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Le jeu secret de la France

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Sujet / Message Le jeu secret de la France

Message par Sphinx le Mer 8 Avr - 0:11

Redoutant plus que tout une vague d'immigration algérienne en cas de victoire du FIS, Paris s'agite. Intronisé ministre des Affaires étrangères bis, Charles Pasqua menace... et négocie. Pour retarder l'échéance.
Il faut terroriser les terroristes, affirmait naguère Charles Pasqua. Au même moment, les émissaires du ministère de l'Intérieur de la première cohabitation s'employaient par tous les moyens à négocier la libération des Français retenus en otages à Beyrouth. Il ne faut donc pas se fier uniquement aux gesticulations verbales du «terrible M. Pasqua» et à ses nécessaires opérations coup de poing.
Une évidence, d'abord: c'est bien le ministre de l'Intérieur de la deuxième cohabitation qui joue aujourd'hui un rôle essentiel dans la politique algérienne de la France. Le Parti socialiste lui-même ne s'y est pas trompé en publiant de plaintifs communiqués pour dénoncer cette situation. Et les téléspectateurs ont assisté à un véritable festival depuis l'assassinat à Alger de trois gendarmes et de deux agents consulaires.
Pourquoi cette anomalie, alors qu'il existe un ministre des Affaires étrangères brillant et fort jaloux de son domaine réservé? Pasqua, c'est évident, entretient ses propres réseaux africains et aime à se frotter aux affaires compliquées du monde arabe. Il se rend souvent au Maghreb et a secrètement rencontré, à Paris, Tarek Aziz, l'un des principaux lieutenants de Saddam Hussein. Mais il ne s'agit pas seulement de parer à la menace terroriste en France, en entretenant de discrets contacts avec quelques interlocuteurs bien choisis. L'Algérie est devenue pour le gouvernement Balladur l'un des dossiers les plus explosifs. Celui qui peut gravement perturber la campagne pour la prochaine élection présidentielle. Les raisons de cette obsession sont claires: une conquête du pouvoir par les islamistes, à Alger, risquerait de provoquer un exode massif à destination de la France. Elle aurait des répercussions qu'il est impossible d'évaluer dans l'importante communauté algérienne de France. Elle provoquerait une onde de choc au Maghreb, et particulièrement en Tunisie. Enfin, et c'est l'essentiel aujourd'hui pour Matignon, le Front national risquerait d'être dangereusement dopé.
Il est donc essentiel, estime Balladur, de maintenir sous perfusion le régime militaire actuel jusqu'en mai 1995, en lui accordant de nouveaux crédits et en intervenant auprès du Fonds monétaire international comme du Club de Paris pour obtenir un rééchelonnement de l'énorme dette algérienne. Le tout, naturellement, sans aucune illusion sur la nature et la corruption de la junte militaire dirigée par le général Liamine Zeroual. Délicat exercice. Alain Juppé n'a pas été entièrement dessaisi du dossier, mais le temps n'est plus où le chef de la diplomatie française pouvait s'exclamer, comme en août 1993: «Le statu quo n'est plus tenable!» Juppé, qui ne manque pourtant pas de tempérament, est rentré dans le rang et ne s'indigne plus du rôle dévolu au ministre de l'Intérieur.
Pasqua a donc le champ libre. Il siège évidemment de plein droit dans la cellule de crise qui se réunit régulièrement à Matignon, sous l'autorité de Balladur. Mais, au-delà des problèmes évidents de sécurité sur le territoire national, il existait de bonnes raisons de confier la haute main sur le dossier au «premier flic de France». Pasqua a le goût et le sens de la diplomatie secrète. Il dispose aussi d'une équipe solide et bien rodée, entièrement à sa botte, dont le patron est aujourd'hui l'un des personnages les plus puissants de France. Curieux destin. Jean-Charles Marchiani, ancien para, ancien contractuel du Sdece au moment de l'affaire Markovic, destinée à discréditer Georges Pompidou, récupéré par les services secrets pour réactiver quelques réseaux dormants en Indochine, a longtemps traîné - à tort ou à raison - une sulfureuse réputation de barbouze. C'est lui qui a négocié, en prenant parfois beaucoup de risques, la libération des otages français de Beyrouth.
LIGNE DIRECTE AVEC ALGER
Aujourd'hui préfet, chargé de mission auprès de Pasqua, ce baroudeur, qui commence à grisonner, est devenu un homme presque invisible, même s'il a ses habitudes dans un excellent restaurant de poisson proche de l'Alma. Installé à l' «annexe» de la Place Beauvau, travaillant souvent en direct avec des spécialistes de la DST et quelques pieds-noirs, dont certains furent proches de l'OAS, il affecte de se passionner avant tout pour les problèmes de l'enseignement libre. Mais sa ligne directe, dont les quatre derniers numéros sont 20-34, est celle qui «chauffe» le plus avec Alger. Et il voyage beaucoup, en Afrique du Nord comme au Proche-Orient. Ailleurs aussi. Etait-il le 6 avril dernier en Allemagne, à Euskirchen (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), pour y rencontrer Rabah Kebir, l'un des dirigeants en exil du Front islamique du salut (FIS)? Personne ne le prouvera. Mais un émissaire dûment mandaté par Pasqua y était bien, ce qui relativise les fulminations du ministre de l'Intérieur à TF 1 contre le même Rabah Kebir.
L'affaire éclate le 17 juin dernier. Ce jour-là, le général Liamine Zeroual a accepté que deux dirigeants du FIS qu'il a fait libérer rencontrent à la prison militaire de Blida Abassi Madani et Ali Belhadj, les chefs historiques du Front. Et il s'est plié aux conditions des «barbus»: ni micros ni caméras. Mais «Tewfiq» (le général Mediene, patron des services secrets) et le chef d'état-major, le général Lamari, ne l'entendent pas de cette oreille. On enregistre, on filme, et l'on voit très clairement Djeddi et Boukhamkham remettre aux saints hommes des documents. On fouille les cellules, contrairement aux engagements pris, ce qui en dit long sur la décomposition du pouvoir. Et patatras! Les «modérés» ont élaboré un véritable plan de bataille: renforcement des attentats anti-français pour obtenir la libération de tous les détenus. Stratégie conciliante envers les Etats-Unis. Et plus grave encore, peut-être: le compte rendu de la conversation entre l'émissaire de Pasqua et ce Rabah Kebir que le ministre de l'Intérieur reproche à l'Allemagne d'héberger.
Paris a bel et bien engagé à ce moment un certain dialogue avec les «complices des assassins». A toutes fins utiles. Cela va dans le droit fil de la stratégie de Zeroual, qui a lui-même rencontré à Blida Madani et Belhadj, mais le choc est dur pour les «éradicateurs». Et la révélation est fort gênante pour le FIS, car tout se sait vite à Alger. Le moment est particulièrement mal choisi pour donner de la publicité à un véritable double jeu. Dès le début de l'été, en effet, la nébuleuse islamique connaît une effervescence particulièrement sanglante dans l'ensemble du territoire algérien. On assiste à une guerre des «émirs», ces chefs de bande qui tiennent chacun un massif montagneux, un quartier dans une ville. Le Groupe islamique armé (GIA), le mouvement le plus dur, celui qui revendiquera les cinq meurtres de la cité Aïn Allah et menacera de mort les étudiants et les lycéens qui reprendraient les cours en septembre prochain, rallie à sa bannière sanglante des «politiques» comme Mohammed Saïd et Abderrezak Radjam, membres de la direction clandestine du FIS. Mais aussi le redoutable chef de guerre Saïd Mekloufi et le représentant du Front aux Etats-Unis, toléré par le gouvernement américain, Anouar Haddam.
L'Armée islamique du salut (AIS) a senti le danger. Elle liquide quelques «émirs» et se livre à une véritable surenchère afin de ne pas être débordée par le GIA. Elle passait jusqu'à présent pour éventuellement favorable à une solution politique. C'est elle qui va menacer le gouvernement français de porter la guerre dans l'Hexagone, après le regroupement dans la caserne désaffectée de Folembray (Aisne) des 17 islamistes menacés d'expulsion.
Mais la distinction entre «modérés» et «terroristes» eut-elle jamais un sens? On admire les spécialistes qui croient distinguer des nuances entre le «général» autoproclamé Chebouti et les frères Baa, d'un côté, et Mekloufi ou «Gousmi l'Iranien», de l'autre. Les fameux «afghans», eux, ont bien rarement foulé le sol de l'Afghanistan et, à quelques exceptions près, se recrutent plutôt chez les condamnés de droit commun que chez les anciens moudjahidine du commandant Massoud ou de Rafiq Dostom.
Quant à l'armée, on comprend bien la position française: «Pourvu qu'ils tiennent!» Mais là aussi les choses se compliquent. Khaled Nezzar, gravement malade, avait réussi à imposer son camarade d'enfance, Liamine Zeroual, à la tête du pays, malgré la brouille qui les avait séparés. Mais, au fil des mois, Zeroual a profondément déçu. Indécis, sans véritable légitimité, il a tâté le terrain du côté des islamistes. Il a mis sa fille à l'abri en France, pour qu'elle y termine ses études, ce qui a provoqué de violentes réactions, jusqu'au mess du ministère de la Défense, où de jeunes officiers ont craché sur son image. Et l'armée algérienne, au pouvoir depuis le mois de juin 1965, reste profondément marquée par le système Boumediene et par celui de Chadli, qui lui succéda. Aussi corrompue que le FLN, elle bénéficie toujours d'un réseau de coopératives, de cliniques, de centres de repos qui en font une nomenklatura attachée à ses juteux privilèges. Elle est divisée entre clans qui se détestent. Le chef d'état-major lui-même, le général Mohammed Lamari, ancien patron de la gendarmerie et homme fort du régime, est tenu en suspicion par certains de ses pairs qui lui ont imposé un profond remaniement à la tête de toutes les régions militaires. Il pouvait compter au printemps - en théorie - sur un soutien étendu à l'ensemble du territoire. Il est moins sûr aujourd'hui de la loyauté de la circonscription de Laghouat, aux portes du désert, et, ce qui est beaucoup plus grave, sur celle du secteur de Constantine.
Ainsi s'enfonce l'Algérie dans une deuxième guerre, chaque jour plus sanglante et qui risque de contaminer le territoire français. Les analystes de la DGSE, à Paris, estiment inéluctable une prise de pouvoir par les islamistes. Le Quai d'Orsay, malgré sa discrétion, partage largement ce point de vue. Pasqua et ses hommes de l'ombre ont reçu la mission impossible de gagner du temps et d'éviter une vague d'attentats comparable à celle de 1986 tout en explorant certaines pistes. Politique de l'autruche ou realpolitik? Militaires et islamistes se tiennent actuellement à la gorge. Les deux camps accumulent les horreurs, mais ne parviennent pas à prendre un avantage décisif l'un sur l'autre. Cela tiendra peut-être encore neuf mois, mais la France n'a pas fini de pleurer des larmes de sang.
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.、スフィンクス、


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