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Sujet / Message Méthodes des services de renseignement

le Lun 30 Mar - 11:53
« Comment on traque les terroristes »
Exclusif. Le chef du contre-espionnage ­dévoile au « Point » les secrets de sa méthode.
Hervé Gattegno

Les professionnels du secret s'expriment peu ; ils s'efforcent généralement de faire parler les autres. Bernard Squarcini est de ceux-là. Subtil et flegmatique, le chef du contre-espionnage français est l'un des hommes clés du dispositif policier de Nicolas Sarkozy. Né de la fusion de la DST et des Renseignements généraux, le service qu'il dirige - la DCRI - est au coeur de la lutte contre le terrorisme. La partie immergée de son action suscite parfois des critiques - comme l'a montré l'affaire des sabotages de voies ferrées, avec les interpellations de Julien Coupat et de sympathisants de l'ultragauche. Bernard Squarcini s'en explique pour la première fois, en livrant au Point l'ébauche d'une doctrine française de l'antiterrorisme qui tient en trois verbes : détecter, surveiller, anticiper. Une vigilance qui a permis, à la fin de 2008, d'empêcher un attentat islamiste en préparation contre... le siège de la DCRI !

Le Point : L'enquête sur les sabotages de voies ferrées et l'interpellation d'un groupe de militants d'ultragauche ont provoqué une controverse sur le rôle de la DCRI et la réalité de la menace qu'il représentait. Cette affaire relevait-elle réellement de l'antiterrorisme ?

Bernard Squarcini : Ce n'est pas à la police d'apprécier les qualifications pénales retenues contre ces suspects, mais à la justice. Le cadre juridique a été choisi par le parquet, l'enquête est menée par un juge d'instruction, qui a prononcé des mises en examen. La DCRI surveilait ces individus depuis longtemps. Nous savions ce qu'ils faisaient, avec qui ils étaient en contact - en France et à l'étranger. Assez pour savoir que ce groupe se situait dans les prémices de l'action violente ; le stade où les choses peuvent basculer à tout moment.

Autrement dit, vous êtes intervenus préventivement. D'où le reproche qui vous est adressé sur l'absence de preuves ...

J'assume ce qui a été fait. Notre mission consiste à détecter les personnes dont le comportement présente des risques pour l'Etat et la société, à les surveiller pour anticiper le moment où elles seront tentées de passer à l'acte et à intervenir pour éviter des drames. Que les citoyens soient rassurés : nous ne fabriquons pas de dossiers ! Dans l'affaire de Tarnac, il n'y a pas de délit d'opinion mais un long travail de renseignement. Le problème, c'est que nous avons dû l'interrompre quand la SNCF a déposé plainte : on ne pouvait pas laisser se multiplier des actions qui bloquaient des milliers de passagers dans les gares... Quand le ministère de l'Intérieur et la justice nous l'ont demandé, nous avons communiqué nos éléments. Ils sont dans le dossier du juge. C'est pourquoi je peux vous dire qu'il n'est pas vide...

Mais qualifier ces jeunes marginaux de « terroristes », n'est-ce pas exagérer la nature de leur activisme ?

Nous sommes là au coeur du sujet. Une série de clignotants nous alertent depuis quelques années sur la montée d'une contestation anarcho-autonome que les émeutes étudiantes de l'été dernier en Grèce ont mise en évidence. Dans nos pays occidentaux, le climat social et la crise économique incitent de jeunes gens incontrôlés à basculer dans la violence. Jusqu'où faut-il les laisser aller ? Il y a trente ans, avant de commettre des assassinats, Action directe avait commencé par faire sauter un bâtiment du CNPF [le Medef de l'époque]. Aujourd'hui, chaque sommet international donne lieu à des affrontements de plus en plus durs avec les forces de l'ordre. Nous nous préparons à en voir de nouveaux au sommet de l'Otan, les 3 et 4 avril à Strasbourg. Notre travail est de prévenir ces dérives et de neutraliser ceux qui pourraient en être responsables.

Est-il sain qu'un même service soit chargé du renseignement intérieur et doté d'une compétence judiciaire ? Le fameux « FBI à la française » est-il compatible avec le modèle français ?

Dans l'enquête sur les sabotages contre la SNCF, nous avons travaillé en collaboration avec la PJ. Tout a été fait dans les règles de l'art. D'une façon générale, nos informations ont vocation à être exploitées par d'autres. Notre compétence judiciaire, nous l'utilisons surtout pour suivre jusqu'au bout les dossiers liés au terrorisme islamiste - qui constitue toujours, et de loin, la principale menace.

A quel niveau estimez-vous cette menace ?
Nous restons au stade Vigipirate rouge : cela signifie que nous sommes ciblés de façon importante - sur notre territoire aussi bien qu'à travers nos intérêts à l'étranger. Le terrorisme a changé de visage : nous ne luttons plus contre des réseaux soutenus par des Etats - Iran, Libye, Syrie... - mais contre un fanatisme religieux qui peut recruter des individus sur notre sol ou frapper nos ressortissants n'importe où dans le monde. L'attaque de nos soldats en Afghanistan, en août 2008, l'a cruellement prouvé ; elle a été suivie d'une communication d'Al-Qaeda qui, pour la première fois, s'adressait à la France. Avec un message clair : « Nous n'avons rien contre votre pays, mais faites partir vos troupes. » Les enlèvements de Français en Mauritanie ou au Mali le montrent aussi. Sans parler des actions que nous parvenons à déjouer.

Des tentatives d'attentats ?

C'est arrivé.

Souvent ?

Les service de renseignement sont au centre opérationnel d'une immense gare où tous les trains doivent arriver à l'heure. Quand tout marche bien, on n'en parle pas. Mais il faut savoir que, dans l'ombre, nous mettons en place - pendant des mois, parfois des années - les systèmes de détection, les dispositifs de surveillance qui permettent d'agir au bon moment. Notre obsession est d'anticiper, c'est-à-dire de neutraliser les terroristes avant qu'ils frappent. Nous n'allons pas attendre que les bombes explosent et ensuite relever les empreintes ! Si j'ose dire, nous faisons tout pour arriver trop tôt : au moment où il y a commencement d'exécution, c'est-à-dire juste avant l'attentat.

Confirmez-vous que la DCRI a démantelé, à la fin de l'année dernière, un réseau islamiste qui fomentait un attentat dans la région parisienne ?

C'est exact. A la mi-décembre, nous avons interpellé (avec la section antiterroriste de la PJ) un groupe lié à Al-Qaeda au Maghreb islamique (AQM) qui projetait de faire sauter une voiture piégée contre notre immeuble, à Levallois-Perret. Plusieurs membres de cette mouvance ont été interpellés. La justice est saisie. Celui qui apparaît comme l'organisateur est en prison. Un tel succès n'est possible que grâce aux surveillances que nous menons depuis longtemps sur des réseaux suspects. Parce qu'avant d'arriver à l'attentat les futurs terroristes communiquent via Internet, se forment, effectuent des repérages. Si nous arrivons à les suivre pas à pas jusqu'au passage à l'acte, nous gardons une longueur d'avance. D'où notre vigilance permanente sur les filières de départ pour l'Afghanistan : pour les djihadistes en cours de formation, c'est souvent le lieu des travaux pratiques. A leur retour, chacun d'eux représente un danger potentiel.

Faut-il comprendre que chaque départ empruntant ces filières est détecté par nos services secrets ?

Disons la plupart. Nous ne surveillons pas seulement des personnes, mais aussi des lieux qui peuvent être des points de passage. On ne part jamais directement pour l'Afghanistan. On fréquente une mosquée, une école coranique, un site Internet et, si on franchit le pas, on part pour l'étranger, d'où on emprunte un circuit clandestin qui passe par l'Iran ou la Turquie. La destination la plus prisée aujour­d'hui, c'est le Waziristan, la zone frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan, avec ses nombreux camps d'entraînement. A leur retour, les apprentis djihadistes sont difficiles à repérer : ils ont appris la clandestinité, détiennent des faux passeports, et inutile de dire qu'ils ne vont pas embrasser leur famille !

Pour les suivre à la trace, vous infiltrez les filières ?
Les services « amis » avec qui nous coopérons - au Yémen, en Turquie, en Syrie... - nous signalent parfois le passage d'un individu. D'autres fois, c'est la famille qui s'inquiète d'être sans nouvelles et qui donne l'alerte. Sans être plus précis, disons aussi que certains de ces combattants en herbe gardent le contact avec des correspondants en France en qui ils ont confiance mais qui, en réalité, nous renseignent. Et il arrive que nous puissions « retourner » un de ces clandestins, avant ou après le voyage. On peut alors reconstituer le parcours, comme le chemin du Petit Poucet...

.../...


Dernière édition par Gramsci le Mar 31 Mar - 22:11, édité 1 fois

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"Quelle est la différence fondamentale entre une femme et un terroriste ? Avec le terroriste on peut négocier"
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Sujet / Message Re: Méthodes des services de renseignement

le Lun 30 Mar - 11:56
Vous avez parlé de coopération. Voit-on émerger une internationale antiterroriste contre la nébuleuse Al-Qaeda ?

Dès lors qu'il n'y a plus de vraie différence entre la menace interne et la menace externe, il est indispensable d'échanger l'information. La concurrence entre services n'a plus aucun sens. C'est pourquoi nous travaillons étroitement avec la DGSE ainsi qu'avec de nombreux services étrangers. En nous informant mutuellement sur les découvertes effectuées au cours des perquisitions dans nos pays respectifs, nous pouvons mesurer en permanence le niveau de savoir-faire des terroristes. Tout le monde a intérêt à jouer le jeu : les Britanniques connaissent mieux l'Afghanistan, nous en savons plus sur le Magh­reb, mais nous sommes tous dans l'oeil du cyclone. Qui aurait dit qu'un jour les Libyens coopéreraient avec nous ? Mais, à présent, on voit des Algériens commettre des attentats chez eux ! Dans le même temps, en France, des réseaux montent des trafics pour alimenter en matériel des émirs réfugiés dans le maquis algérien...

L'essor d'Internet vous a-t-il obligés à révolutionner vos méthodes ? Nous vivons avec Internet ce que nous avons vécu avec le téléphone portable. C'est un atout pour les terroristes, mais cela peut aussi être un atout pour nous ; si nous savons repérer les sites par lesquels ils se contactent, la surveillance peut s'en trouver facilitée. Notre veille sur le Web sert en outre à la protection des intérêts nationaux contre les nouvelles formes de cyber­terrorisme : des actions ciblées qui vont du sabotage à l'espionnage. Fin 2007, une intrusion a eu lieu dans le système informatique du Quai d'Orsay ; l'an dernier, des hackers ont neutralisé momentanément le réseau de la Marine nationale. Les entreprises du secteur de la défense constituent aussi des cibles pour ceux qui s'intéressent à nos secrets.

Face à tous ces dangers, la création de la DCRI a pourtant abouti à une réduction des effectifs. Comment justifier ce paradoxe ?
L'efficacité du renseignement ne se mesure pas au nombre d'agents. En fusionnant la DST et les RG, nous avons gardé le meilleur de deux cultures : la rigueur et le cloisonnement de la première, la réactivité et la souplesse des seconds. La nouvelle organisation nous aide à nous concentrer sur les menaces principales et la coopération internationale nous permet d'économiser des ressources que nous pouvons investir ailleurs. Reconstituer une filière de fourniture de faux papiers pour un réseau islamiste demande des années et d'importants moyens - écoutes téléphoniques, filatures parfois jusqu'à l'étranger... Or les contraintes budgétaires nous imposent en effet de réduire les effectifs. Il faut donc que les contribuables sachent que leur argent est bien utilisé : j'ai créé pour cela à la DCRI un département chargé de l'« évaluation de la stratégie et de la performance ». Il en va du renseignement comme des assurances : quand on paie cher, on compte sur la garantie tous risques


L'attentat auquel la France a échappé

Le choix de la cible était fait pour frapper les esprits : l'immeuble de la DCRI, à Levallois-Perret - le siège du contre-espionnage français ! Jeune Français converti à l'islam, ­diplômé en électronique, ­Rany A. préparait un attentat au véhicule piégé contre le bâtiment lorsque la police est ­venue l'arrêter, à son domicile de Presles-en-Brie (Seine-et-Marne), le 16 décembre 2008. Il avait repéré les lieux, prévu de dérober 200 kilos d'engrais chimique dans une entreprise voisine, demandé à un complice de voler un camion pour en faire une bombe roulante. Mais il ignorait qu'il était surveillé depuis des mois. L'attention des policiers avait été attirée, en mars 2007, par des messages que le jeune islamiste avait échangés, via une boîte mail codée, avec un djihadiste français arrêté en Irak : Peter Cherif, membre d'une filière partie du 19e arrondissement de Paris pour combattre les Américains et qui venait alors de s'évader de la prison d'Abou Ghraïb. Passé en Syrie, Cherif a déposé les armes à la fin 2007. Il est aujourd'hui détenu à la prison de la Santé. Depuis, les policiers ont examiné à la loupe les efforts de Rany pour recruter des frères d'armes ; ils ont vu son comportement se radicaliser jusqu'à ­effrayer ses proches. Il s'est rendu en Syrie en 2007, puis deux fois en Algérie en 2008. Ses visites sur un site ­Internet lié à Al-Qaeda et les offres de services qu'il y a formulées ont convaincu les policiers d'intervenir. Le juge antiterroriste Marc Trévidic l'a mis en examen pour « association de malfaiteurs en vue de commettre des actes terroristes ». Lui aussi dort à présent en prison

« FBI à la française »

La Direction centrale du enseignement intérieur (DCRI) a été créée par décret le 27 juin 2008. Elle est issue de la fusion des RG et de la DST et comprend quelque 4 000 fonctionnaires, dont 3 000 agents opérationnels. ­Qualifié de « FBI à la française » par le ministère de l'Intérieur, le service est chargé du contre-­espionnage, du contre-terrorisme, de la sécurité économique des intérêts français et de la surveillance des mouvements subversifs violents.

Bernard Squarcini.
Né en 1955 à Rabat (Maroc), le préfet Bernard Squarcini est l'un des piliers du système Sarkozy. Cet ancien commissaire, spécialiste de la lutte antiterroriste, a été sous-­directeur des RG, puis préfet délégué à la sécurité à Marseille, avant d'être nommé directeur de la DST en 2007 pour préparer la création de la DCRI.


http://www.lepoint.fr/actualites-societe/comment-on-traque-les-terroristes/920/0/324944

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Sujet / Message Re: Méthodes des services de renseignement

le Mar 27 Oct - 15:32
sphinx a écrit:« Comment on traque les terroristes »
Exclusif. Le chef du contre-espionnage ­dévoile au « Point » les secrets de sa méthode.
Hervé Gattegno

Les professionnels du secret s'expriment peu ; ils s'efforcent généralement de faire parler les autres. Bernard Squarcini est de ceux-là. Subtil et flegmatique, le chef du contre-espionnage français est l'un des hommes clés du dispositif policier de Nicolas Sarkozy. Né de la fusion de la DST et des Renseignements généraux, le service qu'il dirige - la DCRI - est au coeur de la lutte contre le terrorisme. La partie immergée de son action suscite parfois des critiques - comme l'a montré l'affaire des sabotages de voies ferrées, avec les interpellations de Julien Coupat et de sympathisants de l'ultragauche. Bernard Squarcini s'en explique pour la première fois, en livrant au Point l'ébauche d'une doctrine française de l'antiterrorisme qui tient en trois verbes : détecter, surveiller, anticiper. Une vigilance qui a permis, à la fin de 2008, d'empêcher un attentat islamiste en préparation contre... le siège de la DCRI !

Le Point : L'enquête sur les sabotages de voies ferrées et l'interpellation d'un groupe de militants d'ultragauche ont provoqué une controverse sur le rôle de la DCRI et la réalité de la menace qu'il représentait. Cette affaire relevait-elle réellement de l'antiterrorisme ?

Bernard Squarcini : Ce n'est pas à la police d'apprécier les qualifications pénales retenues contre ces suspects, mais à la justice. Le cadre juridique a été choisi par le parquet, l'enquête est menée par un juge d'instruction, qui a prononcé des mises en examen. La DCRI surveilait ces individus depuis longtemps. Nous savions ce qu'ils faisaient, avec qui ils étaient en contact - en France et à l'étranger. Assez pour savoir que ce groupe se situait dans les prémices de l'action violente ; le stade où les choses peuvent basculer à tout moment.

Autrement dit, vous êtes intervenus préventivement. D'où le reproche qui vous est adressé sur l'absence de preuves ...

J'assume ce qui a été fait. Notre mission consiste à détecter les personnes dont le comportement présente des risques pour l'Etat et la société, à les surveiller pour anticiper le moment où elles seront tentées de passer à l'acte et à intervenir pour éviter des drames. Que les citoyens soient rassurés : nous ne fabriquons pas de dossiers ! Dans l'affaire de Tarnac, il n'y a pas de délit d'opinion mais un long travail de renseignement. Le problème, c'est que nous avons dû l'interrompre quand la SNCF a déposé plainte : on ne pouvait pas laisser se multiplier des actions qui bloquaient des milliers de passagers dans les gares... Quand le ministère de l'Intérieur et la justice nous l'ont demandé, nous avons communiqué nos éléments. Ils sont dans le dossier du juge. C'est pourquoi je peux vous dire qu'il n'est pas vide...

Mais qualifier ces jeunes marginaux de « terroristes », n'est-ce pas exagérer la nature de leur activisme ?

Nous sommes là au coeur du sujet. Une série de clignotants nous alertent depuis quelques années sur la montée d'une contestation anarcho-autonome que les émeutes étudiantes de l'été dernier en Grèce ont mise en évidence. Dans nos pays occidentaux, le climat social et la crise économique incitent de jeunes gens incontrôlés à basculer dans la violence. Jusqu'où faut-il les laisser aller ? Il y a trente ans, avant de commettre des assassinats, Action directe avait commencé par faire sauter un bâtiment du CNPF [le Medef de l'époque]. Aujourd'hui, chaque sommet international donne lieu à des affrontements de plus en plus durs avec les forces de l'ordre. Nous nous préparons à en voir de nouveaux au sommet de l'Otan, les 3 et 4 avril à Strasbourg. Notre travail est de prévenir ces dérives et de neutraliser ceux qui pourraient en être responsables.

Est-il sain qu'un même service soit chargé du renseignement intérieur et doté d'une compétence judiciaire ? Le fameux « FBI à la française » est-il compatible avec le modèle français ?

Dans l'enquête sur les sabotages contre la SNCF, nous avons travaillé en collaboration avec la PJ. Tout a été fait dans les règles de l'art. D'une façon générale, nos informations ont vocation à être exploitées par d'autres. Notre compétence judiciaire, nous l'utilisons surtout pour suivre jusqu'au bout les dossiers liés au terrorisme islamiste - qui constitue toujours, et de loin, la principale menace.

A quel niveau estimez-vous cette menace ?
Nous restons au stade Vigipirate rouge : cela signifie que nous sommes ciblés de façon importante - sur notre territoire aussi bien qu'à travers nos intérêts à l'étranger. Le terrorisme a changé de visage : nous ne luttons plus contre des réseaux soutenus par des Etats - Iran, Libye, Syrie... - mais contre un qu'on nous donne des chiffre concretqui peut recruter des individus sur notre sol ou frapper nos ressortissants n'importe où dans le monde. L'attaque de nos soldats en Afghanistan, en août 2008, l'a cruellement prouvé ; elle a été suivie d'une communication d'Al-Qaeda qui, pour la première fois, s'adressait à la France. Avec un message clair : « Nous n'avons rien contre votre pays, mais faites partir vos troupes. » Les enlèvements de Français en Mauritanie ou au Mali le montrent aussi. Sans parler des actions que nous parvenons à déjouer.

Des tentatives d'attentats ?

C'est arrivé.

Souvent ?

Les service de renseignement sont au centre opérationnel d'une immense gare où tous les trains doivent arriver à l'heure. Quand tout marche bien, on n'en parle pas. Mais il faut savoir que, dans l'ombre, nous mettons en place - pendant des mois, parfois des années - les systèmes de détection, les dispositifs de surveillance qui permettent d'agir au bon moment. Notre obsession est d'anticiper, c'est-à-dire de neutraliser les terroristes avant qu'ils frappent. Nous n'allons pas attendre que les bombes explosent et ensuite relever les empreintes ! Si j'ose dire, nous faisons tout pour arriver trop tôt : au moment où il y a commencement d'exécution, c'est-à-dire juste avant l'attentat.

Confirmez-vous que la DCRI a démantelé, à la fin de l'année dernière, un réseau islamiste qui fomentait un attentat dans la région parisienne ?

C'est exact. A la mi-décembre, nous avons interpellé (avec la section antiterroriste de la PJ) un groupe lié à Al-Qaeda au Maghreb islamique (AQM) qui projetait de faire sauter une voiture piégée contre notre immeuble, à Levallois-Perret. Plusieurs membres de cette mouvance ont été interpellés. La justice est saisie. Celui qui apparaît comme l'organisateur est en prison. Un tel succès n'est possible que grâce aux surveillances que nous menons depuis longtemps sur des réseaux suspects. Parce qu'avant d'arriver à l'attentat les futurs terroristes communiquent via Internet, se forment, effectuent des repérages. Si nous arrivons à les suivre pas à pas jusqu'au passage à l'acte, nous gardons une longueur d'avance. D'où notre vigilance permanente sur les filières de départ pour l'Afghanistan : pour les djihadistes en cours de formation, c'est souvent le lieu des travaux pratiques. A leur retour, chacun d'eux représente un danger potentiel.

Faut-il comprendre que chaque départ empruntant ces filières est détecté par nos services secrets ?

Disons la plupart. Nous ne surveillons pas seulement des personnes, mais aussi des lieux qui peuvent être des points de passage. On ne part jamais directement pour l'Afghanistan. On fréquente une mosquée, une école coranique, un site Internet et, si on franchit le pas, on part pour l'étranger, d'où on emprunte un circuit clandestin qui passe par l'Iran ou la Turquie. La destination la plus prisée aujour­d'hui, c'est le Waziristan, la zone frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan, avec ses nombreux camps d'entraînement. A leur retour, les apprentis djihadistes sont difficiles à repérer : ils ont appris la clandestinité, détiennent des faux passeports, et inutile de dire qu'ils ne vont pas embrasser leur famille !

Pour les suivre à la trace, vous infiltrez les filières ?
Les services « amis » avec qui nous coopérons - au Yémen, en Turquie, en Syrie... - nous signalent parfois le passage d'un individu. D'autres fois, c'est la famille qui s'inquiète d'être sans nouvelles et qui donne l'alerte. Sans être plus précis, disons aussi que certains de ces combattants en herbe gardent le contact avec des correspondants en France en qui ils ont confiance mais qui, en réalité, nous renseignent. Et il arrive que nous puissions « retourner » un de ces clandestins, avant ou après le voyage. On peut alors reconstituer le parcours, comme le chemin du Petit Poucet...

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Notre mission consiste à détecter les personnes dont le comportement présente des risques pour l'Etat et la société, à les surveiller pour anticiper le moment où elles seront tentées de passer à l'acte et à intervenir pour éviter des drames. Je me demande combien cela coute aux citoyens français ??et au reste du monde ?" ! ..qu'on nous donne des chiffre concret ..toutefois merci pour cette articles C'est un concept que je trouve génial, ....
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Sujet / Message Re: Méthodes des services de renseignement

le Mar 27 Oct - 15:51
sphinx a écrit:Vous avez parlé de coopération. Voit-on émerger une internationale antiterroriste contre la nébuleuse Al-Qaeda ?

Dès lors qu'il n'y a plus de vraie différence entre la menace interne et la menace externe, il est indispensable d'échanger l'information. La concurrence entre services n'a plus aucun sens. C'est pourquoi nous travaillons étroitement avec la DGSE ainsi qu'avec de nombreux services étrangers. En nous informant mutuellement sur les découvertes effectuées au cours des perquisitions dans nos pays respectifs, nous pouvons mesurer en permanence le niveau de savoir-faire des terroristes. Tout le monde a intérêt à jouer le jeu : les Britanniques connaissent mieux l'Afghanistan, nous en savons plus sur le Magh­reb, mais nous sommes tous dans l'oeil du cyclone. Qui aurait dit qu'un jour les Libyens coopéreraient avec nous ? Mais, à présent, on voit des Algériens commettre des attentats chez eux ! Dans le même temps, en France, des réseaux montent des trafics pour alimenter en matériel des émirs réfugiés dans le maquis algérien...

L'essor d'Internet vous a-t-il obligés à révolutionner vos méthodes ? Nous vivons avec Internet ce que nous avons vécu avec le téléphone portable. C'est un atout pour les terroristes, mais cela peut aussi être un atout pour nous ; si nous savons repérer les sites par lesquels ils se contactent, la surveillance peut s'en trouver facilitée. Notre veille sur le Web sert en outre à la protection des intérêts nationaux contre les nouvelles formes de cyber­terrorisme : des actions ciblées qui vont du sabotage à l'espionnage. Fin 2007, une intrusion a eu lieu dans le système informatique du Quai d'Orsay ; l'an dernier, des hackers ont neutralisé momentanément le réseau de la Marine nationale. Les entreprises du secteur de la défense constituent aussi des cibles pour ceux qui s'intéressent à nos secrets.

Face à tous ces dangers, la création de la DCRI a pourtant abouti à une réduction des effectifs. Comment justifier ce paradoxe ?
L'efficacité du renseignement ne se mesure pas au nombre d'agents. En fusionnant la DST et les RG, nous avons gardé le meilleur de deux cultures : la rigueur et le cloisonnement de la première, la réactivité et la souplesse des seconds. La nouvelle organisation nous aide à nous concentrer sur les menaces principales et la coopération internationale nous permet d'économiser des ressources que nous pouvons investir ailleurs. Reconstituer une filière de fourniture de faux papiers pour un réseau islamiste demande des années et d'importants moyens - écoutes téléphoniques, filatures parfois jusqu'à l'étranger... Or les contraintes budgétaires nous imposent en effet de réduire les effectifs. Il faut donc que les contribuables sachent que leur argent est bien utilisé : j'ai créé pour cela à la DCRI un département chargé de l'« évaluation de la stratégie et de la performance ». Il en va du renseignement comme des assurances : quand on paie cher, on compte sur la garantie tous risques


L'attentat auquel la France a échappé

Le choix de la cible était fait pour frapper les esprits : l'immeuble de la DCRI, à Levallois-Perret - le siège du contre-espionnage français ! Jeune Français converti à l'islam, ­diplômé en électronique, ­Rany A. préparait un attentat au véhicule piégé contre le bâtiment lorsque la police est ­venue l'arrêter, à son domicile de Presles-en-Brie (Seine-et-Marne), le 16 décembre 2008. Il avait repéré les lieux, prévu de dérober 200 kilos d'engrais chimique dans une entreprise voisine, demandé à un complice de voler un camion pour en faire une bombe roulante. Mais il ignorait qu'il était surveillé depuis des mois. L'attention des policiers avait été attirée, en mars 2007, par des messages que le jeune islamiste avait échangés, via une boîte mail codée, avec un djihadiste français arrêté en Irak : Peter Cherif, membre d'une filière partie du 19e arrondissement de Paris pour combattre les Américains et qui venait alors de s'évader de la prison d'Abou Ghraïb. Passé en Syrie, Cherif a déposé les armes à la fin 2007. Il est aujourd'hui détenu à la prison de la Santé. Depuis, les policiers ont examiné à la loupe les efforts de Rany pour recruter des frères d'armes ; ils ont vu son comportement se radicaliser jusqu'à ­effrayer ses proches. Il s'est rendu en Syrie en 2007, puis deux fois en Algérie en 2008. Ses visites sur un site ­Internet lié à Al-Qaeda et les offres de services qu'il y a formulées ont convaincu les policiers d'intervenir. Le juge antiterroriste Marc Trévidic l'a mis en examen pour « association de malfaiteurs en vue de commettre des actes terroristes ». Lui aussi dort à présent en prison

« FBI à la française »

La Direction centrale du enseignement intérieur (DCRI) a été créée par décret le 27 juin 2008. Elle est issue de la fusion des RG et de la DST et comprend quelque 4 000 fonctionnaires, dont 3 000 agents opérationnels. ­Qualifié de « FBI à la française » par le ministère de l'Intérieur, le service est chargé du contre-­espionnage, du contre-terrorisme, de la sécurité économique des intérêts français et de la surveillance des mouvements subversifs violents.

Bernard Squarcini.
Né en 1955 à Rabat (Maroc), le préfet Bernard Squarcini est l'un des piliers du système Sarkozy. Cet ancien commissaire, spécialiste de la lutte antiterroriste, a été sous-­directeur des RG, puis préfet délégué à la sécurité à Marseille, avant d'être nommé directeur de la DST en 2007 pour préparer la création de la DCRI.


[url=http://www.lepoint.fr/actualites-societe/comment-on-traque-les-terroristes/920/0/324944
http://www.lepoint.fr/actualites-societe/comment-on-traque-les-terroristes/920/0/324944[/quote[/url]]

extraordinaire, fantastique, sublime, suprême a quand les prochains articles??? .....
Saïd770
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Sujet / Message Re: Méthodes des services de renseignement

le Ven 30 Oct - 15:25
sphinx a écrit:« Comment on traque les terroristes »
Exclusif. Le chef du contre-espionnage ­dévoile au « Point » les secrets de sa méthode.
Hervé Gattegno

Les professionnels du secret s'expriment peu ; ils s'efforcent généralement de faire parler les autres. Bernard Squarcini est de ceux-là. Subtil et flegmatique, le chef du contre-espionnage français est l'un des hommes clés du dispositif policier de Nicolas Sarkozy. Né de la fusion de la DST et des Renseignements généraux, le service qu'il dirige - la DCRI - est au coeur de la lutte contre le terrorisme. La partie immergée de son action suscite parfois des critiques - comme l'a montré l'affaire des sabotages de voies ferrées, avec les interpellations de Julien Coupat et de sympathisants de l'ultragauche. Bernard Squarcini s'en explique pour la première fois, en livrant au Point l'ébauche d'une doctrine française de l'antiterrorisme qui tient en trois verbes : détecter, surveiller, anticiper. Une vigilance qui a permis, à la fin de 2008, d'empêcher un attentat islamiste en préparation contre... le siège de la DCRI !

Le Point : L'enquête sur les sabotages de voies ferrées et l'interpellation d'un groupe de militants d'ultragauche ont provoqué une controverse sur le rôle de la DCRI et la réalité de la menace qu'il représentait. Cette affaire relevait-elle réellement de l'antiterrorisme ?

Bernard Squarcini : Ce n'est pas à la police d'apprécier les qualifications pénales retenues contre ces suspects, mais à la justice. Le cadre juridique a été choisi par le parquet, l'enquête est menée par un juge d'instruction, qui a prononcé des mises en examen. La DCRI surveilait ces individus depuis longtemps. Nous savions ce qu'ils faisaient, avec qui ils étaient en contact - en France et à l'étranger. Assez pour savoir que ce groupe se situait dans les prémices de l'action violente ; le stade où les choses peuvent basculer à tout moment.

Autrement dit, vous êtes intervenus préventivement. D'où le reproche qui vous est adressé sur l'absence de preuves ...

J'assume ce qui a été fait. Notre mission consiste à détecter les personnes dont le comportement présente des risques pour l'Etat et la société, à les surveiller pour anticiper le moment où elles seront tentées de passer à l'acte et à intervenir pour éviter des drames. Que les citoyens soient rassurés : nous ne fabriquons pas de dossiers ! Dans l'affaire de Tarnac, il n'y a pas de délit d'opinion mais un long travail de renseignement. Le problème, c'est que nous avons dû l'interrompre quand la SNCF a déposé plainte : on ne pouvait pas laisser se multiplier des actions qui bloquaient des milliers de passagers dans les gares... Quand le ministère de l'Intérieur et la justice nous l'ont demandé, nous avons communiqué nos éléments. Ils sont dans le dossier du juge. C'est pourquoi je peux vous dire qu'il n'est pas vide...

Mais qualifier ces jeunes marginaux de « terroristes », n'est-ce pas exagérer la nature de leur activisme ?

Nous sommes là au coeur du sujet. Une série de clignotants nous alertent depuis quelques années sur la montée d'une contestation anarcho-autonome que les émeutes étudiantes de l'été dernier en Grèce ont mise en évidence. Dans nos pays occidentaux, le climat social et la crise économique incitent de jeunes gens incontrôlés à basculer dans la violence. Jusqu'où faut-il les laisser aller ? Il y a trente ans, avant de commettre des assassinats, Action directe avait commencé par faire sauter un bâtiment du CNPF [le Medef de l'époque]. Aujourd'hui, chaque sommet international donne lieu à des affrontements de plus en plus durs avec les forces de l'ordre. Nous nous préparons à en voir de nouveaux au sommet de l'Otan, les 3 et 4 avril à Strasbourg. Notre travail est de prévenir ces dérives et de neutraliser ceux qui pourraient en être responsables.

Est-il sain qu'un même service soit chargé du renseignement intérieur et doté d'une compétence judiciaire ? Le fameux « FBI à la française » est-il compatible avec le modèle français ?

Dans l'enquête sur les sabotages contre la SNCF, nous avons travaillé en collaboration avec la PJ. Tout a été fait dans les règles de l'art. D'une façon générale, nos informations ont vocation à être exploitées par d'autres. Notre compétence judiciaire, nous l'utilisons surtout pour suivre jusqu'au bout les dossiers liés au terrorisme islamiste - qui constitue toujours, et de loin, la principale menace.

A quel niveau estimez-vous cette menace ?
Nous restons au stade Vigipirate rouge : cela signifie que nous sommes ciblés de façon importante - sur notre territoire aussi bien qu'à travers nos intérêts à l'étranger. Le terrorisme a changé de visage : nous ne luttons plus contre des réseaux soutenus par des Etats - Iran, Libye, Syrie... - mais contre un fanatisme religieux qui peut recruter des individus sur notre sol ou frapper nos ressortissants n'importe où dans le monde. L'attaque de nos soldats en Afghanistan, en août 2008, l'a cruellement prouvé ; elle a été suivie d'une communication d'Al-Qaeda qui, pour la première fois, s'adressait à la France. Avec un message clair : « Nous n'avons rien contre votre pays, mais faites partir vos troupes. » Les enlèvements de Français en Mauritanie ou au Mali le montrent aussi. Sans parler des actions que nous parvenons à déjouer.

Des tentatives d'attentats ?

C'est arrivé.

Souvent ?

Les service de renseignement sont au centre opérationnel d'une immense gare où tous les trains doivent arriver à l'heure. Quand tout marche bien, on n'en parle pas. Mais il faut savoir que, dans l'ombre, nous mettons en place - pendant des mois, parfois des années - les systèmes de détection, les dispositifs de surveillance qui permettent d'agir au bon moment. Notre obsession est d'anticiper, c'est-à-dire de neutraliser les terroristes avant qu'ils frappent. Nous n'allons pas attendre que les bombes explosent et ensuite relever les empreintes ! Si j'ose dire, nous faisons tout pour arriver trop tôt : au moment où il y a commencement d'exécution, c'est-à-dire juste avant l'attentat.

Confirmez-vous que la DCRI a démantelé, à la fin de l'année dernière, un réseau islamiste qui fomentait un attentat dans la région parisienne ?

C'est exact. A la mi-décembre, nous avons interpellé (avec la section antiterroriste de la PJ) un groupe lié à Al-Qaeda au Maghreb islamique (AQM) qui projetait de faire sauter une voiture piégée contre notre immeuble, à Levallois-Perret. Plusieurs membres de cette mouvance ont été interpellés. La justice est saisie. Celui qui apparaît comme l'organisateur est en prison. Un tel succès n'est possible que grâce aux surveillances que nous menons depuis longtemps sur des réseaux suspects. Parce qu'avant d'arriver à l'attentat les futurs terroristes communiquent via Internet, se forment, effectuent des repérages. Si nous arrivons à les suivre pas à pas jusqu'au passage à l'acte, nous gardons une longueur d'avance. D'où notre vigilance permanente sur les filières de départ pour l'Afghanistan : pour les djihadistes en cours de formation, c'est souvent le lieu des travaux pratiques. A leur retour, chacun d'eux représente un danger potentiel.

Faut-il comprendre que chaque départ empruntant ces filières est détecté par nos services secrets ?

Disons la plupart. Nous ne surveillons pas seulement des personnes, mais aussi des lieux qui peuvent être des points de passage. On ne part jamais directement pour l'Afghanistan. On fréquente une mosquée, une école coranique, un site Internet et, si on franchit le pas, on part pour l'étranger, d'où on emprunte un circuit clandestin qui passe par l'Iran ou la Turquie. La destination la plus prisée aujour­d'hui, c'est le Waziristan, la zone frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan, avec ses nombreux camps d'entraînement. A leur retour, les apprentis djihadistes sont difficiles à repérer : ils ont appris la clandestinité, détiennent des faux passeports, et inutile de dire qu'ils ne vont pas embrasser leur famille !

Pour les suivre à la trace, vous infiltrez les filières ?
Les services « amis » avec qui nous coopérons - au Yémen, en Turquie, en Syrie... - nous signalent parfois le passage d'un individu. D'autres fois, c'est la famille qui s'inquiète d'être sans nouvelles et qui donne l'alerte. Sans être plus précis, disons aussi que certains de ces combattants en herbe gardent le contact avec des correspondants en France en qui ils ont confiance mais qui, en réalité, nous renseignent. Et il arrive que nous puissions « retourner » un de ces clandestins, avant ou après le voyage. On peut alors reconstituer le parcours, comme le chemin du Petit Poucet...

.../...
Saïd770
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Sujet / Message Re: Méthodes des services de renseignement

le Ven 30 Oct - 15:29
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Interessant; merci pour ce post Sphinx et Cameleo un bon week end a vous ...
cameleo84
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Sujet / Message Re: Méthodes des services de renseignement

le Ven 30 Oct - 16:40
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L'espionnage et la malveillance sont des phénomènes en pleine expansion. Leurs conséquences sont catastrophiques et conduisent trop souvent à des licenciements et/ou à la fermeture des entreprises victimes. Il faut les connaître pour pouvoir les combattre. Dans le passé, un espion qui devait se procurer des informations devait prendre plusieurs risques : pénétrer par effraction dans un local, trouver les documents confidentiels, prendre des photographies, effacer ses traces, et sortir avant l’arrivée du gardien.Aujourd’hui, le travail des attaquants et beaucoup plus facile, qu’il s’agisse d’une entreprise ou d’un autre pays . Nous savons déjà qu’il existe de nombreux programme de type cheval de troie, qui permet de prendre le contrôle d’une machine distante, puis connaître en temps réel toutes les actions d’un utilisateur.Ainsi, les informations les plus sensibles sont exposées, et les pirates distants pourront en prendre connaissance à loisir, dans un relatif anonymat.
Mais il y avait un obstacle qui décourageait la plupart des apprentis sorciers : il fallait infecter l’ordinateur cible, et donc procéder à l’installation et au paramétrage du programme espion. Un accès physique était donc nécessaire. Pour les concurrents qui connaissent la valeur des informations à dérober, il suffisait de faire embaucher un complice par une entreprise de nettoyage ou de gardiennage, qui se chargerait de la maneouvre en quelques minutes. Qui se méfierait d’une femme de ménage ?Les attaquants disposant de quelques compétences pouvaient aussi incorporer le Troyen à l’intérieur d’une autre application, mais encore faillait-il convaincre la cible de charger ce programme.Les temps changent, et l’espionnage sur Internet devient à la portée de tous. Dernièrement, une entreprise proposait sur son site un logiciel nommé Lover Spy, comprenant des fonctionnalités de chevaux de troie, comme par exemple la capture des frappes clavier. Son principal avantage est qu’il se dissimule dans une carte de vœux électronique, et qu’il infecte le destinataire dès qu’elle est ouverte.Pour moins de 90 USD, les apprentis espion disposent d’une arme d’autant plus redoutable que la plupart des destinataires n’hésiteront par à visionner la carte, ne serait-ce que par curiosité.Grâce à un moteur SMTP intégré, le keylogger envoie ses rapports de surveillance par email.
Le principal risque pour des entreprises détenant des informations sensibles, c’est que la notion de sécurité informatique est loin d’être présente, en particulier dans les PME ou TPE, détenant souvent des données à forte valeur ajoutée. De plus, les personnes méfiantes penseront parfois à un antivirus, mais rarement à détecter la présence d’un logiciel de ce type.On le voit bien dans cet exemple, la protection informatique dans les entreprises est loin d’être assurée tant qu’on n’insistera pas sur le maillon humain.

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abdelmalek
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Sujet / Message Re: Méthodes des services de renseignement

le Mer 11 Nov - 14:25
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LA TRAQUE DES ESPIONS EST DU DOMAINE DE GENTS TRES INTELLIGENTS AVOIR UNE BONNE ECOUTE ET UNE BONNE OBSERVATION.LE REFLEX.MAIS LA PERTE DE TEMPS SUR DES PSEUDO ESPIONS.CE N EST PAS BON POUR LE MORAL DE LA MAISON.LA DEVISE DOIT ETRE LA CONFIANCE C4EST BON MAIS LE CONTROLE C4EST MIEUX.APRES PLUS RIEN EST EN PASSE A AUTRE CHOSE.IL Y A TELLEMENT DE PROBLEME A RESOUDRE .REDEFINIR LA NATION ET L OBJECTIF DE CETTE NATION QUE TOUTE HOMME ETANT DE CETTE NATION DOIT ETRE UN OBJECTIF.CELA EST DEMONTRE QUE LES GRAND ESPIONS SONT DE LA MAISON CAR IL ONT DE L INFORMATION ET SON OUTIL;.
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Sujet / Message Re: Méthodes des services de renseignement

le Ven 13 Nov - 9:43
abdelmalek
MAIS LA PERTE DE TEMPS SUR DES PSEUDO ESPIONS.CE N EST PAS BON POUR LE MORAL DE LA MAISON.Ce message n'y destiné parce que je trouve ton humour déplacé , je me sens pas concerné par ton actions et par les valeurs de tes propos ...''''CELA EST DEMONTRE QUE LES GRAND ESPIONS SONT DE LA MAISON CAR IL ONT DE L INFORMATION ET SON OUTIL;.

quelle sont les information traité ! .On vous informe. Foutage de gueule !
L'information, c'est un truc d'informatique : ça fonctionne en tout ou rien. Ou elle ne circule pas du tout et vous ne savez rien, ou on vous noie sous un déluge d'informations eronner , la manipulation de l'information est un acte volontaire et conscient de déformation des faits.Et, grâce à la sur-information, vous ne pouvez toujours rien savoir, mais c'est devenu "de votre faute". Personnellement je serai pour légaliser l'espionnage, ...Oui, parce que chaque pays a besoin de veiller à leur protection .
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Sujet / Message Re: Méthodes des services de renseignement

le Sam 14 Nov - 9:40
JE M ESCUSE JE CROIS QUE LA MARMITTE A PRIE UN PEU DE VAPEUR .AU CRONTRAIRE JE TROUVE QUE J AI APPRIS BCP DE CHOSE AVEC VOTRE CONTACT ET MERCI.

IL Y A DES CHOSES DITES QUI NE SONT PAS DANS UNE INTENTION DE NUIRE MAIS DE PARLER A COEUR OUVERT? A MON AGE JE FAIS DES CONCLUSION ET JE DONNE MES IDEES ET MERCI DE ME LIRE.MAIS IL NE FAUT PAS LE PRENDRE DU MAUVAIS COIN? CHAQUE HOMME A UN COTES BIEN ET POUR LE TRAITER IL FAUT REGARDER CE COTES .

J AVAIS APPRIS EN COUR DE SPYCHIATRIE/ PAR UN EMINANT PSYCHIATRE (PR DINIKER A PARIS )il m avait prie en sympathie:et il m 'avait oriente vers le meilleurs et comment traiter mon malade:en deux NEVROSE ET PSYCHOSE/l'une prime sur l autre :mais trt il faut observer celle qui est la mailleurs pour le trt;je vous remercie de votre confiance cela montre que vous appreciez les hommes qui peuvent donner .ABDELMALEK
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Sujet / Message Re: Méthodes des services de renseignement

le Sam 14 Nov - 9:50
CI JE BOUSCULE CELA MONTRE QUE CE N EST PAS UN ROBOT INFORMATIQUE QUI DEMANDE .ET JE SUIS HEUREUX QUE NOTRE PAYS SOIT AU COULEURS DE NOTRE DRAPEAU.JE CROIS QUE EN 1962 IL N Y AVAIT PAS AUTANT D ENTOUSIAMES .ET PEU ETRE QUE C EST LE DECLIC POUR UN AVENIR HEUREUX .ET QUE LE MAUVAIS OEIL PARTE .TOUS CES BALCONS TOUTES CES RUELLES ET BOULEVARD NE TROMPE PAS IL FAUT REUSSIR.ABDELMALEK.
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Sujet / Message Re: Méthodes des services de renseignement

le Sam 14 Nov - 14:35
JE M ESCUSE JE CROIS QUE LA MARMITTE A PRIE UN PEU DE VAPEUR .AU CRONTRAIRE JE TROUVE QUE J AI APPRIS BCP DE CHOSE AVEC VOTRE CONTACT ET MERCI.

IL Y A DES CHOSES DITES QUI NE SONT PAS DANS UNE INTENTION DE NUIRE MAIS DE PARLER A COEUR OUVERT? A MON AGE JE FAIS DES CONCLUSION ET JE DONNE MES IDEES ET MERCI DE ME LIRE.MAIS IL NE FAUT PAS LE PRENDRE DU MAUVAIS COIN? CHAQUE HOMME A UN COTES BIEN ET POUR LE TRAITER IL FAUT REGARDER CE COTES .

J AVAIS APPRIS EN COUR DE SPYCHIATRIE/ PAR UN EMINANT PSYCHIATRE (PR DINIKER A PARIS )il m avait prie en sympathie:et il m 'avait oriente vers le meilleurs et comment traiter mon malade:en deux NEVROSE ET PSYCHOSE/l'une prime sur l autre :mais trt il faut observer celle qui est la mailleurs pour le trt;je vous remercie de votre confiance cela montre que vous appreciez les hommes qui peuvent donner .ABDELMALEK[/quote]




Je suis morte de rire devant mon ordi. Car je peux vous assurer, de source sure que j'apprecie egalement les hommes , que le Seigneur n'arrête pas de "l'améliorer" et de lui donner de nouvelles qualités ! ... Ce que j'apprécie le plus c'est sa disponibilité envers les autres, ... En cas de besoin, il peut me porter, éventuellement me défendre ... "J'apprécie les hommes qui, dans l'ombre, se mettent au service de l'État. ... Toutefois merci de m'eclaire
sur ma situation et mon aspect psychologique de psychose et nevrosé Je vais aller de ce pas consulter un psychologue .... Bon je suis souvent tombé sur un psy pas très compétent, ou con au choix, ...Sur ce je te souhaite un tres bon week end et une bonne semaine ...
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Sujet / Message Re: Méthodes des services de renseignement

le Dim 15 Nov - 21:17
Saïd770 a écrit:Interessant; merci pour ce post Sphinx et Cameleo un bon week end a vous ...
bsr,
désolé de te repondre tard ,ya pas de quoi Smile

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Sujet / Message Re: Méthodes des services de renseignement

le Lun 23 Nov - 14:17
Réputation du message : 100% (1 vote)
[quote="abdelmalek"]LA TRAQUE DES ESPIONS EST DU DOMAINE DE GENTS TRES INTELLIGENTS AVOIR UNE BONNE ECOUTE ET UNE BONNE OBSERVATION.LE REFLEX.MAIS LA PERTE DE TEMPS SUR DES PSEUDO ESPIONS.CE N EST PAS BON POUR LE MORAL DE LA MAISON.LA DEVISE DOIT ETRE LA CONFIANCE C4EST BON MAIS LE CONTROLE C4EST MIEUX.APRES PLUS RIEN EST EN PASSE A AUTRE CHOSE.IL Y A TELLEMENT DE PROBLEME A RESOUDRE .

Toute vérité est bonne à lire, Est-il besoin de rappeler l'importance des traques d'espion dans le domaine du renseignement ? Les informations se suivent, brutes, sans qu'on puisse jamais en identifier la provenance. ... Un officier traitant agent dormant agent double agent illégal agent provocateur agent d'influence agent de pénétration défecteur traître taupe agent secret officier traitant analystehonorable correspondant Informateur qui est sous filatures et surveillances le sait car il a une tres bonne "Observation"mais pour arreter une personne il faut des preuves ...D'ailleurs il ou elle espérait bien en jouer ... Il ou elle joue avec des nerfs d'acier et avec les nerfs de pas mal de monde… lolll! ... "Jouer au chat et à la souris"je pourrais etre un chat aux pattes de velours


Moi dans la vie, j'aime les plaisirs jouer au chat et à la souris


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Sujet / Message Re: Méthodes des services de renseignement

le Lun 23 Nov - 23:55
le cyberespionnage

A l’occasion de la visite officielle de Barack Obama à Pékin, la semaine passée, la Chine et les Etats-Unis se sont engagés à développer leurs relations militaires bilatérales. En attendant, et si l’on en croit les conclusions du dernier rapport de l’US-China Economic and Security Review Commission (ndlr: USCC, Commision économique et de sécurité sino-américaine), les actes d’espionnage sur le territoire américain sont en constante augmentation.

Cela se traduit par des tentatives visant à recruter des espions aux Etats-Unis, en n’hésitant pas à mettre la main au portefeuille pour payer des informations. Cette approche est somme toute classique mais elle est toutefois en rupture avec l’habitude qui, jusqu’à présent, consistait à enrôler des Chinois vivant aux Etats-Unis en faisant jouer la corde patriotique. Autre méthode utilisée : celle dite du « false flag », c’est à dire qu’il s’agit de faire croire à un informateur qu’il travaille pour quelqu’un d’autre.
Et puis, bien évidemment, le cyberespionnage constitue le mode essentiel d’acquisition du renseignement pour les services chinois. Ainsi, il a été constaté une forte hausse des cyber-attaques contre les sites Internet des administrations américaines (+60%) et, selon le rapport de la commission, « une bonne partie de cette activité semble émaner de la Chine ». Ces attaques sont le plus souvent des tentatives d’infiltration afin de récupérer des données militaires et économiques.

« Les efforts d’exploitation informatique de la Chine en temps de paix sont concentrés en premier lieu sur la collecte de renseignements sur des objectifs américains et sur les organisations de dissidents chinois à l’étranger » indique le document de la commission consultative, ce qui fait dire à sa président, Carolyn Bartholomew, que l’Empire du milieu « change la manière dont se pratique l’espionnage ».

« Aujourd’hui, l’armement n’est plus seulement nucléaire mais aussi virtuel » notait le « Virtual Criminology Report », le dernier rapport de McAffe, la société spécialisée en sécurité informatique. Et le fait est, pour l’USCC , la Chine est en mesure de mobiliser une armée de pirates informatiques en cas de conflit.

Ce qui amène au concept de « cyberguerre », qui reste encore mal défini pour McAfee, qui note que plusieurs pays se sont lancés dans une course au cyber-armement. Car, dans le cyberespace, il ne s’agit plus de mettre en place des défenses mais de développer des capacités offensives susceptibles d’affecter le fonctionnement des réseaux de télécommunication, d’électricité, d’eau ou encore des transports qui sont tous reliés à Internet dans les pays développés.

Pour William Crowell, ancien directeur adjoint de la NSA, il ne fait plus aucun doute « qu’au cours des 20 ou 30 prochaines années, les cyber-attaques feront de plus en plus partie de l’arsenal de guerre ». Si l’on en croit l’US-China Economic and Security Review Commission, il semblerait donc que la Chine ne soit pas en retard d’une guerre.

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Sujet / Message Re: Méthodes des services de renseignement

le Mar 24 Nov - 0:03
sphinx a écrit:le cyberespionnage

A l’occasion de la visite officielle de Barack Obama à Pékin, la semaine passée, la Chine et les Etats-Unis se sont engagés à développer leurs relations militaires bilatérales. En attendant, et si l’on en croit les conclusions du dernier rapport de l’US-China Economic and Security Review Commission (ndlr: USCC, Commision économique et de sécurité sino-américaine), les actes d’espionnage sur le territoire américain sont en constante augmentation.

Cela se traduit par des tentatives visant à recruter des espions aux Etats-Unis, en n’hésitant pas à mettre la main au portefeuille pour payer des informations. Cette approche est somme toute classique mais elle est toutefois en rupture avec l’habitude qui, jusqu’à présent, consistait à enrôler des Chinois vivant aux Etats-Unis en faisant jouer la corde patriotique. Autre méthode utilisée : celle dite du « false flag », c’est à dire qu’il s’agit de faire croire à un informateur qu’il travaille pour quelqu’un d’autre.
Et puis, bien évidemment, le cyberespionnage constitue le mode essentiel d’acquisition du renseignement pour les services chinois. Ainsi, il a été constaté une forte hausse des cyber-attaques contre les sites Internet des administrations américaines (+60%) et, selon le rapport de la commission, « une bonne partie de cette activité semble émaner de la Chine ». Ces attaques sont le plus souvent des tentatives d’infiltration afin de récupérer des données militaires et économiques.

« Les efforts d’exploitation informatique de la Chine en temps de paix sont concentrés en premier lieu sur la collecte de renseignements sur des objectifs américains et sur les organisations de dissidents chinois à l’étranger » indique le document de la commission consultative, ce qui fait dire à sa président, Carolyn Bartholomew, que l’Empire du milieu « change la manière dont se pratique l’espionnage ».

« Aujourd’hui, l’armement n’est plus seulement nucléaire mais aussi virtuel » notait le « Virtual Criminology Report », le dernier rapport de McAffe, la société spécialisée en sécurité informatique. Et le fait est, pour l’USCC , la Chine est en mesure de mobiliser une armée de pirates informatiques en cas de conflit.

Ce qui amène au concept de « cyberguerre », qui reste encore mal défini pour McAfee, qui note que plusieurs pays se sont lancés dans une course au cyber-armement. Car, dans le cyberespace, il ne s’agit plus de mettre en place des défenses mais de développer des capacités offensives susceptibles d’affecter le fonctionnement des réseaux de télécommunication, d’électricité, d’eau ou encore des transports qui sont tous reliés à Internet dans les pays développés.

Pour William Crowell, ancien directeur adjoint de la NSA, il ne fait plus aucun doute « qu’au cours des 20 ou 30 prochaines années, les cyber-attaques feront de plus en plus partie de l’arsenal de guerre ». Si l’on en croit l’US-China Economic and Security Review Commission, il semblerait donc que la Chine ne soit pas en retard d’une guerre.

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Sujet / Message Re: Méthodes des services de renseignement

le Mar 24 Nov - 17:34
Merci pour cet article. il faut rester vigilant,,,, Les Chinois vont nous bouffer.. avec l'aide de la CIA ....
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Sujet / Message Re: Méthodes des services de renseignement

le Mar 12 Jan - 23:11
Filature.

La filature de personnes vous donne une idée claire et précise de l’emploi du temps de la personne prise en filature.

La filature se fait aussi internationalement, par nous-mêmes ou par des collègues-collaborateurs partout dans le monde. Les frontières nationales ne nous arrêtent pas !

Les filatures s'effectuent à pied, en voiture et même par avion. Nos véhicules sont adaptés aux tâches dans lesquelles la discrétion et la vitesse sont primordiales.

La filature demande beaucoup de temps et est très difficile. Le trafic intense et la discrétion nécessaire demandent un professionnalisme exceptionnel ! A côté de la formation prévue par la loi (2 ans), nos agents participent encore à un entraînement de spécialisation chez nous, ou bien ils suivent des cours de spécialisation (p.ex. Contre-espionnage industriel – USA, détection d’appareils émetteurs – USA, Détecteur de mensonges – USA). De cette façon ils sont capables d’accomplir la mission tout à fait indépendamment, ce qui augmente la discrétion.

Si l’enquête l’exige et en accord avec vous, nous pouvons faire appel à plusieurs détectives autorisés. Il va de soi que nous sommes en liaison constante. S’il y a des circonstances exceptionnelles, nous vous en informons immédiatement. Pendant et après la filature nous obtenons une image claire et précise des événements, ce qui peut former la base d’éventuelles preuves officielles.

En cas de conflits d’intérêts, et à votre demande nous pouvons recueillir des preuves officielles (le cas échéant, accompagné d’un huissier) valables devant chaque tribunal.



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Sujet / Message Re: Méthodes des services de renseignement

le Dim 17 Jan - 22:46
La Mondialisation des Ecoutes Téléphoniques

Comme nous pouvons le constater, les USA sont en passe de devenir le point de passage obligatoire des communications internationales, mais aussi du contrôle du transit et surtout du contenu de l'information sous toutes ses formes. Cela passe obligatoirement par une harmonisation des moyens de télécommunications des quinze pays de l'Union Européenne, mais aussi des écoutes. C'est à dire que chaque opérateur doit faciliter l'accès aux services officiels de sécurité de chaque pays et fournir les moyens permettant l'interception d'une ligne téléphonique, informatique ou l'écoute d'un radiotéléphone. Il faut tout de suite dire que ce n'est pas le cas pour certains système comme le GSM qui semble ne pas avoir respecté les cahiers des charges. Certains opérateurs des mobiles comme en Allemagne ou en France se retrouveront dans l'obligation de revoir leur réseau avec une facture qui pourrait atteindre quelques milliards de francs pour certains. Cela veut dire à terme, que chaque état perdra son indépendance en matière d'écoute au profit d'une institution centrale Européenne. En terme clair, la souveraineté de chaque état disparaîtra au profit et au nom de l'Europe et même du monde. C'est dans ce but qu'à été constitué le comité K4. Nous sommes obligés de reconnaître que le seul pays qui a les moyens d'interception les plus sophistiqués et les plus complets, c'est les USA avec le NSA et le NRO.
Or qui contrôle les communications mondiales, est susceptible de contrôler l'économie internationale.

Téléphone A/N, Télex et télécopie,
Téléphone sans fil A/N, Réseaux informatiques,
Radiotéléphone A/N, Réseau Internet,
Talki walki A/N, Système informatique sans fil,
Radiocommunications locales, Système de com. par laser,
Radar et radiotélémétrie, Réseaux de satellites,
Emetteur ELF/VLF+sonars, Supports cryptés,
Faisceaux hertziens, Ethernet ou ATM sans fil,
Télévisions, Radiodiffusion.


Cette liste est non exhaustive. Il existe certains moyens peu connus que je ne citerai pas. Il y a même un système qui avait été inventé par un polytechnicien français, mais que des têtes pensantes au sommet de la hiérarchie ont trouvé sans intérêt à l'époque, donc ici erreur stratégique, à mon avis parce que là aussi les chefs étaient des incompétents sans imagination. Il a été utilisé par les américains à des fins militaires, dès qu'ils ont appris l'existence de ce procédé. Puis un jour en France on a commencé à se réveiller, quand on a été informé qu'il était utilisé aux USA et on s'est décidé à demander à son inventeur, quel était ses avantages et applications possibles. Le ridicule ne tue pas. Ce chercheur s'est contenté de rédiger une note à ses supérieurs, en leur disant de se référer au rapport qu'il leur avait adressé 10 ans avant. En France, on s'intéresse aux inventions dès qu'on en a perdu la paternité. Il existe de nombreux systèmes victimes de ce genre de traitement dans notre pays. Un autre problème va apparaître très rapidement. C'est l'encombrement des orbites basses et géostationnaires. Chaque grand groupe industriel de divers pays ont décidé de lancer leur propre réseau dont certains pourront atteindre plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de satellites. Hors l'installation de feux rouges et de stops est impossible dans l'espace. Bill GATES patron de Microsoft a créé la filiale Teledesic, dont l'objectif est de lancé 840 satellites (nombre revu à la baisse) avant 2002, en réutilisant les anciens missiles intercontinentaux SS18 des soviétiques. Cet encombrement risque d'entraîner des collisions, sans parler de ceux que l'on risque de ramasser sur le crâne. Il y a fort à parier que nous seront par la suite dans l'obligation de prévoir des navettes poubelles, chargés de redescendre sur terre les satellites inutilisables, les boulons baladeurs, pour faire de la place et éviter ainsi la détérioration des nouveaux satellites de communication. Car même une écaille de peinture pour ceux qui l'ignore, peut être terriblement destructrice pour un panneau solaire ou une antenne radio. La multiplication de ces réseaux, la progression technologique, risquent de multiplier les flots d'information par 100 pour 2005 mais aussi les collisions avec les satellites espions, dont la position et les orbites ne sont connus que des militaires américains, idem pour les débris. En plus leur trajectoire doit être contrôlée en permanence et réajustée si nécessaire. Il risque donc d'y avoir encombrement sur la bande de fréquences télémétriques, si chacun se met à faire son petit réseau, de quelques centaines de satellites.

Source:SCANDALES FRANÇAIS
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Sujet / Message Re: Méthodes des services de renseignement

le Jeu 25 Mar - 16:13
Les dernières techniques chinoises d'espionnage

Espions: gare au sexe
Cinq leçons pour éviter les «pièges à miel».


Dernier motif d'inquiétude en date au MI5: le sexe. Dans un document de 14 pages (titré: «The Threat from Chinese Espionage» - «Espionnage chinois: la menace») adressé l'an dernier à des centaines de banques, d'entreprises et d'institutions financières de Grande-Bretagne, le célèbre service de renseignement britannique mettait en garde ses concitoyens contre un stratagème chinois de grande envergure. L'objectif des espions: séduire des hommes d'affaire occidentaux, avant de les faire chanter. Un article paru dans The Times cite une partie du document; on peut y lire que les services secrets chinois tentent de nouer et d'entretenir «des relations à long terme» et qu'ils ont pour objectif d'«exploiter les faiblesses de leurs cibles (notamment sur le plan sexuel) (...) afin de les amener à coopérer avec eux».

Ce rapport traitant des dernières techniques chinoises d'espionnage industriel ne nous apprend rien de nouveau: ce n'est là qu'une étape de plus dans une longue et sordide histoire mêlant espionnage et manipulation sexuelle. Les maîtres espions ont toujours usé des arts amoureux pour obtenir des informations confidentielles. Cette technique a un nom de code «honey trap» [piège à miel]. Et face à elle, il semble que les hommes et les femmes soient à égalité -qu'ils soient le chasseur ou la proie. Les espions s'en remettent au sexe, à leur intelligence et aux sensations fortes inhérentes aux relations clandestines pour appâter leurs victimes. Rien ne sert d'être patriote, d'avoir l'esprit vif, d'être bien entraîné ou d'être doté d'un fort caractère: si le «piège à miel» est savamment préparé, la cible risque fort d'y succomber.

La plus banale des relations extra-conjugales peut vite se transformer en histoire d'amour sincère et passionnelle sans qu'on n'y prenne garde. En 1997, on a révélé l'existence d'un piège à miel est-allemand; l'une des femmes impliquées a refusé d'admettre qu'elle avait été piégée, même après avoir pris connaissance des preuves. «Non, ce n'est pas vrai», déclara-t-elle alors. «Il m'aimait vraiment.»

Ceux qui veulent maîtriser l'art du piège à miel (comme ceux qui souhaitent s'en prémunir) feraient bien de s'intéresser à l'histoire de ce stratagème millénaire. Les anecdotes sont bien évidemment trop nombreuses -trop de drames, trop de draps froissés, de conjoints blessés, de lettres volées et de vies brisées- pour qu'on en dresse ici une liste exhaustive. Tenons-nous en à 5 histoires célèbres; prédateurs et victimes potentielles en tireront, sans nul doute, toutes les leçons nécessaires.

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Sujet / Message Re: Méthodes des services de renseignement

le Jeu 25 Mar - 16:15
1. Laisse tomber les filles

En 1986, Mordechai Vanunu, technicien de nationalité israélienne et ancien employé de la centrale nucléaire de Dimona (Israël), déclare à la presse britannique que son pays a élaboré des armes nucléaires. Cette révélation met à mal la position officielle d'Israël, qui, à l'époque, joue la carte de l'ambiguïté nucléaire. Il y a plus grave: Vanunu possède une série de photographies prouvant ses dires. La période de négociation avec les journaux est des plus tendues, au point que le Sunday Times finit par cacher Vanunu dans la banlieue de Londres le temps de vérifier ses dires. Mais Vanunu s'impatiente. Un jour, il annonce à ses protecteurs qu'il a rencontré une jeune femme lors d'une visite touristique à Londres; les tourtereaux comptent passer un week-end en amoureux à Rome.

Les journalistes se disent qu'ils n'ont pas le droit d'empêcher Vanunu de partir. Grave erreur: peu après son arrivée à Rome, il est enlevé par des agents du Mossad, drogué de force, et évacué par bateau vers Israël, où on lui intente un procès pour trahison. Vanunu a passé dix-huit ans en prison, dont onze en quartier d'isolement. Il a été libéré en 2004, mais il est toujours retenu en Israël et doit se plier à des règles très strictes (interdiction de parler à des étrangers, de raconter son histoire...). La Grande-Bretagne n'a jamais enquêté sur l'affaire.

La femme ayant tendu le piège à miel était une agente du Mossad: Cheryl Ben Tov, alias «Cindy». Née à Orlando (Floride), elle était l'épouse d'un officier des services secrets israéliens. Après l'opération, on lui donna une nouvelle identité pour la protéger d'éventuelles représailles; elle finit par quitter Israël pour retourner aux Etats-Unis. Dans l'affaire Vanunu, son rôle fut d'une importance vitale. Le Mossad ne pouvait pas se permettre de risquer l'incident diplomatique avec la Grande-Bretagne; il fallait absolument attirer le technicien à l'étranger. Le plan était audacieux, mais la réussite fut totale.

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Sujet / Message Re: Méthodes des services de renseignement

le Jeu 25 Mar - 16:16
2. N'accepte aucune faveur

L'affaire Mata Hari demeure l'un des «honey trap» les plus célèbres de l'histoire de l'espionnage. L'espionne (incarnée par Greta Garbo dans un classique de 1931) était Hollandaise; elle avait été danseuse «exotique» pendant plusieurs années, à Java. Pendant la Première Guerre mondiale, après avoir découvert que l'attaché militaire de l'armée allemande en Espagne lui versait de l'argent, les Français l'arrêtent et l'accusent d'espionnage. Ils affirment que l'Allemand est son agent de liaison, et qu'elle lui livre des informations confidentielles obtenues après avoir séduit plusieurs figures du monde politique et militaire français.

Pendant son procès, Mata Hari se défend avec acharnement, déclarant qu'elle est la maîtresse de l'attaché, rien de plus, et que ce dernier ne fait que lui envoyer des cadeaux. Ses juges ne sont pas de cet avis. Elle est fusillée le 15 octobre 1917; la légende veut qu'elle ait refusé d'avoir les yeux bandés.

Après la guerre, les Français reconnurent n'avoir eu aucune preuve tangible contre elle. Aujourd'hui, la plupart des historiens pensent qu'elle n'était pas réellement une espionne; son exécution aurait eu pour but de mettre en garde toute femme voulant s'essayer au piège à miel. Moralité: ce qui ressemble à de l'espionnage peut, parfois, être aussi mortel que l'espionnage lui-même.

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Sujet / Message Re: Méthodes des services de renseignement

le Jeu 25 Mar - 16:19
3. Gare aux médias!

Il arrive que les pièges à miel jouent des tours à l'ensemble des journalistes d'un pays.

Début des années 1960. Yevgeny Ivanov est attaché militaire à l'ambassade russe de Londres. L'officier est beau garçon; il présente bien. C'est un habitué des cercles diplomatiques et mondains britanniques. Il y est particulièrement populaire; on le voit souvent aux fêtes de Stephen Ward, l'ostéopathe de la haute société. Ces soirées mondaines sont principalement réputées pour leurs invitées: Ward y convie la fine fleur des beautés londoniennes. Parmi elles: Christine Keeler, une fille facile un peu écervelée, typique des sixties; elle a tôt fait d'entamer une liaison avec Ivanov. Problème: Keeler est aussi la maîtresse de John Profumo, député et ministre britannique de la Guerre, qui travaille alors avec les Etats-Unis sur un projet de stationnement de missiles de croisière en Allemagne.

En 1963, l'idylle Keeler-Profumo est révélée dans la presse. Fidèles à eux-mêmes, les journaux à scandale britanniques traitent l'affaire en insistant sur l'angle espionnage soviétique/piège à miel, bien qu'aucune preuve ne vienne étayer cette hypothèse. Profumo est contraint de démissionner; il avait menti à la House of Commons au sujet de sa liaison. Sa femme lui pardonne; sa carrière, elle, ne s'en relèvera pas.

Ivanov est rappelé à Moscou. Il y passera le reste de ses jours, et n'aura de cesse de ridiculiser ceux qui prennent l'affaire au sérieux: «C'est tout simplement absurde. Vous pensez vraiment que Christine Keeler aurait pu demander à John Profumo, un soir, au lit : “Au fait, chéri, quand est-ce que les missiles de croisière arrivent en Allemagne?” » Il avait probablement raison: quand les médias s'emparent d'une affaire de «honey trap», la vérité est souvent le cadet de leurs soucis.

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Sujet / Message Re: Méthodes des services de renseignement

le Jeu 25 Mar - 16:21
4. Le plus mortel des pièges à miel

Tous les pièges à miel ne sont pas de nature hétérosexuelle. Lorsque l'intolérance sexuelle était encore de mise, le fait de tendre un piège à miel homosexuel pouvait au contraire s'avérer particulièrement efficace pour faire chanter une cible.

Prenez l'histoire tragique de Jeremy Wolfenden, journaliste au Daily Telegraph de Londres. Au début des années 1960, il est correspondant à Moscou. Wolfenden est doublement vulnérable: il parle le russe, et il est homosexuel. Les agents du KGB sautent sur l'occasion. Ils ordonnent au coiffeur du ministère du Commerce extérieur de le séduire, puis placent un homme équipé d'un appareil photo dans le placard du journaliste. Le KGB le fait chanter; menace de faire parvenir les clichés compromettants à son employeur s'il refuse d'espionner les ressortissants du Bloc de l'Ouest séjournant à Moscou.

Wolfenden se rend à l'ambassade de Grande-Bretagne pour raconter toute l'histoire. Cet aveu aura des répercussions inattendues: lors d'un voyage à Londres, il est convoqué par un officier du Secret Intelligence Service (SIS). Ce dernier lui demande de devenir un agent double: il doit jouer le jeu face au KGB, tout en informant le SIS. Wolfensen succombe vite au stress, et sombre dans l'alcoolisme. Il tente de mettre un terme à sa vie d'espion; épouse une Britannique rencontrée à Moscou, s'arrange avec le Daily Telegraph pour être transféré à Washington, dit à ses amis que sa vie d'espion est définitivement derrière lui.

Mais il est difficile de laisser l'espionnage derrière soi. Wolfenden eut tôt fait de replonger, après avoir rencontré son ancien contact du SIS lors d'une fête donnée à l'ambassade britannique de Washington. Le reste de sa vie ne sera que dépression et alcool. Le 28 décembre 1965, à 31 ans, il fait une mauvaise chute dans sa salle de bain et meurt d'une hémorragie cérébrale. Ses amis ont toujours pensé qu'au final, quelle que soit la cause du décès, les véritables coupables étaient ceux qui lui avait fait perdre le goût de vivre -le KGB et le SIS.

Sombre ironie: au cours de sa carrière d'espion, Wolfenden n'aura rien appris de véritablement utile à ses deux employeurs. Ses collègues du Daily Telegraph ne lui confiaient pas d'informations confidentielles (on les avait mis en garde; ils savaient qu'il rendait compte au KGB), et les soviétiques n'étaient pas beaucoup plus loquaces. Le piège s'avéra mortel -et il ne profita à personne.

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Sujet / Message Re: Méthodes des services de renseignement

le Jeu 25 Mar - 16:24
5. Femmes esseulées, femmes piégées

C'est à Markus Wolf, célèbre maître-espion d'Allemagne de l'Est, que l'on doit l'un des plus vastes pièges à miel jamais tendus. Au début des années 1950, Wolf réalise qu'un grand nombre d'hommes en âge d'être mariés sont morts pendant la guerre, et que de plus en plus de femmes allemandes ont décidé de faire carrière. Il y a ainsi de plus en plus de femmes célibataires dans l'équipe gouvernementale allemande, ainsi que dans les secteurs du commerce et de l'industrie -autant de cibles parfaites, pense-t-il, pour un piège à miel d'envergure. Il crée une section spéciale à la Stasi (les services secrets d'Allemagne de l'Est); y place les plus beaux et les plus intelligents de ses agents, qu'il surnomme les «espions Roméo». Leur mission: infiltrer l'Allemagne de l'Ouest, repérer les femmes puissantes et célibataires, les séduire -et leur voler tous leurs secrets.

Grace à ses Roméo et à leurs pièges à miel, la Stasi infiltra les rangs du gouvernement et du secteur de l'industrie. Un espion parvint même à infiltrer l'Otan, et suivit l'évolution du déploiement d'armes nucléaires dans le Bloc de l'Ouest. Un autre usa de ses relations pour devenir secrétaire dans le bureau du chancelier ouest-allemand, Helmut Schmidt.

Le stratagème perdit de son utilité lorsque les services de contre-espionnage ouest-allemands comprirent comment repérer les officiers de la Stasi dès leur arrivée à l'Ouest: ils arboraient généralement des coupes de cheveux courtes et pratiques (de type «dégagée sur la nuque et derrière les oreilles»), très éloignées de la mode d'alors en Allemagne de l'Ouest. Les agents du contre-espionnage étaient alertés par les chefs de gare, faisaient suivre les Roméo et les arrêtaient au premier faux-pas. On arrêta et jugea trois femmes; leurs peines furent légères. Une femme avait réussi à infiltrer les services secrets d'Allemagne de l'Ouest; elle n'écopa que de six ans et demi de prison -une indulgence sans doute due à son sexe. Wolf passa devant la justice à deux reprises après la chute du Mur, mais n'écopa que de deux ans avec sursis, profitant d'une certaine confusion juridique: un citoyen d'Allemagne de l'Est pouvait-il être reconnu coupable de trahison envers l'Allemagne de l'Ouest?

Contrairement à la plupart des maître-espions, Wolf décida de faire le récit de son expérience. Dans une autobiographie, L'homme sans visage, il nie avoir fait pression sur ses agents afin qu'ils s'en remettent à die Liebe pour accomplir leur tâche, cette décision appartenant selon lui aux agents eux-mêmes: «Ces hommes connaissaient leur travail; ils savaient que le sexe peut ouvrir bien des portes. Cette technique est monnaie courante dans le monde des affaires et celui de l'espionnage; on la préfère aux autres méthodes parce qu'elle permet d'établir la communication avec plus de rapidité.»

Et l'éthique, dans tout cela? Wolf répond à cette question dans son livre, et cela vaut pour tous les maîtres-espions: «Tant que l'espionnage existera, les Roméo continueront de séduire leurs [cibles] trop crédules, afin d'obtenir des informations confidentielles.» Mais il tient à rappeler qu'il était «à la tête d'un service de renseignement, pas d'une agence matrimoniale».

Phillip Knightley

Traduction de Jean-Clément Nau

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