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Situation linguistique en Algérie

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Sujet / Message Situation linguistique en Algérie

Message par Syfou le Jeu 13 Jan - 23:19

La francophonie en Algérie : Mythe ou réalité ?

Introduction

Si la situation linguistique en Algérie est toujours problématique, elle peut être qualifiée néanmoins de véritable laboratoire dans l’étude du plurilinguisme puisqu’elle se caractérise par la coexistence de plusieurs langues qui sont l’arabe moderne ou standard, l’arabe algérien, le tamazigh, et le français.

Il est vrai que la richesse de la situation linguistique algérienne avec toutes les ambiguïtés qu’elle ne cesse de provoquer, font d’elle une véritable source inépuisable d’interrogations et de recherches. En effet, le paysage linguistique algérien continu à subir des changements importants. Ce sont de véritables « coup de théâtre » dirons-nous ! Car à l’heure actuelle, l’entreprise linguistique prônée par le pouvoir précédemment en place, à savoir, une arabisation totale de tous les secteurs, semble être « mise en sourdine ». Aujourd’hui, l’usage du français est toujours omniprésent. Cette langue se réapproprie peu à peu l’espace qu’elle avait perdu.

C’est pourquoi l’objet de notre communication est de soulever un paradoxe qui n’échappe à personne : s’il est vrai que l’Algérie est le seul pays du Maghreb à n’avoir pas rejoint la Francophonie institutionnelle pour des raisons que nous connaissons, il ne faut pas oublier pourtant que c’est le deuxième pays francophone dans le monde .

La réalité sociolinguistique algérienne permet de montrer l’existence de trois catégories de locuteurs francophones algériens . Nous avons, premièrement les « francophones réels », c’est-à-dire, les personnes qui parlent réellement le français dans la vie de tous les jours ; deuxièmement, les « francophones occasionnels », et là, il s’agit des individus qui utilisent le français dans des situations bien spécifiques ( formelles ou informelles) et dans ce cas nous relevons le fait qu’il y a un usage alternatif des langues qui sont le français et l’arabe, usage qui s’explique par certaines visées pragmatiques telles que ordonner, insulter, ironiser, tourner en dérision. Enfin, ce que nous nommons des « francophones passifs », et il est clair que cette catégorie concerne les locuteurs qui comprennent cette langue mais qui ne la parlent pas.

C’est pourquoi, nous nous apercevons qu’à l’heure actuelle, la langue française occupe toujours une place fondamentale dans notre société, et ce, dans tous les secteurs : social, économique, éducatif. Mais, comme nous venons de le signaler, cette langue coexiste de toute évidence avec d’autres langues qu’elles soient institutionnelles ( l’arabe classique / l’arabe moderne) ou non institutionnelles, telles que les langues maternelles comme l’arabe algérien ou dialectal et toutes les variantes du berbère. Par rapport à ces langues, nous avons pu observer le fait que le français garde une place non dérisoire dans la vie quotidienne de chaque algérien, qu’il s’agisse de l’étudiant, du commerçant, de l’homme d’affaire, de l’homme politique. Et pourtant, l’Algérie, est le seul pays du Maghreb qui ne fait partie d’aucune institution officielle se faisant l’ambassadeur de la langue française, à savoir, la Francophonie .

Aussi, nous pouvons parcourir ensemble les rebondissements voire les aléas que connaît la langue française dans notre réalité en s’arrêtant plus précisément sur sa place dans la société algérienne et sur les ouvertures proposées par cette langue, et ce, afin de répondre à notre questionnement : la Francophonie en Algérie : mythe ou réalité ?

a/ La place du français dans la réalité algérienne

La réalité linguistique actuelle permet de constater que cette langue ne semble pas avoir perdu totalement de son prestige car non seulement elle est reconnue comme une chance d’ascension sociale mais elle demeure également un instrument de communication largement employé même en dehors du secteur économique .

La langue française occupe encore une place prépondérante dans la société algérienne, et ce, à tous les niveaux : économique, social et éducatif. Le français connaît un accroissement dans la réalité algérienne qui lui permet de garder son prestige, et en particulier, dans le milieu intellectuel. Bon nombre de locuteurs algériens utilisent le français dans différents domaines et plus précisément dans leur vie quotidienne .

En effet, le français est un outil de travail important pour les Algériens que ce soit sur leur lieu de travail, à l’école ou même encore dans la rue . Nous pouvons dire que cette expansion du français s’est faite ces dernières années grâce aux paraboles qui foisonnent de plus en plus dans l’environnement sociolinguistique de chaque foyer algérien.

Cette langue tient aussi une position forte dans l’enseignement universitaire technique et scientifique. Le constat que fait à ce propos M. Achouche reste d’actualité car dit-il : « malgré l’indépendance et les actions d’arabisation qui s’en sont suivies, les positions du français n’ont pas été ébranlées, loin de là , son étude ayant même quantitativement progressé du fait de sa place dans l’actuel système éducatif algérien » . Elle a également une fonction importante dans le secteur médiatique comme en témoigne l’essor de la presse francophone.

Il est vrai que le français avait le statut de langue seconde jusqu’à la mise en place de l’école fondamentale dans le système éducatif algérien. Ce statut s’explique, d’une part, par le fait que cette langue permettait de transmettre les matières d’enseignement, d’autre part, étant donné le nombre de cours de français dispensés dans le primaire et le secondaire C’est ce statut privilégié du français que met en évidence P. Eveno lorsqu’il fait remarquer que « en effet, nombre d’Algériens possèdent quelques notions de français, reçoivent les programmes français de télévision et gardent des relations avec les émigrés installés en France. Par ailleurs, beaucoup de professeurs et d’instituteurs ont fait leurs études en français et les universités françaises accueillent encore des Algériens. » Mais, il est à faire remarquer que si dans le secteur éducatif et plus précisément dans le primaire et le secondaire, l’arabe a pris en charge les enseignements des matières scientifiques, néanmoins, l’arabisation n’a pas été poursuivie dans le supérieur puisque paradoxalement le français est resté dans de nombreuses universités, la langue de l’enseignement et des techniques. C’est pourquoi, ce hiatus a entraîné un malaise chez les apprenants car après douze ans de pratique de la langue arabe, de nombreux bacheliers des filières scientifiques au niveau du secondaire sont confrontés, dès le premier jour de leur rentrée universitaire, à un problème, celui de communiquer avec le professeur, de suivre un cours magistral. En effet, ces étudiants assistent à des cours magistraux dispensés par un enseignant mais qui utilise une langue qui leur semble tout à fait étrangère, alors qu’ils l’ont étudié ce pendant neuf ans . Que penser de ce paradoxe ? Que faut-il attendre de ces étudiants qui ne maîtrisent pas la langue d’enseignement... ?. Dans ce cas , « Il faut faire une évaluation sur le terrain pour définir exactement les perspectives nécessaires et en dégager les programmes avec un contenu adéquat pouvant servir l’étudiant à bon escient. » En d’autres termes, il faut admettre que le français a joué un rôle important dans l’instruction des cadres algériens, précisément dans les secteurs scientifiques et techniques.

Il ne faut pas perdre de vue que cette langue a connu une extension remarquable dans les milieux d’intellectuels algériens. Elle a été une arme pour un bon nombre d’entre eux, entre autre , pour Kateb Yacine qui considérait que « c’est en français que nous proclamons notre appartenance à la communauté algérienne (...)» .En outre, il est indéniable que la pénétration de la langue française en Algérie a été rapide car ainsi que le signale H. Walter « (…) Les musulmans n’ont fréquenté l’école française qu’à partir du début du Xxe siècle. Néanmoins en ce qui concerne l’Algérie, on peut dire qu’à cette époque, et surtout à partir de 1930, le français avait déjà pénétré partout. Cela signifie que contrairement au reste de l’Afrique francophone, c’est surtout par des communications orales et non pas uniquement par l’école que le français a pris place dans la vie des habitants. » . Elle représentait ainsi un outil de travail et aussi un instrument de communication dans la vie de tous les jours, en l’occurrence, dans certaines grandes villes et dans certains milieux privilégiés d’un point de vue culturel et social. En fait, Nous pensons pouvoir dire, à la suite de D. Caubet que « le français en tant que langue de l’ancien colonisateur a un statut très ambigu ; d’une part il attire le mépris officiel ( il est officiellement considéré comme une langue étrangère au même titre que l’anglais, mais d’autre part, il est synonyme de réussite sociale et d’accès à la culture et au modernisme » . Sur le terrain effectivement, nous nous apercevons que le monde des affaires qu’il soit économique ou financier privilégie encore et toujours l’usage du français. Nous avons donc affaire dans ce cas à des relations qui se nouent grâce à la langue française . De plus cette langue est non seulement vue comme la possibilité d’une ascension sociale mais elle demeure également un instrument d’ouverture vers la connaissance et un instrument de communication largement employé. C’est ainsi qu’elle reste la langue des citadins cultivés, du monde de l’industrie et du commerce international.

C’est pourquoi, il faudrait plutôt considérer cette langue comme un acquis à conserver et permettre ainsi le retour d’un bilinguisme équilibré, à savoir, un emploi tant du français que de l’arabe. Il faut donc contribuer au maintien du plurilinguisme. Et commencer à voir en la francophonie une autre manière de vivre l’universel. Le français fait partie du patrimoine algérien et permet ainsi de s’ouvrir sur le monde extérieur.

b/ Le français : une ouverture sur le monde extérieur

Le français reste la langue internationale de la culture, de la politique et de la diplomatie. Sa renommée et sa célébrité sont universellement démontrées.

Si dans notre système éducatif algérien « une guerre des langues » entre le français et l’anglais persiste, il n’en demeure pas moins que le français reste dans une position défensive dans cette querelle. C’est ainsi que cette langue est privilégiée par de nombreux parents d’élèves qui la choisissent comme première langue étrangère( 58% y sont favorables) . En fait, cet emploi préférentiel pour le français s’explique inévitablement lorsque l’on sait pertinemment que ce sont plutôt des visées idéologiques qui ont caractérisées l’introduction de l’anglais en 1994 comme une « soi disant » option dans le primaire mais qui est de toute évidence en concurrence avec le français. Maîtriser cette langue est donc un acquis qu’il serait regrettable de perdre, surtout lorsque l’on sait qu’il permet un accès au modernisme. En effet , le français est incontestablement une des langues qui permet d’accéder à Internet. N’oublions pas que nous nous situons aux portes de l’Europe et que l’évolution de la technique , la science, la vie économique, sociale et culturelle exige une maîtrise parfaite du français. C’est ainsi que dans les ministères techniques les rapports sont écrits en français.

C’est pourquoi, une révision du système éducatif qui constitue la base de tout développement doit se faire inévitablement. En effet, il devient urgent de revoir le contenu des programmes, le niveau, la qualité de l’enseignement à tous les niveaux pour pouvoir se mettre sur le même plan que les sociétés avancées. Car « ces exigences vitales sont dictées par les impératifs de la globalisation de la vie moderne et ses complexités ainsi que par les exigences de la modernité ». Nous ne pouvons nier le fait qu’une approche du monde scientifique ne peut se faire sans la possession de plusieurs langues. En conséquence , nous devons adopter une attitude de tolérance vis à vis de la langue française, car c’est non seulement une façon de « penser le plurilinguisme » mais c’est aussi une manière de « penser l’universalisme ».

Conclusion

Pour conclure nous dirons que notre objectif a été de montrer que la francophonie en Algérie n’est pas un mythe mais, au contraire, est une réalité et que cet outil qu’est le français est non seulement une richesse qu’il serait dommage de dilapider mais qui fait également partie intégrante du paysage linguistique algérien. N’avons - nous pas souvent entendu dire, selon Kateb Yacine, que « Tôt ou tard, le peuple s’empare de cette langue, de cette culture et il en fait des armes à longue portée de sa libération » . Nous devons adopter une attitude positive vis à vis de la langue française. C’est pourquoi. même certains écrivains arabophones croyant en la « dimension multilinguistique de l’Algérie » considèrent que l’exclusion de la langue française du paysage linguistique de l’Algérie est une forme d’obscurantisme et de fermeture vers le monde extérieur, non pas que la langue arabe est une langue morte, mais parce que le français a permis et permettrait un accès à la modernité. Nous pouvons observer le fait que des écrivains algériens écrivent leurs livres en français car il le considère comme une langue algérienne. Nous pouvons donc dire que l’Algérie est un pays francophone de fait. Nous ne comprenons donc pas cet acharnement à vouloir supprimer une langue qui apporte tant dans tous les secteurs, comme nous l’avons souligné plus haut.

Ne faudrait - il pas plutôt revoir le statut du français dans la société algérienne et ce dans tous les domaines et en particulier à l’école qui est, ne l’oublions pas, le pilier d’une nation ? Ne faudrait-il pas en fait voir le bilinguisme comme une richesse ?

Le fait que nous comptons un grand nombre de francophones et que nous considérons qu’il faille adopter une attitude de tolérance vis à vis de la francophonie, ne serait-il pas alors plus subtil de retenir - dans le cadre d’une réforme de l’école algérienne,- un vrai bilinguisme qui viserait ainsi à accroître des compétences linguistiques identiques dans les deux langues afin que le futur universitaire soit prédisposé aux études supérieures.

Si nous devions qualifier globalement notre francophonie nous dirions qu’une partie de la population algérienne sont des « francophones occasionnels » puisqu’ils font appel au français dans certaines situations de communication pour glisser ensuite à leur langue maternelle. Néanmoins, il ne faut pas perdre de vue également que les « francophones réels » existent dans le paysage sociolinguistique algérien et particulièrement dans certains milieux socioculturels favorisés, où il est vrai que le français y domine tout particulièrement, ainsi que dans d’importants secteurs du monde du travail. En outre, si beaucoup de locuteurs algériens possèdent une certaine connaissance de cette langue, il est question en règle générale d’une connaissance passive et qui va rarement à une maîtrise totale. Ce constat contribue donc à considérer que la Francophonie en Algérie n’est aucunement un mythe mais bien au contraire une réalité que nous ne pouvons nier .

Spoiler:
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Sujet / Message Re: Situation linguistique en Algérie

Message par Syfou le Jeu 13 Jan - 23:22

LE RÔLE ET LA PLACE DU FRANÇAIS DANS LE SYSTÈME ÉDUCATIF ALGÉRIEN

La situation sociolinguistique

Le débat sur le statut des langues soulève des enjeux qui sortent du cadre de la
planification linguistique stricto sensu. Il est marqué désormais de considérations
idéologiques. Cette absence de lisibilité réside notamment dans les principes selon
lesquels sont posées les assises de l’aménagement linguistique dans le pays. Le discours
officiel épilinguistique se situe en décalage avec la réalité sociolinguistique. Cette
contradiction se retrouve particulièrement dans les textes de loi relatifs à la
généralisation de l’utilisation de la langue arabe avec de nombreuses références à
l’appartenance idéologique à la Nation arabe. "Le peuple algérien se rattache à la patrie
arabe dont il est un élément indissociable. (…) se sont ajoutés progressivement à partir
du VIIème siècle, les autres éléments constitutifs de la nation algérienne, à savoir son
unité culturelle, linguistique et spirituelle (…), l’islam et la culture arabe étaient un cadre
à la fois universel et national" (Charte Nationale de 1976, titre premier).
La première Constitution (8 septembre 1963) de l’Algérie indépendante stipule
que "L’islam est la religion de l’Etat".
Cette orientation politique qui caractérise la mise en place des premières
institutions a engendré infailliblement une situation de crise, et l’Etat s’est révélé
vulnérable face aux fondamentalistes religieux qui, au nom de cette double légitimité
historique et constitutionnelle, réclament l’application des préceptes de l’islam (le retour
à la charia) et l’instauration d’un Etat islamique ! Le référent religieux est devenu et
demeure encore une constante de tous les régimes qui se sont succédés en Algérie. Cette
position trouve en partie son explication dans l’histoire même de l’Algérie. Tout s’est
joué semble-t-il autour du concept de nation, c'est-à-dire autour de la nécessité devant
laquelle se sont trouvés les Algériens d’affirmer leur existence en tant qu’Etat souverain
face à un occupant qui a oeuvré à la liquidation de l’identité et des langues autochtones.
La langue arabe avait une graphie et une riche littérature et pourtant l’Etat colonial n’a
ménagé aucun effort pour anéantir et détruire les structures scolaires existantes. La
langue française est décrétée comme seule langue officielle à l’exclusion de toute autre.

Lire la suite sur:http://www.unice.fr/ILF-CNRS/ofcaf/23/AREZKI%20Abdenour.pdf

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Sujet / Message Re: Situation linguistique en Algérie

Message par Syfou le Jeu 13 Jan - 23:40

Données démolinguistiques

La population de l'Algérie était estimée à 34,8 millions d'habitants en 2008. Elle se composait de deux groupes ethniques importants: les Berbères et les Arabes. La plupart des Algériens descendent de ces deux ethnies. L'islam (sunnite), pratiqué par près de 99 % de la population, unifie le peuple algérien; les autres sont des catholiques d'origine française ou des juifs. Il est cependant difficile de déterminer la répartition exacte des Arabes et des Berbères, tant leur population a été mêlée au cours de l'histoire. Historiquement, les Berbères (appelés qabaïl en arabe) forment la plus ancienne des communautés d'Afrique du Nord et plusieurs traits de leur civilisation sont en continuité avec ceux des cultures préhistoriques. Ils occupèrent toute la côte d'Afrique du Nord, entre l'Égypte et l'océan Atlantique. Ce n'est que lors de la conquête arabe au VIIe siècle que les Arabes prirent place aux côté des Berbères des plaines. On sait que pratiquement tous les Berbères se sont islamisés, mais ceux habitant les montagnes ne se sont jamais arabisés. La langue maternelle de la grande majorité des Algériens est un parler populaire le «darija», qui signifie littéralement «langue courante» (à plusieurs variétés mutuellement intelligibles) ou le berbère (tamazight), la langue «autochtone». Les recensements sur une base linguistique, ethnique ou religieuse étant interdits en Algérie, il est malaisé de connaître le nombre exact d’arabophones et de berbérophones.


Les arabophones

Aujourd'hui, la majorité des Algériens sont arabophones dans une proportion de 72 %. Parmi les Arabophones, c'est l'arabe algérien qui dominent nettement avec 60 % de la population totale et 83,2 % des arabophones. Les autres arabophones parlent le hassaniyya (11,3 %), l'arabe marocain (0,4 %), l'arabe du Sahara (0,1 %), l'arabe égyptien, voire l'arabe irakien. Toutes les variétés d'arabe appartiennent au groupe sémitique de la famille chamito-sémitique.

- L'arabe dialectal

Mais tous les arabophones d'Algérie parlent l'arabe dialectal ou l'arabe dit algérien (ou ses diverses variétés) pour communiquer entre eux. Autrement dit, à l'oral, c'est l'arabe algérien qui sert de langue véhiculaire, mais à l'écrit, c'est l'arabe classique.

Cependant, quand on parle d'arabe algérien, il faut comprendre qu'il s'agit de diverses variétés d'arabe local, car l'arabe algérien unifié n'existe pas. Il existe donc de nombreuses variétés d'arabes algériens. Rappelons que les nombreuses variétés d'arabe algérien sont influencées de façon hétérogène par d'autres langues (par exemple, le berbère, le français, l'espagnol, le turc, l'italien, etc.). Ainsi, on peut distinguer l'arabe algérois (surtout influencé par le berbère et le turc), l'arabe oranais (influencé par l'espagnol), l'arabe constantinois (influencé par l'italien), l'arabe tlemcenien (influencé par l'arabe andalou), etc., lesquels sont sensiblement différents par le lexique, la prononciation ou la grammaire. Il est même parfois difficile de se faire comprendre entre locuteurs provenant de différentes régions.
En fait, l'Algérie est le pays arabe dont la composition linguistique est la plus diversifiée. Cela signifie que, lorsqu'on parle d'arabe algérien, il faut se souvenir que celui-ci n'est pas uniforme, mais le fait qu'il existe des volumes pour apprendre l'arabe algérien (L'arabe algérien de poche) témoigne de la vitalité de cette variété d'arabe.

Cet arabe dialectal ou arabe algérien est aussi appelé wattani («l'arabe de la nation algérienne») ou darija («langue courante») ou encore maghribi, que l’on parle en Algérie est particulier.

Dans sa forme actuelle, cet arabe algérien reflète les différentes étapes qu'il a vécues au cours de son histoire. Au point de vue lexical, on note la présence de mots berbères tels que aïreuj («passoire»), aghhtal («escargot»), asselwan («suie»), khemmal («nettoyer»), etc., et un grand nombre d'autres mots puisés dans le vocabulaire de l'agriculture, l'élevage et la toponymie. Des mots comme tebsi («assiette»), ma'adnous («persil»), braniya («aubergine»), boukraj («bouilloire»), etc., témoignent de l'influence du turc dans l'arabe algérien. Avant l'arrivée des Français, des mots espagnols sont entrés dans la langue, par exemple, fitchta («fête»), sberdina («espadrille»), bodjado («avocat»), kanasta («panier»), essekouila («école primaire»), etc.

Évidemment, le français a laissé un bon fonds lexical qui illustre la capacité d'adaptation de l'arabe algérien: funara («foulard»), tcheuzina («cuisine»), miziriya («misère»), zarata («il a déserté»), etc. Pour un Algérien, tous ces mots «étrangers» sont arabes au même titre que les mots cible (< allemand), bizarre (< espagnol), police (
Le célèbre humoriste et comédien algérien, Mohamed Fellag, décrit ainsi sa langue: «L'algérien de la rue est une langue trilingue, un mélange de français, d'arabe et de kabyle.» Dans un entretien, il déclarait aussi:

C'est ma langue le mélange des trois langues, c'est ma langue; c'est ça que je parle naturellement, et elle est comprise naturellement, parce que le public est comme moi, que ce soit au marché, dans la rue, dans le bus ou dans les milieux scientifiques, les gens parlent comme ça! [...] Moi, je suis contre tous les purismes, je suis pour le mélange, je suis pour l'utilisation libre de toute contrainte. Je ne suis pas linguiste, mais je pense que c'est comme ça que les langues sont faites, en se mélangeant à d'autres langues. Travailler ces langues, ça m'amuse aussi; c'est riche, on s'adapte tout de suite; un mot qui manque en arabe dialectal, hop! on le prend au français et on le conjugue en arabe, on le triture et on en fait un mot. Un ami kabyle m'a raconté une discussion sur la langue qu'il a eue avec sa mère; il lui disait: tu sais en kabyle il y a beaucoup de mots arabe et français ; par exemple, jami, c'est du français, et sa mère qui lui dit: «jami de la vie», jami, c'est du kabyle, je l'ai toujours dit; elle l'avait intégré.

Mais l'arabe algérien n'est en général pas très prisé par le pouvoir. Il est souvent qualifié comme un «charabia» incapable de véhiculer une «culture supérieure». En 1993, le critique égyptien Taha Husain avait écrit à propos de l'arabe algérien: «Le dialectal ne mérite pas le nom de langue et ne convient pas aux objectifs de la vie intellectuelle.» Évidemment, ce n'est pas la réalité. Ce genre de préjugé est courant dans tout le monde arabe, non seulement en Algérie.

L'ancien président algérien, Houari Boumédiène (du 19 juin 1965 au 27 décembre 1978), avait adopté à l'égard de l'arabe algérien une aversion viscérale qu'il avait puisé dans l'enseignement des oulémas, ces théologiens sunnites conservateurs. Abdelhamid Ben Badis (1889-1940), le fondateur de l'Association des oulémas musulmans algériens, associait l'arabe algérien à la «langue du marché» : «Le langage utilisé par les ''langues au marché'', sur les chemins et tous autres lieux populaires fréquentés par la masse ne peut pas être confondu avec le langage des plumes et du papier, des cahiers et des études, bref d'une élite.» Ces propos sont influencés par le nationalisme linguistique des Proche-Orientaux. Les oulémas ont élaboré un vocabulaire particulier pour désigner le peuple: Salafat al'amma («la masse abjecte»), Al-ra'iyya («les sujets»), Al-sùqa («les gens du marché»), Al-ça'âlik («les hommes de la rue»), etc. Pour les oulémas, El'amiya («le dialecte») désigne la langue de l'El'amma («le menu peuple») par opposition à la langue riche, savante et aristocratique de l'arabe classique. Ce vocabulaire permet ainsi aux élites de se distinguer du menu peuple et de montrer leur supériorité.

En général, les arabophones algériens n’ont aucun problème à communiquer en arabe algérien avec ceux du Maroc (arabe marocain), de la Tunisie (arabe tunisien) ou de la Libye (arabe libyen), mais il leur est plus malaisé de communiquer avec les arabophones de pays plus éloignés au Proche-Orient tels que la Syrie, l'Irak ou la Jordanie. Comme en Algérie, l'arabe dialectal de tous ces pays n'est pas uniforme: il varie selon les régions, les villes, etc.

L'arabe classique

Quant à l'arabe classique, appelé aussi qawmi, seule une partie de la population (environ la moitié), celle qui est la plus scolarisée, a accès à cet arabe officiel appris à l'école et employé généralement comme langue seconde. L'Algérien moyen est souvent incapable de saisir le sens réel des informations radiophoniques ou télévisées diffusées en arabe officiel. Pour beaucoup d'Algériens, cet arabe écrit est artificiel à l'oral et ne correspond pas à leur véritable langue. L'humoriste Mohamed Fellag cite sa mère qui lui dit en entendant le président Bouteflika à la télé: «Il a l'air bien ce monsieur, mais c'est dommage qu'il ne parle pas l'arabe!»

Les berbérophones

Par ailleurs, près du tiers, soit 8,8 millions des Algérien (représentant ainsi 27,4 % de la population) parlent l'une des variantes du berbère, une autre langue chamito-sémitique, mais appartenant au groupe berbère: le kabyle, le tamazight, le chaouïa (shawiya), le mzab, le mozabique, le tshalhit, le touareg, le tarifit, le tumzabt, etc. Les berbérophones forment diverses communautés telles que les Kabyles, les Chaouïas, les Zénètes, les Mozabites, les Touaregs, etc.

Les berbérophones sont regroupés surtout près de la capitale, Alger, et au centre du pays; on trouve aussi quelques communautés éparpillées dans le Sud. Soulignons également que les Berbères sont présents dans les pays voisins (Maroc, Tunisie, Mauritanie, Mali, Libye, etc.).

En Algérie, les berbérophones se sont donné comme nom Imazighen (au pluriel); au singulier, c’est le terme Amazigh (berbère) qui est employé. Le mot tamazight désigne leur langue (berbère) et Tamazgha le territoire auquel ils appartiennent (la Berbérie).

Les berbérophones utilisent une écriture particulière (le tifinagh) pour transcrire leur langue tout en recourant aussi à l'alphabet latin. Or, pour beaucoup d'arabophones islamistes, l'alphabet latin, qui a la fâcheuse coïncidence de ressembler au français, peut paraître comme un insulte au caractère officiellement arabo-musulman du pays.





L'alphabet utilisé par les berbérophones est complexe et encore peu uniformisé. À la fin des années soixante, l'Académie berbère s'est formée en Algérie afin de proposer un alphabet normalisé sur la base des alphabets déjà utilisés ailleurs, notamment au Maroc. L'Académie berbère voulait faire revivre cet alphabet et le faire utiliser par l'ensemble des locuteurs des différentes variétés berbères. Les berbérophones algériens utilisaient jusqu'alors l'alphabet latin pour écrire leur langue.



L’alphabet tifinagh comporte 33 lettres et ne représente aucune des données phoniques d’aucun parler particulier, car il est conçu pour écrire l’amazigh standard. La particularité de cet alphabet est de neutraliser dans la langue écrite les traits phonétiques à caractère particulier. Le sens de la lecture et l’écriture tifinaghe est orienté vers la droite. En ce qui a trait à cet alphabet, on peut consulter le site de Monde berbère.com en cliquant ICI, s.v.p.

Toutefois, les Berbères ne sont pas tous d'accord sur la graphie tifinaghe, laquelle est à base d'alphabet arabe. L'Association Tamazgha lutte pour la reconnaissance des droits identitaires, linguistiques, politiques et sociaux des berbérophones de tous les pays. Ainsi, l'Association tamazgha accuse l’Institut royal de la culture amazighe (IRCAM) du Maroc de «complot visant à freiner l'usage de la graphie gréco-latine largement diffusée». Il s'agirait d'une «stratégie pour propulser l'usage de la graphie arabe, en vue de l'imposer par l'usage». Dans un contexte où l'arabisation est une affaire d'État et où le tamazight a longtemps été combattu par l'État, l'usage de la graphie arabe jouerait en faveur de l'arabisation. Pour l'Association Tamazgha, il ne faudrait pas voir dans l'adoption de la graphie tifinaghe un geste en faveur du tamazight. Rappelons que l'écriture tifinaghe est vieille de trois mille ans et qu'elle a été utilisée à des fins décoratives et artistiques en Égypte, au Niger, au Mali, au Burkina Faso et aux îles Canaries.

Les autres communautés linguistiques

Il reste quelques petites communautés parlant des langues indo-européennes et nilo-sahariennes. Parmi les langues indo-européennes, signalons le français parlé par environ 10 000 Français et 600 Juifs, ainsi que par presque environ la moitié de tous les Algériens en tant que langue seconde. Avant l'indépendance, on comptait plus d’un million de colons français en Algérie et près de 150 000 de Juifs parfois de souche très ancienne; presque tous ces gens ont quitté le pays dans les années qui ont suivi l’indépendance. En 1986, on recensait encore près de 52 000 Français en Algérie; ils étaient environ 24 500 en 1992 et étaient estimés à 8300 (dont les trois quarts possèdent la double nationalité) en 1996. L’Algérie peut être considérée, à tort ou à raison, comme «le second pays francophone du monde» avec près de 21 millions de personnes qui ont une connaissance plus ou moins grande du français, soit environ 67 % de la population (32,2 millions).

Les petites communautés linguistiques sont les Tsiganes (env. 3300) parlant leur langue indo-iranienne (le tsigane), les Hausas parlant le hausa (groupe tchadique) avec quelque 8700 locuteurs et les Belbali et les Idaksahaks parlant le tadaksahak, une langue nilo-saharienne du groupe songhaï avec quelque 1800 locuteurs.

En ce qui a trait à la religion, la Constitution de 1989 (et celle de 1996) a proclamé l'islam religion d'État. La très grande majorité des Algériens sont de religion musulmane sunnite, pour la plupart de rite malékite.


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Sujet / Message Re: Situation linguistique en Algérie

Message par Daûphin_zz_47 le Dim 13 Mai - 15:21


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Sujet / Message Re: Situation linguistique en Algérie

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