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Sujet / Message Services de renseignements et de la securité russes (FSB)

le Lun 16 Mar - 1:26
Affaire Litvinenko: Les manipulations italiennes


Les enquêteurs de Scotland Yard suivent une piste. Un groupe d'au moins trois hommes, fortement soupçonnés d'être en mission pour le FSB (la nouvelle dénomination du KGB) est entré en Angleterre en se mélangeant à la foule des supporters russes pour le match Arsenal-CSKA Moscou du 1er novembre 2006. "L'un d'eux, Andreï Lougovoï, ancien du KGB, a rencontré Alexandre Litvinenko au Millenium Hôtel, juste avant d'assister au match Arsenal-CSKA. Egalement présent lors de leur rencontre, Dimitri Kovtoune est arrivé par le Hambourg-Londres du 1er novembre", rapporte le Figaro.
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Mario Scaramella. "Personnage mystérieux d'une quarantaine d'années, présenté comme un expert en sécurité et un consultant international", ainsi que le décrit une dépêche de l'AFP.

Mario Scaramella avait rencontré Alexandre Litvinenko le premier novembre 2006, dans le restaurant japonais londonien "Itsu", fermé depuis par la police.
Les enquêteurs de Scotland Yard suivent une piste. Un groupe d'au moins trois hommes, fortement soupçonnés d'être en mission pour le FSB (la nouvelle dénomination du KGB) est entré en Angleterre en se mélangeant à la foule des supporters russes pour le match Arsenal-CSKA Moscou du 1er novembre 2006. "L'un d'eux, Andreï Lougovoï, ancien du KGB, a rencontré Alexandre Litvinenko au Millenium Hôtel, juste avant d'assister au match Arsenal-CSKA. Egalement présent lors de leur rencontre, Dimitri Kovtoune est arrivé par le Hambourg-Londres du 1er novembre", rapporte le Figaro.

Quelques jours plus tard, le 3 novembre, alors que Litvinenko commençait à ressentir les premiers symptômes de l'empoisonnement, ils ont tous regagné la Russie. Andreï Lougovoï, Dimitri Kovtoune et un troisième associé, qui se trouvait à Londres avec eux début novembre, Viatcheslav Sokolenko, ont démenti toute implication dans la mort de Litvinenko.

Une enquête contre Dimitri Kovtoune pour "importation illégale et mauvais usage de produits radioactifs" vient d'être ouverte, par le procureur de Hambourg, Martin Köhnke, après la découverte de traces de contamination au polonium 210 en plusieurs lieux de la ville allemande où a séjourné cet homme d'affaires russe Dimitri Kovtoune, quelques jours avant de rencontrer AlexandreLitvinenko.
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Mario Scaramella avait rencontré Alexandre Litvinenko le premier novembre 2006, dans le restaurant japonais londonien "Itsu", fermé depuis par la police.

Les enquêteurs de Scotland Yard suivent une piste. Un groupe d'au moins trois hommes, fortement soupçonnés d'être en mission pour le FSB (la nouvelle dénomination du KGB) est entré en Angleterre en se mélangeant à la foule des supporters russes pour le match Arsenal-CSKA Moscou du 1er novembre 2006. "L'un d'eux, Andreï Lougovoï, ancien du KGB, a rencontré Alexandre Litvinenko au Millenium Hôtel, juste avant d'assister au match Arsenal-CSKA. Egalement présent lors de leur rencontre, Dimitri Kovtoune est arrivé par le Hambourg-Londres du 1er novembre", rapporte le Figaro.

Quelques jours plus tard, le 3 novembre, alors que Litvinenko commençait à ressentir les premiers symptômes de l'empoisonnement, ils ont tous regagné la Russie. Andreï Lougovoï, Dimitri Kovtoune et un troisième associé, qui se trouvait à Londres avec eux début novembre, Viatcheslav Sokolenko, ont démenti toute implication dans la mort de Litvinenko.

Un autre étrange personnage se trouve au coeur de l'affaire. Il s'agit de Mario Scaramella. "Personnage mystérieux d'une quarantaine d'années, présenté comme un expert en sécurité et un consultant international", ainsi que le décrit une dépêche de l'AFP. Mario Scaramella avait rencontré Alexandre Litvinenko le premier novembre, dans un restaurant japonais de Londres. Ce "Litvinenko le premier novembre, dans un restaurant japonais de Londres. Ce "personnage mystérieux" effectuait, à travers la société Environmental Crime Prevention Programme, des missions pour le compte de Paolo Guzzanti, le président de la commission d'enquête parlementaire italienne "Mitrokhine" (du nom du lieutenant-colonel du KGB Vassili Mitrokhine, qui aurait constitué des énormes archives en recopiant de 1972 à 1984 les documents officiels et secrets du KGB dont il était chargé de superviser le classement, ndlr). La tâche de Guzzanti consistait à enquêter sur les rapports qu'entretenait l'ancien KGB, pendant la guerre froide, avec ses sources emplantées en Occident.

Peu après la mort de Litvinenko, les médecins anglais découvrent que Scaramella présente lui aussi des traces de polonium 210 dans son organisme. Le "mystérieux personnage" s'empresse de déclarer à la télévision publique italienne que la quantité de polonium 210 avec laquelle on l'aurait empoisonné, dépassait de "cinq fois le seuil mortel". La nouvelle se répand, le 3 décembre, dans toute la presse internationale. Et, pourtant, quelques jours plus tard Scaramella est autorisé à sortir de l'University College Hospital. Contrairement aux déclarations faites par l'Italien, "les résultats de ses examens pathologiques réalisés pour l'instant restent normaux", précise un porte-parole de l'hôpital londonien. "Mister Scaramella se porte bien".

En déclarant avoir été mortellement contaminé, tout comme Litvinenko, Scaramella avait visiblement essayé d'allumer un contre-feu. En effet, dès que son nom apparaît dans l'affaire, la presse italienne commence à s'intéresser à cet étrange personnage… Et des informations, bien compromettantes, remontent à la surface; elles précisent les contours, bien opaques, de l'activité de Scaramella. Elles jettent un coup de projecteur sur les agissements, bien inquiétants, de la commission Mitrokhine présidée par le sénateur Paolo Guzzanti, un proche de Silvio Berlusconi(...)
Source:http://www.amnistia.net

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Sujet / Message Re: Services de renseignements et de la securité russes (FSB)

le Jeu 1 Avr - 17:10
Affaire d'espionnage au parfum de guerre froide en Autriche

(18/06/2007 )


De Berlin) La Russie, l'Autriche et l'Allemagne pourraient être entraînées dans une singulière crise diplomatique, après l'arrestation cette semaine d'un important espion russe, qui aurait acheté des secrets d'Etat auprès d'un officier de l'armée de l'air autrichienne.

Vladimir Vozhzhov, le Russe, se serait notamment intéressé à des programmes d'électronique de défense développés par Eurocopter, premier fabricant mondial d'hélicoptères.

C'est sur un mandat d'arrêt européen lancé par l'Allemagne que la police autrichienne a simultanément interpellé la semaine dernière Vozhzhov, dans un train en gare de Salzbourg, et un militaire resté anonyme (affecté à une base d'hélicoptères de l'armée de l'air autrichienne), dans son appartement de Linz .

» Un interrogatoire approfondi » pour l'espionne russe

Vladimir Vozhzhov, un dirigeant de l'Agence fédérale russe de l'espace (Roskosmos) chargé des relations internationales, était accompagné d'une jeune femme, membre des services secrets extérieurs russes (SVR), et d'un ingénieur allemand travaillant chez Eurocopter à Munich. Tous les trois venaient de Vienne, où ils avaient participé à la 50e Conférence des Nations unies sur l'utilisation pacifique de l'espace.

Les médias locaux ont indiqué que l'agent féminin russe a été libéré, après avoir subi » un interrogatoire approfondi » . Il n'est pas fait état de ce qu'il est advenu de l'ingénieur d'Eurocopter ni de son rôle dans cette affaire d'espionnage.

La presse autrichienne est cependant plus prolixe sur l'officier de l'armée de l'air, pour le moment anonyme. Agé de 51 ans et rattaché à un régiment d'hélicoptères ultra-modernes équipés de S-70 » Black Hawk » , le vice-lieutenant est soupçonné d'avoir transmis aux Russes des fréquences radio classées secret-défense, ainsi que les plans confidentiels du système de surveillance de l'espace aérien autrichien.

Un autre membre de la délégation russe ayant participé à la conférence de Vienne, Yury Sobakinskikh, a entre-temps disparu. Il est à la tête d'une des agences russes de l'espace, Tsenki, un institut spécialisé dans la recherche et le développement des infrastructures au sol utilisées par la Russie pour son programme spatial. Igor Denisov, le porte-parole du Tsenki, a dit qu'il » ignorait » où se trouvait Yury Sobakinskikh.

20000€ pour des informations confidentielles

Vladimir Vozhzhov et l'officier autrichien étaient surveillés depuis plusieurs mois par les services de l'armée autrichienne ainsi que par les services secrets allemands (BND).

L'examen des comptes en banque du militaire a révélé le versement d'importantes sommes d'argent transférées par l'agent russe. D'après le magazine autrichien News, l'agent russe aurait dernièrement proposé 20000€ à l'officier pour qu'il lui obtienne des informations confidentielles sur des programmes d'électronique de défense développés par Eurocopter. Eurocopter a refusé de commenter cette information.

Vladimir Vozhzhov avait travaillé comme attaché commercial à l'ambassade de Russie à Vienne de 1994 à 1999, et pourrait appartenir aux services de renseignement des armées russes, le GRU. Depuis son interpellation, la Russie a demandé sa libération en invoquant son statut diplomatique. Berlin a aussi demandé à l'Autriche de l'extrader vers l'Allemagne. Mais l'Autriche a pour l'instant refusé de l'extrader, avant de déterminer s'il voyageait à titre privé ou s'il bénéficiait de l'immunité diplomatique au moment de son arrestation.

Tensions entre Russie et Europe

Cette affaire survient trois semaines après la visite officielle à Vienne de Vladimir Poutine, qui s'était félicité de la politique de l'Autriche en matière d'importations d'énergie. Toutefois, ce cas d'espionnage militaro-industriel ne peut que tendre encore un peu plus les relations déjà troublées entre l'Union européenne et la Russie, en soulignant la politique inamicale suivie par Moscou à l'égard de ses voisins européens.

Pour l'administration américaine, cette politique faisant appel aux services secrets a atteint un niveau assimilable à celui qui existait au temps de la Guerre froide. Plusieurs observateurs remarquent que depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, la Russie a reconstruit ses réseaux européens d'agents secrets, qui avaient été démantelés après la chute du régime communiste.

Source:rue89.com

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col.chibani
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Sujet / Message Re: Services de renseignements et de la securité russes (FSB)

le Lun 24 Mai - 15:43
Comment travaillent les services secrets russes ?
3169 mots
8 décembre 2006
Le Monde.fr
Français
(c) 2006 Le Monde.

L'intégralité du débat avec Jacques Baud, auteur de l'"Encyclopédie du renseignement et des services secrets" (Lavauzelle, dernière édition : 2002), jeudi 7 décembre 2006.

Constantin : Quelle est l'évolution connue par le FSB depuis ces dernières années, en termes d'effectifs et de missions ? Peut-on considérer que le FSB constitue un véritable Etat dans l'Etat ?

Jacques Baud : Le FSB, tout d'abord, est une des cinq agences issues du KGB. Celui-ci a éclaté au début des années 1990, et le FSB avait jusqu'à présent le volet de sécurité intérieure. Avec la guerre en Tchétchénie et l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine - qui a été directeur du FSB entre 1998 et 1999 -, le FSB a pris ces trois dernières années une importance considérable.

En 2003, la dernière réorganisation des services de sécurité a donné au FSB une importance beaucoup plus grande, et l'on voit la tendance, actuellement, de reconstituer une forme de KGB. Le FSB a repris, par exemple, toutes les attributions de renseignement électronique, qui avaient été données au début des années 1990 à une agence particulière, la Fapsi. Le FSB devient donc pratiquement un petit KGB. Actuellement, il y a même des discussions pour réintégrer le renseignement extérieur dans le FSB.

Aujourd'hui, les effectifs du FSB ne sont pas connus avec précision, mais représentent environ 30 000 à 40 000 personnes, et avec l'intégration de nouveaux services et l'attribution de nouvelles tâches (en Tchétchénie, c'est la première fois qu'on a assisté à des opérations militaires dirigées par le FSB), c'est un service qui est en train d'acquérir une importance considérable dans le système russe.

Lion37 : Que reste-t-il du feu KGB dans les services secrets russes actuels ?

Jacques Baud : Comme je l'ai dit, le KGB n'a pas disparu dans sa substance, il n'a fait qu'éclater en différents services. Une grande partie de son personnel a été conservé dans les nouveaux services. Parmi ces services, on peut mentionner le FSB, le SVR (service de renseignement extérieur, équivalent de la DGSE en France), le FSO (un service de sécurité qui est à peu près l'équivalent de la DST). Il y a le SBP, le service de la sécurité présidentielle, qui est un peu l'équivalent du secret service américain, qui assure la protection des personnalités russes, mais a aussi des attributions qui vont un peu plus loin. Ce sont les principaux. En gros, les mêmes personnes sont restées à l'intérieur.

Beaucoup du personnel du KGB s'est recyclé dans l'industrie privée. On retrouve aujourd'hui, par exemple, des anciens du KGB ou du FSB qui travaillent pour M. Berezovski. Donc il y a effectivement toute une frange de "KGBistes" qui, aujourd'hui, bien que dans l'industrie privée, continuent à avoir des liens et des activités liées aux services secrets, ou qui tirent avantage de leurs contacts dans le monde des services de sécurité pour faire des affaires. Le KGB en tant qu'institution tentaculaire, monolithique, a disparu, bien que l'on voie avec Poutine une tendance à un regroupement de tous ces éléments.

Le KGB était en fait un instrument assez moderne, car il intégrait tous les aspects de la sécurité dans un seul organe, directement subordonné au conseil des ministres ou au président de l'Union soviétique à l'époque. Et donc, cela permettait d'avoir une maîtrise complète des problèmes de sécurité sans avoir affaire à des rivalités entre services, ou à des guerres des polices. C'est ce qui donnait au KGB son efficacité. Par exemple, aujourd'hui, dans la plupart des démocraties occidentales, les services de sécurité intérieure sont clairement séparés des services extérieurs, et ils ont des attributions qui sont nettement délimitées, ce qui fait que parfois les spécialistes de la sécurité s'inquiètent de ne pas avoir une continuité, surtout aujourd'hui avec un terrorisme transfrontalier, une criminalité qui joue avec les frontières. Il est vrai qu'avoir des services de renseignement limités par les frontières est un handicap. Le KGB était à la fois intérieur et extérieur, allait au-delà des frontières.

Anabelle : Pensez-vous que Scotland Yard puisse prouver quelque chose dans l'affaire Litvinenko ?

Jacques Baud : L'affaire Litvinenko est essentiellement une affaire de police. Votre question est donc une question qui implique une enquête policière. Je pense quant à moi que cette affaire est davantage liée à des questions de mafia ou de crime organisé qu'à des questions strictement politiques. Et de ce fait, je crois qu'il y a des chances pour qu'on trouve quelque chose, mais il ne faut pas oublier que les réseaux clandestins ou mafieux russes sont effectivement très développés, très efficaces. Et comme je l'ai dit, ils bénéficient de l'expérience d'ex-agents et sont habitués à ce travail d'arrière-plan, clandestin. Et je pense que Scotland Yard aura malgré tout fort à faire.

Mustapha BERRAHO : Gordievsky, l'ancien chef d'antenne du KGB à Londres, a accusé Poutine dans cette affaire...

Jacques Baud : Oui, et plusieurs autres qui ont actuellement émigré ont accusé Poutine. Ici, il y a sans doute d'autres éléments qui doivent être pris en considération, notamment que Poutine s'est attaché à lutter contre la corruption, contre la criminalité organisée, contre un certain nombre de travers qu'on trouve en Russie, et il est devenu pour beaucoup un ennemi de premier rang. Il est donc assez normal que les soupçons se portent directement sur lui. Je suis sceptique quant à l'idée de voir M. Poutine essayant d'éliminer des opposants politiques au moyen de poison. Je pense qu'on a affaire à une autre dynamique ici. Cela fait maintenant plus de quinze ans que Gordievski est en Occident, et je ne pense pas qu'il soit nécessairement au fait de tous les détails de ce qui ce décide au Kremlin. Je vois donc là plus une affirmation politique qu'une affirmation étayée par des faits.

Pedro : Comment les services russes peuvent-ils laisser Scotland Yard enquêter sur cette affaire à partir de Moscou ? S'agit-il de la première coopération policière publique entre deux anciens services issus d'ex-pays ennemis ?

Jacques Baud : Tout d'abord, il faut savoir que Scotland Yard n'est pas un service secret, mais un service de police, que la coopération d'une manière générale entre la Russie et les pays occidentaux pour les affaires criminelles a été développée depuis la fin de la guerre froide, et même avant. On pourrait même dire que les premiers contacts entre l'Est et l'Ouest se sont faits grâce aux services secrets, avant la chute du mur de Berlin. On le sait assez peu. Donc il n'y a rien d'exceptionnel dans une cooopération de ce type.

Depuis 2001, avec la politique antiterroriste notamment des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, la coopération entre services secrets s'est accrue entre l'Est et l'Ouest. Cette coopération n'est pas toujours d'une qualité excellente, mais elle existe. Les gens se connaissent et, comme toujours dans ces questions de renseignement, il faut qu'il y ait une certaine confiance qui s'établisse, et cela prendra des années. Pour revenir à l'affaire Litvinenko, il est clair que les Britanniques enquêtent sur un crime, et je pense que les Russes n'ont pas d'intérêt à aller à l'encontre de cette enquête, d'autant plus qu'il n'est pas impossible qu'elle ait des ramifications plus mafieuses qu'officielles. Je ne vois donc aucune contradiction et aucun caractère exceptionnel à cette coopération.

bashe : Pourquoi Poutine utilise-t-il tant les services secrets pour exercer sa politique ?

Jacques Baud : Poutine, d'abord, est un ancien des services : il a travaillé au KGB, a été stationné notamment en Allemagne de l'Est, a été directeur du FSB pendant un peu plus d'une année. C'est donc un peu son monde, le monde qu'il connaît, le monde en qui il a confiance, et ce n'est pas négligeable dans un pays qui est finalement nouveau, qui a dû créer de nouvelles élites, et qui reste quand même un pays où la corruption et la criminalité - en col blanc mais aussi de sang - sont encore très fortes. Poutine est donc obligé de s'appuyer sur des éléments connus.

Deuxième élément : il vient de la situation en Tchétchénie, qui reste pour les Russes un vrai problème dont nous parlons relativement peu en Occident. Simultanément, on a en Occident cette psychose du terrorisme depuis septembre 2001, qui a pour conséquence une importance accrue des services de sécurité tant chez nous qu'en Russie. Et effectivement, pour Poutine, l'importance des services de sécurité a augmenté dans ce pays. Il y est un peu contraint. La Russie est un pays en devenir, où les règles restent souvent très floues, où beaucoup d'organisations criminelles utilisent le flou de la législation pour se livrer à leurs activités. On se trouve donc un peu en Russie dans une situation qu'on a connue il y a quelques dizaines d'années aux Etats-Unis, par exemple. Il n'est donc pas très surprenant que les services secrets aient tant d'importance en Russie.

Vero : Valeri Goloubev, un ancien du KGB, vient d'être nommé chef de Gazprom. Comment expliquer qu'une telle collusion entre services secrets, Etat et entreprise soit possible ?

Jacques Baud : C'est une question difficile mais qui est liée au fait que les services secrets et de sécurité soviétiques de l'époque ont toujours attiré une certaine élite intellectuelle, et une intelligentsia, des gens plus capables, plus entreprenants, plus dynamiques que le reste de la société soviétique. Je pense que c'est là qu'il faut voir les raisons de ce que vous décrivez. De plus, les gens qui bénéficient de réseaux, de contacts privilégiés, qui ont accès à des informations peut-être plus "d'initiés" sont plus aptes à diriger des entreprises. Poutine lui-même est un politicien issu du KGB, on en a eu beaucoup récemment, et cela est lié au caractère élitiste et élitaire des services de renseignement soviétiques.

jfd : Le FSB est-il actif sur le sol français ?

Jacques Baud : Oui. Les services de renseignement russes sont restés très actifs dans plusieurs domaines : 1) dans la lutte contre le terrorisme, avec une coopération qui favorise leur présence un peu partout ; 2) mais aussi dans la recherche d'information. On sait notamment que dans le domaine de la technologie, les services russes sont présents, comme nous sommes présents chez eux.

Koutouzoff : Que représente le GRU en Russie de nos jours ? Est-ce aussi un service particulièrement actif ? Est-il moins sous le contrôle des politiques que des militaires ?

Jacques Baud : D'abord, le GRU est l'équivalent de la DRM (direction du renseignement militaire) en France, c'est un service de renseignement militaire. Il a toujours su rester à l'écart des controverses politiques, ce qui a d'ailleurs été une constante des forces armées soviétiques et russes, qui se sont toujours tenues à part et en dehors des discussions politiques. Il y avait dans le système soviétique trois piliers du pouvoir : le Parti communiste, le KGB et les forces armées. Et le KGB, lui, a toujours oscillé entre la politique et la sécurité ; il a d'ailleurs appartenu au ministère de l'intérieur, puis a été indépendant.

Le Parti, c'est la composante purement politique. Les forces armées ont toujours été le pilier neutre du pouvoir. Et c'est resté après la fin de la guerre froide : l'armée russe est restée parfaitement neutre dans ses choix et ses actions. Le GRU est donc un organe qu'on a retrouvé en Tchétchénie, par exemple, mais qui a rapidement été coiffé (pour ne pas dire remplacé) par le FSB en tant que service de renseignement. On a vu le FSB prendre en main des opérations militaires, et simultanément , la structure de renseignement en Tchétchénie s'est déplacée du secteur militaire au secteur sécurité intérieure (FSB). Le GRU est un organe finalement technique, qui ne joue pas de rôle au niveau politique, en tout cas actuellement.

Boudu : Quelle est la nature des relations entretenues par le FSB avec d'autres services secrets ? Y a-t-il coopération ? Méfiance ?

Jacques Baud : Les deux à la fois. Oui, il y a coopération. Cette coopération s'est accentuée depuis 2001 avec la menace terroriste. Il y a deux aspects : d'une part, le fait qu'effectivement la Tchétchénie est proche de l'Afghanistan, de l'Asie centrale, et est un lieu où le terrorisme islamiste a un peu des racines ; d'autre part, à travers cette menace terroriste, les Russes pouvaient légitimer leur action en Tchétchénie, car pendant longtemps les Russes, depuis 1994, étaient considérés avec méfiance et une certaine suspicion de la part de l'Occident. Avec 2001, leur combat s'est trouvé légitimé. Cela a encouragé très nettement la coopération entre services russes et services occidentaux.

Cela étant, ça reste une coopération qui, du point de vue qualitatif, n'est pas toujours très bonne. Il reste encore des méfiances énormes, particulièrement provenant du côté occidental. Comme je l'ai dit, on trouve dans les services des gens dont on ne sait pas toujours avec qui ils sont liés. Les ex-services soviétiques ont éclaté, et avec ces agents disséminés un peu partout dans la société russe, sont restés des contacts qui parfois freinent un peu l'ardeur des services occidentaux, qui ne savent pas où l'information va finir. Cela affecte sérieusement les relations entre services. Cela étant, cette coopération, à part ça, s'est améliorée ces cinq à six dernières années, et demandera encore quelques années. La confiance prend du temps à se construire. Je pense qu'on est dans un processus d'amélioration.

Pulqepiq : Qu'en est-il de cette coopération sur les anciens territoires du bloc soviétique ?

Jacques Baud : Il faut distinguer entre les pays que l'on appelait satellites, comme la Pologne, la Hongrie, etc. Là, on peut dire que la coopération est très bonne, car la plupart de ces pays se sont associés ou font partie de l'OTAN. Quant aux autres pays de l'ex-URSS, notamment les pays d'Asie centrale, la réponse est plus nuancée. Dans certains pays, la coopération est bonne, par exemple en Géorgie, mais l'est beaucoup moins dans d'autres pays. Cela en raison des gouvernements qui sont en place ou bien de la configuration des services, qui est restée, dans certains pays, comme l'ancien KGB.

Il faut se rappeler que ce qu'on appelle le KGB comportait une organisation centrale à Moscou, mais il y avait le KGB des Républiques soviétiques. Et ceux-ci se sont la plupart du temps transformés et ont donné des services qui sont aujourd'hui, par exemple en Ukraine, construits selon des critères occidentaux. Dans d'autres pays, notamment en Asie centrale, beaucoup de ces KGB n'ont pas vraiment évolué et sont restés en fait les mêmes instruments qu'on avait connus sous le régime soviétique. Cela complique évidemment un peu les possibilités de coopération avec eux.

Math : Pouvez-vous nous parler des pratiques d'interrogation, d'investigation du KGB, et de son successeur le FSB ?

Jacques Baud : Tous les services de renseignement et de sécurité se ressemblent un peu au niveau des techniques d'interrogation. On a peu d'exemples pratiques aujourd'hui. Ce qu'on a vu à l'époque en Corée ou au Vietnam, où les services locaux étaient instruits par des Soviétiques, montre que les méthodes étaient relativement brutales et musclées, et on se préoccupait peu des droits humains. Cela étant, les Soviétiques ont très largement privilégié dans leurs méthodes d'interrogation l'usage de drogues, par exemple. C'est une méthode qui a été fréquemment relevée et qui peut-être, là, diffère des méthodes occidentales. Ces méthodes sont pratiquées aux Etats-Unis également.

Quant aux méthodes d'investigation, il faut comprendre qu'à l'époque, toute la société soviétique participait à l'instrument d'investigation. C'est une particularité qu'on avait dans l'Union soviétique : le principe de la délation était assez universellement admis et accepté.

On savait par exemple que les concierges d'immeubles, le personnel de nettoyage, etc., faisaient des rapports à des officiers du KGB. Evidemment, cela donnait au KGB une capacité de collecte d'information presque illimitée. Cela a probablement changé, parce qu'aujourd'hui le FSB n'a sans doute pas les moyens de pression qu'avait le KGB pour forcer les gens à coopérer. Néanmoins, je pense qu'une bonne partie de la population russe est prête à coopérer avec ces services, il y a donc un potentiel d'investigation et de collecte d'information qui reste très important. Mais qui n'est pas constitué par des agents réguliers. C'est toujours au bon vouloir du citoyen. Cela étant dit, les services russes n'ont jamais vraiment brillé par le côté analytique de leurs investigations, pour des raisons parfois de technologies, mais aussi de culture d'entreprise. Ils savent ramasser beaucoup d'informations, mais ne savent pas toujours bien les utiliser.

Fontana : Jusqu'à quel point le Kremlin contrôle-t-il encore les services secrets russes ? Et dans quelle mesure le corps professionnel du FSB a-t-il des objectifs propres ?

Jacques Baud : C'est une question qui est très difficile, car je pense que même M. Poutine se la pose... Il y a actuellement de nombreux indices qui laissent penser qu'il y a au sein des services une dynamique propre, à eux, et on ne sait pas exactement jusqu'à quel degré le pouvoir politique maîtrise ce que font les services de sécurité. Je n'ai pas la réponse, mais je pense qu'effectivement la réponse mérite d'être posée. On voit peut-être là l'explication des restructurations permanentes dont font l'objet les services russes, probablement pour casser systématiquement des cultures d'entreprises ou des réseaux qui se créent à l'intérieur des services, et pour en conserver la maîtrise. Les services russes ont subi des changements considérables ces quinze dernières années, beaucoup plus que leurs équivalents occidentaux. Et une partie de ces restructurations, comme par exemple la resurbordination des services fiscaux au sein du KGB, ont sans doute comme explication la lutte contre la corruption qui se trouve à l'intérieur même des services de l'Etat dans son ensemble. Je pense en effet que c'est un problème, mais que personne n'a de réponse.

Antonio : La guerre froide est-elle vraiment terminée au niveau des services secrets ?

Jacques Baud : Oui, la guerre froide est terminée au niveau des services secrets, et elle s'est terminée avant la vraie guerre froide. Mais il reste quand même des méfiances, des suspicions, qui vont encore prendre quelques années à être complètement résorbées.

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Sujet / Message Re: Services de renseignements et de la securité russes (FSB)

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