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Post-it Perspectives de l'écomonie mondiale

le Sam 2 Mai - 6:22
Résumé analytique
L’économie mondiale traverse une grave récession causée par une crise financière massive et une perte de confiance aiguë. Le rythme de contraction devrait se modérer à partir du second trimestre, mais les projections laissent entrevoir un recul de 1,3 % sur l’ensemble de l’année 2009, puis une reprise seulement partielle en 2010, avec une croissance de l’activité de 1,9 %. Pour que ce retournement se produise, il importera d’intensifier les efforts d’assainissement du secteur financier, tout en continuant à soutenir la demande par la détente monétaire et budgétaire.
Évolution économique et financière récente
La crise financière et l’effondrement de l’activité ont gravement éprouvé l’économie dans le monde entier. Les pays avancés ont accusé un recul sans précédent de 7½ % du PIB réel au quatrième trimestre de 2008 et on estime que la production a continué à chuter presque aussi vite au cours des trois premiers mois de 2009. Alors que l’économie américaine a sans doute souffert le plus des difficultés financières et de la baisse continue du secteur du logement, l’Europe occidentale et les pays avancés d’Asie ont été rudement éprouvés par l’effondrement du commerce international, ainsi que par leurs propres débuts de problèmes financiers et par les corrections des prix immobiliers sur certains marchés nationaux. Les pays émergents sont aussi très touchés, subissant globalement une contraction de l’activité économique de 4 % au quatrième trimestre. Le mal se propage à la fois par les circuits financiers et commerciaux, en particulier aux pays d’Asie de l’Est, très tributaires de leurs exportations de produits manufacturiers, et aux pays émergents d’Europe et de la Communauté des États indépendants (CEI), qui avaient besoin d’abondants apports de capitaux pour alimenter leur croissance.
Parallèlement au rapide refroidissement de l’activité économique mondiale, les tensions inflationnistes se sont vite atténuées. Les cours des matières premières ont nettement chuté par rapport aux pics du milieu d’année, causant des pertes de revenus particulièrement lourdes aux pays du Moyen-Orient et de la CEI, mais aussi à bien d’autres pays exportateurs de matière première d’Amérique latine et d’Afrique. Dans le même temps, l’augmentation de la capacité inutilisée a restreint la progression des salaires et rogné les marges bénéficiaires. De ce fait, l’inflation globale sur 12 mois est tombée à 1 % dans les pays avancés en février 2009, encore que l’inflation tendancielle reste de l’ordre de 1½–2 %, à l’exception notable du Japon. L’inflation s’est aussi nettement modérée dans l’ensemble des pays émergents, encore que dans certains cas la dépréciation de la monnaie ait atténué le mouvement de baisse.
Les réactions très diverses et souvent peu orthodoxes des décideurs économiques n’ont guère réussi à stabiliser les marchés financiers ni à contenir la baisse de la production, car elles n’ont pu stopper l’enchaînement de rétroactions nocives entre le fléchissement de l’activité et les intenses difficultés financières. Maintes initiatives ont été prises afin de stopper l’hémorragie, notamment par des injections de fonds publics et tout un assortiment de facilités de liquidité, de détente monétaire et de plans de relance budgétaire. Encore qu’il y ait eu quelques signes encourageants d’une amélioration des indices d’opinion depuis la réunion du Groupe des Vingt (G-20) du début avril, le niveau de confiance est encore très bas sur les marchés financiers, ce qui pèse sur les perspectives de reprise rapide.
D’après l’édition d’avril 2009 du rapport sur la stabilité financière (Global Financial Stability Report — GFSR), le montant des actifs d’origine américaine passés en pertes et profits pas l’ensemble des institutions financières au cours de la période 2007–10 se chiffrera à 2,7 billions de dollars, et non2,2 billions, comme on le pensait en janvier 2009, ce qui tient pour une large part à la dégradation des perspectives de croissance économique. Le montant total des actifs passés en perte à l’échelle mondiale est estimé à environ 4 billions de dollars, dont deux tiers à la charge des banques, et le reste à celle des compagnies d’assurance, fonds d’investissement et autres intermédiaires. De par le monde, les banques restreignent l’accès au crédit (et continueront dans cette voie), car le poids des actifs improductifs et l’incertitude quant à la solvabilité des institutions maintiennent les capitaux privés hors de circulation. Les problèmes de financement se sont propagés bien au-delà des marchés de refinancement bancaires à court terme dans les pays avancés. Nombre d’entreprises non financières sont incapables d’obtenir des fonds de roulement et certaines ont du mal à se procurer des emprunts à plus long terme.
Le désengagement massif des investisseurs et établissements bancaires étrangers des pays émergents et les problèmes de financement qui en résultent sont particulièrement inquiétants. Les émissions obligataires sont quasiment au point mort, les flux bancaires se sont taris, les marges obligataires se sont envolées, les cours des actions ont chuté et les marchés des valeurs mobilières sont extrêmement tendus. Outre la hausse générale de l’aversion contre le risque, cela tient à divers facteurs défavorables, dont les dommages occasionnés aux banques et fonds d’investissement des pays avancés, le souci de déplacer les fonds pour les mettre à l’abri du «parapluie» des dispositifs de garantie de plus en plus nombreux déployés sur les marchés parvenus à maturité et les inquiétudes grandissantes quant aux perspectives d’avenir et aux vulnérabilités des pays émergents.
La crise financière a eu pour important effet secondaire de créer une prime à la sécurité et au rapatriement des capitaux, non sans incidence sur les grandes monnaies. Depuis septembre 2008, le dollar EU, l’euro et le yen se sont tous trois raffermis en valeur effective réelle. Le renminbi chinois et les monnaies arrimées au dollar, dont celles des pays du Moyen-Orient, se sont également appréciés. Celles de la plupart des pays émergents ont au contraire beaucoup fléchi, bien qu’ils aient utilisé leurs réserves de change pour les soutenir.


Dernière édition par Toufik le Dim 14 Mar - 0:12, édité 1 fois

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Post-it Re: Perspectives de l'écomonie mondiale

le Sam 2 Mai - 6:24
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Perspectives et risques
Les projections des Perspectives de l’économie mondiale (PEM) reposent sur l’hypothèse de base que la stabilisation des marchés financiers va prendre plus longtemps que prévu initialement, même portée par les efforts vigoureux des décideurs. Les problèmes financiers des pays avancés resteront donc sérieux pendant une bonne partie de l’année 2010, ne se résolvant que lentement à mesure que la clarification des pertes sur les actifs improductifs et les injections de fonds publics réduiront les craintes d’insolvabilité, amoindriront les risques de contrepartie et la volatilité des marchés et rétabliront un meilleur niveau de liquidité des marchés. Il faut s’attendre à une raréfaction du crédit global au secteur privé dans les pays avancés, tant en 2009 qu’en 2010. Les pays émergents et en développement vont quant à eux avoir beaucoup plus de mal à se procurer des financements extérieurs pendant les deux années qui viennent. Cela cadre avec les conclusions du chapitre 4, selon lesquelles les difficultés très aiguës des marchés matures, concentrées de plus dans le système bancaire, donnent à penser que les flux de capitaux au profit des pays émergents vont considérablement diminuer et ne se rétabliront que lentement.
Les projections tablent aussi sur un vigoureux soutien des politiques macroéconomiques. On s’attend que les taux directeurs seront abaissés ou maintenus proches de zéro dans les grands pays avancés, tandis que les banques centrales continueront à chercher à détendre la situation du crédit en jouant sur la taille et la composition de leurs bilans. On s’attend aussi que les déficits des finances publiques se creuseront nettement tant dans les pays avancés que dans les pays émergents, dont les gouvernements devraient mettre en oeuvre, dans les pays du G-20, des plans de relance budgétaire équivalant à 2 % du PIB en 2009 et à 1½ % du PIB en 2010. Les projections reposent aussi sur l’hypothèse que les cours des matières premières resteront proches de leurs niveaux actuels en 2009 et n’augmenteront que
modérément en 2010, comme l’indiquent leurs cours à terme.
Même à supposer que des politiques résolues soient mises en oeuvre et que le rythme de contraction se ralentisse à compter du second trimestre, les projections actuelles font état d’une baisse de l’activité mondiale de 1,3 % en 2009, soit une révision en baisse sensible par rapport à la mise à jour des Perspectives de l’économie mondiale datant de janvier. Cela constituerait de loin la récession la plus profonde de la période postérieure à la Seconde Guerre mondiale. En outre, le retournement conjoncturel est véritablement mondial : d’après les projections, la production par habitant diminuera dans des pays représentant les trois quarts de l’économie mondiale et la croissance a nettement décéléré dans quasiment tous les pays, par rapport aux taux observés au cours de la période 2003–07. La croissance devrait reprendre en 2010, mais à un rythme de tout juste 1,9 % , elle serait bien molle en comparaison des reprises antérieures, ce qui concorde avec les conclusions du chapitre 3, selon lesquelles les reprises qui font suite à une crise financière sont plus lentes que les autres.
Une incertitude exceptionnelle et des aléas nettement négatifs pèsent sur les perspectives actuelles. La crainte dominante est que les mesures gouvernementales ne suffisent pas à enrayer la spirale néfaste de la détérioration de la situation financière et de l’affaiblissement de l’activité, surtout si l’opinion ne soutient guère les réformes. Les circuits de transmission majeurs seraient les banqueroutes des entreprises et des ménages, qui causeraient une nouvelle chute des prix des actifs et alourdiraient les pertes dans tous les bilans financiers, ainsi que de nouveaux troubles systémiques compliquant encore la tâche à qui s’efforce de rétablir la crédibilité. Par ailleurs, dans un climat de grande incertitude, les mesures budgétaires et monétaires pourraient ne pas porter leurs fruits, car les taux élevés d’épargne de précaution pourraient réduire les multiplicateurs financiers, tandis que les mesures de détente du crédit pourraient ne pas suffire pour ralentir le rythme des désendettements. Sur le plan positif, par contre, l’application énergique de politiques capables de convaincre l’opinion que l’on s’attaque de façon décisive aux problèmes financiers pourrait faire renaître la confiance et raviver les engagements de dépenses.
Même une fois la crise passée, cependant, il y aura une période de transition difficile, le taux de la croissance étant notablement plus bas que dans un passé récent. Il faudra réduire l’effet de levier financier, ce qui implique une expansion plus lente du crédit et une raréfaction des prêts par rapport à ces dernières années, surtout dans les pays émergents et en développement. En outre, les vastes déficits budgétaires devront être résorbés alors même que le vieillissement de la population s’accélère dans un certain nombre de pays avancés. En outre, dans les grands pays avancés, les ménages continueront pendant quelque temps à reconstituer leur épargne. Tout cela pèsera et sur la croissance et sur le potentiel de croissance à moyen terme.
Les enjeux
Ces perspectives incertaines et semées d’embûches appellent une réaction énergique tant sur le planfinancier que sur le front macroéconomique. Les crises financières antérieures enseignent que si l’on tarde à s’attaquer au problème de fond, le marasme économique persiste encore plus longtemps et a un coût encore plus élevé, tant pour le contribuable que pour l’activité économique. Les décideurs doivent songer aux ramifications transnationales des politiques qu’ils choisissent. Les initiatives de soutien des partenaires commerciaux et financiers — à l’aide de plans de relance budgétaires et de concours officiels sous forme de flux de financement internationaux — contribueront à stimuler la demande mondiale, au bénéfice de tous. A contrario, la pente du protectionnisme commercial et financier serait préjudiciable à tous; c’est ce qui ressort clairement de l’histoire des politiques du chacun-pour-soi qui ont fait rage dans les années 30.

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Post-it Re: Perspectives de l'écomonie mondiale

le Sam 2 Mai - 6:27
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Promouvoir la réforme du secteur financier
La priorité des priorités à ce stade est la réforme du système financier. Il est indispensable de progresser de manière convaincante sur ce front pour asseoir la reprise économique; cela renforcerait en outre énormément l’efficacité des efforts de relance monétaire et budgétaire. Pour le court terme, les trois objectifs prioritaires recensés dans les précédentes éditions du GFSR restent d’actualité : 1) veiller à ce que les institutions financières disposent de liquidités, 2) recenser et assainir les actifs improductifs et 3) recapitaliser les institutions frêles, mais viables. Des mesures énergiques ont été prises sur le premier front. Par contre, il importe que les initiatives engagées sur les deux autres fronts progressent de manière plus convaincante.
Une solution durable doit reposer sur la comptabilisation crédible des pertes sur les actifs dévalorisés. Les autorités gouvernementales devront à cet effet établir une méthodologie de base commune pour valoriser de manière crédible les instruments de crédit titrisés, qui doit être fondée sur l’évolution attendue de la situation économique et une tentative d’évaluation de la valeur des futurs flux de revenu. Il importera aussi de réduire considérablement l’incertitude liée aux pertes supplémentaires au titre de ces instruments. Diverses méthodes de résorption des actifs improductifs des banques peuvent donner de bons résultats, à condition qu’elles soient soutenues par des financements suffisants et appliquées de manière transparente.
Les recapitalisations doivent reposer sur une évaluation minutieuse de la viabilité à long terme des institutions, prenant en considération à la fois les pertes déjà accusées et une évaluation réaliste de celles qui pourraient venir s’y ajouter. Moyennant un certain nombre d’hypothèses, le GFSR estime que le montant de capital nécessaire pourrait être de l’ordre de 275 à 500 milliards de dollars pour les banques américaines, de 475 à 950 milliards de dollars pour les banques européennes (non compris celles du Royaume-Uni ) et de 125 à 250 milliards de dollars pour les banques britanniques1. Les superviseurs, évaluant cas par cas les besoins de recapitalisation de chaque banque, devront pouvoir déterminer si ses fonds propres sont de bonne qualité, son financement, son plan d’activité et ses procédures de gestion des risques bien adaptés, sa politique de rémunération appropriée et son équipe de direction solide. Les superviseurs devront aussi déterminer le niveau approprié des fonds propres obligatoires des institutions, en tenant compte des règles minimums en la matière et de la nécessité de volants de réserve pour absorber d’autres pertes inattendues. Les banques viables n’ayant pas suffisamment de fonds propres devraient être rapidement recapitalisées, à l’aide d’injections de fonds publics (accompagnés, si possible, de fonds privés) pour ramener les ratios de fonds propres à un niveau suffisant pour regagner la confiance des marchés. Les autorités devraient aussi être prêtes à fournir des fonds propres sous forme d’actions ordinaires de manière à étayer la confiance et améliorer les perspectives de financement et cela peut signifier que l’État deviendra temporairement actionnaire de la banque, jusqu’à ce qu’une solution puisse être mise au point avec le secteur privé. Pour les institutions financières non viables, il faut une prompte intervention qui débouche sur des fermetures ou des fusions. Le montant de fonds publics requis sera sans doute élevé, mais les besoins risquent de grandir, plus la solution tarde à venir.
Il sera aussi nécessaire de déployer de vastes efforts pour remédier aux difficultés financières des pays émergents. Le secteur des entreprises est très menacé. Le soutien direct de l’État aux emprunts des entreprises peut se justifier. Certains pays ont aussi étendu la garantie des dettes bancaires aux entreprises, en priorité celles qui travaillent à l’exportation, ou ont mis en place des dispositifs de secours pour financer le commerce extérieur au moyen de divers guichets — ce qui aide à maintenir les flux commerciaux et limite les dégâts que subit l’économie réelle. Des plans de secours devraient enoutre être établis en vue d’une éventuelle restructuration de grande envergure au cas où la situation continuerait à se détériorer.
Une coopération internationale plus active est nécessaire pour éviter d’exacerber les tensions transnationales. La coordination et la collaboration sont particulièrement importantes en matière de politique financière pour éviter que les actions d’une nation n’aient des retombées préjudiciables sur d’autres. Dans le même temps, le soutien de la communauté internationale, dont le FMI, peut aider les pays à amortir l’impact de la crise financière sur l’économie réelle et, notamment dans les pays en développement, en limiter les effets sur la pauvreté. Grâce aux récentes réformes visant à assouplir les instruments de prêt en faveur des pays performants pris dans la tourmente, ainsi qu’aux plans présentés au sommet duG-20 pour accroître les ressources à la disposition du FMI, la communauté financière internationale est mieux capable de faire face aux risques liés à un coup d’arrêt brutal aux flux de capitaux privés.
Détente de la politique monétaire
Dans les pays avancés, il convient d’utiliser énergiquement la marge d’assouplissement de la politique monétaire pour contrer les risques de déflation. Bien que les taux directeurs soient proches de zéro dans bien des pays, il convient de se servir sans retard de la marge restante. Il est important, parallèlement, que la stratégie de communication soit claire — les banquiers centraux doivent souligner qu’ils sont déterminés à éviter la déflation en maintenant la détente monétaire aussi longtemps qu’il sera nécessaire. Dans un nombre croissant de cas, l’abaissement des taux d’intérêt devra s’accompagner du recours de plus en plus fréquent à des mesures moins conventionnelles, jouant à la fois sur la taille et la composition du bilan de la banque centrale elle-même pour stimuler l’intermédiation du crédit. Dans la mesure du possible, ces actions doivent être conçues de façon à apporter le maximum d’aide aux marchés désorganisés, tout en laissant au secteur privé les décisions d’affectation du crédit et en préservant le bilan de la banque centrale du risque de crédit.
Les pays émergents vont aussi devoir assouplir leur politique monétaire pour faire face à la dégradation des perspectives. Dans beaucoup de ces pays, toutefois, la tâche de la banque centrale est compliquée par la nécessité de préserver la stabilité extérieure alors que les flux de capitaux sont très fébriles. Dans une bien plus large mesure que dans les pays avancés, le financement des pays émergents peut faire l’objet de perturbations dramatiques — coups d’arrêt — en partie parce que la cote de crédit de l’emprunteur souverain suscite beaucoup plus de préoccupations. Les pays émergents ont aussi eu tendance à emprunter davantage en devises, de sorte qu’une dépréciation marquée du change peut être très préjudiciable aux bilans. C’est pourquoi, bien que la plupart des banques centrales de ces pays aient abaissé les taux d’intérêt, en réponse à l’effondrement de l’économie mondiale, elles ont à juste titre pris soin de maintenir en même temps des incitations pour les entrées de capitaux et d’éviter des mouvements désordonnés des taux de change.
À plus longue échéance, il sera crucial de moduler le tempo auquel il conviendra de mettre fin à l’extraordinaire effort de relance monétaire. En agissant trop vite, on risquerait de compromettre une reprise encore fragile, mais en agissant trop tard, on pourrait risquer la surchauffe et la formation de nouvelles bulles des prix des actifs.
Faire aller de pair relance et viabilité budgétaire
Compte tenu de l’ampleur de la crise et des limites à l’efficacité de la politique monétaire, la politique budgétaire doit jouer un rôle crucial de relance à court terme de l’économie mondiale. L’histoire enseigne que les mesures budgétaires sont particulièrement efficaces pour abréger la durée des récessions causées par des crises financières (chapitre 3). La marge de manoeuvre en ce domaine sera cependant limitée si ces efforts minent la crédibilité de la politique budgétaire. La tâche des autorités est
donc doublement délicate : mettre en oeuvre des mesures expansionnistes à court terme, mais en même temps rassurer l’opinion quant aux perspectives à moyen terme. Il faudra rééquilibrer les finances publiques une fois la reprise assise, et cela peut être facilité par un bon encadrement budgétaire à moyen terme. Il importe toutefois de ne pas amorcer le rééquilibrage trop tôt. Les autorités gouvernementales se sont certes employées à assurer une relance significative en 2009, mais il apparaît maintenant que cet effort devra être à tout le moins poursuivi, voire intensifié en 2010, et que les pays disposant d’une marge de manoeuvre budgétaire devraient être prêts à prendre de nouvelles mesures de relance pour soutenir la reprise. Dans la mesure du possible, il faut que ce soit un effort concerté, puisqu’une partie des effets des mesures adoptées par un pays individuel filtrera à travers ses frontières, mais jouera au bénéfice de l’économie mondiale.
Comment concilier relance et viabilité budgétaire? L’une des clés du dilemme est le choix des mesures de relance. Il faut, autant que possible, qu’elles soient temporaires et que l’État «en ait pour son argent» (on peut songer par exemple à accélérer les dépenses pour des projets déjà programmés ou en cours de réalisation, ou de réduire à titre provisoire les impôts des ménages qui ont du mal à obtenir du crédit). Il est aussi souhaitable de centrer les efforts sur des mesures porteuses d’effets bénéfiques durables sur le potentiel de production de l’économie, par exemple des dépenses d’infrastructures. En deuxième lieu, les initiatives gouvernementales de relance à court terme doivent s’accompagner de réformes visant à renforcer le cadrage budgétaire à moyen terme pour garantir que les déficits de courte durée seront inversés et la dette publique contenue. Troisièmement, dans maints pays, il serait crucial pour assurer la viabilité des finances publiques de trouver des solutions concrètes aux problèmes budgétaires que pose le vieillissement de la population. Le coût de la crise financière — certes considérable — est éclipsé par celui que va faire peser sur le budget la hausse des dépenses de sécurité sociale et de santé pour les personnes âgées. Une réforme crédible de ces programmes n’aura peut-être guère d’effets immédiats sur les comptes publics, mais pourrait changer du tout au tout les perspectives d’avenir, et donc préserver la marge requise pour assurer une relance budgétaire à court terme.
Enjeux pour le moyen terme
La cause profonde de la défaillance des marchés qui a conduit à la crise actuelle est l’optimisme engendré par une longue période de forte croissance, de taux d’intérêt bas et peu fluctuants, à quoi s’ajoutent les insuffisances des politiques économiques. La réglementation financière n’était pas adaptée pour faire face à la concentration des risques et aux incitations fallacieuses masquées par l’explosion de l’innovation financière. La politique macroéconomique ne prenait pas la mesure de l’accumulation des risques systémiques au sein du système financier et sur les marchés immobiliers.
Les décideurs sont donc confrontés à des enjeux considérables pour le moyen terme. Sur le plan des finances publiques, il importe maintenant de s’employer à élargir le champ de la réglementation et à la rendre suffisamment souple pour qu’elle couvre l’ensemble des institutions concernées. Il est nécessaire par ailleurs que la régulation devienne plus macroprudentielle, ce qui supposerait la mise en place de structures compensatoires pour modérer les effets procycliques, de solides mécanismes d’équilibrage de l’offre et de la demande, de règles comptables pour prendre en compte les titres illiquides, de règles de transparence à propos de la nature et de la localisation des risques pour promouvoir la discipline des marchés, et d’un système plus performant de gestion de la liquidité.
Sur le plan macroéconomique, les banques centrales devront aussi adopter une perspective macroprudentielle plus vaste, en étant dûment soucieuses de la stabilité financière autant que de la stabilité des prix, en prenant en considération les mouvements des prix des actifs, les booms du crédit, l’effet de levier et la montée des risques systémiques. Les responsables budgétaires devront faire baisser les déficits et placer la dette publique sur une trajectoire viable.
Il est indispensable de renforcer la coordination et la collaboration internationales, au moyen desystèmes d’alerte avancée plus efficaces et d’avertissements plus francs lorsque des risques se profilent. La coopération sur le plan financier est particulièrement cruciale, en raison des énormes retombées que les mesures prises dans un pays peuvent avoir sur les autres. Parallèlement, l’achèvement rapide du cycle de négociations commerciales multilatérales de Doha pourrait raviver les perspectives de croissance mondiale et le solide appui des instances bilatérales et multilatérales, dont le FMI, pourrait aider à limiter les retombées économico-sociales négatives de la crise financière sur les pays émergents et en développement.
Source:[PDF] PERSPECTIVES DE L'ÉCONOMIE MONDIALE avril 2009 Résumé analytique

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Post-it Re: Perspectives de l'écomonie mondiale

le Jeu 11 Mar - 13:48
Pékin défend ses parts du «gâteau» africain

Accusée de pratiquer un «capitalisme sauvage» sur le continent africain, la Chine a vivement rétorqué à l’occasion de la session parlementaire qui se tient en ce moment à Pékin, pour rappeler que l’impact de sa présence en Afrique n’a rien de néfaste par rapport à celle du bloc occidental, notamment dans le domaine de l’énergie où les Etats-Unis et l’Europe importent 60% de la production africaine de pétrole.

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Indexée par la communauté internationale comme «nouveau colon» du continent africain et prospecteur boulimique de matières premières, la Chine n’est pas restée muette aux nombreuses accusations dont elle fait l’objet sur sa présence dans le pré-carré africain des anciens colons et bloc occidental.

En session parlementaire à Pékin, le gouvernement chinois a vivement critiqué les détracteurs de sa politique africaine, qui cacherait mal l’inquiétude de ces grandes puissances de se voir ravir leur hégémonie sur les richesses du sol africain.

Le ministre chinois des Affaires étrangères, Yang Jiechi, a déploré «que dans la communauté internationale, certains ne veulent pas voir se développer les relations sino-africaines et font une affaire de la coopération entre la Chine et l'Afrique dans l'énergie», rappelant que son pays ne consomme que 13 % de la production africaine de pétrole, alors que les Etats-Unis et l’Europe en importent à eux deux près de 60 %.

«Je ne vois aucune raison d’écarter la Chine de l’exploration des ressources africaines, sur une base juste et profitable à tous. La coopération chinoise avec l’Afrique permet de transformer ses ressources en projets concrets de développement. Nous aidons aussi l’Afrique à construire de nouveaux chemins de fer, des routes et des ponts. La Chine collabore aussi bien avec les pays producteurs d’énergie qu’avec les autres pays», a poursuivi le chef de la diplomatie chinoise lors d’une conférence de presse le 7 mars dernier à Pékin.

Et de conclure que «l'Afrique appartient au peuple africain», appelant au respect de «sa liberté de choisir ses partenaires de coopération et ses amis».

Selon les statistiques chinoises, les investissements directs chinois en Afrique sont passés de 491 millions de dollars en 2003 à 7,8 milliards fin 2008. Les échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique ont quant à eux décuplé depuis le début de la décennie pour atteindre 106,8 mds USD en 2008.

Certains analystes prévoient que la Chine devancerait les Etats-Unis en 2020 pour être la première puissance économique mondiale. Une perspective qui a de quoi effrayer les tout puissants USA, en tout cas suffisamment pour mettre des bâtons dans les roues de la machine économique chinoise.

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Post-it Re: Perspectives de l'écomonie mondiale

le Lun 3 Mai - 16:50
Crise grecque: l’incompétence des leaders européens

Où est l’Europe ? La question est posée par le New York Times qui analyse la faiblesse de la réponse des dirigeants politiques européens comme des responsables des institutions européennes à Bruxelles à la crise grecque. Les premiers « n’ont pas réussi à surmonter leurs intérêts nationaux et à s’entendre rapidement sur une politique cohérente pour faire face au problème ». Les seconds, du président du Conseil européen Herman Van Rompuy, au président de la Commission José Manuel Barroso, en passant par Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe, sont restés largement invisibles et silencieux. Résultat, c’est au FMI que revient aujourd’hui »le fardeau de définir un programme de restructuration crédible pour la Grèce » et la crédibilité de l’Union européenne risque d’être durablement compromise.

On connait les raisons de la procrastination allemande avec, entre autres, l’impact des élections régionales du 9 mai en Rhénanie du Nord-Westphalie sur l’attitude de la chancelière Angela Merkel. D’ores et déjà, l’incapacité européenne à agir de façon décisive « a fait un énorme dommage politique » en « diminuant la confiance entre les États membres » affirme Janis A. Emmanouilidis, analyste du European Policy Center à Bruxelles. Les leaders de l’Union européenne « ne sont pas à la hauteur » affirmait Theodoros Pangalos, vice-premier ministre grec, en février, à la télévision grecque. « Je crois que si Delors était aux commandes à Bruxelles, Mitterrand en France et Kohl en Allemagne, les choses seraient différentes ». Verdict sans appel de l’hebdomadaire The Economist: « Grâce à leur extraordinaire incompétence, les leaders de l’Europe ont presque assuré que le sauvetage de la Grèce échoue avant d’avoir commencé. Ils le paient aujourd’hui ». Sous le titre évocateur « Acropolis now », l’éditorialiste estime que « l’Europe ne sortira pas de cette crise sans une refonte de son mécanisme de prise de décision et un changement de ton de la part de l’Allemagne ». Pour convaincre les marchés que le climat politique a changé, ajoute-t-il, les pays de la zone euro « devraient créer un comité de gestion de la crise, avec le pouvoir de prendre des décisions ».

A terme, la question de la pertinence et de l’efficacité respectives des capacités nationales et européennes de gestion de crise est posée. A l’heure de la mondialisation, faut-il privilégier le niveau national ou le niveau européen ? L’euro est-il un « piège » qui empêche chacun des pays de la zone d’ajuster ses taux de change, comme l’affirme l’économiste américain Paul Krugman ? La crise conduira-t-elle à plus d’intégration européenne, notamment dans le domaine de la coordination des politiques budgétaires ? Certains le jugent inévitable. D’autres sont sceptiques. « La plupart des Européens en ont déjà assez de « plus d’Europe » et, souligne le New York Times, « il est très probable que la cour constitutionnelle allemande qui a déjà mis des limites aux transferts de souveraineté à l’Union européenne, rejetterait une telle supervision européenne ».

Paradoxe, souligné par Dominique Reynié, directeur de la Fondation pour l’innovation politique, « des questions sont posées aux nations, pas à l’Union européenne, mais les nations ne peuvent gérer seules ce problème ».

Par François d'Alançon

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Post-it Re: Perspectives de l'écomonie mondiale

le Mer 12 Mai - 15:56
Tokyo profite des bons résultats de Toyota et de Hitachi


A la mi-séance, la Bourse japonaise évolue dans le vert ce mercredi (+0,52%) portée par les bons résultats annoncés la veille par Toyota et Hitachi.

A la Bourse de Tokyo, à la mi-séance, le Nikkei progresse de 0,5% à 10.464,80 points. De son côté, l'indice plus large le Topix gagne 0,6% à 937,40 points.

Le marché nippon semble percevoir les signes d'une reprise de l'économie mondiale grâce aux bons résultats affichés par plusieurs sociétés phares au Japon. Toyota et Hitachi ont notamment affiché la veille de bons résultats en annonçant des perspectives d'augmentation de bénéfices annuels. D'ailleurs, Kiyoshi Ishigane, un stratège à Tokyo Mitsubishi UFJ a déclaré : "la reprise économique mondiale est en constante progression" et il prévoit que "la tendance à la hausse pour les bénéfices des entreprises vont se poursuivre".

Parmi les gagnants ont retrouve bien évidemment, Toyota, le premier constructeur automobile mondial dont la valeur bondit de 2,6% et celle de Hitachi qui gagne 4,2%. NTT Data, un fournisseur de services de réseau, s'est également envolé de 11% après avoir relevé ses perspectives de bénéfices.

De son côté, Sumitomo Metal Mining bondit de 4,5%, le producteur d'or japonais a annoncé a également revu à la hausse ses prévisions de résultats grâce à la nette hausse du prix de l'or. D’autres valeurs aurifères profitent du prix de ce métal précieux comme les sociétés Asahi et Matsuda Sangyo qui sont également en nette augmentation. Asahi bondit de 3,6% à 1627 yens, tandis que Matsuda Sangyo gagne de 2,6% à 1652 yens.


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Post-it Re: Perspectives de l'écomonie mondiale

le Lun 24 Mai - 3:56
Washington et Pékin diffèrent sur la crise européenne

Américains et Chinois ont porté dimanche à Pékin une appréciation différente sur l'impact de la crise financière en Europe sur la reprise de l'économie mondiale.

A la veille de l'ouverture à Pékin du Dialogue stratégique et économique engagé entre les deux puissances, un haut responsable du département américain du Trésor a évoqué un impact limité et dit la confiance de Washington dans la capacité des Européens à gérer la crise.

Le ministre chinois des Finances juge pour sa part que les difficultés nées de la crise de la dette grecque compliquent la reprise.

"Pour l'heure, les risques découlant de la dette souveraine européenne ont accru les facteurs d'instabilité sur la voie d'une reprise économique mondiale", écrit Xie Xuren dans une tribune publiée par le Washington Post.

Face à la dépréciation de l'euro, certains économistes estiment que la Chine pourrait différer toute décision sur une éventuelle revalorisation du yuan en estimant que ses ventes en Europe pourraient souffrir de la baisse de la monnaie unique.

La question du yuan est particulièrement importante dans les relations sino-américaines. A Washington, on estime que la devise chinoise ne reflète pas vraiment la réalité et que sa sous-valorisation favorise les exportations Made in China.

Parce que le sujet est sensible, le haut représentant de l'administration américaine a insisté sur le fait qu'il appartenait à Pékin de déterminer sa politique monétaire, et donc de fixer le cours du yuan.

Mais il a souligné dans le même temps que la croissance chinoise était de plus en plus alimentée par la demande intérieure et qu'elle était donc moins dépendante de ses exportations, soumises aux aléas des changes.

Sur l'Europe, il a par ailleurs expliqué que les Etats-Unis avaient confiance dans la capacité des Européens à gérer les risques qui pèsent sur leur croissance.

Mais, au terme d'une semaine marquée par la décision unilatérale de l'Allemagne d'interdire certains types de transactions, ce haut responsable a jugé que les mesures unilatérales nuisaient à la confiance plus qu'elles n'aidaient à la restaurer.

Le gouvernement fédéral allemand a annoncé cette semaine l'interdiction des ventes à découvert à nu sur les emprunts d'Etat et les CDS (titres couvrant de potentiels défauts de paiement sur la dette souveraine des Etats).

Les ventes à découvert à nu, mécanisme de spéculation à la baisse censé améliorer la liquidité sur les marchés, permettent à un trader de vendre un titre qu'il ne possède pas et qu'il n'a pas les moyens d'acquérir.

La délégation américaine à Pékin sera conduite par le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, et la secrétaire d'Etat, Hillary Clinton.

De Pékin, Geithner se rendra ensuite en Europe, où il est attendu à Londres, Francfort et Berlin.

Par:Henri-Pierre André

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Post-it Re: Perspectives de l'écomonie mondiale

le Mar 25 Mai - 0:03
La croissance de retour en Afrique

Lancement à Abidjan des « Perspectives économiques en Afrique 2010 »

Les progrès futurs de l'Afrique dépendront:

· de la bonne gouvernance politique et économique

· de l’amélioration des infrastructures

· du commerce intra-régional

· de la réduction des inégalités et de la pauvreté

· de l’amélioration de la mobilisation des ressources publiques


Abidjan, le 24 mai 2010 – L'édition 2010 des Perspectives économiques en Afrique (PEA) a été lancée le lundi 24 mai 2010 à Abidjan, trois jours avant l'Assemblée annuelle du Conseil des gouverneurs de la Banque africaine de développement (BAD).

Axé sur le thème: «La mobilisation des ressources publiques et l'aide», le rapport souligne que la crise économique mondiale a arrêté la période de forte croissance économique en Afrique, réduisant la croissance du PIB du continent d'une moyenne d'environ 6% en 2006-2008 à 2,5 % en 2009.

Les Perspectives économiques en Afrique est publié conjointement par la Banque africaine de développement (BAD), l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA). L'édition 2010 contient des rapports complets, des analyses et des informations exhaustives sur 50 pays africains.

«Du fait de la perspective d'une reprise tout juste modérée dans un certain nombre de pays africains, il est encore plus urgent de s'attaquer aux problèmes structurels qui existaient avant même la crise mondiale, et qui ont réduit le potentiel de croissance et entraîné des niveaux élevés de pauvreté», a déclaré Léonce Ndikumana, directeur du département de la Recherche à la BAD.

Le rapport note que compte tenu du rythme de la croissance démographique, la croissance du PIB par habitant est devenue presque nulle. La croissance moyenne devrait rebondir à 4,5% en 2010 et 5,2% en 2011.

«La bonne nouvelle, c’est que le continent a fait preuve de résilience face à la crise. La mauvaise nouvelle, c’est que, malgré la relance de la croissance prévue, le ralentissement pourrait rendre plus difficile pour certains pays africains l’atteinte des objectifs de développement pour le millénaire (ODM) visant à réduire de moitié le nombre de personnes vivant dans la pauvreté d'ici 2015», a déclaré Henri-Bernard Solignac-Lecomte, chef du Bureau Europe, Afrique et Moyen-Orient au Centre de développement de l'OCDE.

Le rapport met également en évidence l’inégalité de la reprise à travers le continent : l'Afrique australe, qui a été plus durement touchée en 2009, devrait se relever plus lentement que les autres régions, avec une croissance moyenne de près de 4% en 2010-2011.

L’Afrique de l'est, qui a le mieux résisté à la crise mondiale, devrait à nouveau atteindre la plus forte croissance, avec plus de 6% en moyenne en 2010-2011, alors que l’Afrique du nord et l’Afrique de l'ouest devraient toutes les deux connaître une croissance d'environ 5%, et l'Afrique centrale 4% au cours de la même période. Une tendance semblable prévaut dans tous les secteurs.

Le rapport indique que l'Afrique s'est avérée être plus résistante à la crise mondiale que certains observateurs le craignaient, et cela est dû aux politiques macro-économiques saines en place avant la récession, qui se sont traduites par une amélioration des fondamentaux de l’économie dans de nombreux pays africains. Combiné avec des flux d'aide soutenus, les allégements antérieurs de la dette et les prêts du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement, ce facteur a permis d’adopter des politiques contre-cycliques qui, à leur tour, ont atténué l'impact de la crise. Toutefois, les défis aux politiques demeurent.

L’édition 2010 des Perspectives économiques en Afrique comporte une étude spéciale sur la mobilisation des ressources publiques, ou la fiscalité, un moyen pour les gouvernements africains de devenir moins dépendants de l'aide sur le long terme, à l’avantage des bénéficiaires et des donateurs. Il ya de très grandes différences dans la performance des différents pays en matière de collecte des taxes.

Le rapport explique que les stratégies pour une plus grande efficacité, une meilleure efficience, et davantage d’équité face aux impôts en Afrique reposent typiquement sur l'élargissement de l'assiette fiscale existante. Les options politiques comprennent la répression de la fraude fiscale, la suppression des avantages fiscaux, en particulier pour les grandes entreprises et les grands commerçants, la lutte contre les techniques de manipulations des prix par les multinationales et une imposition plus juste et plus transparente des industries extractives.

À titre prospectif, le rapport indique que l’avenir des progrès de l'Afrique dépendra de la bonne gouvernance politique et économique, de l'amélioration des infrastructures, du commerce intra-régional, de la réduction des inégalités et de la pauvreté, ainsi que l'amélioration de la mobilisation des ressources publiques.

Les conclusions de l'édition 2010 des Perspectives économiques en Afrique feront l’objet d’un débat par les ministres africains et les dirigeants des entreprises qui investissent dans la région, dans le cadre du 10e Forum économique international sur l'Afrique, prévu le 11 juin au ministère français de l'Economie, de l'industrie et de l'emploi.

Le lancement a été présidé par l'économiste en chef et vice-président de la BAD, Mthuli Ncube. Henri-Bernard Solignac-Lecomte, chef du Bureau français du Centre de développement de l'OCDE, Emmanuel Nnadozie, directeur de la division du développement économique de la CEA et du NEPAD, et Thierry de Saint-Maurice, chef de la Délégation de la Commission européenne en Côte d'Ivoire, ont fait des observations très éclairantes sur le rapport.

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Post-it Re: Perspectives de l'écomonie mondiale

le Dim 30 Mai - 23:08
SOMMET :AFRIQUE-FRANCE

- 38 dirigeants africains pour parler business et stabilité

La France accueille lundi et mardi à Nice 38 dirigeants africains pour le 25e sommet Afrique-France, une rencontre présentée comme celle du "renouveau", faisant la part belle aux puissances nigériane et sud-africaine, en s'efforçant de ne pas fâcher les vieux alliés francophones.

Ce sommet est le premier du genre pour Nicolas Sarkozy, qui a plusieurs fois dit sa volonté de sortir des anciens réseaux d'influence pour favoriser plus strictement les intérêts de la France, qui n'a plus vocation à être le gendarme de l'Afrique. Le président français soignera en particulier le président de la locomotive continentale sud-africaine, Jacob Zuma, qui fait le déplacement à quelques jours du coup d'envoi de la Coupe du monde de football. Un déjeuner en tête à tête est prévu.

Un long aparté est aussi programmé avec le Nigérian Goodluck Jonathan, qui a prêté serment le 6 mai après le décès du président Umaru Yar'Adua, prenant les rênes du pays le plus peuplé d'Afrique qui dispute à l'Angola la place de premier exportateur de pétrole africain. Autre présence notable, celle de l'Algérien Abdelaziz Bouteflika, qui pourrait marquer un dégel des difficiles relations entre Alger et Paris.

"Trade, not aid" (du commerce, pas de l'aide)

Ce sommet de la "normalisation", selon plusieurs experts, sera axé sur l'économie, avec une série de rencontres entre entreprises françaises et africaines. L'idée est d'adopter une approche pragmatique, sur le modèle du "Trade, not aid" (du commerce, pas de l'aide) anglo-saxon, qui propose une aide destinée à doper les secteurs de croissance. Et de contrer la Chine, qui offre des milliards et des infrastructures en échange de matières premières. Autre changement : ces traditionnelles grands-messes bisannuelles seront désormais organisées "tous les trois ans".

À Nice, la rencontre sera coprésidée par le président français et son homologue égyptien Hosni Moubarak, qui accueillera le prochain sommet en 2013. Initialement prévu en Égypte, le choix final de la Côte d'Azur a permis à Paris d'éviter la présence du Soudanais Omar el-Béchir, visé par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale et qui enverra un représentant. Seuls deux des 53 pays africains ne seront pas représentés : le Zimbabwe, dont le président Robert Mugabe est en disgrâce internationale, et Madagascar, en pleine crise politique.

À la faveur de l'instauration de "transitions consensuelles", selon l'Élysée, les putschistes guinéen et nigérien ont été invités. Les traditionnels alliés de Paris (Cameroun, Gabon, Congo) ont confirmé leur présence, ainsi que des représentants de l'Union africaine, de l'Union européenne et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. En revanche, l'Ivoirien Laurent Gbagbo boycottera un sommet auquel il ne participe plus depuis 2002.

Trois grands huis clos

Le sommet s'articulera autour de trois grands huis clos entre chefs d'État portant sur la "place de l'Afrique dans la gouvernance mondiale", le "renforcement de la paix et de la sécurité", les questions de "climat et développement". "On ne pourra résoudre aucun problème international majeur sans parler aux Africains. Cela suppose qu'ils aient une juste place dans les institutions internationales (ONU, G20)", explique-t-on à l'Élysée. Concernant les enjeux environnementaux, Paris cherche à établir une "position commune" avec les pays africains, avant la conférence sur le climat prévu à l'automne à Cancún (Mexique). "Ce que j'attends de la France - mais aussi de M. Obama -, c'est qu'elle nous aide à être présents là où se prennent les grandes décisions", a confié dimanche le président sénégalais Abdoulaye Wade, au journal Le Parisien.

Si la France vante aujourd'hui un "lien rénové", elle n'oublie pas ses vieux amis : les dirigeants des 14 ex-colonies françaises fêtant leurs 50 ans d'indépendance cette année sont tous invités à un sommet "familial" les 13 et 14 juillet à Paris, avec défilé des troupes sur les Champs-Élysées.

http://www.lepoint.fr

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Post-it Re: Perspectives de l'écomonie mondiale

le Sam 5 Juin - 1:53
L'Afrique n'a pas besoin de la France

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Lors du 25e sommet Afrique-France, Nicolas Sarkozy a tout fait pour réunir le maximum de dirigeants africains. Mais Paris a de moins en moins de poids dans l'économie du continent.

«La France n'a pas besoin de l'Afrique», avait déclaré Nicolas Sarkozy en 2006 lors d'une visite à Bamako, la capitale du Mali. Mais il semble avoir changé d'avis. Pendant le 25e sommet Afrique France qui s'est tenu du 31 mai au 1er juin 2010 à Nice, le chef de l'Etat français a fait tout son possible pour réunir la grande majorité des dirigeants africains. Et surtout, il a mis l'accent sur le développement des relations économiques avec l'Afrique. Le président avait d'ailleurs invité les grandes entreprises françaises à participer à la rencontre.

«Ce sommet avec les thèmes mis sur la table (gouvernance, sécurité et climat), avec la présence des entreprises, tourne la page d'une relation complexe et complexée», a déclaré le président français. Mais malgré ce changement de cap annoncé, la France aura le plus grand mal à conserver ses positions sur le continent. Dans les années soixante, l'Afrique représentait 40% des exportations françaises, contre 2% à l'heure actuelle.

La bataille commerciale est d'autant plus dure que l'Afrique recommence à susciter des convoitises. Et la France n'y a plus de chasse gardée. Même dans le pré carré francophone. De plus en plus de pays investissent sur le continent. La Chine n'est pas la seule à tisser sa toile. Loin s'en faut.

LA CHINE

En dix ans, elle a décuplé ses échanges commerciaux avec le continent, devenant le premier partenaire commercial de l'Afrique noire. En 2008, ses échanges commerciaux ont atteint 108 milliards de dollars. Pékin a récemment signé des accords portant sur des milliards de dollars avec la République démocratique du Congo et le Nigeria. Elle construit des routes, des stades et des hôpitaux sur tout le continent.

Contrairement aux Occidentaux, la Chine n'impose pas de conditions politiques en échange de ses investissements. Elle est ainsi devenue un partenaire majeur de pays en froid avec l'Occident, tels que le Soudan, le Zimbabwe ou l'Angola. Elle investit de préférence chez ceux qui possèdent de grandes ressources en matières premières tels que le Soudan, l'Angola, la RDC ou le Gabon. Mais, même dans des pays comme le Bénin qui ne dispose pas de matières premières en abondance, elle est devenue très influente. Signe des temps, la France n'est plus le premier partenaire commercial du Bénin. C'est désormais la Chine.

LE JAPON

Inquiet de la présence massive de la Chine en Afrique, le Japon a récemment décidé d'investir massivement sur le continent. Pour l'instant, Tokyo est surtout présent dans le domaine de l'aide au développement, notamment dans le secteur de l'agriculture ou dans celui du développement de l'énergie solaire.

LES ÉTATS-UNIS

Voulant diversifier leurs sources de pétrole et devenir moins dépendants du Moyen-Orient en la matière, ils investissent tout particulièrement dans le golfe de Guinée. Au Nigeria, mais aussi en Angola, pays qui fut longtemps leur adversaire politique.

Les Etats- unis sont le principal partenaire politique de l'Afrique du Sud, du Nigeria et du Kenya. Pays particulièrement influents sur le continent. Par ailleurs, Washington est de plus en plus présent en Afrique francophone, notamment dans le Sahel. Au nom de la lutte contre al-Qaida, des liens étroits sont tissés avec les autorités maliennes.

L'INDE

Plus discrète que la Chine, elle est très active sur le continent notamment à travers son importante diaspora présente dans toute l'Afrique anglophone, en particulier en Afrique du Sud, au Nigeria, au Kenya, en Ouganda ou au Malawi. Le cinéma et les séries télé indiennes font un tabac sur le continent noir.

LE BRÉSIL

Occupe une place croissante dans l'économie de pays tels que l'Angola qui connaît l'une des croissances les plus rapides en Afrique, grâce à la manne pétrolière. Le Brésil investit tout particulièrement dans le domaine pétrolier. Mais il est aussi très présent dans celui de la culture. Les Angolais sont de grands consommateurs de telenovelas brésiliennes. La nouvelle bourgeoisie -notamment les jeunes femmes- a pris l'habitude de faire des week-ends shopping au Brésil. Le Portugal, l'ancienne puissance coloniale, n'attire plus autant. Signe des temps, des milliers de Portugais font la queue au consulat d'Angola à Lisbonne afin d'obtenir des visas pour venir travailler dans ce pays perçu comme un «nouvel eldorado».

LES PAYS DU GOLFE

Investissent massivement en Afrique du Nord, mais aussi en Afrique noire, notamment au Sénégal. Très présents dans le secteur des télécoms, mais aussi de l'hôtellerie, ils ont récemment obtenu la gestion du port de Dakar jusqu'alors chasse gardée du group français Bolloré. La Libye aussi investit massivement sur tout le continent, de Bamako à Cotonou jusqu'en Afrique australe. Même le Malawi n'est pas épargné par les investissements du colonel Kadhafi.

L'IRAN

Développe des relations étroites avec des pays «parias» tels que le Zimbabwe. Mais entretient aussi d'excellents rapports avec le Sénégal, comme vient de le montrer récemment l'affaire Clotilde Reiss. Karim Wade, le fils du président Abdoulaye Wade a effectué plusieurs séjours à Téhéran. Par ailleurs, la religion chiite gagne aussi du terrain en Afrique, notamment au Maghreb. L'hebdomadaire francophone marocain, le Journal avait consacré à ce nouveau phénomène une une intitulée «Bienvenue chez les chiites».

LA GRANDE-BRETAGNE

Le Royaume-Uni a conservé des liens très étroits avec les pays qui comptent le plus sur le continent, notamment le Kenya, l'Afrique du Sud et le Nigeria. Une influence discrète mais réelle. A l'indépendance, un certain nombre de Britanniques sont restés sur place et ont conservé leurs terres. Au Kenya, les «white kenyans», les Anglais qui ont pris la nationalité kenyane, sont toujours très puissants dans le domaine économique.

Au Rwanda, Londres a supplanté Paris. Le régime de Paul Kagamé accorde d'ailleurs sa préférence à la langue anglaise.

L'ALLEMAGNE

Beaucoup moins médiatisée que celle des Français, l'influence économique des Allemands est grande, notamment en Namibie, au Nigeria et en Afrique du Sud, le pays qui représente 40% du PIB africain. L'Allemagne a longtemps été le premier partenaire économique de l'Afrique du Sud. Selon le Spiegel, près de 100.000 Allemands vivent dans la région du Cap.

«Si la France n'a pas besoin de l'Afrique», comme l'affirmait Nicolas Sarkozy en 2006, l'inverse semble aussi vrai. Surtout dès lors que le PIB de l'Afrique progresse de près de 5% par an depuis une décennie.

Par:Pierre Malet

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Post-it Re: Perspectives de l'écomonie mondiale

le Sam 5 Juin - 3:22
Cartographie — Economie et finance

Qui détient les bons du trésor des Etats-Unis ?


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Philippe Rekacewicz — novembre 2008

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Post-it Re: Perspectives de l'écomonie mondiale

le Sam 5 Juin - 3:32
Washington perd l’initiative

Finance, puissances... le monde bascule

Les uns après les autres, les chiffres de l’emploi tombent : 6 000 suppressions chez Renault, 1600 chez Nissan, 3 500 chez Daimler-Benz. Dans la construction, les licenciements s’accélèrent. Alors qu’aux Etats-Unis 159 000 postes sont passés à la trappe en septembre, en Chine le ralentissement est patent. Selon le Bureau international du travail (BIT), le chômage devrait toucher 210 millions de personnes dans le monde d’ici à la fin 2009 ; 20 millions de plus qu’actuellement. La « crise », on le voit, a des implications concrètes, quasiment ignorées des plans de sauvetage gouvernementaux, lesquels se contentent de renflouer les banques. Si le sommet entre les pays industrialisés et les pays émergents (G20), prévu le 15 novembre, est exceptionnel par sa composition, il vise surtout à « nettoyer » le système des excès — et non à le remettre en cause. Pourtant, tout y invite : l’articulation de la finance et des services à la production matérielle, aujourd’hui complètement déconnectés ; l’ardente obligation de préserver la planète qui pousse à modifier modes de fabrication et styles de vie ; la prise en considération d’une nouvelle géopolitique des capitaux — la Chine est devenue le banquier des Etats-Unis — et de rapports de forces internationaux en ébullition.

L’anecdote a couru de banques en institutions financières, avant d’arriver dans les salles de presse du monde entier : c’est sur un coup de téléphone du président chinois Hu Jintao à son homologue américain George W. Bush que Fanny Mae et Freddie Mac, les deux spécialistes du crédit hypothécaire, ont été sauvés de la faillite, en septembre 2008 : les autorités chinoises avaient menacé, dans le cas contraire, de ne plus acheter de bons du Trésor américain. Les Etats-Unis se seraient inclinés. Du côté de Washington, on dément. Du côté de Pékin, on se contente de sourire... et de renvoyer aux faits : Fanny Mae et Freddie Mac ont évité la débâcle, et les prêts chinois — 595,9 milliards de dollars — ont été garantis. Apocryphe ou pas, l’histoire n’en est pas moins symbolique des changements en cours dans la géopolitique des capitaux.

Les Etats-Unis ne sont plus en mesure de décider seuls des affaires financières du monde. Ils sont sur la sellette. En pleine Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU), la soixante-troisième du nom, le 24 septembre, M. Bush a dû écouter, en direct, les reproches de plusieurs chefs d’Etat faisant remarquer qu’il fut un temps où son administration « faisait la leçon aux autres nations sur les avantages des marchés sans entrave », alors qu’aujourd’hui « elle renie sa propre médecine en proposant un renflouement des institutions financières ».

Quelques jours plus tard, lors du « Davos chinois », qui rassemble le gotha de la finance mondiale à Tianjin, en Chine, ce fut au tour des économistes et dirigeants locaux de rappeler qu’ils avaient eu raison de ne pas céder aux pressions pour une totale libéralisation de leur système financier. « Quand nous avons vu les régulateurs américains abaisser le niveau d’apport personnel à zéro, puis inventer des prêts hypothécaires inversés, nous nous sommes dit : “C’est ridicule” », a indiqué M. Liu Mingkang, président de la Commission de régulation bancaire. Ces dernières années, M. Liu s’est employé à remettre de l’ordre (un peu) dans ce secteur fort mal en point, en prenant soin de garder la main de l’Etat sur les marchés, sans illusion sur celle — invisible — des... marchés. Et M. Liu d’ajouter : « Finalement nous avons compris que beaucoup de choses que nous avions apprises de nos professeurs étaient fausses. » L’ironie n’échappa pas aux banquiers présents, qui plaidèrent coupables — une première sur la planète finance. « Nous avons fait d’énormes bourdes en matière de politique monétaire », a expliqué M. Stephen Roach, président de Morgan Stanley en Asie, pointant du doigt la politique de la Banque centrale américaine, la Fed, qui a poussé le pays dans une « orgie de consommation ».

Par parenthèse, l’« orgie » en question concerne une infime minorité de la population. Si les 1 % des Américains les plus riches se partagent un cinquième des revenus du pays — un record historique —, le salaire médian a quasiment stagné entre 2000 et 2007 (+ 0,1 % par an)... C’est moins la consommation qui a grimpé trop haut que les salaires qui sont descendus trop bas, contraignant à emprunter pour se loger, éduquer les enfants ou se soigner (les tarifs des assurances-santé, par exemple, ont flambé). De plus, les grosses fortunes et les grands groupes ont choisi d’investir ailleurs au détriment du potentiel industriel, obligeant à importer plus et à exporter moins — d’où les déficits.

En fait, l’Amérique du haut s’enrichit et pousse celle du bas vers les institutions de crédit afin d’éviter de payer des salaires décents. Et c’est le Sud qui solde les comptes.

Ainsi, au lieu d’aller des pays du Nord vers les pays du Sud — ce qui fut le cas jusqu’au milieu des années 1980 —, les capitaux suivent désormais le chemin inverse. Ce sont principalement les pays émergents qui comblent les déficits américains, en achetant des bons du Trésor, ces emprunts émis par Washington et contractés à 80 ou 90 % par l’étranger (voir la carte).

Bien sûr, le Japon, très développé, demeure le plus fidèle acheteur de ces titres (1 197 milliards de dollars) . Mais Pékin se situe en deuxième position (922 milliards de dollars). La Chine n’est plus seulement l’« atelier du monde », elle est devenue le banquier des Etats-Unis. Et, si l’on inclut les autres grands détenteurs de la région (Hongkong, Corée du Sud, Singapour), l’Asie absorbe plus de la moitié de la dette publique américaine accumulée à l’étranger. S’y ajoutent les pays exportateurs de pétrole, gros pourvoyeurs de fonds (deux fois moins que les Chinois, toutefois), ainsi que des nations émergentes comme le Mexique ou le Brésil... La Russie, si décriée par le président Bush, figure parmi les vingt premiers prêteurs mondiaux. Comme quoi l’on peut échanger des déclarations vengeresses et ouvrir grand son tiroir-caisse.

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Post-it Re: Perspectives de l'écomonie mondiale

le Sam 5 Juin - 3:40
D’abord, la défense de ses propres intérêts

Il n’en reste pas moins que, selon le dicton, « qui paie le bal mène la danse », ou espère bien la mener un jour. On imagine l’émoi de Wall Street si, par hypothèse, la Chine réduisait ses financements ou envisageait de faire la grève des achats de bons du Trésor. Tel n’est pas l’état d’esprit des autorités de Pékin. « Nous devons nous unir », a même expliqué le premier ministre chinois Wen Jiabao dans un entretien au magazine américain Newsweek : « En ces temps si difficiles, a-t-il précisé, la Chine a rejoint les Etats-Unis. Et nous pensons qu’un tel coup de main devra aider à stabiliser l’économie et la finance mondiales, et empêcher un chaos majeur. Je crois que la coopération est indispensable . » On peut, comme certains commentateurs, y voir la preuve d’une alliance idéologique entre tenants du capitalisme. Plus prosaïquement, Pékin essaie de défendre ses intérêts. « Si cela allait mal du côté du secteur financier américain, assure le premier ministre, nous serions inquiets pour la sécurité des capitaux chinois. » Cela vaut pour l’extérieur — la chute boursière n’a pas épargné les avoirs chinois à l’étranger — comme pour l’intérieur du pays.

En effet, les achats de bons du Trésor, qui ont permis de financer le déficit américain, et de prêter aux Etats-Unis pour qu’ils achètent les productions chinoises à bas prix, ne sont que la partie visible de l’iceberg. Pékin possède la plus grande réserve mondiale de dollars (près de 2 000 milliards) . Cela représente plus des deux tiers d’une année de production chinoise. Si le tsunami emportait le système financier américain, entraînant le billet vert dans la tourmente, le pactole chinois se dégonflerait comme une baudruche. C’est également ce qui empêche Pékin d’arrêter la machine, d’ignorer les prochains bons du Trésor ou de diminuer spectaculairement ses réserves de change en dollars. Toute chute du billet vert entraînerait une montée du yuan et, surtout, conduirait à une dévalorisation de ses réserves, un peu comme si, ces dernières décennies, la Chine avait été payée en monnaie de singe. Voilà qui peut calmer bien des ardeurs.

En fait, les Etats-Unis ne peuvent pas plus se passer des financements de la Chine que Pékin ne peut se désintéresser du sort du géant américain. L’imbrication vaut également pour Tokyo, qui possède les deuxièmes réserves en dollars du monde, et même pour la Russie, qui arrive au troisième rang. Telle est la rançon du rôle spécifique du dollar dans les échanges mondiaux, hérité de la seconde guerre mondiale.

A l’époque, les Etats-Unis sont les seuls à sortir plus riches du conflit. La Grande-Bretagne, endettée, est affaiblie ; la France, à bout de souffle ; l’Union soviétique, exsangue. Les accords de Bretton Woods — du nom de la ville du New Hampshire où sont définies les nouvelles règles financières en juillet 1944 — consacrent cette puissance. Ils affirment le rôle pivot du dollar (en lieu et place de la livre britannique) et créent les deux institutions qui deviendront les bras armés de Washington : la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, future Banque mondiale) et le Fonds monétaire international (FMI). Le plan Marshall pour l’Europe est financé en dollars, pour affermir le poids du billet vert et assurer des débouchés aux productions américaines.

Un des célèbres négociateurs d’alors, John Maynard Keynes, essaie bien de s’opposer à cette mainmise en proposant un système monétaire fondé sur une unité de compte, une monnaie réellement internationale, le bancor . Le rapport des forces ne le permet pas. Le dollar s’impose et, avec lui, l’hégémonie des Etats-Unis sur le monde occidental. Les dirigeants américains peuvent faire ce qu’ils veulent, ce sont les autres qui paient. Quand la situation devient trop difficile, ils changent unilatéralement les règles du jeu. Selon l’expression fort célèbre du secrétaire américain au Trésor John Connally : « Le dollar est notre monnaie, mais il est votre problème. »

Ainsi, le 15 août 1971, le président Richard Nixon décrète que la monnaie américaine ne sera plus convertible en or. Il n’y aura plus que du papier, fluctuant au gré des marchés et des politiques américaines. Le « privilège exorbitant du dollar », dénoncé dès le milieu des années 1960 par le général de Gaulle, se renforce. Les gouvernements s’inclinent, les transactions commerciales se font principalement en billet vert, les banques centrales les engrangent (aux côtés des marks, des yens, puis des euros...). Aujourd’hui encore, ce système-dollar domine la scène mondiale. Non seulement les Etats-Unis sont en mesure d’accumuler les dettes et de les faire acquitter par leurs « partenaires », mais ils peuvent à la fois attirer les capitaux sur leur territoire (pour l’industrie, la recherche ou afin de renflouer des sociétés...) et en exporter pour faciliter les implantations des multinationales à l’étranger. Si l’on considère l’ensemble des investissements directs étrangers (IDE) réalisés dans le monde en 2007, les Etats-Unis en demeurent les premiers bénéficiaires ; ils sont également les premiers investisseurs à l’étranger . Ils jouissent ainsi d’un pouvoir exceptionnel de sélection géopolitique des capitaux.

Même s’il est toujours en vigueur, le système tremble sur ses bases. Les Etats qui ont accumulé des réserves ne se contentent plus de placer l’argent dans des banques comme l’avaient fait les pays exportateurs de pétrole dans les années 1970 ; ils ont créé ce que l’on nomme des « fonds souverains » (4 000 milliards de dollars au moins) qui servent à investir dans des projets de développement, plus ou moins pharaoniques comme dans les pays du Golfe, ou à racheter des sociétés étrangères . Une arme d’intervention que nombre de pays occidentaux craignent.

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Post-it Re: Perspectives de l'écomonie mondiale

le Sam 5 Juin - 3:51
Ni l’euro ni le yuan ne peuvent prendre le relais du dollar

De plus, le poids du dollar dans les réserves de change mondiales a baissé de près de dix points en moins de dix ans : il représente 62,4 % des devises détenues par les banques centrales à la fin du premier semestre 2008, contre 71,2 % fin 2000. Durant la même période, la part de l’euro est passée de 18,3 % à 27 % . Symbole de la puissance japonaise des années 1970-1990 — laquelle poussait certains à pronostiquer (déjà) le « déclin américain » —, le yen a lui aussi décliné de 6,1 % à 3,4 %. Cependant, ni l’euro ni bien sûr le yuan ne sont en mesure, pour l’heure, de prendre le relais du dollar. Seule la combinaison d’une puissance économique affirmée et d’une vision politique originale et attrayante peuvent faire basculer le système, ou, tout au moins, permettre de traiter d’égal à égal.

L’Union européenne, qui s’est engouffrée dans les délices de la déréglementation à l’américaine, ne peut espérer relever ce défi. Désormais, les experts les mieux intentionnés tablent sur une croissance moyenne proche de zéro l’an prochain, c’est-à-dire une croissance exponentielle du chômage et des faillites d’entreprises. Sur le plan politique, l’Union demeure inexistante, et, contrairement à la fable médiatique, elle est restée « hors du coup » dans la crise. Certains de ses principes, présentés comme intangibles, sont même passés cul par-dessus bord — ce dont personne ne se plaindra. Adieu les critères de Maastricht qui devaient limiter les déficits publics. Exit le refus d’aides publiques aux groupes nationaux. Pas de programme unique d’action. Chaque Etat a adopté, peu ou prou, le plan de nationalisation bancaire défini à l’origine par le premier ministre travailliste Gordon Brown, le moins européen de tous, dirigeant d’un pays qui n’est même pas membre de la zone euro !

Et la Chine ? « Le temps n’est pas encore où [elle] serait sur un pied d’égalité avec les Etats-Unis, mais le changement relatif de centre de gravité doit lui donner confiance », remarque Dingli Shen, directeur de l’Institut d’études internationales à l’université Fudan de Shanghaï. Troisième puissance économique mondiale (lire « Ce qui se résolvait hier par la guerre... »), très insérée dans le maelström financier, elle n’est évidemment pas à l’abri de turbulences. Les économistes chinois estiment déjà que « tous les gros investissements réalisés offshore [hors de Chine] l’an dernier sont dans le rouge ». Ainsi, les participations dans les banques Morgan Stanley (5 milliards de dollars) et Blackstone (3 milliards de dollars), qui ont symbolisé l’irruption de la Chine dans les affaires financières, se sont lourdement dévalorisées.

Du coup, au sein des équipes dirigeantes du Parti communiste et sur Internet, le débat prend corps sur la légitimité de cette politique. Le gouvernement chinois a d’ailleurs refusé de renflouer la banque américaine Lehman Brothers. D’autant, explique un cadre bancaire, que les apports chinois ne « doivent plus être considérés comme des dépotoirs pour actifs douteux [dump money] » ni comme des « sleeping partners », c’est-à-dire sans droit d’intervention. Et de citer en exemple le rachat d’une partie de Morgan Stanley par la banque japonaise Mitsubishi UFJ, qui va disposer d’un siège au conseil d’administration.

Pour l’heure, le géant asiatique est resté relativement à l’écart des placements les plus fous. Ces derniers temps, on raconte volontiers, à Pékin, une histoire fort bien résumée par le Financial Times . Alors qu’il était premier ministre, au début des années 2000, M. Zhu Rongji a réuni tout un aréopage d’économistes, de fonctionnaires, de spécialistes de la finance pour découvrir les nouveaux outils de placement mondiaux. Ceux-ci lui furent présentés comme « un miroir qu’on met face à un autre miroir, et ainsi de suite jusqu’à l’infini ». C’est effectivement une assez bonne définition de ce que l’on appelle les « produits dérivés » (produits de la spéculation qui servent à la spéculation), dont les stocks à l’échelle de la planète dépassent aujourd’hui le million de milliards de dollars, soit l’équivalent de vingt ans de production mondiale reposant sur du sable, du virtuel (voir le graphique ci-dessous)...

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« Un miroir qu’on met face à un autre miroir »

Fort de cet éclairage, et convaincu qu’« on ne plaisante pas avec les choses que l’on ne comprend pas », selon le vieil adage chinois, M. Zhu n’a pas ouvert les vannes en grand ; ses successeurs non plus. Même si « nous ne savons pas exactement combien il y a de cadavres dans le placard », les engagements des banques chinoises dans ce genre de placement paraissent limités, nous assure un économiste de l’Industrial and Commercial Bank of China (ICBC) de Shanghaï. On peut cependant s’interroger sur la récente décision d’autoriser les ventes à terme dans les Bourses chinoises, alors que certains pays occidentaux en ont limité l’usage pour cause de spirale spéculative.

Autre fragilité : la bulle immobilière, qui demeure importante, bien qu’elle se soit un peu dégonflée ces deux dernières années. De toute façon, comme l’indique notre économiste, dès lors qu’il s’agit de bâtiments publics, l’exigence de rentabilité est moins forte car « l’Etat chinois a du temps »...

Globalement, la Chine a conservé des garde-fous. Selon le professeur Yang Baoyun, de l’Ecole d’études internationales de l’université de Pékin, « le système financier est encore sous contrôle ». Malgré les pressions internationales, Pékin possède un secteur bancaire largement nationalisé et maintient un contrôle des changes ainsi qu’une gestion prudente de sa monnaie . Ironie de l’histoire, le FMI avait préparé, pour octobre, un réquisitoire contre ces réglementations... qu’il a dû remiser en attendant des jours meilleurs : « Le déséquilibre de la Chine [accusée de manipuler sa monnaie à la baisse et de ne pas déréglementer ses finances] est un problème sur le long terme et peut attendre un mois », a commenté M. Dominique Strauss-Kahn, à qui le ridicule de l’affaire a échappé .

Non seulement Pékin a conservé des instruments d’intervention publique, mais sa croissance est arrimée à la production et à la recherche, ce qui n’est pas un détail. En effet, la crise systémique qui frappe les Etats-Unis et les pays européens montre que l’on ne peut durablement désarticuler les services et la finance de la production matérielle.

Bien sûr, le modèle de développement chinois est tiré par l’exportation ; la chute prévisible de la consommation chez ses deux principaux clients (les Etats-Unis et les pays de l’Union européenne) risque d’entraîner une baisse des ventes et donc des volumes produits . Au début de l’année 2008, beaucoup de spécialistes tablaient sur un « découplage », la Chine poursuivant sa progression malgré l’effondrement des pays développés : 60 % de ses échanges commerciaux se réalisent avec les autres pays asiatiques. Outre que ces derniers ne sont pas à l’abri d’un ralentissement (le Japon est au bord de la récession, la Corée du Sud souffre, l’Inde n’est pas en meilleur état...), entre la moitié et les deux tiers de ce commerce intra-asiatique « termine sa course sur les marchés du G3 (Etats-Unis, Union européenne et Japon) », estime M. Sopanha Sa, économiste à la Société générale. Si ce débouché se ferme, les conséquences seront immédiates. On parle déjà de licenciements pouvant toucher entre deux et deux millions et demi de salariés dans le delta de la rivière des Perles (la région la plus axée sur l’exportation).

Un éditorial — non signé — du très officiel People’s Daily (« Le quotidien du peuple ») résume parfaitement la situation : « Le mythe de Wall Street s’effondre », est-il écrit, et le commerce mondial est directement menacé. Mais surtout, « à long terme, les avantages relatifs du made in China pourront se réduire et la compétitivité de la Chine à l’exportation risque de s’émousser. La géopolitique mondiale va devenir de plus en plus complexe, le néoprotectionnisme arriver et, dans l’avenir, les barrières commerciales plutôt grimper que diminuer (. »

En somme, les autorités chinoises sont conscientes que s’ouvre une nouvelle phase, et elles cherchent d’autres relais de croissance. Le professeur Yang l’exprime sans détour : « Il n’y a pas d’autre moyen que de développer le marché intérieur. Il faut désormais faire sérieusement ce que l’on annonce depuis longtemps. » Et notamment réduire les inégalités entre les villes et les campagnes. Déjà, la flambée des produits alimentaires a permis de relever le revenu des paysans de 17,9 % au premier semestre 2008 . Mais il ne suffit pas d’accroître le pouvoir d’achat pour impulser la consommation : aujourd’hui, une partie de ce qui est gagné part dans l’épargne (le plus haut taux du monde), les familles mettant de l’argent de côté pour faire face à la maladie, ou à la retraite. Il faut donc simultanément continuer à construire un système efficace de sécurité sociale collective, encore embryonnaire, et augmenter les revenus.

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Post-it Re: Perspectives de l'écomonie mondiale

le Sam 5 Juin - 3:55
Des marges existent pour la croissance

Les ressorts internes de la croissance ont toutefois déjà commencé à changer. Sur les 11,4 % de croissance en 2007, « 4,4 % provenaient des dépenses à la consommation, 4,3 % des investissements et 2,7 % des exportations nettes », explique le porte-parole du bureau national des statistiques Li Xiaochao . La tendance devrait se poursuivre cette année avec un taux de 10 %. Pour 2009, les spécialistes tablent sur une croissance aux alentours de 7 à 8 % — ce qui ferait rêver n’importe quel dirigeant occidental. Mais, compte tenu des défis internes à relever (pauvreté, mécontentement paysan, fragilité politique des couches moyennes), descendre en deçà signerait assurément le début des ennuis. Ce qui n’est pas exclusif de la question désormais essentielle d’un nouveau mode de croissance, plus soucieux de l’environnement.

A l’extérieur, la Chine cherche à desserrer la contrainte du dollar. Ainsi, elle a recyclé une partie des excédents en Afrique et prêté des fonds, en dehors des conditions hier imposées par la Banque mondiale et le FMI. Elle multiplie les accords commerciaux bilatéraux pour assurer à la fois son approvisionnement énergétique (avec le Venezuela, la Russie, l’Irak, l’Iran) et de nouveaux débouchés (Japon, Inde...). Elle a appuyé la création du Fonds monétaire asiatique, lancé en mai 2007 avec le Japon et la Corée du Sud. Doté de 80 milliards de dollars, ce fonds leur garantit une solidarité financière ainsi qu’aux dix pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Anase, Asean en anglais), sans passer par le FMI, de sinistre mémoire dans la région.

Des initiatives similaires sont prises dans d’autres régions du monde, toutes désireuses de s’émanciper du dollar. En Amérique latine, une Banque du Sud, qui réunit l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, l’Equateur, le Paraguay, l’Uruguay et le Venezuela, vise à aider aux financements d’infrastructures, en dehors des instances de Bretton Woods. L’Argentine et le Brésil ont décidé de payer leurs achats réciproques en monnaies locales, rayant le billet vert de leurs échanges (lire « Même le Honduras s’émancipe »). Des liens quasi institutionnels se nouent entre le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, les BRIC, comme on les appelle. La Russie s’affirme en Europe — et pas seulement parce qu’elle dispose de matières premières. Le Brésil compte en Amérique latine, même s’il risque de souffrir de la récession américaine. Le commerce Sud-Sud se développe à vive allure. On reste encore loin d’un front uni susceptible d’imposer de nouvelles règles internationales qui détrôneraient le billet vert et ses béquilles institutionnelles, le FMI et la Banque mondiale.

Pourtant, des pistes se dessinent, telle celle du professeur Arvind Subramanian , qui, dans le Financial Times, imagine la Chine prêtant des fonds aux Etats-Unis sur le modèle des « conditionnalités » autrefois imposées par le FMI : les critères seraient cette fois publics (contrôle des banques) et sociaux (création de « filets de sécurité sociale »). La Chine, écrit-il, « se placerait en position de superpuissance ». Pour l’heure, Pékin n’en a ni le goût ni même les moyens. Mais demain ?

Martine Bulard.

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Post-it Re: Perspectives de l'écomonie mondiale

le Lun 28 Juin - 23:50
L'économie mondiale menacée par un risque de "rechute" dans la crise

BALE (Suisse) - La Banque des règlements internationaux (BRI) a averti lundi de risques de "rechute" de l'économie mondiale dans une nouvelle crise, si les gouvernements ne mettent pas rapidement un terme à leurs plans de soutien conjoncturels et politiques monétaires avantageuses.

"Conjuguées aux vulnérabilités qui subsistent dans le système financier, les effets secondaires des soins intensifs (à l'économie mondiale) appliqués sur une période aussi longue ne sont pas sans créer des risques de rechute", a souligné la BRI dans son rapport annuel.

La banque centrale des banques centrales a insisté que "les programmes de soutien aux marchés et aux établissements ont créé une dépendance dont le système financier risque d'avoir des difficultés à s'affranchir".

Elle a également estimé que l'économie mondiale est aussi fragilisée par les risques qui pèsent à nouveau sur les banques menacées par une crise de l'immobilier commercial (entrepôts, bureaux...) qui pourrait bien provoquer de nouvelles pertes dans le secteur financier.

"On peut s'attendre à ce que l'exposition à l'immobilier commercial entraîne de nouvelles pertes", a ainsi averti la BRI qui a tenu ce week-end son Assemblée annuelle.

Lors d'une conférence de presse lundi faisant le point sur ces deux jours, le directeur général de l'institut de Bâle, Jaime Caruana, a été dans le sens des chefs d'Etat et de gouvernement des pays du G20 réunis à Toronto, qui ont recommandé ce week-end des mesures de relance différentes pour chaque pays.

"Les mesures à prendre dans chaque pays dépendront des circonstances qui lui sont propres. L'ampleur des problèmes budgétaires et la situation des systèmes bancaires variant selon les économies, il n'existe pas de remède universel", a estimé M. Caruana devant la presse à l'issue de l'Assemblée annuelle de la BRI.

Réagissant aux mesures annoncées pour réduire les déficits publics et la dette des Etats, le patron de la BRI a souligné qu'elles "ne sont jamais faciles à prendre", saluant "le courage des gouvernements qui se sont attelés à cette tâche".

Au lendemain de la crise financière en 2008, les Etats sont venus au secours des banques avec des plans de soutien massifs. Ils ont également injecté des milliards pour relancer leurs économies touchées de plein fouet par la crise des "subprime".

Afin de soutenir la conjoncture, les instituts d'émission ont notamment réduit à partir de 2009 leurs taux directeurs, qui se situent actuellement proches de zéro.

Concernant les cours de change, M. Caruana a appelé à "une plus grande flexibilité" qui permettrait de "renforcer la demande intérieure dans certaines économies émergentes", en allusion à la Chine.

(©AFP / 28 juin 2010 12h41)


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Post-it Re: Perspectives de l'écomonie mondiale

le Lun 5 Juil - 3:16
Des économistes croient possible une croissance forte en Europe

AIX-EN-PROVENCE, Bouches-du-Rhône (Reuters) - Les pays de l'OCDE et l'Europe peuvent retrouver une place majeure dans l'économie mondiale d'ici à 2015 à condition de mettre en oeuvre un formidable investissement capitalistique et humain, ont déclaré les membres du Cercle des économistes.

A l'issue de son rendez-vous annuel à Aix-en-Provence (Bouches du Rhône), où sont venues débattre plusieurs personnalités internationales des pistes pour une "nouvelle croissance", le groupe de réflexion lancé par Jean-Hervé Lorenzi a dressé une liste de dix mesures phares à l'intention des décideurs économiques et politiques.

"Ne nous leurrons pas, la crise est loin d'être surmontée, et le débat économique se focalise à juste titre sur les différentes voies possibles de sortie. Néanmoins, les trois prochaines années sont, d'abord et avant tout, les premiers maillons d'une nouvelle forme de croissance", soulignent les économistes du Cercle dans leur "communiqué final".

Si de nombreux risques demeurent selon eux, comme celui de l'"hypertrophie financière", d'une "rigueur mal pensée" ou d'un "tête-à-tête Etats-Unis-pays émergents", une croissance forte est possible en Europe à condition de renoncer à une économie "trop tertiarisée" et d'engager des efforts sur de nouveaux secteurs dans l'industrie et les services.

Parmi eux, les nanotechnologies, l'agronomie et l'hydraulique, l'économie verte, l'économie des seniors et le numérique.

"Il ne s'agit pas de promouvoir une politique industrielle tout azimuts mais une politique sélective faisant le pari d'un petit nombre de secteurs d'avenir sur lesquels se concentrent les efforts de la puissance publique (...)", peut-on lire dans la déclaration.

CANALISATION

Alors que plusieurs pays européens sont confrontés à la nécessité de diminuer leurs déficits et leur dette, le Cercle des économistes appelle à miser sur l'épargne des Européens, l'une des plus élevées de la planète.

"L'Etat ne peut plus être l'investisseur de long terme mais il a un rôle dans la canalisation de l'épargne. Et la guerre de l'épargne ne sera remportée que si l'on réussit à réorienter une épargne privée grandissante vers les investissements productifs de long terme économiquement et socialement rentables."

En attendant, les prévisions de croissance pour la zone euro restent modestes.

Plusieurs économistes et analystes craignent notamment que le retrait progressif des mesures de soutien et les plans de restriction budgétaire annoncés par plusieurs pays freinent la demande dans les prochains mois.

La Commission européenne anticipe pour 2010 une progression du produit intérieur brut de 0,9% et le Fonds monétaire international de 0,8%.

La BCE et l'OCDE ont relevé les leurs à 1% et 1,2% respectivement tandis que la dernière enquête Reuters donne une estimation médiane à 1,1%.

La crise financière grecque a mis à l'épreuve la cohésion de la zone euro et incité plusieurs pays à annoncer des plans d'austérité, au risque de brider la reprise à court terme.

http://tempsreel.nouvelobs.com

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Post-it Re: Perspectives de l'écomonie mondiale

le Dim 1 Aoû - 21:47
Le Centre mondial des finances de Shanghai

Le rapport sur les investissements mondiaux directs en 2010 montre où va le monde après la crise, ou, si l’on considère que la crise n’est pas encore terminée, qui en sortira, et comment, qui sera le premier au monde, qui perdra la prééminence et ainsi de suite. Autrement dit, le document est plus qu’intéressant et son auteur est fiable puisqu’il s’agit de la CNUCED, ou de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement.


À première vue, rien de sensationnel d’une manière générale. La situation demeure telle qu’elle l’était avant la crise. Les États-Unis sont les premiers au monde à bénéficier des investissements, suivis par la Chine. Dans le monde, 1 200 milliards de dollars devraient voyager cette année à la recherche de pays d’accueil ce qui est peu dans la mesure où avant la crise la somme était de 2 000 milliards par an, mais pour 2012 tout devrait rentrer dans l’ordre, fait remarquer le rapport. Les États-Unis, quant à eux, comme déjà mentionné, sont en tête mais à vrai dire la Chine les rattrape à grands pas.

Répétons-le, il ne s’agit pas d’un mouvement chaotique d’investissements de portefeuille et d’autre « commerce de vent », mais d’investissements directs en quelque chose de tangible, par exemple dans des usines. Ce sont de sérieux investissements qui ne disparaîtront pas en une minute par simple pression d’un bouton.

Les économistes chinois ont déjà calmement et franchement commenté la situation, en faisant remarquer que les lois et les règlements rigides, une main d’œuvre de qualité et un marché de consommation puissant (autrement dit les États-Unis) sont plus favorables qu’une croissance rapide et une main d’œuvre bon marché (autrement dit la Chine). Pour ces raisons, l’an dernier, 34,9 milliards de dollars de moins ont été investis en Chine par rapport aux États-Unis. Mais à vrai dire, au début de 2010 les investissements directs en Chine ont considérablement augmenté, et aux États-Unis ils ont chuté de 60%, et si cette tendance se maintient…

En fait, au cours des deux dernières décennies, la Chine a dépassé à trois reprises tous les autres en un court laps de temps comme premier bénéficiaire d’investissements, en réalité ou du moins dans les sondages sur les préférences des investisseurs. Mais elle a immanquablement retrouvé la deuxième place, derrière les États-Unis. Or, l’économie n’est pas un sport, et rattraper et dépasser les États-Unis n’est pas une mission impossible pour la Chine. Une mission impossible, c’est autre chose. La Chine devient elle-même le plus grand des investisseurs. C’est bien plus important, et pas seulement pour elle-même.

À ce stade il faut se tourner vers une autre source, l’article du Washington Post qui semble occuper une page entière du journal, voire plus. Il y est question du Brésil.

Émotions mises à part, pour le seul premier semestre 2010, la Chine a investi au Brésil (sous la forme de ces mêmes investissements directs) 20 milliards de dollars, devenant ainsi le premier investisseur du pays en y construisant des aciéries, des usines automobiles et des infrastructures pour les centrales électriques et bien d’autres. Petrobras – compagnie pétrolière locale – a perçu 10 milliards de dollars en provenance de la Chine qui, en même temps, est devenue le premier partenaire commercial du Brésil.

Toutefois, les émotions de l’analyste américain, auteur du rapport, sont très compréhensibles. Le Brésil, ce n’est pas une petite île souveraine quelconque dans l’océan Pacifique. C’est le leader de l’Amérique Latine et c’est un membre du mécanisme du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine). À l’heure actuelle, il est à la mode de dire qu’il est insensé d’unir ces quatre pays, qu’ils n’ont aucun lien entre eux. Eh bien, ils semblent au contraire être très liés. On remarque une similitude à considérer les liens entre la Chine et l’Inde : la croissance, malgré les différends territoriaux et beaucoup d’autres choses. En y ajoutant l’habitude du BRIC d’organiser des sommets et des rencontres ministérielles à la suite desquelles l’argent des Chinois et des autres semble se déplacer encore plus vite dans le cadre du BRIC.

En fait, pour comprendre où va le monde, il ne suffit pas de déterminer quels sont les leaders du secteur des investissements directs ou autres. Il serait plus utile de porter un regard sur les choses moins évidentes comme par exemple le flux important d’argent chinois dans les pays-clés comme le Japon, le Pérou, l’Iran et autres endroits intéressants.

Et pour compléter le tableau, qu’en est-il de l’Union Européenne ? La situation n’est pas très bonne. Durant les derniers mois, les Européens, essentiellement représentés par la Chambre de commerce européenne en Chine, étaient occupés à faire entendre aux autorités de Pékin leur inquiétude concernant les perspectives d’investissement dans le pays. Ils déclaraient que « la Chine [fermait] petit à petit la porte » aux entreprises étrangères pour protéger les siennes et que dans les conditions de la crise financière en Europe c’était très, très affligeant. Les Européens se voient tout d’abord exclure des secteurs tels que celui de l’énergie « propre », autrement dit alternative, ainsi que de l’informatique. Alors quoi ? Les Chinois ne veulent-ils pas finalement dépasser les États-Unis et devenir le premier bénéficiaire d’investissements directs ? Apparemment non, il ne le veulent pas.

Or, trois mois auparavant, cette même Chambre du commerce avait effectué un sondage selon lequel, dans les deux années à venir, la moitié des hommes d’affaires européens interrogés investiraient encore plus d’argent en Chine.

Pendant ce temps, la Hong Kong & Shanghai Banking Corporation, l’une des plus grandes banques du monde, qui, comme son nom l’indique, est en provenance d’Asie, a publié un rapport. Une idée implacable y est exprimée : l’économie mondiale tend de plus en plus clairement vers l’Asie mais les affaires européennes risquent de prendre du retard dans cette tendance. Sauf si elles apprennent à investir dans les recherches d’innovation dans les pays d’Asie et oublient l’idée « désuète » (selon le rapport) qu’on invente en Occident et qu’on fabrique en Orient.

Ce que viennent confirmer les déclarations récentes du président de la Commission européenne José Manuel Barroso concernant l’obsolescence de l’Union Européenne en matière de relations économiques avec les États-Unis, mais il s’agit là d’un autre sujet, important et complexe.

Ainsi se dresse le tableau général du monde, ou, en tout cas, de ses tendances majeures, aux yeux de ceux qui cherchent à investir quelque part l’argent qui a survécu à la crise.


Par Dmitri Kossyrev

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Post-it Re: Perspectives de l'écomonie mondiale

le Lun 14 Fév - 4:09
La Chine est devenue la 2e économie mondiale devant le Japon

TOKYO - La Chine est devenue la deuxième économie mondiale à la place du Japon en 2010, son Produit intérieur brut ayant dépassé celui de l'archipel sur l'ensemble de l'année, a annoncé lundi le gouvernement nippon.

Le PIB du Japon, en terme nominal, s'est élevé à 5.474,2 milliards de dollars, selon des statistiques publiées à Tokyo, le gouvernement précisant que le PIB de la Chine avait atteint de son côté l'équivalent de 5.878,6 milliards de dollars.

L'économie chinoise a donc dépassé celle de son voisin en 2010 et est devenue la deuxième du monde, derrière celle les Etats-Unis, une place qu'occupait l'économie nippone depuis 1968.

La Chine affiche depuis des années un taux de croissance approchant ou dépassant les 10%, son PIB augmentant encore de 10,3% en 2010.

Lourdement frappée par la récession économique mondiale en 2008 et 2009, l'économie du Japon s'est relevée en 2010, sa croissance atteignant 3,9%, mais cela n'a pas permis à l'archipel de conserver sa deuxième position face à la Chine en ascension rapide.

(©AFP / 14 février 2011 01h27)
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Post-it Re: Perspectives de l'écomonie mondiale

le Dim 31 Juil - 11:48
Ca va mal finir

Nous allons devant de très graves problèmes et sans doute des désordres mondiaux très importants. Sans nul doute il va y avoir la guerre entre les pays endettés, c’est-à-dire les principaux pays de l’occident, et ceux qui détiennent cette dette, essentiellement les pays d’Asie.

La guerre ne veut pas forcément dire militairement, quoique, mais la perte de souveraineté des pays ne peut pas s’accompagner de mesures de rétorsions.

Les USA accumulent une dette de 14.300 milliards de dollars, la France 1.800 milliards d’Euro, la Grèce 350 milliards d’Euros. Cela vous donne le niveau d’à peu près tous les pays hyper-endettés. Seuls l’Allemagne a réussi à contenir cette dette, et le Canada qui lui a réagit il y a plus de 10 ans en ramenant sa dette à quasiment nulle, au prix d’un effort considérable sur ses dépenses publiques, notamment en nombre de fonctionnaires.

La faillite d’un pays est tout à fait possible. L’exemple du Minnesota aux USA qui est en cessation de paiement et qui ne peut plus payer ni fonctionnaires ni travaux, a tout simplement fermé boutique. En clair les établissements publics sont fermés. Plus près de nous la Grèce est quasiment dans cet état, et si le FMI et l’Europe ne venaient pas à son secours, il y a bien longtemps que le pays serait en faillite.

Si seulement les gouvernants avaient la bonne idée ou le moyen de stopper cet endettement et d’engager des politiques de désendettement, le mal serait moindre, mais le congrès américain discute âprement en ce moment d’une modification de sa constitution pour augmenter le plafond de cette dette aujourd’hui atteint. Nous le voyons bien c’est la fuite en avant, et cela ne peut pas durer car lorsque ces pays auront atteint la limite de 100% du PIB cela voudra tout simplement dire que le patrimoine du pays ne suffit plus pour rembourser. L’Italie est à 114% et le Portugal à 120%... La France à 85% et les USA à près de 90%...

Ainsi par cette dette détenue par des créanciers essentiellement asiatiques, ces derniers peuvent devenir en un instant propriétaires d’un pays qui ne pourrait plus rembourser et détenir par le biais de la dette tous ses actifs. Les Chinois ne se privent pas en devenant propriétaires de pans de pays entiers en faveur de remises de dettes, notamment en Afrique. Mais demain imaginons que les USA ne puissent rembourser la Chine de cette dette, deux scénarios sont possibles, le premier les américains disent aux chinois d’effacer la dette, et c’est la guerre, le deuxième de céder les actifs aux chinois, mais la perte de souveraineté américaine est alors inadmissible est c’est aussi la guerre. Le scénario de l’entrée en guerre de l’Allemagne en 1939 suite au crash de 1929 est identique.

Tout comme une famille en surendettement, demain les pays qui le sont ne pourront se priver d’une politique d’austérité drastique, qui inévitablement rejaillira sur les populations.

Pendant des années nous avons voulu avoir des acquis sociaux plus importants que ce que notre économie ne le permettait, des salaires élevés, des avantages sociaux, beaucoup de fonctionnaires, des retraites au presque même niveau que les salaires, mais nous allons le payer très cher, et avec les intérêts !


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Post-it Re: Perspectives de l'écomonie mondiale

le Mer 14 Sep - 7:59
La Chine prête à aider l'Europe mais veut le statut d'économie de marché


dalian (Chine) - La Chine est prête à contribuer à une croissance mondiale plus équilibrée, notamment en investissant davantage en Europe, mais demande à être reconnue comme économie de marché à part entière, a déclaré mercredi à Dalian (nord-est) le Premier ministre chinois Wen Jiabao.

La Chine pense que l'économie européenne peut rebondir, a déclaré le chef du gouvernement à l'ouverture du Forum d'été de Davos, et elle va continuer d'augmenter ses investissements en Europe.

Mais, a ajouté le chef du gouvernement de la 2e économie mondiale, j'espère que les dirigeants des principaux pays européens envisageront avec courage leur relation à la Chine d'un point de vue stratégique.

M. Wen a notamment fait référence à la demande de la Chine de se voir accorder le statut d'économie de marché à part entière de la part de l'Union européenne, qui estime que les conditions ne sont pas encore réunies.

La plupart des grandes entreprises chinoises restent propriété de l'Etat et leurs dirigeants sont souvent nommés par le pouvoir politique.

J'espère qu'il y aura des avancées sur ce sujet lors du prochain sommet UE-Chine, a encore dit le chef du gouvernement chinois.

La Chine a réaffirmé son soutien à l'Europe ces dernières semaines alors que la crise des dettes souveraines s'alourdit et plombe les Bourses mondiales.

Le gouvernement chinois, qui est assis sur plus de 3.000 milliards de dollars de réserves de change, en investit une part grandissante dans des actifs en euros et s'est déjà engagé à soutenir la Grèce, l'Espagne ou le Portugal.

Sous pression des marchés, l'Italie a assuré mardi ne pas avoir demandé à la Chine de l'aider en achetant sa dette. Mais elle a indiqué discuter avec des investisseurs chinois de possibles investissements industriels dans la péninsule.

Plus généralement, M. Wen a assuré que la deuxième économie mondiale voulait davantage contribuer à une croissance mondiale équilibrée.

A cet égard, il demandé aux Etats-Unis de lever leurs restrictions sur les investissements chinois sur le sol américain ainsi que sur leurs exportations de technologies sensibles vers la Chine.

Nous pensons que les Etats-Unis peuvent surmonter leurs difficultés, a-t-il dit avant de souligner que la Chine, qui détient plus de 1.100 milliards de bons du Trésor américain, allait présever la confiance et les intérêts des investisseurs.

Le chef du gouvernement chinois a aussi insisté sur la nécessité de contenir le gonflement des dettes dans les pays occidentaux.

Il faut empêcher la crise des dettes souveraines de s'étendre et acélérer la réforme du système économique et financier par une meilleure coordination entre Etats.

Les déclarations de M. Wen interviennent alors que les grands pays émergents du Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) discuteront la semaine prochaine de la possibilité de venir en aide à l'Union européenne engluée dans la crise de la dette.

Le chef du gouvernement chinois a enfin promis que la Chine continuera à suivre une stratégie d'expansion de la demande intérieure et d'augmentation de la demande des consommateurs pour tirer la croissance économique, alors que l'investissement et les exportations occupent encore une place démesurée.


©AFP

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