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Insurrection de Budapest

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Sujet / Message Insurrection de Budapest

Message par Syfou le Mer 9 Fév - 18:36

Insurrection de Budapest



Le mouvement hongrois d’octobre 1956 fut une insurrection, voire une révolution. Ce fut un soulèvement spontané, sans dirigeants, authentique mouvement de masse uni par la haine du régime stalinien et par une volonté d’améliorer la situation sociale. L’enquête menée par le Comité spécial de l’ONU sur la Hongrie en 1957 conclut son rapport en disant que le « soulèvement hongrois a eu un caractère non seulement national, mais aussi spontané ». L’agitation des écrivains, des étudiants et des journalistes prouve une émancipation progressive vis-à-vis du Parti des travailleurs hongrois (le parti unique), ainsi qu’une désagrégation du système totalitaire.

Les intellectuels qui se battaient pour la réforme n’ont jamais imaginé un tel cataclysme, un bouleversement aussi violent, une remise en question de la totalité des institutions et encore moins une opposition armée à la domination de l’Union soviétique. En octobre 1956, le peuple hongrois se soulève contre le despotisme soviétique. Pendant dix jours, il s’est senti libre et a exercé cette liberté ; les ouvriers ont notamment formé des conseils qui ont pris en main la gestion des entreprises. C'est une centaine de conseils ouvriers qui se sont créés dans tout le pays. Les programmes diffèrent, mais ont des points communs : l'abolition de l'ÁVH (police secrète), le retrait des Russes, les libertés politique et syndicale, la gestion ouvrière des usines et l'amnistie.

Mais l’insurrection hongroise est rapidement écrasée par les chars soviétiques sans que la réprobation internationale n'aille plus loin que le seul discours indigné. La coexistence pacifique, en effet, induit tacitement pour la paix mondiale le non-engagement de chacune des deux superpuissances dans ce que l'autre considère comme sa "zone d'influence". La Hongrie étant considérée par tous (et à juste titre) comme située dans la zone d'influence de l'URSS, une réaction militaire des États-Unis ou de ses alliés aurait immédiatement été perçue comme une ingérence intolérable par les Soviétiques. Ingérence dont les nations occidentales se sont bien gardés, "abandonnant" la Hongrie à son sort plutôt que de prendre le risque de l'escalade dans ce qui aurait pu devenir une "crise" internationale (et non plus seulement interne au Bloc de l'Est comme ce fut effectivement le cas) alors que la crise du canal de Suez occupait déjà les Chancelleries.

Hongrie : de l’euphorie à l’explosion
Fronde et révolte des intellectuels

La mort de Staline, le 5 mars 1953 provoque une série d’évènements en Pologne, qui conduisent à la révolte hongroise. Les révélations du XXe congrès du parti communiste soviétique à la fin février 1956, sur la dénonciation par Khrouchtchev des crimes de Staline, ouvrent la voie d’une contestation politique plus large, au grand jour. La Pologne se libéralise petit à petit, suite à une série de révoltes dans le pays. Le Comité central intègre dans le Bureau politique plusieurs personnalités voulant plus de liberté. Le 23 octobre, Gomulka, nouveau dirigeant d’une Pologne en marche vers la libéralisation, prononce un discours expliquant à 300 000 personnes rassemblées sur la place de la Culture les réformes qui vont être mises en place.

Le 23 octobre polonais a des répercussions en Hongrie. Les Hongrois réclament la même chose que les Polonais, à savoir le rejet définitif du stalinisme, le retrait des troupes soviétiques, la démocratisation du pays, une remise en ordre de l’économie et l’indépendance du pays.

À l'instar de Gomulka, Imre Nagy réclame le droit pour la Hongrie de choisir sa propre voie conduisant au socialisme. Imre Nagy est un personnage central de l’insurrection. Il s’empare de l’agitation de la capitale pour annoncer un programme de reconstruction économique qui tiendrait compte des revendications des ouvriers, des paysans et des intellectuels. Il annonce également la décision de demander des comptes au tyran, Mátyás Rákosi, renvoyé en juillet, ainsi qu’aux autres responsables de la terreur de 1949 à 1952.

Le tournant : les seize revendications des étudiants et les dix points du Cercle Petöfi

Mais l’agitation des étudiants, ouverts à des idées plus radicales, avait débuté dès le 19 octobre. Le ministre de l’Éducation déclare envisager la suppression de l’étude obligatoire du russe et une série d’autres réformes. Cette déclaration est suivie de manifestations étudiantes dans toute la Hongrie, notamment à Szeged où, le 20 octobre, 200 étudiants créent une organisation indépendante sous le nom de « Fédération hongroise des associations d’étudiants des universités et des collèges ». Le mouvement s’étend à Budapest ou les étudiants se réunissent et affirment leur solidarité avec la jeunesse et les travailleurs polonais.

La réunion décisive est celle qui se tient à l’Université technique le 22 octobre. Elle avait pour but de définir une série de revendications à caractère purement universitaire telles que la diminution de cours sur le marxisme, le léninisme, l’introduction de cours d’allemand, d’anglais, de français et pas seulement du russe ; 5 000 personnes y assistent. Les étudiants formulent et adoptent un programme visant à rétablir la démocratie en Hongrie dans l’esprit de la révolution de 1848, et à garantir le respect des droits de l’homme conformément à la Charte des Nations unies et à la Déclaration universelle des droits de l'homme. Ce programme serait soumis au gouvernement. Les participants demandent en outre l'accession au pouvoir d’Imre Nagy.

En début de soirée du 22 octobre, les objectifs de la révolution hongroise sont plus ou moins formulés par les étudiants et réunis sous la forme d’une liste : les 16 revendications des étudiants. Au cours de cette réunion, un représentant de l’Union des écrivains propose d’organiser une cérémonie commémorative devant la statue du général Bem, héros national d’origine polonaise, qui s’est battu aux côtés des Hongrois en 1848-1849. Ils allèrent donc déposer une couronne en l’honneur de la lutte de la Pologne pour son indépendance. Les étudiants de l’Université technique décident d’inviter les autres étudiants et les ouvriers des usines. « Nous voulons une manifestation silencieuse, car seules les manifestations silencieuses, paisibles et ordonnées nous permettront d’atteindre nos buts ».

La déclaration des étudiants allait beaucoup plus loin que celle formulée simultanément par les dirigeants d’un autre foyer d’opposition, le cercle Petöfi (fondé en avril 1956 par des étudiants des Jeunesses communistes, centre important de diffusion de critiques et de débats : pamphlets clandestins, revues littéraires…), dans une résolution en 10 points. Le cercle Petöfi est nommé d’après le grand poète du XIXe siècle, promoteur de la révolution de 1848. Ce cercle regroupait les jeunes intellectuels acquis à la réforme et qui se préparent à la carrière politique. Les travaux de ce cercle étaient surveillés par le Comité central dont les représentants présidaient aux débats.

Face aux revendications formulées à l’annonce de la manifestation, Ernest Gerö, le premier secrétaire hésite à autoriser la manifestation du 23 octobre.

À 11 heures du matin, une annonce est faite à la radio : « afin de maintenir l’ordre public, le ministre de l’Intérieur n’autorise jusqu’à nouvel ordre aucune réunion, ni manifestation publique ». À 13 heures, le gouvernement cède, la radio annonce la levée de l’interdiction.

La manifestation partait de la statue de Petöfi pour se rendre à la statue du général Bem. Une dizaine de milliers de personnes participent, principalement des étudiants, des ouvriers, des soldats, les drapeaux hongrois flottent sans le symbole de la faucille et du marteau.

Arrivée à la statue du général Bem, la foule ne se disperse pas et avance vers le Parlement. À 18 heures, 200 000 à 300 000 personnes s’amassent devant le Parlement et réclament l’extinction de l’étoile rouge sur le Parlement ainsi que le retour d’Imre Nagy au pouvoir.

À 2 heures 30 du matin, la statue de Staline tombe. Gerö prononce un discours pour essayer d’apaiser la foule mais il ne parvient qu’à l’exaspérer. Dans la nuit du 23 au 24, la manifestation glisse vers le soulèvement.

Le Comité central se réunit et prend deux décisions. Il désigne Imre Nagy comme président du Conseil et fait appel à l’aide des troupes russes casernées près de la capitale, pour rétablir l’ordre, et proclame l’état de siège et la loi martiale.

Les dix jours de sang et d’espoir
Imre Nagy : l’espoir des intellectuels

« Le travail des intellectuels et les intellectuels en général, mais surtout les anciens, ne jouissent pas de l’estime qui leur revient. Les intellectuels sont souvent entourés d’une atmosphère de méfiance, ce qui aboutit à une mise à l’écart de certains d’entre eux, alors que, dans presque tous les domaines de notre vie économique, culturelle et scientifique nous manquons d’intellectuels disposant de l’expérience et de la formation nécessaire » déclara Imre Nagy dans son discours-programme du 4 juillet 1953.

Imre Nagy emploie le terme d’intellectuels dans un sens très large, qui comprend l’ensemble de la classe moyenne cultivée, des gens ayant une formation universitaire. Le régime n’accordait aucune confiance à cette classe et Rákosi mit l’accent sur la nécessité de remplacer l’ancienne intelligentsia par une nouvelle couche d’intellectuels et de techniciens prélevée dans les rangs de la jeunesse ouvrière et paysanne. Les intellectuels qui ne se réfugient pas à l’étranger sont limogés, « épurés », incarcérés et internés dès 1951.

Après le XXe Congrès, un ami d’Imre Nagy, Géza Losonczy, se fit le porte-parole, au cours des réunions du Cercle de Petöfi et dans le journal du Parti (Szabad Nép), de cette intelligentsia brimée dont il réclamait la réhabilitation en tant que couche sociale.

Cette volonté de renouveler l’intelligentsia pousse à la formation accélérée de nouveaux cadres pour l’industrie, le commerce, l’administration et l’enseignement. Le parti crée en un temps record des écoles secondaires professionnelles ainsi que des nouvelles universités et facultés techniques. L’agitation de 1956 a démontré l’échec du système à endoctriner et embrigader la jeunesse, les manifestations étant parties précisément de ces universités techniques.

Imre Nagy apparaît aux yeux des Hongrois comme le seul à pouvoir démocratiser le régime dit « socialiste ».

Après sa nomination comme président du Conseil, Imre Nagy tente de négocier avec l’URSS. Il obtiendra le retrait des troupes soviétiques le 28 octobre, et celui-ci s’achèvera le 31. Le 30 octobre, il abolit le système du parti unique et souhaite revenir à un gouvernement de coalition tel qu’il existait dans le pays en 1945. Le 1er novembre, la Hongrie se retire du pacte de Varsovie et Imre Nagy proclame la neutralité du pays.

L'intervention soviétique

Le 4 novembre les chars de l’Armée rouge pénètrent de nouveau à Budapest, et les troupes soviétiques ouvrent le feu. Nagy se réfugie à l’ambassade yougoslave. János Kádár, que Nagy avait nommé en remplacement de Gerö, annonce la création d’un gouvernement hongrois révolutionnaire, ouvrier et paysan. Il renoue avec l’URSS. Minutieusement préparée, la seconde intervention russe fut autrement plus efficace que la première, 200 000 hommes et 2 000 chars entrent dans le pays.

Fuyant l’arrestation ou la déportation, 200 000 personnes cherchent refuge en Occident à travers l’Autriche ou en Yougoslavie en passant le rideau de fer.

Imre Nagy est enlevé par le KGB, déporté en Roumanie, il sera jugé sous Kádár et condamné à mort et exécuté le 16 juin 1958 à Budapest.

Le bilan de la seconde intervention soviétique à Budapest a fait près de 2 000 morts et plus de 20 000 blessés à Budapest ainsi que 700 morts et environ 1 500 blessés dans la province hongroise[4] (la plupart des jeunes gens souvent les armes à la main) et 720 morts du côté des soldats soviétiques.

Réactions

La seconde et massive intervention russe souleva une immense vague de protestations à travers toute l’Europe. « Le monstrueux forfait de Budapest a mis le communisme au ban de l’humanité » a déclaré le Congrès pour la liberté de la culture qui comptait parmi ses membres Raymond Aron et Albert Camus . Selon Michel Winock, « L’intervention des chars soviétiques a désacralisé la patrie du socialisme, et relativisé le communisme. »

Le Parti communiste français approuva l'écrasement de la révolution par l'URSS, ce qui nourrit un débat vif en France, comme dans le reste de l'Europe. Des intellectuels français prirent l’initiative d’une déclaration « condamnant l’emploi des canons et des chars pour briser la volonté d’indépendance du peuple hongrois ». Elle fut signée par Sartre, Simone de Beauvoir, Jacques Prévert et Claude Roy. Le cas de Sartre est assez intéressant. En effet, il s’intéressa de très près au communisme au moment même où le stalinisme, la terreur, les mensonges avaient atteint leur apogée en 1952. Il fut nommé à la présidence de France-URSS dont il démissionna en 1956. Le 8 novembre, il déclara à L’Express, « briser à regret mais entièrement ses rapports avec les écrivains soviétiques qui ne dénonçaient pas ou ne pouvaient pas dénoncer le massacre en Hongrie. ».

Au Royaume-Uni aussi, la révolution de 1956 provoqua des remous. 10 000 membres, plus d’un tiers des effectifs, quittèrent le Parti communiste de Grande-Bretagne.

En Italie, l’effet politique majeur de 1956, aura été le divorce entre le Parti communiste italien et le Parti socialiste. Cependant, les dirigeants du PC estiment que l’intervention soviétique était inévitable si l’on voulait « sauver le socialisme », et empêcher la dissidence de tout le peuple hongrois. L'actuel Président Italien, Giorgio Napolitano faisait partie du groupe ayant rédigé cette déclaration. Après 1990 et la chute de l'URSS, puis une nouvelle fois avant son élection, il s'en excusa.

En Pologne, les signes de solidarité se sont exprimés à l’égard du peuple hongrois par le biais de manifestations. Les Polonais n’ignoraient pas que le départ de l’insurrection hongroise avait été l’agitation de Varsovie.

À Rome, le pape Pie XII a donné un message de paix dans son encyclique Luctuosissimi Eventus.

Aux Jeux olympiques de Melbourne de 1956, un match de water polo entre l'Union soviétique et la Hongrie dégénère : les affrontements font plusieurs blessés. En réaction contre la répression soviétique la Suisse, l'Espagne et les Pays-Bas décident de boycotter ces JO.

Conclusion

En guise de conclusion, les mots échangés entre René Coty alors président de la République française et Paul Mathias, correspondant de Paris Match à Budapest lors de la seconde intervention des troupes soviétiques à Budapest, sont révélateurs de l’ambiance qui régnait à ce moment-là dans la capitale : « Dites-moi ce qui s’est passé là-bas. Mathias répondit : Les deux millions d’habitants de Budapest ont tout simplement oublié la peur. Et quel est leur état d’esprit aujourd’hui ? Il serait faux de parler d’un effondrement, monsieur le président ; c’est plutôt un soulèvement. Ils sont tout simplement devenus fous furieux. Toute une ville, tout un pays devenus fous d’exaspération ! »

L’insurrection de Budapest, menée par les intellectuels et les ouvriers réunis en conseils démocratiques, a échoué face à la force militaire de l’URSS. Selon Hannah Arendt : « ce fut l’éclosion spontanée du système des conseils qui donna à la révolution hongroise le cachet d’un élan authentiquement démocratique, de la lutte pour la liberté contre la domination par la violence »[8].

Cet épisode a également prouvé au monde que ce qui se passait dans les pays satellites de l’URSS ne regardait personne. L’Occident se disait pourtant prêt à aider ces pays, mais sa non-intervention a permis à l’armée soviétique de mater de manière extrêmement violente la tentative de démocratisation de la Hongrie. Les intellectuels ont essayé plusieurs voies afin de démocratiser le régime, mais l’URSS n’était pas prête à l'accepter.

Pour l'historien Eric Hobsbawm, « que l'alliance occidentale n'ait pas exploité cette crise majeure (si ce n'est à des fins de propagande) démontra la stabilité des relations Est-Ouest. Les deux camps acceptaient tacitement les limites de leurs zones d'influence respectives ».

Chronologie des événements d’octobre à décembre 1956

22 octobre : suite à l'accession au pouvoir de Gomulka en Pologne, des meetings se tiennent à l’encontre du gouvernement. Une manifestation est appelée pour le lendemain.
23 octobre : plus de 100 000 personnes manifestent à Budapest. La statue de Staline est abattue par la foule. Le Parti des travailleurs hongrois (pro-russe et resté stalinien) fait tirer sur la foule et demande l'aide de l'armée soviétique.
24 octobre : Imre Nagy (ancien membre du Parti communiste, exclu de celui-ci) est appelé à la tête du gouvernement, il a pour but de sortir son pays du Pacte de Varsovie. Il gouverne avec le nouveau secrétaire du Parti.
25 octobre : formation de conseils ouvriers pour « un socialisme démocratique ».
26 octobre : une partie de la police et de l’armée s'insurge et passe du côté des conseils, qui prennent le pouvoir dans plusieurs villes. Imre Nagy les reçoit mais leur demande de déposer les armes. Plusieurs radios sont prises par les conseils ouvriers.
27 octobre : Imre Nagy proclame la fin du parti unique. Formation d’un gouvernement de coalition.
1er novembre : la Hongrie se déclare neutre au plan international.
2 novembre : le conseil de Borsod-Miskolc demande l’élection d’un « conseil révolutionnaire national » prenant la place du parlement.
3 novembre : arrestation des dirigeants armés des insurgés.
4 novembre : les troupes soviétiques envahissent la Hongrie. János Kádár prend la tête d'un gouvernement pro-russe. Grève générale contre l’intervention militaire. Combats dans tout le pays.
15 novembre : Radio-Rajk, qui est aux mains des insurgés, proclame : « Les canons russes ont ruiné en Hongrie la démocratie et le communisme. Camarades, tout vrai communiste hongrois a sa place maintenant aux barricades ! ». Le même jour, fin des combats, victoire militaire des troupes russes. La révolte est matée.
21 novembre : l’armée russe empêche la réunion des délégués des conseils ouvriers, qui devait se tenir à Budapest.
22 novembre : Imre Nagy est arrêté par les troupes soviétiques. Il sera pendu le 16 juin 1958.
5 décembre : les membres des conseils sont arrêtés en masse.
9 décembre : le gouvernement commence à dissoudre les conseils ouvriers.
17 décembre : début des condamnations à mort contre les participants à l’insurrection.

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