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ZIGHOUD15
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le Mer 2 Aoû - 9:22
À l’heure actuelle, il est évident pour toute personne qui utilise son cerveau, qu’elle sait qu’il y a quelque chose de profondément erroné avec le leadership et les systèmes gouvernementaux en Occident.
Cela est particulièrement vrai pour les États-Unis, où le véritable niveau de vie a baissé depuis la fin des années 1960, étant donné que le pays a été perpétuellement en guerre pratiquement depuis lors. Aux États-Unis, la classe dirigeante a aliéné la population à un tel point que moins de 10% de la population croit encore, soit au Congrès, soit aux médias.
La cause centrale du malaise a été un projet mené par un sous-groupe de la classe dirigeante, les gens que j’appelle la mafia Khazariane, qui était d’asservir l’humanité et se poser en souverains issus de Dieu
Les chapeaux blancs de l’armée américaine et des agences ont compris cela, et ont pris des mesures qui se manifestent par l’arrivée de Donald Trump à la présidence.
Cependant, Trump a pris le poste de PDG d’une entité déjà en faillite et, même s’il essaie du mieux possible, il n’a pas encore réussi à faire ce qui est inévitable, et déclarer formellement la faillite des États-Unis. Et faillite il y a.
Depuis 1976, les États-Unis enregistrent un déficit commercial avec le reste du monde, ce qui a entraîné un déficit commercial cumulatif de plus de 10 trillions de dollars. En plus de cela, le gouvernement des États-Unis a une dette de 19,1 trillions de dollars et dispose de 128 trillions de dollars ou 7 fois le PIB des USA de 18 trillions de dollars, en passif non capitalisé.
C’est la vraie raison pour laquelle la Corporation du gouvernement Américain a fait faillite de facto le 3 mai 2017, lorsque Puerto Rico, sa filiale en propriété exclusive, a manqué à sa dette de 123 milliards de dollars.
Ce que cela signifie, c’est que, peu importe à quel point Donald Trump essaie fort, il ne peut pas résoudre les problèmes des États-Unis sans déclarer officiellement la faillite.
Cependant, la faillite des États-Unis n’est pas la même chose que la faillite d’un autre pays. D’une part, déclarer la faillite mettrait les États-Unis dans l’impossibilité de continuer à exploiter 800 bases militaires Américaines à travers le monde.
Lorsque, il y a dix ans, cet écrivain est allé voir les Asiatiques pour leur faire accepter l’idée de mettre les États-Unis en faillite, l’armée Américaine a envoyé un agent pour expliquer que les États-Unis réduiraient les approvisionnements en Asie du pétrole du Moyen-Orient, si les finances Américaines étaient coupées. Cela a mené le Mexique à un mode résistance qui se poursuit depuis de nombreuses années.
En s’immisçant dans ce niveau de haut niveau entre les pays les plus puissants du monde, cet écrivain a pu voir de première main qui dirige la planète Terre. Les informations ci-dessous sont basées sur 10 ans de rencontre avec des sources dans la CIA, la NSA, la loge P2 Franc-maçon, le MI6, les Sociétés secrètes Asiatiques, etc.
Jusqu’à récemment, David Rockefeller était le chef secret de la planète Terre. Il a été président du groupe Bilderberg, du Conseil des Relations Extérieures et de la Commission trilatérale. De plus, grâce à diverses fondations, il a également contrôlé les sociétés Fortune 500.
En plus de cela, parce qu’il était marié à une princesse Italienne, Rockefeller a également eu une influence énorme sur la loge Franc-maçon P2 du Vatican, laquelle loge contrôle l’Église Catholique et la mafia. Rockefeller a eu le pouvoir de transformer son neveu, Bill Clinton en Président, et a essayé très fort, et échoué, à faire en sorte que sa fille, Hillary Clinton, devienne Présidente.
Si Rockefeller était n ° 1 dans l’ancienne structure de pouvoir, George Bush Sr. en était le # 2. Bush a fait fonctionner à partir de la CIA, la plus grosse partie du commerce mondial de stupéfiants de 2 trillions de dollars par année, et une grande partie de l’industrie de l’armement. Lorsque son fils Bush Jr. a été élu président en 2000, Bush Sr. a pu éclipser Rockefeller en organisant le 911 et en imposant un régime Nazi aux États-Unis.
Rockefeller a réussi à reprendre le contrôle en 2008 en mettant en poste son esclave de maison, Barack Obama, après que la présidence de Bush Jr. se soit transformée en catastrophe.
Cependant maintenant, la mort de Rockefeller a créé un énorme vide au sommet de la puissance mondiale. George Bush Sr. a perdu du soutien  en raison du dégoût généralisé envers les plans génocidaires de ses groupes nazis.
Il est également très vieux et à moitié sénile, selon des sources proches de lui. Ainsi, Bush Sr. n’est plus le #2, ni même le #3, parce que ses disciples Nazis ne le considèrent plus comme leur Fuhrer. Les Nazis ont maintenant précisé qu’ils ne cherchent plus l’hégémonie mondiale.
Ainsi, la mort de Rockefeller et la chute de popularité de Bush Sr. signifient que le niveau supérieur de la puissance occidentale est maintenant mûr pour le changement.
Le groupe qui a fait une avancée pour combler le vide aux États-Unis a été les Illuminatis Gnostiques, le groupe qui s’oppose au règne des lignées et revendique le crédit pour les révolutions Française, Américaine et Russe. Ils ont mené aux États-Unis une purge de ses serviteurs de lignées de haut niveau, et c’est en voie d’être complété.
Par la même occasion, revigorées par la chute de leurs rivaux Américains, les familles de lignées Européennes ont appliqué une forte pression pour remplir le vide laissé par Rockefeller, Bush.
Leurs personnes au sommet sont la reine Elizabeth, le pape Francis et la chancelière Allemande Angela Merkel. Les Européens ont presque failli utiliser leur faux schéma du réchauffement climatique dans le cadre du réchauffement planétaire, pour mettre en œuvre les accords de Paris. Cela aurait créé un gouvernement mondial, encore contrôlé par eux , mais avec un siège plus grand à la table pour les Chinois.
Le pouvoir de ce groupe était évident lors de la réunion du G20 au début de juillet, où 19 des 20 leaders mondiaux ont exprimé leur soutien à cette arnaque. Cependant, sans le soutien des Illuminatis Gnostiques et sans base scientifique, cette arnaque du carbone est vouée à l’échec.
Les Illuminatis Gnostiques contrôlent et la présidence de Trump et le complexe industriel militaire des États-Unis, et ils utilisent leurs agents pour attaquer le règne des lignées en Europe, maintenant que leur purge est plus ou moins complétée aux États-Unis.
À l’heure actuelle, cependant, il y a une position de résistance en Occident, entre les lignées royales Européennes représentées par le Pape, la Reine et Merkel, et les Illuminatis Gnostiques représentés par Trump.
Pendant ce temps, en Asie, la Chine a maintenant construit des réseaux alternatifs d’importation d’énergie, afin de pouvoir continuer à fonctionner, même si tous les approvisionnements en pétrole du Moyen-Orient étaient coupés.
L’alliance Asiatique a également réussi à amener l’Europe à rejoindre sa Banque Asiatique d’Investissement en Infrastructure, et son grandiose projet de construction de: une voie une route.
Les Chinois ont fait d’énormes incursions en Afrique et dans d’autres pays en développement avec leur généreux travail d’infrastructure. Les Chinois sont surtout les principaux créanciers des États-Unis, et pourraient les faire mettre en faillite s’ils choisissaient de le faire.
Bien sûr, les États-Unis font toujours miroiter leur carte de la Troisième Guerre Mondiale, mais l’utilisation de cette carte entraînerait la destruction de la planète, de sorte que le côté Américain tente de faire en sorte que les Russes les rejoignent dans une alliance Chrétienne (Blanche).
Pour attirer les Russes, les Américains leur ont cédé l’hégémonie sur l’Europe (moins le Royaume-Uni), et la moitié du Moyen-Orient. Les États-Unis ont toujours le contrôle sur le Japon et la péninsule Coréenne, y compris son état petit chien enragé de la Corée du Nord. Les Américains courtisent aussi l’Inde assidûment.
Le résultat global réside dans le fait qu’il existe encore une résistance Mexicaine entre l’Est et l’Ouest.
Le champ de bataille clé de cet automne devrait être le Japon. C’est l’argent provenant des économies postales du Japon, de la banque agricole, des caisses de retraite, etc., qui maintient les États-Unis à peine solvables. Cependant, le gouvernement marionnettiste du Premier ministre Shinzo Abe a moins de 10% de soutien dans l’opinion publique réelle.
Il y a aussi du ressentiment incroyable et de la colère contre les agents Coréens utilisés par les autorités d’occupation des États-Unis, pour contrôler le Japon depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Comme le démontrent les résultats des élections régionales de Tokyo de juin, le Parti Libéral Démocrate des marionnettes à long terme, devrait être anéanti aux prochaines élections générales.
La Société Dragon Blanc appuie fortement le changement de régime au Japon dès l’automne. L’objectif est de forcer un véritable changement de régime aux États-Unis, car la présidence de Donald Trump fait trop peu et trop tard.
Une déclaration officielle de faillite aux États-Unis est nécessaire afin de lancer une refonte complète de l’architecture internationale mise en place après la Seconde Guerre Mondiale, afin de mieux refléter la réalité démographique et économique mondiale actuelle.
La Société Dragon Blanc croit également que le monde a besoin d’un minimum de règles communes, pour que les criminels internationaux, comme la mafia Khazariane, ne puissent plus s’engager dans des guerres illégales, des pillages et autres activités antisociales. La Société Dragon Blanc croit en outre que le règne bénin symbolique des lignées en Occident et en Asie, peut coexister avec la méritocratie.
publie par benjamin fulford
zighoud
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le Lun 14 Aoû - 15:09
Circonvolutions du Temps

             

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(Partie I)

« Taddeï : Vous parlez de colonisation, est-ce que c’est une frontière qu’il ne faudrait pas oublier elle aussi ? Parce qu’après tous les peuples ont colonisé leurs voisins. L’empereur du Mali, s’il est devenu l’empereur du Mali, c’est parce qu’il avait colonisé tous ses voisins. (…) Et pour finir avec les Sérères, puisque vous êtes une Sérère au Sénégal, n’avez-vous pas colonisé les Wolofs et les Mandingues ?
Fatou Diome : Si, exactement !
Taddeï : Donc arrêtons de faire la différence entre colonisateurs et colonisés, on a tous été l’un et l’autre.
Fatou Diome : (…) Et c’est pour ça que je me dis à un moment donné, il faut pacifier les mémoires, il faut arrêter de se référer tout le temps à l’esclavage et à la colonisation. Oui nous avons besoin d’apprendre l’histoire pour savoir d’où nous venons pour ancrer notre identité. Mais ensuite il faut s’élancer, il faut prendre un élan vers l’avenir, se libérer du passé et arrêter d’être des otages, des victimes consentantes de l’esclavage et de la colonisation. Moi je ne suis pas une victime de l’histoire de la colonisation parce que je n’étais pas colonisée. C’est Senghor qui a été colonisé, ça n’a jamais été mon cas. »
— Extrait de l’émission « Hier, aujourd’hui et demain » du Jeudi 06 Avril 2017
Cet extrait de dialogue entre le journaliste Frédéric Taddeï et la romancière Fatou Diome, sans être un archétype des schémas de pensée, est un reflet de la façon dont les populations abordent les questions relatives aux différentes formes de colonisation, aussi bien en pensées qu’en actes. Il s’agit pour la grande majorité de tourner la page sur un passé délicat à exprimer, lorsqu’il n’est pas renié et de saisir les opportunités du présent en faisant preuve d’une certaine amnésie quitte à se complaire dans les prêts-à-penser.
Malheureusement, l’étude des sociétés et des interactions de personnes en leur sein ne s’effectue que très rarement sur la base de nos émotions et ne saurait être résumée par une démonstration comparative aussi simpliste que celle réalisée par le journaliste Taddeï. S’il est en effet juste de rappeler que la colonisation est un mécanisme qui se retrouve dans la plupart des expansions de Royaume, Principauté ou Empire, il est par contre plus malhabile de ne pas nuancer le rappel en distinguant les différentes formes de colonisation dont nous avons connaissance. Dans son ouvrage Le Prince, le théoricien politique italien, Niccolo di Bernado dei Machiavelli fournit un échantillon des différentes techniques de colonisation qu’il a pu observer de par l’étude historique des sociétés du bassin méditerranéen, il y décrit des colonisations menées avec une extrême cruauté et d’autres, avec une certaine bonté ingénieuse. Description que les faits historiques corroborent, il ne viendrait pas à l’esprit de comparer les colonisations des Amériques menées par les Royaumes du Portugal, d’Espagne, de France et d’Angleterre qui ont abouti au génocide des amérindiens, à la colonisation de l’Alsace-Lorraine par l’Empire allemand en 1871. Tout comme, on ne trouve pour l’instant dans les récits des colonisations des Wolofs du Sénégal, de témoignages de génocides similaires à ceux subis par les aborigènes d’Australie et les natifs du Kongo. Ce n’est donc que par l’intermédiaire d’un certain à priori pour les évidences que l’on pourrait comparer uniformément toutes les colonisations, puisque l’étude historique montre qu’en réalité, elles ne se valent pas dans leurs visées ou procédés, de ce fait on ne saurait à l’identique mêler colonisateurs et colonisés.
Or en concluant ainsi, le journaliste amène consciemment ou inconsciemment à ignorer ce que fut la colonisation occidentale pour l’Afrique dont il est question dans leur échange. On demeure dans un flou historique de comparaison qui permet d’occulter le véritable nœud du problème dans le rapport du colonisateur au colonisé, le mépris meurtrier institué pour l’un par l’autre.

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llustration de la conférence de Berlin, elle commença le 15 Novembre 1884 et finit le 28 Février
1885. Y étaient présents, l’Empire allemand, austro-hongrois, russe et ottoman, le Royaume de
Belgique, du Danemark, d’Espagne, d’Italie, des Pays-Bas, du Portugal, le Royaume-Uni, les
Royaumes unis de Suède et de Norvège et la République française
En effet, s’il n’était question que de frontières de territoire et d’identité, nous pourrions effectivement considérer qu’il est préférable de pacifier les consciences et « s’élancer vers l’avenir » plutôt que d’entretenir des incohérences similaires à celles que nous observons dans une certaine aristocratie française qui a fait du catholicisme son socle identitaire et civilisationnel exclusif. Mais rejette une partie du Moyen-Orient oubliant pourtant que les Conciles fondateurs du catholicisme romain se déroulèrent respectivement en l’an 321 et 381 dans l’actuelle Turquie à Iznik, ancienne Nicée de la Bithynie, puis à Constantinople, nommée d’après l’Empereur Romain Constantin Ier. Et que jusqu’à sa conquête par l’Empire Ottoman au XVe siècle, l’Empire Romain d’Orient ou Empire Byzantin fut une terre chrétienne plus influente que Rome.
Les rencontres des peuples impliquent des déplacements de frontières et des échanges culturels allant jusqu’à la modification du socle identitaire, difficile de nier cela. Par contre, lorsqu’un certain mépris meurtrier motive cette rencontre, comme ce fut le cas entre l’Empire Romain et certains peuples d’Europe ou encore entre l’Europe Occidentale et l’Afrique, il peut être salutaire de ne pas « s’élancer vers l’avenir » trop vite.
Pourquoi cela ? Parce que le mépris s’accompagne rarement de la sincérité, mais plutôt de la manipulation et du mensonge. Le colonisateur pour justifier et légitimer ses actes a besoin de créer un mobile taillé sur mesure en travestissant sa victime en barbare aux frontières de la sauvagerie la plus extrême qu’il faut civiliser. On retrouve cette rhétorique dans les conquêtes de l’Empire Romain mais également dans les archives lumineuses du « Siècle des Lumières » de l’Europe Occidentale, c’est une nécessité puisqu’il faut convaincre sa population de ses bonnes vertus. Conséquence, la population de l’état colonisateur nourrit le fantasme d’appartenir à une nation soucieuse du devenir de l’humain et ne peut comprendre la fracture existante dans l’état colonisé souvent source de frustrations et de conflits. La population de l’état colonisé quant à elle, lorsqu’elle est vaincue, finit par adopter la culture et même parfois l’identité du colonisateur, c’est ce que l’historien Cheikh Anta Diop appelle l’aliénation. Si l’on transpose cela au sanguinaire rapport liant l’Occident, le colonisateur, à l’Afrique subsaharienne, la colonisée, on constate que l’horizon historique d’une partie de sa population tend vers celui de l’Occident. Le Moyen-Âge, la Renaissance, Napoléon, la première et seconde guerre mondiale, le communisme, le capitalisme et les révolutions sociales lui sont plus ou moins connus, ces périodes historiques et concepts structurent son imaginaire. Il saura parler avec plus d’aisance des pensées du sociologue du XIXe siècle Karl Marx que du modèle social qui régissait la vie de ses arrières grands-parents, et cela peut se vérifier dans quasiment toutes les disciplines de l’école dite « civilisée ». En dehors d ‘un attachement souvent creux pour un pays dont les frontières et les structures étatiques furent décidées par l’Occident, sa conscience historique en tant que fils de cette Afrique frise bien souvent le trou noir. D’ailleurs, cela lui est sans importance puisque l’éducation scolaire et religieuse le poussent vers dit-on la modernité, ainsi il n’est plus celui à coloniser, cela est inutile de fournir cet effort, puisqu’il n’a plus d’autres horizons de projection que celui hérité par l’Occident. Main dans la main, Occident et Afrique marchent à grand pas vers la modernité et les fruits du progrès, le premier se pensant inspirateur de la civilisation et le second, le suiveur par dépit. La démocratie devient la panacée des systèmes de gestion, le nec plus ultra de l’expression de la liberté, la capacité à produire de la richesse, l’indice de développement par excellence.
C’est à ce moment que la plus grande tragédie de la colonisation se révèle, emporté par la succession frénétique des lendemains d’un monde de l’instantanée, le colonisé subsaharien, bien que très largement au fait du racisme structurel de l’Occident qui a caractérisé l’esclavage, la colonisation et les récents rapports, a fait sien les conclusions de cet Occident. C’est-à-dire qu’il regarde l’expérience de ses arrières grands-parents comme une simple tradition, un folklore primitif, un chaos de sauvagerie religieuse et quand s’y mêle la croyance religieuse, des restes de rites sataniques à combattre. Ce faisant, il se refuse un questionnement décisif pourtant à la base des théories de communication sociale dès qu’il est question d’une rencontre de personnes. L’occident disposait-elle des outils nécessaires pour aborder et interpréter les réalités subsahariennes ? Dis autrement, l’élite occidentale que ses ancêtres rencontrèrent était-elle suffisamment mature pour comprendre les univers des subsahariens ?

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Un initié de la région des Hauts-Plateaux au Cameroun

(Partie II)

Ce questionnement peut paraître osé et inattendu tellement l’éducation scolaire et le vécu quotidien ont imprimé dans nos schèmes de pensée une frontière entre monde civilisé et monde primitif, il a pourtant toute sa place et suit un effort de cohérence historique. Lorsque nous lisons cet extrait parmi tant d’autres, témoin du regard de l’élite occidentale sur le subsaharien : « Lorsque les Nègres sont échauffés, il se dégage de leur peau une exsudation huileuse et noirâtre qui tâche le linge et répand une odeur désagréable »(1). Sauf à nous présenter ce type de Nègre qui tâcherait le linge et répandrait une odeur plus désagréable que celle de la ville de Paris du XIXe Siècle(2), il est difficile de ne pas y reconnaître son caractère raciste mais surtout mensonger et donc une incapacité à évaluer objectivement l’altérité. On donnerait peu de crédit à l’avis d’une tiers personne profondément misogyne sur la condition de la femme, alors pourquoi les conclusions d’une intelligentsia qui n’a pas marqué son racisme sont-elles encore acceptées ? La question se pose d’autant plus que ces conclusions amènent le subsaharien à tourner le dos à 300 000 ans d’aventures du vivant. Ses parents étaient-ils réellement hors de l’histoire comme l’affirmait l’ancien président français Nicolas Sarkozy ou l’écrivain Victor Hugo(3) ?
Ces questions se doivent de résonner à l’esprit de tous, aussi bien du descendant de colonisé que de celui du colonisateur, parce qu’entre les lignes historiques de ce dont nous héritons se terrent parfois les solutions à nos problèmes présents puisqu’il est tout à fait possible que d’autres sociétés avant l’ère de la dite modernité furent déjà confrontés à ces problèmes. C’est l’exemple des fils des Lakota d’Amérique qui n’ont cessé de mettre en garde celui qu’ils nommaient le « visage pâle » contre les conséquences d’une destruction systématique de la nature et le déséquilibre engendré en l’humain(4). Ce que l’élite du « visage pâle » ne comprit qu’il y a à peine un quart de siècle, sans toutefois avoir l’humilité de reconnaître qu’il fut pourtant averti par un peuple dont il a détruit le système et la vie.

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Roi Lakota Takanta Yokanta (Sitting Bull)
Ce questionnement a doublement sa place puisque lorsqu’on s’éloigne des à priori et cadres scolaires qui structurent la psyché collective, un autre son de cloche se fait entendre. Tandis que certains continuent de véhiculer l’idée que l’Afrique serait une terre sans expériences humaines, des personnalités scientifiques de cette même Occident décrivent parfois sur le bout des lèvres une toute autre Afrique. Le premier cité est le technocrate français Jacques Attali qui affirma à la suite des travaux du mathématicien Benoît Mandelbrot que certains « villages » d’Afrique subsaharienne disposent depuis des centaines d’années de techniques basés sur le code binaire et les fractales leur permettant de prédire l’avenir. Il est rejoint dans son propos par l’ ethnomathématicien Ron Eglash qui détaille avec soin dans son ouvrage African Fractals : Modern Computing and Indigenous Design, comment est intégré dans l’organisation quotidienne des populations du continent ce savoir mathématique qui semble pourtant n’en avoir pas l’air et qui échappe à l’œil de beaucoup. Or la réalité mathématique des fractales ne fut découverte pour la modernité qu’en 1974 par Mandelbrot, avant cela il était impossible pour l’Occident de saisir la pertinence de certains structurent géométriques à première vue simplistes. Concernant le code binaire précurseur de l’informatique d’après Jacques Attali, il se nomme le code bamana et son algorithme de fonctionnement est décrit ainsi par Ron Eglash :
« La divination bamana par le sable…Il s’avère que c’est un générateur de nombres pseudo-aléatoires utilisant le chaos déterministe. Quand on a un symbole à quatre bits, on l’associe à un autre côté : donc pair + impair donne impair, impair + pair donne impair, pair + pair donne pair et impair + impair donne pair. C’est l’addition modulo 2, comme le contrôle de bit de parité dans votre ordinateur. Ensuite on prend ce symbole et on le remet en jeu, c’est donc une diversité autogénératrice de symboles… » (5)
Dans le domaine de l’Astronomie, le responsable de communication pour l’Astrophysique du CEA et administrateur de l’Association française d’astronomie, Jean­-Marc Bonnet­-Bidaud a en particulier travaillé avec Germaine Dieterlen en pays Dogon au Mali en Afrique. Il mène des recherches sur les origines de l’astronomie ancienne en Afrique et en Chine. De ses travaux, il confirme l’existence d’observatoire astronomique en pays Dogon. Pour rappel, les Dogon sont célèbres pour leurs connaissances « surprenantes » de certains corps célestes de l’espace non visibles à l’œil nu tels que Sirius B ou Po Tolo dans leur langue, une naine blanche en orbite autour de l’étoile Sirius. Si elle ne fut découverte par la modernité qu’en 1862, elle occupe une place centrale dans l’organisation de la société Dogon.

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photographie aérienne du village Ba-Ila

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Modélisation numérique du village Ba-Ila de Sud Zambie avant 1944. Sur la gauche, les trois itérations mettant en évidence le schéma d’organisation en fractale

(Partie III)

Un troisième domaine subsaharien dans lequel les scientifiques occidentaux reconnaissent aux subsahariens une certaine précision est l’Ethnobotanique. Une discipline peu connue du grand nombre mais qui est pourtant au cœur de la recherche pharmaceutique. l’Ethnobotanique est la contraction d’ethnologie et de botanique, elle consiste en l’étude des rapports qu’entretiennent les populations avec les plantes. Si dans la définition elle se veut noble, sur le terrain, elle s’est révélée être un système efficace de vol de savoirs des populations dites primitives. En effet, les plantes jouent un grand rôle dans la fabrication des médicaments de la médecine moderne, cependant la majorité d’entre elles se situent dans des régions où la biodiversité est suffisamment riche, c’est-à-dire en dehors de l’Europe. Le scientifique ou explorateur a donc besoin d’une assistance pour se repérer dans cette biodiversité et qui mieux que les populations locales et primitives pour jouer le rôle de boussole ? Ainsi, en observant et en consignant de quelles manières elles utilisent les plantes, le scientifique-explorateur est en mesure de procéder à une première discrimination. Il lui est ensuite facile d’effectuer une sélection de plantes à ramener dans les laboratoires d’Europe où sont extraits les agents actifs en vue de leur synthèse dans les laboratoires pour l’industrie pharmaceutique, avant d’être revendus. La description de ce processus n’est pas un fantasme ou une déformation de la réalité, c’est en substance le résumé descriptif des spécialistes du domaine :
« Plus de cinquante guérisseurs ivoiriens nous ont mentionné cette plante pour ses usages thérapeutiques. Certaines de ces informations se recoupent suffisamment pour être prises en considération par les pharmacologues, d’autres ne font qu’actualiser l’usage thérapeutique de certains alcaloïdes de cette plante et confirment le sens d’observation et la profonde connaissance de certains guérisseurs et leur art dans l’utilisation de la flore locale. »1
« Ainsi, nous nous intéressons aux espèces utilisées pour le traitement des plaies occasionnées lors de la circoncision rituelle des garçons. La plante pulvérisée, appliquée à la base du gland, provoque un arrêt très rapide de l’hémorragie, accélère la cicatrisation et évite l’infection. Nous avons eu l’occasion d’assister à l’extraction de dents par un guérisseur qui n’utilisait que ses mains et une baguette de bambou. Pour arrêter l’hémorragie abondante, le patient a reçu un extrait de racines de Sesasum angolense (Pédaliacées) afin de se rincer la bouche. Après quelques minutes, les saignements et les douleurs ont disparu. Inutile de dire que cette plante a été sélectionnée pour nos études […] Découvrir de nouvelles molécules biologiquement actives à partir de plantes utilisées dans la médecine traditionnelle africaine, telle est l’objectif de la recherche conduite à l’institut de pharmacognosie de phytochimie de l’Université de Lausanne. »2

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L’Ethnobotaniste Richard Evans Schultes avec des populations d’Amazonie en 1940
En conséquence des excellents conseils et savoirs des « guérisseurs », c’est près de 484 plantes qui furent récoltées, séchées et expédiées, un poids sec de 5 172 Kg pour la seule Côte d’Ivoire et cela avant 1974. L’Ethnobotanique, c’est cette discipline scientifique qui tord le cou à ces prêts-à-penser glissés dans les psychés par le biais de l’information médiatique et scolaire qui entretiennent l’image d’une Afrique subsaharienne qui n’aurait pas développé de lieux de transmission de savoirs, de médecine et de mathématique. Une Afrique qui ne posséderait rien et à qui il a fallu tout apporter, sans que jamais on ne considère ce qui est un fait de l’histoire coloniale, les génocides et déplacements de populations ont provoqué une disparition énorme d’informations, en plus de ce que révèle l’Ethnobotanique, le vol des savoirs aujourd’hui commercialisés sous forme de médicaments sans que ne soit pas précisés leurs origines.
Revenir sur ces points de l’histoire considérés comme des acquis évidents de nos quotidiens est semble-t-il plus que nécessaire, parce que les faits nous permettent d’affirmer aujourd’hui sans risques de nous tromper qu’il y a eu de graves erreurs commises par immaturité et mensonges idéologiques par des anthropologues, sociologues et scientifiques occidentaux . Et ce constat n’est pas posé avec un esprit revanchard qui se résumerait en des comparaisons des acquis de l’Occident par rapport à ceux de l’Afrique, même s’il y aurait beaucoup à dire. Si ce constat est posé, c’est parce qu’avoir une Afrique subsaharienne, ex-capitale de la primitivité, capable d’initiatives scientifiques remet sérieusement en cause la valeur d’un des piliers de la civilisation telle que définie par l’Occident, l’écriture. En effet, dans ce que l’Occident appelle l’histoire de l’humanité, l’écriture occupe une place centrale, elle marque la séparation entre la préhistoire et l’histoire, le monde du chasseur-cueilleur et la civilisation préalable nécessaire à tout développement scientifique. Or en dehors de la Vallée du Nil, l’actuel région de l’Éthiopie, Timbouktou et très tardivement le pays Moün3, l’Afrique mélanoderme n’a pas fait un usage systématique de l’écriture dans la transmission des savoirs, au contraire, c’est l’oralité qui assure cette transmission. Pourtant elle a su déployer des sciences de gestion pertinente comme nous l’indique à juste titre Ron Eglash :
« Il nous faut réfléchir, comme ça a été dit avant, sur les méthodes traditionnelles d’auto-organisation. Ce sont des algorithmes robustes. C’est une façon d’utiliser l’auto-organisation – de faire de l’entrepreneuriat – de façon douce, de façon égalitaire. Si nous voulons trouver un meilleur moyen de faire ce genre de choses, il ne faut pas regarder plus loin que l’Afrique pour trouver des algorithmes robustes d’auto-organisation »
C’est-à-dire qu’il est possible, en remettant en cause certaines conclusions, de considérer qu’une autre Vision du Vivre Ensemble est possible, que la marche en avant d’un progrès gouverné par un capitalisme libéral toujours plus inégalitaire, violent et destructeur n’est pas une fatalité, que la posture de l’autruche qui consiste à se voiler la face derrière son confort quotidien pour ne pas constater l’effondrement animal et écologique que subit la planète, n’est pas l’unique réflexe. On peut si on dispose de suffisamment d’humilité interroger comme l’ont fait Ron Eglash et d’autres avant lui l’Afrique subsaharienne, non pas sa face visible qui peine à suivre la course de la modernité mais la face invisible, celle pratiquement incomprise et oubliée mais pourtant millénaire de l’initiation et des rites avec pour chef d’orchestre le Baka d’Afrique Centrale.
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Edgard Tokam
(1) Armand Bouquet et M. Debray Plantes médicinales de la Côte d’Ivoire et Féticheurs et médecines traditionnelles du Congo (Brazzaville)
(2) Etudes des Plantes utilisées dans la médecine traditionnelle du Pr. Kurt Hosttetmann, Professeur honoraire en Pharmacognosie et Phytochimie de l’Ecole de Pharmacie Genève-Lausanne dont il fut le Directeur à partir de 1981. Il reçut également la médaille d’or Egon Stahl de la Society for Medicinal Plant and Natural Product Research (GA).
(3) Pays Bamoun dans la région du Grassland à l’Ouest du Cameroun.
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le Lun 14 Aoû - 15:40

Tewfik Hamel, politologue et chercheur en histoire militaire

Alger abrite aujourd’hui la 11e session des pays voisins de la Libye. Quelles sont, selon vous, les perspectives d’une telle rencontre ? A quoi peut-on s’attendre à travers la rencontre d’Alger ?
La situation reste précaire en Libye. Le statu quo n’est ni souhaitable, ni tenable. La stabilité a toujours besoin d’être consolidée. Les défis sont énormes ; Le processus politique qui a commencé reste incertain. Le pays est désespérément divisé en centres de pouvoir rivaux: le Congrès général national à Tripoli et la Chambre des représentants à Tobrouk. Seul le gouvernement de Tobrouk est reconnu par la communauté internationale. Les deux gouvernements représentent les principaux blocs politiques de la Libye. Aucun n’est vraiment en mesure de prendre le contrôle territorial complet ou attirer un soutien populaire. Leur rivalité dépasse la simple dichotomie islamistes contre laïcs: il s’agit essentiellement d’une lutte pour l’accès au pouvoir et aux ressources. Les campagnes militaires à l’appui de chaque côté ont été lancées: Opération Dignité (Tobrouk) et Opération l’Aude de la Libye (Tripoli). Dans un pays sans une armée formelle – mais où les armes sont partout -, les brigades armées exécutant ces campagnes ont acquis une influence politique significative. Certaines des décisions politiques les plus importantes dans le cadre des préparatifs de la crise actuelle ont été faites sous la menace. En effet, les armes ne cessent pas de s’exprimer à chaque blocage, aussi mineur soit-il.
L’activité criminelle est clairement liée aux intérêts des milices: non seulement comme une source de revenus, mais aussi comme un moyen de maintenir le contrôle sur le territoire et d’empêcher les groupes rivaux de gagner du pouvoir et de l’influence. Il est donc probable que le crime restera un élément fondamental de la situation politique fragmentée en Libye. En outre, comme les réseaux criminels prospèrent en l’absence d’un contrôle étatique fort, leur existence neutralise les initiatives de mise en place d’un gouvernement national unifié, posant ainsi une barrière systématique contre la paix à long terme.
Egalement inquiétante est la transnationalisation et radicalisation des groupes extrémistes locaux libyens. Le djihadiste en Libye est alimenté par des développements ailleurs (Mali, Irak, Syrie, etc.) et par des doctrines importées. Sur le terrain, cela se traduit par une attraction continue pour les combattants à se joindre à Daech et l’expansion de ses activités. Le camp djihadiste profite certainement du chaos gouvernemental actuel, mais son agenda et méthodes transnationaux seront difficiles à contenir, même si le contrôle effectif de l’Etat devrait être établi.
Le jeu des puissances extérieures aggrave la situation et complique la tâche d’arriver à une solution politique. D’où l’incertitude sur le dialogue interlibyen qui se déroule actuellement sous les auspices de l’ONU et qui bénéficie d’un large soutien de la communauté internationale, ainsi que de vastes couches de la population libyenne exaspérées et épuisées par la violence et la fragmentation sévissant dans leur pays. La capacité de nuisance des puissances extérieures n’est pas négligeable. Leur présence en Libye est pressante et multiforme : forces spéciales, conseils militaires et civils, cooptation de responsables locaux, etc. Ces facteurs compliquent la tâche de la diplomatie algérienne.
Le ministre Abdelkader Messahel a beaucoup insisté sur l’importance de cette réunion, non seulement pour la Libye mais pour la sécurité de toute la région. «La sécurité est un problème commun; si on veut trouver une solution politique à la Libye, il faut parler de la sécurisation de la région», a-t-il déclaré. Quelle lecture en faites-vous ?
C’est une question de bon sens que la stabilisation de la Libye est un impératif stratégique pour l’Algérie et de favoriser une solution politique basée sur un dialogue interlibyen inclusif. Mais souvent l’histoire est tragique. «La pensée stratégique n’est rien, sinon pragmatique. La stratégie est l’étude» comment faire « , un guide pour accomplir quelque chose et le faire efficacement. La question qui intéresse la stratégie est: l’idée fonctionnera-t-elle? Plus important encore, est-il probable que cela fonctionne dans les circonstances particulières dans lesquelles elle sera prochainement testée? «Les facteurs cités impliquent que l’Algérie doit non seulement prendre en compte l’équilibre interne, mais aussi les intérêts des puissances extérieures. L’impératif immédiat consiste à éviter la généralisation de la violence, un objectif que tous les acteurs partagent. En ce sens, Alger a intérêt à ajuster son approche en adoptant une «neutralité active» – et non pas passive.
Sans une influence réelle sur le terrain et parmi les populations libyennes particulièrement les groupes armés, il est difficile pour l’Algérie d’imposer la solution politique et l’agenda des négociations. Les populations soutiennent les groupes dans les endroits où ces groupes sont déjà assez forts pour imposer une structure d’incitation (ou système de contrôle) qui apporte la prévisibilité, l’ordre, la sécurité et la stabilité. Un facteur décisif dans la détermination de la stratégie de financement des conflits est l’équilibre relatif des forces entre les forces belligérantes. La force d’un groupe influence est en partie déterminée par sa puissance et sa capacité à contrôler le territoire. Le choix des activités de financement d’un groupe est déterminé à la fois par sa relation avec la société en général et sa force relative par rapport à l’appareil exécutif de l’État. En clair, la solution passe par le renforcement de l’acteur susceptible d’apporter la stabilité autour duquel les institutions de l’Etat seront consolidées tout en définissant les règles de partage du pouvoir.
Alger a de tout temps soutenu la solution politique à travers un dialogue interlibyen à l’intérieur de la Libye, loin de toutes les interférences étrangères. Quel est d’après vous le poids et l’impact réel de ces «interférences étrangères» ?
Enorme et néfaste. Les interférences extérieures ont joué un rôle important dans la prolongation du conflit dans Ubari, par exemple. L’ingérence régionale et internationale a aggravé les lignes de faille dans le sud. La guerre pour le contrôle du pays fait rage entre factions armées dans le nord de la Libye, un conflit ignoré déchire deux tribus dans et autour de la ville d’Ubari d’environ 25 000 habitants, située dans le sud-ouest de la Libye – des rivalités violentes pour le contrôle des ressources ont vu le jour entre les Touareg et les Toubou. La bataille a fait rage sur les ressources et l’identité. Ce conflit devient une guerre de procuration avec l’intervention des puissances extérieures. La paix qui a finalement été négociée est fragile, et si le statu quo persiste, la probabilité d’un nouveau conflit est forte. Étant donné les liens familiaux et tribaux forts entre les Touareg et les Toubou dans l’ensemble du Sahel, le prochain conflit pourrait facilement se répandre au-delà de la ville d’Ubari et dans la région élargie. L’Algérie doit y garder un œil. L’environnement chaotique en Libye infesté d’éléments criminels et terroristes, la fragmentation du paysage politique libyen et la prédominance des intérêts égoïstes principalement impériaux des puissances extérieures au détriment de la stabilité de la Libye sont autant de facteurs qui compliquent la tâche de la diplomatie algérienne.
K. B.
Photo: Le ministre Abdelkader Messahel
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le Lun 14 Aoû - 15:55

Tewfik Hamel, politologue et chercheur en histoire militaire

Alger abrite aujourd’hui la 11e session des pays voisins de la Libye. Quelles sont, selon vous, les perspectives d’une telle rencontre ? A quoi peut-on s’attendre à travers la rencontre d’Alger ?
La situation reste précaire en Libye. Le statu quo n’est ni souhaitable, ni tenable. La stabilité a toujours besoin d’être consolidée. Les défis sont énormes ; Le processus politique qui a commencé reste incertain. Le pays est désespérément divisé en centres de pouvoir rivaux: le Congrès général national à Tripoli et la Chambre des représentants à Tobrouk. Seul le gouvernement de Tobrouk est reconnu par la communauté internationale. Les deux gouvernements représentent les principaux blocs politiques de la Libye. Aucun n’est vraiment en mesure de prendre le contrôle territorial complet ou attirer un soutien populaire. Leur rivalité dépasse la simple dichotomie islamistes contre laïcs: il s’agit essentiellement d’une lutte pour l’accès au pouvoir et aux ressources. Les campagnes militaires à l’appui de chaque côté ont été lancées: Opération Dignité (Tobrouk) et Opération l’Aude de la Libye (Tripoli). Dans un pays sans une armée formelle – mais où les armes sont partout -, les brigades armées exécutant ces campagnes ont acquis une influence politique significative. Certaines des décisions politiques les plus importantes dans le cadre des préparatifs de la crise actuelle ont été faites sous la menace. En effet, les armes ne cessent pas de s’exprimer à chaque blocage, aussi mineur soit-il.
L’activité criminelle est clairement liée aux intérêts des milices: non seulement comme une source de revenus, mais aussi comme un moyen de maintenir le contrôle sur le territoire et d’empêcher les groupes rivaux de gagner du pouvoir et de l’influence. Il est donc probable que le crime restera un élément fondamental de la situation politique fragmentée en Libye. En outre, comme les réseaux criminels prospèrent en l’absence d’un contrôle étatique fort, leur existence neutralise les initiatives de mise en place d’un gouvernement national unifié, posant ainsi une barrière systématique contre la paix à long terme.
Egalement inquiétante est la transnationalisation et radicalisation des groupes extrémistes locaux libyens. Le djihadiste en Libye est alimenté par des développements ailleurs (Mali, Irak, Syrie, etc.) et par des doctrines importées. Sur le terrain, cela se traduit par une attraction continue pour les combattants à se joindre à Daech et l’expansion de ses activités. Le camp djihadiste profite certainement du chaos gouvernemental actuel, mais son agenda et méthodes transnationaux seront difficiles à contenir, même si le contrôle effectif de l’Etat devrait être établi.
Le jeu des puissances extérieures aggrave la situation et complique la tâche d’arriver à une solution politique. D’où l’incertitude sur le dialogue interlibyen qui se déroule actuellement sous les auspices de l’ONU et qui bénéficie d’un large soutien de la communauté internationale, ainsi que de vastes couches de la population libyenne exaspérées et épuisées par la violence et la fragmentation sévissant dans leur pays. La capacité de nuisance des puissances extérieures n’est pas négligeable. Leur présence en Libye est pressante et multiforme : forces spéciales, conseils militaires et civils, cooptation de responsables locaux, etc. Ces facteurs compliquent la tâche de la diplomatie algérienne.
Le ministre Abdelkader Messahel a beaucoup insisté sur l’importance de cette réunion, non seulement pour la Libye mais pour la sécurité de toute la région. «La sécurité est un problème commun; si on veut trouver une solution politique à la Libye, il faut parler de la sécurisation de la région», a-t-il déclaré. Quelle lecture en faites-vous ?
C’est une question de bon sens que la stabilisation de la Libye est un impératif stratégique pour l’Algérie et de favoriser une solution politique basée sur un dialogue interlibyen inclusif. Mais souvent l’histoire est tragique. «La pensée stratégique n’est rien, sinon pragmatique. La stratégie est l’étude» comment faire « , un guide pour accomplir quelque chose et le faire efficacement. La question qui intéresse la stratégie est: l’idée fonctionnera-t-elle? Plus important encore, est-il probable que cela fonctionne dans les circonstances particulières dans lesquelles elle sera prochainement testée? «Les facteurs cités impliquent que l’Algérie doit non seulement prendre en compte l’équilibre interne, mais aussi les intérêts des puissances extérieures. L’impératif immédiat consiste à éviter la généralisation de la violence, un objectif que tous les acteurs partagent. En ce sens, Alger a intérêt à ajuster son approche en adoptant une «neutralité active» – et non pas passive.
Sans une influence réelle sur le terrain et parmi les populations libyennes particulièrement les groupes armés, il est difficile pour l’Algérie d’imposer la solution politique et l’agenda des négociations. Les populations soutiennent les groupes dans les endroits où ces groupes sont déjà assez forts pour imposer une structure d’incitation (ou système de contrôle) qui apporte la prévisibilité, l’ordre, la sécurité et la stabilité. Un facteur décisif dans la détermination de la stratégie de financement des conflits est l’équilibre relatif des forces entre les forces belligérantes. La force d’un groupe influence est en partie déterminée par sa puissance et sa capacité à contrôler le territoire. Le choix des activités de financement d’un groupe est déterminé à la fois par sa relation avec la société en général et sa force relative par rapport à l’appareil exécutif de l’État. En clair, la solution passe par le renforcement de l’acteur susceptible d’apporter la stabilité autour duquel les institutions de l’Etat seront consolidées tout en définissant les règles de partage du pouvoir.
Alger a de tout temps soutenu la solution politique à travers un dialogue interlibyen à l’intérieur de la Libye, loin de toutes les interférences étrangères. Quel est d’après vous le poids et l’impact réel de ces «interférences étrangères» ?
Enorme et néfaste. Les interférences extérieures ont joué un rôle important dans la prolongation du conflit dans Ubari, par exemple. L’ingérence régionale et internationale a aggravé les lignes de faille dans le sud. La guerre pour le contrôle du pays fait rage entre factions armées dans le nord de la Libye, un conflit ignoré déchire deux tribus dans et autour de la ville d’Ubari d’environ 25 000 habitants, située dans le sud-ouest de la Libye – des rivalités violentes pour le contrôle des ressources ont vu le jour entre les Touareg et les Toubou. La bataille a fait rage sur les ressources et l’identité. Ce conflit devient une guerre de procuration avec l’intervention des puissances extérieures. La paix qui a finalement été négociée est fragile, et si le statu quo persiste, la probabilité d’un nouveau conflit est forte. Étant donné les liens familiaux et tribaux forts entre les Touareg et les Toubou dans l’ensemble du Sahel, le prochain conflit pourrait facilement se répandre au-delà de la ville d’Ubari et dans la région élargie. L’Algérie doit y garder un œil. L’environnement chaotique en Libye infesté d’éléments criminels et terroristes, la fragmentation du paysage politique libyen et la prédominance des intérêts égoïstes principalement impériaux des puissances extérieures au détriment de la stabilité de la Libye sont autant de facteurs qui compliquent la tâche de la diplomatie algérienne.
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Signaler une anomalie Venesuela et petrodollars .

le Jeu 14 Sep - 12:56
Venezuela : Les implications de la vente de brut dans d’autres devises que le dollar

                  14 septembre 2017



Le pétrodollar est plus important pour la domination mondiale des Etats-Unis que l’exportation d’armes ou la culture hollywoodienne parce qu’il permet aux Etats-Unis d’être le plus important exportateur de billets verts dont tout le monde a besoin pour acheter du pétrole. Le Venezuela a décodé de dédollariser son économie. Pour connaître les implications de cette mesure, il faut regarder le contexte géopolitique dans lequel cela se produit.
Après que le Président Nicolás Maduro ait décidé jeudi dernier que toutes les entreprises qui vont signer des contrats avec l’Etat vénézuélien négocieront avec des devises différentes du dollar, le vice-président Tareck El Aissami a trouvé pertinent que le secteur de la production génère les mécanismes nécessaires grâce à la banque publique et privée pour aller vers un nouveau panier de monnaies.
Lors d’une réunion de travail sur le Plan Constituant pour la Paix et la Prospérité Economique avec des chefs d’entreprises au Ministère du Pouvoir Populaire pour l’Economie et les Finances, il a déclaré : « Nous devons rompre le joug du dollar, » en expliquant que ceux qui souhaitent enchérir dans les ventes du DICOM doivent transférer leurs comptes en banque dans une autre devise. « Nous n’allons plus vendre en dollars, la vente en dollar est déjà terminée, » a ajouté El Aissami en soulignant que ces mesures sont adoptées pour contrecarrer les sanctions économiques imposées par les Etats-Unis.
D’autre part, il a assuré que les Vénézuéliens qui ont demandé les sanctions seront jugés en ajoutant que le Venezuela est en trains de transférer ses comptes dans d’autres banques du monde qu’il a remerciées pour leur soutien. « Dans le système bancaire public, nous avons déjà des postes de correspondants dans tous ces pays (la Russie, la Chine, l’Inde, l’Europe), » a-t-il indiqué.
Comment le dieu pétrodollar gère
Le dollar des Etats-Unis est devenu la monnaie prédominante pour les paiements internationaux parce que jusqu’au milieu du XX° siècle, l’or était le système monétaire dominant basé sur une quantité fixe de réserve d’or conservée dans les banques nationales, ce qui limitait les prêts. A ce moment-là, Washington a réussi à s’approprier 70% des réserves d’or du monde (sans compter l’URSS) affaiblissant le Royaume Uni et laissant de côté la création du système financier de Bretton Woods en 1944.
Pour atteindre la domination mondiale souhaitée, il s’est appuyé sur 2 outils principaux : le dollar états-unien et la puissance militaire. Certains pays ont développé des alliances militaires alternatives et rompu avec la dépendance envers le dollar états-unien pour ne pas être dominés.
Dans les années 70, le dollar a fait une chute dramatique due à la croissance économique de l’Allemagne et du Japon et à la réticence de l’Union Européenne à ajuster ses politiques économiques pour maintenir l’équilibre dollar-or. La devise a été revitalisée par le soutien d’exportateurs de pétrole comme l’Arabie Saoudite et les échanges pétrole contre armes des Etats-Unis. Richard Nixon, en 1971, a ordonné unilatéralement de supprimer la convertibilité directe du dollar en or et ainsi, le pétrole est devenu la base du système du dollar états-unien (Nixon Shock). A cause de cela, le contrôle du commerce pétrolier est une priorité de la politique étrangère de Washington.
Quand les membres de l’OPEP ont soutenu ce mécanisme, la demande mondiale de pétrodollars états-uniens a atteint un sommet historique et les pays se sont vus obligés d’acheter des dollars pour obtenir du pétrole sur le marché international.
On dit que la participation des Etats-Unis à l’actuel produit intérieur brut mondial ne doit pas excéder 22% mais 80% des paiements internationaux se font avec leurs dollars dont la valeur est excessivement haute comparée avec d’autres monnaies. A cause de cela, cela produit un bénéfice financier significatif alors que la forte demande de dollars dans le monde permet à leur Gouvernement de refinancer sa dette à des taux d’intérêt très bas.
Dédollariser est une menace
Tout pays qui lutte contre le dollar est considéré comme une menace directe pour l’hégémonie économique des Etats-Unis et le haut niveau de vie de leurs citoyens, c’est pourquoi les élites à Washington cherchent à résister à ce processus à tout prix. Le dirigeant libyen Muammar al-Khaddafi a été renversé et assassiné après avoir décidé de vendre son pétrole en euros et après avoir introduit le dinar d’or pour remplacer la monnaie européenne.
Oui, un dirigeant assis sur 150 tonnes d’or réel a proposé de vendre du pétrole contre des monnaies d’or réel. C’est pourquoi le président français de l’époque, Nicolás Sarkozy, a dit que la Libye mettait en danger la stabilité financière mondiale » basée sur une monnaie sans correspondance qui ne profitait qu’au consommateur états-unien.
Avec certaines banques et compagnies énergétiques européennes qui opèrent à l’intérieur de leurs frontières, la Chine, la Russie et l’Iran poursuivent une politique de dédollarisation pour échapper à la domination des Etats-Unis. En 2014, le Ministère des Finances russe a annoncé l’augmentation de la participation des contrats en roubles tandis qu’en mai dernier, au sommet de Shanghai, la Russie s’est engagée à signer la vente de 400 000 millions de dollars de gaz naturel à la Chine dans les 30prochaines années en payant en roubles et en yuans. Ils ont appelé cela « l’accord du siècle. »
En août dernier, pendant sa visite en Crimée, le président russe Vladimir Poutine a annoncé que « le système des pétrodollars devrait entrer dans l’histoire » tandis que « la Russie discute de l’utilisation des monnaies nationales dans les accords mutuels avec différents pays » à cause de la politique de sanctions de l’Occident.
Ces derniers mois, la Chine a signé des accords avec le Canada et le Qatar pour des échanges de monnaies nationales, faisant du Canada le premier centre offshore pour le yuan en Amérique du Nord et doublant (et même triplant) le commerce avec la Chine pour un montant estimé de 200 000 millions de yuans. Les échanges directs de devises entre la Chine et le Qatar récemment sanctionné représentent à 5 700 millions de dollars, ce qui en a fait la base de l’utilisation du yuan sur les marchés du Moyen Orient où on a peu confiance dans le dollar à cause de l’exportation de l’inflation. Il faut espérer que d’autres pays de l’OPEP signeront des accords avec la Chine.
La Chine a aussi encouragé l’établissement d’un centre de compensation à Kuala Lumpur, qui encouragera une meilleure utilisation du yuan dans le sud-est asiatique, cela moins d’un mois avant que Singapour, le principal centre financier d’Asie, ne devienne un centre d’échange de yuans par l’échange direct du dollar de Singapour en yuan.
L’Iran a annoncé récemment qu’il renonçait à utiliser les dollars états-uniens pour son commerce extérieur. Le président du Kazakstan, Nursultan Nazarbayev, a chargé récemment la Banque Nationale de la dédollarisation de l’économie de son pays, le Royaume Uni envisage de se libérer de ses dettes en yuans alors que la Banque Centrale Européenne discute de la possibilité d’inclure le yuan dans ses réserves officielles.
Tandis que dans le monde réel cette tendance et l’inflation aux Etats-Unis augmentent, dans la presse, la propagande anti-russe augmente.
La guerre est mondiale et elle est économique, il faut le répéter
En termes de ressources, qui a de l’or ou du pétrole sous son sol devrait pouvoir déterminer les questions géopolitiques ou l’hégémonie d’une monnaie. Cependant, la puissance militaire est aussi un facteur déterminant de ce réajustement de l’autorité au milieu de l’effondrement du système capitaliste. Beaucoup de pays cherchent à sortir leurs réserves d’or déposées dans les caves de la Banque de la Réserve Fédérale des Etats-Unis, plus encore depuis qu’ en 2013, cette banque a refusé de rendre les réserves d’or allemandes à son propriétaire.
Vu que le monde ne veut pas dépendre plus de ses dollars, Washington opte pour la déstabilisation de la région pour conduire tout éventuel rival à l’affaiblissement. Des experts pensent qu’il y a peu d’espoir que les Etats-Unis survivent à la vague même de chaos qu’ils ont déchaînée dans le monde entier.
Tandis que la dette états-unienne de presque 20 bilions de dollars est presque aussi importante que celle des 28 membres de l’Union européenne et supérieure à ce que les Etats-Unis produisent en un an, le message que donne la relation entre la dette et le PIB aux investisseurs est que le pays pourrait avoir des problèmes pour payer ce qu’il doit. Obama et Bush fils ont vidé les coffres de l’Etat et ont détruit les fonds de sécurité sociale, entre autres, en finançant la « Guerre contre le terrorisme » et en payant des dépenses d’autres départements.
Même quand la Russie, par la voix du premier ministre Dmitry Medvedev, a reconnu que les Etats-Unis l’ont amenée à une guerre économique à grande échelle, la dette russe est faible comparée avec celle de l’Europe. Sa croissance économique avant 2011 a été plus forte que celle des Etats-Unis, de l’Allemagne, de la France, du Japon et des autres pays du G8. Poutine a payé la presque totalité de la dette extérieure du pays avec la vente d’hydrocarbures au moment où ses prix étaient élevés.
Les mécanismes de contrôle mondial installés dans le pouvoir ont fait couler la relation Etats-Unis-Russie grâce à des intrigues et des campagnes qui ont fini par une batterie de sanctions envers le peuple russe. De plus, face aux blocus que l’OTAN a instaurés sur le gaz naturel russe grâce à des conflits en Ukraine et en Syrie, le Gouvernement de Poutine a pu les esquiver grâce au projet turc South Stream et à l’imminente déroute de l’Etat islamique en Syrie.
La dédollarisation de l’Union Euro asiatique amènerait la crise au monde occidental encore plus quand l’Europe s’agite autour de la crise des banques et que le Sénat des Etats-Unis a décidé d’augmenter temporairement le plafond de la dette pour que les autorités états-uniennes puissent assigner plus de 15 000 millions de dollars à l’aide aux victimes de l’ouragan Harvey.
A l’horizon, les « contrats du futur »
Le marché pétrolier vénézuélien a devant lui l’opportunité de ce qu’on appelle les « contrats du futur » du pétrole en yuans que la Chine encourage. Cette sorte de contrats oblige les parties à acheter ou à vendre à un prix fixe déterminé avant. Cela pourrait devenir le nouveau schéma pour ceux qui réalisent l’achat et la vente d’instruments financiers sur les marchés boursiers et pourrait être le nouveau point de référence pour les commerçants pour faire de la Chine le plus important importateur de pétrole du monde. Selon le vice-président vénézuélien, de plus, la Chine a manifesté son intérêt pour payer le pétrole vénézuélien en yuans.
Seuls les contrats de West Texas Intermediate (WTI) et de Brent sont commercialisés sur le marché mondial du futur et tous 2 sont estimés en dollars états-uniens mais cela permettrait aux exportateurs comme la Russie, l’Iran, le Qatar ou le Venezuela d’éviter d’utiliser le dollar parce que les acheteurs pourraient payer leur pétrole avec des yuans ou de l’or après avoir converti le monnaie chinoise en onces d’or.
Selon ce que dit Michael Snyder sur son blog The Economic Collapse, avec l’économie, Pékin a joué aux échecs et l’Occident aux dames et malheureusement pour Washington, nous sommes arrivés au point où l’échec et mat est déjà à l’horizon. Le Venezuela prend position pour préserver son autodétermination et sa souveraineté dans la paix à un moment de définitions géopolitiques qui détermineront le cours économique du monde dans les prochaines décennies.
traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos
En savoir plus sur http://reseauinternational.net/venezuela-les-implications-de-la-vente-de-brut-dans-dautres-devises-que-le-dollar/#fF4CUyjKSXSHU0fm.99
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Signaler une anomalie Présent partout, victorieux nulle part – La meilleure force autodestructrice de l’Histoire

le Sam 30 Sep - 21:23
Seize années de guerre depuis les attentats du 11 septembre, des budgets de défense toujours plus colossaux, et pourtant l’armée américaine « projetée » partout n’arrive à l’emporter pour de bon nulle part. Pourquoi ?
William Astore, ancien officier de l’US Air Force et professeur d’histoire, répond. Citoyen américain engagé, il dessine en perspective les risques grandissants de la situation non seulement pour l’armée, mais pour la société américaine toute entière.

L’armée américaine hors limites – Présent partout, victorieux nulle part




Les nouvelles de la « meilleure armée du Monde » sont choquantes. Deux rapides navires de l’US Navy qui sontentrés en collision avec de lents bateaux commerciaux, provoquant des pertes humaines. Une US Air Force qui est continuellement en action depuis des années, et qui pourtant n’a pas assez de pilotes pour ses avions de combat. Des soldats qui se retrouvent à combattre des « rebelles » en Syrie dont l’équipement et l’entraînementont été assurés par la CIA. Des forces spéciales déjà trop sollicitées qui doivent faire face à des besoins grandissants, alors que leurs taux de détresse mentale et de suicide augmentent. Des forces locales d’appoint en Irak et en Afghanistan qui sont tout sauf fiables, revendant souvent sur le marché noir les armes que l’Amérique leur a fournies, si bien qu’elles se retrouvent dans des mains ennemies. Tout cela et plus encore, alors que les dépenses de défense recommencent à s’élever et alors que l’Etat de sécurité nationale croule sous des financements totalisant près d’un trillion de dollars par an.
Que se passe-t-il ? Pourquoi des navires sophistiqués et hautement manœuvrables se heurtent-ils à de lourds cargos ? Pourquoi une armée de l’air qui n’existe que pour voler et pour combattre est-elle à court de 1 200 pilotes ? Pourquoi les forces spéciales américaines sont-elles déployées partout et victorieuses nulle part ? Pourquoi en un mot l’armée américaine est-elle en train de se battre contre elle-même – et de perdre ?

C’est le rythme des opérations, gros bêta !




Après 16 ans d’une guerre contre le terrorisme jamais achevée et qui continue à s’étendre, les sonnettes d’alarme se déclenchent en Asie, des Corées et de l’Afghanistan jusqu’aux Philippines, tandis que dans le grand Moyen Orient (1) et en Afrique la « dernière superpuissance » est enlisée dans une série de conflits sans fin contre un éventail d’ennemis mineurs, dont peu arrivent à maintenir la liste à jour. Si bien que l’armée américaine à l’esprit si volontariste, engagée dans un nombre effarant de missions, est de plus en plus devenue une armée inefficace.
Trop peu de navires, déployés pendant trop longtemps. Trop peu de pilotes usés par des patrouilles incessantes et par des missions de bombardement et de drone qui se multiplient comme la mauvaise herbe. Les forces spéciales (les « commandos de partout » comme les appelle Nick Turse) sont déployées dans bien trop de pays – rien que cette année, plus des deux-tiers des nations de la planète – et engagées dans des conflits qui n’ont guère de chances de se terminer d’une manière favorable pour Washington. Pendant ce temps, des gens bien informés comme le général à la retraite David Petraeus parlent calmement de « guerres générationnelles », qui pour faire simple ne se termineront jamais. Pour paraphraser un vieux slogan d’une émission sportive de ABC, l’armée américaine en englobant le monde « connaît plus souvent l’abattement de la défaite que l’excitation de la victoire ».

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« Guerre Eternelle », un roman de science-fiction… devenu réalité ?

Pour le président Donald Trump (comme pour tant d’autres politiciens à Washington) cette situation peu ragoutante a une solution évidente :gonfler le budget de l’armée, construire plus de navires de guerre, former davantage de pilotes et leur donner une meilleure incitation financière à rester dans l’armée, s’appuyer davantage sur les drones et d’autres « multiplicateurs de force » technologiques pour épauler des troupes épuisées, cajoler des alliés comme les Allemands et les Japonais afin qu’ils dépensent plus pour leurs armées, et faire pression sur des forces d’appoint comme les armées irakiennes et afghanes pour trancher dans la corruption et améliorer les performances au combat.
Une option – la plus logique – n’est jamais prise sérieusement en considération à Washington : réduire sévèrement le rythme des opérations militaires en diminuant les dépenses militaires ainsi que la mission globale, en ramenant les troupes à la maison et en les y laissant. Ce n’est pas là un plaidoyer isolationniste. Les Etats-Unis font certes face à des challenges, notamment de la part de la Russie (qui reste une puissance nucléaire majeure) et de la Chine (puissance économique mondiale qui développe sa force militaire régionale). La Corée du Nord, comme toujours, fait un spectacle provocateur de ses essais balistiques et nucléaires. Des organisations terroristes cherchent à déstabiliser les alliés de l’Amérique et à fomenter le trouble même « au pays ».
De tels challenges nécessitent de la vigilance. Mais pas davantage de navires sur les flots, de pilotes dans les airs, ni de bottes de soldats sur le terrain. En vérité, 16 ans après les attentats du 11 septembre, il devrait être évident que continuer la même chose en plus grand a toute chance de produire encore plus de ce à quoi nous ne nous sommes que trop bien habitués : une instabilité grandissante dans des régions étendues de la planète, ainsi que l’avènement de nouveaux groupes terroristes, ou de nouvelles versions de groupes anciens, qui sont autant d’occasions pour des interventions militaires américaines ratées (2)
Il fut un temps lorsqu’il y avait encore deux superpuissances sur la planète Terre. Alors, le déploiement mondial de l’armée américaine avait une justification claire : contenir le communisme (3) Peu après que l’Union soviétique ait implosé en 1991 sous les cris de triomphe et d’orgueil de Washington, le chercheur et ancien consultant de la CIAChalmers Johnson eut une révélation. Ce qu’il en viendrait à appeler « le Raj américain » (4) une structure impériale globale visiblement construite pour contenir la menace du communisme, n’était pas en train de disparaître juste parce que cette menace s’était évaporée, ne laissant ni superpuissance ni même une puissance majeure comme adversaire à l’horizon. Bien au contraire, Washington – et son réseau « impérial » de bases militaires sur lequel le soleil ne se couche jamais – ne faisait que s’ancrer toujours plus profondément en préparation du long terme. A ce moment, Johnson sous le choc réalisa que les Etats-Unis eux-mêmes étaient un empire et, l’image miroir que lui fournissait son ennemi maintenant disparue, risquait de devenir à lui-même sa propre Némésis.
Il s’avéra que ce n’était pas seulement les Etats-Unis qui avaient contenu les Soviétiques. Eux aussi nous avaient contenu (5) Leur empire une fois disparu, nos chefs s’imprégnèrent du vieux rêve de Woodrow Wilson, même si c’était sous une forme militarisée : refaire le monde à notre propre image (6) – au besoin à la pointe de l’épée.
Depuis le début des années 1990, loin d’être contenus par des rivaux équivalents, les dirigeants américains ont agi comme si rien ne devait les empêcher de faire comme ils l’entendaient sur la planète, c’est-à-dire comme la suite devait le prouver que rien ne les protégeait plus de leur propre folie (7) Nous voyons maintenant les résultats. Des guerres désastreuses qui s’éternisent en Irak et en Afghanistan. Des interventions à travers le grand Moyen-Orient (Libye, Syrie, Yémen et au-delà) qui répandent le chaos et la destruction.
Des attaques contre le terrorisme qui partout ont donné des ailes aux djihadistes. Et récemment, des appels àarmer l’Ukraine contre la Russie. Tout cela est la traduction d’une vision stratégique démesurée qui ces dernières années parle sans ironie d’intervention globale, de puissance globale, et de domination de tous les domaines.
Dans ce contexte, il est bon de nous rappeler l’étendue de la puissance militaire américaine. Le monde entier est zone d’intervention – ou zone de départ – pour les soldats américains. Il y a encore environ 800 bases militairesaméricaines dans des pays étrangers. Les commandos américains se déploient dans plus de 130 pays chaque année. Et même le monde ne suffit pas au Pentagone qui cherche à dominer non seulement la terre, la mer et l’air mais l’espace, le cyberespace et même l’espace privé si l’on tient compte des efforts pour atteindre la «conscience informationnelle totale » grâce à 17 agences de renseignement se chargeant – pour 80 milliards de dollars par an – de récolter toutes les données sur la planète Terre.
En un mot, les soldats américains sont présents partout et victorieux nulle part, un problème que le président américain le plus « gagneur », Donald Trump, ne fait qu’exacerber. Entouré de « ses » généraux, Trump – contre ses propres instincts il l’a récemment prétendu – réengagé troupes et prestige américains dans la guerre en Afghanistan. Il a aussi étendu de manière notable frappes de drone et bombardements américains dans le grand Moyen-Orient, et menacé « feu et colère » contre la Corée du Nord, tout en poussant la dépense militaire.

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Dwight Eisenhower, chef de l’armée américaine en Europe pendant la seconde guerre mondiale et président des Etats-Unis (1953-1960)

« Nous devons empêcher l’acquisition par le complexe militaro-industriel d’une influence illégitime (…) Seuls des citoyens alertes et informés pourront forcer l’énorme machine industrielle et militaire de la Défense à se plier à nos méthodes et nos objectifs pacifiques » (Adresse au peuple américain avant de quitter ses fonctions de président, 1961)

Ce Pentagone croulant sous l’argent, et la promesse d’encore davantage à l’avenir, réduit rarement les missions. Pendant ce temps, ce qui passe pour une pensée originale à la Maison Blanche de Trump, c’est la suggestion d’Erik Prince le fondateur de Blackwater de privatiser la guerre de l’Amérique en Afghanistan (et peut-être ailleurs encore). Les mercenaires, voilà la réponse aux problèmes militaires de Washington, selon Prince. Et les nervis ont bien sûr l’avantage supplémentaire de ne pas être soumis aux règles qui s’appliquent aux membres des forces armées américaines.
De fait, la proposition de Prince, quoique les généraux de Trump s’y opposent, a sa propre logique. Si vous acceptez l’idée que les guerres de l’Amérique ces dernières années ont largement servi les objectifs des entreprises du complexe militaro-industriel, pourquoi ne pas confier les opérations militaires elles-mêmes aux entreprises guerrières qui accompagnent maintenant régulièrement l’armée au combat – supprimant l’intermédiaire, c’est-à-dire l’armée elle-même ?

Cogner sur un nuage de moucherons




Les mercenaires d’Erik Prince devront cependant ronger leur frein pendant que le haut commandement de l’armée continue dans le monde entier à frapper des ennemis insaisissables. De son propre aveu, la force que les récents présidents américains ont vantée comme la « meilleure » de l’Histoire fait face à des ennemis remarquablement « asymétriques » et protéiques, y compris les quelques 20 organisations terroristes du théâtre d’opérations Afghanistan – Pakistan. Frappant des ennemis relativement si insignifiants, les Etats-Unis font penser au puissant Thor, le fameux super-héros frappant violemment de son marteau… un nuage de moucherons. Bien sûr, certains moucherons meurent, mais le résultat est toujours un super-héros épuisé, et encore davantage de moucherons attirés par la chaleur et le choc de la bataille.

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Thor le super-héros… à l’attaque des moucherons !

J’ai rencontré pour la première fois la phrase « utiliser une masse d’armes pour tuer des moucherons » en étudiant l’histoire de la puissance aérienne américaine pendant la guerre du Vietnam. Les raids de B-52 « Arc Light » lâchaient un tonnage record de bombes sur des régions du Sud Vietnam et du Laos dans des efforts largement sans effet pour tuer des guérilleros dispersés et couper par le feu les voies logistiques issues du Nord Vietnam. Un demi-siècle plus tard, l’armée de l’air vante périodiquement la précision bien meilleure de sa puissance aérienne avec ses bombes guidées au laser ou au GPS. Cependant, dans un pays après l’autre, les Etats-Unis utilisant ces armements se sont livrés à des frappes trop brutales en série. En Afghanistan, c’est l’utilisation récente de la MOAB la « mère de toutes les bombes », la plus grande arme non-nucléaire jamais utilisée au combat, contre un petit groupe de combattants de l’E.I. De même, la guerre aérienne américaine en Syrie a dépassé les Russes et même le régime d’Assad pour ce qui est des effets meurtriers sur les civils, surtout autour de Raqqa, la « capitale » de l’Etat islamique. Ce genre de déluge de violence est évident aussi à terre, avec des raids de forces spéciales qui rien que cette année ont tué des civils du Yémen à la Somalie. En d’autres termes, dans le grand Moyen-Orient tout entier, la généreuse machine à tuer de Washington crée encore un désir de vengeance dans la population civile, dont un grand nombre, quand ils n’ont pas été tués, ont été déplacés ou envoyés fuir au-delà des frontières en réfugiés de ces guerres. Elle a joué un rôle important pour déstabiliser ces régions, créant des Etats faillis et encore plus de recrues pour les groupes terroristes (Cool

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La « Mère de Toutes les Bombes » – 10 tonnes, 16 millions de dollars pièce

Laissant de côté les avancées technologiques, peu de choses ont changé depuis le Vietnam. L’armée américaine se repose toujours sur une puissance de feu énorme pour tuer des ennemis insaisissables tout en limitant les pertes (américaines). En tant qu’instrument de victoire, elle n’a pas fonctionné au Vietnam, et pas davantage en Irak ou en Afghanistan.
Mais qu’importent les leçons de l’Histoire. Le président Trump affirme que sa « nouvelle » stratégie afghane – dont les détails suivant un porte-parole militaire ne sont « pas encore disponibles » – mènera à davantage de terroristes (de moucherons) morts.
Depuis le 11 septembre, les dirigeants américains, Trump inclus, n’ont que rarement cherché les moyens d’éviter ces moucherons, tandis que les efforts pour « assécher le marais » dans lesquels ils prolifèrent n’ont servi qu’à les élargir encore. En même temps, les efforts pour recruter des « moucherons » indigènes – des forces supplétives locales – pour qu’elles continuent le combat ont été fort décevants. Comme au Vietnam, les Etats-Unis se sont avant tout employés à développer des marteaux meilleurs et technologiquement plus avancés (ce qui signifie plus coûteux), tout en continuant à faire des moulinets dans le nuage des moucherons – une entreprise aussi vaine que contre-productive.

La plus grande et la meilleure force autodestructrice de l’Histoire




La guerre incessante représente la fin de la démocratie. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est James Madison (9)
Je suis cependant fermement convaincu, comme le disait le président Eisenhower, que « seuls les Américains peuvent blesser l’Amérique ». Alors, comment soigner la blessure ? Il faut commencer par mettre l’armée sous contrôle. Une armée permanente n’existe – ou plus précisément ne devrait exister – que pour soutenir et défendre la Constitution et notre pays contre les menaces immédiates à notre survie. Des attaques sans fin contre des ennemis novices dans les arrière-cours de la planète sont loin de s’inscrire dans cette mission. En fait, plus ces attaques usent l’armée, plus elles mettent en danger la sécurité nationale.
Un ami à moi, capitaine dans l’armée de l’air, m’a dit un jour : « Longues études, fausses études ». C’est un sentiment qui est particulièrement pertinent quand on l’applique à la guerre : combats longtemps, combats faussement. Pourtant, aussi usantes qu’elles puissent être pour les armées, les longues guerres sont encore plus dévastatrices pour les démocraties. Plus longtemps notre armée fait la guerre, plus notre pays se militarise, abandonnant ses valeurs et ses idéaux démocratiques.
A l’époque de la Guerre froide, les régions où l’armée américaine est aujourd’hui à la peine étaient considérées comme les « zones d’ombre » où des agents secrets à la John Le Carré envoyés par les deux superpuissances faisaient assaut de coups fourrés dans des conflits ténébreux. Après le 11 septembre, ayant « enlevé les gants »(10) et cherchant à mettre KO ses ennemis, l’armée américaine est entrée en force dans ces mêmes zones d’ombre. Sans surprise, elle n’y arrive souvent pas à distinguer l’ami de l’ennemi.
Une nouvelle stratégie pour l’Amérique, cela signifierait sortir de ces zones d’ombre de guerres sans victoire. Mais non, l’armée américaine en expansion continue d’aggraver les erreurs stratégiques des 16 dernières années .Cherchant à dominer partout mais ne gagnant nulle part pour de bon, elle pourrait pourtant s’effondrer comme la plus grande et la meilleure force autodestructrice de l’Histoire.
Texte original en anglais – William J Astore, Tom Dispatch
Traduction en français et Notes – Alexis Toulet pour le Noeud Gordien
1 – L’expression américaine « Grand Moyen-Orient » ajoute l’Afrique du Nord au Moyen-Orient proprement dit
2 – Était-ce analyse intelligente, ou même une stratégie pensée à l’avance ? Oussama Ben Laden remarquait dès son discours de 2004 :

Al-Qaida a dépensé 500 000 dollars (pour réaliser les attentats du 11 septembre) tandis que l’Amérique, dans l’incident et ses suites, a perdu dans les estimations les plus basses plus de 500 milliards de dollars.
(…) Quant à la taille du déficit économique, il a atteint des chiffres astronomiques record estimés à un total de plus d’un trillion de dollars.
Encore plus dangereux et amer pour l’Amérique, les saints guerriers ont récemment forcé Bush à recourir à des fonds d’urgence afin de continuer le combat en Afghanistan et en Irak, ce qui montre bien le succès du plan saigner-jusqu’à-banqueroute, avec la permission de Dieu.

Il n’est pas interdit de remarquer que les djihadistes sont des ennemis cruels, mais il ne faut surtout pas s’imaginer qu’ils seraient stupides…
3 – Le spécialiste soviétique de l’Amérique Georgi Arbatov avait prévenu les Américains vers la fin des années 1980 : « Nous allons vous faire quelque chose de terrible. Vous n’aurez plus d’ennemi« 
4 – Décalque de l’expression « Raj britannique » désignant le régime colonial imposé aux Indes entre 1858 et 1947
5 – Dès les années 1960, De Gaulle remarquait que c’était une excellente chose que les Etats-Unis soient là pour contenir l’Union soviétique. Et l’Union soviétique, pour contenir les Etats-Unis.
6 – Pourtant, s’il faut en croire la Bible, seul Dieu peut créer « à son image » (Genèse, 1, 27) – une mise en garde contre toute entreprise humaine de refaire l’autre « à son image » ?
7 – Le dialogue suivant vaut d’être cité in extenso, tant il est significatif. A un journaliste critiquant l’intervention militaire en Irak au nom des « réalités », le consultant du président américain Karl Rove répondait en 2004 :

« Ce n’est plus ainsi que le monde fonctionne en réalité. Nous sommes un empire maintenant, et quand nous agissons nous créons notre propre réalité. Et pendant que vous étudiez cette réalité – avec justesse j’en suis sûr – nous agirons encore, créant encore d’autres réalités, que vous pouvez étudier aussi, et c’est comme ça que les choses se passeront. Nous sommes les acteurs de l’Histoire… et vous, vous tous, il ne vous restera qu’à étudier ce que nous faisons. »

8 – Il faut toutefois souligner que si l’effet pointé par William Astore est bien réel, c’est encore pour bien d’autres raisons que des Etats s’effondrent, de la Somalie depuis un quart de siècle à la Syrie plus récemment, et bien d’autres. Imaginer que les interventions militaires de l’Amérique sont la principale cause de toutes ces Etats faillis serait illusoire, ce n’est guère vrai que pour l’Irak et la Libye – et la France a d’ailleurs une large part à ce dernier cas.
9 – Architecte de la Constitution des Etats-Unis. Voici la citation complète :

De tous les ennemis de la véritable liberté, la guerre est peut-être le plus redoutable, parce qu’en lui se trouve le germe et le développement de tous les autres. La guerre est mère des armées, d’où procèdent dettes et impôts, et armées comme dettes et impôts sont les instruments qui permettent d’amener la multitude sous la domination de quelques-uns. A la guerre encore, le pouvoir discrétionnaire de l’Exécutif est agrandi, son influence pour attribuer places, honneurs et émoluments est multipliée, et tous les moyens de séduire les esprits s’ajoutent à ceux de subvertir la force du peuple. La même force maligne dans le républicanisme trouve sa source dans l’inégalité des fortunes et les occasions de fraude qui découlent d’un état de guerre, et dans la dégénérescence des manières et de la morale qui découlent des deux. Aucune nation ne peut préserver sa liberté au milieu d’une guerre sans fin.

10 – Il s’agit là d’une allusion à la torture
source:http://www.noeud-gordien.fr/index.php?post/2017/09/29/Présent-partout%2C-victorieux-nulle-part
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Signaler une anomalie synthèse générale et aperçus anticipatifs technologiques

le Mer 4 Oct - 15:50
La lecture des articles précédents est indispensable pour la compréhension de celui-ci.
Les manifestations physiques de la sphère spirituelle se réalisent par une action prenant place dans la 5e dimension. La maîtrise technologique de l’espace-temps à 5 dimensions est une nécessité pour influencer cybernétiquement le comportement, défini par une logique tétravalente, d’une sphère spirituelle qui se manifeste en violant le principe cosmique – inaliénable – de libre arbitre.
Le soleil est la structure du système solaire qui repose le plus sur les propriétés d’un espace-temps 5d. Modifier la dynamique solaire, c’est influer directement sur l’interaction qu’a la sphère spirituelle sur la biosphère terrestre.
Le système solaire formant un tout, l’équilibre du système est dû à un état de résonance de toutes les planètes qui se stabilise dans le temps en fonction des variations qu’il subit. La modification de cette résonance permettrait de modifier la répartition de l’énergie des vortex cosmotelluriques qui sillonnent le système solaire, vortex qui sont des tourbillons 5d d’énergie de type gravitationnel également présent sur Terre.
Une structure antique utilisant cette énergie cosmotellurique existe depuis des milliers d’années sur Terre. Elle agit sur le potentiel ϕ (5d) planétaire. La grille énergétique ainsi formée agit dans tous les esprits par l’intermédiaire de la 5e dimension et peut influencer l’état général de l’esprit par ce potentiel ϕ. Les pyramides construites à la surface de notre planète ont été construites avec la connaissance de cette énergie subtile ϕ. Les travaux scientifiques mettant en rapport la structure des pyramides avec leur influence sur l’esprit sont nombreux (notamment russes). Malheureusement, cette structure est insuffisante pour guider suffisamment les flux d’énergie spirituelle dans l’esprit des habitants de la planète. La raison en est très simple : elles n’ont pas été conçues pour corriger les énergies cosmotelluriques pour 7.5 milliards d’habitants. De plus, par lien cybernétique entre nous, les pyramides et la sphère spirituelle, nous injectons de l’énergie spirituelle dans ce système qui s’étend sur toute la planète et se retrouve alors en complète saturation. Ce « parapluie énergétique antique » qui régule les flux 5d lors des passages dans l’équateur galactique n’est plus efficace à notre époque pour la raison que nous sommes trop nombreux. Une tentative de suppléer ce système est le réseaux HAARP. Mais à nouveau, ce système est par sa conception moins efficace que les pyramides qui utilisent directement l’énergie cosmotellurique naturelle ϕ. En influençant la résonnance de Schumann (dont l’existence est due au potentiel ϕ) par le biais de l’ionosphère, ce système ne fait que rajouter de l’énergie dans la grille planétaire sans modifier cybernétiquement l’énergie en circulation dans les vortex. Un tel système n’assure pas d’éviter une situation physique planétaire chaotique (cas paroxystique du renversement des pôles planétaires lors de la traversée de l’équateur galactique). L’implantation des pyramides correspondait à la population et aux vortex cosmotelluriques de l’époque à laquelle elles ont été construites. Les vortex étant susceptibles d’évoluer en fonction du temps et de la population, elles ne sont plus fiables pour assurer leur rôle initial. Une répartition d’énergie supplémentaire ϕ pour assurer ce rôle impliquerait de construire d’autres pyramides…
Une approche générale technologique du problème de la sphère spirituelle lors d’une transition de l’équateur galactique porterait sur les points suivants :
1°) Abaissement du régime de rayonnement solaire par ensemencement direct du plasma solaire par des éléments modérant les réactions de fusions nucléaire pendant la transition (effet similaire au modérateur utilisé dans les centrales nucléaires classiques). La production d’énorme quantité d’éléments radioactifs avec une durée de vie adéquate permettrait de corriger le potentiel ϕ circulant sur Terre et dans le système solaire. Cette production pourrait se faire par une technologie adéquate maîtrisée notamment par les Oummains (synthèse de matière). L’évolution de toute de la biosphère terrestre serait cependant impactée significativement à un niveau quantitatif et surtout qualitatif.
2°) Le changement de la résonance du système solaire pourrait se faire en modifiant le spin de la planète Mercure par exemple (travaux sur la résonnance de Mercure avec le système solaire réalisés en France au CNRS). L’utilisation de réacteurs nucléaires adéquats servant à la propulsion dont le principe a fait l’objet de recherches aux Etats-Unis le siècle passé, serait à notre portée technologique pour arriver à modifier la rotation de cette planète. Une utilisation similaire à celle des moteurs ioniques permettrait avec suffisamment de temps de changer ainsi la rotation de la planète.
3°) Une modification directe du potentiel ϕ du soleil à l’aide d’une technologie adéquate (corset énergétique) utilisant une source d’énergie suffisante comme la fusion nucléaire serait également envisageable. Ce système technologique en orbite près du soleil serait la meilleure solution, avec le minimum d’effets collatéraux.
Conçues comme un système technologique calqué sur le fonctionnement des circuits électriques où le courant est remplacé par le potentiel ϕ, les éléments de ce circuit que sont les pyramides ont des effets dans tous les esprits de la planète (influence générale sur le potentiel ϕ qui augmente l’entropie, dont celle de l’esprit d’un être humain au niveau de la fatigue éprouvée par exemple). Inversement, un potentiel ϕ peut se canaliser par l’esprit (télékinésie, etc) et modifier la matière. Toute action spirituelle sur la matière utilise obligatoirement ce potentiel. Les lieux spirituels formant également un réseau au niveau planétaire, ils canalisent cette énergie en la détournant de la grille planétaire par les actes spirituels qui s’y déroulent (prières, incantations, rémanences spirituelles des lieux). A la différence des pyramides qui sont conçues comme une technologie de contrôle énergétique, ces lieux spirituels agissent comme des antennes entre la sphère spirituelle et les Hommes, antennes dont la puissance d’émission utilise le potentiel ϕ ambiant. La sphère spirituelle dispose alors d’une énergie d’autant plus importante pour agir, allant jusqu’à une progression exponentielle dans ces actes.
Actuellement, les moyens technologiques dont nous disposons officiellement sont essentiellement de nature destructive pour pouvoir infléchir la sphère spirituelle. Il est à souhaiter qu’une aide provenant d’une ou plusieurs ethnies exobiologiques puisse venir soutenir nos efforts contre cet emballement exponentiel de la sphère.
Les systèmes psychotroniques peuvent influencer le mental par la création de voix perceptibles dans l’esprit d’une personne soumise par exemple à un faisceau utilisant des microondes. Une modulation d’ondes électromagnétiques (les microondes) adéquate influence directement le potentiel ϕ (5d) et permet ainsi de créer des voix à l’intérieur du crâne (les oreilles de la personne n’entendent en effet aucun son, mais l’esprit oui). A l’inverse, des voix parasites entendues provenant de la sphère spirituelle (phénomène des « Hearing Voices ») peuvent en théorie être « lissées » en utilisant une modulation de fréquences psychotroniques qui génère ce qu’on appelle en électroacoustique un bruit (de fond) blanc qui est le meilleur bruit pour cet application (d’autres bruits existent et portent tous des noms de couleurs). Cette modulation du potentiel ϕ peut également se faire à un niveau planétaire avec le système HAARP, où dans ce cas, la modulation de ϕ ne serait pas destiné à modifier des paramètres environnementaux (arme climatique) mais influencerait directement l’esprit des gens en lissant « les impacts de la sphère spirituelle dans l’esprit des honnêtes gens de cette planète qui entendent des voix indûment». Une modulation pulsée permettrait en plus de pouvoir contrôler la puissance délivrée dans l’ionosphère afin de ne pas trop la perturber (et éviter l’effet « four à microondes »). La pulsation du signal limiterait aussi l’interférence de la modulation du potentiel ϕ par HAARP avec le réseau des pyramides (dont la modulation du potentiel ϕ se fait de façon continue, technologie antique), tout en le suppléant.
Ce bouclier à modulation psychotronique et physique permet donc en théorie d’assurer la préservation d’un climat non chaotique à la surface de la planète pendant la traversée de l’équateur galactique et de contenir des débordements de tous genres de la sphère spirituelle (possessions, emprises, « Hearing Voices », etc.).
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Signaler une anomalie L’Empire étatsunien, la CIA et les ONG

le Jeu 12 Oct - 10:42
Entrevue de William Engdahl avec Ludwig Watzal, parue dans l’American Herald Tribune, 17 juillet 2017.
La CIA a recruté les Frères Musulmans pour faire une guerre par procuration à l’Union soviétique en Afghanistan, laquelle a mené au retrait des Soviétiques de la région de l’Hindou Kouch. Depuis lors, la CIA a utilisé les mercenaires d’autres guerres par procuration telles qu’en Tchétchénie, Azerbaïdjan et dans les Balkans. A cause des guerres d’agression contre l’Irak, la Libye, la Syrie et le Yémen, les Etats-Unis et leurs Etats vassaux, ont créé des violences sectaires qui ont mené a des guerres civiles. A présent, la CIA et les Frères Musulmans sont présents sous la forme de l’Etat islamique en Syrie et en Irak.
Personne n’a étudié cette triade [CIA, Frères Musulmans, Etat islamique] aussi scrupuleusement que William Engdahl, analyste de renom en géopolitique, consultant en gestion des risques, auteur et conférencier. Engdahl est né à Minneapolis dans le Minnesota et a grandi au Texas. Après avoir obtenu un diplôme en Sciences Politiques à l’Université de Princeton, des études supérieures en économie comparative à l’Université de Stockholm, il a travaillé comme économiste et comme journaliste d’investigation aux Etats-Unis et en Europe.
Il a été nommé Professeur Invité par l’Université de Technologie Chimique de Pékin et a présenté des conférences et séminaires privés à travers le monde entier sur différents aspects de l’économie et de la politique, avec toujours en ligne de mire, la géopolitique et ses évènements. Engdahl vit en Allemagne depuis ces 30 dernières années.
Il a écrit de nombreux livres à succès sur le pétrole et la géopolitique : « Pétrole une guerre d’un siècle », « The Lost hegemon: Whom The Gods Would Destroy », “Full Spectrum Dominance », « Les Semences de la destruction : l’agenda caché de la manipulation génétique », et sans oublier « Target China », pour n’en nommer que quelques-uns ici. Ses livres sont traduits dans 14 langues.
Son livre le plus récent, sur le rôle des ONG, fait la mise au point sur leur participation dans les “Changements de régime“ orchestrés par les Etats-Unis. En organisant et en agitant d’importantes manifestations, de manière à faciliter les efforts de l’Empire étatsunien et de la CIA visant à remplacer des gouvernements résilients a tendance nationaliste par d’autres plus obéissants qui mettront en place l’agenda de Washington. Tout ceci se déroulant sous le prétexte de démocratie à l’américaine. L’entrevue qui suit se focalise sur le dernier livre en allemand de Engdahl : « Geheimakte NGOs [Les documents secrets des ONG]”. Elle est conduite par le Docteur Ludwig Watzal, journaliste et éditeur qui vit a Bonn en Allemagne et dirige le Blog bilingue : http://betweenthelines-ludwigwatzal.com/.

 ***

Question de Ludwig Watzal : Je pense que nous sommes d’accord sur le fait que la CIA est la pire des organisations terroristes. Après la 2eme guerre mondiale, presqu’aucun coup d’état ou soulèvement organisé ne s’est produit sans l’aide de la CIA.
Si j’ai bien compris votre livre, durant ces 25 dernières années, la CIA a reçu de nombreuses fois de “petites aides” de ceux qu’on nomme communément les ONG. Est-ce que vous pourriez, s’il vous plait, nous en dire plus à ce sujet ?
Réponse de William Engdahl : Durant la présidence de Ronald Reagan, de très dommageables scandales sont apparus au public à propos d’opérations sordides de la CIA à travers le monde. Chili, Iran, Guatemala, le projet top secret MK-Ultra, le mouvement étudiant durant la guerre du Vietnam, pour n’en nommer que certains. De manière à ne plus être sous les feux de la rampe, le Directeur de la CIA, Bill Casey a proposé à Reagan de créer une ONG “privée”. Un peu détachée, elle se prétendait privée mais en fait, elle était là pour comme l’a dit l’un de ses créateurs, le défunt Allen Weinstein, dans une ultime interview au Washington Post : « faire ce que fait la CIA, mais de manière privée ».
Ce fut la création, en 1983, de l’ONG dénommée : “National Endowment for Democracy [Dotation Nationale pour la Démocratie] ». Peu de temps après, dirigées depuis Washington, d’autres ONG virent le jour, telles que “The Freedom House” ou celles de Soros, les “Open Society Foundations”, “l’Institut pour la paix” et d’autres encore. Les fonds étaient souvent acheminés via l’USAID du Département d’Etat pour en cacher leur provenance.
Toutes les tentatives de changement de régime par le Gouvernement américain depuis cette époque, telle que Solidarnosc en Pologne, le coup d’état russe de Eltsine épaulé par la CIA, la “révolution orange“ de 2004 en Ukraine, les émeutes de 2008 au Tibet, les printemps arabes de 2011 à aujourd’hui, furent organisées par ce groupe particulier d’ONG prônant la “démocratie. Il n’est pas étonnant que des pays comme la Russie et la Chine ou encore la Hongrie fassent le nécessaire pour les bannir en tant qu’ONG “indésirables“.
LW : Vous citez Allen Weinstein, co-auteur de l’acte fondateur de l’ONG National Endowment for Democracy (NED), disant : « presque tout ce que nous faisons aujourd’hui, la CIA le faisait il y a 25 ans ». Des ONG telles que NED, CIPE, USAID, NDI sans parler des réseaux Soros, ne sont-elles pas la cinquième colonne de la CIA?
William Engdahl : Comme je l’ai mentionné plus haut, je dirais que c’est mon opinion. Comme toujours, l’agenda de ces ONG correspond chaque fois à celui énoncé par la politique extérieure de Washington. Coïncidence ? Je ne le pense pas.
LW : Vos critiques convergent essentiellement sur quelques ONG américaines, ou bien y joindriez-vous toutes autres organisations non gouvernementales de manière plus générale ? Ces ONG ne sont-elles pas toutes portées par une noblesse d’esprit et de bonnes intentions, de manière a répandre la démocratie et la liberté sur la planète?
William Engdahl : C’est ce qu’il y a de démoniaque dans le concept de Bill Casey. Cacher de véritables opérations nauséabondes et anti-démocratique de la CIA derrière des ONG politiques et privées agitant la bannière des “droits de l’homme“, a été très efficace pour Washington et son l’agenda global de renversement de régimes non-coopératifs partout sur la planète. En réalité, la CIA a militarisé les droits de l’homme.
Etrangement, des régimes utiles à Washington tels que l’Arabie saoudite se maintiennent sans jamais être inquiétés par les appels à la démocratie. Leurs pétrodollars financent l’agenda global du terrorisme de Washington…
Prenez le cas récent de la fausse ONG “démocratique“, les “Casques Blancs“ en Syrie, faisant leur propagande en collaboration étroite avec l’EI, pour justifier une guerre dirigée par les Etats-Unis contre le régime élu démocratiquement d’Assad. Ces “Casques Blancs” reçoivent de l’argent des fondations de Soros, des gouvernements américain et britannique et ont été créées par un ancien officier du Renseignement britannique, James Le Mesurier. Leurs atroces vidéos ont plusieurs fois été prouvées comme ayant été fabriquées, tournées par des acteurs. Leur soi-disant vidéo sur le gaz Sarin montrant des casques blancs sans protection, prodiguant les premiers soins et traitant les victimes présumées de ce gaz Sarin sans équipements de protection individuels contre les substances toxiques [HAZMAT] relève de la blague, c’est un faux comme cela a été largement démontré par plusieurs experts en substances toxiques et gaz Sarin.
Les ONG politiques de Washington ou d’Europe dans certains cas, sont efficaces parce qu’elles peuvent attirer bon nombre de personnes innocentes et de bonne volonté. J’ai reçu, récemment, une lettre personnelle, très touchante de la part d’un docteur qui avait travaillé pendant 18 mois avec les meilleures intentions, pour Médecins Sans Frontières (MSF), au Sud-Soudan avant son indépendance appuyée par les Etats-Unis. Elle était si reconnaissante, après avoir lu mon livre sur les ONG, de pouvoir enfin comprendre toutes les instructions, qui semblaient absurdes, données par les responsables américains de MSF à leur personnel. Elle avait démissionné pour cause d’épuisement et disait maintenant comprendre pourquoi. D’honnêtes docteurs étaient utilisés par Washington pour son agenda secret. Le sud Soudan était la cible parce que la Chine recevait une grande partie de son pétrole de là-bas via Khartoum.
Bien sûr, toutes les ONG ne font pas le travail de la CIA. Je me concentre sur celles qui ont un agenda politique caché, qui, comme je le décris dans mon livre, ont instrumentalisé les “droits de l’homme“ et le mot “démocratie“ à des fins détournées.
LW : En 1984, le spéculateur milliardaire Georges Soros, implanta la Fondation Soros à Budapest. Sa première cible fut la Pologne. Le Pape Jean Paul II et le Président des E-U Ronald Reagan se rencontrèrent en 1982 au Vatican pour discuter de la déstabilisation du bloc Communiste. Dans cet effort, y a-t-il eu une participation de la Fondation Soros?
WE :  En 1988, La Fondation Soros créa à Varsovie la Fondation Stefan Batory, pour qu’elle forme des activistes qui finirent par faire basculer le régime communiste. Ils jouèrent un rôle majeur dans “l’avancée démocratique”, et immédiatement après l’effondrement du gouvernement du Général Czeslaw Kiszczak d’aout 1989, Soros fit venir en Pologne, l’économiste de l’Université de Harvard Jeffrey Sachs, spécialiste de la “Thérapie du Choc“, pour faire avancer la privatisation des entreprises nationales. Pour créer de l’hyperinflation et permettre la mise aux enchères des actifs de l’Etat polonais au profit d’investisseurs de l’Ouest comme les amis de Soros, pour quelques pennies ou a l’époque, quelques pfennigs.
LW : Les deux chapitres, sur le pillage de l’ex-URSS par la CIA, Soros, et sa bande de Harvard en collaboration avec le clan Eltsine et des anciens du KGB, c’est assez choquant. S’il vous plait, pourriez-vous nous expliquer cette mainmise quasi-mafieuse?
WE : Je dois renvoyer les lecteurs vers le livre, car le traitement du sujet a été recoupé et est exhaustif. Brièvement, la CIA, sous la direction du Président américain de l’époque, Bush Sr., parvint à corrompre de très haut-gradés du KGB qui recrutèrent leur “protégés” au sein du syndicat des jeunes Komsomol ou du syndicat des jeunes communiste, tels que Boris Berezovsky et Mikhail Khodorkovsky, pour que ceux-ci deviennent leurs “oligarques” triés sur le volet, et pillent les actifs de l’Etat pour une poignée de roubles au lieu de leur véritable valeur. Ce fut le tristement célèbre scandale des privatisations par “vouchers” qui évalua la totalité des avoirs de l’Etat, incluant pétrole et gaz, machines-outils, haute-technologie, a un peu moins de 16 milliards de $. Ils ont littéralement dépecé la Russie pour leur gain personnel. Et la CIA et son réseau de banques occidentales telle que la banque Riggs à Washington, leur a permis de faire sortir les capitaux hors de Russie. J’ai moi-même été choque en vérifiant ces détails. C’était criminel. Eltsine était leur toutou. Certains disaient que tant qu’on lui garantissait un approvisionnement en vodka de qualité, il faisait tout ce que Soros et ses économistes de Harvard lui demandaient.
Un détail intéressant sur lequel il faut se pencher, est celui-ci : le Président Bush Sr., ancien Directeur de la CIA, ordonna 3 opérations simultanées de déstabilisation par des ONG dans la même année 1989. Les trois furent :  Russie, Chine avec la place Tiananmen et la Yougoslavie. Le livre explique tout cela avec force détails.
LW : Apres avoir succédé à Boris Eltsine comme Président de la Russie, Vladimir Poutine a immédiatement arrêté le pillage de la Russie. Vous pensez que ça pourrait être une des raisons pour lesquelles la classe politique, a Washington, le hait et le diabolise avec une telle insistance, ce qui est irrationnel ?
WE : Poutine provenait d’une faction nationaliste russe (opposée à celle qu’on appelait la faction “cosmopolite“ ou “internationaliste“) du KGB et de son successeur. Ils savaient devoir agir avec discrétion jusqu’à ce que leur contrôle soit garanti en 2000 quand Eltsine fut forcé de se retirer ou de faire face à des révélations, et il fut contraint de nommer Poutine comme Président par intérim.
LW : Il y a eu une guerre non déclarée contre un Etat-Nation stable en Russie depuis bien avant 1917. Le fondateur de Statfor, Georges Friedman, l’un des analystes américains les mieux informés en géopolitique, ancien consultant pour le Pentagone et la CIA entre autres, a récemment donne une interview après le coup d’état de la CIA en Ukraine que Friedman a appelé “le plus flagrant coup d’état dans l’histoire des E.U.” Celui, si vous vous en souvenez ou Viktoria Nuland, Assistante Secrétaire d’Etat, était allée à Kiev, avait remis des barres de céréales aux manifestants sur la place Maidan et téléphoné à l’Ambassadeur Américain à Kiev, pour lui exprimer son mépris de l’Union Européenne.
Friedman remarquait ce que j’ai documenté dans plusieurs de mes autres livres, tel que « pétrole, une guerre d’un siècle », à savoir que la politique étrangère des Etats Unis en Amérique au moins pour le siècle dernier, quand les Etats-Unis ont émergé au détriment de l’Empire britannique, la priorité de la politique extérieure américaine a été d’empêcher à tout prix, la réunion d’intérêts économiques et toute coopération surtout entre l’Allemagne et la Russie. Le monde a subi 2 guerres mondiales à cause de ce dogme géostratégique de la politique extérieure des E-U, un dogme repris des Anglais et du père de la géopolitique anglaise, Sir Halford Mackinder.
Washington hait et diabolise Poutine pour la bonne raison qu’il a agi de manière délibérée pour rétablir la Russie en tant que grande nation, ce qui est vraiment le cas comme je peux l’attester après presque 25 années d’expérience personnelle. Et comme une conséquence de la diabolisation de Washington, l’influence de Poutine dans le monde ne semble cesser de grandir – d’abord avec la Chine, après avec les nations d’Eurasie, l’Afrique, le Moyen-Orient, l’Asie, et même avec les Philippines et l’Amérique latine. Le monde en a plus qu’assez des Etats-Unis, de leur l’agenda guerrier, caché ou non, sans fin et en tout lieu.
LW : Le démembrement de la Yougoslavie fut une catastrophe. Les Allemands, sous la Chancellerie de Gerard Schroeder et son infame ministre des affaires étrangères, Joschka Fisher, ont joint leurs forces à celle de Clinton pour renverser le Président serbe Slobodan Milosevic. Dans cette opération qui avait tout du coup d’état, y avait-il des ONG impliquées ? Et quelle était leur stratégie ?
WE : Oui. Suivez la carrière subséquente de M. Fischer : un casseur dans les manifestations de Francfort de 1968 est couronné par les E-U et leur presse grand public comme homme d’Etat, apparemment une récompense pour le vote des verts en faveur d’un bombardement de la Yougoslavie en 1999. Après son mandat, Fisher a obtenu un poste de Professeur honoraire à Princeton, mon Alma Mater. Plus tard Georges Soros invitera M. Fisher dans son nouveau LICI[1] “Conseil Européen aux Affaire Etrangere [European Council on Foreign Relations – ECFR]”.
En ce qui concerne le renversement de Slobodan Milosevic, le Gouvernement des E-U et sa clique d’ONG incluant le NED et les fondations de Soros, organisèrent, financèrent et formèrent des représentants d’étudiants et autres pour fomenter un coup d’état réussi, sous le nom de Otpor! (Résistance !), avec le logo omniprésent du poing brandi. Des traductions serbes des écrits de Gene Sharp sur la non-violence active étaient utilisées et les meneurs clef entrainés par l’associé de Sharp, le colonel Robert Helvey de l’armée américaine, dans des locaux secrets de manière à éviter la police. Le Mouvement Otpor reçut, d’après certaines estimations, jusqu’à 30 millions de dollars d’organisations en lien avec les E-U comme le National Endowment for Democracy (NED), le International Republican Institut (IRI), et l’Agence Américaine pour le Développement International (USAID).
La destruction de la Yougoslavie avait été planifiée depuis les années 80 par Washington, d’abord Bush Sr. et ensuite Clinton. Le but étant de créer une guerre en Europe qui allait justifier la présence continuelle de l’OTAN. Dépenses qu’il aurait été difficile d’expliquer aux contribuables américains après la chute de l’ex URSS et aux Européens qui cherchaient à organiser une défense européenne autonome hors de l’Otan. Pour Washington et l’influent complexe militaro-industriel américain, une telle Independence était Tabou ! L’objectif suivant allait être d’établir une présence américaine massive au Kosovo appelé Camp Bond Steel.
LW : Quand les Arabes descendirent dans la rue, à Tunis, au Caire et à Tripoli, les médias occidentaux et la classe politique étaient aux anges. Finalement la démocratie, la liberté et les droits de l’homme avaient rejoint le monde arabe. Ces révoltes étaient-elles spontanées ou bien étaient-elles orchestrées par des forces extérieures ?
WE : La totalité des Printemps Arabes a été planifiée et financée par Washington et par les ONG finances par les E-U. La Ministre des Affaires étrangères [Secrétaire d’Etat] de l’époque, Hilary Clinton était un personnage clef avec son étrange assistante membre des Frères Musulmans, Huma Abedin. La RAND Corporation, un LICI du pentagone, responsable du développement de la technique de l’“essaimage“ de masse comme d’un essai d’abeilles, utilisant Facebook et d’autres réseaux sociaux pour attiser les protestations, joua un rôle majeur.
Les groupes étudiants de contestation en Egypte étaient entraines par les E-U, utilisant de nouveau des traductions de Gene Sharp, ils étaient amenés en Europe pour être secrètement entraines par les leaders de Otpor.
Dans le cas de la Libye de Kadhafi, un changement urgent de régime était jugé nécessaire, comme nous le révèlent maintenant les fameux courriels de DCLeaks et Wikileaks d’Hillary Clinton à son conseiller privé, Sidney Blumenthal. Kadhafi, qui, contrairement à son image diabolisée, avait créé en Libye les plus hauts niveaux de vie de toute l’Afrique, était sur le point de dévoiler au monde la création d’une alliance de Banques Centrales africaines et la création d’une devise, le Dinar-or pour la vente de pétrole et non plus le dollar américain. Il faisait cela de concert avec Ben Ali en Tunisie et Moubarak en Egypte. Comme Hilary l’a écrit à Blumenthal, ceci devait être stoppé par n’importe quels moyens. Les moyens pour stopper ceci furent les bombardements illégaux de la Libye et l’assassinat de Kadhafi et la transformation de la Libye en un champ de ruine.
Le plan original du Département d’Etat, de la CIA et du Pentagone était l’immédiat renversement d’un autre renégat juste après Kadhafi, c’était Bachar el Assad en Syrie. Ceci n’a pas très bien fonctionné pour les planificateurs de Washington, et une véritable tragédie humaine, non nécessaire, s’est déployée au cours des 6 dernières années d’une guerre imputable et dirigée essentiellement par les E-U.
LW : Autrefois, les conquérants amenaient à leur suite les missionnaires. Aujourd’hui, les puissances néocoloniales occidentales viennent avec une pléthore d’ONG qui enseignent aux populations indigènes comment la démocratie occidentale est supposée fonctionner. Vous pensez que les ONG servent les intérêts de ces gens? Qu’en est-il des ONG allemandes qui véhiculent énormément de lest idéologique, par exemple, avec l’intégration de la théorie du genre? Qu’est-ce que vous pensez de cela?
WE : Je pense que votre analogie, des missionnaires “chrétiens“ du passé et des “droits de l’homme” ou de la “démocratie” défendue par les ONG d’aujourd’hui, est tout à fait appropriée. Je ne suis pas compétent pour commenter les activités des différentes ONG allemandes. Mon attention principale est portée sur Washington, la puissance hégémonique d’aujourd’hui et la source de tant de destruction, malheureusement.
LW : Au début et à la fin de votre livre, vous vous referez à la double pensée de George Orwell qui dit : « la guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force ». Vivons-nous une époque où la signification originelle des mots change de sens? Est-ce que l’Empire des E-U et ses vassaux mènent une guerre au nom de la démocratie et détruisent des Etats-Nation avec la même rhétorique démocratique ?
WE : C’est pourquoi je trouve la citation d’Orwell si appropriée. Son livre 1984, est, de plusieurs manières, une description de ce qui est arrivé à nos démocraties occidentales, surtout en Grande Bretagne et aux E-U d’Amérique.
LW : Si vous pouviez donner un conseil aux ONG, que leur diriez-vous?
WE : Aux personnes honnêtes qui auraient pu se laisser prendre au jeu de cette jolie rhétorique à propos des valeurs, des droits de l’homme etc., je leur suggèrerais de regarder de plus près qui soutient financièrement leur ONG. Pour ce qu’il en est de la NED ou des fondations de Soros, je leur suggèrerais de fermer leur porte définitivement et de rendre ainsi un grand service à l’humanité, qu’ils permettent aux nations et aux individus de décider de leur propre futur sans leur intervention reprouvée. Je dirais, pour paraphraser Cromwell à son Parlement anglais : « Vous, ONG des droits de l’homme, partez! Vous avez trop longtemps siégé ici pour le bien que vous étiez censé apporter. Partez, je dis, et que nous en ayons fini avec vous, au nom de Dieu, partez! »
LW : M. Engdahl, merci pour cette interview.
WE : Merci à vous pour votre intérêt et pour vos excellentes questions.
Traduction par Maxime Barroux, relecture par Jean-Maxime Corneille.
 [1] Laboratoire d’Idées et Cercle d’Influence, traduction de think tank.
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le Jeu 19 Oct - 13:59
Manipulation des informations par les médias

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© Inconnu
Dans Matrix, le film des frères Wachowskis, l'humanité est connectée à un programme informatique qui simule la réalité. La matrice détourne les esprits pour cacher aux Hommes leur véritable condition : la servitude dans un système dominé par les machines. Le film est l'exemple le plus radical de ce qu'on appelle la construction de la réalité, une notion qui peut paraître encore ésotérique mais qui a de vraies bases théoriques et qui est prise très au sérieux par les conseillers de Georges Bush, comme le rapporte un article du New-York Times : « Nous sommes désormais un empire, et quand nous agissons, nous créons notre propre réalité. Et pendant que vous étudierez cette réalité — de manière judicieuse, sans aucun doute — nous agirons à nouveau, créant d'autres nouvelles réalités, que vous pouvez étudier également. » 

Organisation des médias de masse 

L'augmentation de la productivité des suites du fordisme va permettre une augmentation sans précédent du volume de production, auquel il faudra évidemment trouver des débouchés. En effet, la production de masse n'est rentable que si elle produit de manière constante et croissante. L'offre industrielle ne peut plus se contenter, comme au siècle précédent, de simplement répondre à la demande du consommateur, il faut qu'elle crée elle même sa propre demande. Pour ce faire, l'industriel doit rester en contact permanent avec le grand public, il doit donc connaître sa psychologie dans les moindres détails. Les progrès faits en matière de psychologie des foules, suite aux travaux de Gustave Le Bon, vont permettre ce rapprochement. 

Sous l'impulsion d'Edward Bernays, qui connaît parfaitement les principes de la psychanalyse, une nouvelle forme de propagande apparait. Au lieu de s'attaquer de front aux résistances de l'opinion par l'adresse directe ( « achetez mon produit ! » ), la nouvelle propagande s'efforce de les supprimer en créant, par le recours aux bons leviers émotionnels, les circonstances objectives qui vont faire naitre la demande.Dans les années 20, l'American Tobbacco Corporation veut étendre son marché de la cigarette aux femmes, mais à l'époque il est socialement tabou pour elles de fumer. La firme décide donc d'embaucher Bernays pour remédier à ce problème. En 1929, ce dernier profite de la Easter Parade à New York pour créer un événement qui va changer l'image de la cigarette dans l'opinion publique. Il embauche des actrices pour les faire participer à la parade et fumer devant tout le monde. Aux journalistes, il lance le slogan : « elles allument des flambeaux pour la liberté », les médias s'emparent de l'affaire ; la cigarette devient un symbole féministe et les femmes se mettent à fumer. On voit ici que l'industrie n'a pas attendu que les femmes expriment le désir de fumer, elle a crée ce désir de toute pièce. 

Dans ce processus, les médias de masse (tv, radio, presse écrite) jouent évidemment un rôle central. Leur capacité de pénétration dans les foyers va permettre de promouvoir et de faire acheter les produits de l'industrie. D'autant que le temps passé devant le poste de télévision ne fait qu'augmenter depuis sa démocratisation pour atteindre aujourd'hui 4h par jour, soit étalé sur une vie de 80 ans, 12 ans, comme nous l'avons montré dans un précédent article. L'organisation technique de la production nécessite donc une organisation technique du loisir qui assure des débouchés aux marchandises en créant les conditions de sa propre demande. De plus, les acquis du marketing vont mettre à jour le potentiel que représente la manipulation de l'opinion pour le pouvoir politique. Et les théories de Bernays vont être essentielles dans la mise au point d'une nouvelle forme de gouvernance politique. 

La construction de la réalité comme gouvernance politique 

En théorie, le politique consiste d'appliquer un programme de valeurs issu du peuple, un idéal qu'on s'efforcerait ensuite de faire advenir dans le réel. En pratique, les choses sont totalement différentes. Souvent la règle n'émane pas du peuple, elle lui est imposée, mais surtout depuis plusieurs décennies, les grands principes philosophiques ne sont plus les instruments du pouvoir politique. En effet, le politique ne se fonde plus sur le dépassement des contradictions par le débat (langage) et la loi (symbole), mais sur la gestion des groupes et l'automatisation des comportements, bref sur la science.

En bon gestionnaire, un dirigeant politique devra donc minimiser au maximum le risque, soit l'imprévisibilité de ses sujets. Pour ce faire, il dispose, depuis les années 20 et des progrès du marketing, du management ou de la cybernétique, d'une véritable ingénierie qui consiste peu ou prou à faire rentrer les individus dans une réalité virtuelle pour assurer un contrôle optimal de la population. Pour comprendre ce nouveau mode de gouvernance, il faut se pencher sur la question de la perception. En effet, nous n'interagissons pas directement avec le réel, notre rapport au monde est médiatisé. Plus précisément, notre cerveau fonctionne sur le modèle de la carte et du territoire (1). Si le territoire représente le monde objectif, nous avons besoin d'une carte pour le déchiffrer, exactement comme une carte routière qui nous indiquerait le bon chemin. Cette carte est constituée de signes auxquels nous avons donné un sens d'une manière totalement conventionnelle, et qui ne nous dit rien du monde tel qu'il est. Dans une même langue il existe des mots différents (synonyme) pour décrire le même objet. Un mot seul peut aussi décrire des réalités différentes au fil de l'histoire et au fil des peuples : le mot Liberté n'a évidemment plus le même sens aujourd'hui que pendant l'antiquité à Athènes où l'on privilégiait l'intérêt de la collectivité. En d'autres termes, le mot n'a aucun lien naturel avec l'objet qu'il désigne.
Comme dit plus haut, le temps libre réservé à la télévision est colossal, et les médias ont acquis, depuis l'effondrement du pouvoir universitaire, une légitimité intellectuelle inédite. Partant, en fonction de la confiance qu'on accorde aux informations données par les médias (et elle est élevée pour beaucoup), ceux-ci sont en mesure de contrôler le sens que l'on donne aux signes, autrement dit de falsifier notre carte, soit en définitive de construire notre réalité. Dès lors, si notre carte est falsifiée par un tiers, notre rapport à la réalité est totalement faussée et peu importe nos efforts pour aller vers plus de vérité, si l'on conserve cette carte, nous resterons prisonniers d'une réalité fictive. 

Un exemple de construction de la réalité est la création de faux problèmes. Que ce soit les questions sociétales, ou les questions d'identité, il est devenu politiquement déterminant pour les partis de se positionner sur le harcèlement sexuel au travail ou sur le port du voile à l'école, tout cela pour évidemment cacher l'éviction en douce de la seule question qui fâche, la question sociale. Très vite l'on se surprend à faire attention à la couleur de peau de son voisin, à l'orientation sexuelle de son coiffeur, à la misogynie des uns et des autres ; à avoir des débats, à être pour ou contre, à faire des efforts pour adopter la position juste... Alors même qu'avant, ces données relevaient d'une importance largement secondaire par rapport au critère déterminant de la classe sociale. Bref le réel a été totalement dépolitisé, notre attention détournée vers un leurre ; une réalité a été créée.

Un autre exemple est le renversement du vocabulaire. Une technique baptisée Novlangue par Orwell (ou le politiquement correct aujourd'hui) et qui consiste à désigner quelque chose par son contraire afin de paralyser l'esprit critique. On parlera ainsi « d'intervention humanitaire » et non de guerre coloniale, de « populisme » et non de revendication démocratique, de « croissance » et non d'accumulation du capital. Encore une fois ici, une réalité absolument fictive est créée, une réalité positive et dénuée de toute dimension polémique. En effet, comment s'indigner contre une industrie produisant les bio-cides à l'origine de la destruction de 90% de la bio-masse en Europe, lorsque cette industrie décide de se baptiser « science de la vie » ?
Qui contrôle les mots, contrôle les esprits. Et tant que l'on utilise un vocabulaire faussé qui nous est imposé, nous sommes prisonniers d'une fiction. Une fois la prise de conscience de ces manipulations effectuée, une question survient... 

Peut-on encore s'informer ? 

Après tout, la TV, la presse ou la radio ne sont que des médias, des supports et quelqu'un de bien intentionné devrait pouvoir les utiliser à bon escient afin de propager la vérité. Les expériences récentes ne confirment pas cette idée. Au cours des années 60, le SDS, un mouvement étudiant, a cherché à manipuler les médias à ses propres fins. Les membres du SDS se sont vite rendus compte que l'attention que leur portaient les médias modifiait la nature même de leur mouvement voire les poussait à servir d'autres intérêts. Todd Gitltin a analysé en détails ce processus (2). Il montre comment la recherche par les médias des porte-paroles les plus télégéniques influença la stratégie du mouvement et sa structure. L'expérience du SDS et son analyse par Gitlin nous permettent de comprendre que la diffusion d'un message subversif par les médias de masse est impossible. C'est une organisation en vase-clos qui ne sert que ses propres intérêts, une caste qui rejette tout ce qui lui est étranger, un miroir. De là, le vrai sens de la formule de McLuhan « The medium is the message », le média devient le message certes, mais surtout renforce la concentration du pouvoir et le besoin de hierarchie, donc uniformise le discours. 

Ainsi peut-on dire avec Christopher Lasch que le développement des technologies de la communication, loin de développer les moyens de communication, empêche la possibilité même de communiquer (3). 

En réaction à cela, Internet a été, et continue d'être, le lieu d'une déconstruction de ces réalités fictives. De nombreux sites proposent des grilles de lectures différentes, et font un travail considérable pour remettre en cause les versions officielles et resituer les séquences historiques occultées. Mais pour combien de temps encore ? Le pouvoir médiatique a déjà commencé son entreprise de discrédit en assimilant tout travail d'investigation indépendant, sur le 11 Septembre ou sur les intrigues bancaires de Wall Street, au complotisme (autre exemple de Novlangue) soit aux pires fantasmes des ufologues ou des adorateurs de Raël. 

La recherche des faits exacts mènerait donc à la psychiatrie, au djihadisme voire pire à l'anti-sémitisme, le doute cartésien et la négation des chambres à gaz étant lié par les médiations logiques dont seuls les chiens de garde ont le secret. Le premier ministre vient d'ailleurs de partir en croisade contre la liberté d'expression sur internet, sous couvert de lutte contre le racisme et l'anti-sémitisme. Bien sur, comment pourrait-on ne pas être d'accord ?

Avec ou sans internet, il faut se rappeler que c'est la culture populaire et le mode de vie autonome des communautés rurales, dont la solidarité et l'entraide étaient les supports, qui fut le principal obstacle au développement de ce programme de contrôle politique des masses par la consommation et le divertissement4. Le meilleur moyen de se protéger est donc de faire passer la désinformation et la propagande par le tamis d'une quotidienne expérience des rapports sociaux venant la contredire, de conserver en somme un noyau de réalité réfractaire à cette incroyable masse d'images et d'idées fausses qui constitue depuis bientôt un siècle notre seule fenêtre sur le monde.
Notes : 

1. KORZYBSKI (Alfred), Une carte n'est pas le territoire : Prolégomènes aux systèmes non aristotéliciens et à la sémantique générale, Éclat, 2007 
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