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Révolution espagnole

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Sujet / Message Révolution espagnole

Message par Sphinx le Dim 22 Mai - 20:06

Révolution espagnole

Révolution de 1868

La Révolution de 1868 (aussi connue en espagnol comme La Gloriosa [La Glorieuse] ou La septembrina [celle de septembre]) fut un soulèvement révolutionnaire qui eut lieu en septembre 1868 et qui détrôna la reine Isabelle II. Les six années qui suivirent cette révolution sont nommées Sexenio Democrático dans l'historiographie espagnole.
Exilée en France, Isabelle II n'abdique qu'en 1870. Le duc Amédée de Savoie est choisi pour lui succéder mais il abdique dès 1873, après un règne de seulement deux ans et demi. Devant la situation inextricable, la République est proclamée le 11 février 1873.

Contexte historique

Au milieu des années 1860, le mécontentement à l'égard du régime monarchique d'Isabelle II dans les milieux populaires, politiques et militaires était criant. Le modérantisme espagnol, au pouvoir depuis 1845 connaissait une importante crise interne et n'avait pas su résoudre les problèmes du pays. Il y avait une grave crise économique (encore renforcée par les lourdes pertes humaines de la Guerre hispano-sud-américaine), et de toute part proliféraient les pronunciamientos, comme celui mené en 1868 par Juan Prim ou le soulèvement des sergents de San Gil la même année. En exil, libéraux et républicains parvinrent à des accords à Ostende (1866) et à Bruxelles (1867) pour fomenter davantage encore de troubles qui conduiraient à un changement drastique du système de gouvernement, non plus seulement pour remplacer le président Narváez, mais bien avec l'objectif ultime de renverser Isabelle II. La Reine et le régime monarchique lui-même étaient devenus le centre des critiques portant sur les principaux problèmes du pays.
À la mort de O'Donnell en 1867 se produisit un important changement: de nombreux sympatisants de l'Union Libérale adoptèrent les positions du front qui réclamait le renversement d'Isabelle II et la mise en place d'un gouvernement plus efficace pour l'Espagne.

La Révolution de septembre 1868

En septembre 1868 le temps de la couronne était compté. Les forces navales basées à Cadix, sous le commandement de Juan Bautista Topete, se mutinèrent contre le gouvernement d'Isabelle II. Le pronunciamiento se produisait à l'endroit même où le general Riego avait pris les armes contre son roi 50 ans plus tôt.
Les généraux soulevés à Cadix lancèrent le 19 septembre 1868 une proclamation solemnelle adressée au peuple espagnol dans laquelle ils déploraient l'état où se trouvait le pays (corruption, manque de légitimité des autorités, censure de la presse etc.) et se présentaient comme la véritable incarnation des aspirations populaires. Cette proclamation était signée par Joan Prim, Domingo Dulce, Francisco Serrano, Ramón Nouvillas, Rafael Primo de Rivera, Antonio Caballero de Rodas et Juan Topete.
Elle mettait en évidence l'existence des nombreuses forces en jeu: si les militaires, pour leur part, se disaient monarchistes et ne prétendaient rien d'autre que changer la Constitution et le monarque, les Juntes, plus radicales, ne cachaient pas leur intention de réussir une véritable révolution bourgeoise, basée sur le principe de souveraineté nationale. Il convient de signaler également la participation de groupes paysans andalous, qui aspiraient à la Révolution Sociale.
Le président Ramón María Narváez abandonna la reine, tout comme son ministre en chef Luis González Bravo. Narváez mourut cette même année, aggravant la crise dans les secteurs modérés. Les généraux Prim et Serrano dénoncèrent le gouvernement, et une grande partie de l'armée déserta et rejoignit le camp des généraux révolutionnaires à leur retour en Espagne.


Gouvernement provisoire, 1869.
Figuerola, Sagasta, Ruiz Zorrilla, Prim, Serrano, Topete,
López Ayala, Romero Ortiz et Lorenzana (photo de J. Laurent).


Le mouvement commencé en Andalousie s'étendit rapidement à d'autres zones du pays, sans que les troupes du gouvernement puissent faire face à celles des insurgés. L'appui de Barcelone et de toute la zone méditerranéenne fut décisif pour le triomphe de la Révolution. Malgré la démonstration de force de la Reine dans la Bataille d'Alcolea, les loyalistes de Pavía furent vaincus par le Général Serrano. Isabelle se vit alors condamnée à l'exil et elle regagna la France, d'où elle ne reviendrait jamais.
A partir de ce moment et durant 6 ans (1868-1874) il y eut des tentatives pour créer en Espagne un système de gouvernement révolutionnaire, connu sous le nom de Sexenio Revolucionario ou Sexenio Democrático, mais l'échec final (qui alla jusqu'à remettre en cause l'existence de l'Espagne en tant que nation) ramena les modérés au pouvoir.

La recherche d'un nouveau roi



L'esprit révolutionnaire qui avait permis de renverser le gouvernement espagnol manquait toutefois d'une ligne politique claire. La coalition de libéraux, modérés et républicains ne parvenait pas à s'accorder sur le choix d'un meilleur gouvernement pour remplacer celui d'Isabelle. Le contrôle du gouvernement passa dans un premier temps à Francisco Serrano, architecte de la précédente révolution contre la dictature d'Espartero. Au début les Cortès rejetèrent l'idée d'une république pour l'Espagne, et Serrano fut nommé Régent pendant qu'on recherchait un monarque adéquat pour mener le pays. Pendant ce temps était rédigée une constitution libérale, promulguée par les Cortes en 1869; c'était la première véritable constitution depuis la Constitution de Cadix de 1812.
La recherche d'un roi approprié devint plus que problématique pour les Cortes. Les républicains étaient au fond prêts à accepter un monarque si c'était une personne compétente et qu'il respectait la Constitution. Juan Prim, éternel opposant aux gouvernements d'Isabelle II, fut nommé régent en 1869. Il déclara notamment au cours de cette période: «Trouver un roi démocrate en Europe est aussi difficile que trouver un athée au ciel!». On alla jusqu'à envisager de désigner malgré son âge Baldomero Espartero comme roi, bien que les secteurs progressistes s'y soient opposés (finalement, et bien qu'il rejetât lui-même l'idée d'être nommé roi, il obtint six voix favorables au cours de l'élection). Beaucoup proposaient le jeune fils d'Isabelle, Alphonse (celui qui serait par la suite le roi Alphonse XII d'Espagne), mais il perdit de nombreux points car on pensait qu'il pourrait facilement être influencé par sa mère et commettre à son tour les mêmes erreurs que cette dernière. Ferdinand de Saxe-Cobourg, ancien régent du Portugal, fut également envisagé. Finalement le choix porta sur un roi italien Amédée de Savoie; son règne ne dura que 2 ans et demi, entre 1870 et 1873.
wikipedia


La révolution espagnole 1931-1939

D’emblée, certains se demanderont pourquoi nous parlons de « révolution » espagnole. Et effectivement, lorsque nous parcourons les manuels d’histoire, on évoque le plus souvent ces événements sous le terme de « guerre d’Espagne » ou « guerre civile espagnole ». Il ne s’agit cependant pas d’une simple querelle de termes ; il s’agit d’une déformation consciente de l’idéologie dominante visant à éluder tout le caractère de classe de ce conflit. C’est donc volontairement que nous utilisons le mot « révolution ». Ce mot a le mérite d’éviter tout malentendu et de mieux cerner ces événements dans leurs justes proportions.

La révolution espagnole est pour nous une expérience historique extrêmement riche en leçons. Il s’agit tout en même temps d’une confirmation éclatante de la théorie de la révolution permanente développée par Trotsky, d’une démonstration pratique, si besoin en est encore, de la faillite des méthodes anarchistes dans la lutte du mouvement ouvrier révolutionnaire, et enfin, d’un exemple de plus du rôle objectivement contre-révolutionnaire qu’a joué le stalinisme dans la lutte des classes.

Trotsky disait que l’héroïsme des travailleurs espagnols était tel qu’il eût été possible d’avoir 10 révolutions victorieuses dans la période 1931-1937. Pour exemple, on a dénombré pas moins de 113 grèves générales et 228 grèves partielles en Espagne rien qu’entre février et juillet ’36 ! Malheureusement, par le manque d’un parti révolutionnaire à même d’amener le mouvement à ses conclusions logiques, la politique du « Front Populaire » prônée par les staliniens va ouvrir la voie à 40 ans de régime fasciste pour la classe ouvrière espagnole. Il est donc plus qu’important d’étudier les leçons de cet épisode de l’histoire pour éviter de reproduire les mêmes erreurs.

L’Espagne: le maillon faible

Dans les années ’30, l’Espagne est un des maillons les plus faibles de la chaîne du capitalisme européen. L’Espagne reste à cette époque un pays arriéré, agricole, où 70% de la population vit dans les campagnes. Dans l’ensemble du pays, la terre appartient essentiellement à la classe des propriétaires fonciers ; 50.000 d’entre eux possèdent la moitié du sol. Le poids de l’Eglise catholique espagnole donne une image assez claire de ce monde rural médiéval : à côté de la masse paysanne qui compte encore 45% d’illettrés, on dénombre plus de 80.000 prêtres, moines ou religieuses, ce qui équivaut au nombre d’élèves des écoles secondaires et dépasse de 2 fois et demi le nombre d’étudiants…Si l’Espagne a connu un « âge d’or », période de floraison et de supériorité sur le reste de l’Europe au 15è-16ème siècle, cette situation s’est transformée en son contraire suite à la perte de ses positions mondiales, celle-ci s’étant achevée au 19ème siècle par la perte des dernières colonies en Amérique du Sud.

Dans le courant du 19ème siècle et durant le 1er tiers du 20ème siècle, on assiste en Espagne à un changement continuel de régimes politiques et à des coups d’état incessants (les « pronunciamentos »), preuve de l’incapacité aussi bien des anciennes que des nouvelles classes dirigeantes de porter la société espagnole en avant. En réalité, la société de l’ancien régime n’avait pas encore fini de se décomposer que déjà la société bourgeoise commençait à ralentir. Trotsky analysait la situation comme suit : « La vie sociale de l’Espagne était condamnée à tourner dans un cercle vicieux tant qu’il n’y avait pas de classe capable de prendre entre ses mains la solution des problèmes révolutionnaires ».

Cependant, la période de la première guerre mondiale et le rôle neutre que va y jouer l’Espagne, vont amener de profonds changements dans l’économie et la structure sociale du pays, créer de nouveaux rapports de force et ouvrir de nouvelles perspectives. Cette période va en effet voir s’amorcer une industrialisation rapide du pays, et son corollaire : l’affirmation du prolétariat en tant que classe indépendante. Les années 1909, 1916, 1917, 1919 seront des années de grandes grèves générales en Espagne, mais dont les défaites successives vont préparer le terrain pour la dictature militaire bonapartiste du Général Primo de Riveira. Il s’agira par là de mettre un terme à l’agitation ouvrière et paysanne, en s’en prenant aux principales conquêtes ouvrières et aux relatives libertés démocratiques qui permettaient, dans une certaine mesure, l’organisation des ouvriers et des paysans.

Cependant, cette dictature n’assure aux classes dominantes qu’un bref répit. L’inflation galopante qui dévore les salaires et le niveau de vie, puis la crise économique de ’29 qui mine profondément la base du régime vont obliger le roi, pour préserver la monarchie, à se débarasser de Primo de Riveira en 1930. Et de la même manière, un an plus tard, les classes possédantes obligeront le roi Alfonso XIII à faire ses bagages et sacrifieront la monarchie dans le but de sauver leur propre peau ;autrement dit, dans le but de ne pas faire courir au pays le risque d’une révolution « rouge »…

La République : portier de la révolution

Le 14 avril 1931, la République est donc proclamée. Il ne s’agit toutefois que d’un changement de façade, du remplacement d’un roi par un président, d’une opération à laquelle ont recours les classes possédantes afin de bénéficier d’un nouveau sursis et de calmer les ardeurs des masses. Mais cela aura l’effet inverse : la proclamation de la République nourrit les aspirations des masses et ouvre un processus révolutionnaire qui s’étendra sur plusieurs années. Pendant toute cette période cependant, le facteur subjectif (la direction du mouvement ouvrier) restera en retard par rapport aux tâches du mouvement : c’est la faiblesse de ce facteur qui conduira le mouvement à sa perte.

L’anarchisme dispose à l’époque d’une influence beaucoup plus importante en Espagne que dans les pays industrialisés d’Europe Occidentale. La CNT (Confédération Nationale du Travail), de tendance anarcho-syndicaliste, rassemble autour d’elle les éléments les plus combatifs du prolétariat espagnol, même si elle n’a aucune perspective et aucun programme à offrir à sa base. En 1918, elle réunit déjà plus d’un million de syndiqués. Cette prépondérance des anarchistes en Espagne s’explique par plusieurs raisons :
- le rôle de premier plan qu’a joué la CNT dans l’organisation de la grève générale insurectionnelle de 1917 - l’inconsistance du Parti Communiste Espagnol, qui sera affaibli tant par la répression systématique qu’il subit sous la dictature que par sa politique sectaire qui l’isole des masses. En effet, à partir de ’24, le PCE subit le même sort que tous les PC, soumis mécaniquement aux ordres et zigzags de la bureaucratie stalinienne en URSS. Pour exemple, lors de la proclamation de la République, le PCE, suivant la ligne ultra-gauche de l’Internationale, reçoit la consigne de lancer le mot d’ordre de : « A bas la République bourgeoise ! Tout le pouvoir aux soviets ! » dans un pays et à une période où il n’existe pas l’ombre d’un soviet ou d’un organisme semblable. Le résultat de cette politique désastreuse est qu’en avril ’31, moment de l’avènement de la République, le PCE ne compte pas plus de 800 membres dans l’ensemble de l’Espagne.

Le premier gouvernement républicain est formé d’une coalition entre les Socialistes et les Républicains. Ces derniers sont les principaux représentants politiques de la bourgeoisie et se caractérisent par un programme social extrêmement conservateur. Trotsky expliquait : « Les républicains espagnols voient leur idéal dans la France réactionnaire d’aujourd’hui, mais ils ne sont nullement disposés à emprunter la voie des Jacobins français, et ils n’en sont même pas capables : leur peur devant les masses est bien plus forte que leur maigre velléité de changement. » Et de fait, cette coalition républicano-socialiste, à cause de la crise mondiale du capitalisme, est bien incapable de tenir ses promesses et de réaliser les tâches élémentaires, bourgeoises, qui se posent au pays : la réforme agraire, la séparation de l’Eglise et de l’Etat, et la résolution de la question nationale. Celle-ci est particulièrement aigüe en Espagne, dans la mesure où, l’unification nationale n’étant pas arrivée à son terme, deux régions –bastions de l’industrie-, la Catalogne et le Pays Basque, manifestent de sérieuses tendances séparatistes. Cela rajoute un élément explosif au contexte de crise générale que traverse la société espagnole.

L’impuissance du nouveau gouvernement face aux problèmes historiques du pays alimente les contradictions sociales et les divergences au sein du mouvement ouvrier. Celui-ci s’engage dans une série de grèves qui sont réprimées sans ménagement. Parallèlement, la paysannerie s’engage dans des tentatives de saisir la terre, mais là aussi , la seule réponse du gouvernement est d’envoyer les troupes. La CNT, à la tête de laquelle domine le courant aventuriste, putschiste et anti-politique de la FAI ( Fédération Anarchiste Ibérique), s’engage quant à elle dans une série d’insurrections locales, éphémères et désorganisées qui sont violemment réprimées dans le sang. Quant au PC, il continue d’appliquer mécaniquement les analyses et les mots d’ordre élaborées dans le cadre de la politique dite « de la 3ème période », caractérisée par son sectarisme et son refus de l’unité ouvrière.

La définition de la social-démocratie comme « social-fasciste », qui aboutira en Allemagne à la victoire sans combat des bandes hitlériennes, est appliquée à la situation espagnole. Mais ici, les staliniens vont encore plus loin : ils étendent cette définition aux anarchistes, désormais qualifiés d’ « anarcho-fascistes » ! Il est évident que cette politique contribue davantage à les isoler.

Pendant ce temps, les communistes oppositionnels s’efforcent de promouvoir une autre politique. Sous l’impulsion d’Andrès Nin, ancien cadre de la CNT et ami personnel de Trotsky, ainsi que d’autres militants trotskistes, l’opposition de Gauche, appelée « Izquierda Comunista » (=Gauche Communiste) est créée officiellement en Espagne en 1932. A peu près à la même période se crée également le Bloc Ouvrier et Paysan, dirigé par d’anciens membres du PCE, et dont le principal dirigeant, Joacquin Maurin, ne cache pas ses tendances boukhariniennes. Ce parti refuse de prendre position entre trotskistes et staliniens, et adopte une ligne très opportuniste sur la question nationale, se déclarant « séparatiste » en Catalogne et soutenant, sans distinction, tous les mouvements indépendantistes catalans.

Le fascisme : la réaction bourgeoise en marche

Les élections d’octobre ’33 donnent l’avantage à la droite, qui profite de la faillite de la coalition socialiste-républicaine des 2 années précédentes. Pour ce nouveau gouvernement, il ne s’agit plus simplement d’une alternance de pouvoir, mais d’un début de contre-attaque contre le mouvement ouvrier, pour laquelle d’autres moyens qu’électoraux seront employés si nécessaire. Le nouveau gouvernement, présidé par un certain Lerroux, donne d’exorbitantes subventions au clergé, diminue les crédits de l’école publique, engage massivement dans la police et l’armée. Les groupes d’extrême-droite descendent dans la rue avec la protection ouverte des autorités ; les fascistes commencent à attaquer locaux et journaux ouvriers.

Mais la victoire de la droite n’est pas la seule conséquence de la politique de collaboration de classes des socialistes. Dans les rangs du PSOE, et plus particulièrement de la Jeunesse Socialiste, se dessine un courant qui remet radicalement en question la défense de la démocratie bourgeoise et l’optique réformiste de la direction. Ce développement aura d’importantes répercussions par la suite…

Après plusieurs hésitations, le gouvernement Lerroux décide d’intégrer dans son cabinet 3 membres de la CEDA, parti catholique d’extrême-droite. La CEDA est sans cesse menacée d’être débordée sur sa droite, soit par sa propre organisation de jeunesse , la Juventud de Accion Popular (J.A.P.) que dirige Ramon Serrano Suner, beau-frère de Franco, admirateur d’Hitler et de Mussolini, grand pourfendeur de « juifs, franc-maçons et marxistes », soit par la Phalange, au programme et aux méthodes typiquement fascistes, que dirige José Antonio Primo de Riveira, fils du dictateur et agent du gouvernement fasciste italien.

L’épisode de la « Commune Asturienne »

La nouvelle composition du gouvernement, comprenant 3 ministres d’extrême-droite, est considérée comme une déclaration de guerre par le mouvement ouvrier. Elle provoque sa réaction immédiate ; les travailleurs espagnols sont en effet bien décidés à ne pas subir le même sort que leurs camarades allemands et autrichiens, qui viennent de succomber sous la botte du régime nazi. L’UGT lance le mot d’ordre de grève générale, tandis que la CNT, sur le plan national, ne bouge pas. Finalement, 3 foyers insurrectionnels se déclarent : Barcelone, Valence et les Asturies. A Barcelone et à Valence, le gouvernement rétablit facilement son autorité, du fait que la CNT s’est positionné contre la grève et a ainsi brisé le front unique.

Dans les Asturies en revanche, la CNT rejoint la lutte, ce qui donne à celle-ci un autre impact. Dans tous les villages miniers se constituent des comités locaux qui prennent le pouvoir. Etant sûr de tenir le reste de l’Espagne, le gouvernement central emploie les grands moyens et écrase dans le sang ce que l’on appellera la «Commune Asturienne ». La répression est féroce : plus de 3000 travailleurs tués, 7000 blessés et plus de 40.000 emprisonnés. L’instigateur de cette répression n’est autre que Francisco Franco.

Création du POUM et entrée en scène des staliniens

Après cet épisode, on assiste à des reclassements rapides au sein du mouvement ouvrier. Trotsky préconise l’entrée de la Gauche Communiste dans le PSOE afin d’opérer la jonction avec l’aile gauche des Jeunesses Socialistes en train de se radicaliser. Nin, comme la majorité des dirigeants de la GC, refuse le conseil de Trotsky, rompt avec celui-ci et s’oriente vers une fusion avec le Bloc Ouvrier et Paysan. Cette fusion aboutira à la création du POUM (Parti Ouvrier d’Unification Marxiste) en 1935, qui compte alors quelques 8000 militants et une base ouvrière réelle, surtout en Catalogne, mais qui ne dispose pas d’un caractère national. C’est là une lourde responsabilité et une grave erreur qu’ont pris sur eux les dirigeants de l’Opposition de Gauche, laissant sans perspectives cette jeunesse socialiste qui se cherche et qui, comme le disait Trotsky, « en arrivait spontanément aux idées de la 4ème Internationale ».

Car dans le même temps, l’Internationale Communiste stalinienne opère un tournant radical à 180° et adopte une ligne complètement nouvelle lors de son 7ème congrès, préconisant la politique du Front Populaire, à savoir une coalition programmatique avec les républicains bourgeois. Rompant ainsi son isolement et jouant sur le prestige de la révolution russe dans cette période de troubles révolutionnaires, le PCE va ainsi réussir à attirer vers lui l’aile gauche du Parti Socialiste. Cela aboutit, en avril ’36, à la fusion entre la minuscule Jeunesse Communiste et la puissante organisation de la Jeunesse Socialiste, donnant naissance à la JSU (Jeunesse Socialiste Unifiée) qui constitue dès lors le levier principal de l’influence stalinienne en Espagne. En Catalogne, le PCE et le PSE fusionne carrément pour former le PSUC (Parti Socialiste Unifié de Catalogne) qui adhère, dès sa fondation, à la 3ème Internationale. De plus, le « tournant politique » de 1935 et les circonstances particulières de la guerre civile redonnent au communisme un visage attractif auquel cèderont, au moins dans un premiers temps, bien des libertaires endurcis.

Le Front Populaire : une combinaison politique pour tromper les travailleurs

A l’approche de nouvelles élections, alors que la polarisation de classes est à son plus haut niveau et que le danger fasciste se fait de plus en plus menaçant, un pacte d’alliance électorale – le futur Front Populaire- est signé entre les Républicains, le Parti Socialiste, le Parti Communiste, l’Esquerra catalane (parti nationaliste bourgeois) …et le POUM. Le programme du Front Populaire mentionnait pourtant explicitement le refus de la nationalisation des terres et des banques, le refus du contrôle ouvrier, l’adhésion à la Société des Nations,…bref, un programme qui, en toute logique compte tenu de ses principaux signataires, ne dépassait pas le cadre de la société bourgeoise. Les socialistes le qualifient d’ailleurs sans ambages de « démocratique bourgeois ».

Le Front Populaire, présenté comme une alliance nécessaire avec la soi-disante bourgeoisie « progressiste » pour constituer le front le plus large contre le fascisme, va en réalité servir à freiner l’action révolutionnaire des masses et donner un sérieux coup de pouce à la victoire du fascisme. Le rôle du Front Populaire est clairement exprimé par cette déclaration du Secrétaire Général du PC de l’époque, José Diaz : « Nous voulons juste nous battre pour une révolution démocratique avec un contenu social. Il n’est pas question de dictature du prolétariat ou de socialisme mais juste d’une lutte de la démocratie contre le fascisme ».

En réalité, la prétendue bourgeoisie « progressiste » n’existait que dans la tête des staliniens. La bourgeoisie industrielle de Catalogne avait été le plus fervent soutien à la dictature militaire de Primo de Riveira. La bourgeoisie espagnole était une bourgeoisie largement dépendante des capitaux étrangers, et entretenant des liens étroits avec l’aristocratie et les propriétaires terriens. Pour exemple, l’Eglise était simultanément le plus gros propriétaire de terres et le plus gros capitaliste du pays ! Difficile dans ces conditions d’admettre que « la bourgeoisie était dynamique et très intéressée par un changement politique. » (1). Pour tout dire, la bourgeoisie espagnole avait très bien compris que le fascisme était le seul et ultime rempart contre la montée du mouvement ouvrier. C’est pourquoi, déjà à cette époque, elle s’était rangée comme un seul homme derrière Franco…De la même manière que la montée révolutionnaire ne pouvait être véritablement vaincue que par la réaction fasciste, le fascisme ne pouvait être combattu que par la voie de la lutte révolutionnaire. Opposer un barrage légal au fascisme ne pouvait donc servir qu’à endormir les masses et à paralyser leur action ; en d’autres termes, à sauver la bourgeoisie.

Dès la victoire du Front Populaire en février ’36, la classe ouvrière va montrer dans la pratique sa détermination à aller plus loin que le programme plus que modéré de celui-ci ; autrement dit, à éclater les cadres trop étroits du succès remporté aux urnes. Sans attendre le décret d’amnistie, les travailleurs espagnols ouvrent les portes des prisons et libèrent les milliers de prisonniers de la Commune Asturienne. Des défilés monstres et des grèves éclatent dans tout le pays, pour la réintégration immédiate des ouvriers licenciés, le paiement d’arriérés de salaires aux travailleurs emprisonnés, contre la discipline du travail, pour l’augmentation des salaires et de meilleures conditions de travail. Les cheminots exigent la nationalisation des chemins de fer. A la campagne, les occupations de terre se multiplient, les fermiers refusent de payer leurs fermages. Le gouvernement de Front Populaire, lui, multiplie les appels au calme, demande aux travailleurs de « rester raisonnables afin de ne pas faire le jeu du fascisme », et reste passif, incapable d’apporter la moindre réforme digne de ce nom dans l’intérêt des ouvriers et des paysans.

De plus, même si deux généraux suspects de conspiration sont éloignés de la capitale (Franco est nommé aux Canaries, Goded aux Baléares), le gouvernement fait preuve d’une grande tolérance vis-à-vis des éléments fascistes présents dans l’armée et l’appareil d’état. « Quelles sont les mesures drastiques qui ont été prises contre les provocateurs fascistes et contre les criminels ? Aucune.», reconnaît après coup Jiminez Asua, député socialiste à Madrid en ‘36. Le contraire eût d’ailleurs été étonnant. S’attaquer aux officiers fascistes de l’armée signifiait s’attaquer à la machine d’état sur laquelle se reposait la classe dominante, avec laquelle les représentants du Front Populaire n’étaient nullement prêts à rompre.

La contre-révolution déclenche la révolution

Mais alors que le gouvernement se porte garant de la fidélité des officiers à la république, le coup d’état des Généraux se prépare dans les hautes sphères de l’armée, tandis que Hitler et Mussolini fournissent argent et armes aux fascistes espagnols. Le coup d’état militaire éclate dans la nuit du 16 au 17 juillet 1936. Le chef du gouvernement prononce alors cette phrase célèbre, nouveau témoignage de toute la détermination du Front Populaire à combattre le fascisme : « Ils se soulèvent. Très bien. Et bien moi, je vais me coucher. »

Contre toute évidence, le gouvernement nie la gravité de la situation, et refuse de distribuer des armes à la population, qui envahit par milliers les rues des grandes villes pour les réclamer. Il est clair que les politiciens bourgeois au gouvernement craignaient mille fois plus une classe ouvrière armée qu’une Espagne fasciste.

Dès lors, la classe ouvrière prend l’offensive et commence à organiser la lutte armée. Dans la plupart des grandes villes, le peuple assiège les casernes, érige des barricades dans les rues, occupe les points stratégiques. On raconte que dans certaines régions, la population laborieuse se lançait à l’assaut des bastions franquistes avec des armes de fortune tels que des canifs, couteaux de cuisine, fusils de chasse, pieds de chaise, dynamite trouvée sur les chantiers, poêles, fourches,…bref, avec tout ce qu’elle pouvait trouver, et parfois même à mains nues ! La situation est très bien décrite par Pierre Broué (2) : « Chaque fois que les organisations ouvrières se laissent paralyser par le souci de respecter la légalité républicaine, chaque fois que leurs dirigeants se contentent de la parole donnée par les officiers, ces derniers l’emportent…par contre, ces mêmes officiers sont mis en échec chaque fois que les travailleurs ont eu le temps de s’armer, chaque fois qu’ils se sont immédiatement attaqués à la destruction de l’armée en tant que telle, indépendamment des prises de position de ses chefs, ou de l’attitude des pouvoirs publics légitimes ». Bien souvent, les travailleurs peuvent compter sur le soutien ou dumoins la sympathie d’une frange importante des soldats. C’est le cas dans la marine de guerre où la quasi-totalité des officiers sont gagnés au soulèvement, mais où les marins, sous l’impulsion de militants ouvriers, se sont organisés clandestinement en « conseils de marins ». Ces derniers se mutinent ; certains, en pleine mer, exécutent les officiers qui résistent, s’emparent de tous les navires de guerre et portent ainsi au soulèvement des généraux un coup très sérieux. « Au soir du 20 juillet, sauf quelques exceptions, la situation est clarifiée. Ou bien les militaires ont vaincu, et les organisations ouvrières et paysannes sont interdites, leurs militants emprisonnés et abattus, la population laborieuse soumise à la plus féroce des terreurs blanches. Ou bien le soulèvement militaire a échoué, et les autorités de l’Etat républicain ont été balayées par les ouvriers qui ont mené le combat sous la direction de leurs organisations regroupées dans des « comités » qui s’attribuent, avec le consentement et l’appui des travailleurs en armes, tout le pouvoir. » (3)

La lutte armée ne représente effectivement qu’un aspect de ce vaste mouvement d’ensemble initié par la classe ouvrière : en réalité, la contre-révolution avait déclenché la révolution. Le putsch des chefs militaires ne réussit qu’à accélérer le processus de transformation de la société déjà commencé dans les faits. L’Espagne se couvre de comités ouvriers qui entreprennent la remise en marche de la production et la direction des affaires courantes. Pour exemple, à Barcelone, les travailleurs, dès les premiers jours, prennent en main les transports en commun, le gaz, l’électricité, le téléphone, la presse, les spectacles, les hôtels, les restaurants , et la plupart des grosses entreprises industrielles. Le même processus apparaît dans les campagnes : les paysans non plus n’avaient pas l’intention d’attendre en vain que le gouvernement légifère. Entre février et juillet ’36, la prétendue « réforme agraire » initiée par le Front Populaire avait fourni de la terre à 190.000 paysans…sur 8 millions ! (moins d’un sur 40). A ce rythme, il eût fallu plus d’un siècle pour donner de la terre à tout le monde…C’est pourquoi, rapidement, les villageois se débarassent de leurs conseils municipaux et s’empressent de s’administrer eux-mêmes. Se met alors en place un profond mouvement de collectivisation de la terre, jamais vu dans l’histoire. En Aragon, les ¾ de la terre sont collectivisés.

Grâce à cette furia et à cette combativité populaire exemplaire, non seulement l’échec de l’insurrection militaire est consommé en quelques jours, mais en outre, les masses détiennent pratiquement le pouvoir entre les mains. La situation qui se crée en Espagne n’est en effet rien d’autre qu’une situation de double-pouvoir. Lorsque les autorités se remettent de leur stupeur, elles s’aperçoivent tout simplement qu’elles n’existent plus. L’Etat, la police, l’armée, l’administration, semblent avoir perdu leur raison d’être. Le gouvernement est suspendu dans les airs et n’existe plus que par la tolérance de la direction des différents partis ouvriers. Fin juillet, les masses contrôlent 2/3 du pays. Elles exercent le pouvoir, mais celui-ci n’est pas organisé ni centralisé. Les « comités » (ou « conseils », « juntes », ou « soviets », qu’importe le nom), organes d’auto-administration de toutes les couches de la population laborieuse, et élus par celle-ci, auraient dû être élargis à chaque entreprise, chaque lieu de travail, chaque district, en y incluant la population paysanne ainsi que les milices ouvrières. Ces comités auraient dû être reliés via des délégués dans le but de former des comités locaux, régionaux, et national. Cela aurait constitué les bases d’un nouveau régime, jetant définitivement par-dessus bord le vieux gouvernement impuissant et passif : la dictature du prolétariat, Etat de type nouveau reposant sur la représentation directe des travailleurs et rompant une fois pour toute avec la « légalité bourgeoise ». Les masses voulaient abattre le capitalisme, tentaient d’imposer une politique révolutionnaire à leurs dirigeants qui étaient trop aveugles, trop malhonnêtes, trop peureux ou trop sceptiques que pour appréhender la situation correctement. Ceux-ci seront les principaux obstacles sur la voie d’une prise de pouvoir effective : la révolution va s’arrêter à mi-chemin.

Le mouvement ouvrier : analyses

Anarchistes et anarco-syndicalistes refusent d’engager une lutte pour un pouvoir dont ils ne sauraient que faire vu qu’il serait contraire à leur principe. Ils affirmeront par la suite qu’ils auraient pu prendre le pouvoir mais qu’ils ne l’ont pas fait, non parce qu’ils ne le pouvaient pas mais parce qu’ils ne le voulaient pas. Cela n’empêchera pourtant pas les anarchistes d’accepter finalement des portefeuilles dans les 2 gouvernements : celui de la Généralité de Catalogne d’abord, celui de Madrid ensuite ! Autrement dit, de collaborer à un gouvernement bourgeois et qui plus est, à un moment où sa base dans le rapport de force a disparu…On cerne ici toute la faillite de la théorie anarchiste, prise au piège de ses propres contradictions : n’ayant pas d’alternative et de stratégie pour contrer la politique de la classe dominante, les anarchistes font la politique A LA PLACE de la classe dominante. En renonçant à exercer la dictature du prolétariat, ils acceptent dans les faits à exercer la dictature...de la bourgeoisie. Comme le disait Trotsky, renoncer à la conquête du pouvoir, c’est le laisser dans les mains de ceux qui le détiennent, c’est-à-dire aux exploiteurs.

Le POUM était quant à lui l’organisation la plus honnête et la plus à gauche en Espagne. Mais bien qu’ils se dénommaient marxistes, les dirigeants du POUM resteront à la traîne des anarchistes pendant tout le conflit, et les suivront jusqu’à entrer dans le gouvernement de Catalogne avec eux. Au moment où l’heure a sonné de préparer la prise du pouvoir par les masses, Andrès Nin affirme que la dictature du prolétariat existe déjà en Espagne. Ensuite, alors que les dirigeants bourgeois profitent de la passivité des organisations ouvrières pour restaurer l’appareil d’Etat bourgeois, celui-ci devient ministre de la Justice en Catalogne. En couvrant ainsi l’aile gauche du Front Populaire, le POUM préparera la voie à sa propre destruction. Pourtant, le POUM avait d’énormes possibilités. Il était passé d’un parti de 1000-1500 membres à plus de 30.000 membres en 6 semaines. Selon certaines sources, il aurait atteint jusqu’à 60.000 membres. Proportionnellement, il était donc numériquement plus fort que le Parti Bolchévik au début de la révolution russe. Malheureusement, oscillant entre le réformisme et la révolution, le POUM commettra toute une série d’erreurs qui lui seront fatales : au lieu de faire un travail dans la CNT, syndicat le plus puissant d’Espagne, les poumistes créeront leurs propres syndicats, laissant ainsi les travailleurs de la CNT dans les mains d’une direction aveugle et minée par la bureaucratie. Au lieu de faire un travail dans l’armée, ils créeront leurs propres milices. Cherchant ainsi des raccourcis dans la lutte des classes, ils isoleront l’avant-garde de la classe et laisseront les masses sans direction.

Quant aux staliniens, il n’est sans doute pas exagéré de dire qu’ils constitueront l’avant-garde de la contre-révolution espagnole. Pendant tout le conflit, les staliniens nageront complètement à contre-courant de la dynamique révolutionnaire, allant jusqu’à nier le fait qu’une révolution prenait place en Espagne. Il est clair que le but poursuivi à l’époque par Staline dans ce pays n’était pas la victoire de la révolution, mais seulement l’assurance de se constituer de bons alliés contre l’Allemagne nazie pour la 2ème guerre mondiale qui s’annonçait. Staline ne voulait à aucun prix du triomphe d’une révolution sociale en Espagne, parce qu’elle eût exproprié les capitaux investis par l’Angleterre, alliée présumée de l’URSS dans la « ronde des démocraties » contre Hitler. D’ailleurs, les staliniens ne le cachent pas. Dans un livre écrit par Santiago Carillo, président du PCE dans les années ’70, on peut lire : « Il est clair qu’à l’époque, la bourgeoisie européenne n’aurait pas toléré qu’un petit pays comme l’Espagne puisse victorieusement porter une révolution socialiste. A cette époque, nous ne parlions pas de révolution socialiste et nous critiquions même ceux qui le faisaient, car nous voulions neutraliser les forces bourgeoises des démocraties européennes. » Ce qu’on ne précise pas dans ce passage -très instructif, au demeurant-, c’est que les staliniens ne se contentaient pas de « critiquer » ceux qui parlaient d’une révolution socialiste, mais les arrêtaient, les emprisonnaient, les torturaient dans des prisons spéciales du GPU, les assassinaient…En outre, on a beaucoup de mal à croire que les classes dominantes anglaise et française étaient assez dupes pour ne pas se rendre compte qu’une révolution était en train de menacer leurs intérêts capitalistes en Espagne, et cela du simple fait que les staliniens refusaient d’en parler !

Pour les staliniens, la lutte n’était pas entre révolution et contre-révolution mais entre démocratie et fascisme, ce qui rendait nécessaire le maintien du Front Populaire et de l’alliance avec les républicains bourgeois, le respect des institutions légales, de la démocratie parlementaire et du gouvernement. Le journal « L’Humanité » (journal du PCF) du 3 août 1936 affirmait : « Le peuple espagnol ne se bat pour l’établissement de la dictature du prolétariat mais pour un seul but : la défense de la loi et de l’ordre républicain dans le respect de la propriété. » Un argument souvent utilisé par les staliniens pour justifier la politique du Front Populaire est que celui-ci visait à « avancer un programme plus modéré capable d’attirer la petite-bourgeoisie vers le mouvement ouvrier ». S’il entendait cela, Lénine se retournerait dans sa tombe ! L’histoire du bolchévisme est l’histoire d’une guerre sans relâche contre de telles notions. Le moyen de gagner les couches moyennes à la cause du mouvement ouvrier n’est pas de lier les mains de ce dernier aux politiciens bourgeois, mais bien au contraire de faire tout pour les démasquer , de faire tout pour montrer l’incapacité de la bourgeoisie et de son système politique à résoudre la crise, de faire tout pour démontrer dans l’action que la seule issue se trouve du côté des travailleurs. En Russie en 1917, c’est cette politique de classe intransigeante qui a permis de gagner la confiance de la paysannerie et a ainsi assuré le succès de la révolution. La petite-bourgeoisie, de par sa position intermédiaire dans la société, a tendance, dans la lutte des classes, à se ranger du côté du « cheval gagnant », c’est-à-dire du côté de la classe qui se montrera la plus résolue et la plus à même de gagner la bataille. En Espagne en 1936, la politique de Front Populaire a seulement réussi à pousser la paysannerie et la petite-bourgeoisie des villes dans l’indifférence, voire dans les bras de la réaction fasciste.

La réaction « démocratique »

Dans ces conditions, les premiers succès des milices restent sans lendemain. Une machine de guerre moderne entre en action, la situation se renverse : les fascistes reprennent du terrain et procèdent à des massacres féroces. En septembre ’36, tous les comités sont dissous et remplacés par des conseils municipaux à l’image du gouvernement. Le corps des magistrats est remis en fonction, les milices placées sous le contrôle du Ministère de l’Intérieur. Les conseils de soldats qui avaient vu le jour pendant la révolution sont supprimés, les grades, les galons et l’ancien code de Justice Militaire sont remis en vigueur.

Le gouvernement, selon sa propre expression, « légalise les conquêtes révolutionnaires », ce qui constitue en réalité un moyen d’empêcher leur extension. Le coup d’arrêt porté à la révolution coïncide avec l’arrivée de l’aide matérielle russe (chars, tanks, avions…et police politique), qui s’était jusqu’ici engagée dans un pacte de « non-intervention », et l’entrée en scène, à l’initiative et sous le contrôle des différents partis communistes du monde, des « Brigades Internationales », formées de volontaires de tous pays venus combattre le fascisme.

La contre-révolution stalinienne, la défaite et son prix

La « réaction démocratique » fait ensuite place à la contre-révolution stalinienne dans toute sa cruauté, mettant la touche finale à l’étranglement de la révolution. L’Espagne devient un laboratoire pour la prochaine guerre mondiale où Staline va pouvoir démontrer aux puissances occidentales qu’il est un allié solide capable d’arrêter une révolution. Le mot d’ordre principal du PC est qu’il faut « d’abord gagner la guerre », et remettre à plus tard les questions sociales. Ce qu’il faisait mine de ne pas comprendre est qu’on ne pouvait gagner la guerre sans gagner la révolution. Il n’y avait évidemment pas de solution intermédiaire, à partir du moment où l’on admet la structure de classe de la société.

Les staliniens vont exceller dans un travail consistant concrètement à aider le fascisme à triompher. En novembre ’36, le consul général d’URSS à Barcelone dénonce le journal du POUM « vendu au fascisme international ». La presse stalinienne se déchaîne contre les révolutionnaires, le POUM est dissout et tous ses dirigeants sont arrêtés. Andrès Nin et de nombreux militants trotskistes sont exécutés par la police politique ;on les accuse d’être « des fascistes déguisés qui emploient un langage révolutionnaire pour semer la confusion » (4).

Le décret de collectivisation en Catalogne est suspendu, les propriétaires récupèrent les terres et les usines. Fin ’37, les premiers conseillers russes seront rappelés : la plupart seront à leur tour exécutés en URSS. Les envois d’armes diminuent rapidement. L’Espagne devient le théâtre d’une guerre classique où un camp se trouve en situation d’infériorité militaire et technique. Le calvaire durera jusqu’en ’39 ; il se terminera par de nombreux supplices et exécutions et par la victoire définitive de Franco.

Conclusion

Il s’est présenté en Espagne une situation révolutionnaire exceptionnellement favorable. Malheureusement, il n’y avait pas un parti révolutionnaire avec une direction capable de faire une analyse correcte de la situation, d’en tirer les conclusions nécessaires et de mener fermement les travailleurs à la prise du pouvoir. Trotsky disait que pour la solution victorieuse des tâches révolutionnaires qui se posaient à l’Espagne, il fallait trois conditions : un parti, encore un parti…et toujours un parti. Cette même conclusion peut être tirée de nombreux mouvements révolutionnaires qui jalonnent l’histoire du capitalisme. C’est pourquoi nous pensons que les leçons à tirer de cette expérience sont d’une importance cruciale et conservent toute leur actualité.

Spoiler:
(1) extrait d’une interview de Santiago Carillo, président du PCE dans les années ’70
(2) voir Pierre Broué, « La Révolution et la Guerre d’Espagne » (p.87-88)
(3) voir Pierre Broué, « La Révolution Espagnole 1931-1939 » (p.70)
(4) José Diaz, discours du 9 mai 1937, « Tres Anos de Lucha » (pp.350-366)
Source:*http://socialisme.be


Révolution espagnole de1931

Spoiler:
SUR L'HISTOIRE DE LA REVOLUTION ESPAGNOLE DE 1931 ET LE ROLE JOUE PAR LES SOCIALISTES DE DROITE ET DE GAUCHE ET LES ANARCHISTES

Quand une révolution éclate, indépendamment de son caractère - politique ou social - (le plus important, c'est que de larges masses de travailleurs y participent), et que ses guides, collectifs bien soudés ou individus disposant d'une autorité particulière auprès des travailleurs, se mettent au dessus de ces masses, ne marchent pas au même pas qu'elles, ne leur font pas confiance, en attendent quelque chose d'extraordinaire, ou bien, pire encore, veulent les subordonner en tentent de leur indiquer la "seule" voie à suivre, eh bien alors la révolution ne se développe pas assez profondément, n'arrive pas à déboucher , ni a formuler correctement les problèmes du moment à résoudre. Elle ne peut découvrir alors les moyens nouveaux et supplémentaires d'action sociale pour contrer ses ennemis et répondre aux nécessités urgentes; elle est amenée à emprunter des voies imprécises, à s'égarer parmi leurs fatals zig-zags. A ce moment-là, soit elle périt sous le coup de ceux contre qui elle était dirigée, soit elle modifie son orientation, rétrécit son cours et s'achève selon les intérêts de ses ennemis internes.

Toutes ces différentes raisons ont souvent été décisives au cours des révoltes ayant eu lieu jusqu'ici, en Europe ou ailleurs. La même chose s'est passée en Espagne. Il est vrai que la révolution espagnole de 1931 se distingue de nombreuses autres par ses aspect bien particuliers. Elle ne s'est pas déclenchée par une tempête révolutionnaire des les villes et les campagnes, mais par les urnes des bulletins de vote. Au cours de son évolution, grâce aux action des éléments de gauche, elle s'est arrachée à ces à ses premières racines et c'est placée sur les vastes espaces de l'action sociale émancipartice des travailleurs. Si elle se termine tout de même à l'avantage des élément autoritaires, et tragiquement pour le destins des travailleurs et de nombreux révolutionnaires, ainsi que pour ce qu'ils avaient pu édifier, la responsabilité en incombe dans une grande mesure aux groupement politiques espagnols de gauche. Cette issue malencontreuse est due à la responsabilité des socialistes autoritaires et des socialistes antiautoritaires, c'est à dire de nos camarades communistes libertaires et anarcho-syndicalistes.

La responsabilité des socialistes étatistes de droite consiste en ce qu'il ce sont liés dès le début avec le parti bourgeois de Zamora-Alcala. Il est vrai que les militants de base de ce parti, en particulier les ouvriers, ne voulaient pas entendre parler de cette politique, plus même ils n'étaient pas au courant des tractations cachées des 'sommets" de leur parti, menées avec la bourgeoisie pour prendre en commun le pouvoir, cela au prix du sacrifice de la révolution. Ce n'est que lorsque les ouvriers socialistes se retrouvèrent en but aux questions des autres travailleurs sur la politique de leur parti, et qu'ils ne surent quoi y répondre, que leurs dirigeants adoptèrent hypocritement des postes de paons face à la bourgeoisie, effrayérent un tantinet ses représentants, en se déclarant prêts à prendre le pouvoir tout seuls, avec le seul appui des travailleurs. Ce double jeu des dirigeants socialistes à l'égard de la révolution, mené en tenant compte malgré tout des aspirations de travailleurs représentées par les autres organisations social-révolutionnaires, amena cependant la confusion la plus complète dans l'esprit et la compréhension des travailleurs vis-à-vis de la révolution entamée, diminuant en fin de compte ce qu'il y a de meilleur et de plus combatif dans leur lutte, tout ce qui leur avait permis de remporter une victoire complète et enthousiaste sur les monarchie et sur le roi.

Les travailleurs espagnols sentirent instictivement que le temps des nouvelles et libres formes de vie sociale était arrivé. Les "sommets" socialistes de droite feignirent extérieurement de s'en féliciter, mis oeuvrèrent en fait et en secret à trahir ces aspirations, ce en quoi ils portèrent un énorme préjudice au premiers pas de la révolution.

La responsabilité des bolcheviks-communistes - les "plus à gauche des gauches" des socialistes, si l'on peut dire -, tient en ce qu'ils n'ont pas agi pour la cause de l'émancipation réelle des travailleurs, mais uniquement pour leurs sales petits intérêts de parti. Ils ont appréhendé la révolution comme un moyen à l'aide duquel ils pourraient abrutir, tout à leur aise, les têtes prolétariennes avec les promesses les plus démagogiques puis, les ayant attirés dans leur giron autoritaire, les utiliser physiquement pour instaurer leur sale dictature de parti sur le pays. Quand ils s'aperçurent que leurs manoeuvres démagogiques ne prenaient pas auprès des travailleurs, ils soudoyèrent ou bernèrent quelques éléments aventuristes afin d'organiser des manifestations violentes en y appelant les travailleurs désarmés. Toutefois, ces manifestations ne leurs amenèrent non plus aucun succès. Le sang coula abondamment durant ces défaites ouvrières, préméditées par des gens qui se trouvaient très loin de l'action. Tout cela ne fit que renforcer la coalition des socialistes de droite d'Alcala et de Zamora avec la bourgeoisie, et augmenter son pouvoir non seulement contre les "candidats dictateurs" de gauche, mais aussi contre la révolution en général.

Quant aux bolcheviks-"communistes", ils sont de la même école marxistes-léniniste que leurs congénères russes: ce ne sont que des jésuites et des traîtres à tous ceux qui luttent contre le capital et pour l'émancipation du prolétariat, sans vouloir passer sous leurs fourches caudines. Pendant la révolution espagnole de 1931 ils n'ont pas été assez forts - et ne le sont toujours pas - pour manifester cette trahison de manière évidente. Malgré cela, ils ont réussi à monter plusieurs provocations et à lancer quelques calomnies, non pas tellement contre la bourgeoisie que contre leurs adversaires politiques de gauche. Cette circonstance explique partiellement la peine que la révolution a eue pour se débarrasser des idées et des dirigeants bourgeois, car il lui a fallu combattre en même temps la démoralisation propagée par ces traîtres de "gauche". Ces dernier agissent au nom de leur dictature et non de la liberté sociale véritable, celle qui fonde la solidarité et l'égalité des opinions de tous ceux qui ont rompu radicalement avec le lourd passé d'exploitation et qui marchent vers un monde nouveau dès à présent.

La responsabilité des communistes libertaire et anarcho-syndicalistes espagnols, dans l'évolution des événements, leur incombe surtout parcequ'ils se sont écartés de leurs principes de base en participant activement à cette révolution, certes pour enlever l'initiative à la bourgeoisie libérale, mais en demeurant malgré tout sur le terrain parasitaire de classe de celle-ci. Ils n'ont, d'une part, absolument pas tenu compte des exigences de notre époque et, d'autre part, sous-estimé l'importance des moyens dont dispose la bourgeoisie pour contenir et éliminer tout ceux qui la gênent.

Quelles sont les causes qui ont empêché les anarchistes de manifester en pratique leurs conviction pour transformer une révolution républicaine et bourgeoise en révolution sociale?

En premier lieu, l'absence d'un programme déterminé et précis les a empêché d'atteindre une unité dans leurs actions, l'unité qui conditionne au cours d'une période révolutionnaire la croissance du mouvement et son influence sur tout ce qui l'entoure.

En second lieu, nos camarades espagnols, tout comme de nombreux camarades d'autres pays, considèrent l'anarchisme comme une église itinérante de liberté... Cette attitude les empêches en de nombreuses occasions, de concrétiser en temps et lieu voulu les structures pratiques et indispensables à l'organisation économiques et sociales devant lier par de nombreux fils la lutte quotidienne et globale des travailleurs. Cela les a empêchés de réaliser, cette fois-ci, la mission dévolue à l'anarchisme lors d'une période révolutionnaire.

Le communistes libertaires et anarcho-syndicalistes espagnols, malgré tout l'ascendant moral dont ils disposaient auprès des travailleurs dans le pays, n'ont pas su influencer à à fond dans un sens révolutionnaire, la psychologie des masses hésitantes entre leur sympathie pour la révolution et les idées petites-bourgeoises. Il aurait fallu les transformer en actifs combattants du développement et de la défense de la révolution. Au lieu de cela, se sent dans une relative liberté, les anarchistes, tout comme les petit bourgeois, se sont consacrés à des discussions sans fin. Ils se sont beaucoup exprimés, en toute liberté, oralement et par écrit, sur toutes sortes de sujets; ils ont fait force meeting, avec de belles professions de foi, mais ils ont omis ceux qui s'étaient substitués au roi, eux, s'occupaient pendant ce temps d'affermir mieux leur pouvoir.

Malheureusement, rien ne fut entrepris sur ce plan en temps opportun bien que cela était au plus haut point indispensable. A ce moment, les anarchistes espagnols disposèrent de chances réelles - bien plus que tous les autres groupement révolutionnaires du pays - pour déterminer dans la pratique une stratégie qui aurait fait franchir une étape de plus à la révolution. La CNT augmenta ses effectifs avec une rapidité foudroyante et devin pour tout le pays laborieux la tribune et le lieu où purent enfin s'exprimer les espoirs séculaires des travailleurs.

Pour accentuer encore plus ce rôle actif de notre mouvement, il eut fallu abattre la bourgeoisie et son pouvoir, éliminer entièrement son influence du mouvement révolutionnaire. Est-ce que cela signifie que nos camarades espagnols n'aient rien fait dans ce sens au cours de cette année révolutionnaire 1931? Assurément, non. Ils firent tout leur possible pour transformer la révolution politique en révolution sociale. Ils supportèrent héroîquement les sacrifices et, même maintenant que la révolution à été étouffée, beaucoup d'entre eux subissent les rigueurs de la répression. Pourtant, ces sacrifices ont été vains, dans mesure où ils n'ont pas été accomplis en vue de buts conformes. Tout cela, je le répète encore, parceque l'anarchisme ne possède pas de programme défini, parce que les actions anarchistes menées ont été et sont toujours, d'ailleurs, dans l'éparpillement le plus complet, et non à partir d'une unité tactique, déterminée et orientée par une unité théorique, par un but unique commun. C'est pour ces raisons précises que les anarchistes espagnols n'on pu mener à bien leur oeuvre et c'est ce qui a amené les plus faibles en convictions d'entre eux à lancer le fameux "manifeste des trente" - tout a fait inopportun - , au nom de "la plus grande conscience des responsabilités" de ses auteurs. Les militants les plus résolus et intrépides, ceux qui non seulement propagent leurs idées mais vont jusqu'à périr pour elles, ceux-là languissent dans d'immonde casemates, dans les cales des navires qui les emportent au loin en déportation, vers des contrées hostiles.

Tels sont, en général, les traits fondamentaux des omissions, erreurs et manquements fatals pour les actions révolutionnaires, commis par les groupements de gauche espagnols, à un moment décisif qui se répète rarement dans l'histoire, et qui a conduit aux résultat actuels de la révolution espagnole. Tous ces groupements portent dons la responsabilité de la situation.

Je ne sais quelles conclusions en tireront les socialistes étatistes, ceux qui ne surent rien faire de mieux que de jouer aux laquais de la bourgeoisie, tout en voulant faire des autres révolutionnaires leurs propres laquais. En ce qui concerne les anarchistes révolutionnaires, je pense qu'ils ont, ici, de quoi méditer, afin de se garder à l'avenir de répéter les mêmes erreurs, que ce soit en Espagne ou ailleurs: se retrouver à des postes révolutionnaires avancés sans pouvoir disposer des moyens nécessaires à la défense des acquis révolutionnaires des masses contre les attaques acharnées de leurs ennemis bourgeois et socialistes autoritaires.

Il est évident que les anarchistes révolutionnaires ne doivent pas recourir aux moyens des bolcheviks comme certains d'entre eux en sont parfois tentés, jusqu'à conseiller d'établir un "contact étroit" avec l'état bolchevik (comme le préconise dernièrement le "novateur" Archinov). Les anarchistes révolutionnaires n'ont rien à trouver dans le bolchévisme; ils disposent de leur propre théorie révolutionnaire fort riche au demeurant, laquelle définit des tâches totalement opposées à celles des bolcheviks dans la vie et la lutte es classes laborieuses. Ils ne peuvent concilier leurs objectifs avec ceux du panbolchevisme, lequel s'impose si férocement, par le rouble et la baïonnette, dans la vie des travailleurs de l'U.R.S.S., ignorant délibérément leurs droits et faisant d'eux ses esclaves dociles, incapable d'esprit indépendant, de raisonnement propre sur leur bien être et sur celui des autres travailleurs dans le monde.

Aucun individu ni aucun groupe anarchiste, si dévoué soit-il à la cause du mouvement, ne peut réaliser à lui seul les tâches définies. Toutes les tentatives menées à ce jour en témoignent. On comprend pourquoi: aucun individu ni groupe ne peut unir à lui seul notre mouvement, tant sur le plan national qu'international. Ces immenses et capitales tâches ne pourront êtres remplies que par un collectif international de réflexion libertaire. C'est ce que j'avais déjà dit, il y a sept ans, à Rudolph Rocker et à Alexandre Bergman, à Berlin. Je le réaffirme d'autant plus fermement maintenant, que de nombreux libertaires reconnaissent ouvertement - après toute une série de tentatives infructueuses de créer quelque chose de pratique - qu'il n'y a pas d'autres possibilités de mettre au point un programme déterminé et élaboré conformément à notre époque et à nos forces, que de réunir une conférence préparatoire, composée des militants les plus actifs et dévoués, tant sur le plan théorique que pratique, laquelle devra formuler les thèses qui correspondraient aux questions vitales du mouvement anarchiste, thèses débattues dans la perspective d'un congrès anarchiste international. Celui-ci, à son tour développerait et compléterait ces thèses. A la suite de ce congrès, ces thèses représenteraient un programme défini et une référence solide pour notre mouvement, référence valable pour chaque pays. Cela délivrerait notre mouvement des déviations réformistes et confusionnistes, et lui donnerait la puissance nécessaire pour devenir l'avant garde des révolutions contemporaines.

Il est vrai que cette oeuvre n'est pas facile; cependant, la volonté et la solidarité de ceux qui peuvent et désirent la réaliser pourront grandement faciliter cette démarche. Que cette oeuvre commence, notre mouvement ne peut qu'y gagner!

Vive l'aspiration fraternelle et communes de tous les militants anarchistes à la réalisation de cette grande oeuvre - l'oeuvre de notre mouvement et de la révolution sociale pour laquelle nous luttons.

France. 1931.

Probouzdénié, n°30-31, janvier-février 1933, pp.19-23.

Source:*http://agitation.propagande.org

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Sujet / Message Re: Révolution espagnole

Message par Sphinx le Dim 22 Mai - 20:41

2011:Révolution citoyenne
De fortes protestations s'élèvent en Espagne
MADRID, 18 mai 2011

En marge des élections municipales et régionales qui auront lieu le 22 mai prochain, des manifestations ont pris forme dans toute l’Espagne. A Madrid, la Puerta del Sol est occupée par environ 700 personnes depuis dimanche soir.

Certains parlent déjà d’une révolution espagnole, comparant ces évènements à ce qui s’est passé en Egypte. On ne peut pas parler d’une révolution à proprement parler car le mouvement est encore trop faible pour utiliser un terme aussi fort.

Ce mouvement citoyen a démarré via Facebook où un évènement a été créé appelant à « prendre la rue » le 15 mai. Une réunion était alors prise dimanche soir à partir de 18h à Madrid et dans les principales villes du pays. Les madrilènes ont alors décidé d’occuper la Puerta del Sol, la place centrale de Madrid dans le but de rester jusqu’au 22 mai et de faire entendre leur voix. Chaque soir à 20h, les manifestants convoquent des rassemblements massifs jusqu’aux élections.

« Le Mouvement 15-M » est composé en majorité de jeunes, bien que l’on trouve également des chômeurs, des femmes de ménage et des salariés. Tous sont indignés par le système politique et économique mis en place et appellent à un changement réel et brutal.

Bien que la police ait tenté de déloger les manifestants mardi matin, le mouvement perdure et s’organise. Des commissions ont été mises en place pour gérer la communication, les infrastructures, les actions, la nourriture ou encore la propreté. Tout se fait dans la bonne humeur et dans le respect, sans aucune violence apparente.

Chacun participe à sa manière à ce mouvement. Les plus âgés dorment chez eux tandis que les plus téméraires dorment à même le goudron. Le centre-ville s’est transformé en village géant. Des gens ont apportés des fauteuils, des canapés, une infirmerie, un espace presse, un endroit pour objets perdus et un espace nourriture ont été mis en place. Des personnes anonymes apportent de la nourriture, d’autres viennent s’informer pour connaitre les motivations du mouvement. Des affiches ont été collées par ci par là lançant des messages forts comme « Je ne suis pas anti-système, le système est anti-moi », « Les partis et l’Etat sont le crime organisé » ou encore « Vous sauvez les banques, vous volez les pauvres ».

Ce mouvement traduit le ras le bol général qui existe dans le pays fortement touché par la crise. Le taux de chômage (21%) est l’un des plus élevé d’Europe et la situation de l’emploi est extrêmement précaire. Certains étudiants quittent l’université avant la fin de leur cursus devant l’avenir noir qui leur est réservé (le taux de chômage atteint 40% chez les moins de 30 ans). Alors aujourd’hui, les manifestants demandent juste à être écouté, à un emploi sûr, à une situation stable, à une vie décente tout simplement.
Source:*http://lepost.fr


"Révolution" espagnole : les manifestations continuent malgré l'interdiction



Le mouvement 15-M s'amplifie de plus en plus (lire mon article : Révolution en Espagne : pourquoi je manifeste) et ça commence a poser des problemes aux autorités, car dimanche se derouleront les election regionales et municipales.

Donc samedi, c'est journée de reflexion et il est interdit d'influencer le vote. Comme une des principales petitions des manifestants est d'en finir avec le systeme bipartite, donc de ne voter ni PP ni PSOE, le Conseil electoral central a consideré que ces manifestations pouvaient interferer dans la liberté des citoyens de voter. De son côte le Tribunal Constitutionel autorise les manifestations et rassemblements lors de cette journée de réflexion si cela n'interfère les élections qu'à minima.

Comme pour l'instant il est difficile de savoir quel sera l'impact de ce mouvement sur le scrutin de dimanche, et comme le Conseil électoral est la plus haute autorité en matière d'elections, c'est sa décision qu'il faudra respecter.

Maintenant c'est au tour du gouvernement de décider s'il va dissoudre les manifestations ou pas. Le ministre de l'Interieur, Alfredo Pérez Rubalcaba a déjà dit que la police "est là pour resoudre les problèmes pas pour les causer". Selon TVE, les deux principaux syndicats de police sont contraires à la décision d'intervenir. Ils estiment que si la police intervient, cela va compliquer les choses. Tant que l'ordre public sera respecté, la police n'interviendra pas, mais rien n'est sûr, il faudra attendre demain pour voir ce qui se passe.

Et les manifestants? Ils ont fait déjà savoir qu'ils continueront à la Puerta del Sol malgré la décision du Conseil electoral. Jeronimo, un porte-parole du mouvement 15-M a confirmé à El Pais, qu'il n'appeleront pas à manifester samedi, mais qu'ils seront là : "on va eviter de faire réference au vote et aux partis politiques". De toute façon il y a des assemblés convoquées à minuit pour decider de la suite des protestations.

Chaque jour on voit de plus en plus des gens descendre dans la rue, et les manifestants affirment qui'ils vont continuer au déla des elections.
L’auteur

Sources : TVE, El Pais


Les politiques espagnols désemparés face au malaise de la rue





Que fait-on quand on est un élu et que la rue manifeste contre la classe politique en général? D’abord, on est un peu décontenancé. On n’a pas l’habitude, d’autant qu’en Espagne, depuis le début de la crise, la rue semblait quelque peu résignée. D’ailleurs, la grève générale organisée par les syndicats le 29 septembre 2010 n’avait connu qu’un succès relatif… Si bien que personne ne s’est vraiment aperçu du feu qui couvait. le Movimiento 15-M, qui a réuni des milliers de manifestants dans les grandes villes d’Espagne le 15 mai dernier et qui s’est transformé, depuis, en session prolongée de camping géant sur la Puerta del Sol de Madrid et les places d’autres grandes villes espagnoles, était donc d’autant plus inattendu. Parmi les revendications des protestataires, figurent, entre autres, un changement de la loi électorale qui, de fait, permet la domination de la scène politique par les deux principaux partis, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) au pouvoir, et le Parti Populaire (PP), de droite. Les «Indignés» se trouvent mal représentés par deux formations politiques qui pour eux, sont bonnet blanc et blanc bonnet.

On peut tenter d’y mettre un terme. Ainsi, les premiers campeurs de la Puerta del Sol ont été délogés par les forces de police en début de semaine. Pas de chance, ils sont revenus le lendemain, plus nombreux encore. Et quand la manifestation a été interdite par les autorités madrilènes mercredi, le mouvement s’est encore amplifié.

Eternelles querelles politiciennes

Alors, les élections municipales et régionales approchant à grands pas (elles sont prévues le 22 mai), on essaye d’en tirer parti! D’autant que la contestation a tendance à éclipser une campagne se résumant essentiellement aux éternelles querelles politiciennes entre les deux grands partis. Esperanza Aguirre, présidente conservatrice (PP) de la Communauté de Madrid, appelait le 20 mai à ce que «dimanche (jour des élections) [soit] le jour de l’authentique rébellion, le jour où triomphe la démocratie». Et d’espérer tout haut que le verdict des urnes sera tel que José Luis Rodríguez Zapatero sera obligé de convoquer des élections législatives anticipées.

Quant au parti de gauche Izquierda Unida (IU), il a déposé un recours (finalement rejeté) contre la décision du comité électoral central d’interdire les manifestations samedi et dimanche. On ne doute pas de l’indignation réelle que cette décision de justice a provoquée dans ce parti. C’est toutefois aussi une petite piqûre de rappel pour ceux qui doutaient encore de son soutien au mouvement.

Autre option: on se fait tout petit. On suit l’exemple de José Luis Rodriguez Zapatero, le chef du gouvernement, qui est resté curieusement silencieux pendant quatre jours. Jeudi 19 mai, il a fini par déclarer à Telecinco: «Il faut écouter, il faut être sensibles, car il y a des raisons pour que s’expriment ce mécontentement et cette critique». Il a toutefois défendu vendredi son parti comme celui qui a «le plus lutté pour la démocratie et la liberté».

Enfin, on peut tirer des enseignements du mouvement de contestation. Là encore, Zapatero est un bon exemple: «Les revendications et les mobilisations ne nous font pas peur, elles nous engagent à donner les réponses sociales dont les gens ont besoin pour leur avenir», a-t-il déclaré vendredi. Réceptif.

Des politiques vendus aux intérêts des marchés?

Rappelons que les manifestations ne sont toutefois pas étrangères à la politique d’austérité que le gouvernement mène depuis mai 2010 et qui n’a fait qu’ajouter au malaise social. Alors que le chômage atteint chaque trimestre de nouveaux sommets (le taux en est actuellement de 21,3% de la population active), que l’accès au logement est quasiment impossible, et que les contrats de travail sont, majoritairement des CDD, le gouvernement socialiste a, sous la pression des marchés et des organisme internationaux (FMI, UE…), pris un ensemble de mesures [PDF] pour retrouver un déficit de 3% en 2013 (il était de 9,2% en 2010): baisse de 5% des salaires des fonctionnaires, gel des retraites (sauf les plus basses), suppression du chèque de 2.500 euros qui était versé aux parents à chaque naissance, hausse de la TVA... Tout ceci met de l’eau au moulin des protestataires qui considèrent les politiques comme vendus aux intérêts des marchés. Et venant d’un gouvernement socialiste, ce n’est pas très bien vu…

L’interdiction faite par le comité électoral central de manifester n’arrange guère les affaires de l'exécutif. Motif: les manifestations peuvent perturber la neutralité politique de mise lors de la journée de réflexion tenue la veille des élections. L’assemblée générale du Movimento 15-M a donc décidé de convoquer, non pas une manifestation, mais un rassemblement sur la Puerta del Sol Samedi. Simple nuance sémantique ou véritable différence qualitative? Quoiqu’il en soit, le gouvernement a le devoir de faire respecter la décision des autorités électorales. Ouille! Le problème est épineux. Que faire: lancer la police aux trousses des manifestants? Les déloger de Puerta del Sol? Ce genre de mesures impopulaires ne serait pas particulièrement bienvenu la veille des élections qui donnent le PP vainqueur et le PSOE, justement, grand perdant.

Finalement, la parade a été trouvée : peu avant minuit vendredi, les forces de sécurité ont averti les manifestants des grandes villes d’Espagne que les rassemblements étaient interdits, les informant des risques qu’ils encourraient d’un point de vue judiciaire, mais sans procéder à l’évacuation des lieux. Après tout, la loi interdit le recours à la force sauf en cas d’actes violents. Or, la foule de manifestants est pacifique et civique, bien que, alors que commence la journée de réflexion, particulièrement dense. En tous cas, pour l’exécutif, l’honneur est sauf, et quelques votes sont épargnés.

Gaëlle Lucas
Source:*http://slate.fr


"Révolution" espagnole: Le mouvement continuera au moins une semaine plus.

Aujourd'hui les espagnols sont appellé aux urnes pour choisir les conseillers municipaux, et les parlementaires dans 13 régions. La journné se déroule avec normaité, mais tout le mouvement 15-M, Democracia real ya! ou Spanish Revolution (comme vous préférez) a eclipsé aux politiques, normalement protagonistes de cette journée et qui coupent tous les projecteurs. Ce mouvement les a débordé et semble-t-il qu'il va continuer a le faire.

Dans une assemblé organisé dans le sit-in de la Puerta del Sol, les manifestants ont decidé de prolonger le mouvements, et les rassemblements pour une semaine. Á Barcelone, ils ont allé plus loin et ils ont déjà voté de rester jusqu'à la mi-juin. Le gouvernement a déjà fait savoir, via le ministre de l'Interieur, Alfredo Pérez Rubalcaba, qu'ils n'interviennent, tandis que les rassemblements se déroulent pacifiquement. Même, selon raconte El Pais, les policiers ont servi chocolat et churros aux manifestants.

Pour l'instant aucun analyste se lance a analyser les possibles conséquences de ce mouvement, qui s'est déjà répandu partout le monde a travers des espagnols expatriés qui ont convoqué des rassemblements devant les ambassades espagnoles. Pourtant, une chose est sûre, les espagnols ont pris la place
Source: El Pais

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Sujet / Message Re: Révolution espagnole

Message par Sphinx le Mar 24 Mai - 0:58

La révolution espagnole arrive à Paris 



La mèche a été allumée à Madrid. Il y a longtemps que cela se tramait dans un pays avec un taux de chômage de près de 22%. Un « mouvement parisien » a vu le jour. Son lieu, symbolique, de rassemblement : la place de la Bastille. VIDEO EN +



De nombreuses personnes en dehors d’Espagne se demandaient, en observant les chiffres décevants de la situation économique espagnole, pourquoi les citoyens ne s’étaient pas encore révoltés contre le « système ». Ce temps est aujourd’hui venu. Au cours des trois derniers mois, le mouvement s’est construit, via internet et les réseaux sociaux. Il est sorti du virtuel le 15 mai dernier avec une manifestation de masse dans les rues de Madrid, qui s’est transformée en une occupation sans précédent, pacifique et organisée, de la Puerta del Sol. Sous le slogan « Nous ne sommes pas des marchandises entre les mains des politiciens et des banquiers », au kilomètre zéro des routes espagnoles, les manifestants ont fait assaut de propositions pour conduire régénérer le système politique et économique. 



Leurs revendications sont, selon leurs propres mots, « essentielles » : éliminer les privilèges de la classe politique, lutter contre le chômage, avoir droit au logement et à des services publics de qualité, contrôler les banques. D’autres mesures proposées concernent la fiscalité, la « citoyenneté libre », la démocratie participative et la réduction des dépenses militaires. (Pour plus en détails sur ces revendications: http://democraciarealya.es/?page_id=234). 





Et pourquoi les demander maintenant ? Parce que c’est le bon moment. Elles ont vu le jour une semaine avant les élections régionales et municipales qui ont eu lieu dimanche en Espagne et où le Parti Populaire (PP) a arraché le pouvoir au Parti socialiste (PSOE), ce qui se produit toujours chaque « huit », au terme de deux mandats, bipartisme oblige. La nouveauté : les votes blancs et nuls ont augmenté, passant du 3,12% en 2007 à 4,24%, ce « camp » devenant potentiellement la quatrième force politique. Le bon moment aussi, parce que beaucoup de personnes n’en peuvent plus : le taux de chômage a franchi la barre des 20% (il était de 8% en 2007) et les aides ont diminué. En février, le gouvernement a ordonné la suppression (pour août) de l’aide de 426 euros pour les chômeurs de longue durée, seule source de revenu pour de nombreuses familles dont les membres sont sans emploi. 



La mobilisation s’est propagée à autres villes espagnoles, ailleurs en Europe et dans certains pays d’Amérique latine. A Paris, les expatriés espagnols et un grand nombre de Français et d’étrangers ont adhéré aux idées de la Puerta del Sol. Ils ont formé ce qu’on appelle désormais le « mouvement parisien ».

Comme souvent, tout événement majeur commence par de petites actions. Monica a créé un événement sur facebook : « Spanish revolution à Paris », qui a réussi à réunir environ 300 personnes devant l’ambassade d’Espagne jeudi dernier, parties de la Place du Trocadéro, « escortées » par la police. Le mouvement s’est organisé en comités : Action, Logistique et Communication et Diffusion, eux-mêmes divisés en sous-comités. Les propositions sont mises en commun lors d’assemblées générales. Le dialogue se veut dynamique Étant donné le large éventail de nationalités, les discours sont traduits simultanément en français. Lorsque tous les volontaires se sont exprimés, les propositions sont soumises au vote, qui se fait à main levée.
Depuis vendredi, ils ont « investi » la place de la Bastille, et le mouvement va s’amplifiant. Ceux qui le forment ne pensent pas quitter les lieux pour l’instant parce que « beaucoup de travail reste à faire ». Samedi, ils ont été forcés de quitter temporairement la place de la République pour laisser place à une manifestation d’Ivoiriens. Les CRS ont forcé ces militants à se scinder en groupes de 30 personnes. L’un d’eux a été encerclé par la police et escorté jusqu’à la place de la Bastille, où des numéros de téléphone d’avocats ont été distribués au cas où des manifestants seraient arrêtés. 


La « sous-commission des manifestes » a rédigé rapidement une « déclaration parisienne », inspirée de celle de la Puerta del Sol. Celle-ci a été diffusée dans les médias en France et à l’étranger. Le mouvement attache une grande importance à la relation avec Madrid, avec qui ils sont en contact via Skype. Un des manifestants a lu un message qu’il venait de recevoir d’un collègue à Madrid où il est dit que « nous devons diffuser nos idées, sinon nous n’arriverons à rien. Ce qu’il faut, c’est une révolution à l’échelle mondiale. » 


La « Démocratie réelle » est en marche… A Paris, les personnes mobilisées ne veulent pas quitter la place de la Bastille, elles convoquent des rassemblements tous les jours de 19 heures à 22 heures. Une manifestation est prévue dimanche 29 mai. Femmes, hommes. Tous ont faim de révolution. Ils sont déterminer à « se battre » car résister est, d’après eux, la seule façon d’obtenir les changements qu’ils souhaitent.

Beatriz Alonso
Photos : Xandre Rodríguez Álvarez


Source:*http://yahoo.bondyblog.fr

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Sujet / Message Re: Révolution espagnole

Message par Sphinx le Lun 30 Mai - 0:00

Manifestation de soutien aux "indignés" à Madrid



Des milliers de manifestants ont envahi dimanche la Puerta del Sol à Madrid pour soutenir le mouvement des "indignés"
Ils se sont rassemblées autour du village alternatif, coeur d'un mouvement de contestation spontané, citoyen, se voulant apolitique.

Le mouvement des jeunes Espagnols a démarré le 15 mai et, relayé par les réseaux sociaux, s'est rapidement amplifié. Les revendications: chômage, excès du capitalisme, politiciens "corrompus" ou système électoral.
"Ca suffit!", "Ils ne nous feront pas taire", "Gagner 600 euros par mois, c'est du terrorisme": de tous âges et de tous horizons, les manifestants de Madrid se sont rassemblés par milliers sur la place, autour du campement, sous une marée d'ombrelles de toutes les couleurs pour se protéger du soleil.

Samedi, les manifestants ont organisé des assemblées dans 120 quartiers et communes voisines de Madrid, qui ont attiré des milliers de personnes. Ils projettent de poursuivre cette mobilisation dans les semaines à venir sous le mot d'ordre "toma los barrios" (prends les quartiers).

Ils doivent décider dimanche de maintenir ou non le campement planté place de la Puerta del Sol.

En l'absence de leader identifié, d'organigramme et de plate-forme lisible, le mouvement se cherche maintenant une nouvelle direction.



"Il y a un avant et un après ce campement. Maintenant il y a une masse de gens qui sont conscients des problèmes, du pouvoir de l'action commune. J'aimerais que nous restions à Sol jusqu'aux élections législatives" de mars 2012, "même si ce n'est qu'avec un stand d'information", a-t-elle ajouté.

"Je suis là parce que je dois avoir deux emplois pour survivre, payer les emprunts", témoigne José Ortiz, qui à 57 ans cumule les emplois de gardien et de chauffeur.

"Une fois que cela a commencé, nous ne pouvons pas nous arrêter. Nous devons continuer même si c'est seulement avec des manifestations toutes les semaines", ajoute cet homme, portant une pancarte avec les mots "Un toit et un travail, sans être esclave".

Des incidents ont éclaté vendredi à Barcelone entre policiers et jeunes "indignés" sur la Place de Catalogne, où les services municipaux ont démonté le campement des contestataires en prévision des festivités de la Ligue des Champions samedi. A la Puerta del Sol de Madrid , les manifestants, agitant des fleurs, criaient "Barcelone n'est pas seule".

Casqués et armés de matraques, les policiers sont intervenus de façon musclée vendredi matin pour disperser un groupe qui bloquait l'entrée de la Plaza de Catalunya, en plein centre de la capitale catalane, au nord-est de l'Espagne, au moment où les camions de nettoyage emportaient les tentes et le matériel.

Source:*http://info.france2.fr

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Sujet / Message Re: Révolution espagnole

Message par Syfou le Sam 11 Juin - 21:29

Les Indignés tentent en vain de prendre la mairie de Madrid

Plusieurs centaines de membres du mouvement dit des Indignés se sont rassemblés samedi aux abords de la mairie de Madrid, alors que le conseil municipal issu des élections du 22 mai reconduisait le conservateur Alberto Ruiz-Gallardon au fauteuil de maire. Ce mouvement né il y a un mois entend à la fois revendiquer des emplois – l’Espagne a le plus fort taux de chômage, 21,3%, des 17 pays de la zone euro – et dénoncer le comportement de l’ensemble de la classe politique, tous partis confondus.

“Cette manifestation vise le maire mais plus généralement tous les politiciens, confirme cet homme. Ils devraient être plus proches des gens, montrer un sentiment d’appartenance à la communauté, au lieu de siéger sur leurs trônes.” “Ici

à Madrid, on a les mêmes que l’année dernière, poursuit cet Indigné. Ce sont des gens corrompus. Des politiciens qui font l’objet de poursuites judiciaires, et pourtant, ils sont toujours là.”

Les manifestants ont dû faire face à des policiers déterminés à les tenir à distance de la mairie. A les empêcher à tout prix d’entrer dans le bâtiment. Aux cris de “Il n’y a pas assez de pain pour la quantité de chorizo”, autrement dit, “Nous aussi, nous voulons notre part du gâteau”, ils n’ont pu que voir sortir le cortège de voitures officielles dans lequel se trouvait le maire de la capitale espagnole.

Source: 2011 euronews

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Sujet / Message Re: Révolution espagnole

Message par Syfou le Lun 20 Juin - 3:14

Grande manifestation contre la crise à Madrid

MADRID (AP) — Des milliers de manifestants défilaient dimanche dans les rues de Madrid pour dénoncer le chômage, les mesures d'austérité et la corruption politique, exprimant leur indignation face à la crise économique.

Derrière des banderoles "marchons ensemble contre la crise", les protestataires partis de six points différents de la communauté de Madrid ont convergé vers la place Neptune, près du siège du Parlement, les Cortes.

Des manifestations similaires étaient prévues dans plusieurs villes d'Espagne, dont Barcelone, Valence et Séville. Un important dispositif policier était mobilisé après des violences lors d'une manifestation mercredi à Barcelone.

Les cortèges madrilènes rassemblaient des manifestants de tous horizons, jeunes ou vieux, chômeurs ou salariés. Ils entendaient dénoncer les mesures de restrictions budgétaires, les baisses de salaires et les hausses d'impôts prises face à la crise.

"La crise a été créée par le système financier capitaliste et c'est nous qui payons", expliquait l'un des protestataires, Antonio Cortes, 58 ans.

Le mouvement de protestation des "indignés" a commencé en Espagne à la mi-mai et s'est propagé dans tout le pays. Le pays est entré en récession en 2008 après l'explosion de la bulle immobilière, qui a mis un coup d'arrêt à une consommation soutenue par le crédit.

Après presque deux ans de récession, l'Espagne connaît un taux de chômage de 21,3%, le plus élevé des 17 pays de la zone euro, et une dette importante. Le taux de chômage, qui a plus que doublé depuis 2007, atteint 35% chez les 16-29 ans. Nombre de jeunes diplômés espagnols peinent à trouver du travail, la quatrième économie de la zone euro ne parvenant pas à retrouver une croissance vigoureuse.

Face à la crise, le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero a réduit les dépenses de l'Etat, gelant les pensions, reculant l'âge de la retraite et facilitant les licenciements. AP

sb/v0201

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Sujet / Message Re: Révolution espagnole

Message par Syfou le Dim 15 Juil - 1:26

Les "indignés" espagnols manifestent contre le plan de rigueur



Aux cris de "démission" ou "honte", plusieurs milliers d'"indignés" ont manifesté vendredi soir à Madrid contre les coupes budgétaires de 65 milliards d'euros décidées par le gouvernement, défilant dans les rues de la ville où ont éclaté des heurts avec la police.
Criant "ils s'en mettent plein les poches, ohé, ohé, ohé", les manifestants, dont beaucoup de jeunes, encadrés par une vingtaine de fourgons de police, s'étaient donné rendez-vous devant le siège du Parti populaire (PP) du chef du gouvernement Mariano Rajoy.

"Je suis venue parce que je ne vois pas d'avenir. Nous n'avons pas de travail, ils nous enlèvent le système de santé et l'éducation", lançait Maria Jimena, une jeune fille de 25 ans qui vient de terminer des études de journalisme. "Et en plus, maintenant, ils s'en prennent même aux chômeurs".
Portant des pancartes avec des slogans habituels du mouvement, comme "ils appellent cela démocratie, et ça ne l'est pas", ils ont ensuite pris la direction du siège du Parti socialiste, d'opposition, qu'ils accusent d'incompétence face à la crise, tout comme la droite.
Alors qu'ils tentaient d'approcher, les policiers anti-émeutes les ont repoussés, chargeant à coups de matraques, avant que les manifestants ne prennent la direction du Parlement, aux crise de "Grève illimitée", "Ce sont nos armes", levant les mains au ciel, "Ils ne nous représentent pas", visant ainsi la classe politique.
Aux abords du bâtiment, quelques groupes qui tentaient de franchir les barrages ont à nouveau été repoussés par les charges des policiers.
Au moins cinq personnes ont été interpellées, selon des journalistes de l'AFP.

http://www.leparisien.fr/flash-actualite-economie/espagne-les-indignes-manifestent-contre-le-plan-de-rigueur-14-07-2012-2090080.php

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