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Sujet / Message Mass média capitalistes en Occident relayés par leurs clones

le Lun 5 Déc - 13:01
Le rôle des dissidents dans la stratégie de subversion



La subversion est un élément substantiel de la stratégie hégémoniste des Etats-Unis, pays qui est en permanence en guerre (latente ou ouverte).

Considérée autrefois comme une force accessoire, l’information a désormais un intérêt stratégique vital. Conscient des enjeux, les USA exploitent parfaitement au bénéfice de leurs ambitions impérialistes les virtualités offertes par les nouvelles technologies de communication, de socialisation et d’information.

La stratégie de domination s’est affinée au point que l’objectif est maintenant de conquérir un pays sans même l’attaquer physiquement, en particulier en recourant à des campagnes de désinformation relayé par des agents d’influence internes.

Dès l’antiquité, le stratège chinois Sun Tzu avait déjà défini les idées-forces de la subversion : «Dans la guerre, la meilleure politique, c’est de prendre l’Etat intact ; l’anéantir n’est qu’un pis aller». «Les experts dans l’art de la guerre soumettent l’armée ennemi sans combat. Ils prennent les villes sans donner l’assaut et renversent un Etat sans opérations prolongées». «Tout l’art de la guerre est fondé sur la duperie».

L’écrivain italien Curzio Malaparte (1898-1957) était tout autant convaincu de la possibilité de déposer un pouvoir en propageant une perception altérée des faits. Il soulignait le rôle central d’une minorité agissante qui laissait dans l’ombre la majorité loyale au pouvoir. Le psycho-sociologue français Roger Mucchielli (1919-1981), souligne lui aussi l’importance des facteurs subjectifs en terme de subversion : « L’action de dissociation des groupes constitués est une opération indispensable car on sait, par les recherches en psychologie sociale, que plus les individus adhèrent à des groupes cohésifs, moins ils sont perméables à la propagande et à la subversion. Il faut donc dissocier ou neutraliser les groupes de références pour individualiser les gens et les détacher individuellement de leurs valeurs groupales ».

Vladimir Volkoff (1932-2005) a parfaitement codifié les linéaments de la désinformation et de la manipulation dans son livre « La désinformation, arme de guerre » :

Démoraliser la nation adverse et désintégrer les groupes qui la composent.

Discréditer l’autorité, ses défenseurs.

Neutraliser les masses pour empêcher toute intervention spontanée et générale en faveur de l’ordre établi, au moment choisi pour la prise non violente du pouvoir par une petite minorité. Selon cette logique, il convient d’immobiliser les masses plutôt que de les mobiliser.

Les objectifs de la subversion consistent en substance à assiéger idéologiquement, politiquement et stratégiquement l’adversaire en vue de limiter sa liberté de mouvement et d’action.

Au nom de la démocratie, pour le capitalisme !

Les concepts de « démocratie » et de « droits de l’homme » se sont convertis en argument central de l’interventionnisme étasunien. La promotion nominale de la démocratie est un précepte essentiel de la stratégie globale de domination des USA, peu importe si en sous-main ils trahissent ces mêmes valeurs chaque fois que leurs intérêts sont contrariés.

Les révolutions « colorées » (Géorgie, Ukraine, Liban et dans une certaine mesure en Iran) témoignent de l’emploi méthodique de cette tactique.

Sous l’étendard des droits de l’homme et de la liberté, les mouvements de contestation cubains sur lesquels les Etats-Unis prennent appui dissimulent un programme politique explicitement contre-révolutionnaire. En s’inspirant des dissidents de l’Europe de l’Est, ils se contentent d’en appeler à une plus grande liberté politique et économique, ce qui implique dans les faits le renversement du système sociopolitique socialiste, le démantèlement des acquis révolutionnaires et l’assujettissement de Cuba aux intérêts impérialistes.

Les mouvements dissidents font un travail de sape pour le compte des Etats-Unis qui les encourage économiquement et moralement. Structurellement et idéologiquement intégrés aux dispositifs d’ingérence, les dissidents constituent l’avant-garde de la restauration du capitalisme. Il est significatif que leurs chefs de file soutiennent bassement les coups de force contre le pouvoir légal en Bolivie, au Honduras ou au Venezuela.

La dissidence est-elle un processus endogène ?

Jean-Guy Allard et Eva Golinger dans le livre « La Agresión Permanente » pointent du doigt les activités subversives de la USAID, l’agence américaine pour le développement international qui s’est convertie en principale plateforme de contre-insurrection. Le dossier à charge de cette officine paragouvernementale en Amérique latine est éloquent.

L’USAID qui a pour mission affichée de renforcer la démocratie, la création d’une croissance généralisée économique à long terme, et promouvoir la sécurité, a investi des millions de dollars dans la déstabilisation des pays progressistes. Elle est particulièrement active au Venezuela et en Bolivie, où elle sous-traite à travers des fondations (Freedom House, American Enterprise Institute, Fondation Ford,…) et des ONGs locales.

Elle est secondée par la NED (National Endowment for Democracy), organisme écran de la CIA, qui se charge plus particulièrement du financement et de l’encadrement des dirigeants politiques et syndicaux – lisez dissidents- et qui a revendiqué l’organisation du syndicat Solidarność en Pologne, la Charte 77 en Tchécoslovaquie et Otpor en Serbie.

Cuba est en prise, depuis le début de l’ère révolutionnaire, à une propagande noire qui cherche par tous les moyens à porter atteinte à son prestige. Les campagnes de diffamation contre la révolution présentent, à la faveur de l’abdication intellectuelle des journalistes disciplinés, les immigrés économiques pour des exilés politiques, les délinquants de droit commun pour des prisonniers politiques, les agents conspirationnistes à la solde d’un régime étranger pour des opposants politiques.

La USAID revendique d’ailleurs son soutien aux «agences exécutives, aux médias et à la société civile à Cuba via le programme pour Commission pour Assistance à une Cuba libre. L’administration Obama poursuit scrupuleusement, malgré ses déclarations d’intention, la stratégie d’ingérence et d’hostilité de ses prédécesseurs comme le confirme le Président Raul Castro : «L’ennemi reste aussi actif qu’auparavant et une illustration de cela est la détention depuis plusieurs jours d’un citoyen américain, désigné par euphémisme par le porte-parole du département d’État comme un sous-traitant de son gouvernement et qui se consacrait à l’approvisionnement illégal de moyens de communication sophistiqués via satellite à des groupes de la société civile conspirant ».

Il est troublant d’observer que le terme de « dissident » est exclusivement réservé dans la presse orthodoxe aux personnes qui contestent le système politique de pays proclamant un caractère socialiste. On parle de dissidence cubaine, vénézuélienne, chinoise mais jamais on ne qualifie de dissident celui qui éprouve une rupture critique totale avec le monde capitaliste.

Emrah Kaynak


Les puissances étrangères qui menacent la révolution tunisienne



Outre les questions que le peuple tunisien est en droit de se poser après l’annonce de la formation du nouveau gouvernement, il faut aussi se demander quel est l’avenir de ce pays sur le nouvel échiquier régional et international.

A l’heure où tous les peuples, et particulièrement les peuples arabes, expriment leur soutien à la révolution tunisienne, certains gouvernements, malgré des déclarations positives, restent sceptiques quant aux conséquences de ce raz de marée autant formidable qu’inattendu qui a balayé à jamais l’une des dictatures les plus répressives et les plus sanglantes de notre monde actuel.

L’Italie, comme la France ont refusé à l’avion de l’ancien président d’atterrir à Cagliari ou à Paris (sur leur sol respectif) alors que l’Arabie Saoudite a accepté de l’accueillir.

A l’exception de la France, les deux autres pays ne font pas partie de ceux vers lesquels le regard doit se porter pour préserver la transition démocratique et veiller à son bon déroulement.

Quatre noms sont à retenir : la Lybie, la France, les Etats-Unis et Israël

La Lybie
Quand bien même le discours adressé par Kadhafi à la nation tunisienne laisse percevoir la peur réelle d’une contagion, on peut l’interpréter comme une déclaration de guerre à la révolution tunisienne. Pour calmer le jeu, l’ancien président tunisien avait déclaré qu’outre les 30000(0) emplois qui seraient créés, la Lybie avait proposé d’accueillir 5 000 demandeurs d’emplois tunisiens sur ces terres. On ne saura jamais qui sont ceux qui se sont « précipités » aux frontières et quels sont les « emplois » qui leur ont été offerts ? On peut également se poser la question : pourquoi Ali Seriati, l’ancien directeur de général de la sécurité présidentielle se dirigeait-il, accompagné d’une cinquantaine de personnes vers la Lybie au moment où il a été arrêté à la frontière ?

La peur des dirigeants lybiens et dans une moindre mesure algériens peut, en cas de persistance de l’instabilité en Tunisie les amener à essayer d’aggraver la situation pour maintenir le chaos.

La France
Sa position a été claire dès le départ, un soutien silencieux à Ben Ali et à son régime. Sa ministre des Affaires étrangères a même suggéré de proposer le savoir-faire français à la police tunisienne pour “régler les situations sécuritaires”. On sait que, à l’image des CRS, les BOP- Brigades de maintien de l’ordre public- avaient été formées par les experts français.

Selon le Professeur Rob Prince, membre du Peace Corps, qui connait bien la Tunisie, le piège dans lequel est tombée l’économie tunisienne est la conséquence de son enfermement dans le rôle stratégique de territoire périphérique ou semi périphérique, ayant pour seule mission de fournir une main d’œuvre sous payée aux entreprises délocalisées ainsi que d’être une destination touristique bradée pour les pays européens et particulièrement la France.

Après un silence pesant et une attitude hostile à la révolution, le gouvernement français a amorcé un virage à 180° pour apporter son soutien total au changement opéré en Tunisie.

Mais la véritable grande question est de savoir comment la France va-t-elle opérer pour éviter un repli du marché tunisien sur lui-même en premier lieu et sur d’autres débouchés où les balances commerciales seraient plus équitables ? A la traîne, ses médias « officieux », continuent de brandir le spectre de l’islamisme, mais pour combien de temps encore ?

Les Etats-Unis
« Je condamne et déplore le recours à la violence contre des citoyens qui ont exprimé de façon pacifique leur opinion en Tunisie et je salue le courage et la dignité du peuple tunisien » a déclaré le président Obama en apprenant la chute de l’ancien dictateur. Compte tenu du comportement du « je dis une chose et je fais son contraire » adopté par le président américain depuis son arrivée au pouvoir, ces déclarations semblent avoir très peu d’impact sur le peuple tunisien. Ce dernier n’oublie pas que la désignation de Ben Ali à Varsovie n’était qu’une couverture à sa véritable activité en tant qu’agent de la Cia lors de la guerre froide, que ce sont encore les Etats-Unis qui l’ont « placé » à la tête du pays en 1987 et qui l’ont soutenu sous couvert du combat contre l’islamisme et le terrorisme. Ces deux « menaces » montrant des signes d’essoufflement, ce soutien a commencé à laisser percevoir des failles depuis quelques années. L’abandon de la lutte contre le terrorisme comme leitmotiv a laissé le régime de Ben Ali sans parrain. La publication des Tunileaks a révélé que les Etats-Unis exécraient Ben Ali mais qu’ils ne trouvaient pas de solution de rechange. Enfin le coup de grâce de l’armée à Ben Ali n’aurait pas pu se faire sans le feu vert des USA.

Force est donc de reconnaître aujourd’hui qu’ils ont joué de manière indirecte un rôle important dans la chute du Dictateur.

La question qui se pose est de savoir quel va être leur rôle dans la marche du pays vers la démocratie ? Sur quelles nouvelles bases leur collaboration avec le nouveau régime va-telle être fondée ? Et surtout de quelle manière les USA vont-ils poser leurs exigences de poursuivre la collaboration militaire et le maintien des « relations » avec Israel ?

Israel
Non content d’autoriser la création de sociétés fictives pour le blanchiment d’argent en provenance d’Israel, les placements de la fortune de Ben Ali dans des comptes bancaires israéliens ne seraient plus secrets pour personne.

Dans un travail de sape mené sous forme de dossier spécial sur la révolution tunisienne, la presse israélienne ne contient pas ses craintes de voir cette révolution réussir et surtout de devenir contagieuse. « Les autorités israéliennes suivent attentivement la situation tout en s’inquiétant que la « révolution du jasmin » ne fasse tache d’huile au Proche-Orient » a déclaré Benjamin Netanyahou. « La dictature va revenir » titre le Ydediot Aharanot, quand Haaretz décrit la révolution tunisienne comme « un tremblement de terre.

Par ailleurs, une information du Yediot Ahahranot n’a pas manqué de retenir l’attention des lecteurs, celle de la laborieuse évacuation de 20 touristes israéliens détenteurs de passeports européens (conf. l’affaire Medhbouh à Dubaï) par le ministère des Affaires étrangères israélien. Pourquoi par le biais des ambassades européennes ? Qui sont-ils réellement ?

Selon des sources non officielles, depuis plusieurs années des agents du Mossad avaient élu domicile dans le bunker du palais de Carthage. Quelle était leur véritable mission ?

On le saura peut-être un jour. En attendant et pour mieux comprendre les préoccupations israéliennes, il suffit de faire référence à l’une des dernières déclarations publiques de Yehud Olmert : « la chute du gouvernement de Moubarak si elle devait arriver, sonnerait le glas des accords de camp David ». Il semble avoir compris le mécanisme de ce que l’on appelle l’effet domino.

Fatma Benmosbah, pour Nawaat.org


Israël, Gaza et la civilisation de la torture

Les religions et la politique

Les problèmes précis que le messianisme hébreu pose à la planète politique et que j’ai partiellement évoqués la semaine dernière ne trouveront aucune réponse rationnelle sur la scène internationale aussi longtemps que, faute d’une connaissance à la fois anthropologique et territorialisée du sacré vétéro-testamentaire et chrétien, la mémoire historique mondiale demeurera tributaire des méthode d’investigation et d’analyse infra scientifiques d’aujourd’hui.



[....3 – L’anthropologie de la peur

Israël rappelle donc opportunément, bien que par la bande, à un Occident décérébré que, sitôt doté d’un Saint Siège, le monothéisme chrétien n’a pas tardé, lui aussi, à diversifier le contenu doctrinal fatalement provisoire d’une théologie pourtant censée unifiée depuis le concile de Nicée en 325 et de Chalcédoine en 451. Puis, n’a-t-on pas vu, à partir du XVIe siècle, tout le nord de l’Europe, suivi de l’Amérique et de l’Angleterre, expulser manu militari de l’enceinte de ses croyances sacrées les prodiges cultuels stupéfactoires que le catholicisme romain et les peuples latins ont conservés, notamment le prodige hallucinant de la transsubstantiation? Quant aux chrétiens du Moyen Orient, ils ont introduit dans une théologie du meurtre de l’autel officiellement inébranlable des variantes théologiques résolument anti romaines, donc hostiles au calcul du montant de la rançon payée à la divinité sur la croix, tellement les mythes cosmologiques sont nécessairement organisés et mis en place au gré des besoins cérébraux et psychiques diversement agencés et inégalement maniables de l’humanité.

En revanche, l’anthropologie historique pèse le poids politique des croyances religieuses sur la balance de la peur. Elle sait que ce n’est pas l’obscurantisme qui explique le refus religieux de l’héliocentrisme hier, de l’évolutionnisme et de la psychanalyse aujourd’hui, parce que l’enjeu existentiel de la découverte de Copernic était immense, tandis que celui de permettre à des couples stériles de recourir à la fécondation assistée ressortit à la crainte. C’est pourquoi, on voit des Etats laïcs prendre la relève de l’obscurantisme religieux pour l’interdire, eux aussi, ce qui démontre que seul un effroi confus et inné d’ébranler un « ordre naturel » du monde tenu pour rassurant peut expliquer à la lumière de l’inconscient simiohumain l’effarouchement parallèle des Etats et des Eglises devant les progrès de la science.

Aussi la confession de foi d’Israël, qui se proclame un « Etat juif et démocratique « , présente-t-elle en outre l’avantage non négligeable, aux yeux de la science anthropologique, d’illustrer comme à souhait la cécité politique d’un humanisme mondial privé de profondeur et dont l’infirmité intellectuelle interdit d’avance toute analyse objective de la nouvelle stratégie politico-messianique que Tel Aviv inaugure désormais sous les yeux de toutes les chancelleries. Je vais donc poursuivre mon analyse de la politique étrangère d’Israël de la semaine dernière et notamment du contenu anthropologique de la rencontre de Deauville du 18 octobre entre M. Medvedev, M. Sarkozy et Mme Merkel. Pour tenter de la comprendre, il faut commencer par observer au télescope les chemins sur lesquels le messianisme vétéro-testamentaire est parvenu à diriger la politique internationale du XXI siècle.....]

Source:Visiter le site de Manuel Diéguez:
http://www.dieguez-philosophe.com/


Inquiétante percée des salafistes



Les premiers fruits du Printemps arabe ont un avant-goût amer. C’est le moins qu’on puisse dire au regard du score impressionnant réalisé par le parti salafiste Al Nour au premier tour des législatives égyptiennes.

Alors que l’onde de choc de la victoire des Frères musulmans d’Egypte, avec 36,62% des suffrages, n’est pas encore retombée, voilà que le triomphe des radicaux salafistes met l’avenir politique de l’Egypte en points de suspension… Avec un score surprenant de 24,36% des voix, ces partisans de l’islam rigoriste, tout droit importé d’Arabie Saoudite, ont déjoué tous les pronostics et redessinent ainsi la carte politique d’un aussi grand pays comme l’Egypte. Alors que le monde, occidental notamment, s’interroge, la peur au ventre, sur ce que sera l’Egypte sous la direction des «Frères», voilà un terrible effet boomerang sous forme d’une invasion salafiste, qui lui explose à la figure.

Pour avoir longtemps choyé et protégé le régime tyrannique de Hosni Moubarak, les Etats-Unis et leurs alliés ont donné naissance à une nouvelle Egypte qu’ils auront du mal à contrôler. Eh oui, les «Ikhwane» (les Frères musulmans) passent pour des enfants de chœur à côté de ces redoutables salafistes pour lesquels, seule la loi de Dieu compte.

Le dirigeant du parti Al Nour, Abdel Mounem Chahat, ne s’en est d’ailleurs pas caché en qualifiant, dans l’un de ses discours, la démocratie de «péché». C’était quasiment la même sentence prononcée par les dirigeants du FIS dissous au soir de leur victoire au premier tour des législatives en 1991. Le score réalisé par les salafistes égyptiens est d’autant plus préoccupant que leur parti n’a été créé qu’en février dernier après la chute de Moubarak.

Un printemps décidément orageux

Et tout porte à croire que ce parti va encore améliorer son score au deuxième tour, qui aura lieu aujourd’hui. Il met une terrible pression sur son frère ennemi, le Parti de la liberté et la justice (PLJ) des Frères musulmans qui, lui, ressemble au PJD marocain et Ennahda tunisien. Si ce dernier est estampillé modéré, les salafistes, eux, sont connus pour être des partisans d’un islam de type rigoriste et fondamentaliste qui n’admet aucun effort d’interprétation du Coran ni Ijtihad. Têtus, ils s’en tiennent au texte sacré sans tenir compte de l’évolution du monde.

Pour les Frères musulmans du PLJ, leur victoire provisoire les place dans une position inconfortable. Ils devront, à la fois, rassurer en Egypte et dans le monde sur leur intention mais, surtout, contrer un courant obscurantiste qui risque de précipiter le pays dans le chaos. «Ce score est supérieur à ce que nous attendions», a admis hier le porte-parole des Frères musulmans,
Mahmoud Ghozlane, cité par l’AFP, commentant le score obtenu par les salafistes. C’est que, en Egypte, la peur a changé de camp, puisque même le mouvement des Frères musulmans qui se bat depuis 1923 est directement menacé par la déferlante salafiste.

Les Frères ? Des enfants de chœur

Les résultats du premier tour ont prouvé que le mouvement des «Frères», si craint en Occident, est sérieusement bousculé sur l’échiquier politique égyptien. On pourra même assister, ironie du sort et de l’histoire, à une alliance entre les Frères et les libéraux contre les salafistes.
Scénario très probable également que l’Occident adoube le PLJ – comme il l’a fait pour Ennahda et PJD – pour contrer la menace salafiste. Ceci, d’autant plus que l’Egypte n’est pas n’importe quel pays avec ses 80 millions d’habitants, sa réputation de cœur palpitant du monde arabe, mais surtout sa proximité et son amitié avec Israël. C’est dire que la vague salafiste pourrait induire un bouleversement géopolitique dans toute la région.
Et pour cause, le parti Al Nour part aujourd’hui avec les faveurs des pronostics dans des régions à forte concentration de leur mouvement, notamment à Alexandrie, la deuxième ville du pays, où Al Nour a été fondé en février dernier.

Si la tendance du premier tour se confirme dans les autres gouvernorats, dont le vote est étalé jusqu’au 10 janvier 2012, on assistera alors à un véritable raz-de-marée islamiste, voire salafiste. Mais au-delà des résultats, on sait déjà que le score des salafistes est une lame à double tranchant pour les Frères musulmans.
Ils auront, en effet, deux choix à faire : soit s’allier avec les salafistes pour une majorité islamiste, avec ce risque d’isoler l’Egypte et s’attirer des ennuis avec le monde occidental, notamment à cause d’une éventuelle rupture des accords de Camp David avec Israël. Soit rejeter leurs frères ennemis pour gouverner avec des partis libéraux pour précisément réduire la capacité de nuisance des salafistes. Choix douloureux. Mais les Frères semblent l’avoir déjà fait. «Nous espérons que les gens distinguent les différents mouvements et ne mettent pas tous les islamistes dans le même panier», a déclaré, à l’AFP, le chef du PLJ. M. Ghozlane. Quoi qu’il en soit, la percée salafiste en Egypte constitue la première fleur fanée d’un Printemps arabe décidément orageux.

Hacen Ouali

http://www.elwatan.com/international/inquietante-percee-des-salafistes-05-12-2011-149779_112.php


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" Il ya deux manières d'ignorer les choses:
La première, c'est de les ignorer;
La seconde, c'est de les ignorer et croire qu'on les sait.
La seconde est pire que la première."



Peuple sans mémoire, peuple sans histoire





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