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Sujet / Message Géopolitique des conflits

Message par Syfou le Lun 16 Juil - 2:36

Géopolitique des conflits

LA GÉOGRAPHIE DES CONFLITS / YVES LACOSTE

Yves Lacoste : « Il faut distinguer différents types de conflits à la surface du globe, en fonction de leur ampleur, de leur contexte politique, des caractéristiques des adversaires : ainsi après le gigantesque conflit que fut la Seconde Guerre mondiale, les luttes pour l’indépendance de la 2° moitié du XX° siècle, et les confrontations entre « monde libre » et « monde communiste » elles aussi de la 2° moitié du XX°, n’existent plus aujourd’hui. Les conflits qui viennent d’éclater au sein de différents pays arabes ne sont pas au premier chef géopolitiques (leurs enjeux sont surtout sociaux, et non pas territoriaux), mais leurs contre - coups seront sans doute géopolitiques.
Il est utile de prendre un cas précis pour montrer le grand intérêt du raisonnement géographique dans l’analyse des conflits. Le problème israélo-palestinien (appelé d’abord israélo-arabe) est assurément le conflit le plus ancien (il date de 1948, mais remonte en fait aux années trente) qui apparaît aujourd’hui, comme pouvant devenir encore plus dangereux au plan international, bien qu’il porte seulement sur 35.000 Km2 (au sens large, Israël 26.000 Km2) soit l’équivalent de la surface de la Bretagne. Une donnée éco-géographique première est presque toujours ignorée de toutes les analyses des origines de ce conflit : le fait que l’étroite plaine littorale (200 km x 25-40) qui correspond à la partie aujourd’hui la plus peuplée du territoire israélien, était extrêmement peu peuplée (sauf le cordon littoral) au milieu du XIX° siècle, à cause de la présence de nombreux marais et de ce fait du paludisme. Sans cela, les immigrants sionistes n’auraient pas pu y acheter des terres à des notables arabes et commencer à s’implanter en Palestine, avec l’accord de l’empire ottoman ». [source : Cafés géographiques].
http://www.canal-u.tv/video/universite_toulouse_ii_le_mirail/la_geographie_des_conflits_yves_lacoste.6862


En Europe, la dangereuse expansion de l’extrême-droite

« Le nationalisme, c’est la guerre », disait François Mitterrand. De la pax romana à la création de l’Union européenne, l’Europe a été un théâtre constant de conflits. Les idées invitant au rejet de l’autre, voire à sa destruction, progressent sur le continent. Hier rejetées au nom d’une morale politique ouverte, ces idées sont aujourd’hui acceptées, revendiquées et transformées en politiques publiques par plusieurs gouvernements européens, alors que les mouvements d’extrême-droite se durcissent en conséquence.

Les faits

Depuis le début des années 2000, l’extrême-droite européenne a radicalement évolué. Elle est passée d’une force politique marginale et ostracisée à un acteur de poids avec lequel il faut compter. Elle a mué, de groupes écartés des lieux de pouvoirs à des partis de gouvernement. Elle a vu les idées xénophobes alors décriées être passivement acceptées, voire reprises et appliquées par des partis traditionnels de droite.

En termes d’électorat, l’extrême-droite était, selon les pays, composée de traditionnalistes catholiques, de révisionnistes, de nostalgiques, de racistes, de xénophobes, de nationalistes ou d’isolationnistes. Elle flatte et conquiert aujourd’hui bien au-delà de ces groupes marginaux, par un vote contestataire mais aussi d’adhésion, à droite comme à gauche, dans les milieux ouvriers comme dans les classes moyennes, et quel que soit le niveau d’étude. Dans une Europe inquiète, la peur fleurit et qu’elle soit populiste, régionaliste, nationaliste, eurosceptique, identitaire ou raciste, l’extrême-droite progresse, se normalise et se radicalise.

Une tendance historique

Les années 1990 ont fait croire à l’Europe que les idées d’extrême-droite seraient relayées à un passé peu glorieux et meurtrier dont les guerres des Balkans ne constituaient qu’un anachronisme quasi-nécessaire à la ré-historisation d’un espace communiste qui avait tenté de se dés-historiciser. Les États-nations redevenaient souverains et pouvaient alors mettre en commun de leur propre chef une partie de leurs prérogatives afin d’assurer la paix, la stabilité et une prospérité économique commune.

Mais la définition britannique du nationalisme (une construction vertueuse de la communauté nationale par la mise en pratique des principes sur lesquels la nation s’est érigée) qui a présidé à l’ère post-guerre froide, 1989-2001, a laissé la place, de 2001 à 2012, à une mise en pratique de la définition française (exploitation populiste de la nation comme une entité passéiste et partitive, idéalisée comme « pure », menacée de perdre sa gloire d’antan par l’extérieur, voir pire, de l’intérieur, et donc légitimement xénophobe).

Légitimation des idées de l’extrême-droite : un glissement populiste des partis de gouvernement

La mondialisation actuelle se caractérise par un antagonisme permanent. L’ouverture à des modes de gouvernance qui dépassent ou traversent les États-nations, la réduction des distances interculturelles par l’explosion des technologies de l’information et de la communication ainsi que la libéralisation des échanges économiques s’accompagnent, en réaction, de contre-mouvements divers et variés, qu’ils soient localistes, régionalistes ou nationalistes, contestant une ouverture au monde qu’ils considèrent comme néfaste.

Au cœur de cette complexité, les leaders politiques des États européens n’ont, dans les années 2000, eu que peu de visibilité sur ce à quoi mènera une telle ouverture. Mais ils étaient convaincus de trois choses néanmoins. La première est que l’ouverture réduit leurs prérogatives politiques (régionalisation, communautarisation européenne, transfert de compétences publiques à des acteurs non-étatiques, privés ou associatifs). La seconde est que la prospective et la planification des politiques publiques sont bien plus ardues en raison du niveau accru de connexité des phénomènes politiques et économiques mondiaux. Et enfin, et surtout, cette ouverture, très rapide, dépasse passablement le rythme d’évolution de la plupart des sociétés européennes, c’est-à-dire que les peuples ne peuvent, sans pédagogie, s’adapter à des mutations mondiales (technologiques, économiques ou géopolitiques) plus rapides que le rythme lent de leur évolution endogène.

Il y avait donc deux choix possibles : regarder vers l’avenir en faisant œuvre de pédagogie, en expliquant les nouveaux enjeux, les nouveaux modes de gouvernance, les nouveaux rythmes, les nouvelles opportunités que cette ouverture apporte si l’on s’y applique (typiquement ce qu’ont fait les pays scandinaves en se réformant), ou bien regarder vers le passé en rejetant cette ouverture. Cela revient à prophétiser de façon populiste et fallacieuse la dilution à venir de sa nation par l’ouverture de l’État dans un ensemble globalisé, présenté comme trop complexe, néfaste, un ensemble dont la diversification des leviers de gouvernance, même démocratiques, sont affichés comme non-démocratiques car ils ne correspondent pas à la conception strictement orthodoxe de l’État.

Les conjonctures politiques et économiques ont fait le reste. Que les leaders nationaux croient a priori aux vertus de la mondialisation ou non (les discours varient souvent en fonction de l’auditoire), ils ont souvent usé d’arguments visant à limiter l’ouverture. Cela a été le cas à gauche comme à droite, l’extrême-gauche contestant l’ouverture sur une base essentiellement économique et l’extrême-droite sur une base essentiellement politique, bien que les deux se soient rapidement mêlés, se joignant ainsi à la complexité du tissu actuel des phénomènes et des acteurs politiques.

Plus aisé que de faire œuvre de pédagogie, stigmatiser la mondialisation, tel phénomène extérieur, telle idéologie autre, tel pays étranger, tel groupe humain allogène, immigré, est devenu une habitude afin de s’attirer les bulletins lors des suffrages nationaux.

L’Union européenne, premier bouc-émissaire

Ainsi, la gouvernance européenne (dont la décision est faite à 100% par le Conseil composé des chefs d’États et de gouvernements, élus, et par les membres du Parlement européen, élus également) est devenue la première marotte de ce nouveau populisme politique. On a déqualifié rhétoriquement le Conseil et le Parlement au profit de « Bruxelles », entité indéfinie, institutionnellement inepte, mais dont le caractère volontairement flou tendait à affirmer, fallacieusement, un caractère non-démocratique.

Provoquer un bras de fer avec la Commission (qui ne décide pourtant de rien, mais propose et contrôle l’application des décisions prises par le Conseil et le Parlement) est devenu pour un certain nombre de leaders politiques une manière facile et récurrente de redorer son image politique. Cela a pu être le cas en Angleterre, coutumière du fait (renégociation du « chèque britannique », position atlantiste face à la guerre en Irak), mais aussi, phénomène nouveau par son intensité :

- en France (quotas de pêche, interventionnisme économique, troisième domaine de réduction de la TVA à 5,5%, mention ethnique pour l’expulsion des Roms, fermeture de la frontière italienne, sécurité des centrales nucléaires, etc.),

- en République tchèque (l’Europe étant un « projet erroné » aux yeux de Vaclav Klaus),

- en Pologne (relance du débat sur la peine de mort, interdiction de manifestations d’homosexuels, opposition notoire à l’idée d’une constitution européenne, etc.),

- en Italie (immigration, retour à la lire, etc.),

- ou encore aux Pays-Bas (pas de soutien à l’idée d’une constitution, demande de retrait des symboles européens, drapeaux, hymne et devise, du traité de Lisbonne).

Les coups portés à l’Union européenne sur les scènes nationales se traduisent ainsi dès 2004 par un phénomène craint mais dépassé lors du traité de Maastricht : la victoire du « non » aux référendums sur le projet de traité établissant une Constitution pour l’Europe, en France et aux Pays-Bas, deux pays pourtant fondateurs.

L’Union européenne est progressivement devenue l’adversaire favori (en rhétorique et/ou en pratique) des leaders nationaux du continent, malgré le fait qu’elle soit leur meilleur atout dans la mondialisation. On est passé d’une dynamique de communautarisation (PAC, Euro, Schengen, Pesc, PESD), à une coopération (prééminence du Conseil européen), voire parfois à de simples concertations (politiques budgétaires) quand ce n’est pas à une stratégie du cavalier seul (la France annonce la reconnaissance du Conseil national de transition libyen au moment d’une réunion du Conseil des ministres européens destiné à trouver une position commune).

On a commencé à préférer un repli sur l’État-nation à une régulation commune de la mondialisation. La chose était dite et répétée, le phénomène enclenché : on donnait trop d’ouverture politique, il fallait revenir à l’échelon national de gouvernance. Conserver plutôt que partager, faire entre nous plutôt qu’avec les autres, même si c’est moins efficace, qu’importe. La fermeture est désormais décomplexée, et donc libérée de toute nécessité d’argumentation.

Respectabilité de l’extrême-droite : l’expérience du pouvoir

Alors que les leaders européens s’égosillaient à tour de rôle contre « Bruxelles » dans leurs médias nationaux, ceux qui avaient toujours critiqué l’ouverture de l’État-nation et prôné le repli ont commencé, tout à fait logiquement, à être écoutés d’une oreille bien plus attentive.

Ceci s’est traduit dans les urnes par une montée des partis d’extrême-droite. Au regard de leurs scores électoraux et d’une légitimation latente de leurs idées, les partis de la droite de gouvernement ont décidé dans plusieurs pays de franchir le Rubicon et de les faire entrer dans des gouvernements de coalition.

Ce mouvement s’est initié en 2000, en Autriche, avec l’entrée de Jorg Haïder et son Parti autrichien de la liberté (Freiheitliche Partei Österreichs, FPÖ) au gouvernement du chancelier Schüssel. Alors que ce mouvement politique avait déclenché un tollé chez les partenaires européens, qui avaient même envisagé la suspension de l’Autriche de l’UE, il n’en a pas moins créé un précédent, et a été suivi depuis douze ans dans un nombre significatif d’autres pays, parmi lesquels :

- les Pays Bas, avec l’entrée de la Liste Pim Fortuyn (Lijst Pim Fortuyn, LPF) et de l’Union chrétienne (ChristienUnie, CU) au gouvernement Balkenende,

- l’Italie, avec l’attribution de portefeuilles à l’Alliance nationale (Alleanza nazionale, AN), la Ligue du Nord (Lega Nord, LN) et La Droite (La Destra) par le gouvernement Berlusconi,

- la Slovaquie, avec l’entrée du Parti national slovaque (Slovenská národná strana, SNS) au gouvernement Fico,

- la Pologne, avec l’arrivée d’Autodéfense (Samoobrona Rzeczpospolitej Polskiej, SRP), avec notamment le poste de vice-premier ministre, et de la Ligue des familles polonaises (Liga Polskich Rodzin, LPR) dans le gouvernement Kaczynski,

- la Grèce, et l’entrée de l’Alerte populaire orthodoxe (Laïkos Orthodoxos Synagermos, LAOS) au gouvernement Papademos.

Dans d’autres pays, les partis d’extrême-droite, sans toutefois être associés aux gouvernements, se sont toutefois fortement rapprochés du pouvoir, sur la même période 2000-2012, avec des pics électoraux parfois très importants. Citons ainsi :

- le Front national (FN), avec la qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle française de 2002 avec près de 17% des voix et plus de 11% au scrutin législatif de la même année,

- le mouvement UKIP au Royaume Uni (United Kingdom Independence Party), avec ses 16,5% lors des élections européennes de 2009,

- l’Union nationale Attaque (Natsionalen sayuz "Ataka"), en Bulgarie, dont les scores électoraux en 2009 ont atteint plus de 9% aux législatives et 12% aux européennes,

- le Vlaams Blok (« bloc flamand »), devenu depuis Vlaams Belang (« intérêt flamand »), qui a atteint en Belgique plus de 24% lors des élections parlementaires flamandes et plus de 23% aux élections européennes,

- le Parti de la grande Roumanie (Partidul România Mare, PRM), qui inverse sa chute avec près de 9% aux élections européennes de 2009,

- les Démocrates de Suède (Sverigedemokraterna, SD), font leur entrée au parlement suédois en 2010 avec près de 6%,

- le parti hongrois Jobbik (signifiant « le plus droit » et « le plus à droite ») avec près de 15% aux élections européennes de 2009 puis près de 17% aux législatives de 2010, possède sa propre milice, la Garde hongroise (Magyar Gàrda),

- le parti Vrais Finlandais (Perussuomalaiset) avec 19% des votes aux élections législatives finlandaises de 2011.

Il va sans dire que si la plupart ont des députés dans les parlements nationaux et/ou au Parlement européen, de nombreux partis d’extrême-droite gouvernent par ailleurs aussi aux échelons local et régional, comme le très symbolique Parti national-démocrate d’Allemagne (Nationaldemokratische Partei Deutschlands, NPD), avec 9% en Saxe (2004) ou plus de 7% en Mecklembourg-Poméranie (2011).

Application des idées d’extrême-droite : la droite décomplexée

Mouvement de balancier permanent, certains partis de droite, polarisés en général en Europe par les libéraux d’un côté et conservateurs de l’autre (plus une branche sociale dans certains pays), ont commencé à intégrer en leur sein des courants plus radicaux côté conservateur. Les idées de l’extrême-droite désormais légitimées par des scores électoraux prouvés à coup de chocs nationaux dans quasiment tous les pays d’Europe, certains leaders ont pensé qu’il était temps d’intégrer les idées traditionnellement soutenues par l’extrême-droite dans leurs propres programmes électoraux, puis, une fois au pouvoir, de les appliquer, selon deux axiomes :

1) « Nous sommes menacés par l’extérieur ». Ceci s’est traduit tout d’abord par la menace terroriste post-11 septembre (surveillance du territoire, des communications, mesures de sécurité), puis de la compétitivité du pays dans le monde (contre la Chine, les États-Unis, les pays émergents), d’une méfiance à l’égard des partenaires européens (mobilité limitée des travailleurs des dix pays entrants en 2004, élargissement freiné de l’espace Schengen, interventionnisme de l’exécutif sur les fusions-acquisitions dans le marché commun, nationalisme monétaire), d’une mythification des valeurs culturelles nationales, d’une fermeture aux religions minoritaires, d’une stigmatisation des immigrés (rendus responsables du chômage, de la criminalité, d’un déclin général des pays).

2) « Il faut croire à ces menaces et ne pas critiquer les actions entreprises pour les combattre ». Dans plusieurs pays (Hongrie, France, Italie, Pologne, par exemple), les partis de gouvernement ont décidé de limiter les contre-pouvoirs encadrant l’action de l’exécutif, qu’ils soient d’ordre législatif, judiciaire ou médiatique. Toute critique contre les actions de l’exécutif est alors considérée comme un comportement néfaste au pays, au moins politiquement irresponsable et au plus antipatriotique.

Radicalisation de l’extrême-droite : une réaction logique et dangereuse

Puisque certains partis, surtout à droite mais également à gauche de l’échiquier politique, ont musclé leur discours sur la gravité des menaces extérieures pesant sur les pays, l’extrême-droite s’est vue dépossédée de larges parts de ses propositions. Si la radicalisation n’est pas visible dans tous les pays, la rhétorique ainsi que les actions de l’extrême-droite se sont tout de même clairement durcis dans certains pays, en arrivant à des extrêmes que l’Europe n’a pas connus depuis la Seconde Guerre mondiale. On observe depuis plusieurs années dans plusieurs pays l’arrivée de petites formations ou groupuscules d’extrême-droite plus radicaux encore que les partis extrémistes traditionnels, avec un discours clairement xénophobe ou raciste, et dont les membres passent des discours aux actes criminels.

En termes de discours, l’extrême-droite hongroise a par exemple revendiqué le caractère ethnique de la nation désormais inscrit dans la Constitution (laissant donc penser que les frontières de l’État ne correspondent pas à la distribution géographique de la nation, tout en excluant potentiellement les Roms) ou encore que celle-ci est chrétienne (niant donc toute l’importance de la communauté juive dans l’épanouissement du pays à son âge d’or, stigmatisant la communauté gay). En Pologne, l’extrême-droite a considéré l’adhésion à l’Union européenne, en 2004, comme une occupation. En France, on organise des apéritifs à base de porc et d’alcool dans des quartiers où habitent de nombreux musulmans pour leur faire comprendre qu’ils ne sont pas chez eux. En Suisse, l’Union démocratique du centre (UDC) les a considérés comme une force menaçant clairement le pays, alors qu’on y a assimilé Italiens et Roumains à des rats venus voler le fromage national. Ou encore en Italie, où la Nouvelle force (Forza Nuova) a réclamé l’expulsion de la communauté gitane.

En termes de passage à l’action violente, l’extrême-droite s’est développée fort dangereusement, que ce soit au travers des actions anti-homosexuels en Slovaquie, de violences contre les minorités et d’émeutes antigouvernementales en Hongrie, des attaques terroristes d’Oslo et d’Utoya en Norvège, ou encore de la série d’assassinats d’immigrés en Allemagne par le groupe néonazi NSU (Nationalsozialistischer Untergrund), qui se revendique comme le bras armé clandestin et national-socialiste d’un plus vaste réseau idéologique dans le pays.

Un esprit européen délétère

Cet antagonisme des peuples, qui est ainsi prôné et mis en pratique par la violence, suscite de l’extérieur l’impression d’une Europe vieillissante et xénophobe, méfiante vis-à-vis du monde, suspicieuse quant à un entrant forcément ennemi.

Il n’est pas étonnant que le rejet, ne serait-ce que rhétorique, de l’Europe sur les scènes politiques nationales, provoque la réémergence d’idéologies contre lesquelles l’Union européenne a été bâtie. Car ce sont bien les idéologies nationalistes (nazisme, fascisme, pétainisme, franquisme, salazarisme, horthysme) qui ont provoqué le suicide historique de l’Europe et c’est pour prévenir tout nouveau conflit que l’on a mis en place la Communauté européenne.

Il y a un donc un triple danger dans cette expansion des idées xénophobes. Premièrement, à force d’être exprimées avec plus ou moins de détours par les élites à des fins électorales, elles finissent par devenir une norme morale. Elles se diffusent ensuite comme telle dans la société, ravie d’avoir un bouc-émissaire désigné responsable de ses malheurs, réels ou fantasmés. Troisièmement, cela provoque un durcissement des partis extrémistes, qui tendent à opposer les peuples plus qu’à les faire se comprendre, s’accepter et travailler ensemble, dans le complexe tissu ethnique, linguistique, culturel, économique et politique qu’est l’Europe.

L’Union européenne a été inventée précisément pour mettre fin à ce vice collectif, et changer des États aux antagonismes chroniques et bellicistes en un ensemble communautaire pacifié. L’expansion actuelle de la xénophobie en Europe, qu’elle soit diffuse ou radicale, remet dangereusement en cause ses fondements humanistes en revitalisant des confrontations destructrices dont on ne connait que trop bien toute l’impasse.

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Sujet / Message Re: Géopolitique des conflits

Message par Syfou le Mar 17 Juil - 22:37

La géopolitique des conflits internationaux

Pour Paul Valéry, l’homme ne cesse d’osciller entre ordre et désordre : le premier l’ennuie, le second l’effraie. Tout ordre est fragile, précaire. Lorsqu’il se met en place, porté par le vent de l’histoire ou tout simplement par une puissance hégémonique.
« Guerre, de tout est père, et de tout roi ; les uns, elle les désigne comme dieux, les autres comme hommes ; des uns, elle fait des esclaves, des autres des hommes libres » ; « Nul homme n’est assez dénué de raison pour préférer la guerre à la paix ; en temps de paix, les fils ensevelissent leurs pères ; en temps de guerre, les pères ensevelissent leurs fils ».
Mieux que de longs discours, ces citations de Héraclite et Hérodote résument parfaitement la problématique de la guerre. Phénomène fondamental des relations internationales, la guerre suscite les opinions les plus contrastées et les plus passionnées : d’un côté l’opposition est permanente entre le constat empirique de l’omniprésence de la guerre et l’incompréhension normativité de cette ubiquité ; de l’autre les observateurs annonçant qui le « bel avenir de la guerre » (P. Delmas) qui « l’obsolescence des guerres » (J. Mueller).
La vie de la société internationale a toujours oscillé entre la pacification et la violence. Alors que le .....

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Sujet / Message Re: Géopolitique des conflits

Message par Sphinx le Mer 18 Juil - 13:30

Les raisons du nucléaire iranien

C’était il y a deux ans et demie. Dans un article revenant sur l’élection présidentielle iranienne de 2009, je tentais de démystifier quelques postulats populaires trop souvent galvaudés par la presse européenne et américaine sur le régime iranien de Mahmoud Ahmadinejad. Ces derniers mois, des stéréotypes du même genre ont circulé dans de nombreux médias occidentaux au sujet du nucléaire iranien. Sur la table des négociations internationales depuis près de dix ans, ce dossier est loin d’être réglé et continue de raviver les fantasmes et les peurs d’une opinion publique occidentale très sensible aux questions de sécurité internationale. Rétrospective et logique géopolitique du programme nucléaire iranien.

Une coopération nucléaire pour endiguer l’Union soviétique

C’est dans les années 50 que les premiers programmes nucléaires iraniens sont lancés, avec l’appui des Etats-Unis. A l’époque, le régime du Shah est considéré comme un allié fiable et stable sur lequel les Américains peuvent compter pour enrayer la menace communiste. Après la ratification du Traité de non-prolifération – le fameux TNP – en 1970, une première centrale est construite en 1975 par la société allemande Kraftwerk Union. Quatre ans plus tard, la révolution islamique porte un coup fatal à la coopération technologique en matière nucléaire entre Téhéran et Washington. Relancé tant bien que mal après 1979, le programme nucléaire iranien galvanise une nation en guerre lors du conflit qu’elle mène avec le régime irakien de 1981 à 1988. En 1995 et en 1996, la République islamique d’Iran signe deux contrats successifs avec la Russie et la Chine afin de s’approvisionner en uranium.

Le retour inexorable de la puissance iranienne

La poursuite du développement nucléaire de l’Iran se justifie de manière plus significative depuis 2001. La donne géopolitique se transforme presque subitement avec les attaques américaines contre le régime des talibans en Afghanistan puis, l’année suivante, contre celui de Saddam Hussein, en Irak. En réalité, ces deux incursions s’inscrivent dans le nouvel agenda politique de l’administration Bush pour le Moyen-Orient : l’instauration de gouvernements démocratiques qui suppose, en contrepartie, l’éviction de ceux qui ne correspondent pas à cet idéal. La suite est tristement connue : les régimes afghan et irakien tombent en peu de temps mais les nouveaux gouvernements, créés de toute pièce par les autorités américaines, doivent composer avec une situation chaotique.

Témoin des développements politiques désastreux à ses frontières, où se profile le spectre de la guerre civile, Téhéran se sent plus que jamais menacée par la perspective de subir le même sort que ses deux voisins, en d’autres termes d’ « être le prochain sur la liste ». La théocratie iranienne souhaite échapper au projet américain de démocratisation du Moyen-Orient par tous les moyens. Elle mise ainsi sur l’arme nucléaire pour dissuader Washington de s’ingérer dans son pré-carré national. Ce calcul stratégique se base sur la théorie classique de la dissuasion nucléaire.

L’arme diplomatique ou la vraie menace iranienne

Pour prendre la véritable mesure de l’évolution de la puissance iranienne, il faut non seulement tenir compte de son insertion régionale (rendue possible grâce à l’élimination du régime de Saddam Hussein) et de son activisme dans le monde islamique (en tant que chef de file du courant chiite) mais également de ses ambitions en tant que puissance internationale jouant pleinement son rôle dans la mondialisation.

L’Iran actuel cherche à se faire entendre sur la scène internationale, par tous les moyens. En amplifiant son programme nucléaire, Téhéran ne cherche ni à rayer l’État juif de la carte, ni à écraser la Turquie ou à triompher de l’Arabie saoudite, sa grande rivale mais à jouer un rôle international prépondérant, à l’image des autres nations émergentes comme la Chine, l’Inde ou encore le Brésil. Téhéran s’est ainsi lancée ces dernières années dans une stratégie mondiale de recherche d’alliés qui peuvent être utilisés pour contester, de façon directe ou détournée, une hégémonie américaine de plus en plus lourde. Le régime iranien dispose désormais d’un vaste réseau international d’Etats en mesure de l’aider en cas de crise majeure, pour contourner un embargo imposé par les pays occidentaux ou soutenir sa volonté d’indépendance. Sur ce plan diplomatique, le régime iranien semble avoir trouvé des alliés et des interlocuteurs d’intérêts non négligeables. L’accord entre le Brésil, la Turquie et l’Iran sur le nucléaire en mai 2010 est venu renforcer cette nouvelle dimension géopolitique de l’Iran.

En détruisant le potentiel économique et social irakien, les Américains ont de facto donné le pouvoir régional au régime iranien, qui souhaite pleinement assumer ce rôle dans les plus cours délais, si ce n’est déjà fait. En raison de la crise financière et des échecs successifs de l’OTAN en Afghanistan, en Irak et en Libye, Téhéran comprend bien qu’une guerre sur son territoire ne constitue plus un risque majeur. Au contraire, elle détient dorénavant plusieurs moyens de pression qu’elle continuera à exploiter au niveau national (dissuasion nucléaire), régional (liens rapprochés avec le Hezbollah et le Hamas) et international (alliance conjecturelle avec les autres pays émergents).

Les sanctions internationales étant pour la plupart inefficaces, les Etats-Unis et l’Europe n’auront pas le choix de revenir à la table des négociations et/ou d’accepter l’existence d’un nouveau membre dans le club des nations nucléarisées.

http://perspectivesgeopolitiques.wordpress.com/2012/01/06/les-raisons-du-nucleaire-iranien/

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Sujet / Message Re: Géopolitique des conflits

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