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Guerres médiques

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Sujet / Message Guerres médiques

Message par Syfou le Sam 4 Juin - 1:33

Guerres médiques

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Les guerres médiques opposent les Grecs aux Perses de l'Empire achéménide au début du ve siècle av. J.-C. Elles sont déclenchées par la révolte des cités grecques asiatiques contre la domination perse, l'intervention d'Athènes en leur faveur entraînant des représailles. Les deux expéditions militaires des souverains achéménides Darius Ier et Xerxès Ier constituent les principaux épisodes militaires de ce conflit ; elles se concluent par la victoire spectaculaire des cités grecques européennes conduites par Athènes et Sparte.
Les guerres médiques marquent traditionnellement le passage de l'époque archaïque à l'époque classique.

Même s'il ne faut pas en exagérer la portée – pour l'empire achéménide ce conflit semble initialement assez périphérique – les guerres médiques apparaissent comme le point de départ de l'hégémonie athénienne en mer Égée, mais aussi comme la prise de conscience d'une certaine communauté d'intérêts du monde grec face à la Perse, idée que reprend, près de deux siècles plus tard, Alexandre le Grand.
Ces guerres sont dites « médiques » car les Grecs confondaient les Perses et les Mèdes, deux peuples unifiés par Cyrus le Grand au vie siècle av. J.-C.

Sources et historiographie

L'historien qui étudie les guerres médiques se trouve face à une difficulté majeure : il ne dispose que de sources écrites grecques et le seul récit contemporain exhaustif est celui d'Hérodote et son Enquête. Pour saisir les enjeux et la nature réels des affrontements, l'historien doit soumettre ce récit à une analyse critique et prudente.

Hérodote est un Grec né pendant la seconde guerre médique à Halicarnasse, cité située en Asie mineure, à la croisée des mondes ionien et perse. Cette origine, ainsi que ses nombreux voyages dans l'empire achéménide et en Méditerranée, explique sa bonne connaissance des deux belligérants4. Son œuvre, connue sous le nom d'Histoires ou Enquête, est capitale pour la connaissance du conflit. Considéré comme le père de l'Histoire, Hérodote ne se contente pas d'énumérer les évènements, il tente d'expliquer les raisons profondes de la guerre et de donner aussi bien le point de vue des Grecs que celui des Perses. Ce véritable souci d'objectivité lui valut des critiques de certains auteurs anciens, comme Plutarque, qui l'ont accusé de préférer les « barbares » à son propre peuple.

Les historiens ont repris à leur compte le récit d'Hérodote jusque dans les années 1950. Par la suite, l'école des annales, le multiculturalisme et surtout les progrès des études achéménides ont permis de critiquer, relativiser et parfois même de totalement remettre en cause Hérodote6. Cependant, les recherches archéologiques, anthropologiques et ethnographiques des années 1990 et 2000 ont démontré l'exactitude d'Hérodote et sa grande objectivité9.

L'Athénien Thucydide est l'autre grand historien du ve siècle av. J.-C. ; son Histoire de la guerre du Péloponnèse traite partiellement de la suite et des conséquences des guerres médiques. Xénophon, également athénien, est de la génération suivante, mais il connaît bien les Perses car il les a servis comme mercenaire lors de l'expédition des Dix Mille en 401 (relatée dans l'Anabase). D'autres détails sont rapportés par des chroniqueurs plus tardifs comme Éphore, Diodore de Sicile, Plutarque et Pausanias. La Bibliothèque de Photius et la Souda, compilations byzantines du ixe siècle, offrent des aperçus de textes antiques aujourd'hui disparus.

Le théâtre grec comprend certaines « pièces d'actualité » commentant les évènements à chaud, et donc particulièrement instructives pour l'étude des mentalités de l'époque. La Chute de Milet de Phrynichos, jouée en 493, émeut les Athéniens jusqu'aux larmes et exacerbe les passions en faveur de la guerre. Eschyle a combattu à Marathon et Salamine ; sa pièce Les Perses, écrite en 472 et célébrant la victoire athénienne, est jouée dans tout le monde grec, de la Sicile à l'Asie mineure.

Les Achéménides n'ont pas laissé de chroniques ou de témoignages écrits de leur propre histoire ; leur mémoire se transmettait par voie orale et s'est donc essentiellement perdue. Certains de ces récits ont cependant été recueillis par Hérodote et Ctésias, médecin grec à la cour d'Artaxerxès II12. Les textes perses à la disposition des historiens contemporains sont d'ordre administratif ou religieux ; ils n'offrent guère d'informations sur les guerres médiques, mais permettent parfois de recouper ou démentir les renseignements fournis par les Grecs, comme certaines tablettes de Persépolis relevant les voyages des fonctionnaires. L'épigraphie apporte de nombreux renseignements grâce aux inscriptions et à l'iconographie des monuments perses, par exemple en fournissant la liste des pays et des peuples vaincus : les Grecs, qu'ils soient d'Asie mineure ou d'Europe, sont considérés comme des sujets par les Grands Rois des guerres médiques, Darius, Xerxès et Artaxerxès.

Aux origines du conflit : la révolte de l’Ionie

Au vie siècle av. J.-C., le roi perse Cyrus II, de la dynastie des Achéménides, transforme son petit royaume vassal des Mèdes en un immense empire, s'étendant de l'Inde à la Méditerranée, par une suite de guerres de conquête15. En 547, il annexe la Lydie de Crésus qui dominait l'Asie centrale, puis assujettit les cités côtières grecques de l'Ionie et des Dardanelles.

Les guerres médiques sont initialement la conséquence de l'impérialisme perse, du fonctionnement économique et commercial grec et, dans une moindre mesure, des luttes politiques internes des cités.
La révolte de l'Ionie représente un épisode décisif vers la confrontation. Elle a pour origine la volonté de Darius Ier d'étendre son empire vers la Propontide (mer de Marmara) et le Pont-Euxin (mer Noire), entre autres pour contrôler les sources d'approvisionnement en blé, en or et en bois de construction navale21. Pour cela, il doit s'attaquer aux Scythes, maîtres d'un puissant empire en Russie méridionale et dont les relations commerciales avec les Grecs sont fructueuses et actives.

Sur le chemin de la conquête, avec l'aide de contingents grecs ioniens, Darius s'assure la maîtrise de la Thrace, tandis que le roi Amyntas Ier de Macédoine reconnaît sa suzeraineté (513). Les ports de Byzance et de Chalcédoine sont soumis : la Perse contrôle grâce à eux le trafic maritime entre la Méditerranée et la mer Noire. L'objectif final de l'expédition contre les Scythes est un échec, ceux-ci appliquant la technique de la terre brûlée. Détail important, l'armée perse échappe au désastre et à l'encerclement grâce à la loyauté du contingent grec qui garde le pont sur le Danube (Ister).

En 508, c'est l'île de Samothrace qui tombe sous le joug perse. Même Athènes sollicite vers 508 leur alliance. De la campagne contre les Scythes, Darius tire la conclusion qu'il peut compter sur la fidélité des Grecs ioniens. En revanche, ceux-ci estiment qu'ils pourraient se révolter sans risque excessif, car l'expédition a prouvé que l'empire achéménide n'est pas invulnérable.

Les motifs de la révolte

Les causes profondes de la révolte sont d'ordre économique, social, politique et culturel.
L'Ionie est constituée de douze cités grecques fondées depuis au moins le viiie siècle avant l'ère chrétienne : Milet, Éphèse, Phocée, Clazomènes, Colophon, Priène, Téos, Chios, Samos, Érythrée, Myonte et Lébédos. Il faut y ajouter les cités de l'Éolide, région située au nord-ouest de l'Ionie, dont celle de Smyrne. Autonomes, elles sont toutes soumises au pouvoir perse. Milet dispose d'un statut à part : son traité d'amitié conclu avec Cyrus avant la conquête de la région lui assure une relative indépendance26. C'est pourtant Milet qui se trouve à l'origine du soulèvement de 499.

Ces cités sont unies au sein de la Ligue ionienne, une alliance forgée au viie siècle av. J.-C. qui ne joue plus de rôle militaire depuis la conquête de Cyrus mais qui conserve un rôle religieux, culturel et politique à travers une amphictyonie chargée du culte de Poséidon Helikonios au sanctuaire du Panionion, au cap Mycale. Cette institution facilite les échanges nécessaires à une révolte commune.
Théoriquement, la domination perse n'est pas écrasante. Chaque cité conserve ses institutions, à la condition expresse de payer un tribut et éventuellement d'entretenir des garnisons perses. Darius Ier et ses successeurs respectent les coutumes des différents peuples de leur empire et se chargent parfois de rappeler à l'ordre les fonctionnaires zélés.

Cela change avec la réforme de la taxation sous Darius qui fixe un montant précis d'or et d'argent à payer pour chaque satrapie. Le tribut annuel exigé s'élève pour l'ensemble de l'Ionie à 400 talents ou 2 400 000 drachmes. Ces taxes sont en outre injustement réparties au sein de chaque cité : les familles liées aux tyrans (officiellement amis du Grand Roi) au pouvoir sont exemptées, et la pression fiscale sur les pauvres favorise les tenants de la démocratie et d'une révolution politique et sociale.

Depuis 512, la mer Noire est un « lac perse », la Thrace est devenue un satrapie. Or, Milet s'y fournit en blé et en toutes sortes de matières premières. La colonisation perse ferme l'accès des mers septentrionales au moment où Sybaris, l'entrepôt occidental de Milet, tombe sous les coups de Crotone (510). De plus, les Perses favorisent systématiquement les rivaux phéniciens de Tyr et Sidon. Enfin, la prise de Byzance ferme les détroits et le commerce vers le Pont-Euxin. Ainsi, la politique extérieure de Darius appauvrit les marchands ioniens, très influents au sein des cités.

Les Perses demeurent, aux yeux de nombreux Grecs ioniens, des barbares rétifs aux « charmes » de la civilisation qui conservent leur langue, leur religion et leurs coutumes. De nombreux « intellectuels » ont préféré l'exil à la domination étrangère. Il existe une volonté d'émancipation des cités ioniennes qui les pousse d'une part à rejeter les tyrans imposés par les Perses, ainsi que de nombreux colons, et d'autre part à se libérer du joug achéménide. Lorsque la révolte éclate, elle a comme première conséquence, dans de nombreuses cités, l'éviction des tyrans et la proclamation de l'isonomie. Il est exagéré de parler de révolte suite à l'éveil d'une « conscience nationale » contre l'occupant ; il est préférable de parler d'une crise sociale et politique.

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Sujet / Message Re: Guerres médiques

Message par Syfou le Sam 4 Juin - 2:05

La stratégie d'Aristagoras, déclencheur de la révolte

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La situation se prête à une rébellion, et Aristagoras, le tyran de Milet va en tirer parti.
L'île de Naxos, au cœur de la mer Égée, est considérée comme « la plus riche ». En 500, son peuple chasse les aristocrates qui la dirigent. Ces derniers se réfugient à Milet où ils demandent l'aide d'Aristagoras pour reprendre le pouvoir. Celui-ci sollicite l'autorisation et l'aide d'Artapherne, frère du Grand Roi Darius Ier et satrape de Lydie, l'une des provinces de l'empire. Artapherne accepte, mais au cours de l'expédition, Perses et Milésiens se querellent : leurs divisions les forcent à se replier après quatre mois de siège.

Les Perses tiennent Aristagoras comme responsable de cet échec et exigent qu'il assume les frais de cette guerre stérile. Aristagoras commence à craindre d'être destitué ou même assassiné : il n'a pas d'autre choix que de se révolter. La guerre est déclarée et les Milésiens s'emparent par surprise de la flotte perse qui a participé à l'expédition. Aristogoras renonce à la tyrannie (en paroles seulement d'après Hérodote), proclame l'isonomie et l'égalité des cités ioniennes qui se débarrassent de leurs tyrans.

Malgré cette union, Aristagoras sait qu'il est en infériorité militaire face à Artapherne. En 499, il s'embarque donc pour Sparte, qui possède l'armée la plus puissante, afin de solliciter son aide. Le moment est peu propice, car Sparte est divisée par la rivalité de ses deux rois Cléomène Ier et DémarateNote 1. Malgré des promesses de butin, l'appel à la « fraternité » entre Grecs et aux dieux communs, les Spartiates refusent de s'engager.

Aristagoras se tourne alors vers Athènes. L'écoute est meilleure, car la ville s'inquiète des intrigues d'Hippias, tyran chassé d'Athènes en 510, réfugié à Sardes, siège du satrapie de Lydie, où il compte sur l'appui perse pour rétablir sa tyrannie. Athènes envoie 20 trières, suivie par Érétrie avec 5 autres, par reconnaissance pour Milet qui jadis l'avait aidée contre ses ennemis39. Aucune autre cité ne répond à l'appel.

Six ans de guerre

L'intervention d'Erétrie et d'Athènes

Il faut plus de six ans à Artapherne pour mater le soulèvement. En effet, les premiers combats sont favorables aux Ioniens. Début 498, la flotte grecque met en fuite la flotte phénicienne lors d'un premier combat sur les côtes de Pamphylie. Sur terre, les Perses se préparent à assiéger la ville de Milet quand Charopinos, le frère d'Aristagoras, avec l'aide des contingents athéniens et érétriens, organise une diversion et ravage Sardes, sans arriver à prendre son acropole défendue par Artarphène lui-même. L'armée perse qui assiégeait Milet revient vers Sardes à marche forcée, obligeant les Grecs à se replier. Artapherne, après avoir fait sa jonction avec ces renforts, les intercepte sur les hauteurs d'Éphèse et remporte une victoire complète.

À la fin de l'été 498, le corps expéditionnaire – ou du moins ce qu'il en reste – plie bagage pour rentrer sur Athènes ou Érétrie. Cette défection n'empêche pas la révolte de gagner de l'ampleur.

Généralisation et écrasement du soulèvement

À l'automne 498, la révolte gagne Chypre, la Propontide, l'Hellespont jusqu’à Byzance, puis toute la Carie, satrapie situé au sud de l'Ionie. Au début 497, la situation est critique pour les Perses, qui lèvent alors simultanément trois armées et une nouvelle flotte. La révolte est écrasée à Chypre, puis dans les cités de l'Hellespont. Lentement mais systématiquement, les corps de troupes perses reconquièrent une à une les cités rebelles. Aristagoras tente de porter le combat en Thrace, mais il y trouve la mort dans des circonstances obscures.

Quant aux Cariens, ils sont vaincus sur la rivière Marsyas à l'automne 497, puis à Labranda lors de l'été 496, malgré l'aide des Milésiens. Les Cariens se ressaisissent et infligent une grave défaite aux Perses à l'automne suivant à Pédassos. Après de longues négociations, ils déposent les armes définitivement en 494. Milet se retrouve alors seule.
Contrairement aux Perses, les insurgés ont du mal à financer flottes et mercenaires. Les défections dans leurs rangs sont nombreuses.

La prise de Milet

Au début de l'année 494, les Perses massent leurs troupes contre Milet. La ville est assaillie à la fois par terre et par mer. Une bataille navale opposant environ 350 navires grecs à 600 navires phéniciens, égyptiens et chypriotes se déroule au large de l'îlot de Ladé durant l'été 49446. La flotte grecque est anéantie. Milet est prise et rasée peu après (la poliorcétique perse l'emportant généralement sur celles des Grecs), et sa population déportée sur les berges du Tigre.
Au cours de l'année 493, les Perses soumettent les dernières villes et îles rebelles (Chios, Lesbos et Ténédos) tandis que leur flotte longe victorieusement les côtes de l'Hellespont et de la Chalcédoine.

Les conséquences de la défaite ionienne

Cette défaite entraîne en Grèce continentale, en particulier à Athènes, une profonde réaction de tristesse. Toutefois, en 493, le poète Phrynichos, auteur d'une tragédie intitulée La prise de Milet dont il est déjà sujet plus haut dans cet article, est condamné à une amende de 1 000 drachmes pour avoir rappelé des évènements malheureux et fait fondre en larmes le public. Cette curieuse condamnation pourrait venir d'hommes soucieux de se ménager l'alliance des Perses dans les luttes de pouvoir des grandes familles athéniennes.

Cette révolte a attiré l'attention de Darius vers l'Occident et peut-être suscité en lui des idées expansionnistes, ou du moins le désir d'établir en Grèce même des régimes qui lui soient favorables. Le rôle joué par Athènes et Érétrie lui montre la nécessité d'imposer son autorité sur les deux rives de la mer Égée. Cependant, si l'on excepte le sort de Milet, Darius use d'une modération relative : il impose un fort tribut aux cités mutines mais leur laisse l'autonomie.

Première guerre médique

La campagne avortée de 492


Pour punir Athènes et Érétrie de leur aide aux insurgés ioniens et assurer leur domination sur l'Égée, les Perses préparent une expédition contre la Grèce continentale. Darius charge son gendre Mardonios de reprendre en main la Macédoine et la Thrace, théoriquement soumises mais dont les garnisons perses avaient été évacuées lors de la révolte de l'Ionie. Au printemps 492, Mardonios rassemble sa flotte et son armée en Cilicie, puis franchit l'Hellespont et traverse la Thrace et la Macédoine. La flotte fait voile vers Thasos, la soumet au passage, et suit la côte européenne jusque vers Acanthos.
Assaillie par une violente tempête au moment de doubler le cap du mont Athos, la flotte perd la moitié de ses navires. Mardonios doit donner l'ordre de la retraite, ce qui lui vaut d'être temporairement relevé de son commandement.

L’expédition perse de 490

Toute l'année 491 est consacrée aux préparatifs militaires et diplomatiques de cette offensive. De nombreuses cités grecques reçoivent des ambassadeurs demandant « la terre et l'eau », c'est-à-dire leur soumission. Certaines s'exécutent, mais Athènes comme Sparte refusent et mettent à mort les ambassadeurs perses, sans toutefois prendre de véritables mesures pour devancer la future offensive.

L'armée perse est dirigée par l'amiral Datis et le général Artapherne, fils du satrape de Lydie qui avait dû faire face à la révolte de l'Ionie et donc neveu de Darius. Le début de l'expédition est un succès : elle traverse cette fois directement la mer Égée, droit sur l'Eubée et l'Attique, après avoir pris au passage le contrôle de Naxos et Délos (490). Grâce à l'aide de la marine phénicienne, la domination perse est ainsi établie relativement aisément sur les Cyclades.

Hérodote n'a pas laissé de données chiffrées pour le nombre de soldats perses. D'autres auteurs anciens postérieurs ont avancé des chiffres totalement fantaisistes allant de 100 000 à 500 000 hommes. Les historiens contemporains considèrent qu'environ 25 000 hommes ont pu y participer, ce qui est déjà considérable pour l'époque. Au total, la flotte de Datis rassemble au moins 200 trières.

La prise d'Érétrie

L'expédition perse atteint la pointe méridionale de l'Eubée, ravage Carystos, qui refusait d'ouvrir ses portes, puis atteint Érétrie. 4 000 clérouques athéniens envoyés en renfort prennent la fuite et Erétrie se retrouve seule. Après six jours d'un siège meurtrier, des traîtres ouvrent les portes aux Perses. La ville est pillée, ses temples incendiés, sa population est capturée, enchaînée puis déportée en Basse-Mésopotamie, marquant ainsi la première étape de la vengeance du Grand Roi.


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Sujet / Message Re: Guerres médiques

Message par Syfou le Sam 4 Juin - 2:21

La bataille de Marathon

L'armée perse est conseillée par Hippias, l'ancien tyran d'Athènes qui espère pouvoir reprendre le pouvoir. Le débarquement a lieu en septembre 490 sur une plage d'environ quatre kilomètres de long qui borde la plaine de Marathon, à quarante kilomètres d'Athènes. Les Athéniens n'attendent pas l'ennemi derrière leurs remparts, mais, conduits par le stratège Miltiade, les hoplites athéniens et platéens, environ 10 000 hommes, se rendent à la rencontre des Perses. Ils sont accompagnés d'un nombre inconnu d'esclaves libérés peu avant et servant d'infanterie légère munie de frondes et de javelots. Le 13 septembre, les Perses décident d'attaquer Athènes par terre et par mer.

Les Athéniens doivent battre les Perses dans la plaine de Marathon, puis regagner leur cité pour la protéger d'une attaque par la mer. Miltiade connaît les points faibles de l'armée perse pour avoir combattu avec eux lors de l'offensive contre les Scythes. En effet cette armée est composée de soldats d'origines différentes, ne parlant pas les mêmes dialectes et n'ayant pas l'habitude de combattre ensemble. De plus, l'armement perse, avec des boucliers en osier et des piques courtes, ne permet pas les combats au corps à corps.

Au contraire, l'armement des Grecs est celui d'une infanterie lourde : les hoplites sont protégés par un casque, un bouclier, une cuirasse, des jambières et des brassards en airain (bronze). S'y ajoutent une épée, une lance longue et un bouclier fait de peau et de lames de métal. Enfin, les hoplites combattent en rangs serrés (phalange) leurs boucliers formant devant eux une véritable muraille.

Le choc est favorable aux Grecs : Hérodote prétend que 6 400 Perses furent tués, la plupart noyés en s'enfuyant, et qu'Athènes ne perd que 192 citoyens. Une fois le débarquement repoussé, les Grecs doivent rentrer précipitamment à Athènes pour empêcher que la flotte perse ne s'en prenne à la ville laissée sans défense.

Les navires perses ont besoin d'une dizaine d'heures pour doubler le cap Sounion et atteindre Phalère. Par une marche forcée de sept ou huit heures, déjà fatigués par la bataille qu'ils viennent de mener, les hoplites grecs arrivent environ une heure avant la flotte ennemie. Constatant l'échec de la manœuvre, les Perses renoncent à débarquer et battent en retraite.

Victoires perses, victoire athénienne

La victoire de Marathon devint symbolique pour les Grecs et confère un grand prestige à Athènes. Elle sert lors de la seconde guerre médique : désormais, les cités savent qu'elles peuvent battre les Perses sur le champ de bataille, et sans cette donnée morale, il est probable que la résistance à l'invasion de Xerxès dix ans plus tard aurait été bien moindre.

Pour les Athéniens, cette victoire représente une double réalité : tout d'abord un incontestable succès militaire qui permet de repousser le corps expéditionnaire perse, mais aussi une victoire qui met en valeur le rôle des soldats-citoyens que sont les hoplites dans la défense de la cité et de la démocratie. Les diplomates athéniens utilisent par la suite Marathon pour justifier leur hégémonie sur le monde grec.

Du côté perse, Marathon est un échec mineur. La campagne menée par Datis et Artapherne a atteint ses objectifs : le contrôle de la mer Égée et l'installation de gouvernements amis dans presque toutes les cités insulaires. Darius se détourne du front grec, car une révolte a éclaté en Égypte, dirigée par le satrape Aryandès. Selon Hérodote, cela l'empêche de lancer une expédition contre la Grèce qu'il prévoyait de diriger lui-même, car il consacre les derniers mois de son règne à réprimer la rébellion et meurt en 486 70. À cette date, l'empire perse est à son apogée territoriale. Son fils Xerxès Ier lui succède.

Seconde guerre médique

Les forces en présence

L'empire perse, avec ses 7 500 000 km2 et une population qui atteignait peut-être vingt millions d'habitants, semble beaucoup plus puissant que les États grecs qui comptent à peine un million d'habitants (estimation approximative) sur un territoire de 103 000 km2. De plus, les cités sont divisées : certaines restent neutres, d'autres, les « médisants », rallient les Perses. Beaucoup changent de camp tout au long de la guerre.

Armes et tactiques

Les historiens débattent encore de la valeur respective des armées perses et grecques. Certains considèrent que les Perses étaient beaucoup plus évolués et perfectionnés, avec une maîtrise supérieure de la cavalerie et de l'archerie, la poliorcétique, l'ingénierie, l'espionnage, les opérations militaires sophistiquées encore inconnues des Grecs. À l'inverse, d'autres insistent sur la supériorité de l'armement hoplite, avec son bouclier, sa lance en fer et sa cuirasse de bronze, ainsi que sur la discipline de la phalange. La culture guerrière exacerbée et exceptionnelle des Grecs, dans un état de guerre permanent à cause des perpétuelles luttes de voisinage entre cités, est aussi mise en avant pour expliquer leur résistance à l'invasion.

Bien que Xerxès possède une armée de métier permanente, ses soldats proviennent de tous les satrapies d'un immense empire multiethnique, leurs armes varient donc énormément selon les régiments : lances, massues, haches, épées à double tranchant en cuivre, arcs, javelots, dagues, etc.

Les casques en cuir ou en métal sont courants, les armures et boucliers plus rares. Enfin, les mercenaires grecs et les cités médisantes leur apportent le savoir-faire militaire de l'ennemi.
Les campagnes militaires perses débutent au printemps. Sur les champs de bataille, leur tactique consiste souvent à placer les archers à pied devant l'infanterie légère et lourde, la cavalerie encadrant l'ensemble et le général en chef se trouvant à l'avant.

La cavalerie perse, à cheval et à chameau, pouvant aussi bien livrer des charges frontales que harceler l'ennemi avec arc et javelines, surclasse celle des Grecs. Par contre, l'infanterie perse est inférieure aux hoplites grecs. Enfin, si les Perses ne sont pas une nation maritime, ils peuvent compter sur les flottes phéniciennes et égyptiennes, au moins aussi performantes que celles des Grecs pour la navigation ou l'abordage.

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Sujet / Message Re: Guerres médiques

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