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Géopolitique de l'espace

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Sujet / Message Géopolitique de l'espace

Message par Sphinx le Dim 19 Avr - 23:05

Rappel du premier message :

La géopolitique est une science humaine qui étudie la fabrication des espaces par la puissance (politique, militaire, légale, culturelle, etc.).
Genèse de la géopolitique contemporaine
Depuis sa naissance à la fin du XIXesiècle, la géopolitique contemporaine a subi des évolutions, qu'il est possible d'étudier sous un angle épistémologique.
Fondateurs
Le terme apparaît sous la plume du professeur de Science Politique/Géographie suédois Rudolf Kjellén d'abord dans un cours dans les années 1905 intitulé, les Grandes puissances du présent, puis dans un ouvrage, Stormakterna[1]. Pour son auteur la géopolitique est « la science de l’État comme organisme géographique ou comme entité dans l’espace : c'est-à-dire l’État comme pays, territoire, domaine ou, plus caractéristique, comme règne. Comme science politique elle observe fermement l’unité étatique et veut contribuer à la compréhension de la nature de l’État » [2].
Il reprend en réalité les éléments de géographie politique énoncés par le géographe allemand Friedrich Ratzel, que l’on considère comme le père de la Geopolitik allemande. Ratzel analyse l’État en rapport avec sa géographie, son espace, son milieu, les deux sont en interactions. Dans son ouvrage Politische Geographie oder die Geographie der Staaten, des Verkehrs und des Krieges[3], Ratzel perçoit l’État comme un être vivant.
Écoles de pensée

Suite aux analyses de Friedrich Ratzel, puis de Kjellén, un nombre d’universitaires et de membres des États-majors tentent de mettre aux points des analyses géopolitiques au service de leur pays. On peut ainsi distinguer quatre grandes écoles :
L’École allemande : die Geopolitik
La géopolitique allemande – ou Geopolitik - repose sur les approches théoriques de Ratzel (1844-1904), qui donnera naissance à l’École de Berlin. Cette Geopolitik émerge avec la naissance du IIe Reich, dans la deuxième partie du XIXesiècle, qui cherche à se donner une légitimité territoriale et renforcer sa puissance. Elle est fortement influencée par des approches naturalistes ou environnementalismes comme ceux du géographe Carl Ritter, de la pensée hégélienne notamment diffusée par son disciple Ernst Gapp, ou encore le darwinisme social passé entre les mains du biologiste-philosophe Ernst Haeckel, le père du terme « Écologie » .
L'approche géographique de Ratzel, interprétée comme géopolitique, s'applique à démontrer que l'État, thème principal des travaux géopolitiques, est "comme un être vivant qui naît, grandit, atteint son plein développement, puis se dégrade et meurt"[4]. L'État pour vivre (ou survivre) doit s'étendre et fortifier son territoire. À travers ce prisme, Ratzel défend l'idée que l'Allemagne pour vivre doit devenir un véritable empire et donc posséder un territoire à sa mesure. Pour cela, il faut que le politique mette en place une politique volontariste afin d'accroître la puissance de l’État. Ce dernier a donc besoin pour se développer de territoires, d'un espace, l'espace nourricier, le Lebensraum (terme inventé par Ratzel), "l'espace de vie" (souvent traduit par "espace vital").


Dernière édition par sphinx le Dim 9 Mai - 3:08, édité 2 fois

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"Quelle est la différence fondamentale entre une femme et un terroriste ? Avec le terroriste on peut négocier"
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Sujet / Message Re: Géopolitique de l'espace

Message par Sphinx le Ven 16 Oct - 22:55

"Autant qu'une crise, une révolution"


Baverez

Economiste, historien et avocat, Nicolas Baverez a lancé en 2003 le débat sur le déclin français en publiant La France qui tombe. Libéral et convaincu que l'antilibéralisme est à la source de notre relatif essoufflement, il est vite devenu le chef de file des "déclinistes". L'Express publie cette semaine, en exclusivité, les bonnes feuilles de son nouvel essai, Après le déluge, qui sort le 15 octobre chez Perrin. L'ancien disciple de Raymond Aron analyse les causes du séisme que nous vivons - "le Pearl Harbor de la mondialisation" - décrit le mécanisme des cycles économiques et le salut temporaire trouvé dans des politiques keynésiennes, avant d'esquisser les mutations que le capitalisme mondial va devoir entamer, et dont l'Europe et la France risquent d'être les premières victimes.

Le 15 septembre 2008 restera au capitalisme mondialisé ce que fut pour les Etats-Unis dans l'ordre stratégique l'attaque de Pearl Harbor par le Japon impérial le 7 décembre 1941 : une surprise totale, marquant l'écroulement d'un monde et le basculement dans l'inconnu. Par l'ampleur des pertes provoquées - une année de PIB mondial détruite à ce jour, soit 50 000 milliards de dollars -, la durée de ses séquelles, les transformations qu'il entraînera dans la régulation du capitalisme, le choc s'apparente à une guerre. Autant qu'une crise, il s'agit d'une révolution. Révolution économique avec la fin du cycle néolibéral de la mondialisation qui débuta à la fin des années 1970 et fut placé sous le signe du retrait de l'Etat et de la déréglementation, de l'ouverture des frontières, de l'innovation financière et du primat de la politique monétaire. Révolution géopolitique avec le bouleversement de la hiérarchie des nations et des continents, marqué par le déclin relatif des pays développés, y compris les Etats-Unis, et l'ascension des nouvelles superpuissances du Sud rangées derrière la bannière chinoise. Révolution politique avec le défi d'imaginer des institutions et des règles pour la mondialisation sur fond d'emballement des tentations protectionnistes et d'exacerbation des nationalismes. Révolution intellectuelle et idéologique avec la déconfiture du néoconservatisme et l'effondrement du mythe de l'autorégulation des marchés, faisant pendant au tragique démenti apporté à la neutralité revendiquée des Etats-Unis dans la première phase du second conflit mondial.

Voilà pourquoi il est vital de ne pas se tromper sur la nature de l'événement. Il ne s'agit pas d'une crise de liquidité mais d'une crise complexe, affectant l'immobilier, le crédit, le système financier, la croissance et l'emploi. Il ne s'agit pas d'une crise américaine mais d'une crise mondiale, la première du capitalisme universel. Il ne s'agit pas d'une crise financière mais d'une grande crise économique, qui remet en question la norme du capitalisme, tel qu'il s'est développé depuis trois décennies. Il ne s'agit pas simplement d'un effondrement du crédit mais de l'écroulement d'un mode d'organisation des échanges mondiaux confrontant des nations s'endettant pour consommer et importer - tels les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l'Espagne ou l'Irlande - et des pays épargnant pour investir et exporter - à l'image de la Chine, de l'Allemagne, du Japon ou de la Corée du Sud. Il ne s'agit pas seulement de la révélation brutale de surcapacités de production mais de déséquilibres profonds dans l'utilisation de l'épargne mondiale et dans le partage de la valeur ajoutée entre le capital et le travail. Il ne s'agit pas uniquement d'un choc économique mais d'un bouleversement stratégique qui modifiera le système géopolitique et la hiérarchie des puissances du xxe siècle. Il ne s'agit pas d'un accident mais d'une rupture historique. [...]

"Le système n'est plus en état de supporter une secousse d'une intensité comparable"

La dimension proprement politique de la crise ne doit pas être sous-estimée. La limitation durable de la croissance dans le monde développé, la réapparition d'un chômage de masse et la hausse inéluctable de la pression fiscale qui laminent les classes moyennes ne libéreront pas seulement les pressions protectionnistes mais aussi les passions collectives et les extrémismes. Le basculement du centre du capitalisme vers l'Asie alimente la xénophobie dans les pays développés tout en confortant les régimes autoritaires du monde émergent et en ouvrant de nouvelles alternatives à la démocratie. Le capitalisme, qui était jusqu'à présent le compagnon de route de la liberté politique, est en passe d'en divorcer en ancrant sa dynamique dans des systèmes de valeurs, des régimes politiques et des sociétés autoritaires, qui ne garantissent pas les droits des individus. La crise recèle ainsi un potentiel considérable de tensions sociales et de violence politique internes aux nations comme de conflits entre elles. Ce potentiel qui peut à tout moment être exploité par les tyrans, les démagogues et les extrémistes.

Aujourd'hui, n'existe plus de droit à l'erreur. Quelle que soit l'issue de ce choc planétaire, il y aura dans l'avenir d'autres bulles et d'autres crises, car elles sont indissociables de la liberté et du jeu des passions humaines. Mais le système économique de la mondialisation n'est pas en état de supporter une secousse d'intensité comparable à l'horizon d'une génération.

.../...

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Sujet / Message Re: Géopolitique de l'espace

Message par Sphinx le Ven 16 Oct - 22:57

[...]

Keynes répondit au cours des années 1930 à un interlocuteur qui lui demandait quelle était la priorité lorsqu'une économie était au fond du trou : "D'abord cesser de creuser." L'année 2009 est de ce point de vue décisive. Elle a vu la politique économique contenir de justesse l'effondrement du système bancaire et la déflation. Mais, de ce fait même, elle favorise le retour en force des idées et des comportements du monde d'hier ou d'avant-hier : retour à l'économie de bulle pour les uns ; retour à l'économie fermée et administrée pour les autres. Or les mêmes causes produiront demain des effets plus catastrophiques encore. Il faudra beaucoup de temps pour panser les blessures provoquées par les folies collectives de ce début de siècle. C'est une raison supplémentaire pour commencer au plus vite en agissant au plus efficace, ce qui suppose auparavant d'avoir réfléchi au plus juste. C'est une raison supplémentaire d'en appeler à la raison critique pour combattre la double tentation d'un retour au business as usual et d'une condamnation passionnelle du libéralisme, pour mobiliser toutes les énergies au service d'une grande transformation du capitalisme mondialisé, qui est désormais la condition de sa préservation. [...]

"L'Europe et la France parmi les grands perdants"

Au temps de la guerre froide, Zhou Enlai résumait la coexistence pacifique en ces termes : "Que deux éléphants se battent ou qu'ils fassent l'amour, c'est toujours l'herbe qui se trouve dessous qui est écrasée." La Chine a remplacé l'URSS parmi les éléphants mais l'Europe demeure au rang d'herbe. Elle a échoué à prendre la mesure de la nouvelle donne issue de la chute du mur de Berlin et de la mondialisation. L'instauration de la monnaie unique puis l'élargissement aux nouvelles démocraties d'Europe centrale et orientale ont masqué le blocage de l'intégration et la renationalisation des politiques, sanctionnés par l'échec du projet de Constitution et l'enlisement du débat institutionnel. Les Européens subissent la crise, divisés, leurs réactions manquent de vigueur et de cohérence, ce qui fait peser un réel risque de déflation à la japonaise sur le continent.

Le paradoxe veut que la crise frappe davantage l'Europe que les Etats-Unis, pourtant à l'origine des bulles spéculatives. La récession atteindra 4,5 % en 2009 contre 2,8 % aux Etats-Unis, avec la perspective d'une croissance à nouveau négative en 2010 puis bridée autour de 1 % à l'horizon d'une décennie. Le chômage frappera 26,5 millions d'Européens en 2010, soit 11,5 % de la population active. La recapitalisation et la restructuration des banques ne sont qu'ébauchées, alors que restent à passer quelque 950 milliards d'euros de dépréciations, soit 10 % du PIB de l'Union. L'endettement public dépassera 100 % du PIB en 2014. Enfin, une spirale de baisse des prix est enclenchée depuis le début de 2009. En bref, l'Europe présente les mêmes symptômes que le Japon, faute d'avoir accepté d'emblée d'assouplir sa politique monétaire, d'enregistrer les pertes liées à l'éclatement de la bulle immobilière et d'assainir le bilan de ses banques.

[...]

Au sein d'une Europe fragilisée, la France, comme dans les années 1930 et 1970, s'est crue épargnée par la crise en raison de son faible dynamisme et de l'archaïsme de ses structures économiques et sociales. En réalité, elle n'a pas échappé au choc, comme le montre l'intensité de la récession (- 2,8 % pour le PIB en 2009) et la vitesse d'ajustement de l'emploi : le nombre de postes de travail a chuté de 400 000 en un an, tandis que le chômage montait en flèche pour toucher aujourd'hui près de 10 % des actifs. Le chômage français comporte, par ailleurs, quatre spécificités : l'importance du chômage des jeunes (+ 40 % sur un an) ; la forte progression du chômage de longue durée ; l'hémorragie de l'emploi industriel ; le dualisme du marché du travail qui a conduit les entreprises, confrontées au double effondrement de leurs carnets de commandes et du crédit, à réduire leurs effectifs en réexaminant en priorité les statuts précaires [...]. Dans le même temps, le jeu des stabilisateurs automatiques, qui ont fait chuter les recettes jusqu'à 80 % pour l'impôt sur les sociétés, et la hausse des dépenses prévue par les plans de relance ont provoqué une envolée du déficit public qui devrait s'élever à 8,5 % du PIB en 2009 (dont 140 milliards d'euros pour l'Etat et plus de 20 milliards pour la Sécurité sociale). Sur le plan sectoriel, la violence de la récession n'a pas été moins forte que dans le reste du monde développé, avec pour symbole la production d'automobiles qui a diminué de 40 % en un an sur le territoire français.

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Sujet / Message Re: Géopolitique de l'espace

Message par Sphinx le Ven 16 Oct - 23:01

Au total, l'effondrement du modèle économique français présente des symptômes très comparables à celui du mode de développement à crédit américain : désindustrialisation et perte de compétitivité, double déficit des comptes publics et de la balance commerciale. Mais les mêmes effets cachent des causes fondamentalement différentes. Aux Etats-Unis, la croissance intensive fut dopée par une consommation financée par la dette privée et les gains de productivité (2,2 % par an), monopolisés par la rémunération du capital dont la part a fortement augmenté dans le partage de la valeur ajoutée. En France, la croissance molle a été tirée par une consommation alimentée par des transferts sociaux (34 % du PIB) financés par l'endettement public (passé de 20 % à 68 % du PIB entre 1980 et 2007), alors que la part des salaires dans la valeur ajoutée est restée stable et élevée (67 % en 2008, comme en 1988, pour moins de 5 % affectés au versement des dividendes). Aux Etats-Unis, s'est développée une bulle immobilière et financière sur fond de politique monétaire laxiste, de déréglementation et de sous-évaluation chronique du dollar. En France, le secteur privé connaît une lente euthanasie dans un environnement marqué par le niveau record des dépenses et des prélèvements publics (55 % et 44 % du PIB), par la surréglementation et par la surévaluation de l'euro.

Richelieu remarquait que "qui a la force a souvent la raison en matière d'Etat ; et celui qui est faible peut difficilement s'exempter d'avoir tort au jugement de la plus grande partie du monde". Rien n'est plus faux que de croire que la crise, en réhabilitant l'intervention de l'Etat, donne une nouvelle jeunesse au modèle français et sert le redressement du pays. La France, depuis trois décennies, est devenue l'homme malade de l'Europe. Seul pays développé à n'avoir jamais renoué avec l'équilibre budgétaire et le plein-emploi depuis 1973, elle s'est spécialisée dans la production de dettes publiques et de chômeurs structurels. Loin de favoriser la modernisation du pays ou les réformes, la crise aggrave les handicaps et les retards français. Le recul de la croissance mondiale et les difficultés du monde développé constituent un environnement autrement plus hostile que les années glorieuses de la mondialisation

"C'est sur le plan moral et intellectuel que la crise est susceptible de faire le plus de ravages en France"

La crise amplifie les trois fléaux qui minent l'économie et la société françaises. Le premier découle de la faible productivité du secteur public français et de la course folle des déficits et de la dette publics ; or celle-ci atteindra 100 % du PIB autour de 2012, soit un niveau jamais atteint en période de paix. Le deuxième réside dans l'étroitesse et l'hétérogénéité du secteur privé, dont les performances dépendent de quelques grands groupes mondialisés et d'un petit nombre de pôles d'excellence ; or la crise multiplie les faillites, parachevant la désintégration du tissu industriel régional effectuée par les récessions de 1983 et 1993, et frappe de plein fouet des secteurs stratégiques tels que la banque et l'assurance, l'automobile et la construction aéronautique, la construction et le transport, l'industrie du luxe et le tourisme. Le troisième est à chercher dans le chômage permanent qui n'est pas seulement un frein à la sortie de crise, mais un cancer qui mine le lien social et la cohésion nationale ; or le chômage va toucher pour de nombreuses années plus d'un actif sur dix (11 % en 2010), réactivant la hantise du déclassement qui tétanise la société française tout en encourageant le malthusianisme et le corporatisme. C'est sur le plan moral et intellectuel que la crise est susceptible de faire le plus de ravages en France. Elle peut non seulement réduire à néant les réformes engagées mais relégitimer les idées et les principes de l'économie administrée qui l'ont empêchée de surmonter la stagflation des années 1970 et qui se révéleront plus inefficaces et ruineux encore face à la crise de la mondialisation.

"La crise est une raison majeure pour accélérer les réformes"

A défaut de changements majeurs de son modèle économique, la France s'oriente au cours de la prochaine décennie vers une croissance bloquée en dessous de 1 % par an, un chômage permanent, une spirale de déficits de la balance commerciale et des comptes publics, avec une impasse structurelle de 5 % du PIB. Les remèdes sont connus. Du côté du marché du travail, la priorité doit aller au soutien de l'emploi, à l'accompagnement personnalisé des chômeurs, à l'intégration des immigrés, à la formation initiale et continue, enfin et surtout, à la flexibilité. Mais la clé demeure le rétablissement de la compétitivité qui passe par le développement prioritaire du secteur marchand, notamment de l'industrie, par un effort de productivité dans le secteur public, enfin par la refondation de la nation. L'Allemagne y est parvenue grâce à dix ans d'efforts pour maîtriser ses coûts de production. La France était le dernier des pays développés à s'y engager lorsqu'elle a été rattrapée par la crise. Celle-ci n'est en rien un prétexte pour différer les réformes, mais une raison majeure pour les accélérer.

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Sujet / Message Re: Géopolitique de l'espace

Message par Sphinx le Lun 19 Oct - 23:18

L'Occident ne gagnera jamais en Afghanistan. Tu fais quoi Barack ?

Le président Obama a décidé d’envoyer des troupes supplémentaires, les Britanniques aussi, Sarkozy se tâte et pour une fois, c’est une position adéquate. L’armée pakistanaise a déclenché une offensive contre les Talibans sans qu’on ne puisse savoir les promesses de résultats, ni du reste les résultats car toute guerre, toute intervention policière, tout ce que l’on veut ayant commerce avec la domination, se sert de l’information comme appui logistique dans la bataille.



Bref, nous ne savons que quelques bribes. Mais une chose semble acquise, l’Occident, c’est certain, ne peut pas perdre cette guerre mais il ne peut pas la gagner non plus, sauf en choisissant deux options, exterminer l’adversaire ou alors tenter de signer une paix qui ne sera pas pire que les conséquences d’une poursuite du conflit. Rester quelques décennies en Afghanistan n’est pas raisonnable, coûteux, en hommes et en finances. Terminer de conflit en quelques années est une idée raisonnable pour tout stratège, mais seulement après avoir ingurgité deux bouteilles de Scotch. Cela dit, l’Occident est tout à fait capable de gaspiller des moyens et de sacrifier des hommes, militaires ou civils, pour rester cinquante ans en Afghanistan, copiant de ce fait la situation d’Israël face aux Palestiniens. Ni l’Occident en Afghanistan, ni Israël au Moyen Orient, ne pourront gagner la guerre en imposant leurs exigences.

Pourquoi la bataille ne peut être gagnée ? Les stratèges de l’armée sauront l’expliquer et d’ailleurs, ils le savent. C’est tellement un lieu commun que même dans un livre de philosophie politique écrit dans les années 1960 on parvient à l’explication. Dans son traité sur le partisan, Carl Schmitt traduit très bien quelques ressorts majeurs ayant conduit à la perte les Français en Indochine. L’armée française se trouva face à une cohorte mobile de partisans, appuyés logistiquement par des puissances (Chine, Russie) leur conférant les moyens techniques pour mener la bataille, alors que sur le terrain, la stratégie des partisans a visé au démantèlement social, minant à la fois l’opinion bourgeoise occidentale tout en montant les populations locales contre l’ennemi qui, dans sa rage conquérante, ne fait que peu de cas des locaux. Au bout du compte, les partisans recrutent et leur nombre s’accroît. Ainsi, la guerre coloniale d’Indochine fut perdue par les Français, dans un contexte de l’Après Guerre assez sensible. Mais on retiendra une chose. Les autochtones ont gagné avec la sueur, le sang et la passion de l’identité.

La situation en Afghanistan est comparable à celle de l’Indochine à une différence près, les moyens mobilisés par l’OTAN sont sans commune mesure avec ceux de l’armée française en Indochine. C’est à la fois l’avantage et le problème. L’avantage parce que l’Occident ne peut pas perdre comme en 1956 ; l’inconvénient parce que le carnage risque de perdurer des décennies. Les Talibans n’ont pas le soutien des grandes puissances, c’est sûr. Mais ils disposent d’une adhésion des populations, de moins en moins en sympathie avec les Occidentaux, au vu des dégâts collatéraux. Les Talibans peuvent recruter, et de plus, ils disposent maintenant de moyens financiers importants grâce à la culture du pavot (et un peu d’argent de poche octroyé par les services secrets italiens). C’est ce qui rend un peu nouveau ce conflit par rapport à l’Indochine de 1950. Même sans appui de puissances régionales, les Talibans peuvent s’en sortir grâce aux multiples trafics d’armes et à un environnement qui n’a rien de la sécurisation dans des territoires quadrillés comme l’Europe, la Chine, les Etats-Unis. Les contrées entourant l’Afghanistan sont perméables à tous les trafics et c’est ce qui donne aux Talibans les moyens de résister pendant des décennies.

On peut comprendre que les Occidentaux n’aient pas envie de perdre la face. Mais le sort semble joué, car il y en aura, des morts, parmi les civils et les forces de l’OTAN, et l’opinion publique aura de plus en plus de difficultés à supporter ces jeunes soldats morts pour une cause qu’ils ne comprennent plus, malgré la propagande aussi efficace que celle pour la pandémie ou la taxe carbone. Des morts et tant d’argent gaspillé alors que les moyens manquent dans tous ces pays pour contenir la tectonique sociale et l’apartheid économique galopant. Il n’y a plus qu’une seule solution, négocier le retrait sans perdre la face. L’opinion est prête mais le principal obstacle, c’est l’orgueil de nos dirigeants. Après la pandémie de l’indécence, voici le conflit de l’indécence, qui gaspille et tue les gens. Il est temps d’en sortir. Alors Barack, sache que tu seras jugé sur l’issue de ce conflit. Quelques années. Après il sera trop tard.

Benard Dugué, scientifique, philosophe, écrivain.

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Sujet / Message Re: Géopolitique de l'espace

Message par Sphinx le Lun 19 Oct - 23:28

L'Honduras résiste... L'Honduras vaincra!...(3) Quelques éléments historiques

( ce pays dans une importante position géopolitique pour les intérêts des EU.)

Le Coup d'État se perpétue au Honduras…. les gouvernements du monde n'ont pas encore réussi à restituer à l'ordre constitutionnel et le gouvernement démocratiquement élu de Manuel Zelaya.

Les mouvements de droite du monde, depuis l'oligarchie ecclésiastique catholique et les évangélistes financés par les évangélistes nord-américains, passant par l’oligarchie hondurienne et d'Amérique centrale et l'aide des républicains nord-américains, intervenant clairement en opposition aux déclarations du gouvernement d'Obama, qui ne reconnaît pas au régime militaire putschiste de Micheletti, ou l'appui régional des partis comme ARENA et les autres mouvements d’extrême droite du Guatemala, El Salvador, Panama et du Nicaragua, jusqu'au haut commandement militaire et de la police militarisée hondurienne, nous montrent comment l'oligarchie et la droite du continent non seulement soutient moralement la rupture de la démocratie au Honduras, mais comment d’une manière active et concrète, elle soutient le mouvement putschiste dans ce pays.

Je crois que la leçon des années des Coups d'État en Amérique latine, contre les processus populaires de ce continent, ne nous ont pas éclairé et apporté les enseignements que nous devrions retirer, en tant qu’individus progressistes, anti-putschistes ou antimilitaristes, ou militants de la nouvelle gauche latino-américaine et internationale, de tous ces années d'obscurantisme politique, social, moral et économique pour les grandes masses des travailleuses et travailleurs de la ville et de la campagne.
Le prix que ces nations ont payé, non seulement au niveau des morts, disparus, torturés, prisonniers politiques, poursuivis, exilés, appauvris, marginalisés, mais aussi au niveau du recul social, économique, moral, culturel, éducationnel, en santé publique, dans les systèmes de pensions, etc est trop pour permettre qu'une autre nation de l’Amérique Latine et les Caraïbes, doive encore le subir.

Le Honduras a servi comme base stratégique en Amérique Centrale et les Caraïbes durant les années 80, comme il l'a aussi été durant les années 30, dans les temps de Farabundo Martí et Sandino, et ensuite à la moitié des années 50, comme base pour les marins des EU qui ont marché contre le gouvernement de Jacobo Arbenz au Guatemala depuis le territoire hondurien. Sa situation au milieu des pays de l'Amérique centrale, situe ce pays dans une importante position géopolitique pour les intérêts des EU.

Durant les années 80 a aussi joué ce rôle, comme base militaire des EU lors de la guerre de contre-insurgence menée par les EU contre le mouvement populaire au Guatemala, El Salvador et Nicaragua. Les bases nord-américaines ont occupée le territoire du Honduras et ont développé leurs techniques d'occupation comme en Asie du Sud-est, en cooptant des paysans et en les doctrinant les contre le « communisme » (voire tout cela qui n'était pas comme les marines ou les militaires honduriens voulaient). En donnant de l’instruction militaire aux groupes de la « contra » (avec les argents de la drogue qui passaient par la Colombie, comme nous le savons aujourd'hui par les documents publics de l'« Irangate » et la guerre de basse intensité en Amérique Centrale).

Pour obtenir cette capacité opérationnelle, une répression féroce s’est développée contre tout cela qui a été, a pu l’être ou pourrait avoir été un foyer d'organisation sociale ou politique non corrompu. De cette manière on a réprimé le mouvement étudiant, syndical, paysan, autochtone, social, Juvénile, féminin, etc.… en arrêtant, torturant, assassinant, violant, disparaissant, exilant des centaines de civils, au nom de la lutte pour la démocratie, la liberté, et contre l'athéisme et le communisme…
Le courage du peuple hondurien et sa convergence unitaire rapide, son action populaire et son énorme prise de conscience est quelque chose que nous devons admirer et soutenir… cette lutte n'est pas comme certains puissent le croire, la lutte isolée d'un des pays les plus pauvres du continent et un de plus corrompu, comme l'indiquait, il y a quelques années l'ONG « Transparence Internationale », mais dans la terre de Morazán aujourd'hui se joue aussi le destin de la démocratie de la toute Amérique Latine, parce que ce Coup d’État n'est pas fortuit. Il est un essai de laboratoire, pour voir comment, d'un côté on peux finir avec un régime démocratique, trop populaire et dangereusement proche du Venezuela, pour les goûts de l'empire, mais en autre, il renforce l'axe sud-américain avec la Colombie qui a ouvert ses portes à trois bases nord-américaines, qui altèrent la géopolitique de tout le continent et placent cet axe comme un nouveau « gendarme » des intérêts des EU dans la région, et finalement un laboratoire qui permet aux Forces armées de tout le continent, de voir comment ils peuvent être mis à la tête d'un pays démocratique, sans beaucoup de troubles au niveau régional ou international.

N'oublions pas que les Forces Armées de l’Amérique Latine ne sont pas gentiment retournées aux quartiers, et que ses appétits antidémocratiques sont encore vifs et en vigueur. Rappelons-nous par exemple comment elles continuent de financer des tortionnaires chiliens, sans l'accord de l'État Chilien. En somme, notre solidarité ne doit guère rester seulement au niveau de l’appui moral, mais nous devons entamer un appui concret et réel à la résistance du peuple hondurien, pour écraser jusqu'aux fondations la tentative putschiste de l'oligarchie et les appétits des FFAA corrompues et antidémocratiques.

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Sujet / Message Re: Géopolitique de l'espace

Message par Sphinx le Lun 26 Oct - 3:10

Géopolitique de l’islam



Personne n’ose aborder le sujet. Ni les sociologues, ni les journalistes, encore moins les hommes politiques, trop soucieux de langage “politiquement correct”. Le sujet, ce sont les conflits actuels impliquant des musulmans. Conflits réels, conflits larvés, tensions, guerres déclarées, guerres civiles, guérillas dans lesquels les musulmans jouent un rôle de premier plan, quand ils n’en sont pas les instigateurs. Ils représentent quasiment la totalité des tensions que subit actuellement notre planète. Car mis à part quelques escarmouches en Amérique centrale, l’instabilité du Zimbabwe, les attentats attribués à l’ETA basque, les problèmes que pose la Corée du Nord à la communauté internationale, il n’y a pratiquement rien d’autre. A moins d’un oubli de ma part.

On peut essayer de faire la liste des tensions que font subir les Soumis à cette vieille Terre, elle sera toujours incomplète. En voici tout de même une timide approche, loin d’être exhaustive, à commencer par les conflits oubliés ou les moins médiatisés :


dans l’ancien bloc soviétique, quelques exemples parmi d’autres, tant la liste est longue. La Tchétchénie qui a tenu longtemps la une des journaux ; le Tadjikistan, en équilibre plus que précaire, tiraillé entre pro-communistes au pouvoir et musulmans, ses groupes islamistes alimentés par le trafic de drogue et spécialisés dans la destruction de lieux de cultes protestants et juifs ; le Nakhitchevan, revendiqué par l’Azerbaïdjan et l’Arménie ; le Tatarstan, petite république russe, sur la Volga, dont la moitié des 4 millions d’habitants est musulmane et rêve de se défaire de l’emprise de Moscou, par n’importe quel moyen ; la Géorgie, empêtrée avec ses minorités musulmanes adjares et ingouches sécessionnistes ou autonomistes, etc…

en Europe centrale, où il reste à trouver un statut au Kosovo qui n’est actuellement ni une province serbe ni un état indépendant et qui pourrait devenir la nouvelle poudrière des Balkans.

en Turquie, qui n’a qu’un objectif, celui d’éradiquer les Kurdes depuis qu’un semblant de rapprochement se dessine avec l’Arménie et que le rêve d’en découdre une fois pour toutes avec la Grèce à propos de Chypre est remis aux calendes … grecques, l’espoir d’adhésion à l’Union européenne étant devenu pour eux une priorité plus importante.

en Afrique, où les exemples ne manquent pas. La Somalie et ses multiples famines, ses chefs de guerre liés à Al-Qaïda, sa piraterie maritime ; l’Érythrée, qui continue indirectement sa guerre contre l’Éthiopie par l’intermédiaire de la Somalie ; l’Éthiopie dont les minorités musulmanes de l’Ogaden et de l’Oromo sont entrées dans l’opposition armée ; le Niger qui continue de persécuter la minorité touarègue, tout comme le Mali ; le Soudan génocidaire de peuple du Darfour, un massacre qui peut dégénérer en guerre contre le Tchad ; combien d’autres pays, Nigéria et Côte d’Ivoire en tête, dont les ethnies musulmanes et chrétiennes n’attendent qu’une étincelle pour tout embraser ; les pays d’Afrique du Nord, Algérie en tête, génocidaires du peuple amazigh ; et que dire de la Lybie de Kadhafi l’épouvantail, membre du trio infernal qu’elle forme avec la Corée et l’Iran.

enfin, en Asie. Ce continent est représentatif des dangers réels qui pendent au nez de tous, Africains comme Européens. La Chine (qui traîne le casserole tibétaine depuis plus de 50 ans) empêtrée avec ses musulmans Ouïghours du Xinjiang ; la poudrière du Liban, dirigé par des pantins manipulés depuis l’Iran et la Syrie, asservi au bon vouloir du Hezbollah ; la “Palestine”, (territoire sans statut international : ni état souverain, ni colonie, ni province) qui n’en finit pas de déstabiliser la région, surtout par la stupidité de ses “dirigeants”, anciens et actuels ; l’Irak, dont la guerre civile, déclenchée par l’abruti Bush fils, ne semble pouvoir s’arrêtera qu’après extermination soit des sunnites, soit des chiites, soit des Kurdes, à moins qu’ils ne réussissent l’exploit de s’auto-anéantir simultanément.

L’Afghanistan, où sortir dans la rue sans se faire descendre relève de l’exploit, le Pakistan, pris dans les tenailles de ses Pachtounes talibanisés qui n’en finissent pas de tuer pour rien et de détruire les écoles, manière de dire que les musulmans n’ont pas besoin d’étudier, leur prophète leur ayant transmis le savoir infus ; le même Pakistan coincé également par les exigences américaines et empêtré jusqu’à la moelle dans une guerre froide atomique avec son géant de voisin, l’Inde ; l’Iran, qui n’en finit pas de narguer le monde, don l’ultime souhait serait de vitrifier Israël, quitte à disparaître après, corps, âmes et biens ; les minables saoudiens qui se tiennent à carreau, de peur des représailles US, mais n’en continuent pas moins, en sous-main, d’alimenter le terrorisme planétaire et l’intégrisme. On remarquera que, à part les lointains Ouïghours, ces communautés asiatiques ne rêvent que d’une chose : l’éradication de l’État d’Israël.

A noter que tous ces pays et/ou peuples ont érigé au plus haut sommet le déni des Droits de l’Homme et sont des exemples parfaits de démocratie à la manière musulmane, “démocratie” dictée et régie par tous les Hezbo-Allah, Hezbo al-Islam, Hezbo Addawah, Majliss el-Islah et autres Mutahida-Majliss e-Amal, partis politiques de haute moralité. Qui, en outre, pratiquent tous le double langage : un petit discours en anglais pour montrer sa “bonne volonté de paix” au reste du monde, un autre en arabe, en perse, en pachtoune, etc, à usage interne, pour continuer d’endormir la populace et lui faire oublier qu’elle crève de faim. En lui promettant que demain on rasera gratis et que “la cause de tout nos soucis”, Israël, sera éradiqué inch-Allah, pourvu que l’on croit en Dieu l’Unique.

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Sujet / Message Re: Géopolitique de l'espace

Message par Sphinx le Lun 26 Oct - 3:15

On retrouve une autre constante chez ces gens dans le système éducatif : toutes les écoles du monde préparent leurs enfants à grandir et vivre dans leur siècle. Toutes sauf les leurs : leur enfants sont éduqués à la vénération du passé, d’un passé figé et immuables que les pauvres enfants idéalisent, faute d’autres repères. Très tôt, on leur inculque les notions de combat idéologique, de haine de l’adversaire ou de l’ennemi, de culte du martyr, de sacrifice suprême (jihad). J’en sais quelque chose pour avoir, dans mon enfance, subi ce bourrage de crâne durant la guerre d’Algérie.



A ce propos, une anecdote sur ce qu’on nous racontait avec force détails censés enjoliver la scène macabre : on a retrouvé côte-à-côte les dépouilles d’un soldat français et d’un “moujahid” (toujours l’esprit du jihad, le sacrifice suprême !), et on a constaté, nous disait-on, que le corps du français était en état de putréfaction avancée et celui du fellah intact, protégé par les Anges (l-malaykath). J’avais 12 ans à l’époque, mais leur discours n’a pas pris : malgré mon âge, je sentais bien le conte (tamacahuts) dans les propos supposés nous transcender et transcender le peuple et les combattants.

Des pays et des peuples si disparates qui ne recherchent pourtant qu’un seul et même idéal, qui ne se sont fixé qu’un objectif : l’uniformité. Ne former qu’Un Tout, fondre l’espèce humaine dans la Umma Universelle en supprimant toutes aspérités, toutes différences. Un Big Brother plus implacable que celui imaginé par George Orwell. – “Tu dois être comme moi, t’habiller comme moi et penser comme moi sinon tu ne mérites pas d’exister et je me charge de t’envoyer dans l’Enfer-Saqar !”, nous disent-ils. De temps en temps, ils réussissent dans leur entreprise. Alors, l’abomination se transmue en haut fait de guerre donnant lieu à liesse générale et déclarations fracassantes pleines d’orgueil et d’arrogance. C’est le cas par exemple de Khalid cheikh Mohamed : “J’ai décapité, de ma main droite bénie, la tête du juif américain Daniel Pearl”, a-t-il fièrement déclaré. Heureusement pour nous que leurs moyens sont limités.

A ceux qui pensent que l’islam est tolérant et à ce titre inoffensif, je conseillerai de réfléchir aux conditions qui ont permis au peuple d’Israël de tenir, face au cent et quelques millions de musulmans qui les entourent et qui ne leurs cachent pas leur hostilité, pour ne pas dire leur haine. Ils ne doivent leur survie qu’à un seul élément : ils connaissent trop bien les visées des musulmans. Le peuple juif est conscient du danger que représente l’Islam. Il en est de même des Juifs que les aléas de l’histoire ont éparpillés en terre musulmane : ils sont les seuls à refuser le statut de dhimmis. Pour se convaincre encore, s’il le fallait, du potentiel dangereux que représente l’islam, il suffit de consulter aussi la liste des recherchés pour terrorisme sur le site américain Rewards for Justice (http://www.rewardsforjustice.net/index.cfm ?page=wanted_terrorist&language=french ) : sur les 35 personnes recherchées, seuls 2 ne sont pas musulmanes.

Ceux qui disent à juste titre que la sexualité est un sujet récurrent de la philosophie musulmane n’ont pas tort. La sexualité est un sujet central : “allez à vos femmes comme on va au champ”, nous dit le Coran. Plus précisément, ce sont les interdits liés surtout à la sexualité féminine, aux relations hommes-femmes hors mariage et l’image qu’on donne du paradis avec ses 70 vierges (pas d’équivalence pour les femmes, bien évidemment !) qui en font des psychopathes.

Mais l’idée fixe principale n’est pas dans la sexualité. Elle est dans l’animosité qui caractérise l’Umma envers ses contemporains, Juifs, Chrétiens, mécréants et autres. Au prétexte qu’ils sont seuls à détenir la vérité, ce postulat les conduit à se comporter comme étant spirituellement au dessus des autres, d’où la vision qu’ils ont de ce devoir planétaire de conquête universelle. C’est ce qui les amène à des travers inimaginables, comme de se poser la question : “Les peuples qui n’ont pas « reçu la Parole » iront-ils en enfer ou au paradis ?”

Penser détenir la seule vraie vérité au point de se préoccuper du sort des tribus amazoniennes, des Inuits, des Toradjas ou des Papous ! D’où leurs réactions exacerbées ou haineuses envers leur entourage non soumis. Réaction systématique dès qu’ils se sentent en position de force ou qu’ils sont numériquement majoritaires. Elle s’exprime de façon parfois inattendue, comme en Égypte où, profitant de ce qu’on a dénommé un peu trop vite la grippe porcine, les Naziato-Allah se sont dépêchés d’anéantir le cheptel porcin des Coptes. A défaut d’exterminer les Coptes eux-mêmes.

Ne revenons pas sur la haine envers les Juifs, mais demandez plutôt aux Chrétiens d’Orient, de quelque nationalité qu’ils soient, ce qu’ils endurent quotidiennement comme humiliations, comme vexations, comme privations des libertés les plus élémentaires. En Afrique du Nord, demandez aux Chrétiens ce qu’ils doivent endurer au quotidien, ce qu’ils subissent comme brimades. Consultez le site www.notredamedekabylie.net/ pour vous rendre compte de leurs inquiétudes, encore ne disent-ils qu’une infime partie de ce qu’ils subissent , par pudeur ou par peur de voir le peu de liberté qui leur reste fondre comme neige du Djurdjura quand souffle le sirocco.

Jamais de remise en cause, jamais ! Pourquoi se poser des questions quand on détient la Vraie vérité, dictée par le prophète de dieu ? Quand on a ces réponses toutes faites ? Quand tout arrive par la faute des “autres”, en premier lieu des Juifs ? Ils nous donnent ainsi l’impression de se complaire dans la souffrance et dans le culte du martyr, qu’ils adorent cela au point d’en faire une raison de vivre. Et aussi pour certains, une raison de mourir, en se déchiquetant pour quelques houris et surtout en envoyant dans l’Enfer-Hatamah le plus d’innocents possible.

Face à toutes les agressions à répétition, à tous les dénis et à toutes les mises à l’écart des Imazighenes par les États centraux, tous mus par la charria musulmane, face à toutes les incohérences et à cette situation immuable, je ne vois pour nous qu’un moyen de sortir enfin à l’âge des cavernes et d’échapper à cette spirale infernale : c’est que tous les Imazighenes décrètent simultanément leur autonomie à tout le moins, ou mieux, leur indépendance. Avec comme conséquence immédiate la mise en place d’un gouvernement provisoire et d’une assemblée constituante. Et comme autre conséquence, de hisser partout le drapeau amazigh, soit à coté du drapeau national (marocain, malien, nigérien, algérien, etc.) dans le cas d’une déclaration d’autonomie, soit en leurs lieux et places si l’on choisit l’indépendance.

C’est ce qui a été fait par les Touaregs du Niger et du Mali dans l’indifférence générale car esseulés ! Voir le blog du Parti de la Nation Touarègue (PNT) http://toumoujagha.blogspot.com/ . Mais, pour ne pas refaire la même erreur qu’eux, l’action doit impliquer tous les Imazighenes, être concertée et programmée simultanément et communiquée auparavant aux Nations Unies, au Conseil de l’Europe, à l’Organisation des États Africains, etc… les États concernés n’auront alors comme seule parade que l’utilisation des forces armées, ce qui reviendrait à une agression d’État contre État et relèverait du Droit international.


http://jssnews.com/2009/10/25/geopolitique-de-lislam/

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Sujet / Message Re: Géopolitique de l'espace

Message par Sphinx le Sam 31 Oct - 23:38

Les bouleversements de l’après-crise vont dicter une autre gestion

Il y aura vingt ans le 9 novembre que le mur de Berlin est tombé. La fin du système bipolaire né du partage du monde entre les gagnants de la Deuxième Guerre mondiale annonçait une ère nouvelle.

L’« après-guerre froide » n’a pas été marqué par la paix. Les bilans des désastreuses croisades occidentales en Irak et en Afghanistan sont là pour nous rappeler que la construction de nouveaux équilibres géopolitiques demande au moins du temps, sans doute aussi des épreuves pour les uns et pour les autres. Cette organisation dite multipolaire, on en a vu les préalables sur le plan des civilisations : il n’y a pas 6,8 milliards de personnes sur Terre qui aspirent à vivre comme des citoyens des Etats-Unis. Au contraire, la primauté du local est la grande leçon de ces vingt dernières années. C’est plus qu’un paradoxe si on observe que la période est, aussi, celle du développement d’une mondialisation économique à un rythme qui nous rapproche de la période 1875-1910.

La technologie a un effet d’accélérateur, et le retour de grandes zones dans le jeu économique - Asie, Europe centrale et orientale, Amérique du Sud - a accompagné un engrenage de création de richesse. Les tensions entre cultures et entre pays ont été comme gommées en apparence par l’émergence de nouvelles règles mondiales pour le commerce et, il faut le dire, par des taux de croissance mondiale exceptionnellement élevés. La crise dite financière et bancaire des deux dernières années peut paraître un avatar secondaire dans un bouleversement de la donne économique au total positif.

L’analyse est pourtant bien courte. La crise est précisément la conséquence de la rupture géopolitique et économique. L’enrichissement des pays considérés comme potentiellement à forte croissance est en effet financé par leurs clients : les pays riches ont accepté la délocalisation de leur production pour asseoir leur domination. Ils en attendent des revenus financiers (ce sont les investisseurs) et un enrichissement par le biais des baisses des prix des matières consommées. Le montage ressort plus du régime féodal que de celui des rois fainéants, puisque, dans le contrat, l’effort militaire est porté par les pays riches. D’un côté le travail, de l’autre l’argent et les armes, c’est l’accord non écrit et même non dit qui a explosé en 2007 avec la crise du crédit de l’immobilier résidentiel américain.

Le sauvetage du système bancaire et la relance des grandes économies par le soutien à l’industrie (essentiellement l’automobile) ne peuvent occulter la réalité : les règles vont être bouleversées. Evidemment, la subvention aux banques a produit ses effets et celle aux industriels s’est manifestée, cette semaine, avec le rebond de l’économie américaine. Ce rebond pratiquement mécanique ne doit pas plus être pris pour une sortie de crise. La rupture va installer des règles bien différentes de celles qui se sont installées sans grande cohérence dans l’angélisme de l’ « après-guerre froide ».

Les économistes, à l’image d’Olivier Pastré et de Patrick Artus (1), centrent leurs inquiétudes sur un scénario : le retour au protectionnisme. L’histoire nous aurait montré que les différends qui ne peuvent se régler par des règles économiques ouvertes débouchent sur des conflits armés. On n’en est pas là, mais la tentation va être grande pour les pays riches de rapatrier chez eux leur production et les capitaux pour en financer l’outil. La deuxième grande peur est la déflation, qui entraînerait les économies dans une spirale d’appauvrissement, avec des risques de règlement militaire un peu similaire. L’analyse des grandes tendances géopolitiques est la première déterminante pour les placements. Après le sauvetage de la planète financière, il serait illusoire de croire que le retour du régime des affaires habituelles – business as usual – est assuré. Les cours de Bourse ou l’impudence des responsables de banque qui n’ont fait que prendre l’argent dans la poche des contribuables riches pourraient le faire croire. Ce serait une grave erreur.

Les épargnants qui ont été parmi les premiers gagnants de « trente glorieuses financières », des années 1980 à la crise financière, doivent se préparer à des à-coups sérieux. C’est dans un contexte de croissance économique mondiale molle que les nouveaux équilibres mondiaux vont se mettre en place. Le bouleversement va toucher les patrimoines des populations des pays riches, en particulier ceux de l’Europe, nain politique et géant économique avec plus de 30 % de la production de richesse mondiale. Il y aura de gros gagnants et de gros perdants, mais la gestion opportuniste sera la seule à permettre d’éviter des pertes sévères. C’est ainsi que l’ambition d’Investir est aujourd’hui sans doute plus qu’hier dans l’analyse des grandes tendances, qui n’exclut évidemment pas le conseil à moyen terme.

http://www.investir.fr

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Sujet / Message Re: Géopolitique de l'espace

Message par Sphinx le Mer 4 Nov - 22:10

Objectif du sommet du G20 en Ecosse: destruction du Dollar

L’auteur de best-sellers, Daniel Estulin, a déclaré que le sujet clé à discuter cette semaine au sommet du G20, réunissant les Ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales des pays du G20, à Saint Andrews, en Ecosse, est de déterminer comment libérer le système actuel financier mondial de l’emprise du dollar US. Estulin a déjà parlé de cette initiative, comme étant déjà décidé lors de la dernière réunion des Bilderberg en Grèce en Mai 2009. Estulin a indiqué que le succès ou l'échec de ce plan sensible, s'articule sur la capacité des représentants des USA et du Royaume-Uni, à convaincre les Russes, les Chinois et les autres gouvernements de suivre leur plan.



Estulin maintient que si les Co-conspirateurs réussissent, une telle dévaluation soudaine du dollar US aurait pour conséquence la destruction de l'économie mondiale par un effondrement en chaîne du système financier mondial. Comme discuté lors de la réunion secrète du groupe de Bilderberg en Mai, cet effondrement sera alors utilisé comme prétexte pour lancer un nouveau système monétaire mondial. Les leaders du G20 sont conscients que ceux qui dirigent les marchés monétaires, le système monétaire, contrôlent le monde.
C'est pourquoi aujourd'hui, le monde est dirigé par un système monétaire reposant sur une devise unique dominante et non pas sur des systèmes de crédit national.

Un effondrement provoquant une grave crise affecterait chaque coin du monde et serait un prélude à l'instabilité, aux guerres et à une hostilité sur le plan financier, géographique et géopolitique, n’affectant pas seulement certains pays en particulier mais aussi les sociétés, les cultures et des continents entiers. Un tel effondrement pourrait avoir pour conséquence la consolidation du système monétaire mondial.

Estulin a déclaré que la création d’une nouvelle devise mondiale est le véritable sens de la globalisation, qui n'est rien d’autre qu'un empire.
C'est l'élimination des États-nation, la dégradation des différentes libertés nationales et la dépravation des droits civiques.

Détruire le dollar US, tout d'abord, est une attaque contre la structure de l'économie Américaine vers la création d’une « World Company. » Ce concept, énonce Estulin, a été initialement discuté lors de la réunion du groupe de Bilderberg en Avril 1968, au Canada, au Mont Trembland, par George Ball, banquier sénior de Lehman Brothers et ancien sous-secrétaire aux affaires économiques auprès des Présidents John Kennedy et Lyndon Johnson.

Le but de cette World Company, comme l’a expliqué Ball était « d'éliminer la structure politique archaïque, que sont les États-nation » en faveur d’une structure « moderne » plus corporative. Ball a également appelé à davantage d'intégration politique en Europe, et puis dans le reste du monde, comme condition préalable pour étendre la puissance d'une « World Company », mettant de ce fait les financiers au même niveau que les gouvernements.

Cette Initiative, l'éloignement du dollar US en tant que devise mondial, est le véritable but de la réunion du G20 du 6-7 Novembre à Saint Andrews en Ecosse, l'emplacement de la conférence de Bilderberg de 1998, a déclaré Estulin.

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Sujet / Message Re: Géopolitique de l'espace

Message par Sphinx le Mer 4 Nov - 22:36

La véritable cible des Etats-Unis en Afghanistan: la Russie et la Chine par William Engdahl

L’un des aspects les plus remarquables du programme présidentiel d’Obama, c’est que, dans tous les États-Unis, peu de gens ont remis en question, dans les médias ou ailleurs, la raison de l’engagement du Pentagone dans l’occupation militaire de l’Afghanistan. Il existe deux raisons fondamentales, dont aucune ne peut être dévoilée ouvertement au grand public.




Derrière tous les débats officiels trompeurs sur le nombre de troupes nécessaires pour « gagner » la guerre en Afghanistan, si 30 000 soldats de plus sont suffisantes ou si le besoin est au moins 200 000, le but réel de la présence militaire étasunienne dans ce pays pivot d'Asie centrale est éclipsé.
Pendant sa campagne présidentielle de 2008, le candidat Obama a même affirmé que l'Afghanistan, et non pas l'Irak, est l’endroit où les États-Unis doivent faire la guerre. Sa raison ? Parce que, selon lui, c'est là que l'organisation Al-Qaïda est retranchée et c’est la « vraie » menace pour la sécurité nationale. Les raisons de l'implication étasunienne en Afghanistan sont tout à fait différentes.




L'armée US occupe l'Afghanistan pour deux raisons : principalement pour rétablir et contrôler la plus grande fourniture mondiale d’opium des marchés internationaux de l'héroïne et utiliser la drogue comme arme contre ses adversaires sur le plan géopolitique, tout particulièrement, la Russie. Le contrôle du marché de la drogue afghane est capital pour les liquidités de la mafia financière en faillite et dépravée de Wall Street.

La géopolitique de l'opium afghan

D’après un rapport officiel de l'ONU, la production d'opium afghan a augmenté de façon spectaculaire depuis la chute du régime taliban en 2001. Les données du Bureau des drogues et des crimes des Nations-Unies montrent qu’il y a eu plus de cultures du pavot pendant chacune des quatre dernières saisons de croissance (2004-2007), qu’en une année sous le régime taliban. Plus de terres sont dédiées à l'opium à présent en Afghanistan que pour la culture du coca en Amérique latine. En 2007, 93% des opiacés du marché mondial provenaient d'Afghanistan. Ce n'est pas par hasard.




Il a été démontré que Washington à choisi soigneusement le controversé Hamid Karzaï, un chef de guerre pachtoune de la tribu Popalzai, longtemps au service de la CIA, revenu de son exil aux États-Unis, fabriqué comme une mythologie hollywoodienne autour de sa « courageuse autorité sur son peuple. » Selon des sources afghanes, Hamid Karzaï est aujourd'hui le « Parrain » de l'opium afghan. Ce n’est apparemment pas par hasard s’il a été et reste aujourd'hui encore l'homme préféré de Washington à Kaboul. Pourtant, même avec l'achat massif de votes, la fraude et d'intimidation, les jours de Karzaï en tant que président pourraient se terminer.

Longtemps après que le monde a oublié qui est le mystérieux Oussama Ben Laden et ce qu'est Al Qaida, sa prétendue organisation terroriste, -- ou se demande même s'ils existent - la seconde raison de la fixation de l’US army en Afghanistan apparait comme un prétexte pour créer une force de frappe militaire étasunienne permanente avec un série de bases aériennes fixes en Afghanistan. L'objectif de ces bases n'est pas de faire disparaître les cellules d'Al Qaïda qui pourraient avoir survécu dans les grottes de Tora Bora ou d'éradiquer un « taliban » mythique, qui, selon des rapports de témoins oculaires, est en ce moment composé majoritairement d’habitants afghans ordinaires en lutte une fois encore pour débarrasser leurs terres des armées occupantes, comme ils l’ont fait dans les années 80 contre les Soviétiques.

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Sujet / Message Re: Géopolitique de l'espace

Message par Sphinx le Mer 4 Nov - 22:56

Pour les États-Unis, la raison des bases afghanes, c’est d’avoir dans leur ligne de mire et d’être capables de frapper les deux nations du monde qui, réunies, constituent aujourd'hui la seule menace à leur pouvoir suprême sur le monde, à l’America's Full Spectrum Dominance (domination US sous tous ses aspects), comme l’appelle le Pentagone.



La perte du « Mandat Céleste »

Le problème pour les élites* au pouvoir à Wall Street et à Washington, c’est le fait qu'ils soient désormais enlisés dans la plus profonde crise financière de leur histoire. Cette crise est indubitable pour le monde entier, et le monde agit en faveur de sa propre survie. Les élites étasuniennes ont perdu ce qui est connu dans l'histoire impériale chinoise sous le nom de Mandat Céleste. Ce mandat est donné à un souverain ou à une élite régnante à condition qu'ils dirigent leur peuple avec justice et équité. Quand ils règnent tyranniquement et comme des despotes, en opprimant leur peuple et en en abusant, ils perdent ce Mandate Céleste.

Si les puissantes élites riches du privé qui ont contrôlé les politiques essentielles, financière et étrangère, la plupart du temps au siècle dernier au moins, ont eu un jour le mandat céleste, il est évident qu'elles l’ont perdu. L'évolution interne vers la création d'un État policier injuste, avec des citoyens privés de leurs droits constitutionnels, l'exercice arbitraire du pouvoir par des non élus, comme le ministre des Finances Henry Paulson et maintenant Tim Geithner, qui volent des billions de dollars du contribuable sans son consentement pour renflouer de la banqueroute les plus grandes banques de Wall Street, des banques jugées « trop grosses pour couler, » tout cela démontre au monde qu'elles ont perdu le mandat.

Dans cette situation, les élites au pouvoir sont de plus en plus désespérées de maintenir leur contrôle sur un empire mondial parasitaire, faussement appelé « mondialisation » par leur machine médiatique. Pour maintenir leur domination, il est essentiel que les États-Unis soient capables de rompre toute coopération naissante dans le domaine économique, énergétique ou militaire, entre les deux grandes puissances de l'Eurasie qui, en théorie, pourraient présenter une menace au futur contrôle de l’unique superpuissance : la Chine associée à la Russie.

Chaque puissance eurasienne complète le tableau de contributions essentielles. La Chine est l'économie la plus robuste du monde, une énorme main-d'œuvre jeune et dynamique, une classe moyenne éduquée. La Russie, dont l'économie ne s'est pas remise de la fin destructrice de l'ère soviétique et des grossiers pillages au cours de l'ère Eltsine, possède toujours des atouts essentiels pour l’association. La force de frappe nucléaire de la Russie et son armée présentent la seule menace dans le monde d'aujourd'hui à la domination militaire des États-Unis, même si ce sont en grande partie des reliquats de la Guerre Froide. Les élites de l'armée russe n'ont jamais renoncé à ce potentiel.
La Russie détient également le plus grand trésor du monde en gaz naturel et d’immenses réserves pétrolières dont la Chine a impérieusement besoin. Ces deux puissances convergent de plus en plus à travers une nouvelle organisation créée par elles en 2001, connue sous le nom d'Organisation de Coopération de Shanghai (OCS). En plus de la Chine et de la Russie, l’OCS inclut les plus grands pays d'Asie centrale, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan.
Le but allégué de la guerre des États-Unis contre à la fois les talibans et Al Qaïda, consiste en réalité à installer leur force de frappe militaire directement en Asie centrale, au milieu de l'espace géographique de l'OCS montante. L'Iran est une diversion. La principale cible, c’est la Russie et la Chine.


Officiellement, Washington affirme bien sûr avoir établi sa présence militaire en Afghanistan depuis 2002 pour protéger la « fragile » démocratie afghane. C'est un argument singulier, quand on voit la réalité de sa présence militaire là-bas.

En décembre 2004, lors d'une visite à Kaboul, le ministre de la Guerre Donald Rumsfeld a finalisé ses projets de construction de neuf nouvelles bases en Afghanistan, dans les provinces de Helmand, Herat, Nimrouz, Balkh, Khost et Paktia. Les neuf se rajoutent aux trois bases militaires principales déjà installées à la suite de l’occupation de l'Afghanistan pendant l'hiver de 2001 à 2002, prétendument pour isoler et éliminer la menace terroriste d'Osama Ben Laden.
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Sujet / Message Re: Géopolitique de l'espace

Message par Sphinx le Mer 4 Nov - 23:04

Le Pentagone a construit ses trois premières bases sur les aérodromes de Bagram, au nord de Kaboul, son principal centre logistique militaire ; de Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan ; et de Shindand, dans la province occidentale de Herat. Shindand, sa plus grande base afghane, est construite à seulement 100 kilomètres de la frontière iranienne, et à distance de frappe contre la Russie et la Chine.



L'Afghanistan est historiquement au cœur du grand jeu anglo-russe, la lutte pour le contrôle de l'Asie centrale au 19ème siècle et au début du 20ème. La stratégie britannique était alors d'empêcher à tout prix la Russie de contrôler l'Afghanistan, ce qui aurait été une menace pour le joyau de la couronne impériale britannique, l’Inde.

L'Afghanistan est de même considéré par les planificateurs du Pentagone comme hautement stratégique. Il constitue une plate-forme d’où la puissance militaire étasunienne pourrait menacer directement la Russie et la Chine, ainsi que l'Iran et les autres riches pays pétroliers du Moyen-Orient. Peu de choses ont changé sur le plan géopolitique en plus d'un siècle de guerres.

L'Afghanistan se trouve sur une position extrêmement vitale, à cheval sur l'Asie du Sud, l'Asie centrale et le Moyen-Orient. L'Afghanistan est aussi situé le long de l’itinéraire envisagé pour le pipeline pétrolier, depuis les champs pétrolifères de la mer Caspienne jusqu’à l'océan Indien, où la société pétrolière étasunienne, Unocal, avec Enron et Halliburton de Cheney, avaient été en négociation pour les droits exclusifs du gazoduc d’acheminement du gaz naturel du Turkménistan à travers l'Afghanistan et le Pakistan, vers l’énorme centrale électrique à gaz naturel d’Enron à Dabhol près de Mumbai (Bombay). Avant de devenir le président fantoche des États-Unis, Karzai avait été un lobbyiste d'Unocal.

Al Qaïda n'existe pas en tant que menace

La vérité, concernant toute cette tromperie autour du but réel en Afghanistan, devient claire si on examine de plus près la prétendue menace d’« Al Qaïda » là-bas. Selon l'auteur Erik Margolis, avant les attentats du 11 septembre 2001, le Renseignement étasunien accordait assistance et soutien à la fois aux talibans et à Al Qaïda. Margolis affirme que « La CIA projetait d'utiliser Al Qaïda d’Osama Ben Laden pour inciter à la révolte les Ouïgours musulmans contre la domination chinoise, et les talibans contre les alliés de la Russie en Asie centrale. »

Les États-Unis ont manifestement trouvé d'autres moyens pour soulever les Ouïgours musulmans contre Pékin en juillet dernier, par l’intermédiaire de leur soutien au Congrès mondial ouïghour. Mais la « menace » d’Al Qaida demeure le pivot d’Obama pour justifier l’intensification de sa guerre en Afghanistan.

Mais, à présent, James Jones, le conseiller en sécurité nationale du Président Obama, ancien général de Marine, a fait une déclaration, enterrée opportunément par les aimables médias étasuniens, sur l’évaluation de l’importance du danger représenté actuellement par Al Qaïda en Afghanistan. Jones a déclaré au Congrès, « La présence d'Al Qaïda est très réduite. L'évaluation maximale est inférieure à 100 exécutants dans le pays, aucune base, aucune capacité à lancer des attaques contre nous ou nos alliés. »

À toutes fins utiles, cela signifie qu’Al Qaïda n'existe pas en Afghanistan. Diable...

Même au Pakistan voisin, les restes d'Al Qaïda ne sont presque plus décelables. Le Wall Street Journal signale : « Chassés par les drones étasuniens, en proie à des problèmes d'argent, et trouvant plus de difficultés à attirer les jeunes Arabes dans les montagnes sombres du Pakistan, Al Qaïda voit son rôle rapetisser là-bas et en Afghanistan, selon des rapports du Renseignement et des responsables pakistanais et étasuniens. Pour les jeunes arabes qui sont les principales recrues d’Al Qaida, ‘’il n'est pas romantique d’avoir froid et faim et de se cacher’’, a déclaré un haut responsable étasunien en Asie du Sud. »

Si nous comprenons les conséquences logiques de cette déclaration, nous devons donc conclure que la raison pour laquelle de jeunes soldats allemands et d'autres de l'OTAN meurent dans les montagnes afghanes n'a rien à voir avec « gagner une guerre contre le terrorisme. » Opportunément, la plupart des médias choisissent d'oublier le fait qu’Al Qaïda, dans la mesure où cette organisation a existé, était une création de la CIA dans les années 80. Elle recrutait et formait à la guerre des musulmans radicaux de la totalité du monde islamique contre les troupes russes en Afghanistan, dans le cadre d'une stratégie élaborée par Bill Casey, chef de la CIA sous Reagan, et d'autres, pour créer un « nouveau Viêt-nam » pour l'Union Soviétique, qui aboutirait à la défaite humiliante de l'Armée Rouge et l'effondrement final de l'Union Soviétique.

James Jones, le patron du National Security Council, reconnaît à présent qu'il n'y a pratiquement personne d’Al Qaida en Afghanistan. Peut-être serait-il temps d’une explication plus honnête de nos dirigeants politiques sur la véritable raison de l'envoi d’autres jeunes en Afghanistan, pour mourir en protégeant les récoltes d'opium.

http://www.internationalnews.fr

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Sujet / Message Re: Géopolitique de l'espace

Message par Sphinx le Lun 9 Nov - 22:55

Le monde entier célèbre la chute du mur de Berlin

C’est assurément l’événement qui a bouleversé la face du monde à la fin du XX e siècle et donc la donne géopolitique d’aujourd’hui : le 9 novembre 1989 se fissurait le mur de Berlin qui, depuis sa construction le 13 août 1961, symbolisait la division de l’Europe en deux blocs ennemis. « Même dans les années 1980, je n’aurais pas cru que le Mur allait tomber de mon vivant », a confié Angela Merkel, qui a grandi à l’Est.
Pour célébrer le 20 e anniversaire de la chute du Mur marquant la fin de la guerre froide et l’amorce de la réunification allemande, la chancelière fédérale a convié Nicolas Sarkozy qui, jeune militant du RPR, s’était précipité il y a vingt ans à Berlin pour participer à ces journées historiques et donner quelques coups de pioche dans le « mur de la honte » en passe de s’écrouler.

Barack Obama, le grand absent

Le président français y retrouvera les représentants des quatre puissances qui occupaient la ville depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale : le Premier ministre britannique Gordon Brown et le président russe Dmitri Medvedev, mais pas son homologue américain Barack Obama qui paradoxalement sera le grand absent des festivités commémoratives de Berlin. Comme s’il n’avait pas saisi l’importance de cette date symbolique, le chef de la Maison-Blanche s’est curieusement fait représenter par la secrétaire d’Etat Hillary Clinton.

Parmi les autres invités de marque, deux personnalités qui jouèrent un rôle de premier plan dans l’effondrement du bloc de l’Est : l’ancien numéro un soviétique Mikhaïl Gorbatchev et le prix Nobel de la paix Lech Walesa.
A Paris, on commémorera aussi l’événement grâce à un grand spectacle (télédiffusé en direct en France et en Allemagne) avec 300 choristes et musiciens. « C’est un cadeau de la France à l’Allemagne », explique le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, grand ordonnateur de ce show exceptionnel qui se déroulera en présence du Premier ministre, François Fillon, ce soir à la Concorde.

http://www.leparisien.fr

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Sujet / Message Re: Géopolitique de l'espace

Message par Sphinx le Lun 9 Nov - 22:58

La Russie menace-t-elle l'Occident ?

La fn de l’URSS, et plus récemment la guerre russo-géorgienne d’août 2008, ont considérablement modifé les relations entre la Russie et les puissances occidentales.


En choisissant d’aborder les tentatives de déstabilisation qui empoisonnent les relations russo-européennes en s’appuyant sur les grands événements du passé et sur une fine analyse géopolitique, Jean-Sylvestre Mongrenier nous plonge au cœur de la menace, réelle ou fictive, que la "Maison Russie" inspire sur tous les théâtres politiques : Chine, Japon, Corée, les Etats-Unis, Iran, Amérique latine, CEI….

Grâce à des repères historiques et géographiques, l’auteur, spécialiste des questions de défense européenne, éclaire les grands événements actuels en maniant habilement les "représentations géopolitiques" (Yves Lacoste) qui animent les gouvernants et gouvernés et qui fondent et expriment, tout à la fois, la grande stratégie d’une politie.

Si l’on en croit Vladimir Poutine, la fn de l’URSS serait "la plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle." Les violentes menaces et actes hostiles à l’encontre de nations européennes donnent sens à cette brutale affirmation. Embargos énergétiques à répétition, tentatives de déstabilisation et passage à l’action armée contre la Géorgie empoisonnent les relations russo-européennes.

Dans les crises extérieures qui mettent au défi l’Occident, en Iran ou dans d’autres théâtres géopolitiques, la Russie exploite, en vue de ses seuls intérêts, les opportunités stratégiques qu’elle rencontre.

L’Occident perdrait-il donc la "Russie-Eurasie", puissance perturbatrice et encline aux excès aux confins de l’Europe ? A la croisée de l’Orient et de l’Occident, cet Etat-continent est animé par un nouvel autoritarisme et les dirigeants russes entendent reconstituer une sphère de contrôle exclusif dans l’espace post-soviétique. Ils agissent en conséquence. Leurs prétentions s’opposent à l’extension des frontières de la liberté dans l’Ancien Monde et appellent des réponses à la hauteur des enjeux.

Quelle posture l’Occident doit-il tenir face à ce pays ? Encore faut-il poser le juste diagnostic géopolitique.


Professeur agrégé et docteur en géographie -géopolitique, Jean-Sylvestre Mongrenier est chercheur à l’Institut Français de Géopolitique (Paris-VIII) et chercheur associé à l’Institut Thomas More. Il est aussi chroniqueur à Fenêtre sur l'Europe.

Ses travaux sur la géopolitique de la défense en Europe ont été récompensés par le Prix Scientifque de l’IHEDN (2007).

Edité aux Editions Choiseul, le livre sera disponible en librairie le 17 novembre.

http://www.choiseul-editions.com

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Sujet / Message Re: Géopolitique de l'espace

Message par Sphinx le Mar 5 Jan - 0:40

2010 et le défi iranien

La première décennie de notre nouveau siècle se termine. Sur le plan géopolitique quels seront les événements et les évolutions les plus remarquables de l'année 2010 ? Sera-t-elle l'année de « la nouvelle révolution iranienne » ? L'année du « vrai retour » d'une Amérique qui, ayant dépassé avec succès le défi que constituait la réforme de son système de santé, peut enfin se projeter dans le monde avec confiance et détermination ? L'année de l'entrée dans un monde devenu pleinement multipolaire et où les puissances émergentes derrière la Chine acceptent enfin de prendre toutes les responsabilités qui désormais leur incombent ? L'année où l'Europe apprendra à harmoniser ses poli tiques avec les institutions dont elle dispose désormais, en particulier ses nouveaux instruments diplomatiques ?

De 2001 à 2007, de la chute des tours de Manhattan aux premiers frémissements de ce qui allait devenir la plus importante crise financière et économique depuis les années 1930, il existait comme un divorce entre les évolutions économiques et géopoli tiques. Les spécialistes de géopolitique apparaissaient comme des Cassandre et leur pessimisme, justifié, contrastait avec l'optimisme, sans doute excessif, de leurs collègues économistes. De 2007 à 2009, par étapes, les inquiétudes des économistes ont rejoint et même pendant de brefs instants largement dépassé les prévisions pessimistes des géopoliticiens. En 2010, ne va-t-on pas retrouver un divorce classique entre des économistes fondamentalement optimistes -« le pire est derrière nous » - et des spécialistes de géopolitique fondamentalement pessimistes -« le pire est devant nous » ? En 2008-2009, le pire a clairement été évité au moins sur le plan financier. Pendant cette même période, les progrès réalisés sur le plan géopoli tique n'ont-ils pas été marginaux par rapport aux aggravations constatées du Pakistan à l'Afghanistan, du réchauffement climatique devenu problème de sécurité au durcissement de la Russie, sinon de la Chine…

La crise iranienne en ce début d'année 2010 apparaît comme mûre, si l'on veut dire par là qu'elle est prête à entrer dans une phase nouvelle et imprévisible. N'y a-t-il pas comme le début d'une guerre civile larvée entre deux camps qui regroupent leurs forces ? L'affaiblissement du régime à l'intérieur, qui est indéniable depuis la confiscation des élections de juin 2009, s'accom pagne de son durcissement à l'extérieur, qui se caractérise par un comportement de plus en plus irrationnel du régime en place. Nous ne sommes plus face aux finasseries de la diplomatie du bazar, mais face à l'imprévisibilité d'un régime aux abois. Devant cette situation, quel doit être le comportement de la communauté internationale ? Doit-elle attendre avec patience que le régime s'effondre de lui-même, convaincu qu'il n'en a plus pour très longtemps ? Il y a des dérives fascistes dans le régime iranien actuel, avec néanmoins une différence majeure avec l'Italie de Mussolini. Ce n'est pas le monde extérieur qui humilie la majorité des Iraniens, c'est le régime qui les domine avec son mélange de plus en plus intolérable de vulgarité et de brutalité. La « communauté internationale » doit-elle à l'inverse durcir le ton, pratiquer une politique de sanctions toujours plus dures, en disant bien au peuple iranien -et c'est difficile -que les sanctions visent le régime et non eux-mêmes, que nous sommes derrière eux et que leur souffrance est la nôtre ? Un discours peut-être impossible à tenir en ces termes, compte tenu de l'état des relations entre le monde occidental et l'Islam, et un discours qui ne correspond ni sur le fond ni sur la forme aux politiques privilégiées aujourd'hui par les Russes et les Chinois.

En réalité l'Amérique de l'après-réforme du système de santé, l'Europe de l'après-Lisbonne, la Chine de l'après-Copenhague, sans parler de l'Inde et de la Russie, se trouvent toutes confrontées au défi iranien. Comment renforcer l'opposition, affaiblir le régime et éloigner le calendrier d'un Iran nucléaire… et tout cela en évitant le recours pur et simple à la force militaire, une intervention qui risquerait de ressouder la population derrière le régime en place ? Bref, la quadrature du cercle, mais aussi le premier test d'un monde multipolaire qui doit inventer de nouvelles règles du jeu pour faire face au défi iranien.

(Par:DOMINIQUE MOÏSI)

http://www.lesechos.fr

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Sujet / Message Re: Géopolitique de l'espace

Message par Sphinx le Dim 28 Mar - 22:42

Géopolitique des émotions




’L’homme Ben Laden était marginalisé, mis hors jeu ; mais dans la chrysalide du mythe qu’il avait fabriqué autour de sa personne, il devenait le représentant de tous les musulmans persécutés et humiliés’’. Autour de cette référence à Laurence Wright 1, autour de l’espoir de la chute du Mur du Berlin ou de l’élection d’Obama, ou encore des conséquences de l’avènement de la Chine, Dominique Moïsi trace dans un essai ambitieux une carte géopolitique des émotions comme une relecture et critique de la théorie du choc des civilisations de Huntington. L’angle d’attaque est double : la distinction entre culture et culture politique, qui nuance fortement la fatalité de ce choc puisque les cultures ne sont pas vouées à l’affrontement politique, et la place des émotions, qui éclaire justement les logiques de conflit entre les cultures. Quelle est la dynamique du monde ? L’ouvrage présente la thèse selon laquelle le temps des nationalismes et des idéologies laisse place aux revendications de reconnaissance, et par conséquent, selon laquelle l’équilibre de la puissance dans le monde dépend de plus en plus d’un équilibre des émotions.

L’ouvrage dresse alors une carte autour de trois grandes tendances : une culture d’espoir en Asie, une culture d’humiliation dans le monde Arabe, une culture de peur en Occident. Emotions positives ou négatives. D’abord la carte d’une Chine et d’une Inde triomphantes sur le plan de l’économie et de la puissance régionale, animées par le sentiment d’un rattrapage de l’Occident et de la certitude de ce rattrapage, sans pour autant se laisser dominer par la puissance culturelle de ce dernier ; puis un monde Arabe de plus en plus en retrait, à la recherche d’une nouvelle place géopolitique, miné par des élites corrompues, des tensions internes, les humiliations et les divisions dans ses relations avec Israël, les paradoxes de l’Iran ou de l’Egypte. Ensuite une carte du déclin des Etats-Unis et une Europe haletante, faible politiquement dans ses relation avec le monde extérieur, sur les genoux devant l’affaiblissement de sa prétention à incarner une culture universelle ; et enfin des ‘’inclassables’’, Russie, Afrique et Amérique Latine ; au croisement de ces trois cultures.

Un ensemble de facteurs vient appuyer cette géographie émotionnelle : bien entendu l’importance du passé et des grands récits de l’histoire dans des logiques d’aspiration à la puissance ou la revanche ; mais aussi la dynamique économique et financière des pays ; la puissance politique qui se dégage de cette puissance économique et les zones d’influence qui se coupent et se recoupent ; ou encore l’innovation culturelle des pays qui traduisent richesse et puissance dans des projets de grande envergure. La méthode de cette carte ou de ces cartes régionales est ‘’impressionniste’’, la peinture se fait précise par ‘’touches’’ ou « poches » de couleurs, par des exemples classiques, des références à l’architecture et la musique classique, et de sensations en nuances, des expériences et des sentiments personnels. Le but, ‘’provocateur’’, comme le fait entendre l’auteur, est de dépasser les méthodes traditionnelles, les données objectives et rationnelles, les démonstrations obscures ou scholastiques des relations internationales, pour rendre vivant et accessible le choc des émotions de notre temps.
Le projet est ambitieux, accessible. Les précautions d’usage sont prises pour éviter les simplismes. Dominique Moïsi reconnait, malgré l’usage des notions, que l’Occident, l’Asie, l’Europe sont des constructions historiques et artificielles, instrumentalisées 2, que les émotions sont multiples et oscillantes, marquées au cœur même des cultures et des pays par de fortes inégalités de richesse et de chance. La carte géopolitique des émotions se révèle une nébuleuse d’espoir et de peur. ‘’Qui sommes nous ? Quelle est notre particularité ?’’. Un devenir gruyère. Au centre de l’analyse, sont pourtant resituées les perceptions des uns et des autres, et la manière dont ces relations et ces émotions expliquent les comportements des Etats, les dynamiques de revanche de la Russie ou de l’Iran, le pessimisme et les blocages du conflit entre Israël et la Palestine, ou les comportements des foules, comme lors de l’affaire des caricatures de Mahomet. Peu à peu, entre les grands héritages historiques d’hier et les doutes de demain, une carte des émotions se déplie entre nos mains. Presque comme une évidence.

Pourtant, un premier doute vient brouiller le tableau. Comment parler de grandes civilisations, de grandes cultures, de foules ou de multitudes sans une méthode bien spécifique ? La thèse souligne que les luttes de reconnaissance ont remplacé les nationalismes du XVIIIe et du XIXe, ainsi que les idéologies du XXe. C’est pourtant un paradigme discutable. Que ce soit sur le plan des Etats ou des populations, c’est oublier que les revendications d’identités collectives et les émotions demeurent le plus souvent attachées à des conditions matérielles, des questions de territoire, de partage des ressources et de partage du pouvoir politique, c’est oublier qu’au sein des émotions, les nationalismes, et les idéologies, micro pouvoirs ou métarécits, continuent de proliférer, soufflent le chaud et le froid. De plus les peuples ne sont justement pas les Etats et les identités collectives et les émotions sont souvent instrumentalisées. Les émotions apparaissent alors, du moins dans l’ouvrage, comme une métaphore facile.

De plus, on ne peut continuer de s’interroger. Cette carte des émotions est-elle une explication ou bien un simple constat du monde ? Confiance rime avec puissance. Humiliation rime avec déclin géopolitique. Peur avec impuissance. Dans cette carte du monde, les émotions sont souvent descriptives. Est-ce que les émotions expliquent réellement la géopolitique actuelle ou se trouvent être simplement les symptômes des facteurs politiques et économiques ? Est-ce que les émotions sont bien des causes profondes ou simplement des conséquences de situations objectives ? Le récit est réellement agréable et la thèse séduisante mais il eut fallu explorer plus en avant les logiques symboliques profondes de la géopolitique, de la puissance pour la puissance, expliciter les dessous des émotions 3. Une culture de peur ou d’espoir sont des concepts qui flottent dans l’air du temps mais qui ne procèdent pas d’une franche rigueur et d’une construction intellectuelle solide. Que peut-on alors opposer à des impressions sinon d’autres impressions ?

Pour conclure, l’essai restitue une cartographie mentale efficace mais difficilement discutable, et donc superficielle. Adorno et Horkheimer s’inquiétaient de la démesure d’une raison prise à son mythe de progrès et d’universalisation, et de l’évolution d’un monde qui échappe de plus en plus au contrôle des hommes4. Comment penser la dialectique de l’émotion ? De l’espoir ou de la peur dans l’ensemble du monde ? Comment introduire des dialectiques ouvertes et des ponts entre les cultures ? La psychologie est encore loin d’expliquer ce qui fait la complexité de la géopolitique. Ce qui fait l’intérêt de cette métaphore des émotions, malgré tout, c’est qu’elle exprime les contradictions que les grandes tendances contemporaines, capitalisme, souveraineté, démocratie et droits de l’homme, font naitre dans la psychologie des peuples, la reformulation de ces tendances par les puissances émergentes que sont la Chine, l’Inde, la peur de l’Occident face à ces changements, et en définitive, une esquisse de la modernité dans toute son indétermination.

Notes :
1 - La guerre cachée. Al Qaida et les origine du terrorisme, Laffont 2007
2 - Lawrence Right, La guerre cachée. Al Qaida et les origine du terrorisme, Laffont 2007
3 - Philippe Baud, L’émotion en politique, Presses de Science Po, 1996
4 - Theodor Adorno et Max Horkheimer, La dialectique de la raison, Gallimard 1983


http://www.nonfiction.fr/article-3251-geopolitique_des_emotions.htm

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Sujet / Message Re: Géopolitique de l'espace

Message par Syfou le Mar 13 Avr - 16:10

Diamants, eau, pétrole : de nouveaux prétextes pour les conflits

Il est courant de lire dans la littérature, spécialisée ou non, des analyses de conflits mettant en exergue le rôle des ressources naturelles dans leur déroulement. Mais seulement quelques-unes posent les vraies questions et montrent de quelles façons on utilise le diamant, le pétrole, l’eau dans des affrontements parfois très violents.

Mais comment les ressources naturelles se retrouvent-elles impliquées dans un conflit ? De quelle manière ? Ont-elles toutes le même impact ? Tous les types de ressources vont-ils conduire à des conflits ? À quelles échelles se déroulent-ils ? Et plus fondamentalement, notre mode de vie influe-t-il sur ces conflits ?
Les conflits résultent d’une somme de causes, de revendications ; trois pôles de discordes peuvent être identifiés : celui d’ordre identitaire, celui d’ordre stratégique (relié au sécuritaire) et finalement celui d’ordre économique au sens large du terme.

Dans le premier cas, il s’agit de différences de langues, de différents communautaires, de questions liées à l’identité de l’homme, à la religion, à l’ethnique. Un exemple : le conflit israélo - palestinien. Dans le second type, il s’agit, pour une communauté organisée, d’assurer ses besoins primaires et parmi ces besoins, d’assurer sa sécurité. Ce sont les conflits idéologiques, stratégiques, sécuritaires comme pouvait l’être la guerre froide opposant le bloc de l’est et de l’ouest. Pour le troisième type identifiable, ce sont souvent les ressources naturelles qui sont au cœur de la discorde (puit, rivière, oasis, pétrole, sel, mine ...). Pour ce type, la valeur d’une de ces ressources change au cours du temps : une mine de sel n’est plus aussi stratégique de nos jours qu’il y a quelques siècles.

Les trois catégories se sont spatialisées : Celle liée à l’identitaire est sans doute celle qui se spatialise le moins facilement. L’on peut tout de même évoquer les lieux qui ont une importance symbolique, les zones où l’on parle une certaine langue, ... Celle liée au stratégique s’identifie certainement au concept de territoire. La troisième, liée à l’économique est certainement très spatialisée : un puit, une mine.

A partir de quand y a-t-il un confit ? D’aucun de dire qu’un conflit est violent lorsque il y a plus de ’x’ morts par an. Mais, il n’est pas raisonnable de comparer, sur cette seule base, un conflit dans une région désertique et un conflit en zone surpeuplée, ce critère est trop brouillon et dépend trop de la densité de la population. Il serait plus opportun de dire qu’il y a conflit lorsque l’appareil étatique perd le contrôle d’une partie de son territoire. Le conflit peut prendre plusieurs formes. Il peut s’agir de mouvements populaires, car si le mouvement est individuel, il est voué à l’échec. Tout conflit est encadré à un moment ou à un autre. Le conflit peut naître de griefs subits par un mouvement rebelle. Par rapport aux ressources, c’est l’accès à une de ces dernières ou l’utilisation de ces dernières qui sont susceptible d’engendrer un conflit.

Les ressources convoitées permettent d’assurer un besoin primaire : l’eau, la nourriture, la terre arable, ... L’eau par exemple a de tout temps été source ( !) de conflits. L’augmentation de la densité de population impose une rationalisation du bien, une forme de redistribution. Deux exemples à des échelles spatiales différentes pour l’illustrer : barrages sur un cours d’eau commun à deux pays (Irak - Turquie), l’eau utile pour l’irrigation est prélevée, réduisant d’autant les quantités laissées au pays voisin. Marquant, par la même occasion, la domination de l’un para rapport à l’autre. Plus localement, la CIBE pompait dans les années 1960 de l’eau dans le sous-sol, entre autres, montois. Malgré les effondrements, la société brandissait le risque de pénurie pour Bruxelles. La terre est aussi un de ces biens de première nécessité. Si la production était bien répartie, tous pourraient se nourrir sur terre, mais ce n’est pas le cas et hormis l’Amérique du Sud, peu de conflits naissent de cette inégalité. Peu de conflits naissent d’un problème agricole. Le diamant n’est pas un de ses biens primaires. Au cours de l’histoire, sa valeur n’a pas toujours été la même. Tout comme le pétrole, cette ressource, bien que localisée à un endroit bien précis, n’engendre pas toujours de conflit.

Un état absent (déficit de redistribution équitable), une partie de territoire non contrôlée, c’est un ferment efficace pour la genèse d’un conflit dans lequel les ressources jouent un rôle, mais ne sont pas nécessairement l’origine (Sierra Leone, RDC par exemple).

Un territoire non contrôlé permet, dans le cadre de conflit de longue durée, d’assurer des rentrées financières (ventes de drogues, de diamant, ...) pour assurer l’armement, ... Les rebelles enrichis tentent rarement d’obtenir la paix, ces conflits sont difficile à aplanir.

Sortir de l’ornière d’un conflit via des institutions internationales extérieures, des voisins, des bailleurs de fonds n’est certes pas évident, chacun y défend son intérêt, n’a qu’une connaissance partielle de la situation ... Imposer de l’extérieur des politiques de gestion (entraînant des coupes dans les budgets sociaux très souvent) est trop fréquemment l’unique moyen choisi. Les ressources sont alors replacées au centre des convoitises. L’on ne peut que constater la faillite du développement par les ressources. Le système consumériste du Nord est imposé au Sud.




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Sujet / Message Re: Géopolitique de l'espace

Message par Syfou le Mar 13 Avr - 16:28

Le débat

Le conflit irakien n’est pas directement lié aux ressources pétrolières. Cette vue est trop simpliste. La politique interventionniste des Etats-Unis n’est pas nouvelle, déjà sous Clinton, les vues étaient semblables. C’est un plan global dans tout le Moyen-Orient qui est mis en branle et pas seulement la ressource que représente le pétrole.

Le conflit au Kosovo relève du pôle identitaire : défendre un lieu où s’est déroulé, dans le passé, une bataille qui a marqué.

Notre système de valeurs fait que le puit de pétrole a plus de valeur que le champ de bananiers, c’est donc la valeur internationale d’une ressource ; par contre localement, le champ de bananes est certainement plus important.

Pourquoi vouloir imposer le consumérisme à d’autres et ne pas remettre en question ce mode de vie d’hyper consommation qui est le nôtre ? Les aberrations et contradictions sont légions en la matière : quand Chirac demande l’application de la proposition Tobin, mais maintient fermement le système de subventions de la politique agricole commune.

La RDC fort affaiblie devient la proie facile de ses voisins. Les ressources ne sont pas les causes, mais les moyens d’un conflit. Le diamant permet de payer la rébellion. Selon le conflit, parfois la ressource en est la cause, parfois le moyen. Au Congo, l’on ne se bat pas pour de la terre ou de l’eau, par contre le diamant est utilisé pour financer les mouvements armés. Au Nigeria, par contre, une politique du ventre est plutôt d’actualité, c’est un peu le calme contre la nourriture.

Le pétrole ne doit pas être vu comme une cause primaire, mais bien d’un niveau supérieur, il ne faut pas comparer ce bien à l’eau ou la terre, vitales.

En Amérique Latine, le conflit autour de la terre ne dégénère pas en une lutte armée. A l’encontre de nombreux autres endroits, l’Etat a encore une grande importance, le sentiment d’appartenance à une Nation n’est pas un vain mot. En Afrique, ce lien émotionnel qui se superpose à l’Etat n’existe pas, une différence majeure.

Si le concept de développement durable fait l’unanimité, c’est ce qui est derrière qui ne semble pas assez clair pour que ce soit applicable partout dans le monde. Ces bonnes intentions sont louables, mais lorsque l’on doit passer à l’acte, quand il faut fixer les modalités pratiques, cela devient plus complexe. Limiter les conflits passe souvent par une meilleure distribution de richesses. C’est régulièrement la frustration autour d’une d’entre elles qui engendre un conflit.

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Sujet / Message Re: Géopolitique de l'espace

Message par Sphinx le Mer 28 Avr - 0:28

La carte n'est pas le territoire




« La carte n’est pas le territoire », disait le logicien américano-polonais Albert Korzybski. Géologique, d’état-major, routière, politique, elle « représente » l’espace de façon sélective, donc approximative. Mais le plus souvent, nous oublions cette vérité d’évidence. Le réveil, au détour du chemin, est rude.

Un premier exemple, emprunté à l’actualité : la crise belge. Nos cartes nous disent que l’Union européenne est un vaste espace de paix, de démocratie, de liberté et de fraternité. Et que Bruxelles en est la capitale.

Mais le territoire dit autre chose. Que Bruxelles est aussi la capitale de la Belgique, pays qui a peu à peu implosé dans la seconde moitié du XXe siècle sous la double pression des féodalités politiciennes, syndicales, idéologiques, des nationalismes linguistiques flamand et wallon, de la démographie et d’obscures pulsions de revanche et de lutte des classes remontant au moins au Moyen-Age. Que, du fait de ce délitement progressif de l’Etat belge, Bruxelles est devenue une enclave francophone dans une région flamingante. Que le cœur de l’agglomération – Bruxelles-Capitale - , pour des raisons purement idéologiques, sinon démagogiques, a été déclaré bilingue. Que quelques quartiers francophones subsistent à proximité immédiate, mais en zone flamande. Que les Flamands n’en finissent pas d’exiger leur « normalisation », c’est à dire leur défrancophonisation forcée. Que, l’un dans l’autre, cette crise conduit à la chute du gouvernement belge, et à la remise en question, une fois de plus de l’existence même de la Belgique en tant que nation. Et surtout, que l’Europe n’en peut mais. Ni les Flamands ni les Wallons ne pensent à elle dans cette querelle. Ni sa Commission, ni son Parlement, tout bruxellois qu’ils soient, n’osent s’en mêler, même quand les extrémistes flamingants violent le plus naturel des droits de l’homme, celui de parler sa langue natale.

Deuxième exemple d’actualité, la Kabylie. La carte nous dit que c’est une petite région montagneuse située au nord de l’Algérie, où la population parle un dialecte berbère.


Le territoire dit que c’est un pays de quelque 40 000 kilomètres carrés (une fois et demi la Belgique, trois fois la Flandre, trois fois la Wallonie) situé au nord de l’ « Etat failli » par excellence, mi-totalitaire, mi-mafieux, et totalement non-fonctionnel, l’Algérie « arabo-islamique » . Mais aussi une nation de dix millions d’âmes. Cinq millions d’habitants, tous Kabyles, en Kabylie. Deux autres millions de Kabyles dans le Grand Alger, sur cinq millions. Un à deux millions de Kabyles en France. Historiquement, la Kabylie fut le principal foyer de résistance à la colonisation française. Pendant la guerre d’indépendance, de 1954 à 1962, les maquis kabyles ont fourni 80 % de la force de frappe du FLN. Mais après l’indépendance, ce dernier, rallié sous l’influence d’Ahmed Ben Bella au nationalisme arabo-islamique, a mis la Kabylie au pas, pendant une guerre civile de plus d’un an, de l’automne 1963 à l’été 1964. La langue berbère était interdite. Le rôle de la Kabylie dans la guerre d’indépendance, nié. La réalité d’un peuple qui se voulait profondément algérien, bafouée.


Les Kabyles se sont réveillés voici trente ans, quand l’Etat-FLN commençait à se désintégrer sous le poids de son ineptie, au printemps 1980. Manifestations, répression : des centaines de morts. Depuis, la Kabylie vit en état de sécession virtuelle. Un puissant mouvement autonomiste, dirigé par un chanteur-poète, Ferhat Mehenni, milite de manière non-violente pour la création d’un Etat kabyle laïque, doté d’une large autonomie, qui pourrait être à l’Algérie ce que le Québec est au Canada. Mehenni procède par étapes depuis le début de l’année. Voici dix jours, pour célébrer les trente ans du printemps kabyle ou berbère, il a proclamé un gouvernement provisoire kabyle. Des dizaines de milliers de personnes manifestaient au même moment en sa faveur à Tizi-Ouzou et dans les grandes villes de Kabylie.


Mais la carte dit : Algérie. La classe politique européenne, et notamment la classe politique française, qui devrait être un peu mieux informée, voient donc le problème kabyle sans le voir. Au mépris de leurs principes. Au mépris de leurs intérêts aussi. Un Etat kabyle laïque et non-violent apporterait de la sérénité au Maghreb et par voie de conséquence à la France et à l’Europe. Mais « il n’est pas sur la carte ». Et pour les princes qui nous gouvernent, c’est la carte qui vaut. Jusqu’à ce que le territoire se venge, bien entendu.

La carte avait déjà été invoquée contre le territoire à Munich, en 1938, contre la Tchécoslovaquie. Avec les conséquences que l’on sait. La leçon ne cesse d’être rabâchée, mais personne ne croit qu’elle s’applique à lui. Comment l’Union européenne, qui ignore ce qui se passe littéralement sous ses yeux à Bruxelles, ose-t-elle préconiser un « partage » de Jérusalem ? Comment la même Union, aveugle devant les Kabyles, ose-t-elle se mêler du droit des Juifs à Israël ?

Par Michel Gurfinkiel

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Sujet / Message Re: Géopolitique de l'espace

Message par Sphinx le Jeu 6 Mai - 23:20

Crise : La déconstruction européenne, prélude à la dislocation géopolitique mondiale

Entrée dans la crise avec une structure institutionnelle d'empilement baroque et avec une croissance morne, elle en sort politiquement brisée, avec une économie profondément malade.

Le grand perdant de la crise est l'Europe. Elle n'est pas responsable du séisme, il vient des Etats-Unis, et pourtant c'est elle qui est la plus atteinte. Entrée dans la crise avec une structure institutionnelle d'empilement baroque et avec une croissance morne, elle en sort politiquement brisée, avec une économie profondément malade. Au point qu'on peut aujourd'hui s'interroger sur l'intérêt même de l'Union européenne et de l'existence de l'euro.

La crise nous a trop mobilisés sur la finance, ses turlupinades et ses coûts, on a oublié l'économie réelle. Commençons par y revenir un instant. Voilà le panorama.

La deuxième firme à avoir déposé le plus de brevets l'an passé dans le monde est le chinois Huawei. Le constructeur indien Tata a inventé la voiture à 2.500 dollars (que Renault veut concurrencer), la Nano, en mettant au point un design et des lignes de production aussi pleines d'astuces qu'Henri Ford en son temps et Toyota du sien. Le Kenya est le pays le plus avancé au monde pour le paiement par téléphone mobile. Le solaire est une industrie d'avenir, la plupart des panneaux solaires qu'on installe en Europe comme aux Etats-Unis, viennent déjà de Chine.

L'atelier du monde se met à inventer

Les pays émergents sont devenus, en deux décennies et trois étapes, des pays «complètement rivaux». Ils ont d'abord profité du faible coût de leurs ouvriers pour produire des biens industriels. La Chine est «l'atelier du monde». Puis, étape deux, ces pays ont glissé vers la recherche et développement «pas chère», grâce au faible coût de leurs universitaires, plus nombreux que les nôtres et tout aussi talentueux. Ces pays avaient misé sur l'éducation, ils en récoltent les premiers fruits. Conséquence: toutes les grandes firmes des pays développés ont délocalisé des laboratoires dans les pays émergents. IBM y emploie aujourd'hui plus d'ingénieurs qu'en Amérique. Le plus grand centre de Microsoft hors de Seattle est à Pékin. La Chine décerne des diplômes à 75.000 ingénieurs informaticiens par an, l'Inde à 60.000.

Enfin, troisième étape, dans laquelle nous entrons à toute vitesse, les pays émergents se mettent à inventer. Ils ne se contentent plus ni de copier, ni de travailler pour les grandes firmes occidentales, ils créent les leurs et elles innovent. Parmi le classement des 500 premières multinationales du Financial Times, 62 viennent de Chine, d'Inde ou du Brésil. Un chiffre qui a quadruplé ces deux dernières années. Dès 2015, les constructeurs d'automobiles chinoises auront récupéré 50% de leur marché intérieur. Faisant face à des conditions domestiques très difficiles, où le droit de propriété est mal respecté, où il faut offrir des produits très bon marché à des foules de consommateurs, les géants du sud font preuve de marketing inédit et «d'innovation frugale», comme le décrit The Economist. Dans les médicaments, les automobiles, les réfrigérateurs ou les télécommunications, ils changent les «business models» de production comme de distribution.

Quelle spécialité pour quel pays?
La question que pose ce panorama de l'économie réelle est celle-ci: comment réagir? La crise a amplifié les difficultés, mais elle n'a pas changé la nature de ce problème. Les pays sont sommés de trouver leur place, leur spécialité, dans la division mondiale.

Les Etats-Unis d'Obama conduisent une politique déterminée: viser le moyen terme, soutenir la formidable machine d'innovations américaine, croire à une «réindustrialisation» (qu'illustre le sauvetage des groupes automobiles) et vouloir une réduction des inégalités (l'assurance santé). Cause de la crise, les Etats-Unis ont été pourtant moins affectés que l'Europe (en 2009, la récession est de 2,4% outre-Atlantique contre 4,1% dans la zone euro) et ils rebondissent plus vite (la croissance serait de 3,1% là contre 1% ici). Le dynamisme américain est certes entamé: le pays vivait au-dessus de ses moyens grâce à l'endettement, les ménages vont maintenant devoir rembourser, la croissance en sera ralentie. Mais les Etats-Unis ont ce double moteur qui fait le dynamisme: un modèle éprouvé d'innovations et une démographie positive.

L'Europe avec 500 millions d'habitants dont une forte proportion est très éduquée, devrait logiquement faire face avec optimisme. Le Vieux continent n'a, a priori, aucune raison de décliner. Pourtant, après son rattrapage sur l'Amérique dans les années d'après guerre, l'Europe s'est rendormie depuis vingt ans. Faute de savoir innover? Oui. Elle n'a aucun Microsoft ou Google. Elle a des «champions» industriels ou bancaires qui sont plutôt mieux gérés que les Américains, pourtant elle perd pied dans l'électronique, les télécoms, les bio, l'agriculture. L'agenda de Lisbonne de 2000 qui devait faire d'elle la zone «la plus avancée» en matière d'innovations, est un fiasco.

Frileuse Europe

Faute d'immigration? Sans doute. Un continent qui a resserré sa politique d'immigration (1 à 2 millions d'entrants nets par an contre 5 millions outre-Atlantique) alors que son taux de natalité (1,47 enfant pas femme) n'assure pas la relève des générations, est un continent qui fait preuve de frilosité. Et qui, du coup, vieillit: 17% de la population a plus de 65 ans, contre 12% aux Etats-Unis. Cette Europe frileuse est menacée de perdre 10% de sa population d'ici à 2050.

La cause de son endormissement est pourtant d'abord autre: sa désunion, l'abandon de son projet d'intégration. Au bout de quarante ans de rapprochement, «pas à pas» selon la stratégie de Jean Monnet, l'Union s'est arrêtée après la création de l'euro, le 1er janvier 1999. Une nouvelle génération d'hommes politiques eurosceptiques a replacé celle qui avait fait la guerre. L'économie avançait et la politique suivait vaille que vaille, puis d'un coup la politique a viré de bord, à l'époque Chirac-Schröder, la volonté d'intégration a laissé la place à une «Europe des nations». La Grande-Bretagne a gagné dans la conception de l'Europe.

Depuis, la construction est devenue bancale, la commission européenne ne s'occupe que des détails comme les normes et manque l'essentiel comme une politique économique ou étrangère commune. Elle est devenue ingouvernable, les réformes institutionnelles empilées ont créé l'impuissance. Surtout, au fil du temps, l'âme «communautaire» fondatrice s'est dissoute et les égoïsmes nationaux ont repris le dessus.

La crise est venue sinon encore briser l'édifice mais mettre au jour ses profondes failles. A l'automne 2008, Nicolas Sarkozy a tenté de mettre au point un sauvetage commun des banques puis de bâtir un plan de relance commun. L'Allemagne s'y est opposée à chaque fois. Le premier pays de l'Union est devenu eurosceptique pour avoir le sentiment d'avoir «trop payé» pour les autres. La même réticence germanique s'est manifestée pour se porter au secours de la Grèce. Il aura fallu des mois de négociations sous la pression des marchés pour qu'un plan naisse enfin. Et encore, il a fallu appeler le FMI au secours.

Or, les marchés financiers n'en ont pas fini. Ils ont compris que la faille européenne, cette solidarité hésitante et toujours tardive, leur permettait de jouer et de gagner beaucoup. Ils vont continuer. Portugal et Espagne, sont les nouvelles cibles. Où cela s'arrêtera-t-il? Le processus de «test» peut aller jusqu'à la déconstruction complète de l'Europe.

Eric Le Boucher

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Sujet / Message Re: Géopolitique de l'espace

Message par Sphinx le Sam 8 Mai - 23:21

Joëlle Milquet : Elargir Bruxelles, c'est une nécessité géopolitique

Du pipeau, la demande d'élargissement de la Région bruxelloise ? Pas du tout, soutient la présidente du Centre démocrate humaniste (CDH). Joëlle Milquet expose sa stratégie : réunifier enfin l'espace francophone, regrouper Wallons et Bruxellois au sein d'un même territoire.


Le Vif/L'Express : Les partis francophones ont longtemps répété qu'ils n'étaient pas demandeurs d'une réforme de l'Etat. Votre position à ce sujet reste la même ?

Joëlle Milquet : Les francophones sont demandeurs d'un refinancement de Bruxelles. Pour le reste, a priori, ils ne sont pas demandeurs. Les francophones ne veulent pas à tout prix d'un transfert de compétences vers les Régions et les Communautés. Mais si c'est nécessaire pour les néerlandophones, si ça les rend plus heureux, si ça peut résoudre certains problèmes, nous n'avons pas d'objections à en discuter. A condition que ces transferts s'accompagnent des financements adéquats, et qu'on ne touche pas au coeur du projet national. La sécurité sociale, la fiscalité, la politique étrangère, ainsi que la justice et la police constituent le c£ur de l'Etat belge. Toutes ces matières doivent rester gérées au niveau fédéral.

Vous ne trouvez pas que le fédéralisme belge, dans son architecture actuelle, ne fonctionne pas très bien ?

Cela m'agace toujours, ça. Qu'on compare nos performances sociales avec celles des autres pays européens ! Si compliquée soit-elle, si lent qu'y soit le processus décisionnel, la Belgique est l'un des pays qui possèdent la meilleure sécurité sociale. C'est l'un des pays qui protègent le mieux ses habitants de la pauvreté. Depuis le début de la crise, c'est en Belgique que l'augmentation du taux de chômage a été la plus faible d'Europe. Le tsunami de l'affaire Fortis qui nous est subitement tombé dessus, la Belgique l'a géré très intelligemment. Qu'on arrête de dire que la Belgique ne fonctionne pas ! Là où Sarkozy claque des doigts, nous devons parler aux partenaires sociaux, à nos collègues du fédéral, à nos collègues du régional, et cela prend trois mois. Mais la discussion, in fine, n'est pas mauvaise.

Vous seriez favorable, comme les libéraux et les écologistes, à la création d'une circonscription électorale fédérale ?

C'est dans notre programme ! Pour le futur Sénat, il serait intéressant d'avoir des candidats qui se présentent des deux côtés du pays. Mais, pour que ça ait un sens, cela doit être suffisamment développé. Sinon, on se retrouvera avec une poignée de candidats qui iront se présenter dans le nord du pays, mais qui ne seront écoutés par personne dans leurs partis respectifs.

Pour vous, les personnalités phares de la politique belge devraient se présenter dans cette circonscription nationale ?

Oui, pourquoi pas ? Il faut avancer de façon réaliste, mais, à l'avenir, une partie des sénateurs pourraient être élus dans les entités fédérées, et une autre partie dans une circonscription nationale unique... Nous, nous sommes à l'aise parce que le CD&V a largement évolué, il ne se présente plus en cartel avec la N-VA. Et il est dirigé par Marianne Thyssen, une femme d'une très grande correction.

Avec les chrétiens-démocrates flamands, vous formez encore une même famille politique ?

J'entends les Ecolo dire qu'ils travaillent avec Groen ! et qu'ils se voient chaque semaine. Eh bien, nous, avec le CD&V, on se voit dix fois par jour. On gouverne ensemble. On prépare le Conseil des ministres ensemble. On se téléphone. Je me suis bien entendue avec Stefaan De Clerck, Inge Vervotte et Yves Leterme. Le vice-Premier ministre CD&V, Steven Vanackere, il a étéélu sur ma liste, une liste CDH, au conseil communal de Bruxelles.

Lors d'un face-à-face avec Steven Vanackere, dans l'hebdomadaire Knack, vous aviez déclaré en substance : « La réforme de l'Etat, à nous deux, on pourrait la négocier en un week-end. »

Tout est prêt ! La loi de financement, c'est plus compliqué... Mais en ce qui concerne les transferts de compétences, beaucoup de choses sont déjà préparées. En fait, depuis 2007, on a parlé du cadre de la discussion, de la méthodologie, mais on n'a jamais réellement négocié. Dans un premier temps, il y avait une difficulté liée à la présence au gouvernement des indépendantistes de la N-VA. Ensuite, quand la N-VA est partie, il n'y avait plus beaucoup de demande du côté flamand, car les négociations risquaient de déboucher sur un compromis qui pouvaient ne pas plaire à certains - notamment la N-VA.

Pour la toute première fois, avec le dossier Bruxelles-Hal-Vilvorde, on commençait un vrai travail de négociation. Et on a été fauchés en plein vol. C'est ça qui me rend un tout petit peu optimiste : on ne peut pas dire que le gouvernement est tombé suite à l'échec des négociations, vu qu'elles n'ont jamais commencé. L'espoir reste donc permis. Personne n'a quitté la table parce qu'il était impossible de trouver un accord. Si l'Open VLD l'a quittée, c'est pour des raisons purement politiciennes.

L'élargissement de Bruxelles, c'est une revendication sérieuse ou c'est juste pour amuser la galerie ?

Cela reste une demande fondamentale, bien sûr. Mais, aux yeux des Flamands, c'est une demande atomique. Cela ne peut donc aboutir que dans un cadre de discussion assez large.

On a parfois l'impression que les partis francophones agitent la perspective d'un élargissement de Bruxelles pour montrer les dents face aux Flamands, mais sans y croire eux-mêmes.

Pas du tout ! Moi, je défends totalement l'élargissement de Bruxelles. C'est nécessaire. Pour une raison sociologique et pour une raison géopolitique. Il est logique que la Région bruxelloise s'étende vers Kraainem ou Wezembeek-Oppem, à 85 % francophones. Ces communes-là font sociologiquement partie de Bruxelles. Mais l'enjeu, c'est aussi que la Wallonie ait une frontière commune avec Bruxelles. C'est stratégique, ça.

L'espace francophone existe sur le plan culturel et économique, mais il est malheureusement scindé sur le plan territorial. C'est l'erreur majeure que les francophones ont commise en 1962-1963, lors de la fixation de la frontière linguistique. A cause de ça, Bruxelles se retrouve aujourd'hui enclavée. Il faut réparer cette erreur et joindre les territoires wallon et bruxellois. Il faut créer un espace territorial francophone dans l'Etat belge, tout comme il existe déjà un espace néerlandophone. Et puis, en termes d'équilibre, ce n'est pas normal que la capitale de la Belgique possède une bordure avec une des deux grandes régions du pays, mais pas avec l'autre. Naturellement, pour concrétiser ça, il faudra payer un prix...

Justement : quel prix le CDH est-il prêt à payer ?

Pas la scission de la sécurité sociale, en tout cas. Si vous régionalisez le contrôle et les sanctions des chômeurs, vous n'avez plus de sécurité sociale. Mais d'autres solutions existent...

Vraiment ?

Oui. On a 40 000 possibilités dans nos cartons, je peux vous le dire. On a déjàéchafaudé plein de scénarios. Ils sont prêts. La créativité du monde politique belge est extrême.

L'ancienne génération politique n'était-elle pas plus douée pour trouver des compromis ?

Arrêtons de rire ! Est-ce que tout a été bien fait du temps de Gérard Deprez et de la loi de financement ? Vous croyez que les accords étaient toujours bien négociés, avec l'ancienne génération politique ? Les lois linguistiques, elles étaient toutes géniales ? Certains trouvent peut-être que c'est génial quand les francophones sont des carpettes. Mais les francophones ne sont plus des carpettes.

ENTRETIEN : FRANCOIS BRABANT

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Sujet / Message Re: Géopolitique de l'espace

Message par Sphinx le Mar 22 Juin - 23:01

De Jérusalem à Téhéran en passant par Riyad, le ciel est à vous !



Il y a de cela quelques jours, je vous indiquais que la semaine ou le Conseil de Sécurité des Nations Unies décidait d’un nouveau train de sanctions contre Téhéran, sanctions dont on sait qu’elles seront insuffisantes et inefficaces, l’Arabie Saoudite a fait passer le message à Israël, par les Etats Unis, que l’état juif pourrait emprunter un morceau de son couloir aérien pour faciliter le passage de ses avions vers l’Iran.

L’Arabie Saoudite est allée plus loin.

Riyad, en collaboration avec le département d’Etat Américain, nous rapporte une source du ministère de la défense des Etats Unis dont le nom est gardé confidentiel en raison de la sensibilité du dossier, a désactivé ses systèmes de défense aériens afin de conduire une série de tests taille réelle. Elle a vérifié ensuite que ses propres jets pouvaient circuler dans le dit couloir aérien sans que leurs systèmes de navigation ne soient brouillés, ni que les missiles de défense ne s’activent automatiquement.

Une autre source, à Riyad cette fois, et toujours confidentielle, expliquait ces jours ci que malgré les tensions entre les deux gouvernements (israélien et saoudiens), ils partagent les mêmes vues concernant l’Iran. Les deux Etat seront la première cible du régime des mollahs, ils partagent la même peur concernant son armement nucléaire, et le même besoin vital de s’en débarrasser. « Nous savons tous cela, et nous les laisserons (les israéliens) passer, et nous ne verrons rien » ajoute un commentateur saoudien.

Sur le plan militaire, les quatre principales cibles sont les usines d’enrichissement de l’uranium de Natanz et de Qom, la réserve de stockage de gaz de Isfahan, et le réacteur de production d’eau lourde d’Arak.

La cible secondaire est le réacteur de Bushehr, qui pourrait, une fois terminé, produire des armes au plutonium.

Les cibles se situent donc à 2250 Km d’Israël, ce qui est l’autonomie maximale des bombardiers, même en refaisant le plein de carburant en plein ciel. Le corridor ouvert par l’Arabie Saoudite réduira énormément cette distance, sachant que l’attaque aérienne devra se faire en passant par la Jordanie, le nord de l’Arabie Saoudite, et l’Irak, et, pour ce qui est de la cible de Bushehr, par le ciel du Koweit.

Emprunter le ciel d’Irak implique donc pour Israël d’obtenir l’accord de Washington, ce qu’Obama refuse de donner. Plusieurs analystes militaires américains affirment que c’est la seule chose qui retient encore Israël, ainsi que la confirmation de plusieurs états arabes. Ils doutent pourtant que le raid aérien contre les installations atomiques sera à lui seul suffisant pour les neutraliser, du fait qu’elles sont profondément enfouies sous terre et extrêmement fortifiées.

Les services de renseignement israéliens affirment que l’Egypte, la Jordanie et l’Arabie Saoudite sont au moins aussi inquiets du nucléaire iranien que les pays de l’Ouest et eux-mêmes. En 2009, Israël a stationné au moins un sous marin nucléaire et plusieurs navires lance missiles dans la mer rouge, et Aharon Zeevi Farkash, responsable du renseignement militaire israélien jusqu’en 2006 déclarait au Times le 12 juin dernier : « je suis au fait que l’Arabie Saoudite a encore plus peur que nous du nucléaire iranien ».

Meir Dagan, le chef du Mossad, a rencontré ses homologues saoudiens afin de s’assurer que Riyad « ne verrait pas passer » la force aérienne israélienne. Les deux pays ont nié que cette rencontre a eu lieu.


Jean-Patrick Grumberg

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Sujet / Message Re: Géopolitique de l'espace

Message par Rémi le Dim 18 Juil - 23:58

ben mon gars, dans le genre documentaliste, tu es paranormal (lol) pour la quantité de tes contributions! J'apprécie ta liberté de ton, ainsi que la variété et l'approfondissement des sujets traités.

Si, et je pense que tu as raison, les états uniens, sont allés en Afghanistan, essentiellement pour prendre position contre leurs rivaux russes et chinois, cela indique bien leur duplicité, et la nécessité pour les nations européennes de ne plus cautionner leur politique en s'y associant.

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Sujet / Message Re: Géopolitique de l'espace

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