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Sujet / Message L'Occident face à l'Islam

le Lun 9 Mar - 12:09
P:S / L'Occident face à l'Islam dans le sens, L'Occident contre l'Islam Arrow

Résistants Musulmans tueurs d'innocents?

Cheikh Ayman Al Zawahiri:

Avis à tous, Ce qui nous interpelle particulièrement est le phénomène de réversibilité du statut de terrorisme et de l’image du terroriste. Les résistants français, avant de s'appeler eux-mêmes « résistants », sont qualifiés de « terroristes » par l'occupant allemand et par le gouvernement de Vichy. Et comble de l’insolence c’est cette complaisance qu’a la France à nommer les résistants palestiniens ou irakiens « terroristes » tandis qu’elle reconnait elle-même que la Palestine est un territoire occupé.

Et malheureusement ce phénomène se répète encore et toujours comme pour les terroristes vietnamiens face aux gentils américains, les terroristes algériens face aux gentils français, etc.

Comment alors encore s’étonner par le fait que les Moujahidines, dont ceux d’Al-Qaeda engagés sur plusieurs fronts, soient taxés de terroristes ? Plus encore comment cautionner, croire, et propager ces accusations ? L’histoire ne témoigne-t-elle pas de ce double langage ?

Sans parler du fait que les informations qui nous parviennent, nous sont transmises par ceux-là même qui qualifient les Moudjahidines de terroristes. De quelle impartialité parle-t-on ? Lorsque l’on nous dit : « Al-Qaeda pose des bombes dans les marchés et dans les mosquées en Irak», jamais Al-Qaeda n’a reconnu cela et jamais elle ne l’a défendu. Plutôt, il a été prouvé que l’armée américaine utilise des mercenaires et des escadrons de la mort qui sont prêts à tout pour l’argent. Quant à ceux qui s’offusquent de voir des irakiens combattre d’autres irakiens, je vous renvoie à l’histoire des collaborateurs de Vichy et autres harkis.

Qui sont réellement les terroristes ? Qui tue les innocents ? Une chose est sûre, il est facile de faire porter le chapeau à Al-Qaeda mais vous ô musulmans, comment osez-vous croire les media de ceux qui tuent vos frères ?
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Sujet / Message Re: L'Occident face à l'Islam

le Lun 7 Mar - 0:04
De l'offensive de l'islam aux révoltes européennes

Les signes précurseurs d'un conflit meurtrier au cœur du 21eme siècle

En ce début de siècle, partout en Europe les mêmes causes produisent les mêmes effets :

- depuis 30 ans, une immigration massive de populations dont la religion et les cultures ne sont pas celles des populations européennes

- un repli communautaire et un refus d'assimilation aux nations qui les accueillent

- une montée du prosélytisme islamique dont l'objectif est, à terme, la prise du pouvoir politique pour imposer un joug tyrannique et moyenâgeux

- une délinquance massive de jeunes individus issus de l'immigration pratiquant une violence extrême et brutale

- une intensification de scènes de guerre et de trafics illicites dans des zones de non-droit islamisées

- une irresponsabilité et une incompétence édifiantes des politiques pratiquant la culture de l'excuse et le clientélisme électoral affaiblissant ainsi l'état régalien

- la compromission des politiques au pouvoir avec les représentants de l'islam

- des manifestations de plus en plus nombreuses de populations européennes qui refusent de voir leurs pays s'islamiser, se communautariser et se fragmenter

Nous assistons donc à une destruction progressive de l'Europe, de ses peuples et de ses valeurs dont les prémices peuvent aboutir à une guerre civile en plein 21eme siècle .

Allons-nous sacrifier l'avenir de nos enfants, de nos pays et de notre civilisation ?

Ce blog pour vous alerter en images des menaces graves qui pèsent sur notre avenir

Mais surtout ce blog pour vous informer des actions de résistance qui s'organisent. Rejoignez les pour combattre !

En mémoire du combat de nos lointains ancêtres et de leur chef Charles Martel au 8eme siècle


En mémoire des souffrances de nos ancêtres dans les guerres de religions au 16eme siècle

En mémoire du combat pour la liberté de nos aînés contre les tyrannies du 20eme siècle

Face à l'inacceptable, face à l'omerta des politiques, citoyens français, citoyens européens, révoltez vous !

Agissez comme s'il était impossible d'échouer. Winston Churchill

________________________________

Soutenons l'appel de Paris contre l'islamisation de nos pays

En 2011, entrez vous aussi, en résistance !

Lire le reste de l'article sur:

http://revolteseneurope.over-blog.com/article-la-finance-islamique-envahit-l-economie-fran-aise-avec-la-complicite-d-une-ministre-ump-d-un-ex-ministre-fondateur-de-ce-parti-de-fonctionnaires-du-cnrs-d-affairistes-et-de-musulmans-66413371.html

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Sujet / Message Re: L'Occident face à l'Islam

le Ven 11 Mar - 22:05
France:Luc Chatel ne veut pas de mères voilées pour accompagner les sorties scolaires



En réponse à un différend qui opposait des parents d'élèves à la directrice d'une école de Seine Saint-Denis, le ministre de l'éducation, Luc Chatel, a tranché. Dans une lettre datée du mercredi 2 mars, il a donné raison à la directrice qui refusait la participation d'une mère d'élève portant le voile islamique aux sorties scolaires.

Considérant que dans ce type de situation, les parents d'élèves se placent dans une "situation comparable à celle des agents publics", ils doivent donc accepter "de se soumettre aux principes fondamentaux de ce service public", qui impliquent "la neutralité".

Cette décision est en contradiction avec les positions précédentes du ministère, fondées sur une délibération de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde), qui en 2007 avait jugé ce type de refus discriminatoire. Pour le ministre, interrogé dans Le Parisien daté jeudi 3 mars, cette évolution permet d'édicter une "règle claire sur laquelle pourront s'appuyer les directeurs d'école".

"Il ne faut pas transiger avec la laïcité", ajoute M. Chatel qui estime au passage que le débat sur la laïcité, lancé par le président de la République et l'UMP est "un bon débat".


lemonde.fr

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Sujet / Message Re: L'Occident face à l'Islam

le Sam 19 Mar - 0:43
مقطع نشرته احدى الوكالات الامريكيه وحذرت من ما سيحدث عام 2016

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Sujet / Message Re: L'Occident face à l'Islam

le Lun 28 Mar - 22:33
France
Islam : demain j’enlève le débat


Chez nous, c’est laïque. Ça ne se discute pas.



Alors qu’en terre d’islam, les peuples se mettent à congédier leurs dictateurs en rêvant, semble-t-il, de démocratie, je perds patience devant les hésitations, les prudences et les lenteurs de notre vie démocratique pour résoudre les problèmes que nous pose l’islam et je me mets à rêver de dictateur.

Ça branle dans le manche en Arabie. Les gens se rebiffent contre ces souverains qui règnent en pachas. Des foules excédées et déterminées font tomber des tyrans. Les régimes ne tiennent que par la répression et les plus féroces étouffent dans l’œuf toute tentative de rassemblement populaire comme en Iran, en Algérie ou à Gaza. Au Yémen, le président débordé tente de rappeler à son bon peuple que tous les problèmes viennent de Tel Aviv mais ça ne prend plus ou en tout cas, ça ne suffit plus. Ce n’est pas une révolte, c’est une révolution. Ou plutôt des révolutions.

Ben Ali est tombé à la première secousse dans un piège vieux comme l’Etat d’Israël. Une puissance qu’il croyait alliée lui a conseillé un exil provisoire et il a perdu son pays. Tant mieux pour les Tunisiens qui ont sûrement à cœur de reprendre la main sur les affaires nationales, de travailler à la renaissance d’une société libre et prospère où il fera bon vivre et rester au pays.

Moubarak a vu le coup venir mais lâché par Barak, il est resté mou et a dégringolé du haut de ses pyramides. La place Al-Tahrir a retrouvé son calme et si, à l’heure de la grande prière, on y entend des imams qui prêchent le meurtre des juifs, ça ne cause pas le moindre trouble à l’ordre public. Espérons que les fidèles écoutent leurs autorités religieuses avec aussi peu de sérieux que les Occidentaux éclairés suivent les préceptes du Pape. Espérons qu’ils retrouvent leur esprit quand ils se relèvent et retournent sur le net.

Kadhafi a besoin, pour tenter de maintenir son emprise sur la Libye, de mercenaires et de soutiens tribaux. Comme en Côte d’Ivoire, l’unité de la nation est un leurre et les fractures sont claniques ou tribales. Cette réalité politique, nous autres Européens la connaissons bien puisqu’elle s’esquisse à Marseille, se précise en Corse ou en Sicile. Et elle s’oppose à toute transition démocratique en Afrique. On voit bien dans ces contrées archaïques où sont les tyrans et les mafieux mais où est le peuple ? Peut-on alors parler de révolution populaire ou plutôt de renversements d’alliances et de guerres civiles ?

Ne péchons pas par excès d’occidentalo-morphisme

Ne nous emballons pas sur l’air du printemps des peuples arabes! En Irak, on a vu tomber la statue du Commandeur et depuis, les attentats sont quotidiens. On peut répéter bêtement que Bush est coupable mais ce sont des Irakiens qui s’entretuent et qui continueront de le faire bien après que les Américains seront partis. Partout, les imams dénoncent la corruption des régimes et rejoignent, dans les termes, les démocrates dans leur critique des tyrans occidentalisés. Mais les Iraniens ont compris à leurs dépens que la vertu des nouveaux maitres peut être plus effrayante que les magouilles des anciens.

Réjouissons-nous cependant que les voleurs soient chassés, espérons que les assassins seront pendus et que les hommes libérés (pour les femmes, on va attendre un peu) sauront décourager les vocations de raïs et remettre les inquisiteurs à leur place mais gardons-nous de pécher par excès d’occidentalo-morphisme en plaçant trop haut la barre démocratique. Le pouvoir au peuple, ça fait rêver mais qu’est ce qu’un peuple souverain sans l’égalité des droits entre les citoyens, sans individus émancipés de l’emprise de leur religion, de leur communauté, de leur clan ou de leur tribu, sans hommes et femmes éduqués, mangeant à leur faim et désireux de dépasser le sentiment d’humiliation et le désir de revanche ? Que deviendront ces masses en fusion, des nations en marche vers l’état de droit ou des collectivités livrées à leurs fureurs ? Quelle voie suivront-elles, celle des Juifs sionistes ou celle des Allemands nazis ? Espérons que les Arabes emprunteront la bonne route. Espérer, c’est tout ce que nous pouvons faire, nous ne sommes pas chez nous.

Si on ne doit pas faire la loi chez les autres, on peut encore, il faut y croire, la faire chez nous où l’heure n’est pas aux révoltes mais aux débats. On ne tire pas en l’air mais on commence à parler dans le vide. Les montagnes de parlottes et d’écrits sur l’identité nationale – ou plutôt sur le danger qu’il y aurait à en parler – ont accouché de souris, ce qui est toujours bon à prendre mais ne suffit pas. On a raison de débattre de la question essentielle de la nation qui est celle de son essence mais après, on fait quoi ? Y a-t-il dans ce pays quelqu’un pour choisir, décider, trancher et discriminer dans l’intérêt supérieur de la nation ? Y a-t-il un pilote dans l’avion nom de dieu ?

À quoi bon constater au sommet de l’Etat l’échec du multiculturalisme quand l’Education nationale continue de dispenser des cours de langue et de culture arabes ? À quoi sert-il de constater, avec toutes les réserves d’usage, le rapport ténu entre immigration, échec de l’intégration et insécurité, quand on bat des records d’Europe en matière d’accueil des étrangers et qu’on s’en félicite ? Pourquoi promettre une guerre contre le crime quand on ne peut rien exiger de juges qui font de la politique au tribunal et que les flics sont si peu autorisés à tirer quand on les affronte à l’arme lourde ? Est-ce pour cacher cette impuissance qu’un roulement de tambour annonce un nouveau débat ?

La France n’a pas besoin d’un débat sur l’islam mais l’islam a besoin d’un débat sur la France

On devait parler d’islam, on parlera de laïcité. On préfère les recadrages collectifs aux frappes ciblées. Il aurait été regrettable et discriminatoire de ne pas aborder les problèmes que posent les autres religions. Pour ne pas donner l’impression qu’il y a en France deux poids, deux mesures, chacun va pouvoir dire ce qu’il pense des juifs qui brûlent le Code pénal, des bouddhistes qui cognent les médecins, des catholiques qui refusent qu’on enseigne la Saint Barthélémy à leurs enfants, des protestants qui prient dans la rue et des adorateurs de la petite sirène qui veulent des horaires de piscines séparés pour qu’on ne rigole pas de leurs écailles.

Sans rire, on entend bien Mélenchon dénoncer le concordat alsacien, Caroline Fourest s’inquiéter des pratiques catholiques et un paquet d’autres s’étonner à haute voix que la collectivité entretienne les cathédrales. On peut les laisser dire mais si on les laisse faire, on finira par s’excuser d’avoir une histoire et un patrimoine.
En réalité, la France n’a pas besoin d’un débat sur l’islam mais l’islam aurait sûrement besoin d’un débat sur la France ou sur le monde libre en général pour savoir s’il a envie d’en faire partie. Les Français connaissent tous le sens du mot « laïcité » et si les derniers arrivés n’ont pas bien compris, qu’on leur adresse un exemplaire du règlement intérieur ou qu’on leur fasse un résumé des épisodes précédents. Pourquoi nous faut-il subir ce bla-bla ? Pour expliquer à la religion d’importation récente, sans la montrer du doigt car il ne faut surtout pas stigmatiser, que nous n’avons pas réduit nos corbeaux à l’impuissance pour nous laisser emmerder par des barbus venus d’ailleurs ?

Il n’y a rien à négocier alors de quoi parlerons-nous ? D’un financement public des mosquées ? J’entends déjà les termes du chantage qu’on nous présente comme un compromis raisonnable : l’argent saoudien, les prières dans la rue et les imams terroristes ou la main à la poche du contribuable. Mais comment ont fait et font encore les autres culs-bénits ? Nous avons la laïcité la plus avancée d’Europe, n’y touchons pas ! Les peuples de l’Union qui se sont raisonnablement accommodés avec leurs religions anciennes sont aujourd’hui assiégés par des revendications nouvelles. L’Europe sécularisée n’est pas une forteresse abritant un club chrétien, juste un barrage filtrant qui ouvre l’espace public à tous les individus et le ferme à leurs exigences religieuses.
Les termes de ce « débat » pourraient tenir dans un tract : « La République laïque, tu l’aimes, tu te débrouilles pour ton temple et tu restes discret ou tu la quittes ». Voilà comment ça a toujours marché pour les fous de dieu et les indélicats qui pratiquent l’impérialisme culturel. Un tract et une trique, et un chef pour manier habilement des deux, vite, avant qu’un dictateur s’impose.

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Sujet / Message Re: L'Occident face à l'Islam

le Jeu 31 Mar - 12:47
Révolution 2.0 en Iran

La chute de Ben Ali et de Moubarak a ressemblé dans une certaine mesure à celle du Shah d’Iran en 1979. La perte des repères religieux, la corruption et une redistribution des richesses perçue comme injuste par les couches les plus populaires sont en effet des vecteurs communs. Vu de l’Iran des mollahs, la situation pouvait être interprétée par ce parallèle simpliste. Et la voie de sortie « islamiste » pour la Tunisie et l’Égypte était tout aussi simpliste. Sauf que la révolution islamique s’essouffle : elle est concurrencée par une autre révolution, de même nature que celles du « printemps arabe ».

En Iran, les obstacles à la réussite individuelle d’une jeunesse de plus en plus éduquée et à l’expression des libertés civiles sont le terreau d’une nouvelle révolution dont les jeunes iraniens de 15-30 ans sont les principaux acteurs. En effet, cette frange de la population, qui n’a connu que le conditionnement politico-économique de la mollarchie, tend invariablement vers une reconnaissance de l’individualité et de la réussite économique, aux antipodes de la vision collectiviste du modèle prôné par la révolution islamique.

Globalement les moins de 30 ans, qui sont nés après la révolution de 1979, représentent près de 57,5% (sources : Nations Unies) de l’ensemble de la population iranienne, soit près de 43 millions de personnes. En effet, 36% des jeunes adultes (source : UNESCO) sont inscrits dans l’enseignement supérieur en 2008 contre 18 % en 2002. Au-delà de cette évolution, les aspirations d’élévation du niveau de vie sont réelles d’autant plus que le chômage touche en priorité la classe d’âge des 15-29 ans : le taux s’élève à près de 26% de celle-ci. Et devant la rigidité du régime iranien, la jeunesse expose son mécontentement au monde entier à travers les nouveaux moyens de télécommunication qui franchissent allègrement les frontières.




Leur frustration légitime s’expose à travers internet et ses blogs. Le taux d’utilisation d’Internet a explosé avec une croissance de 13.180% entre 2000 et 2010 (source : Internet World Stats), notamment sous l’impulsion des 15-30 ans. Les quelques 700.000 blogs iraniens sont devenus des micro-laboratoires démocratiques où s’échangent idées socio-politiques et espoirs de changement institutionnel.

Internet a bouleversé les schémas traditionnels du développement des idées en Iran. L’accès à l’information permet ainsi aux concepts nouveaux de franchir les frontières physiques de l’Iran. De même que la toile fournit une ouverture sur l’échange d’idées susceptibles de faire émerger des innovations comportementales, telle que la recherche de la reconnaissance de la citoyenneté politique, comme l’a montré le slogan de la révolution verte : « Where is my vote ? » (Où est passé mon vote ?)

Le canal de l’émancipation de cette jeunesse se trouve donc dans sa capacité à se projeter dans la société de l’information à travers les réseaux sociaux. À son contact, ces 15-30 ans affirment leurs désirs de liberté, de démocratie et d’émancipation individuelle. En un mot, ils deviennent moins fatalistes. Par l’utilisation de la toile, le jeune iranien accroît son stock de connaissances susceptibles de modifier ses schémas d’action et de compréhension de son environnement. Par ricochet, il s’accapare les manières les plus efficaces à la prise en main de sa destinée et à l’amélioration de son existence économique, politique et sociale.

Par ces nouveaux moyens de communications, les regards croisés sur l’extérieur alimentent cette jeunesse de concepts et modèles propices à l’éveil de l’individualisme bien compris du jeune iranien. La capacité de la toile à montrer les opportunités d’une liberté accrue autant dans la sphère individuelle que collective devient un moteur du changement lancinant chez les jeunes iraniens.

Cette part de la population qui a toujours vécu dans le carcan de l’ordre moral de la Révolution aspire à plus d’individualité, dans son sens politique et économique. La poussée de l’individualisme prône une nouvelle reconsidération de l’expression non entravée des opinions et de l’action réalisée dans la sphère privée, comme publique. Autrement dit, cette jeunesse désire développer ses talents, ses dons reçus et cultivés, dans un état de réciproque tolérance. Elle trouve alors dans l’Occident les sources de ses espoirs de liberté.

Au fur et à mesure que le niveau d’éducation progresse et que l’économie iranienne n’offre que peu de débouchés à cette jeunesse, celle-ci se tourne vers l’extérieur pour recouvrer un espoir. Face à l’échec de l’intégration des jeunes diplômés dans le marché domestique du travail, l’étranger est ainsi vu comme une échappatoire. D’ailleurs, la diaspora iranienne, évaluée à 2 à 3 millions de personnes à travers le monde, alimente les rêves d’ascension et de réussite sociale pour cette jeunesse restée au pays. De là, né un clivage profond entre les aspirations à ce bien-être individuel dans son expression consumériste et de liberté civile et les possibilités de l’atteindre, couvant ainsi les antagonismes grandissants entre les ainés protégés (insiders) et la jeunesse délaissée (outsiders).

L’ouverture à l’information de la jeunesse de ce pays sur les réussites de la diaspora iranienne dans les pays Occidentaux, mais aussi la révolte des pays arabophones en quête de liberté politique et économique exercent une pression grandissante sur le fatalisme généré par l’archaïsme du régime actuel. Ce processus met en exergue la profonde mutation en œuvre en Iran à travers une jeunesse avide d’une liberté nouvelle qui pourrait garantir les succès individuels, mais aussi collectifs. En cela, la jeunesse iranienne constitue le véritable moteur du changement vers le chemin long et délicat de la liberté.

(*) Nicolaye Lamy est docteur en sciences économiques, franco-iranien.

Article paru originellement sur UnMondeLibre.org.

http://www.contrepoints.org/2011/03/31/19368-revolution-2-0-en-iran

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" Il ya deux manières d'ignorer les choses:
La première, c'est de les ignorer;
La seconde, c'est de les ignorer et croire qu'on les sait.
La seconde est pire que la première."



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Sujet / Message Re: L'Occident face à l'Islam

le Lun 25 Avr - 9:02
France, Grande-Bretagne, Espagne, les suspects font désormais office de coupables

Quand les services de renseignement construisent un nouvel ennemi

« Nous sommes entrés dans une nouvelle période de l’histoire du terrorisme. Moins régionale et nationale, cette nouvelle phase est caractérisée par un terrorisme suicidaire, des attentats menés par des terroristes qui cherchent à infliger volontairement des dommages massifs à des civils et qui appartiennent à des groupes qui n’ont aucun intérêt à la négociation . » A la suite des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, Mme Eliza Manningham-Buller, directrice générale du Security Service britannique (MI5), résumait ainsi fidèlement les difficultés politiques que les groupes de type Al-Qaida posent aux autorités et aux services de renseignement occidentaux.

La lutte contre le « terrorisme » n’est en effet pas aussi univoque que pourraient le laisser penser les viriles déclarations de fermeté de nombre de ministres de l’intérieur (on se souvient du « il faut terroriser les terroristes » de M. Charles Pasqua). Elle résulte au contraire de multiples transactions entre les gouvernements, les agences de renseignement et les groupes clandestins, dans lesquelles chacun fait jouer ses intérêts politiques ou organisationnels, et tente d’imposer sa « vérité ».

Ainsi le « terrorisme » ne décrit pas une réalité objective qui s’imposerait à tous. L’armée allemande utilisait ce terme pour parler des résistants français, la Russie le fait pour les combattants tchétchènes et aucun groupe clandestin ne se revendique comme tel, préférant selon les cas « combattants de la liberté », « nationalistes », « avant-garde du prolétariat », « soldats de l’islam », etc. L’apposition du label « terrorisme » n’est de la sorte qu’un instrument de délégitimation de certains mouvements et de leurs revendications.

Vecteur de la violence d’Etat

C’est ce qui explique à la fois l’impossibilité d’arriver à une définition unanime dans le temps et dans l’espace et les stratégies différentes qui sont employées par les gouvernements pour y faire face : non-intervention, pression, négociation, répression policière, voire action militaire. Ces réponses dépendent des rapports de forces politiques entre les parties en présence, de leur évolution, comme des objectifs des groupes clandestins et de leurs modes d’action.

Dans la régulation de cette violence politique, les services de renseignement occupent une place centrale. Leur travail de repérage, d’identification et de surveillance offre aux autorités des informations leur permettant d’anticiper l’apparition et l’évolution d’une crise, d’élire des interlocuteurs, ou d’être au courant des stratégies de leurs adversaires. Mais leur rôle ne se borne pas, tant s’en faut, à celui de simples outils au service de la décision politique. De la disqualification publique de certains groupes au sabotage de leurs actions ou à la destruction – morale, et dans certains cas, physique – de leurs leaders, en passant par la démoralisation des militants ou l’exacerbation des tensions internes, les stratégies qu’ils utilisent sont nombreuses .

Dans le cas des renseignements généraux (RG) français, ce fut même l’objet exclusif de certaines sections, aux méthodes discrètes et parfois illégales, comme la section manipulation, le groupe des enquêtes réservées, ou de cellules opérationnelles plus informelles. En Espagne, le Cesid appuya les groupes antiterroristes de libération (GAL), qui assassinèrent des réfugiés basques, en France, à la fin des années 1980 ; en Grande-Bretagne, des services de renseignement participèrent à l’élaboration des pratiques de « shoot to kill » destinées à éliminer des militants présumés de l’Armée républicaine irlandaise (IRA). Ils sont de la sorte un vecteur – partiellement autonome – de l’exercice de la violence d’Etat, dont l’action influe tant sur les stratégies des groupes clandestins que sur celles des autorités.

Plus encore, leur travail routinier de sélection des informations, d’analyse, d’interprétation et de prospective participe à la délimitation du jeu politique. En qualifiant ou en disqualifiant certains interlocuteurs sur la base de leurs propres appréciations, les services de renseignement leur permettent ou non d’y participer. Ils apparaissent ainsi comme des gardiens – souvent méconnus – de l’ordre politique, et leurs modes de perception pèsent sur sa définition et son fonctionnement.

Par-delà leur diversité, les membres des services de renseignement ont en commun d’accorder une place centrale aux rapports de forces politiques. Leurs principes d’action s’opposent à ceux du monde judiciaire, pour lequel le rapport au droit (à la loi) est central. Même dans le cas où ces agents sont des policiers, ce qui les éloigne de leurs collègues des services de police judiciaire ou des polices urbaines est plus qu’une différence de missions. Réalisant l’essentiel de leur carrière professionnelle au sein même des services de renseignement, ils vont en intérioriser les pratiques, les routines bureaucratiques et les visions du monde héritées de leur histoire.

Cet apprentissage fabrique des dispositions spécifiques, qui se caractérisent par un intérêt pour le jeu politique, une maîtrise pratique de ses enjeux, et par un attachement à l’ordre légitime et à sa conservation. Elles sont une importation des logiques du soupçon propres aux policiers en général dans l’activité politique et expliquent la récurrence des explications en termes de « complot » et de « manipulation ».

Au prisme d’une vision menaçante

L’une des manifestations les plus claires de ces dispositions est le degré d’organisation que les services de renseignement prêtent à leurs adversaires dans leurs rapports et leurs synthèses. Ils ont tendance à voir derrière la moindre initiative locale un élément d’une stratégie politique globale, et à considérer des groupes ou des individus autonomes comme les agents d’une organisation occulte et structurée. Directeur des RG de 1992 à 2004, M. Yves Bertrand commentait en ces termes la surveillance des discours tenus dans les mosquées : « Nous avons par exemple été particulièrement vigilants après les attentats du 11 septembre 2001. Nombre d’observateurs s’attendaient à des dérapages nombreux (...). Curieusement, les responsables des mosquées et des associations ont très bien contrôlé leurs troupes ; ce qui, d’ailleurs, n’est pas pour nous rassurer. Cela signifie (...) que la communauté est très bien contrôlée par ces associations . »

Dans ce type d’analyse, le calme est pire que la tempête, car il dissimulerait quelque chose de plus inquiétant. Au prisme de cette vision menaçante du monde et de la prédominance donnée au caché sur le visible, la réprobation quasi unanime de ces actes sanglants devient ainsi une préoccupation supplémentaire, qui constitue une nouvelle justification de leur travail de surveillance. Si elle n’est pas forcément cynique, cette volonté de « grandir » la menace assure aux agents de renseignement de forts profits, tant matériels (moyens, budget) que symboliques (importance des services, reconnaissance personnelle).

En ce qui concerne l’islam, la surveillance des communautés musulmanes, et notamment des lieux de culte, des leaders et des associations religieuses, ne date pas des attentats contre le World Trade Center et le Pentagone. Elle constitue l’une des routines du contre-espionnage, les services d’un certain nombre de pays d’émigration (notamment du Maghreb) utilisant depuis longtemps les infrastructures religieuses pour contrôler leurs exilés.

Mais l’intérêt des agences de renseignement occidentales pour les communautés musulmanes va prendre une tournure assez différente à la suite d’un certain nombre d’événements internationaux liés à l’islamisme politique. En France, les principales étapes du développement des sections spécialisées ont été la révolution iranienne de 1979, la situation au Proche-Orient, les attentats du réseau Fouad Ali Saleh de 1985-1986, et surtout la guerre en Algérie après juin 1991, qui devait déboucher sur une nouvelle vague d’attentats en 1995. Les services de renseignement vont de la sorte concentrer leur attention sur les activités des groupes islamistes armés (algériens essentiellement), que ce soit pour contrer leurs velléités d’actions violentes sur le territoire ou pour perturber le travail logistique qu’ils peuvent y mener (propagande, recrutement, circuits de financement, etc.).

En Grande-Bretagne, l’attention de ces services pour les musulmans vient de l’afflux de réfugiés pakistanais, ou de Frères musulmans pourchassés dans les anciennes colonies britanniques. Elle resta cependant longtemps marginale en raison de la focalisation sur le conflit nord-irlandais. En Espagne, le changement est plus récent encore, la question basque ayant jusqu’à une date récente occupé la quasi-totalité de l’énergie des services.

Les attentats du 11 septembre 2001 et du 11 mars 2004 ont de la sorte réorienté à des degrés divers l’activité de ces agences. Mais, surtout, ils ont sérieusement modifié les modes historiquement constitués de régulation de la violence politique auxquels les agences étaient habituées. C’est d’abord l’irruption brutale en temps de paix, sur le territoire d’un Etat occidental, de crimes de masse, indifférents à la qualité (sociale, politique, voire confessionnelle) des victimes. Plus encore, ces attentats subvertissent les principes de vision et de division fondamentaux du champ politique. Les groupes qui en sont à l’origine ne s’appuient pas sur des bases et des revendications ethno-nationalistes ou de classe, qui, jusque-là, structuraient la violence politique, et continuent de le faire dans de nombreux conflits, y compris dans ceux qui impliquent des mouvements radicaux musulmans (en Palestine ou en Tchétchénie, par exemple).

Non seulement les mouvements se réclamant d’Al-Qaida semblent faire fi des traditionnels processus politiques de négociation, mais leur autonomie, tant tactique que stratégique, et leur absence de base territoriale ou sociale compliquent largement la construction de cet échange. A la différence d’autres groupes clandestins, pour lesquels les services de renseignement avaient des interlocuteurs identifiables – liés aux mouvements eux-mêmes, à des vitrines politiques, ou à des gouvernements leur apportant leur soutien –, ce type d’organisations apparaît comme un « ennemi anonyme et sans visage ».

Il s’agit donc de repérer au sein des communautés musulmanes quels sont les individus susceptibles de rejoindre les rangs des groupes radicaux. S’ils continuent à surveiller les mosquées, les prêches, les associations culturelles, etc., certains services de renseignement vont avoir de plus en plus recours à l’élaboration de « profils », de « figures » typiques. Fondant leur travail sur des études de cas d’individus impliqués dans des actions clandestines, ils vont élaborer des trajectoires sociales modales et apporter une vigilance particulière aux activités de ceux qui répondent à ces propriétés.

C’est ainsi qu’une origine étrangère (et particulièrement d’un pays musulman), un niveau d’études relativement élevé, la fréquentation de telle ou telle association ou mosquée (« fondamentaliste » ou « salafiste » surtout), des voyages fréquents, une rupture professionnelle et des séjours à l’étranger, etc. déclenchent presque automatiquement l’attention des agences de renseignement. Il en va de même pour les « convertis », qui deviennent la métaphore de l’ennemi invisible, fondu dans la population et bénéficiant de tous les avantages que procure la nationalité (libre circulation, protection juridique, facilités administratives, etc.).

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Sujet / Message Re: L'Occident face à l'Islam

le Lun 25 Avr - 9:13
En ligne de mire, l’islam

La difficulté de la tâche, alliée à l’inquiétude légitime des différents gouvernements face à cette menace et à leur relatif désarroi pour y faire face, expliquent et légitiment les plaidoyers pour la limitation des libertés et la mise en place de moyens d’exception, qu’ils soient policiers ou judiciaires .

A bien des égards, on pourrait dire que l’on assiste à une reconfiguration de l’équilibre entre les logiques du renseignement (la suspicion) et celles du judiciaire (l’administration de la preuve). La figure du suspect devient plus importante que celle du coupable. Le camp de Guantanamo incarne l’exemple le plus frappant de ces logiques de renseignement : enfermer des individus pour leur soutirer des informations en s’affranchissant des garanties juridiques élémentaires qui les protègent. Mais, pour extrême qu’il soit, cet exemple n’est pas isolé. En Grande-Bretagne, l’Anti-terrorism, Crime and Security Act, modifié en décembre 2001, a permis la mise en détention illimitée de personnes suspectes d’être des terroristes internationaux sans que leur culpabilité ait été juridiquement établie (voir « Un contrôle incontrôlable »).

En France, l’application très extensive de la législation antiterroriste de 1986 (et notamment les incriminations d’« association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ») permet des stratégies dites du « coup de pied dans la fourmilière », qui consistent à arrêter massivement des individus qui pourraient entretenir un lien avec des groupes clandestins afin de « désorganiser les réseaux ». Et peu importe si l’immense majorité, après avoir passé jusqu’à vingt-quatre mois en détention préventive, est innocentée lors des procès. En règle générale, en matière de « terrorisme islamiste », le rapport entre le nombre d’arrestations, le nombre d’inculpations et de culpabilités avérées est totalement disproportionné.

Mais la suspicion ne s’arrête pas à la lutte antiterroriste, elle s’étend également à la loyauté des communautés musulmanes, particulièrement en France. Passé au prisme des dispositions antisubversives des agents des services de renseignement, tout élément, fait ou activité culturelle et religieuse va être relié à des velléités politiques de subversion de l’ordre établi provenant d’organisations structurées et avançant masquées.

C’est ainsi que les services français portent une attention particulière aux groupes musulmans prosélytes, tels que la Jama’a at-Tabligh, qui prêchent dans les quartiers populaires. De la même manière, ils sont attentifs au rôle que peuvent jouer certaines associations ou leaders religieux dans l’apaisement des tensions au sein d’une cité. Ne pouvant toutefois mesurer l’impact direct de ces influences, ils vont recourir à la notion vague de « communautarisme », censée menacer l’unité républicaine par l’exaltation d’une identité « musulmane ».

Les RG français ont même élaboré une grille de comptabilité du repli communautaire des quartiers, sur la base de huit indicateurs : « nombre important de familles d’origine immigrée, pratiquant parfois la polygamie » ; « tissu associatif communautaire » ; « présence de commerces ethniques » ; « multiplication des lieux de culte musulman » ; « port d’habits orientaux et religieux » ; « graffitis antisémites et anti-occidentaux » ; « existence, au sein des écoles, de classes regroupant des primo-arrivants, ne parlant pas français » ; « difficulté à maintenir une présence de Français d’origine ». Ces indicateurs réactivent l’image de l’intégration républicaine, liée au modèle historique de développement de l’Etat, et caractérisée par l’effacement des différences régionales et culturelles. Ils permettent ainsi de rappeler à l’ordre tout ce qui semble contester ce modèle de référence.

Or, il importe d’être particulièrement prudent. Les adhésions religieuses peuvent revêtir les formes les plus diverses. Il existe un ensemble de positions qui se déclinent sur un axe allant d’un pôle spirituel à un pôle plus culturel. Ces positions renvoient à des motivations très différentes et génèrent des pratiques, des comportements et des usages sociaux de l’islam sans lien entre eux.

Quoi de commun entre un(e) étudiant(e) féru(e) de théologie et un(e) adolescent(e) en situation de déqualification sociale, qui se « bricole » une identité visant à restaurer des formes de dignité personnelle, et dans lesquelles l’islam peut jouer un rôle (6) ? Quoi de commun entre la diabolisation de l’Occident prêchée par certains leaders religieux, les critiques de la politique israélienne menées par des associations communautaires, et la radicalité du discours de certains jeunes de cités qui, de la même manière que des ouvriers précarisés vont voter pour le Front national pour marquer une ultime frontière avec le groupe dans lequel ils appréhendent de tomber, vont rejeter sur les « femmes », les « juifs » ou « l’Occident » la responsabilité de leur situation actuelle ? Rien. Les logiques, les mobiles et les manifestations sont différents. Chacun peut bien sûr donner lieu à des actes ou des gestes intolérables, qu’il faut combattre, mais sans faire d’amalgame et sans tout mélanger.

Ce que s’empressent de ne pas faire nombre de marchands de peur intéressés à produire une image apocalyptique du monde, qui sert leurs intérêts économiques ou politiques. Alors que les travaux sur des individus qui sont entrés dans l’action violente insistent sur la singularité des trajectoires et des histoires de vie qui ont conduit au passage à l’acte , MM. Alain Bauer et Xavier Raufer, parmi d’autres, n’hésitent pas à faire d’un incendie volontaire un « attentat de basse intensité », ou encore à affirmer qu’« à partir de ces zones de non-droit inaccessibles aux forces de l’ordre et grouillant d’armes de guerre, assurer la logistique d’un réseau terroriste est stricto sensu un jeu d’enfant ».

Ces explications télescopent l’image d’une religion conquérante, homogène et guerrière, construite dans certains cénacles stratégistes en mal d’ennemi global après la chute de l’URSS et l’essor relatif des revendications liées à l’exercice du culte musulman dans les pays occidentaux, pour les agréger dans une même totalité menaçante.

Quant à la critique du « communautarisme » telle qu’elle se développe dans les discours d’Etat, elle pourrait bien n’être qu’une manière de s’exonérer à bon compte des effets dévastateurs des politiques économiques et sociales qui sont conduites depuis une vingtaine d’années. En 2004, 33 % des 20-29 ans résidant des zones urbaines sensibles (ZUS) étaient chômeurs ou inactifs (sans être en formation), contre 12 % au niveau national. Les immigrés non européens qui y vivent ont 17,2 fois moins de chances de trouver un emploi que leurs homologues nationaux . Si l’on ajoute à cela l’absence de droits politiques des uns, l’auto-exclusion des autres due au creusement de la distance entre les partis politiques (de gauche notamment) et les milieux populaires, des services publics dégradés, de multiples formes quotidiennes de discrimination, des contrôles policiers à répétition et des dénis de justice, les cris d’orfraie sur le danger « communautariste » pourraient prêter à sourire. En passant sous silence les conditions de précarité des quartiers (et leur origine), ce thème permet une condamnation morale de formes d’adaptations individuelles et collectives à la misère, et la mobilisation au nom d’un projet républicain idéalisé, dont on occulte soigneusement les manquements en termes d’égalité.

Question sociale masquée

Soit sous l’angle du « terrorisme » soit sous celui du « communautarisme », l’islam apparaît donc aujourd’hui comme un projet global de subversion susceptible de se substituer au communisme, frappé par les restructurations du capitalisme post-fordiste et l’effondrement de l’URSS. Il cumule en effet une dimension transnationale (cohérente avec la manipulation étrangère) et de fortes communautés implantées dans les Etats occidentaux, mais occupant des positions basses dans les hiérarchies sociales.

Ces interprétations proviennent directement du travail des services de renseignement et des dispositions de leurs agents. Et leur succès s’explique tant par les positions institutionnelles qu’ils occupent au sein de la division du travail politique que par le discours de certains groupes religieux, ayant également intérêt à une polarisation des positions, qui les crédite de forces, d’un poids et d’une crédibilité qu’ils n’ont pas. Mais, n’en déplaise aux uns comme aux autres, immigré(e) ne veut pas dire musulman(e) et musulman(e) ne veut pas dire militant(e) politique de l’islam.

Les reformulations intéressées de la question sociale en question de sécurité ou en question religieuse permettent d’occulter les fondements des difficultés réelles que connaissent aujourd’hui les classes populaires, laminées politiquement et socialement par des décennies de réformes néo-libérales. Elles redéfinissent – et installent – des lignes de clivage en leur sein qui rendent plus difficile encore la reconquête collective d’un avenir meilleur. Mais est-ce bien là leur projet ?

Avec la disparition du « péril communiste » et de l’« empire du Mal », les services de renseignement européens et américains ont été privés d’un ennemi qui justifiait leur existence et leur budget substantiel. S’appuyant sur les activités de groupes terroristes hétérogènes et disparates, ils ont, notamment depuis le 11-Septembre, construit un nouvel ennemi stratégique, disposant d’une vision globale, qui mettrait en danger les valeurs fondamentales de la liberté et de la démocratie.

Laurent Bonelli.

Archives — Avril 2005

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Sujet / Message Re: L'Occident face à l'Islam

le Sam 17 Sep - 22:54
D’Accablants Documents



D’après Le Nouvel Observateur, fameux hebdomadaire que fonda Jean Daniel : un blog américain, « spécialisé dans les questions militaires et de contre-espionnage, s’est procuré » une accablante « série de documents utilisés par le FBI pour former ses agents et dépeignant l’islam comme une religion par nature radicale et violente ».

Manifestement, ça les offusque, à Le Nouvel Observateur, « ce cours de 12 pages, destiné aux agents spécialisés dans le contre-terrorisme » - et ça les scandalise d’autant plus que l’FBI « ne semble à aucun moment faire la différence entre musulmans, islamistes radicaux et terroristes religieux ».
Puisque : « Bien au contraire, il tente à plusieurs reprises de “prouver“ que les musulmans “mainstream“ (terme qui pourrait se traduire par “grand public“ ou “majoritaires“) sont sympathisants du terrorisme en puissance ».
Décidément, ces foutus Yankees ne changeront jamais, se dit-on quand on lit ça - et Le Nouvel Observateur a foutrement raison, du haut de son attachement légendaire à quelques fortes solidarités, de pointer que l’« FBI forme ses agents à l’islamophobie ».
Ceci posé : je voudrais maintenant, s’ils permettent, et vu que ça les motive, focaliser l’attention des sagaces journaleux du Nouvel Observateur vers d’autres pièces, non moins effarantes, mais qui semblent avoir échappé à leur admirable vigilance.

Il s’agit, pour le dire (comme en Chine) tout de go [1], d’une série d’éditoriaux utilisés par Jean Daniel pour form(at)er son lectorat, et d’où ressort très nettement, à l’aune des critères retenus par Le Nouvel Observateur contre l’FBI, qu’il ne semble à aucun moment faire la différence entre musulman(e)s et terroristes.

Bien au contraire : il ne cesse de répéter, un peu comme s’il était assez gravement obsédé, que les musulmans mainstream sont des sympathisants du terrorisme en puissance.
Ainsi, dès le mois de novembre 2004 : Jean Daniel dénonce (non sans courage, dans une époque où 99 % seulement de l’éditocratie pratique le tir aux mahométan(e)s) « la connivence secrète des musulmans avec les terroristes même quand ils les désavouent publiquement ».

Puis, les années passent, mais Jean Daniel, profitant que c’est « le dixième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 », redit, le 8 septembre 2011, dans Le Nouvel Observateur, que « pratiquement tous les musulmans - qu’ils résident dans les États arabes ou en Occident - éprouvaient quant à eux un intense sentiment de fierté », quand furent connus ces attentats.
Puis, Jean Daniel (dont chacun(e) peut dans cette occasion (re)découvrir qu’il a aussi de solides notions de psychiatrie) redit encore, cette semaine, dans Le Nouvel Observateur, que si « les communautés musulmanes (...) se sont retenues hier de désavouer les pilotes des avions suicides, c’est parce que, dans leur for intérieur, parfois sans se l’avouer, elles se sentaient admirativement complices d’un exploit dont l’audace spectaculaire pouvait compenser à leurs yeux, la cruauté »...
Adoncques (j’y insiste un peu), c’est bien comme je disais : le mec veut pour de bon suggérer que les muslims sont de complices & connivent(e)s) sympathisant(e)s du terrorisme en puissance.
Les gens du Nouvel Observateur devraient, je crois, méditer le vieux dicton berrichon qui dit comme ça que « si que tu t’enlèves les poutrasses que t’as dans les yeux, tu verras beaucoup mieux les pailles, dans ceux des flics d’en Amérique » [2].

Note:
Spoiler:
[1] « Pour ce qui serait du calembour au lait cru d’appellation terroirisée, je me fournis chez Vive Le Feu !, where else ? » (Périco Légasse, Marianne.)

[2] « La sagesse, c’est comme les bon vieux plats qu’on mitonnait jadis (avant que le Guide Michelin ne vienne me rompre les pampilles) : c’est vachement mieux quand c’est populaire. » (Périco Légasse, Marianne.)

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