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Sujet / Message Quand les USA, la France, l'Angleterre et l'Allemagne envisageaient d'organiser un coup d'Etat contre la République italienne

le Lun 16 Mar - 0:56
Ces documents datés de 1976, qui viennent d'être déclassifiés par le Foreign Office britannique, ont été retrouvés et étudiés par le chercheur argentin Mario J. Cereghino.

Mai 1976. Dans un mois, l'Italie doit se rendre aux urnes pour des élections législatives cruciales. La Démocratie chrétienne et le Parti communiste sont au coude à coude. Le Planning Staff du Foreign Office, l'équipe de planification du ministère des Affaires étrangères anglais, produit un document. "Italy and the communists: options for the West". En haut de la page 14, on peut lire en majuscules le titre de la 3e partie: "Action in support of a coup d'Etat (en français dans le texte, NDLR) or other subversive action". Le ton du texte est détaché et didactique: "Par sa nature, un coup d'Etat peut avoir des développements imprévisibles, bien qu'un coup d'Etat puisse théoriquement être promu. En tout cas il proviendrait probablement de l'extrême droite, s'appuyant sur des forces de l'armée et de la police. Un coup d'Etat propre et chirurgical - continue le document - qui éloigne le PCI (le Parti communiste italien, NDLR) du pouvoir ou qui en empêche l'accession serait pour différentes raisons attrayant…"

En janvier de la même année, le secrétaire d'Etat US Henry Kissinger avait envoyé un courrier à Willy Brandt, à l'époque président de l'Internationale socialiste. A propos de la croissance du communisme en Italie, en Espagne et au Portugal, Kissinger écrit: "Mon devoir est d'exprimer ma forte préoccupation pour la situation qui vient de se créer. La nature politique de l'OTAN serait destinée à changer si un ou plusieurs pays de l'Alliance devaient former des gouvernements avec une participation communiste, qu'elle soit directe ou indirecte… Le rôle de l'OTAN, tout comme notre position militaire inchangée en Europe, est indispensable et crucial. Ma crainte consiste dans le fait que ces points de force seraient mis en danger au moment où les partis communistes atteignent des positions d'influence en Europe de l'Ouest".

"La présence de ministres communistes dans le gouvernement italien conduirait à un problème immédiat de sécurité au sein de l'Alliance - écrit à Londres l'ambassadeur anglais auprès de l'OTAN, John Killick - Toute information dans les mains des communistes devra être considérée à risque. Les communistes au pouvoir ne sont rien d'autre qu'une extension d'une menace contre laquelle l'OTAN se bat. Il est donc préférable d'opérer une amputation nette (de l'Italie, NDLR) plutôt que risquer une paralysie interne".

Début avril, le représentant britannique auprès du Saint-Siège, Dugald Malcolm se rend chez le Patriarche de Venise, Monseigneur Albino Luciani, qui deviendra plus tard le pape Jean-Paul Ier: "Le Patriarche semble avoir assumé une position encline à la catastrophe. L'argument traité est toujours le même, l'avancée du PCI". Et sur l'argument, Monseigneur Luciani est intransigeant: "On ne peut pas être au même temps chrétiens et marxistes".[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Le 13 avril, un groupe de spécialistes du Département pour l'Europe de l'Ouest du Foreign Office élabore un dossier.
Dans la deuxième partie, le document avance des solutions pour ainsi dire pratiques dans le cas où le PCI aurait conquis une part de pouvoir, c'est-à-dire qu'il soit au gouvernement. Les scénarios proposés sont au nombre de cinq, et donc les cinq options sont examinées chacune selon ses avantages et ses désavantages.
Source:http://www.amnistia.net

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"Quelle est la différence fondamentale entre une femme et un terroriste ? Avec le terroriste on peut négocier"
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Sujet / Message Quand les USA, la France, l'Angleterre et l'Allemagne envisageaient d'organiser un coup d'Etat contre la République italienne

le Lun 16 Mar - 1:02
L'option numéro quatre porte un titre qui, même en anglais, n'a pas l'air vraiment rassurant: "Subversive or military intervention against the PCI". Elle commence ainsi: "Cette option recouvre une série de possibilités: depuis les opérations de bas profil, au support actif des forces démocratiques (financier ou d'autre nature) avec l'objectif de diriger une intervention pour soutenir un coup d'Etat encouragé de l'extérieur". Avantages: "De telles mesures peuvent contribuer à éloigner le PCI du gouvernement". Désavantages: "Il y a d'énormes difficultés pratiques pour accomplir ce type d'opérations. Vu la situation italienne, il est extrêmement improbable qu'une opération couverte reste secrète pour longtemps. Sa révélation pourrait causer des dommages aux intérêts de l'Occident et aider le PCI à justifier plus fortement son contrôle sur la machine du gouvernement. De plus, l'opinion publique des pays occidentaux pourrait mal le prendre avec pour résultat de créer des tensions à l'intérieur de l'OTAN, surtout entre les USA et les alliés européens, dans le cas où les Américains devraient prendre le commandement de l'initiative".

"Après tant de temps, on a envie de se poser la question, et même avec un certain effroi, si et en quelle mesure les Italiens étaient conscients des dangers qu'ils risquaient. On a des scrupules à monter un cas de 'syndrome du coup d'Etat' posthume, d'autant plus qu'il n'a pas été accompli. Pourtant, il faut dire que jamais comme à cette époque l'idée même du coup d'Etat, la menace d'un coup d'Etat, les rumeurs de coup d'Etat, la vigilance et l'autodéfense en cas de coup d'Etat, étaient entrées depuis longtemps dans l'imaginaire politique.
Il y avait eu la Grèce (1967), puis le Chili (1973), et en Italie, le 'Plan Solo' du général au monocle, Giovanni De Lorenzo (1964), la tentative du 'Prince noir' Junio Valerio Borghese (1970), et la Rose des Vents (1974). Des films circulaient aussi ('Coup d'Etat' de Luciano Salce et l'inoubliable 'Nous voulons les colonels' de Mario Monicelli) sans compter les plaisanteries: "On dit à De Martino (le secrétaire du Parti socialiste italien, NDLR) 'Il y a les chars qui sont arrivés' et lui 'Bien, et on nous en donne combien à nous socialistes?'. Un humour en vérité refroidi par les nombreux, le trop-plein de massacres de ces années-là: Piazza Fontana, Reggio Calabria, Peteano, Piazza della Loggia, le train Italicus", rappelle le journal La Repubblica. (Lire notre dossier "Le réseau Gladio et la démocratie confisquée").

Vers le milieu des années 1970, les dirigeants communistes sont prudents, et il leur arrive de ne pas dormir chez eux: "Ils ne nous prendront pas au lit", affirme l'un d'entre eux, Giancarlo Pajetta.

Le gouvernement anglais fait en sorte que les études, enquêtes et rapports restent en lieu sûr. "Leur existence ne doit pas être révélée - c'est la consigne - La Grande Bretagne ne doit pas être perçue comme un gouvernement qui interfère dans les affaires italiennes". Mais le 18 mai, en vue d'un sommet de l'OTAN à Oslo, quelque chose filtre: le Financial Times titre un article "Les craintes du Foreign Office sur l'Italie". Le journaliste révèle que l'attitude des alliés a été résumée dans un document ad hoc. Le ministère italien des Affaires étrangères demande des explications, mais Londres répond vaguement, redimensionne l'affaire: Le cas de l'Italie n'est pas dans l'agenda d'Oslo, il n'y a aucun papier, tout au plus, on pourrait parler du PCI "dans les couloirs".

Au G7 de Porto-Rico, l'Italie se présente sans gouvernement, celui-ci n'ayant pas encore été formé après les élections, où la Démocratie chrétienne a obtenu 38,7% des voix et le Parti communiste 34,4%, à la Chambre. Moro et Rumor, deux anciens présidents du Conseil italiens, sont présents pour sauver la face. Gerald Ford, le président US, le britannique Callaghan, l'allemand Schmidt et Giscard d'Estaing se rencontrent à 12H45 le dimanche 27 juin au Dorado Beach Hotel pour un déjeuner de travail. Et là, il se produit un piteux incident. Campbell, futur ambassadeur britannique à Rome, le décrit ainsi: "Quand ils sont arrivés pour le déjeuner, les deux malheureux ministres italiens ont été empêchés d'entrer". C'est le summum de l'humiliation.

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Les délégations des USA, de la France, de l'Angleterre et de l'Allemagne élaborent ce document à la suite de la rencontre de Paris du 8 juillet 1976. Son titre est "Democracy in Italy", et pratiquement il expose aux futurs gouvernants italiens ce qu'ils doivent faire.


Les portes une fois fermées, on aborde le "problème Italie". Selon le procès-verbal de la rencontre, les quatre chefs d'Etat tombent d'accord pour qu'on fasse tout ce qui est possible pour que les communistes restent au-dehors du pouvoir. Giscard propose d'élaborer, au cours d'une prochaine rencontre à se tenir à Paris, un projet de programme de gouvernement que les Italiens devront accepter en échange d'une substantielle aide financière.

Paris, palais de l'Elysée, 8 juillet 1976. Le maître de maison est le secrétaire général adjoint de la présidence de la République française, Yves Cannac. Pour les USA, est présent Helmut Sonnenfeldt, conseiller du Département d'Etat et bras droit

de Kissinger. L'Allemagne a envoyé Günther van Well, haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères de Bonn, et finalement, pour représenter la Grande Bretagne nous trouvons le secrétaire d'Etat du Foreign Office, Reginald Hibbert.

"Cannac nous invite à déjeuner chez Ledoyen. Il y a une telle urgence que nous n'avons même pas le temps de lire la carte", rapporte Hibbert. Dans un coin, Sonnenfeldt se permet une plaisanterie: "Etes-vous sûrs que l'ambassadeur italien n'est pas ici? Si jamais on nous attrape, qu'il soit clair qu'on est là pour parler de Berlin".

Les délégations pondent un projet d'intentions. Son titre est "Democracy in Italy", et pratiquement il expose aux futurs gouvernants italiens ce qu'ils doivent faire. Il commence ainsi: "Les récentes élections laissent la possibilité de maintenir vivante la démocratie en Italie, malgré la progression ultérieure de la part des communistes. Il est toutefois grand temps d'arrêter cette dérive".

L'Italie ou Little Italy? Une République à souveraineté limitée. Un pays en liberté surveillée.
Source:http://www.amnistia.net

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