerJeuVenSam
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031    

Calendrier

Connexion

Partagez
Voir le sujet précédentAller en basVoir le sujet suivant
avatar
Syfou
Adminstrateur
Adminstrateur
Masculin
Nombre de messages : 5687
Age : 34
Emploi/loisirs : Les souvenirs s'envolent aussitot la la porte ouverte .
Humeur : Bien / H.M.D / Toujours.
Date d'inscription : 11/01/2010
Localisation : Dans un autre repère !

Sujet / Message Coup d'Etat en Libye

le Lun 1 Nov - 23:43
Renversement du roi de la Libye, Idris 1er

1 septembre 1969

Un groupe d'officiers libyens ayant à leur tête le colonel Muammar al-Kadhafi profite du départ du roi Idris 1e pour s'emparer du pouvoir.

Seul souverain de la Libye depuis la proclamation d'indépendance de 1951, le roi Idris 1er se rend à Ankara, en Turquie, pour des raisons de santé. Pendant son départ, un coup d'État est orchestré par un groupe d'officiers menés par un jeune colonel de 27 ans, Muammar al-Kadhafi. Celui-ci deviendra le président du Conseil de commandement de la révolution et l'homme fort de la Libye, devenue une république. Le slogan « Liberté, socialisme, unité arabe » est au coeur du programme du nouveau régime, d'abord dirigé par des militaires et des civils, dont le premier ministre est Mahmoud Soliman al-Maghreby. Des mesures restrictives sont adoptées à l'endroit des compagnies de pétrole, une ressource abondante en Libye, et Kadhafi, un admirateur du président égyptien Gamal Abdel Nasser, fait évacuer des bases appartenant aux Britanniques et aux Américains. Le projet d'union politique qu'il souhaite réaliser avec l'Égypte et d'autres pays arabes ne pourra toutefois être mené à terme.

Dans les médias

S.A., « Une responsabilité pour les Grands »

«...les événements de Libye risquent fort de déborder ce cadre régional et arabe : la position stratégique qu'occupe ce pays au coeur du bassin méditerranéen, l'importance de ses richesses pétrolières et des liens qu'il avait préservés jusqu'à présent avec les puissances anglo-saxonnes, font du coup d'État de Tripoli un événements international. (...) le coup d'État ne sera pas pour déplaire à Moscou, dont les premières réactions témoignent, en effet, d'une certaine satisfaction. Il est vrai que la diplomatie soviétique procède maintenant avec prudence. L'exubérance avec laquelle M. Khrouchtchev avait accueilli, en 1958, le coup d'État irakien - première grande brèche ouverte dans le système occidental de la région après la révolution égyptienne - n'est plus de mise aujourd'hui. La présence en Méditerranée d'une flotte soviétique de quelque soixante-cinq bâtiments, les armes livrées par Moscou à l'Algérie et l'engagement croissant de l'U.R.S.S. aux côtés de a R.A.U. depuis la guerre de six jours n'en témoignent pas moins de la volonté des dirigeants du Kremlin d'accroître leur influence dans cette partie du monde. Jusqu'à quand les puissances occidentales pourront-elles éluder les problèmes qui en découlent ? »

Le Monde (France), 3 septembre 1969, p. 1.

Béchir Ben Yahmed, « La Libye entre en révolution »

«...Comme Nasser et ses compagnons en 1952, ce sont des officiers sans expérience politique qui viennent d'horizons différents et sont attires par les grands courants politiques qui se partagent le monde arabe : nassérisme, baathisme, nationalisme, islam intégriste et marxisme. Ils n'adhèrent pas formellement à ces mouvements et voudront créer le leur, qui sera - ou tentera d'être - un point de convergence. Ici se pose leur plus grand problème : comment préserver leur unité. De la manière dont ils résoudront ou ne résoudront pas ce problème dépend leur avenir et celui de la Libye. Mais il est plus que probable que prendra le pas sur les autres - et la direction du mouvement - celui d'entre eux qui se révélera homme politique et saura mieux que les autres exprimer le nationalisme libyen face aux Anglo-Saxons - et à l'Égypte : quels que soient les sentiments d'un dirigeant libyen, pour lui, l'Égypte est à la Libye ce que la Chine est au Viêt-nam, ce que l'URSS est à la Tchécoslovaquie, ce que les USA sont au Mexique. »

Jeune Afrique (France), 16 au 22 septembre 1969, p. 24.

Georges Henein, « Libye : le pétrole change de camp »

«...Autour du gagnant, une équipe d'officiers « arabes, libres, unionistes » s'empresse de proclamer la République. La radio annonce aux Libyens réveillés en sursaut que « le rêve de leur vie se réalise ». Et ce rêve, c'est le socialisme. « Nasser vous inquiète. Tant mieux. C'est pour cela qu'il nous plaît. » Ce silex lancé par un étudiant à un voyageur français précède le coup d'État et l'explique. Les jeunes de cet immense pays presque vide, allongé sur la carte pour une sieste sans fin, ne voyaient plus la Libye que comme une combinaison de trente-sept sociétés anonymes gorgées de pétrole et d'un roi cacochyme drapé dans sa piété. Ils étaient les témoins passifs du drame arabe, et se sentaient coupables de n'inquiéter personne. Lundi, le colonel Chouairib les a précipités dans l'Histoire comme on jette une bombe dans un club récréatif. »

L'Express (France), 8 au 14 septembre 1969.

S.A., « How Brave to Be a King »

«...The presumption was that the new junta was leftist - but how leftist and of what variety ? Among the six Arab governments that immediately recognized the rebel regime, the radical Baathist government of Iraq sounded the most enthusiastic. But Egypt's President Gamal Abdel Nasser, no friend of the Baathist, was also quick to send a goodwill mission to Tripoli. All of which suggested that even among Arab socialists, who are as alert to find shades of heresy as any Spanish inquisitor, no one was sure where the new rulers of Libya stood. (...) if the immediate effect on the Western nations might not be great, the overthrow of King Idris could have a considerable impact on the balance of power within the Arab world. In Arab League councils, the seven remaining conservative regimes will now be balanced by seven revolutionary republics. And the Libyan coup could well prove a tempting example for ambitious young military men in other conservative and oil-rich Arab nations. »

Newsweek (États-Unis), 15 septembre 1969, p. 40

http://perspective.usherbrooke.ca


Dernière édition par Syfou le Mer 23 Mar - 2:05, édité 1 fois

__
« Vouloir prouver des choses qui sont claires d'elles-mêmes, c'est éclairer le jour avec une lampe. »  


http://algerie-institution.blog4ever.com

avatar
Syfou
Adminstrateur
Adminstrateur
Masculin
Nombre de messages : 5687
Age : 34
Emploi/loisirs : Les souvenirs s'envolent aussitot la la porte ouverte .
Humeur : Bien / H.M.D / Toujours.
Date d'inscription : 11/01/2010
Localisation : Dans un autre repère !

Sujet / Message Re: Coup d'Etat en Libye

le Lun 1 Nov - 23:48
Chronologie de la Libye (1969-2010)

Malgré ses provocations, l'ancien paria de la communauté internationale est depuis un dizaine d'années sur la voie d'un rapprochement avec l'Occident, pétro-réalisme oblige. Rappel des principales dates de son règne.

1969 : coup d'Etat des "Officiers libres" contre le régime de Mohammed Idriss el-Sanoussi, roi de Libye depuis 1950. Le colonel Mouammar Kadhafi, âgé de 31 ans, proclame la République.
1970 : les banques, les propriétés des colons étrangers puis les compagnies pétrolières sont nationalisées.
1973 : le colonel Kadhafi lance la révolution culturelle islamique. L'armée libyenne occupe la bande d'Aozou dans le nord du Tchad, revendiquée par les deux pays, puis l'annexe en 1975.
1977 : Mouammar Kadhafi instaure l'Etat des masses, la "Jamahiriyya arabe populaire et socialiste". Il se rapproche de Moscou et adopte une politique violemment anti-américaine, soutenant des mouvements révolutionnaires, et des groupes terroristes comme Abou Nidal.
1980 : la Libye intensifie son engagement au Tchad.
1981 : deux avions libyens sont abattus par l'armée américaine dans le Golfe de Syrte, dans un secteur que Tripoli considère comme ses eaux territoriales.
1982 : les Etats-Unis imposent un boycott commercial.
1984 : rupture des relations diplomatiques avec la Grande-Bretagne après qu'un tir en provenance de l'ambassade libyenne à Londres contre des manifestants ai tué une policière.
1986 : des bombardement américains sur Tripoli et Benghazi font 101 morts dont la fille adoptive de Kadhafi. Les Américains déclarent agir en représailles à un attentat dans une discothèque berlinoise fréquentée par des militaires américains.
1987 : défaites militaires au Tchad.
1988 : rétablissement des relations diplomatiques avec le Tchad.
Décembre 1988 : un attentat contre un Boeing de la TWA, au dessus de Lockerbie en Ecosse, fait 270 morts; la Libye est mise en cause.
Février 1989 : rapprochement avec les pays du Maghreb ; Tripoli adhère à l'Union du Maghreb arabe.
Septembre 1989 : un attentat contre un DC10 d'Air France au dessus du désert du Ténéré (Niger), attribué à la Libye, fait 170 victimes.
Avril 1992 : le Conseil de sécurité de l'ONU décide un embargo aérien et militaire face au refus le Tripoli de collaborer aux enquêtes sur les attentats terroristes. Les sanctions sont renforcées en 1993.
Février1994 : la Cour internationale de Justice donne raison au Tchad à propos de la Bande d'Aozou. la Libye évacue ce territoire.
Septembre 1995 : opposé aux accords de paix israélo-palestiniens d'Oslo, Kadhafi fait expulser 30 000 réfugiés palestiniens de Libye.
Avril1999 : suspension de l'embargo après un accord autorisant les suspects libyens de l'attentat de Lockerbie à être jugés devant une cour écossaise aux Pays-bas.
Septembre 2000 : des émeutes contre des immigrés africains font plusieurs dizaines victimes.
Janvier 2001 : fin du procès des deux Libyens impliqués dans l'attentat de Lockerbie. Abdel Basset Ali al-Megrahi est reconnu coupable et condamné à la prison à vie, Al-Amine Khalifa Fhimah est reconnu non coupable et acquitté.
Mars 2002 : la construction d'un gazoduc destiné à approvisionner l'Europe, est confiée des compagnies italiennes, françaises et japonaise.

2003
Janvier : la Libye est élue à la commission des droits de l'Homme de l'ONU au grand dam des organisations de défense des droits humains.
Août: accord sur une indemnisation de 2,7 milliards de dollars versée aux familles des victimes de l'attentat de Lockerbie par Tripoli.
Septembre : l'ONU vote la levée des sanctions imposées à la Libye en 1992 et suspendues en 1999.
Décembre : la Libye annonce l'abandon de son programme de développement d'armes de destruction massive. Elle ratifie le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires le mois suivant.

2004
Janvier : un accord est signé sur une réévaluation de l'indemnisation des familles des victimes de l'attentat du DC10 d'UTA de 1989.
Mars : la visite de Tony Blair en Libye, la première d'un chef de gouvernement britannique depuis 1951, est suivie par la signature d'un contrat de prospection de gaz par la Royal Dutch/Shell.
Avril : Washington lève ses sanctions contre la Libye mais celle-ci demeure sur la liste américaine des pays soutenant le terrorisme.
Mai : cinq infirmières bulgares et un médecin palestinien sont condamnés à mort ; ils sont accusés d'avoir inoculé le virus du sida à 438 enfants dont 56 sont décédés, à l'hôpital de Benghazi.
Août : Tripoli accepte d'indemniser les victimes de l'attentat commis en 1986 contre une discothèque de Berlin.
Octobre : levée des sanctions économiques européennes et de l'embargo sur les armes imposés à Tripoli. Silvio Berlusconi inaugure avec Mouammar Kadhafi un gazoduc reliant les deux pays.

2005
Janvier : lors de son premier appel d'offres depuis quarante ans, la Libye accord quinze permis d'exploration à des sociétés étrangères, essentiellement américaines.
Décembre : la Cour suprême accepte le recours des infirmières bulgares et du médecin palestinien condamnés à mort en 2004 et ordonne un nouveau procès.

2006
Mai : les Etats-Unis annoncent la reprise des relations diplomatiques de plein droit avec Tripoli et la suppression de la Libye de la liste des Etats soutenant le terrorisme.
Décembre : au terme d'un nouveau procès des infirmières bulgares, la peine capitale est confirmée.

2007
Janvier :le gouvernement annonce le licenciement de 400 000 fonctionnaires sur un million, afin de consacrer la majeure partie du budget à l'amélioration des infrastructures.
Juillet : libération des 5 infirmières bulgares et du médecin palestinien condamnés à mort en 2004, grâce aux pressions internationales et un versement d'indemnités de plusieurs millions de dollars aux familles des victimes.
Octobre : Tripoli est élu membre non permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, dont il a été exclu pendant plus de trente ans.

2008
Avril : la Russie annule la dette libyenne datant de l'époque soviétique en échange de contrats commerciaux.
Juillet : un des fils du colonel Kadhafi est interpellé à Genève pour avoir frappé des domestiques. Il est libéré après le versement d'une caution. En représailles, les bureaux des entreprises Nestlé et ABB en Libye sont fermés ; deux hommes d'affaires suisses sont empêchés de quitter le territoire libyen.
Août : accord américano-libyen sur l'indemnisation des victimes américaines des attentats libyens et de celles des représailles américaines dans les années 1980.
Silvio Berlusconi présente des excuses à la Libye pour les exactions commises pendant l'occupation coloniale (1912-1945). L'Italie paiera 5 milliards de dollars de compensation en échange de la collaboration de Tripoli dans la lutte contre l'immigration clandestine.
Septembre : visite de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice à Tripoli, la première d'un secrétaire d'Etat américaine en Libye depuis 1953.

2009
Janvier : la Libye exige des excuses officielles et des sanctions contre les policiers suisses qui s'en sont pris à son fils interpellé en juillet à Genève pour avoir frappé ses domestiques.
Février : Kadhafi est élu à la tête de l'Union africaine pour un an.
Août : atteint d'un cancer en phase terminale, Abdel Basset al Megrahi, auteur de l'attentat de Lockerbie, est libéré.
le président suisse présente ses excuses à la Libye pour l'arrestation en juillet 2008 d'un fils du leader libyen.

2010
Février : l'un des deux Suisses condamnés par contumace à seize mois de prison ferme est innocenté par la Cour d'appel de Tripoli.


http://lexpress.fr

__
« Vouloir prouver des choses qui sont claires d'elles-mêmes, c'est éclairer le jour avec une lampe. »  


http://algerie-institution.blog4ever.com

avatar
Syfou
Adminstrateur
Adminstrateur
Masculin
Nombre de messages : 5687
Age : 34
Emploi/loisirs : Les souvenirs s'envolent aussitot la la porte ouverte .
Humeur : Bien / H.M.D / Toujours.
Date d'inscription : 11/01/2010
Localisation : Dans un autre repère !

Sujet / Message Re: Coup d'Etat en Libye

le Jeu 11 Nov - 23:02
Mouammar Kadhafi





Mouammar Kadhafi (en arabe : معمر القذافي audio, Muʿammar Al-Qaḏâfî) aussi écrit Kadafi, Algathafi, al-Kadhafi, al-Gaddafi, Al Qadafi, Gueddafi, Gheddafi, El-Gueddafi et communément appelé Colonel Kadhafi, né le 19 juin 1942 à Syrte en Libye, est un capitaine, autoproclamé colonel, et de facto le dirigeant de la Libye depuis 1970, à la suite de son coup d'État du 1er septembre 1969, bien que laissant à d'autres personnalités politiques libyennes le titre officiel de chef de l'État. Officiellement, Kadhafi est désigné comme le Guide de la grande révolution de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste, titre plus généralement raccourci en « frère guide ».

Enfance et jeunesse

Kadhafi est le plus jeune enfant d'une famille de Bédouins. Il grandit dans la région désertique de Syrte et reçoit une éducation primaire traditionnelle et religieuse. Il suit les cours de l'école préparatoire de Sebha dans le Fezzan, de 1956 à 1961. Kadhafi et un petit groupe d'amis qu'il rencontre dans cette école vinrent à former le noyau d'un groupe de militants révolutionnaires ayant pour but de s'emparer du pouvoir. Kadhafi s'inspire du président égyptien voisin, Gamal Abdel Nasser qui se hissa au pouvoir en prônant l'unité arabe. En 1961, Kadhafi est exclu de l'école préparatoire de Sebha à cause de son activisme politique.

Kadhafi étudie le droit à l'université de Libye puis entre à l'Académie militaire de Benghazi en 1963, où il organise avec quelques militants un mouvement secret dans le but de renverser la monarchie libyenne pro-occidentale. Après l'obtention de son diplôme en 1965, il est envoyé en Grande-Bretagne pour suivre un entraînement supplémentaire au British Army Staff College (ou Staff College, Camberley), et revint en 1966 en tant qu'officier dans le corps des transmissions.

Le coup d’État militaire

Le 1er septembre 1969, à 27 ans, il mène avec un groupe d'officiers un coup d'État contre le roi Idris Ier, alors que celui-ci est en Turquie pour un traitement médical. Son neveu le prince Hasan as-Senussi devait s'installer sur le trône le 2 septembre 1969 lorsque l'abdication du roi Idris annoncée le 4 août devait prendre effet. Dans la journée du 1er septembre la monarchie est abolie, la République est proclamée, et le prince mis en prison.
Kadhafi s'octroie l'avancement du grade de capitaine au grade de colonel qu'il a gardé jusqu'à aujourd'hui.

Exercice du pouvoir

Ayant pris le pouvoir à Tripoli lors d'un coup d'État le 1er septembre 1969, il prône à ses débuts le passage à un socialisme arabe d'État teinté de panarabisme. Il nationalise certaines entreprises, notamment celles détenues par des ressortissants italiens. En 1977, il déclare la « révolution du peuple » : il change le nom du pays de République arabe libyenne en Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste et met en place des « comités révolutionnaires », en lieu et place de partis.

Il demande aux États-Unis d'évacuer les bases militaires en Libye dont Wheelus Airfield. En septembre 1970, à l'aide de son ami et conseiller Abdessalam Jalloud, il réussit à imposer pour la première fois une augmentation du prix du baril de pétrole, ouvrant la voie aux autres pays producteurs, et déséquilibrant la géopolitique du pétrole.

Pratiquant une politique extérieure agressive, il annexe en 1973 de facto de la bande d'Aozou au Tchad, ce qui lui vaudra l'inimitié de la France, et envoie 3 000 militaires pour soutenir Idi Amin Dada durant la guerre ougando-tanzanienne en 1978-1979, qui aboutit au renversement du dictateur ougandais en avril 1979.

Selon le magistrat italien Rosario Priore et l'ex-président de la République Francesco Cossiga, il fait l'objet en juin 1980 d'une tentative d'assassinat par l'OTAN, au cours de laquelle celle-ci aurait abattu par erreur un DC-9 civil italien, faisant 80 morts. Paris niera toujours avoir été impliquée dans l'affaire. L'enquête sur la tragédie d'Ustica demeure, en juin 2010, ouverte.

Par ailleurs, Kadhafi est accusé de soutenir de nombreuses organisations armées accusées d'actes de terrorisme et d'être directement impliqué dans plusieurs actes terroristes. Il est alors mis au ban de la « communauté internationale », en particulier à l'Ouest, et subit des représailles de la part des États-Unis.

À partir du milieu des années 1990, Kadhafi œuvre pour que son pays retrouve une place moins inconfortable d'un point de vue diplomatique. Ainsi en 1999, les agents des services secrets suspectés de l'attentat de Lockerbie sont livrés à la justice écossaise, ce qui provoque la suspension des sanctions de l'ONU envers le pays et le rétablissement des relations diplomatiques avec le Royaume-Uni.

En parallèle, Kadhafi entame des négociations diplomatiques, pendant toute l’année 2003, entre responsables libyens, britanniques et américains, et annonce en décembre de la même année qu’il renonce officiellement à son programme d’armes de destruction massive. Enfin, en mars 2004, il signe le protocole additionnel du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP). Selon Jean-François Daguzan, la Libye s’efforce de renouer les fils avec l’Occident, mais « il n’est pas sûr que ce soit Kadhafi, mais le cercle de pouvoir autour de lui a pris conscience que jouer au grand perturbateur n’était pas forcément payant. L’Irak en a été la démonstration ».

Il instaure par ailleurs une politique d’assouplissement de la réglementation libyenne en matière économique permettant l’ouverture du marché local aux entreprises internationales, ce qui aide à la survie du régime. Il parvient par là même à se rapprocher des puissances occidentales et particulièrement de certains pays européens, comme le Royaume-Uni, la France, l’Espagne et l’Italie. Ainsi, Kadhafi déclare désormais qu’il entend jouer un rôle majeur dans la pacification du monde et la création d’un Moyen-Orient sans armes de destruction massive.

De 1999 à 2007, l'affaire des infirmières bulgares, qui ont été torturées et jugées par les autorités libyennes pour la contamination d'enfants libyens par le virus du sida est fortement médiatisée à travers le monde.

Idéologie

Il a écrit le Livre vert, en référence au Petit Livre rouge écrit par Mao Zedong, dans lequel il explique de manière succincte ses solutions aux problèmes posés par la démocratie et l'économie. Il y fait l'apologie de la démocratie directe, y ôte toute légitimité aux autorités religieuses et y prône l'exclusion de l'usage des hadiths et de la sunna pour le droit musulman, consacrant ainsi le Coran comme son unique source. En plus de provoquer un conflit entre lui et les milieux traditionalistes libyens, ces pensées lui ont valu d'être déclaré « hérétique » (kafir) par les oulémas d'al-Azhar et d'Arabie saoudite. Il est adhérent au mouvement religieux Sénoussi.

Kadhafi désapprouve le statut de la femme dans le monde, plus récemment il se focalise sur les pays arabes et à majorité musulmane[20]. Son interprétation personnelle de l'islam, contraire à la vision traditionnelle, le pousse à interdire, sauf dans des cas particuliers, la polygamie et de permettre la création d'une académie militaire pour femmes dont la première classe est promue en 1983. Il entretient une garde personnelle constituée exclusivement de femmes, ses « amazones ». Certains progrès existent tels que la condamnation des mariages arrangés et la possibilité d'accéder à l'éducation pour les femmes.

Kadhafi reprit à son compte la portée nationaliste du nassérisme en souhaitant d’abord la réunification du monde arabe, fragmenté par les colonisations occidentales selon lui. François Burgat estime qu'il est préoccupé et obsédé de « laver l’affront de la présence coloniale en terre arabe ». De ce fait, il a toujours jugé illégitime l'existence d'Israël, dans laquelle il voit une réminiscence des occupations coloniales.

Suite aux échecs successifs [toutes les formes d’associations qu’il a proposées] avec l’Egypte, la Syrie ou à la Tunisie, Kadhafi prône le concept encore plus ambitieux de l’Union africaine (UA) sous forme fédérale. Élu par ses pairs à la tête de l’organisation panafricaine, il s’était aussitôt autoproclamé “roi des rois traditionnels d’Afrique”.

Selon l'organisation Human Rights Watch, « des dizaines de personnes se trouvent en prison pour s’être livrées à une activité politique pacifique, et certaines ont "disparu". La Loi 71 interdit toute activité politique indépendante et les contrevenants sont passibles de la peine de mort ». « Au fil des ans, les autorités libyennes ont emprisonné des centaines de personnes pour violation de cette loi, et certaines ont été condamnées à mort.



Wikipedia

__
« Vouloir prouver des choses qui sont claires d'elles-mêmes, c'est éclairer le jour avec une lampe. »  


http://algerie-institution.blog4ever.com

avatar
Syfou
Adminstrateur
Adminstrateur
Masculin
Nombre de messages : 5687
Age : 34
Emploi/loisirs : Les souvenirs s'envolent aussitot la la porte ouverte .
Humeur : Bien / H.M.D / Toujours.
Date d'inscription : 11/01/2010
Localisation : Dans un autre repère !

Sujet / Message Re: Coup d'Etat en Libye

le Mer 23 Mar - 1:10
Chavez coup d etat en Libye guerre imperialiste

Like a Star @ heaven [url][/url]

Like a Star @ heaven [url][/url]

__
« Vouloir prouver des choses qui sont claires d'elles-mêmes, c'est éclairer le jour avec une lampe. »  


http://algerie-institution.blog4ever.com

avatar
Syfou
Adminstrateur
Adminstrateur
Masculin
Nombre de messages : 5687
Age : 34
Emploi/loisirs : Les souvenirs s'envolent aussitot la la porte ouverte .
Humeur : Bien / H.M.D / Toujours.
Date d'inscription : 11/01/2010
Localisation : Dans un autre repère !

Sujet / Message Re: Coup d'Etat en Libye

le Mer 23 Mar - 2:06
Alex Jones la guerre anti imperialisme de kadhafi

[url][/url]

__
« Vouloir prouver des choses qui sont claires d'elles-mêmes, c'est éclairer le jour avec une lampe. »  


http://algerie-institution.blog4ever.com

avatar
Sphinx
Adminstrateur
Adminstrateur
Masculin
Nombre de messages : 8022
Age : 32
Emploi/loisirs : Mat
Humeur : Peu importe.
Date d'inscription : 19/12/2008
Localisation : S.B.A

Sujet / Message Re: Coup d'Etat en Libye

le Mer 23 Mar - 22:21
Insurrection et intervention militaire: Tentative de coup d'État des États-Unis et de l'OTAN en Libye?



Les États-Unis et l'OTAN appuient une insurrection armée dans l'est de la Libye dans le but de justifier une "intervention humanitaire".

Il ne s'agit pas d'un mouvement de protestation non violent comme ceux de l'Égypte et de la Tunisie. Les conditions en Libye sont fondamentalement différentes. L'insurrection armée dans l'est de la Libye est directement soutenue par des puissances étrangères. Les insurgés à Benghazi ont immédiatement hissé la bannière rouge, noire et verte avec le croissant et l'étoile: le drapeau de la monarchie du roi Idris, symbolisant le règne des anciennes puissances coloniales. (Voir Manlio Dinucci, La Libye dans le grand jeu du nouveau partage de l’Afrique, le 25 février 2011)

Les conseillers militaires et les Forces spéciales des États-Unis et de l'OTAN sont déjà sur le terrain. L'opération a été planifiée pour coïncider avec les manifestations dans les pays arabes voisins. On a fait croire à l'opinion publique que le mouvement de protestation s'est étendu spontanément de la Tunisie à l'Égypte et ensuite à la Libye.

L'administration Obama en consultation avec ses alliés assiste une rébellion armée, à savoir, une tentative de coup d'État:

« L'administration Obama reste prête à offrir "tout type d'assistance" au Libyens cherchant à déloger Mouammar Kadhafi, a affirmé la secrétaire d'État Hillary Clinton [le 27 février]. "Nous avons contacté de nombreux Libyens de différents horizons qui tentent de s'organiser à l'est et à l'ouest, à mesure que la révolution avance également dans cette direction. Je crois qu'il est trop tôt pour dire comment cela va se dérouler, mais les États-Unis seront prêts et préparés à offrir tout type d'assistance souhaitée." Dans la partie est du pays, là où la rébellion a débuté au milieu du mois, les efforts visant à former un gouvernement provisoire sont en branle. »

Clinton a affirmé que les États-Unis menacent de prendre d'autres mesures contre le gouvernement de Kadhafi, mais n'a pas mentionné leur nature ou quand elles seraient annoncées.

Les États-Unis devraient « reconnaître le gouvernement provisoire que l'on est en train de mettre sur pied [...] » [McCain]

Lieberman s'est exprimé en des termes similaires, préconisant « un appui tangible, [une] zone d'exclusion aérienne, la reconnaissance d'un gouvernement révolutionnaire, le gouvernement des citoyens, ainsi qu'un appui sous forme d'aide humanitaire et d'armes » (Clinton: US ready to aid to Libyan opposition - Associated, Press, 27 février 2011, c'est l'auteur qui souligne)

L'invasion planifiée

Une intervention militaire est maintenant envisagée par les forces des États-Unis et de l'OTAN en vertu d'un « mandat humanitaire ».

« " Les Etats-Unis sont en train de repositionner leurs forces navales et aériennes dans la région" pour préparer " leur gamme complète d’options" à l’égard de la Libye : c’est ce qu’annonce hier (mardi 1er mars) le porte-parole du Pentagone, colonel de marines Dave Lapan. Il a ainsi dit que « c’est le président Obama qui a demandé aux militaires de préparer ces options », car la situation en Libye empire.». ( Manlio Dinucci, Opération Libye en préparation, Le Pentagone « repositionne » les forces navales et terrestres, Mondialisation.ca, le 2 mars 2011, c'est l'auteur qui souligne)

Le véritable objectif de l'« Opération Libye » n'est pas d'instaurer la démocratie mais de prendre possession des réserves de pétrole du pays, de déstabiliser la Compagnie pétrolière nationale de Libye (CPN ou NOC en anglais) et de privatiser tôt ou tard l'industrie pétrolière du pays, c'est-à-dire transférer le contrôle et la propriété de la richesse pétrolière libyenne dans des mains étrangères. La CPN est au 25e rang des 100 compagnies pétrolières les plus importantes. (The Energy Intelligence ranks NOC 25 among the world’s Top 100 companies. - Libyaonline.com)

La Libye est l'une des plus importantes économies pétrolières au monde, avec approximativement 3,5 % des réserves mondiales de pétrole, plus du double de celles des États-Unis. (Pour plus de détails voir la 2e partie de cet article « Opération Libye » et la bataille du pétrole.)

L'invasion planifiée de la Libye, laquelle est déjà en cours, fait partie de la plus vaste « bataille du pétrole ». Près de 80 % des réserves pétrolières de la Libye se situent dans le bassin du golfe de Syrte dans l'est du pays. (Voir la carte ci-dessous)

Les hypothèses stratégiques derrière l'« Opération Libye » évoquent les engagements militaires des États-Unis et de l'OTAN en Yougoslavie et en Irak.

En Yougoslavie, les forces des États-Unis et de l'OTAN ont déclenché une guerre civile. Le but était de créer des divisions ethniques et politiques, lesquelles ont finalement mené à l'éclatement d'un pays entier. Cet objectif a été atteint par la formation et le financement clandestin d'organisations paramilitaires armées, d'abord en Bosnie (Armée bosniaque, 1991-95) puis au Kosovo (Armée de Libération du Kosovo (ALK), 1998-1999). La désinformation médiatique (incluant des mensonges purs et simples et des fabrications) a été utilisée à la fois au Kosovo et en Bosnie pour appuyer les affirmations des États-Unis et de l'Union européenne voulant que le gouvernement de Belgrade ait commis des atrocités, justifiant ainsi une intervention militaire pour des raisons humanitaires.

Ironiquement, l'« Opération Yougoslavie » est maintenant sur les lèvres des responsables de la politique étrangère des États-Unis : le sénateur Lieberman a « comparé la situation en Libye aux événements dans les Balkans dans les années 1990 lorsqu’il a dit : les États-Unis "sont intervenus pour arrêter un génocide à l’endroit des bosniaques. Et ce que nous avons fait en premier lieu a été de leur fournir des armes pour qu’ils se défendent. Je crois que c’est ce que nous devrions faire en Libye". » (Clinton: US ready to aid to Libyan opposition - Associated, Press, 27 février 2011, c’est l’auteur qui souligne)

Le scénario stratégique consisterait à faire des pressions en faveur de la formation et de la reconnaissance d’un gouvernement intérimaire dans la province sécessionniste dans le but de faire éclater le pays tôt ou tard.

Cette option est déjà en cours. L’invasion de la Libye a déjà débuté.

« Des centaines de conseillers militaires étasuniens, britanniques et français sont arrivés en Cyrénaïque, la province séparatiste de l’est de la Libye [...] Les conseillers, incluant des agents du renseignement, sont débarqués des navires de guerre et des bateaux lance-missiles dans les villes côtières de Benghazi et Tobrouk. » (DEBKAfile, US military advisers in Cyrenaica, 25 février 2011)

Les États-Unis et les Forces spéciales alliées sont sur le terrain dans l’est de la Libye et fournissent un appui clandestin aux rebelles. Cela a été admis lorsque des commandos des Forces spéciales SAS britanniques ont été arrêtés dans la région de Benghazi. Ils agissaient à titre de conseillers militaires pour les forces de l’opposition :

« Le Sunday Times révèle aujourd’hui qu’alors qu’ils étaient en mission secrète pour mettre des diplomates britanniques en contact avec des opposants majeurs du colonel Mouammar Kadhafi en Libye, huit commandos des Forces spéciales britanniques ont été humiliés après avoir été détenus par des forces rebelles dans l’est de la Libye.

Les hommes, armés, mais en tenue civile, ont affirmé qu’ils étaient là pour vérifier les besoins de l’opposition et offrir de l’aide. » (Top UK commandos captured by rebel forces in Libya: Report, Indian Express, 6 mars 2011, c’est l’auteur qui souligne)

Les forces SAS ont été arrêtées alors qu’elles escortaient une « mission diplomatique » britannique entrée au pays illégalement (sans aucun doute à bord d’un navire de guerre britannique) pour discuter avec les chefs de la rébellion. Le Foreign Office britannique a admis qu’« une petite équipe diplomatique britannique [avait été] envoyée dans l’est de la Libye pour prendre contact avec l’opposition soutenue par des rebelles ». (U.K. diplomatic team leaves Libya - World - CBC News, 6 mars 2011).

Ironiquement, les reportages confirment non seulement une intervention militaire occidentale (comprenant des centaines de forces spéciales), ils reconnaissent également que la rébellion était fermement opposée à la présence illégale de troupes étrangères en sol libyen :

« L’intervention des SAS a irrité les opposants libyens qui ont ordonné que les soldats soient enfermés sur une base militaire. Les opposants de Kadhafi craignent qu’il utilise toute preuve d’interférence militaire occidentale pour former un appui patriotique en faveur de son régime. » (Reuters, 6 mars 2011)

Le « diplomate » britannique capturé avec sept soldats des Forces spéciales était un membre du service de renseignement britannique, un agent du MI6, en « mission secrète ». (The Sun, 7 mars 2011)

Des armes sont fournies aux forces de l’opposition et cela est confirmé par des déclarations des États-Unis et de l’OTAN. Malgré l’absence de preuves établies à ce jour, des signes indiquent que des armes ont été livrées aux insurgés avant l’attaque contre la rébellion. Selon toute probabilité, des conseillers militaires et du renseignement des États-Unis et de l’OTAN étaient également sur le terrain avant l’insurrection. C’est le modèle appliqué autrefois au Kosovo : des forces spéciales ont entraîné et soutenu l’Armée de libération du Kosovo (ALK) dans les mois précédant la campagne de bombardement et l’invasion de la Yougoslavie en 1999.

Toutefois, alors que les événements se déroulent, les forces du gouvernement libyen ont repris le contrôle des lieux détenus par les rebelles :

« L’importante offensive lancée par les forces pro-Kadhafi [le 4 mars] pour arracher des mains des rebelles le contrôle des villes et des centres pétroliers les plus importants de la Libye leur a permis de reprendre la ville clé de Zawiya [le 5 mars] et la plupart des villes pétrolières autour du golfe de Syrte. À Londres et Washington, des pourparlers d’intervention militaire aux côtés de l’opposition libyenne ont été mis en sourdine lorsque l’on a réalisé que le renseignement sur le terrain, des deux côtés du conflit, était trop sommaire pour servir de base à la prise de décision.» (Debkafile,Qaddafi pushes rebels back. Obama names Libya intel panel, 5 mars 2011, c’est l’auteur qui souligne)

Le mouvement d’opposition est fortement divisé sur la question d’une intervention étrangère.

Il y a division entre le mouvement populaire et les « chefs » de l’insurrection armée appuyée par les États-Unis et favorisant une intervention militaire étrangère « pour des raisons humanitaires ».

La majorité des Libyens, à la fois les opposants et les partisans du régime, sont fermement opposés à toute forme d’intervention extérieure.

Désinformation médiatique

Les objectifs stratégiques plus vastes sous-jacents à l’invasion proposée de la Lybie ne sont pas mentionnés par les médias. À la suite d’une campagne médiatique trompeuse, où les nouvelles ont littéralement été fabriquées sans que l’on rapporte ce qui se passait sur le terrain, un large secteur de l’opinion publique internationale a accordé son appui inflexible à une intervention pour des raisons humanitaires.

L’invasion est sur la planche à dessin du Pentagone. On prévoit la mettre en oeuvre sans tenir compte des demandes de la population libyenne, y compris les opposants du régime qui ont exprimé leur aversion pour une intervention militaire étrangère dérogeant à la souveraineté de la nation.

Déploiement de forces navales et aériennes

Si l’intervention militaire était mise à exécution, elle entraînerait une guerre totale, une blitzkrieg, impliquant le bombardement de cibles militaires et civiles.

À cet égard, le commandant du Commandement central étasunien (USCENTCOM), le général James Mattis, a suggéré que l’implantation d’une « zone d'exclusion aérienne » impliquerait de facto une campagne de bombardement extrême ciblant entre autres le système de défense antiaérienne libyen :

« Il s’agirait d’une opération militaire. Il ne suffirait pas de dire aux gens de ne pas piloter d’avion. Il faudrait éliminer la capacité de défense antiaérienne afin d’établir une zone d'exclusion aérienne, donc il ne faut se faire d’illusions. » (U.S. general warns no-fly zone could lead to all-out war in Libya, Mail Online, 5 mars 2011, c’est l’auteur qui souligne).

Une puissance navale massive des États-Unis et des alliés a été déployée le long de la ligne de côte libyenne.

Le Pentagone envoie ses navires de guerre vers la Méditerranée. Le porte-avions USS Enterprise avait pour sa part transité par le canal de Suez dans les jours qui ont suivi l’insurrection. (http://www.enterprise.navy.mil )

Les navires d’assaut amphibies des États-Unis, l’USS Ponce et l’USS Kearsarge, ont également été déployés en Méditerranée.

Quatre cents Marines étasuniens ont été envoyés sur l’île de Crète en Grèce « avant d’être déployés sur des navires de guerre partant pour la Libye. ( "Operation Libya": US Marines on Crete for Libyan deployment, Times of Malta, 3 mars 2011).

Pendant ce temps, l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne, le Canada et l’Italie sont en train de déployer des navires de guerre le long de la côte libyenne.

L’Allemagne a déployé trois navires de combat en prétextant aider à l’évacuation de réfugiés à la frontière entre la Libye et la Tunisie. « La France a décidé d’envoyer le Mistral, son porte-hélicoptères, lequel, selon le ministère de la Défense, contribuera à évacuer des milliers d’Égyptiens. »(Towards the Coasts of Libya: US, French and British Warships Enter the Mediterranean, Agenzia Giornalistica Italia, 3 mars 2011) Le Canada a envoyé la frégate de la Marine NCSM Charlottetown.

Entre-temps, la 17e Force aérienne étasunienne dénommée US Air Force Africa, située sur la base aérienne de Ramstein en Allemagne, aide à l’évacuation de réfugiés. Les forces aériennes des États-Unis et de l’OTAN en Grande-Bretagne, en Italie, en France et au Moyen-Orient sont en attente.

Article original en anglais : Insurrection and Military Intervention: The US-NATO Attempted Coup d'Etat in Libya?, publié le 7 mars2011.



__
"Quelle est la différence fondamentale entre une femme et un terroriste ? Avec le terroriste on peut négocier"
3

.、スフィンクス、


Spoiler:


avatar
Sphinx
Adminstrateur
Adminstrateur
Masculin
Nombre de messages : 8022
Age : 32
Emploi/loisirs : Mat
Humeur : Peu importe.
Date d'inscription : 19/12/2008
Localisation : S.B.A

Sujet / Message Re: Coup d'Etat en Libye

le Mer 23 Mar - 22:33
Suite et fin
L'« Opération Libye » et la bataille du pétrole :
Redessiner la carte de l'Afrique


L’intervention militaire menée par les États-Unis et l’OTAN contre la Libye comporte des implications géopolitiques et économiques d’une portée considérable.
La Libye est l’une des plus grandes économies pétrolières du monde : elle détient 3,5 % des réserves mondiales de pétrole, soit plus du double de celles des États-Unis.

L« Opération Libye » fait partie du programme militaire élargi au Moyen-Orient et en Asie centrale et qui consiste à prendre le contrôle et à s’approprier plus de 60 % des réserves mondiales de pétrole et de gaz naturel, y compris les tracés de pipelines et de gazoducs.

Les pays musulmans, incluant l'Arabie Saoudite, l’Irak, l’Iran, le Koweït, les Émirats arabes unis, le Qatar, le Yémen, la Libye, le Nigéria, l’Algérie, le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan, la Malaisie, l’Indonésie et le Brunéi possèdent entre 66,2 et 75,9 % de toutes les réserves pétrolières, selon la source et la méthodologie d'évaluation. (Michel Chossudovsky, La « diabolisation » des musulmans et la bataille pour le pétrole, Mondialisation.ca, 7 janvier 2007).

Avec ses 46,5 milliards de barils de réserves prouvées (10 fois plus que l’Égypte) la Libye constitue la plus grande économie pétrolière du continent africain, suivie par le Nigeria et l’Algérie (Oil and Gas Journal). À titre de comparaison, les réserves de pétrole prouvées des États-Unis sont de l’ordre de 20,6 milliards de barils (décembre 2008) selon l’Energy Information Administration (U.S. Crude Oil, Natural Gas, and Natural Gas Liquids Reserves)

Les évaluations les plus récentes estiment les réserves pétrolières de la Libye à 60 milliards de barils et ses réserves de gaz à 1500 milliards de mètres cube (m3). Sa production de pétrole se chiffre entre 1,3 et 1,7 millions de barils par jour, bien en-deçà de sa capacité de production. Son objectif à plus long terme est de produire 3 millions de barils de pétrole et 2600 millions de m3 de gaz par jour, selon les données de la Compagnie pétrolière nationale (CPN).

Le BP Statistical Energy Survey (alternatif, 2008) estimait pour sa part les réserves pétrolières prouvées de la Libye à 41,464 milliards de barils à la fin de 2007, ce qui représente 3,34 % des réserves mondiales prouvées. (Mbendi Oil and Gas in Libya - Overview).

Le pétrole est le « trophée » des guerres menées par les États-Unis et l’OTAN

Une invasion de la Libye sous mandat humanitaire servirait les mêmes intérêts privés que l’invasion et l’occupation de l’Irak en 2003. L’objectif sous-jacent est de prendre possession des réserves de pétrole de la Libye, de déstabiliser la CPN et, en dernier lieu, de privatiser l’industrie pétrolière du pays, soit transférer le contrôle et la propriété de la richesse pétrolière libyenne dans des mains étrangères.

La CPN est au 25e rang des 100 compagnies pétrolières les plus importantes du monde. (The Energy Intelligence ranks NOC 25 among the world’s Top 100 companies. - Libyaonline.com)

L’invasion planifiée de la Libye, déjà en cours, fait partie d’une bataille plus vaste, la « bataille du pétrole ». Près de 80 % des réserves pétrolières de la Libye se trouvent dans le bassin du golfe de Syrte à l’est de la Libye. (Voir la carte ci-dessous)

La Libye a une économie remarquable (Prize Economy). « La guerre est bonne pour les affaires ». Le pétrole est le trophée des guerres menées par les États-Unis et l’OTAN.

Wall Street, les géants anglo-américains du pétrole et les producteurs d’armes étasuniens et européens seraient les bénéficiaires cachés d’une campagne militaire contre la Libye menée par les États-Unis et l’OTAN.
Le pétrole libyen constitue une aubaine pour les géants du pétrole anglo-américains. Alors que la valeur marchande du pétrole brut est actuellement bien au-delà des 100 dollars le baril, le coût du pétrole libyen est extrêmement bas, aussi bas que 1 dollar le baril (selon une estimation). Un expert du marché pétrolier l’a fait remarquer de manière plutôt cryptique :

« À 110 dollars [le baril] sur le marché mondial, un simple calcul mathématique donne à la Libye une marge de profit de 109 $ [le baril]. » (Libya Oil, Libya Oil One Country's $109 Profit on $110 Oil, EnergyandCapital.com, 12 mars 2008)

ntérêts pétroliers étrangers en Libye

Les compagnies pétrolières étrangères en activité en Libye avant l’insurrection comprenaient Total de France, ENI d’Italie, China National Petroleum Corp (CNPC), British Petroleum (BP), le consortium espagnol REPSOL, ExxonMobil, Chevron, Occidental Petroleum, Hess et Conoco Phillips.

Le fait que la Chine joue un rôle central dans l’industrie libyenne est significatif. La CNPC avait un effectif de quelque 400 employés. Les effectifs chinois totaux en Libye étaient de l’ordre de 30 000.

Onze pour cent (11 %) des exportations de pétrole de la Libye sont acheminées par la Chine. Alors qu’il n’existe pas de chiffres sur la taille et l’importance de la production et des activités d’exploration de la CNPC, certaines indications laissent croire qu’elles sont importantes.

De manière plus générale, Washington considère la présence de la Chine en Afrique du Nord comme une intrusion. D’un point de vue géopolitique, la Chine est un empiètement. La campagne militaire dirigée contre la Libye est destinée à exclure la Chine de l’Afrique du Nord.

Le rôle de l’Italie est également important. ENI, le consortium pétrolier italien, produit 244 000 barils de gaz et de pétrole, ce qui représente presque 25 % des exportations totales de la Libye. ( Sky News: Foreign oil firms halt Libyan operations, 23 février 2011).

Parmi les compagnies étasuniennes en Libye, Chevron et Occidental Petroleum (Oxy) ont décidé il y a à peine six mois (octobre 2010) de ne pas renouveler leurs permis d’exploration de pétrole et de gaz en Libye. (Why are Chevron and Oxy leaving Libya?: Voice of Russia, 6 octobre 2010). En revanche, en novembre 2010, la compagnie pétrolière allemande R.W. DIA E a signé un accord de grande envergure avec la CPN libyenne, comprenant l’exploration et le partage de la production. (AfricaNews - Libya: German oil firm signs prospecting deal - The Africa News)

Les enjeux financiers et les « butins » sont extrêmement importants. L’opération militaire a pour but de démanteler les institutions financières de la Libye ainsi que de confisquer des milliards de dollars d’actifs financiers déposés dans des banques occidentales.

Il faut par ailleurs souligner que les capacités militaires de la Libye, y compris son système de défense antiaérienne, sont faibles.

Redessiner la carte de l’Afrique

La Libye détient les plus grandes réserves pétrolières de l’Afrique. Le but de l’interférence des États-Unis et de l’OTAN est stratégique : il consiste à voler purement et simplement la richesse pétrolière du pays sous le couvert d’une intervention humanitaire.

Cette opération militaire vise à établir l’hégémonie étasunienne en Afrique du Nord, une région dominée historiquement par la France et, dans une moindre mesure, par l’Italie et l’Espagne.

En ce qui concerne la Tunisie, le Maroc et l’Algérie, le plan de Washington consiste à affaiblir les liens politiques de ces pays avec la France et à faire pression pour l’installation de nouveaux régimes politiques ayant des rapports étroits avec les États-Unis. Affaiblir la France fait partie des ambitions impériales étasuniennes. Il s’agit d’un processus historique remontant aux guerres d’Indochine.

L’intervention des États-Unis et de l’OTAN, qui mènera tôt ou tard à la formation d’un régime fantoche étasunien, a également pour but d’exclure la Chine de la région et d’évincer la CNPC. Les géants du pétrole anglo-américains ayant signé un contrat d’exploration en 2007 avec le gouvernement Kadhafi, dont BP, font partie des potentiels « bénéficiaires » de la proposition d’opération militaire des États-Unis et de l’OTAN.

De manière plus générale, c’est le dessin d’une nouvelle carte de l’Afrique qui est en jeu : un autre processus de division néocoloniale, la réforme des démarcations de la Conférence de Berlin de 1884 et la conquête de l’Afrique par les États-Unis, alliés à la Grande-Bretagne, dans une opération menée par les États-Unis et l’OTAN.

Libye : une porte d’entrée stratégique du Sahara vers l’Afrique centrale

La Libye a des frontières avec plusieurs pays dans la sphère d’influence de la France, dont le Tchad, le Niger, l’Algérie et la Tunisie.

Le Tchad représente potentiellement une riche économie pétrolière. ExxonMobil et Chevron ont des intérêts au sud du Tchad, y compris un projet de pipeline. Le sud du Tchad est une porte ouverte sur la région du Darfour au Soudan, lui aussi stratégique, vu sa richesse pétrolière.

La Chine a pour sa part des intérêts pétroliers à la fois au Tchad et au Soudan. La CNPC a signé un accord d’envergure avec le gouvernement tchadien en 2007.

En raison de ses vastes réserves d’uranium, le Niger est également stratégique pour les États-Unis. En ce moment, la France domine l’industrie de l’uranium par le biais de son conglomérat nucléaire Areva, autrefois connu sous le nom de Cogema. La Chine a également un intérêt dans l’industrie de l’uranium nigérien.

De façon plus générale, la frontière sud de la Libye est stratégique pour les États-Unis dans leur quête d’une plus grande sphère d’influence en Afrique francophone, un vaste territoire couvrant le nord, le centre et l’ouest du continent. Historiquement, cette région appartenait aux empires coloniaux de la France et de la Belgique et ses frontières ont été dessinées à la Conférence de Berlin en 1884.

Les États-Unis ont joué un rôle passif à la Conférence de Berlin en 1884. Cette nouvelle division du continent africain au 21e siècle, fondée sur le contrôle du pétrole, du gaz naturel et de minéraux stratégiques (cobalt, uranium, chrome, manganèse, platine et uranium), favorise principalement les intérêts privés anglo-américains dominants.

L’interférence des États-Unis en Afrique du Nord redéfinit la géopolitique d’une région entière. Elle ébranle la Chine et fait ombrage à l’influence de l’Union européenne.

Ce nouveau découpage du continent réduit non seulement le rôle des anciens pouvoirs coloniaux en Afrique du Nord (incluant la France et l’Italie), il fait aussi partie d’un processus élargi visant à supplanter et affaiblir la France (et la Belgique) sur une vaste étendue du continent africain.

Les régimes fantoches étasuniens ont été installés dans plusieurs pays africains autrefois dans la sphère d’influence de la France (et de la Belgique), dont la République démocratique du Congo et le Rwanda. Il est planifié que plusieurs pays d’Afrique occidentale (incluant la Côte d’Ivoire) deviennent des États mandataires des États-Unis.

Par ailleurs, l’Union européenne dépend grandement du flux de pétrole libyen : 85 % de celui-ci est vendu à des pays européens. En cas de guerre avec la Libye, l’approvisionnement de pétrole en Europe de l’Ouest pourrait être perturbé davantage et affecter sérieusement l’Italie, la France et l’Allemagne. Trente pour cent du pétrole italien et 10 % de son gaz sont importés de la Libye. L’alimentation en gaz libyen se fait par le gazoduc Greenstream en Méditerranée

Conclusions

Par une désinformation intensive, les médias dominants sont complices dans la justification d’un programme militaire, lequel, s’il est mis en oeuvre, n’aurait pas seulement des conséquences dévastatrices pour les Libyens : le monde entier en ressentirait les effets sociaux et économiques.

À l’heure actuelle, il existe trois théâtres de guerre distincts dans le grand Moyen-Orient et en Asie centrale : la Palestine, l’Afghanistan et l’Irak. En cas d’attaque contre la Libye, un quatrième théâtre de guerre prendrait naissance en Afrique du Nord, comportant le risque d’une escalade militaire.

L’opinion publique doit prendre connaissance des intentions cachées derrière cette présumée entreprise humanitaire que les chefs d’États et de gouvernements des pays de l’OTAN proclament comme une « guerre juste ». La théorie de la guerre juste, autant dans sa version classique que contemporaine, soutient que la guerre est une « opération humanitaire ». Elle appelle à l’intervention militaire sur des bases éthiques et morales contre des « États voyous » et des « terroristes islamiques ». Cette théorie de la guerre juste diabolise le régime de Kadhafi tout en fournissant un mandat humanitaire à l’intervention militaire des États-Unis et de l’OTAN.

Les chefs d’États et de gouvernements des pays de l’OTAN sont les artisans de la guerre et de la destruction en Irak et en Afghanistan. Dans une logique complètement tordue, ils sont présentés comme les voix de la raison, comme les représentants de la « communauté internationale ».

La réalité est sens dessus dessous. Une intervention humanitaire est lancée par des criminels de guerre en haut lieu, lesquels sont les gardiens incontestés de la théorie de la guerre juste.

Abou Ghraib, Guantanamo, les pertes civiles dans des villes et des villages pakistanais dues aux attaques de drones ordonnées par le président Obama ne font pas la une des journaux, pas plus que les 2 millions de civils morts en Irak.

Il n’existe rien de tel qu’une « guerre juste ». Il faut comprendre l’histoire de l’impérialisme étasunien. Le rapport de 2000 Project for the New American Century intitulé (PNAC) « Rebuilding Americas' Defenses » réclame la mise en œuvre d’une longue guerre, d’une guerre de conquête. L’une des composantes importantes de ce programme militaire consiste à « [s]e battre et gagner de manière décisive de multiples guerres de théâtre simultanées ».

L’« Opération Libye » fait partie de ce processus. Il s’agit d’un autre théâtre dans la logique de « guerres de théâtre simultanées » du Pentagone.

Le document PNAC reflète fidèlement l’évolution de la doctrine militaire des États-Unis depuis 2001. Les États-Unis prévoient être impliqués simultanément dans plusieurs théâtres de guerre dans différentes régions du monde.

Tout en confirmant que l’objectif est la protection du pays, la « sécurité nationale » des États-Unis, le rapport PNAC explique clairement pourquoi ces multiples guerres de théâtre sont nécessaires. La justification humanitaire n’est pas mentionnée.

Quel est le but de la feuille de route militaire des États-Unis?

La Libye est ciblée parce qu’elle est l’un des quelques pays à se maintenir en dehors de la sphère d’influence des États-Unis et qu’elle ne s’est pas conformée aux demandes étasuniennes. La Libye est un pays sélectionné dans le cadre d’une « feuille de route » militaire, laquelle comporte « de multiples guerres de théâtre simultanées ». Pour reprendre l’ancien commandant en chef de l’OTAN Wesley Clark :

[A]u Pentagone en novembre 2001, un officier d’état-major de haut rang avait du temps pour discuter. Oui, nous nous dirigions toujours vers une confrontation avec l’Irak, a-t-il affirmé. Mais il y avait plus. Cela faisait l’objet de discussions dans la planification d’une campagne de cinq ans, disait-il, où l’on trouvait en tout sept pays, en commençant par l’Irak, ensuite la Syrie, le Liban, le Lybie l’Iran, la Somalie et le Soudan. (Wesley Clark, Winning Modern Wars, p.130).

Article original en anglais : « Operation Libya" and the Battle for Oil: Redrawing the Map of Africa », publié le 9 mars 2011.

Traduit par Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur émérite de sciences économiques à l'Université d'Ottawa. Il est l'auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre et de la Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (best-seller international publié en 12 langues).


Par:Michel Chossudovsky

__
"Quelle est la différence fondamentale entre une femme et un terroriste ? Avec le terroriste on peut négocier"
3

.、スフィンクス、


Spoiler:


avatar
Syfou
Adminstrateur
Adminstrateur
Masculin
Nombre de messages : 5687
Age : 34
Emploi/loisirs : Les souvenirs s'envolent aussitot la la porte ouverte .
Humeur : Bien / H.M.D / Toujours.
Date d'inscription : 11/01/2010
Localisation : Dans un autre repère !

Sujet / Message Re: Coup d'Etat en Libye

le Jeu 31 Mar - 1:11
Obama a secrètement autorisé la CIA à intervenir en Libye

Barack Obama a récemment signé un décret confidentiel autorisant des opérations secrètes de la CIA en Libye pour soutenir les insurgés contre le régime de Mouammar Kadhafi, ont déclaré mercredi quatre responsables américains à Reuters.
Le président américain a donné son feu vert au cours des deux ou trois dernières semaines, ont dit ces responsables.
La CIA et la Maison blanche ont refusé de réagir à ce sujet.
Les Etats-Unis sont membres d'une coalition internationale qui effectue depuis le 19 mars des bombardements sur les forces de Mouammar Kadhafi dans le cadre d'un mandat des Nations unies visant à protéger les civils libyens.

Barack Obama et certains de ses alliés, dont la France, réfléchissent ouvertement à la possibilité de livrer des armes aux insurgés libyens, qui se sont soulevés mi-février contre le régime en place depuis 1969 dans leur pays.

"Aucune décision" n'a été prise à ce sujet, a déclaré mercredi la secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, à la sortie d'une réunion destinée à informer la Chambre des représentants de la situation en Libye.

Les responsables américains suivant l'évolution de la situation en Libye jugent que ni les forces de Mouammar Kadhafi ni les insurgés, qui réclament des armes aux pays occidentaux, ne semblent en mesure de remporter des victoires décisives.

Les frappes de la coalition internationale ont grandement affaibli les moyens militaires de Mouammar Kadhafi, selon les experts, mais les insurgés semblent de leur côté inexpérimentés, désorganisés et incapables de s'imposer sans un soutien étranger.

Le décret signé par Barack Obama autorise de manière générale un certain nombre d'actions éventuelles en vue d'atteindre un objectif précis et confidentiel.

Ces opérations ultérieures, comme des livraisons d'armes ou d'argent, devront bénéficier d'un nouveau feu vert de la Maison blanche.

Les services de renseignement américains ont encore beaucoup d'interrogations sur la nature de l'insurrection et sur l'identité de ses dirigeants, ce qui devrait inciter les services secrets américains à la prudence dans un premier temps, jugent des observateurs.

"Toute la question au sujet de la formation et des équipements (à fournir aux rebelles) est de savoir qui sont les rebelles", résume Bruce Riedel, ancien expert du Proche-Orient au sein de la CIA et ancien conseiller de l'administration Obama.

Cette incertitude conduit des responsables américains, comme Mike Rogers, président républicain de la commission du Renseignement à la Chambre des représentants, à s'opposer en l'état actuel des choses à toute livraison d'armes aux rebelles.

Bertrand Boucey pour le service français

Par Reuters

__
« Vouloir prouver des choses qui sont claires d'elles-mêmes, c'est éclairer le jour avec une lampe. »  


http://algerie-institution.blog4ever.com

avatar
Syfou
Adminstrateur
Adminstrateur
Masculin
Nombre de messages : 5687
Age : 34
Emploi/loisirs : Les souvenirs s'envolent aussitot la la porte ouverte .
Humeur : Bien / H.M.D / Toujours.
Date d'inscription : 11/01/2010
Localisation : Dans un autre repère !

Sujet / Message Un plan secret pour faire partir Mouammar Kadhafi !

le Jeu 18 Aoû - 3:28
Un plan secret pour faire partir Mouammar Kadhafi



L’espoir de voir les hostilités cesser en Libye est apparu à l’issue des pourparlers menés à Moscou par l’émissaire de Mouammar Kadhafi, le ministre libyen des Affaires étrangères Abdoul Ati Al-Obeidi. Les négociations à Moscou ont duré toute la journée de mercredi, jusque tard le soir, et se sont poursuivies jeudi 21 juillet en début de journée, jusqu'à ce que le ministre gagne l’aéroport. Les communiqués de presse officiels relatant les résultats de la visite ne contiennent que peu de détails. Cependant l’auteur de ces lignes a pu avoir connaissance des détails du plan secret de règlement du conflit libyen dont les participants à cette réunion ont débattu.

Le quintet dirigeant de la future Libye

Les médiateurs internationaux, dont la Russie, ont obtenu des belligérants l’accord de discuter ensemble de l’avenir politique de la Libye. Ce sujet a été abordé mercredi lors de l’entretien du ministre libyen des Affaires étrangères avec son homologue russe. Selon nos informations, le gouvernement libyen, d’une part, et les rebelles, de l’autre, sont parvenus à un accord de principe prévoyant la mise en place conjointe d’un conseil dirigeant provisoire. Le conseil devrait se composer de deux hommes politiques prestigieux délégués par chacune des parties, et ces quatre membres éliraient le cinquième, un personnage neutre mais influent qui prendrait la tête de cet organisme de transition.

L’initiative émane des principaux médiateurs, l’Union africaine et les Nations unies. La Russie a adhéré à ce plan. C’est pour cela que le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a eu mercredi un entretien téléphonique urgent avec l’Envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU pour la Libye, Abdul Ilah Al-Khatib. Il y a deux semaines à peine, après s’être rendu à Tripoli, ce fonctionnaire international a exprimé une vision pessimiste de la situation déclarant que le règlement ne se profilait pas à l’horizon. Une opinion qu'il s'est forgée au terme de ses pourparlers avec le premier ministre et le ministre des Affaires étrangères libyens.

Depuis, les positions des parties en conflit ont connu une nette amélioration. Les Libyens aspirent désormais à la paix. La mission principale des médiateurs est de les aider à y parvenir. Et ce serait une bonne chose que d’autres acteurs de l’échiquier mondial ne leur mettent pas des bâtons dans les roues. Malheureusement, on a l’impression que certains membres de l’OTAN impliqués dans la guerre souhaitent que le conflit s’éternise jusqu’à l’effondrement définitif du régime de Kadhafi et jusqu’à l’élimination physique du Guide de la révolution libyenne.

Le problème de Kadhafi n’est pas insoluble
A Moscou, l’émissaire du leader de la Jamahiriya ne se montrait plus hostile au plan proposé par la Russie. Qui plus est, le ministre libyen des Affaires étrangères agissait avec l’aval du colonel Kadhafi, alors que l’une des conditions sine qua non posées par l'opposition exige que ni le colonel lui-même, ni son fils Saif al-Islam ne puissent participer au futur conseil provisoire.

Respectant les règles du jeu diplomatique, le ministre libyen a certes évité de reconnaître publiquement que le futur départ de Kadhafi de l’arène politique était une question qui pouvait très bien être résolue de manière pacifique. Il faut seulement du temps et des garanties de sécurité pour le colonel. Dans une interview, Abdoul Ati Al-Obeidi a déclaré que ce plan n’avait même pas été discuté. Et il n’a pas menti étant donné que ce genre de choses est davantage sous-entendu et lu entre les lignes plutôt que débattu. D’autant plus que ce qui compte vraiment le plus aujourd’hui, c’est de mettre un terme aux hostilités.

Mercredi également des déclarations émanant de certaines capitales occidentales ont été faites dans le but de donner l’impression que ces pays étaient prêts à fournir des garanties pour une retraite pacifique de Mouammar Kadhafi. "L'une des hypothèses envisagées, c'est qu'il (Kadhafi) séjourne en Libye, mais à une condition, c'est qu'il reste très clairement à l'écart de la vie politique libyenne", a expliqué pour sa part le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé, ajoutant que la France s’attendait à ce que cette condition soit remplie afin de pouvoir initier le processus politique menant à un cessez-le-feu.

Le ministre français a même insinué que dans un cas de figure favorable, le problème du mandat d’arrêt délivré contre Kadhafi par la Cour pénale internationale pourrait être réglé. Il a précisé que des procédures seraient poursuivies mais les conclusions à en tirer seraient déterminées lors des négociations. Le porte-parole de la Maison blanche, Jay Carney, s’est pourtant exprimé avec moins d’ambages: "Kadhafi doit être écarté du pouvoir ou l’abandonner de son plein gré. C’est au peuple libyen qu’il appartiendra ensuite de décider de son sort", a-t-il déclaré.

Le schéma idéal de la cessation des hostilités
Le début des progrès provient notamment du fait que les pourparlers entre les participants à la guerre civile libyenne ont déjà commencé. Ainsi, le représentant spécial du président russe pour l’Afrique, Mikhaïl Marguelov, a déclaré mercredi que les parties en conflit étaient en train de mener des négociations importantes en Ethiopie. "Les parties en conflit ont accepté de s’asseoir à la table des négociations sans conditions préalables, et c’est un succès indiscutable. C’est le résultat de plusieurs mois d’efforts de médiation de la part de la Russie et de l’Union africaine." Le représentant spécial du président russe a confirmé que l’on avait réussi à mettre au point "le schéma idéal de la sortie du conflit en Libye."

Il est à noter que Moscou met désormais en évidence ses contacts avec les deux parties en conflit, et pas plus tard que mercredi dernier, la Russie a envoyé à Benghazi (ville à l’Est de la Libye contrôlée par les rebelles) un avion du ministère russe des Situations d’urgence avec une cargaison de riz, de sucre et de conserves de poisson. C’était la troisième livraison russe depuis le début de la guerre. L’avant-dernière a eu lieu en juillet, également à destination de Benghazi, alors que la toute première avait été expédiée à Tripoli, la capitale du pays contrôlée par le gouvernement.

Certes, la fin de la guerre en Libye nécessite non seulement la réconciliation entre les Libyens eux-mêmes, mais également l’administration de calmants aux fonctionnaires de l’OTAN qui cherchent à poursuivre cette guerre jusqu’à une victoire incontestable, en dépit de toutes les difficultés qui ont surgi lors de l’opération.

"Dans ce cas, les hostilités risquent de continuer encore longtemps", a déclaré dans une interview Anatoli Egorine, expert pour la Libye et professeur de l’Institut d’études orientales de l’Académie des sciences de Russie. "Les Libyens doivent décider eux-mêmes de la politique à venir de leur pays", estime-t-il en affirmant qu’il est insensé de leur imposer quoi que ce soit de l’extérieur.

Il est à noter que mercredi dernier le ministre libyen des Affaires étrangères devait quitter Moscou pour l’Inde où il était sensé poursuivre des consultations sur le règlement pacifique du conflit. Le gouvernement libyen estime que les pays asiatiques influents pourraient rejoindre la Russie et l’Union africaine dans leur effort de convaincre les membres de l’alliance occidentale de mettre un terme aux hostilités.

L’opinion de l’auteur ne coïncide pas forcément avec la position de la rédaction

http://fr.rian.ru



Dernière édition par Syfou le Mar 23 Aoû - 3:22, édité 1 fois

__
« Vouloir prouver des choses qui sont claires d'elles-mêmes, c'est éclairer le jour avec une lampe. »  


http://algerie-institution.blog4ever.com

avatar
Syfou
Adminstrateur
Adminstrateur
Masculin
Nombre de messages : 5687
Age : 34
Emploi/loisirs : Les souvenirs s'envolent aussitot la la porte ouverte .
Humeur : Bien / H.M.D / Toujours.
Date d'inscription : 11/01/2010
Localisation : Dans un autre repère !

Sujet / Message Re: Coup d'Etat en Libye

le Mar 23 Aoû - 3:01
Coup d'Etat et géopolitique

Pour le géopoliticien italien Alessandro Lattanzio, l’insurrection en Libye mixe des éléments de coup d’Etat et de soulèvement populaire au profit d’une coalition hétéroclite rassemblant anciens monarchistes pro-occidentaux et khomeinistes ou communistes anti-Khadafi. Cette alliance contre nature profite en définitive aux puissances impérialistes.



Les dynamiques sous-jacentes de l’explosion de la crise en Libye sont sans doutes nombreuses. Il y a des causes internes, en raison des frictions entre factions au sein de l’administration et des organes politiques de la Jamahiriya. Cependant le cœur du coup d’Etat manqué et transformé en révolte se compose de franges de l’ancien régime colonial, certains transfuges du gouvernement et diverses organisations de mercenaires, qu’ils soient les mythiques bloggers démocratiques résidant à Londres ou Washington, ou les escadrons de mercenaires composés des éléments issus des Frères musulmans égyptiens et des anciens combattants des guerres en Afghanistan (qui ont été déjà utilisés par les Britanniques pour chercher à assassiner Kadhafi, dans le milieu des années 90). Le tout coordonné par les agents de renseignement et des forces spéciales anglais, français et égyptiens. Cette description de la situation est maintenant acceptée et même saluée par les médias mainstream, de toute évidence à l’exception des déchets de ce qui avait été un puissant mouvement d’émancipation, mais qui aujourd’hui, surtout dans l’Ouest, ne sont que des déchets de l’aliénation, qui adaptent la réalité à un romantisme vain et vide.

Ce qu’on observe en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, n’est pas le renversement révolutionnaire de l’équilibre des pouvoirs au sein des sociétés arabes. Mais le contraire, une vague de changement de l’équilibre des pouvoirs au sein de la direction des États-Unis, de la stratégie offensive des factions politiques à Washington, de ceux qui ont subi l’attaque networkcentrique représentée par les « révélation » de Wikileaks. D’où la mise en garde de Robert Gates, secrétaire à la Défense états-unien, qui à la fin de l’administration Bush Jr., a été invité à diriger le Pentagone pour remédier aux fautes de M. Rumsfeld et des néo-cons. Les franges de l’administration internationaliste actuelle, Brzezinski et Clinton, ont un intérêt à participer et à guider les émeutes arabes plus ou moins spontanées. Ne disposant plus de la force militaire capable d’imposer leur stratégie, ils utilisent l’arme de la propagande, conçu, implémenté et testé dans les environnements politiques et sociaux les plus divers. Ils ont analysé où ’la cinquième arme’ a réussi et où elle a échoué. Ils ont constaté que ces « révolutions », une fois victorieuses, n’ont jamais une longue espérance de vie, car elles sont conçues pour mettre en œuvre les recettes économiques libérales, un objectif qui porte en lui leur rapide extinction. C’est pourquoi il est naturel de s’interroger sur le but réel de ces « révolutions » : visent-elles à imposer de nouveaux régimes pro-occidentaux ou pro-israéliens, ou à créer le chaos regional. ? Les dirigeants israéliens ont été choqués par les événements en Egypte. Ils craignent que de telles transformations se produisent aussi dans leur arrière-cour jordanienne, au détriment du gouvernement Netanyahu. Celui-ci est un gouvernement de droite —donc pro-républicain— avec une forte présence d’opposants à la clique Brzezinski/Clinton. En outre, le parti russophone d’Avigdor Liberman y maintient des contacts constants avec Moscou et Minsk. Par conséquent Netanyahou ne recueille pas beaucoup de sympathie dans l’administration états-unienne actuelle. Ceci pourrait expliquer l’offensive « colorée » du département d’Etat U. S. contre des amis et alliés d’Israël, quoique vieux et usés. Ceci expliquerait aussi l’enthousiasme d’une partie du monde islamique pour les événements en Afrique du Nord et le Proche-Orient : l’Iran, le Hezbollah et le Hamas. Entre autres choses, l’Iran et le Hezbollah soutientent le putsch revanchard en Libye, en raison de leur contentieux historique avec Triopli, depuis la disparition de l’imam Moussa Sadr, fondateur du parti chiite Amal du Liban, disparu en 1978 lors d’un voyage à Tripoli.

Même les partis communistes régionaux —dont le poids est marginal à l’exception notable du Parti communiste syrien, le seul qui a un poste de responsabilité dans le monde arabe— ont exprimé leur soutien à la révolte-coup de Benghazi. Ceci aussi est aussi le fruit de l’histoire : le Parti communiste du Soudan échoua à s’emparer du pouvoir en 1970, puis ses dirigeants furent capturés par Khadfi et condamnés à mort par Nimeiry.

L’administration Obama est au centre de cet affrontement, en présence de Moscou et de Pékin, qui ne comprennent pas bien la dynamique interne du sommet de la politique états-unienne. La Russie et la Chine sont dans une position d’attente, en particulier en ce qui concerne l’affaire libyenne. Certes, le consentement donné aux sanctions et à l’embargo de l’ONU sur les ventes d’armes, doit avoir quelque chose de rafraichissant pour Washington. Il est certain que cette décision à été prise avec des arrières-pensées : avec la Libye hors le jeu et la hausse des prix du pétrole, l’Europe sera un peu plus dépendante du pétrole et du gaz russes. Et sans aucun doute la position de l’Iran est dicté par le même genre de considérations. Pour Téhéran, le chaos au Proche-Orient est une police d’assurance : si les pays producteurs de pétrole et de gaz sont perturbés par des émeutes et des révoltes, ou s’ils sont en proie à des guerres civiles, la production et la disponibilité du pétrole mondial seront affectés, ce qui contraindra les pouvoirs malveillants à suspendre toute idée d’agression armée, de peur de dévaster plus encore l’économie mondiale en provoquant une crise énergétique supplémentaire. La Chine a sans doute eu à choisir : soutenir la Libye, avec qui elle n’a pas de relations économiques notables, ou resserrer ses liens grandissants avec l’Arabie saoudite, qui entretient déjà de fortes relations économiques et stratégiques avec Pékin, sachant que la monarchie des Saud joue également dans le coup contre Kadhafi, grâce à la puissante influence qu’il exerce sur les Frères musulmans égyptiens.

Outre l’implication des deux principales factions dominantes états-uniennes, qui, si elles n’ont pas lancé cette vague de « révolutions colorées » les soutient largement, il y a une forte implication de Londres et éventuellement de Paris. Et, amère et tragique ironie de l’Histoire, les Britanniques et les Français ont envoyés des « conseillers » militaires à Benghazi pour aider le « peuple » à organiser la lutte contre Tripoli. Ils ont apportés leur soutien à d’obscurs dissidents et aux épaves de la Senoussia, le clan de la monarchie coloniale. Ils se sont appuyés sur une campagne de diabolisation médiatique et incontrôlée à travers des networks pseudo-arabe, al-Jazira et Al-Arabiya, qui ont leur siège à Londres et à New York. Une campagne médiatique pour soutenir une intervention armée et l’invasion de la Libye. Une opération d’un succès extraordinaire, compte tenu du faible niveau d’analyse critique de la cible : la gauche de l’Union européenne et le militantisme islamiste arabe. Déjà au Pakistan, le public et les élites politiques doutent.

L’ironie âpre et amère est que, après l’échec d’un mois d’insurrection « spontanée », l’impérialisme est acculé à intervenir ouvertement. Londres, Paris et Washington seront en mesure de régler leurs comptes avec ce qui reste de l’héritage anti-impérialiste et populaire de Gamal Abdel Nasser, dont Kadhafi est le dernier disciple. Depuis la défaite du colonialisme anglo-français en 1956 à Suez, les impérialistes à Paris et à Londres attendaient le moment de leur vengeance, pour chercher à réimposer leur domination dans la région, fusse au détriment des Etats-Unis en difficulté, et surtout contre les peuples. Derrière les changements de façade à Tunis et au Caire, les vastes ressources de la Libye seront de nouveau saisies par l’Occident, tandis que les côtes libyennes qui accueilleront une fois de plus des bases de l’OTAN, essentielles à l’expansion de la domination régionale des États-Unis et ses alliés.

En ce qui concerne l’Italie, 150 ans après sa prétendue « unité », les milieux dirigeants de Londres lui rappellent que les frontières géopolitiques sont absolues. Les conséquences géostratégiques et géopolitiques peuvent se révéler mortelles, si les forces populaire de la Libye doivent répondre à l’agression armée combinée de l’islamisme et de l’impérialisme occidental. Comme indiqué ci-dessus, les puissances occidentales, très affaiblies par des années de guerres, n’ont pas la force d’imposer un nouvel ordre régional, mais peuvent encore créer le chaos et démanteler le Maghreb/Mashrek. L’effet perturbateur de cette stratégie suicidaire rappelle celle des kamikazes japonais, arme de désespoir du Japon impérial lorsqu’il prit conscience d’avoir perdu la guerre du Pacifique, pourrait toucher l’Europe et apporter de graves dommages aux pays les plus exposés, comme l’Italie, l’Espagne, la Grèce.

Cet épisode est la dernière tentative de terre brûlée autour de Moscou, Berlin et Pékin, avant qu’ils ne forment le masse géopolitique qui inquiéte les apologistes et les « stratèges » de la mondialisation, du « monde unipolaire » : la réalité dominée par l’élite politico-économique rhodesiano-rockefellerienne de l’axe Wall Street-City.

Alessandro Lattanzio

__
« Vouloir prouver des choses qui sont claires d'elles-mêmes, c'est éclairer le jour avec une lampe. »  


http://algerie-institution.blog4ever.com

avatar
Sphinx
Adminstrateur
Adminstrateur
Masculin
Nombre de messages : 8022
Age : 32
Emploi/loisirs : Mat
Humeur : Peu importe.
Date d'inscription : 19/12/2008
Localisation : S.B.A

Sujet / Message Re: Coup d'Etat en Libye

le Mar 15 Nov - 22:50
Une petite analyse sur les causes de la croisades en Libye Arrow

[url][/url]

__
"Quelle est la différence fondamentale entre une femme et un terroriste ? Avec le terroriste on peut négocier"
3

.、スフィンクス、


Spoiler:


avatar
Invité
Invité

Sujet / Message Re: Coup d'Etat en Libye

le Sam 7 Jan - 0:08
RT Wayne Madsen sur la mort de Kadhafi S/T

[url][/url]
avatar
Syfou
Adminstrateur
Adminstrateur
Masculin
Nombre de messages : 5687
Age : 34
Emploi/loisirs : Les souvenirs s'envolent aussitot la la porte ouverte .
Humeur : Bien / H.M.D / Toujours.
Date d'inscription : 11/01/2010
Localisation : Dans un autre repère !

Sujet / Message Re: Coup d'Etat en Libye

le Lun 10 Déc - 4:38
معلومات نادرة حول مخطط الإطاحة بالقذافي

يكشف تحقيق تلفزيوني، أعدته قناة "كنال بلوس" الفرنسية قبل أيام، تحت عنوان "الغاز والنفط: الحروب السريّة"، عن معلومات نادرة جدا حول كواليس الحرب الليبية في مارس2011، وحقيقة التخطيط لإسقاط القذافي بين فرنسا وقطر منذ العام 2009، وعلاقة هذا المخطط بحقول غاز ضخمة في ليبيا تكفي حاجيات أوروبا لعقود طويلة من الزمن.

يعود التحقيق الذي بثته قناة "كنال بلوس" نهاية الشهر المنصرم، في الزمن إلى 2007 تاريخ الزيارة الرسمية الشهيرة للقذافي الى فرنسا في عهد ساركوزي، وما نجم عنها من صفقات بيع طائرات حربية فرنسية بملايين الأوروات، وتصادفت الزيارة مع اكتشاف شركة "توتال" النفطية الفرنسية حقل غاز طبيعي مهول في ليبيا اسمه "إن سي 7" من شأنه أن يكفي حاجة أوروبا من الغاز لمدة 30 سنة"، وبعد مفاوضات قادها رجل اعمال من أصل لبناني زياد تقي الدين، باعت "المجموعة الوطنية الليبية للنفط"، كامل الحقوق الخاصة بالحقل المذكور الى "توتال" بقيمة 140 مليون أورو بين نهاية 2008 وبداية 2009.

وأوضح تقي الدين، أن "شرط الليبيين الوحيد كان ألا يدخل أي طرف ثالث مع الشركة الفرنسية في تلك الحقوق"، لكن في 2009 علمت قطر بالاتفاق فأرادت أن تضمن حصة لها في الغاز الليبي، واشترت من الفرنسيين جزءاً من الحقل، ما أثار غضب الليبيين وطالبوا بإبعاد قطر عن الصفقة، لكن قطر "لم تهضم" أمر استبعادها عن الاتفاق وعن الحقل الغازي الضخم، وهنا يعلّق المتحدث: "قال القطريون في أنفسهم إنهم لن يتمكنوا من التفاوض مع الليبيين ففكروا، لماذا لا نشنّ حرباً عليهم باسم إسقاط ديكتاتور اسمه القذافي؟" وفي سبتمبر 2010 بلغت المفاوضات بين الليبيين والفرنسيين حول الحقل المذكور نقطة الصفر فتجمّدت، وهنا بدأت فرنسا جدياً بالتفكير في إسقاط القذافي.

وفي أكتوبر من العام نفسه، يشير التحقيق الى حدث لافت، وهو انتقال الذراع اليمنى للقذافي، مسؤول البروتوكول لديه نوري مسماري، بشكل مفاجئ الى فرنسا، بداية قالت السلطات الليبية إنه يتلقى علاجاً في باريس، ثم ما لبث أن أصدرت بحقه مذكرة جلب وملاحقة، فتبيّن أنه فارّ، لكن فرنسا رفضت تسليم مسماري وتكفلت بحمايته على أراضيها، وهنا، يقول المدير السابق للاستخبارات الفرنسية، إن "الاستخبارات حصلت على معلومات قيّمة من مسماري حول القذافي. أين يذهب، أين يبيت، كيف يعمل، كيف يتنقل".. ويضيف "كل تلك المعلومات كانت مفيدة لأي عمليات يتقرر تنفيذها في المستقبل".

.

http://www.echoroukonline.com/ara/articles/150135.html#.UMKEdR6g5Zo.facebook


Au delà du reportage Arrow


__
« Vouloir prouver des choses qui sont claires d'elles-mêmes, c'est éclairer le jour avec une lampe. »  


http://algerie-institution.blog4ever.com

Contenu sponsorisé

Sujet / Message Re: Coup d'Etat en Libye

Voir le sujet précédentRevenir en hautVoir le sujet suivant
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum