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Réunion secrète au sommet à Alger pour préparer l'après Bouteflika

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Signaler une anomalie Réunion secrète au sommet à Alger pour préparer l'après Bouteflika

Message par matriochkas le Jeu 23 Mai - 15:29

Alors que les médias du monde entier se répandent en informations contradictoires sur la mort présumée d’Abdelaziz Bouteflika, les structures « intangibles » d’Algérie, se sont réunies hier à l’initiative du patron des services secrets Algériens, le général Mohamed Toufik Médiene.

Selon des informations fiables obtenues par « Maghreb Intelligence » auprès du premier cercle de la présidence Algérienne, Toufik aurait réuni hier dans une villa utilisée par le DRS, le premier ministre, Abdelmalek Sellal, le président du sénat Algérien, Abdelkader Bensalah, l’adjoint de Toufik, le général Tartag, ainsi que plusieurs personnalités politiques algériennes de premier plan, dont des leaders de l’opposition tel Said Saadi ou le milliardaire Issaad Rebrab.
Le général Toufik a pris la parole sur un ton très grave, affirmant que l’Algérie allait affronter des moments « difficiles » qui nécessitent « l’union sacrée ». Il a annoncé à ses hôtes qu’Abdelkader Bensalah, conformément à la constitution, serait nommé Président par intérim le temps que de nouvelles élections soient convoquées, et a assuré que ni l’institution militaire ni le renseignement algérien n’interviendraient.

Selon une source qui a pu obtenir un témoignage direct de l’un des participants, l’ambiance était lourde et triste, et l’on pouvait notamment voir que le premier ministre, que beaucoup voyaient succéder à Bouteflika, avait une attitude très réservée, contrairement au grand patron Issaad Rebrab, auquel beaucoup promettent désormais un destin national.
De manière surprenante, le très puissant général Toufik, que l’on dit également malade et de moins en moins aux commande du DRS au profit de son dauphin, a demandé à ce qu’aucune « chasse aux sorcières » n’ait lieu après le décès du Président, et a cité nommément le frère du Président, Said, qui faisait office de directeur de cabinet de Bouteflika et que l’on dit impliqué dans plusieurs affaires.
Selon Toufik, « Said a toujours été loyal et aura été un partenaire important ».
La réunion secrète, selon la source de Maghreb Intelligence, s’est poursuivie tard dans la nuit autour d’un petit cercle chargé de mettre en place les détails logistiques de la succession.


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Signaler une anomalie Le «retour» de Bouteflika ne changera rien

Message par matriochkas le Ven 31 Mai - 17:06

Bouteflika est de retour. Et donc ? Il faut au bonhomme une démonstration de saut à la perche, de 100 m sans souffle et d'un décathlon pour restaurer son image de Président capable de présider. Car cela fait quatre Val- de-Grâce pour trois mandats. Même du point de vue comptable, il n'est pas dans la bonne case. Et puis le jeu est parti trop loin : les présidentielles sont ouvertes déjà. Avec un curieux effet de singularité algérienne : la campagne est lancée mais sans candidats en plein jour. Le mandat est clos, mais sans date exacte. La question est désormais «qui sera le suivant?» Pas celle «est-ce qu'il peut continuer ?». Cela a été résolu par le temps, pas par la démocratie ou le débat public. Donc même si Bouteflika revient avec un jogging et un record de natation sur le dos, cela ne servira pas à éluder la question de la succession : elle est ouverte, posée, publique. Dans un journal français (Libération) qui spécule, comme nous, sur le prochain Dey, un universitaire donne un magnifique portrait en creux de l'élu : «Il devra être compatible avec les forces islamistes et les pays du Golfe, les nationalistes, le Front de libération nationale – qui rentre en congrès le mois prochain-, et le Rassemblement national démocratique, être agréé par les services secrets, l'armée, ne pas faire peur aux milieux financiers, ne pas être en froid avec Paris, les Etats-Unis, tout en sachant parler au peuple. C'est un mouton à cinq pattes que l'Algérie doit trouver, et qui ferait aussi consensus, à la tête de l'oligarchie.». Les élections seraient donc une version adulte du «dessines-moi un mouton», dictée par plusieurs princes, dans un Sahara de pétrole.

Du coup, ce statut algérien d'énigme régionale : un régime fascinant par son fonctionnement, ses lois, ses codes et rites et ses logiques de banc de saumons invisibles à l'œil nu. Toujours, selon «Libération», cet extrait très beau, poétique et mathématique «Pour Mohamed Chafik Mesbah, ancien colonel des services secrets, aujourd'hui politologue: «Le système politique algérien, comme l'a dit un jour un ambassadeur américain, en poste à Alger, est une boîte noire avec des gens à l'intérieur, mais qui ne savent pas comment fonctionne la boîte.». Magnifique métaphore qui pousse à rêvasser sur le sens du cosmos (lui aussi une boîte noire avec des gens dedans et des religions qui disent en posséder la clef), le Pouvoir fils aîné du «Maquis», enfant dissident du PPA et qui a fini par inventer l'énigme parfaite : on chasse le colon pour récupérer les clefs du pays puis on perd les clefs mais on garde les serrures. Le jeu est sans fin d'ailleurs et les métaphores aussi. Revenons donc au retour de Bouteflika : va-t-il rajeunir le pays ou Bouteflika ? Peu importe : une époque est morte, on n'aura plus un Président des années 70. Peut-être un homme des années 80. Le régime avance lentement. Comme un désert.

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Signaler une anomalie Le président Bouteflika est attendu à Alger

Message par matriochkas le Ven 31 Mai - 17:15

Le président Bouteflika est attendu à Alger dans les tout prochains jours. Il est totalement requinqué et pressé de reprendre ses activités. «Il accueillera dès les premières semaines de juin M.Recep Tayyip Erdogan, Premier ministre turc et président de l'AKP, suivi, une semaine plus tard, du nouveau président de la République populaire de Chine, M. Xi Jinping. Au menu des pourparlers, outre les questions bilatérales, les derniers développements en Syrie se tailleront la part du lion.
Les deux hôtes de marque de l'Algérie écouteront avec intérêt son avis d'expert des relations internationales, d'autant plus que la position d'Alger, qui a toujours prôné la recherche d'une solution politique, semble, pour le conflit syrien, s'imposer comme l'unique recours par la tenue d'une conférence internationale. C'est dire l'importance de l'événement lui-même et des positions âprement défendues par la diplomatie algérienne dès le début du conflit syrien.»
Ce lundi après-midi, l'homme qui me reçoit dans une villa, sur les hauteurs d'Alger, compte beaucoup par son poids et l'influence qu'il exerce sur les rouages de la République. Sur la table du salon, trônent des dossiers qui se disputent l'espace réservé au plateau traditionnel de thé à la menthe.
Ce responsable tient à garder l'anonymat. Il a ses raisons. Ce «verre de thé» laisse déjà exhaler de belles promesses sur le sujet des révélations qu'il s'apprête à me faire. Sa démarche est officieuse, cela s'entend bien.
C'est une bonne nouvelle pour les Algériens d'apprendre que le chef de l'Etat sera enfin de retour. L'inquiétude est allée grandissante depuis un mois avec la vague de rumeurs politico-médiatiques qui l'ont accompagnée. Peut-on savoir dans quel état physique il est?
Complètement rétabli de son malaise cardiaque. Son accident ischémique transitoire n'a en rien réduit, durant son hospitalisation, ses capacités physiques et intellectuelles. Tout ce qui a été écrit dans la presse sur les fonctions de ses organes vitaux n'est que pure affabulation.
Ce n'est pas un A.V.C.
Si sa convalescence a été longue, environ un mois, pour un homme de son âge, c'est pour lui permettre de passer un check-up très approfondi. Ce n'est pas un A.V.C. Car dans ce genre d'affection, le patient subit des séquelles aussi bien sur le plan physique qu'intellectuel. Il s'agit bien d'un A.I.T. Son séjour au Val-de-Grâce lui a permis surtout de se faire traiter correctement et de jouir d'une bonne remise en forme. L'on n'a décelé aucune séquelle physique, comme tout individu normal, il pourra bouger et parler, sans aucun handicap sous quelque forme que ce soit. Depuis le début, trois personnes communiquent quotidiennement avec lui: le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, son frère Saïd et sa soeur. Son frère Nasser fait le va-et-vient entre Alger et Paris. C'est une réalité. Pourquoi l'enjoliver? C'est à prendre ou à laisser.
Expliquez-nous pourquoi son transfert de l'hôpital du Val-de-Grâce aux Invalides? S'agit-il d'un problème de rééducation fonctionnelle?
Son traitement médical exigeait, dans une première phase, une convalescence. Fallait-il réserver, durant plusieurs jours, une suite, comme en 2005, dans un grand établissement comme à l'Hôtel Meurisse à Paris, avec le risque que cela suppose de s'exposer aux désagréments des exigences strictes de la sécurité réservées à tout chef d'Etat étranger dans un pays hôte, sans compter l'afflux des journalistes et des caméras de télévisions à la chasse au scoop. Dans ce cas, on risquait de compter plus de caméras dépêchées sur les lieux qu'au Festival de Cannes. On sait, l'événement fait courir les journalistes. En plus, aux Invalides, il a eu une prise en charge de qualité performante en termes de remise en forme et de tranquillité. Sans compter le facteur confidentialité.
Mais l'opinion publique a besoin de tout savoir sur l'état de santé du président de la République. Avouez tout de même que le niveau de la communication sur ce sujet a été en deçà des exigences que nécessitait l'événement lui-même. Quelques séquences filmées du Président en train de parler, de manger ou de bouger et diffusées par l'Entv n'auraient-elles pas, à coup sûr, permis d'apaiser toute cette agitation médiatique?
C'est vrai. Certainement que le Président n'a pas souhaité qu'on le montre à ses compatriotes, alité et vêtu d'un pyjama parce que le repos absolu lui a été strictement prescrit. Il est difficile à un chef d'Etat d'un quelconque pays qui soit de se montrer à son peuple dans un état physique diminué, mal rasé ou les traits tirés. Une telle idée rebutait le Président.
Son frère Saïd et sa soeur sont à ses côtés
Dans quelles dispositions d'esprit se trouve le Président?
Il est pressé de renouer avec ses activités. Totalement remis sur pied, il s'apprête à débarquer à l'aéroport Houari-Boumediene d'ici un temps très rapproché. Imminent même. Son agenda politique ne lui laissera pas de répit. Ce sont des semaines d'activités chargées qui l'attendent. Les dossiers à traiter sont bouclés. Les équipes travaillent sous les directives de Abdelmalek Sellal qui reste en contact permanent avec le Président. Pour le sommet africain d'Addis-Abeba, le discours prononcé par Sellal a été travaillé avec le Président.
Il tient plus que tout à regagner le pays dans une excellente forme physique. Il sait que les Algériens seront heureux de le voir descendre de l'avion complètement rétabli, passer en revue, comme l'exige le protocole, un détachement de la garde républicaine, saluer les membres du gouvernement, ceux du corps diplomatique et les représentants des corps intermédiaires, écouter l'hymne national et embrasser l'emblème national. Tout l'événement retransmis en direct sur les chaînes publiques et privées algériennes.
A quoi s'emploiera le Président aussitôt après son retour à Alger?
A présider le Conseil des ministres, à préparer le projet de la loi de finances complémentaire 2013, à examiner le planning sur l'état d'avancement des travaux de la commission nationale chargée de la révision de la Constitution.

Citation: L'artiste français Enrico Macias n'a-t-il pas déclaré à un journal de Doha qu'il a trouvé le Président Bouteflika très affaibli par sa maladie?

Il ne l'a jamais reçu. Enrico Macias a démenti formellement dans des médias français avoir tenu ces propos.

La candidature à la présidentielle de 2014 de M.Abdelaziz Bouteflika peut-elle être considérée comme probable?
A ce jour, le Président Bouteflika n'a jamais déclaré qu'il envisageait de se représenter pour un nouveau mandat. Il lui appartient cependant, et à lui seul, de prendre ou pas cette décision.

Source: l'Expression

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Signaler une anomalie Succession de Bouteflika : Liamine Zeroual, le seul homme qui peut fédérer tous les Algériens ?

Message par matriochkas le Ven 31 Mai - 18:18

Dans le flou institutionnel qui caractérise l’Algérie, les regards se tournent vers le passé. En l’absence d’une véritable alternative, certains veulent rappeler les anciens dirigeants. C’est le cas de Mohamed-Chafik Mesbah. L’ancien officier des services secrets, reconverti en analyste politique, estime qu’en dehors « de Liamine Zeroual », il n’y a pas «quelqu’un qui peut fédérer tous les Algériens». L’ancien officier de l’armée algérienne s’est exprimé dans le quotidien suisse Le Temps. «Je ne vois aucun homme aujourd’hui qui se dégage. Aucun ne fait consensus, ni chez les laïcs, ni chez les islamistes. Le seul qui ferait consensus, c’est Liamine Zeroual, qui aurait pour mission de recoudre un tissu social miné par la corruption», a-t-il dit.
Ce n’est pas la première fois que des noms d’anciens responsables sont cités comme de probables successeurs à Abdelaziz Bouteflika. Ahmed Benbitour et Mouloud Hamrouche, font partie des ces personnages qui « font un retour vers le passé ».

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Signaler une anomalie Succession de Bouteflika : l’hypothèse Zeroual ou le grand bond 20 ans en arrière

Message par matriochkas le Lun 3 Juin - 21:39

Succession de Bouteflika : l’hypothèse Zeroual ou le grand bond 20 ans en arrière






Vingt ans après, un homme providentiel reviendrait à nouveau « sauver l’Algérie » ? Depuis quelques jours, à la faveur de la maladie du président Bouteflika, le nom de Liamine Zeroual, ce général qui a dirigé le pays de 1994 à 1999, est régulièrement évoqué pour prendre les commandes du pays.
Dans les médias étrangers, comme dans la presse nationale, le nom de l’ancien président qui a démissionné en 1998 après un désaccord profond avec l’armée, revient avec insistance. Ce lundi 3 juin, le quotidien Le Soir d’Algérie a fait sa une sur « Liamine Zeroual à la Présidence ».
Jusqu’à preuve du contraire, Liamine Zeroual a plusieurs fois refusé de revenir sur le devant de la scène et très récemment encore. Le général a toujours dit ne pas croire à l’homme providentiel pour l’Algérie. Il a raison : son retour serait un terrible symbole négatif pour le pays. En Algérie comme à l'étranger. En 1994, il avait endossé le rôle du sauveur de la patrie, alors menacée par la guerre civile qui faisait rage. Mais aujourd'hui ? Non que l’homme soit désagréable ou incapable, mais cela sonnerait assurément comme un constat d’impuissance. Vingt ans plus tard, on se serait retrouvé au même point, avec le même homme au plus haut sommet de l’Etat. Et avec l’idée qu’en 20 ans, l’Algérie n’a pas su faire émerger des compétences et des visions, autres que celle d’un général en retraite et qui semble aspirer à y demeurer. Quel échec pour le système algérien, quel échec pour la société civile et quel signal envoyé à une jeunesse qui n’a jamais connu ce titulaire d’El Mouradia.
Alors que durant ces dix dernières années, les conditions ont été bonnes pour l’Algérie, avec des revenus pétroliers inédits et des conditions favorables pour sortir de la crise, serait-on revenu vingt ans en arrière ? Le pays a-t-il finalement besoin d’un militaire conseillé par des militaires ou bien d’économistes conseillés par des économistes afin de le mettre enfin sur le chemin du développement ? Poser la question, c'est assurément y répondre.
Et si des solutions sont à inventer pour remplacer ou succéder à Abdelaziz Bouteflika, n’y a-t-il pas des hommes susceptibles d’offrir des perspectives dans un pays secoué périodiquement par des convulsions sociales, capable de lutter contre la corruption qui gangrène tous les étages de la société et désireux de faire cesser l’anarchie qui règne dans bien des secteurs ? N’y a-t-il pas en Algérie des hommes qui ont une vision politique du pays et pas simplement des galons à leurs épaulettes ? En 20 ans, rien n’aurait finalement changé en Algérie.

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Signaler une anomalie Mohamed Chafik Mesbah : "Quand on fera l'audit des dépenses sous Bouteflika, on sera surpris"

Message par matriochkas le Mar 4 Juin - 10:35

Mohamed Chafik Mesbah : "Quand on fera l'audit des dépenses sous Bouteflika, on sera surpris"
Entretien réalisé par Mourad Hamdane (Le Soir d'Algérie).



Ancien officier supérieur de l’ANP et politologue, Mohamed Chafik Mesbah est docteur d’Etat en sciences politiques de l’Université d’Alger et diplômé du Royal College of Defence Studies de Londres. Politologue, il se consacre à la recherche académique.


Le Soir d’Algérie : L’Algérie semble s’engager dans un tournant de son histoire avec l’aggravation de l’état de santé du Président Abdelaziz Bouteflika. Cette évolution vous semble déterminante pour l’avenir ?

Mohamed Chafik Mesbah : Ne nous attardons pas sur l’état de santé du président de la République. Cela relève de son intimité. Comment, au demeurant, aborder un sujet autour duquel règne l’opacité la plus totale. Mais rien n’interdit, par contre, d’envisager les conséquences politiques de cette maladie. D’autant que l’Algérie connaît une situation des plus cauchemardesques.


Que voulez-vous dire par "cauchemardesque" ?
Une situation dramatique. Jugez-en. Un champ politique frappé de léthargie, des institutions représentatives délégitimées et des instances exécutives sans impact. Des partis sans ancrage social et des leaders sans charisme. Enfin, un mouvement syndical et associatif si peu représentatif. Une situation économique des plus fragiles aussi. Les immenses ressources financières tirées des hydrocarbures sont dilapidées dans une gestion anarchique aucunement adossée à la logique économique.


Le Président Abdelaziz Bouteflika n’en a pas moins lancé des programmes d’investissement qui ont généré de la croissance positive…

Plutôt de la "croissance extensive" comme disent les économistes ; sans effet d’entraînement réel sur la sphère productive. Vous n’ignorez pas que de véritables goulots d’étranglement ont entravé l’application de ces plans dits de "relance de l’économie". Des dysfonctionnements liés à la mauvaise gouvernance et à la grande corruption ont fait de ces plans des prétextes pour dissiper les deniers publics. Lorsque les infrastructures réalisées sous le règne du Président Abdelaziz Bouteflika – autoroutes, ouvrages d’art et logements — seront soumises, dans des conditions transparentes, à audit financier et diagnostic technique, le monde sera stupéfait par les surprises mises en évidence.


La situation sociale est à la même enseigne ?
Malgré la profusion de subventions directes supposées protéger ou améliorer le niveau de vie de la population, c’est la précarité qui prédomine. Le chômage — en termes réels — pénalise, lourdement, les couches sociales les plus vives du pays. En particulier les jeunes diplômés. Les besoins essentiels — santé, école et logement — sont de qualité médiocre.


Examinons la réconciliation nationale. C’est un bilan que certains jugent positif…
Faisons un bref retour à la période du Président Liamine Zeroual. Il s’agissait, à l’époque, de parvenir à la neutralisation physique du terrorisme à travers un combat méthodique et résolu tout en favorisant une reconfiguration du courant islamiste — donnée co-substantielle à la société algérienne — sur la base du respect absolu de l’ordre constitutionnel. Cette démarche a permis des résultats substantiels. Avec l’arrivée du Président Abdelaziz Bouteflika, la démarche a changé, sensiblement, de contenance et d’orientation. La violence terroriste maîtrisée étant un résultat déjà acquis, l’accent a été mis sur la consolidation d’un islamisme de "bazar" avec une tolérance excessive vis-à-vis des salafistes et de la bienveillance pour les anciens dirigeants de la branche armée du FIS et autres anciens chefs de groupuscules terroristes. La réconciliation nationale ne saurait être une simple construction juridique virtuelle !


Quel état des lieux lugubre ! Vous ne voyez aucun résultat positif dans le bilan du président de la République actuel ?
Des nuances, peut-être. Premièrement, la stabilisation de la situation sécuritaire semble avoir complètement éloigné le spectre d’un terrorisme triomphant. Deuxièmement, l’armée a subi une certaine cure de rajeunissement avec une professionnalisation plus ou moins prononcée. Mais le coût des dépenses militaires reste excessif et la doctrine de défense attend d’être actualisée.


Quelles pourraient être les conséquences de ce diagnostic ?

Un spectre de menaces dangereuses se profile à l’horizon. Risque de dislocation de la cohésion sociale. Risque d’amputation du territoire national. Risque même d’effritement de l’unité de l’armée dans le cas où elle serait entraînée vers des tâches qu’elle réprouve. Certains des responsables actuels pourraient être poursuivis, demain, pour "non-assistance à patrie en danger".


Quels sont ces détenteurs de "vrais leviers de pouvoir" ?
Cela nous renvoie au mode de fonctionnement du système. Soulignons, d’emblée, que le Président Abdelaziz Bouteflika a hérité du système actuel. Il n’en a pas été le concepteur. C’est le système, dans sa globalité, qui, par conséquent, est en cause. Sans doute, le Président Abdelaziz Bouteflika a forcé le trait en recourant, inconsidérément, à l’autoritarisme et au népotisme avec un mépris affiché pour le peuple et les élites nationales.


Quelle est la nature du système politique algérien ?
Un Etat autoritariste paralysé avec une certaine dose d’anarchie. Une sorte de "dictature molle" où l’exercice du pouvoir est des plus diffus. Ce n’est pas, loin s’en faut, un système démocratique.


Vous considérez qu’il existerait un partage de l’exercice du pouvoir en Algérie ?
Le Président Abdelaziz Bouteflika était venu avec la volonté d’instaurer un régime hyper-présidentiel. Il voulait concentrer tous les pouvoirs entre ses mains sans "pôles de pouvoir" concurrents. Au niveau de la Constitution, l’objectif a été atteint. Sur le plan pratique, toutes les institutions et appareils de l’Etat, y compris l’institution militaire et les services de renseignement, semblent sous contrôle. La présidence de la République n’en est pas devenue, pour autant, un véritable centre d’impulsion stratégique. En raison de l’indisponibilité, chronique de M. Abdelaziz Bouteflika, le fonctionnement de la présidence de la République a été ralenti. MM. Saïd Bouteflika — frère et conseiller du chef de l’Etat — et Mohamed Rougab, secrétaire particulier, sont devenus les deux seuls personnages importants. Incapable d’agir pour les questions d’intérêt stratégique, le premier cité intervient systématiquement sur les questions organiques, en particulier les nominations. Le second, qui se contente de répercuter les instructions du président de la République auprès des responsables de l’Etat, est devenu un passage obligé.
En quoi consiste ce "cercle présidentiel" évoqué avec insistance ?
C’est un entourage informel qui s’est substitué, arbitrairement, à l’ordre institutionnel légal. Un véritable processus d’accaparement des instruments de puissance publique à des fins privatives. Ce cercle repose, essentiellement, sur un "noyau dur" qui en constitue la pierre angulaire. Il a pour pivot M. Saïd Bouteflika qui s’appuie sur une faune de "baltaguias", véritables prédateurs de l’économie. M. Saïd Bouteflika dispose de relais au niveau des principales institutions et grandes entreprises publiques, en plus de tous les responsables d’organes d’information publics, qui relèvent, directement, de lui.


Existe-t-il d’autres "centres de pouvoir" concurrents au "cercle présidentiel" ?
L’exécutif gouvernemental ne constitue guère plus un "centre de pouvoir". La plupart des ministres échappent à son autorité. La coordination de l’action gouvernementale, sa cohérence et son efficacité s’en ressentent grandement. Le Parlement — Assemblée populaire nationale et Conseil de la nation, un «centre de pouvoir» ? Le phénomène récurrent de l’abstention électorale — le taux de participation électorale tourne autour de 20% — a, totalement, délégitimé les deux institutions qui se complaisent dans le rôle de chambres d’enregistrement.


Nul doute, alors, que l’armée et les services de renseignement constituent un "centre de pouvoir" autonome ?
Arrivé au pouvoir avec l’ambition affichée de renvoyer l’armée aux casernes et de contenir les services de renseignement pour qu’ils ne puissent plus interférer dans le champ politique. Mais le Président Abdelaziz Bouteflika ayant étouffé, à un point inattendu, la vie politique et syndicale, il en est résulté un vide sidéral qui a prévalu. La nature ayant horreur du vide, l’armée et les services de renseignement sont au-devant de la scène. Ils seront incontournables dans le processus de succession qui s’ouvre.


Evoquons, à présent, les scandales de grande corruption. Comment expliquer cette généralisation excessive de la grande corruption qui touche tous les secteurs d’activité économique ?
Premièrement, c’est la gouvernance publique qui est en cause. C’est la nature autoritariste de l’Etat qui a ouvert un "grand boulevard" à la grande corruption. Deuxièmement, lorsque l’argent coule à profusion, la tentation est grande de le détourner à des fins personnelles. Les plans de relance lancés par le Président Abdelaziz Bouteflika ont été propices aux pratiques de grande corruption. La société algérienne est affectée, elle aussi, par cette distribution inconsidérée de la rente. Sous forme de subventions ou de revalorisation de salaires. Le régime semble disposer d’une technique rodée pour gérer contestation sociale et politique. Un sentiment de profonde exaspération a gagné, pourtant, les esprits de tous les Algériens, commis de l’Etat, de l’administration publique et officiers de l’Armée nationale populaire et des services de renseignement.


Pourquoi le Président Abdelaziz Bouteflika a-t-il échoué dans la lutte contre la corruption alors qu’il en avait fait un cheval de bataille ?
Voulant donner l’illusion qu’il faisait de la lutte contre la corruption son credo, le Président Abdelaziz Bouteflika n’a pas manqué de créer une pléiade d’organismes censés prévenir ou réprimer la corruption. Dans la réalité, il a laissé faire les prédateurs qui foisonnent à l’intérieur comme à l’extérieur du système.


Comment expliquer ce phénomène de division interne qui traverse les principaux partis politiques en Algérie ?
D’une manière générale, les divisions apparues au sein des partis politiques témoignent de leur fragilité. Une fragilité qui concerne, d’abord, l’ancrage social de ces partis et l’absence de cohésion parmi les militants. Une fragilité qui renvoie à la faiblesse – sinon l’inconsistance – des référents de doctrine politique. L’absence de fonctionnement démocratique en leur sein est, évidemment, un facteur aggravant. Les partis actuels n’ont pas effectué la mue qui leur aurait permis de s’adapter au nouveau contexte national et international. Le moindre souffle peut avoir raison de leur unité, si ce n’est de leur existence.


S’agissant du FLN, tout particulièrement, comment expliquer la crise où il se débat ?
A l’exception de la période où le défunt Abdelhamid Mehri, aux commandes de ce parti, lui avait imposé une «cure de jouvence» dans l’opposition, le FLN s’est toujours résigné au rôle d’auxiliaire du pouvoir. Avec la normalisation que M. Abdelaziz Belkhadem a imposé, au pas de charge, au FLN, un mal chronique s’est emparé de ce parti. La paralysie qui le frappe peut mener à sa disparition. M. Abdelaziz Belkhadem a introduit un pouvoir personnel qui est aux antipodes de la tradition du FLN où l’exercice du pouvoir a toujours été collectif. Le FLN s’est, considérablement, éloigné des mots d’ordre de justice sociale et son attachement aux valeurs nationales s’est estompé. La pratique de la corruption par l’achat, contre monnaie sonnante et trébuchante, des premières places dans des listes électorales a étouffé l’esprit d’émulation.

Le FLN vous paraît condamné à disparaître ?
Ce n’est pas une fatalité. La communauté occidentale – les Etats-Unis, principalement — œuvre à la disparition des partis nationalistes dans le monde arabe et musulman. C’est l’avènement des partis islamistes qui est souhaité. Si, cependant, le FLN effectuait sa mue pour devenir un grand parti de type «social démocrate» avec ancrage nationaliste, il pourrait résister à cette tendance lourde de l’histoire. Il ne peut le faire que s’il s’ouvre aux forces vives du pays, la jeunesse, les femmes, les travailleurs et, tout naturellement, aux élites. Il ne faut pas s’attendre, néanmoins, que le Comité central de ce parti, dans sa configuration actuelle, puisse conduire ce projet audacieux !


Le poids du courant islamiste en Algérie vous paraît-il être en régression ?
En termes de potentiel électoral ou de présence physique dans la société ? C’est une évidence, le courant islamiste en Algérie est émietté. La distribution d’honneurs officiels et de bienfaits matériels ont permis d’en domestiquer une partie. C’est le cas du MSP et des partis qui évoluent dans la même orbite. Une autre partie, regroupant les salafistes, est en situation de «force dormante». Le courant salafiste présente deux facettes. Le "salafisme prédicateur" qui vise à transformer la société par le seul travail de persuasion. Le "salafisme djihadiste" qui vise à transformer la société en recourant à la violence. Il est difficile d’évaluer l’importance de courant qui boude, continuellement, les élections. Cultivant la proximité avec la société réelle, ce courant parie sur l’avenir avec la certitude que le pouvoir tombera comme un fruit mûr. Cette «force dormante» ne paraît pas disposer d’encadrement politique expérimenté mais son potentiel électoral semble élevé.


M. Abderezzak Mokri, nouveau président du MSP, semble s’atteler à réunifier le courant islamiste. Cette réunification serait une menace pour la stabilité institutionnelle du pays ?
Faut-il encourager, encore plus, l’émiettement du courant islamiste, ou au contraire, favoriser sa réunification ? Il faut établir un distinguo entre la démarche d’éradication du terrorisme et celle de l’éradication de l’islamisme. La première démarche est compréhensible. La seconde, pas du tout. Il s’agit juste de prévenir l’instauration intempestive d’un Etat théocratique où l’avènement hégémonique d’une idéologie qui pousserait à la disparition de la diversité politique en Algérie. Par des mécanismes constitutionnels appropriés et le respect de l’alternance au pouvoir. L’ouverture raisonnée du champ politique est souhaitable et elle n’est pas une menace pour la stabilité de l’Etat. Pour peu que le courant islamiste accepte le caractère civil intangible de l’Etat et les règles de l’alternance au pouvoir. M. Abderezzak Mokri a un projet en tête, c’est évident. Il semble disposer des capacités requises pour rassembler un courant islamiste divisé. Il est clair que l’air du temps souffle dans cette direction, sous parapluie occidental. M. Abderezzak Mokri paraît avoir tiré les enseignements des expériences passées. Selon ses déclarations publiques, la forte proximité avec le pouvoir a failli emporter le MSP. Désormais, affirme-t-il, ce sont l’intégrité des dirigeants politiques avec le rejet déterminé de la corruption dans la gestion des affaires de la cité qui pourront mobiliser l’opinion publique nationale.


Considérez-vous que le Front des forces socialistes reste, toujours, le pivot du pôle démocratique ?
Sous le leadership de M. Hocine Aït Ahmed — particulièrement lorsqu’il était en possession de tous ses moyens —, le FFS avait toujours préservé sa vocation de pivot du courant démocratique. Nonobstant le rapprochement tactique avec le Front islamique du salut qui lui aurait été reproché, le FFS s’est toujours tenu à ses revendications qui étaient au cœur du combat pour la démocratie. Il restait, seulement, au FFS de sortir du «ghetto» de la Kabylie pour se hisser au rang de parti de dimension nationale. Il aurait pu constituer une alternative au régime en place, tout au moins une partie importante de l’alternative. La normalisation en cours risque de banaliser ce parti. Le FFS deviendrait un simple alibi dans une devanture présentable devant l’opinion publique internationale. Sans préjuger de ce que la base de ce parti, en majorité fidèle à l’ancienne ligne politique, pourra décider, il est à craindre que, comme parti de l’opposition, le FFS ne soit mort. La disqualification du FFS, néanmoins, laisse, dangereusement, le champ libre aux partisans de l’autonomie en Kabylie.


L’appui de l’armée, sur lequel vous insistez, est à ce point indispensable pour la réussite d’un processus de transition démocratique ?
Focalisons notre attention sur le corps de bataille avec son dispositif de soutien logistique et technique. Il est constitué d’officiers issus des fameuse écoles des cadets de la Révolution et, parfois, des universités. Ces officiers sont, en règle générale, de bons professionnels se tenant à distance de la sphère politique. Attachés à la pérennité des institutions nationales dans un cadre républicain, ils sont attentifs aux aspirations de la population dont ils sont proches de par leurs origines sociales — plutôt modestes —. Ils sont, parfaitement, avisés de l’impact impétueux de la mondialisation sans rien ignorer du principe de compétence universelle pour les crimes contre l’humanité. Ils savent que, désormais, une épée de Damoclès pèse sur la tête des chefs militaires tentés de réprimer par la violence les aspirations démocratiques exprimées par la population. Ils devraient garantir — plutôt que contrarier – le processus de transition démocratique.


Cette analyse s’applique-t-elle aux services de renseignement ?
Le Président Abdelaziz Bouteflika s’est attelé, dès son deuxième mandat, à découpler Etat-major et services de renseignement. L’objectif était d’éviter la constitution d’un pôle de pouvoir susceptible de contrebalancer le sien propre. L’Etat-major de l’ANP s’est recentré sur ses missions techniques et le DRS a cessé de jouer le rôle d’interface avec la société politique. Le DRS a conservé de l’influence sur la société virtuelle — institutions, appareils et responsables évoluant dans la sphère officielle. La société réelle — réseaux de l’économie informelle et cellules salafistes évoluant au cœur de la société – échappe à son contrôle. La disparition du terrorisme comme menace pressante a conduit le DRS à se réorienter vers d’autres missions, comme la contre-intelligence économique. Nonobstant la diversité des évolutions respectives du corps de bataille dans l’ANP et des services de renseignement, il est probable que l’Etat-major et le DRS vont resserrer les rangs pour faire front commun contre les incertitudes de la conjoncture en cours.


Vous évoquez, en permanence, une crise de la diplomatie algérienne. Quelle est la nature de cette crise ?
Cette crise porte sur les fondements doctrinaux de la diplomatie algérienne et le mode de fonctionnement de l’appareil diplomatique. Contentons-nous, pour l’heure, de consigner trois aspects majeurs de cette crise. Absence d’anticipation stratégique, absence de consensus national autour de la politique étrangère et absence de réactivité de l’appareil diplomatique. Avec pour résultante, une ambiguïté doctrinale persistante, un manque crucial de visibilité stratégique et un déploiement peu efficient de l’appareil diplomatique algérien.


Quel pourrait être le cours des évènements désormais que la course à la présidence semble ouverte ?
En l’absence d’un capitaine au gouvernail, quels scénarios d’évolution pour la situation à venir en Algérie ? Le statu quo, tout d’abord. Le commandement militaire et les services de renseignement pourraient procéder à un "coup de force" pour destituer l’actuel chef de l’Etat et introniser un nouveau à sa place en vue de perpétuer le statu quo. L’ère des coups d’Etat militaires étant révolue, il est improbable que les chefs militaires, aux commandes du corps de bataille et de l’appareil de renseignement, se rebellent contre le pouvoir légal. Ces détenteurs des "vrais leviers de pouvoir" pourraient-ils maintenir, virtuellement, M. Abdelaziz Bouteflika à son poste jusqu’à 2014 ? Le climat social délétère qui règne dans le pays avec l’état d’exaspération qui agite l’opinion publique nationale ne sont pas d’augure pour procurer l’état de grâce sans lequel ce scénario serait impraticable. La succession violente, ensuite. L’Etat étant, potentiellement, défaillant, de profondes divisions politiques, jusque-là étouffées, risquent d’apparaître. De puissantes manifestations pourraient éclater et servir de catalyseur à un soulèvement populaire impromptu. La police ne pouvant y faire face, l’armée sera, forcément, requise. Improbable que les chefs militaires acceptent de tirer sur la foule. Le sort du pays dépendra des rapports qui se noueront entre l’armée et la population. La succession pacifique, enfin. Une élection ouverte et pluraliste où les candidats déclarés se livreraient à une compétition loyale est-elle possible ? Il est difficile d’imaginer que l’administration publique puisse organiser, dans un délai de soixante jours, un scrutin présidentiel incontestable. L’administration publique algérienne est mieux préparée à organiser des élections truquées que des scrutins transparents.


En prévision de la future élection présidentielle, quels noms peuvent venir à l’esprit ?
Ceux de MM. Mouloud Hamrouche et Ali Benflis suivis de M. Ahmed Benbitour. Trois autres noms sont à prendre en considération. Ceux de MM. Abdelaziz Belkhadem, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal. M. Abdelaziz Belkhadem pourrait voir s’agréger, autour de lui, une partie de l’électorat islamiste, les deux autres postulants pourront compter, le cas échéant, sur la sympathie d’un électorat minoritaire, et le soutien de certains appareils administratifs publics. Il ne faut pas, néanmoins, sous-estimer la posture de M. Abderezzak Mokri, le président du MSP, fraîchement élu, qui pourrait ratisser large parmi les électeurs islamistes.


Hormis ces scénarios, il n’existerait pas de solution consensuelle permettant de faire l’économie d’un scrutin contesté ?
Cette solution existe. C’est le Président Liamine Zeroual qui la symbolise. Il continue de bénéficier d’une large adhésion populaire ainsi que de la sympathie de toutes les institutions nationales — partis, services de renseignement et armée inclus —. Il est l’homme idoine pour conduire une véritable et courte transition avant de passer le relais dans un délai maximal de deux ans. Le temps que les partis politiques se reconstituent, que le mouvement syndical et associatif reprenne souffle et que des leaders de dimension nationale s’imposent. Mais le Président Liamine Zeroual est, farouchement, hostile à toute idée de retour sur la scène publique.


Pourquoi, alors, évoquer cette hypothèse ?

Le Président Liamine Zeroual est une conscience troublée mais vigilante. C’est un homme moral, pas un homme politique. Encore moins un «homme providentiel». Il faudrait réveiller le soldat qui sommeille en lui afin qu’il aille au sacrifice au profit de la patrie. Les autres candidats potentiels cités devraient se donner la main et se rassembler autour de M. Liamine Zeroual. C’est l’avenir de l’Algérie qui est en jeu.


Quels sont les défis majeurs qui attendent le futur Président algérien ?
Le futur Président sera tenu d’engager, sans délai, un processus de transition démocratique comportant, en particulier, l’élection d’une Assemblée constituante. Le futur chef de l’Etat devra s’atteler à réconcilier morale et politique dans un pays où la gouvernance publique a pris ses aises avec les valeurs éthiques. C’est une exigence qui est au cœur des attentes populaires.

M. H.

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