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le Mer 2 Aoû - 9:22
À l’heure actuelle, il est évident pour toute personne qui utilise son cerveau, qu’elle sait qu’il y a quelque chose de profondément erroné avec le leadership et les systèmes gouvernementaux en Occident.
Cela est particulièrement vrai pour les États-Unis, où le véritable niveau de vie a baissé depuis la fin des années 1960, étant donné que le pays a été perpétuellement en guerre pratiquement depuis lors. Aux États-Unis, la classe dirigeante a aliéné la population à un tel point que moins de 10% de la population croit encore, soit au Congrès, soit aux médias.
La cause centrale du malaise a été un projet mené par un sous-groupe de la classe dirigeante, les gens que j’appelle la mafia Khazariane, qui était d’asservir l’humanité et se poser en souverains issus de Dieu
Les chapeaux blancs de l’armée américaine et des agences ont compris cela, et ont pris des mesures qui se manifestent par l’arrivée de Donald Trump à la présidence.
Cependant, Trump a pris le poste de PDG d’une entité déjà en faillite et, même s’il essaie du mieux possible, il n’a pas encore réussi à faire ce qui est inévitable, et déclarer formellement la faillite des États-Unis. Et faillite il y a.
Depuis 1976, les États-Unis enregistrent un déficit commercial avec le reste du monde, ce qui a entraîné un déficit commercial cumulatif de plus de 10 trillions de dollars. En plus de cela, le gouvernement des États-Unis a une dette de 19,1 trillions de dollars et dispose de 128 trillions de dollars ou 7 fois le PIB des USA de 18 trillions de dollars, en passif non capitalisé.
C’est la vraie raison pour laquelle la Corporation du gouvernement Américain a fait faillite de facto le 3 mai 2017, lorsque Puerto Rico, sa filiale en propriété exclusive, a manqué à sa dette de 123 milliards de dollars.
Ce que cela signifie, c’est que, peu importe à quel point Donald Trump essaie fort, il ne peut pas résoudre les problèmes des États-Unis sans déclarer officiellement la faillite.
Cependant, la faillite des États-Unis n’est pas la même chose que la faillite d’un autre pays. D’une part, déclarer la faillite mettrait les États-Unis dans l’impossibilité de continuer à exploiter 800 bases militaires Américaines à travers le monde.
Lorsque, il y a dix ans, cet écrivain est allé voir les Asiatiques pour leur faire accepter l’idée de mettre les États-Unis en faillite, l’armée Américaine a envoyé un agent pour expliquer que les États-Unis réduiraient les approvisionnements en Asie du pétrole du Moyen-Orient, si les finances Américaines étaient coupées. Cela a mené le Mexique à un mode résistance qui se poursuit depuis de nombreuses années.
En s’immisçant dans ce niveau de haut niveau entre les pays les plus puissants du monde, cet écrivain a pu voir de première main qui dirige la planète Terre. Les informations ci-dessous sont basées sur 10 ans de rencontre avec des sources dans la CIA, la NSA, la loge P2 Franc-maçon, le MI6, les Sociétés secrètes Asiatiques, etc.
Jusqu’à récemment, David Rockefeller était le chef secret de la planète Terre. Il a été président du groupe Bilderberg, du Conseil des Relations Extérieures et de la Commission trilatérale. De plus, grâce à diverses fondations, il a également contrôlé les sociétés Fortune 500.
En plus de cela, parce qu’il était marié à une princesse Italienne, Rockefeller a également eu une influence énorme sur la loge Franc-maçon P2 du Vatican, laquelle loge contrôle l’Église Catholique et la mafia. Rockefeller a eu le pouvoir de transformer son neveu, Bill Clinton en Président, et a essayé très fort, et échoué, à faire en sorte que sa fille, Hillary Clinton, devienne Présidente.
Si Rockefeller était n ° 1 dans l’ancienne structure de pouvoir, George Bush Sr. en était le # 2. Bush a fait fonctionner à partir de la CIA, la plus grosse partie du commerce mondial de stupéfiants de 2 trillions de dollars par année, et une grande partie de l’industrie de l’armement. Lorsque son fils Bush Jr. a été élu président en 2000, Bush Sr. a pu éclipser Rockefeller en organisant le 911 et en imposant un régime Nazi aux États-Unis.
Rockefeller a réussi à reprendre le contrôle en 2008 en mettant en poste son esclave de maison, Barack Obama, après que la présidence de Bush Jr. se soit transformée en catastrophe.
Cependant maintenant, la mort de Rockefeller a créé un énorme vide au sommet de la puissance mondiale. George Bush Sr. a perdu du soutien  en raison du dégoût généralisé envers les plans génocidaires de ses groupes nazis.
Il est également très vieux et à moitié sénile, selon des sources proches de lui. Ainsi, Bush Sr. n’est plus le #2, ni même le #3, parce que ses disciples Nazis ne le considèrent plus comme leur Fuhrer. Les Nazis ont maintenant précisé qu’ils ne cherchent plus l’hégémonie mondiale.
Ainsi, la mort de Rockefeller et la chute de popularité de Bush Sr. signifient que le niveau supérieur de la puissance occidentale est maintenant mûr pour le changement.
Le groupe qui a fait une avancée pour combler le vide aux États-Unis a été les Illuminatis Gnostiques, le groupe qui s’oppose au règne des lignées et revendique le crédit pour les révolutions Française, Américaine et Russe. Ils ont mené aux États-Unis une purge de ses serviteurs de lignées de haut niveau, et c’est en voie d’être complété.
Par la même occasion, revigorées par la chute de leurs rivaux Américains, les familles de lignées Européennes ont appliqué une forte pression pour remplir le vide laissé par Rockefeller, Bush.
Leurs personnes au sommet sont la reine Elizabeth, le pape Francis et la chancelière Allemande Angela Merkel. Les Européens ont presque failli utiliser leur faux schéma du réchauffement climatique dans le cadre du réchauffement planétaire, pour mettre en œuvre les accords de Paris. Cela aurait créé un gouvernement mondial, encore contrôlé par eux , mais avec un siège plus grand à la table pour les Chinois.
Le pouvoir de ce groupe était évident lors de la réunion du G20 au début de juillet, où 19 des 20 leaders mondiaux ont exprimé leur soutien à cette arnaque. Cependant, sans le soutien des Illuminatis Gnostiques et sans base scientifique, cette arnaque du carbone est vouée à l’échec.
Les Illuminatis Gnostiques contrôlent et la présidence de Trump et le complexe industriel militaire des États-Unis, et ils utilisent leurs agents pour attaquer le règne des lignées en Europe, maintenant que leur purge est plus ou moins complétée aux États-Unis.
À l’heure actuelle, cependant, il y a une position de résistance en Occident, entre les lignées royales Européennes représentées par le Pape, la Reine et Merkel, et les Illuminatis Gnostiques représentés par Trump.
Pendant ce temps, en Asie, la Chine a maintenant construit des réseaux alternatifs d’importation d’énergie, afin de pouvoir continuer à fonctionner, même si tous les approvisionnements en pétrole du Moyen-Orient étaient coupés.
L’alliance Asiatique a également réussi à amener l’Europe à rejoindre sa Banque Asiatique d’Investissement en Infrastructure, et son grandiose projet de construction de: une voie une route.
Les Chinois ont fait d’énormes incursions en Afrique et dans d’autres pays en développement avec leur généreux travail d’infrastructure. Les Chinois sont surtout les principaux créanciers des États-Unis, et pourraient les faire mettre en faillite s’ils choisissaient de le faire.
Bien sûr, les États-Unis font toujours miroiter leur carte de la Troisième Guerre Mondiale, mais l’utilisation de cette carte entraînerait la destruction de la planète, de sorte que le côté Américain tente de faire en sorte que les Russes les rejoignent dans une alliance Chrétienne (Blanche).
Pour attirer les Russes, les Américains leur ont cédé l’hégémonie sur l’Europe (moins le Royaume-Uni), et la moitié du Moyen-Orient. Les États-Unis ont toujours le contrôle sur le Japon et la péninsule Coréenne, y compris son état petit chien enragé de la Corée du Nord. Les Américains courtisent aussi l’Inde assidûment.
Le résultat global réside dans le fait qu’il existe encore une résistance Mexicaine entre l’Est et l’Ouest.
Le champ de bataille clé de cet automne devrait être le Japon. C’est l’argent provenant des économies postales du Japon, de la banque agricole, des caisses de retraite, etc., qui maintient les États-Unis à peine solvables. Cependant, le gouvernement marionnettiste du Premier ministre Shinzo Abe a moins de 10% de soutien dans l’opinion publique réelle.
Il y a aussi du ressentiment incroyable et de la colère contre les agents Coréens utilisés par les autorités d’occupation des États-Unis, pour contrôler le Japon depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Comme le démontrent les résultats des élections régionales de Tokyo de juin, le Parti Libéral Démocrate des marionnettes à long terme, devrait être anéanti aux prochaines élections générales.
La Société Dragon Blanc appuie fortement le changement de régime au Japon dès l’automne. L’objectif est de forcer un véritable changement de régime aux États-Unis, car la présidence de Donald Trump fait trop peu et trop tard.
Une déclaration officielle de faillite aux États-Unis est nécessaire afin de lancer une refonte complète de l’architecture internationale mise en place après la Seconde Guerre Mondiale, afin de mieux refléter la réalité démographique et économique mondiale actuelle.
La Société Dragon Blanc croit également que le monde a besoin d’un minimum de règles communes, pour que les criminels internationaux, comme la mafia Khazariane, ne puissent plus s’engager dans des guerres illégales, des pillages et autres activités antisociales. La Société Dragon Blanc croit en outre que le règne bénin symbolique des lignées en Occident et en Asie, peut coexister avec la méritocratie.
publie par benjamin fulford
zighoud
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le Lun 14 Aoû - 15:09
Circonvolutions du Temps

             

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(Partie I)

« Taddeï : Vous parlez de colonisation, est-ce que c’est une frontière qu’il ne faudrait pas oublier elle aussi ? Parce qu’après tous les peuples ont colonisé leurs voisins. L’empereur du Mali, s’il est devenu l’empereur du Mali, c’est parce qu’il avait colonisé tous ses voisins. (…) Et pour finir avec les Sérères, puisque vous êtes une Sérère au Sénégal, n’avez-vous pas colonisé les Wolofs et les Mandingues ?
Fatou Diome : Si, exactement !
Taddeï : Donc arrêtons de faire la différence entre colonisateurs et colonisés, on a tous été l’un et l’autre.
Fatou Diome : (…) Et c’est pour ça que je me dis à un moment donné, il faut pacifier les mémoires, il faut arrêter de se référer tout le temps à l’esclavage et à la colonisation. Oui nous avons besoin d’apprendre l’histoire pour savoir d’où nous venons pour ancrer notre identité. Mais ensuite il faut s’élancer, il faut prendre un élan vers l’avenir, se libérer du passé et arrêter d’être des otages, des victimes consentantes de l’esclavage et de la colonisation. Moi je ne suis pas une victime de l’histoire de la colonisation parce que je n’étais pas colonisée. C’est Senghor qui a été colonisé, ça n’a jamais été mon cas. »
— Extrait de l’émission « Hier, aujourd’hui et demain » du Jeudi 06 Avril 2017
Cet extrait de dialogue entre le journaliste Frédéric Taddeï et la romancière Fatou Diome, sans être un archétype des schémas de pensée, est un reflet de la façon dont les populations abordent les questions relatives aux différentes formes de colonisation, aussi bien en pensées qu’en actes. Il s’agit pour la grande majorité de tourner la page sur un passé délicat à exprimer, lorsqu’il n’est pas renié et de saisir les opportunités du présent en faisant preuve d’une certaine amnésie quitte à se complaire dans les prêts-à-penser.
Malheureusement, l’étude des sociétés et des interactions de personnes en leur sein ne s’effectue que très rarement sur la base de nos émotions et ne saurait être résumée par une démonstration comparative aussi simpliste que celle réalisée par le journaliste Taddeï. S’il est en effet juste de rappeler que la colonisation est un mécanisme qui se retrouve dans la plupart des expansions de Royaume, Principauté ou Empire, il est par contre plus malhabile de ne pas nuancer le rappel en distinguant les différentes formes de colonisation dont nous avons connaissance. Dans son ouvrage Le Prince, le théoricien politique italien, Niccolo di Bernado dei Machiavelli fournit un échantillon des différentes techniques de colonisation qu’il a pu observer de par l’étude historique des sociétés du bassin méditerranéen, il y décrit des colonisations menées avec une extrême cruauté et d’autres, avec une certaine bonté ingénieuse. Description que les faits historiques corroborent, il ne viendrait pas à l’esprit de comparer les colonisations des Amériques menées par les Royaumes du Portugal, d’Espagne, de France et d’Angleterre qui ont abouti au génocide des amérindiens, à la colonisation de l’Alsace-Lorraine par l’Empire allemand en 1871. Tout comme, on ne trouve pour l’instant dans les récits des colonisations des Wolofs du Sénégal, de témoignages de génocides similaires à ceux subis par les aborigènes d’Australie et les natifs du Kongo. Ce n’est donc que par l’intermédiaire d’un certain à priori pour les évidences que l’on pourrait comparer uniformément toutes les colonisations, puisque l’étude historique montre qu’en réalité, elles ne se valent pas dans leurs visées ou procédés, de ce fait on ne saurait à l’identique mêler colonisateurs et colonisés.
Or en concluant ainsi, le journaliste amène consciemment ou inconsciemment à ignorer ce que fut la colonisation occidentale pour l’Afrique dont il est question dans leur échange. On demeure dans un flou historique de comparaison qui permet d’occulter le véritable nœud du problème dans le rapport du colonisateur au colonisé, le mépris meurtrier institué pour l’un par l’autre.

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llustration de la conférence de Berlin, elle commença le 15 Novembre 1884 et finit le 28 Février
1885. Y étaient présents, l’Empire allemand, austro-hongrois, russe et ottoman, le Royaume de
Belgique, du Danemark, d’Espagne, d’Italie, des Pays-Bas, du Portugal, le Royaume-Uni, les
Royaumes unis de Suède et de Norvège et la République française
En effet, s’il n’était question que de frontières de territoire et d’identité, nous pourrions effectivement considérer qu’il est préférable de pacifier les consciences et « s’élancer vers l’avenir » plutôt que d’entretenir des incohérences similaires à celles que nous observons dans une certaine aristocratie française qui a fait du catholicisme son socle identitaire et civilisationnel exclusif. Mais rejette une partie du Moyen-Orient oubliant pourtant que les Conciles fondateurs du catholicisme romain se déroulèrent respectivement en l’an 321 et 381 dans l’actuelle Turquie à Iznik, ancienne Nicée de la Bithynie, puis à Constantinople, nommée d’après l’Empereur Romain Constantin Ier. Et que jusqu’à sa conquête par l’Empire Ottoman au XVe siècle, l’Empire Romain d’Orient ou Empire Byzantin fut une terre chrétienne plus influente que Rome.
Les rencontres des peuples impliquent des déplacements de frontières et des échanges culturels allant jusqu’à la modification du socle identitaire, difficile de nier cela. Par contre, lorsqu’un certain mépris meurtrier motive cette rencontre, comme ce fut le cas entre l’Empire Romain et certains peuples d’Europe ou encore entre l’Europe Occidentale et l’Afrique, il peut être salutaire de ne pas « s’élancer vers l’avenir » trop vite.
Pourquoi cela ? Parce que le mépris s’accompagne rarement de la sincérité, mais plutôt de la manipulation et du mensonge. Le colonisateur pour justifier et légitimer ses actes a besoin de créer un mobile taillé sur mesure en travestissant sa victime en barbare aux frontières de la sauvagerie la plus extrême qu’il faut civiliser. On retrouve cette rhétorique dans les conquêtes de l’Empire Romain mais également dans les archives lumineuses du « Siècle des Lumières » de l’Europe Occidentale, c’est une nécessité puisqu’il faut convaincre sa population de ses bonnes vertus. Conséquence, la population de l’état colonisateur nourrit le fantasme d’appartenir à une nation soucieuse du devenir de l’humain et ne peut comprendre la fracture existante dans l’état colonisé souvent source de frustrations et de conflits. La population de l’état colonisé quant à elle, lorsqu’elle est vaincue, finit par adopter la culture et même parfois l’identité du colonisateur, c’est ce que l’historien Cheikh Anta Diop appelle l’aliénation. Si l’on transpose cela au sanguinaire rapport liant l’Occident, le colonisateur, à l’Afrique subsaharienne, la colonisée, on constate que l’horizon historique d’une partie de sa population tend vers celui de l’Occident. Le Moyen-Âge, la Renaissance, Napoléon, la première et seconde guerre mondiale, le communisme, le capitalisme et les révolutions sociales lui sont plus ou moins connus, ces périodes historiques et concepts structurent son imaginaire. Il saura parler avec plus d’aisance des pensées du sociologue du XIXe siècle Karl Marx que du modèle social qui régissait la vie de ses arrières grands-parents, et cela peut se vérifier dans quasiment toutes les disciplines de l’école dite « civilisée ». En dehors d ‘un attachement souvent creux pour un pays dont les frontières et les structures étatiques furent décidées par l’Occident, sa conscience historique en tant que fils de cette Afrique frise bien souvent le trou noir. D’ailleurs, cela lui est sans importance puisque l’éducation scolaire et religieuse le poussent vers dit-on la modernité, ainsi il n’est plus celui à coloniser, cela est inutile de fournir cet effort, puisqu’il n’a plus d’autres horizons de projection que celui hérité par l’Occident. Main dans la main, Occident et Afrique marchent à grand pas vers la modernité et les fruits du progrès, le premier se pensant inspirateur de la civilisation et le second, le suiveur par dépit. La démocratie devient la panacée des systèmes de gestion, le nec plus ultra de l’expression de la liberté, la capacité à produire de la richesse, l’indice de développement par excellence.
C’est à ce moment que la plus grande tragédie de la colonisation se révèle, emporté par la succession frénétique des lendemains d’un monde de l’instantanée, le colonisé subsaharien, bien que très largement au fait du racisme structurel de l’Occident qui a caractérisé l’esclavage, la colonisation et les récents rapports, a fait sien les conclusions de cet Occident. C’est-à-dire qu’il regarde l’expérience de ses arrières grands-parents comme une simple tradition, un folklore primitif, un chaos de sauvagerie religieuse et quand s’y mêle la croyance religieuse, des restes de rites sataniques à combattre. Ce faisant, il se refuse un questionnement décisif pourtant à la base des théories de communication sociale dès qu’il est question d’une rencontre de personnes. L’occident disposait-elle des outils nécessaires pour aborder et interpréter les réalités subsahariennes ? Dis autrement, l’élite occidentale que ses ancêtres rencontrèrent était-elle suffisamment mature pour comprendre les univers des subsahariens ?

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Un initié de la région des Hauts-Plateaux au Cameroun

(Partie II)

Ce questionnement peut paraître osé et inattendu tellement l’éducation scolaire et le vécu quotidien ont imprimé dans nos schèmes de pensée une frontière entre monde civilisé et monde primitif, il a pourtant toute sa place et suit un effort de cohérence historique. Lorsque nous lisons cet extrait parmi tant d’autres, témoin du regard de l’élite occidentale sur le subsaharien : « Lorsque les Nègres sont échauffés, il se dégage de leur peau une exsudation huileuse et noirâtre qui tâche le linge et répand une odeur désagréable »(1). Sauf à nous présenter ce type de Nègre qui tâcherait le linge et répandrait une odeur plus désagréable que celle de la ville de Paris du XIXe Siècle(2), il est difficile de ne pas y reconnaître son caractère raciste mais surtout mensonger et donc une incapacité à évaluer objectivement l’altérité. On donnerait peu de crédit à l’avis d’une tiers personne profondément misogyne sur la condition de la femme, alors pourquoi les conclusions d’une intelligentsia qui n’a pas marqué son racisme sont-elles encore acceptées ? La question se pose d’autant plus que ces conclusions amènent le subsaharien à tourner le dos à 300 000 ans d’aventures du vivant. Ses parents étaient-ils réellement hors de l’histoire comme l’affirmait l’ancien président français Nicolas Sarkozy ou l’écrivain Victor Hugo(3) ?
Ces questions se doivent de résonner à l’esprit de tous, aussi bien du descendant de colonisé que de celui du colonisateur, parce qu’entre les lignes historiques de ce dont nous héritons se terrent parfois les solutions à nos problèmes présents puisqu’il est tout à fait possible que d’autres sociétés avant l’ère de la dite modernité furent déjà confrontés à ces problèmes. C’est l’exemple des fils des Lakota d’Amérique qui n’ont cessé de mettre en garde celui qu’ils nommaient le « visage pâle » contre les conséquences d’une destruction systématique de la nature et le déséquilibre engendré en l’humain(4). Ce que l’élite du « visage pâle » ne comprit qu’il y a à peine un quart de siècle, sans toutefois avoir l’humilité de reconnaître qu’il fut pourtant averti par un peuple dont il a détruit le système et la vie.

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Roi Lakota Takanta Yokanta (Sitting Bull)
Ce questionnement a doublement sa place puisque lorsqu’on s’éloigne des à priori et cadres scolaires qui structurent la psyché collective, un autre son de cloche se fait entendre. Tandis que certains continuent de véhiculer l’idée que l’Afrique serait une terre sans expériences humaines, des personnalités scientifiques de cette même Occident décrivent parfois sur le bout des lèvres une toute autre Afrique. Le premier cité est le technocrate français Jacques Attali qui affirma à la suite des travaux du mathématicien Benoît Mandelbrot que certains « villages » d’Afrique subsaharienne disposent depuis des centaines d’années de techniques basés sur le code binaire et les fractales leur permettant de prédire l’avenir. Il est rejoint dans son propos par l’ ethnomathématicien Ron Eglash qui détaille avec soin dans son ouvrage African Fractals : Modern Computing and Indigenous Design, comment est intégré dans l’organisation quotidienne des populations du continent ce savoir mathématique qui semble pourtant n’en avoir pas l’air et qui échappe à l’œil de beaucoup. Or la réalité mathématique des fractales ne fut découverte pour la modernité qu’en 1974 par Mandelbrot, avant cela il était impossible pour l’Occident de saisir la pertinence de certains structurent géométriques à première vue simplistes. Concernant le code binaire précurseur de l’informatique d’après Jacques Attali, il se nomme le code bamana et son algorithme de fonctionnement est décrit ainsi par Ron Eglash :
« La divination bamana par le sable…Il s’avère que c’est un générateur de nombres pseudo-aléatoires utilisant le chaos déterministe. Quand on a un symbole à quatre bits, on l’associe à un autre côté : donc pair + impair donne impair, impair + pair donne impair, pair + pair donne pair et impair + impair donne pair. C’est l’addition modulo 2, comme le contrôle de bit de parité dans votre ordinateur. Ensuite on prend ce symbole et on le remet en jeu, c’est donc une diversité autogénératrice de symboles… » (5)
Dans le domaine de l’Astronomie, le responsable de communication pour l’Astrophysique du CEA et administrateur de l’Association française d’astronomie, Jean­-Marc Bonnet­-Bidaud a en particulier travaillé avec Germaine Dieterlen en pays Dogon au Mali en Afrique. Il mène des recherches sur les origines de l’astronomie ancienne en Afrique et en Chine. De ses travaux, il confirme l’existence d’observatoire astronomique en pays Dogon. Pour rappel, les Dogon sont célèbres pour leurs connaissances « surprenantes » de certains corps célestes de l’espace non visibles à l’œil nu tels que Sirius B ou Po Tolo dans leur langue, une naine blanche en orbite autour de l’étoile Sirius. Si elle ne fut découverte par la modernité qu’en 1862, elle occupe une place centrale dans l’organisation de la société Dogon.

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photographie aérienne du village Ba-Ila

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Modélisation numérique du village Ba-Ila de Sud Zambie avant 1944. Sur la gauche, les trois itérations mettant en évidence le schéma d’organisation en fractale

(Partie III)

Un troisième domaine subsaharien dans lequel les scientifiques occidentaux reconnaissent aux subsahariens une certaine précision est l’Ethnobotanique. Une discipline peu connue du grand nombre mais qui est pourtant au cœur de la recherche pharmaceutique. l’Ethnobotanique est la contraction d’ethnologie et de botanique, elle consiste en l’étude des rapports qu’entretiennent les populations avec les plantes. Si dans la définition elle se veut noble, sur le terrain, elle s’est révélée être un système efficace de vol de savoirs des populations dites primitives. En effet, les plantes jouent un grand rôle dans la fabrication des médicaments de la médecine moderne, cependant la majorité d’entre elles se situent dans des régions où la biodiversité est suffisamment riche, c’est-à-dire en dehors de l’Europe. Le scientifique ou explorateur a donc besoin d’une assistance pour se repérer dans cette biodiversité et qui mieux que les populations locales et primitives pour jouer le rôle de boussole ? Ainsi, en observant et en consignant de quelles manières elles utilisent les plantes, le scientifique-explorateur est en mesure de procéder à une première discrimination. Il lui est ensuite facile d’effectuer une sélection de plantes à ramener dans les laboratoires d’Europe où sont extraits les agents actifs en vue de leur synthèse dans les laboratoires pour l’industrie pharmaceutique, avant d’être revendus. La description de ce processus n’est pas un fantasme ou une déformation de la réalité, c’est en substance le résumé descriptif des spécialistes du domaine :
« Plus de cinquante guérisseurs ivoiriens nous ont mentionné cette plante pour ses usages thérapeutiques. Certaines de ces informations se recoupent suffisamment pour être prises en considération par les pharmacologues, d’autres ne font qu’actualiser l’usage thérapeutique de certains alcaloïdes de cette plante et confirment le sens d’observation et la profonde connaissance de certains guérisseurs et leur art dans l’utilisation de la flore locale. »1
« Ainsi, nous nous intéressons aux espèces utilisées pour le traitement des plaies occasionnées lors de la circoncision rituelle des garçons. La plante pulvérisée, appliquée à la base du gland, provoque un arrêt très rapide de l’hémorragie, accélère la cicatrisation et évite l’infection. Nous avons eu l’occasion d’assister à l’extraction de dents par un guérisseur qui n’utilisait que ses mains et une baguette de bambou. Pour arrêter l’hémorragie abondante, le patient a reçu un extrait de racines de Sesasum angolense (Pédaliacées) afin de se rincer la bouche. Après quelques minutes, les saignements et les douleurs ont disparu. Inutile de dire que cette plante a été sélectionnée pour nos études […] Découvrir de nouvelles molécules biologiquement actives à partir de plantes utilisées dans la médecine traditionnelle africaine, telle est l’objectif de la recherche conduite à l’institut de pharmacognosie de phytochimie de l’Université de Lausanne. »2

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L’Ethnobotaniste Richard Evans Schultes avec des populations d’Amazonie en 1940
En conséquence des excellents conseils et savoirs des « guérisseurs », c’est près de 484 plantes qui furent récoltées, séchées et expédiées, un poids sec de 5 172 Kg pour la seule Côte d’Ivoire et cela avant 1974. L’Ethnobotanique, c’est cette discipline scientifique qui tord le cou à ces prêts-à-penser glissés dans les psychés par le biais de l’information médiatique et scolaire qui entretiennent l’image d’une Afrique subsaharienne qui n’aurait pas développé de lieux de transmission de savoirs, de médecine et de mathématique. Une Afrique qui ne posséderait rien et à qui il a fallu tout apporter, sans que jamais on ne considère ce qui est un fait de l’histoire coloniale, les génocides et déplacements de populations ont provoqué une disparition énorme d’informations, en plus de ce que révèle l’Ethnobotanique, le vol des savoirs aujourd’hui commercialisés sous forme de médicaments sans que ne soit pas précisés leurs origines.
Revenir sur ces points de l’histoire considérés comme des acquis évidents de nos quotidiens est semble-t-il plus que nécessaire, parce que les faits nous permettent d’affirmer aujourd’hui sans risques de nous tromper qu’il y a eu de graves erreurs commises par immaturité et mensonges idéologiques par des anthropologues, sociologues et scientifiques occidentaux . Et ce constat n’est pas posé avec un esprit revanchard qui se résumerait en des comparaisons des acquis de l’Occident par rapport à ceux de l’Afrique, même s’il y aurait beaucoup à dire. Si ce constat est posé, c’est parce qu’avoir une Afrique subsaharienne, ex-capitale de la primitivité, capable d’initiatives scientifiques remet sérieusement en cause la valeur d’un des piliers de la civilisation telle que définie par l’Occident, l’écriture. En effet, dans ce que l’Occident appelle l’histoire de l’humanité, l’écriture occupe une place centrale, elle marque la séparation entre la préhistoire et l’histoire, le monde du chasseur-cueilleur et la civilisation préalable nécessaire à tout développement scientifique. Or en dehors de la Vallée du Nil, l’actuel région de l’Éthiopie, Timbouktou et très tardivement le pays Moün3, l’Afrique mélanoderme n’a pas fait un usage systématique de l’écriture dans la transmission des savoirs, au contraire, c’est l’oralité qui assure cette transmission. Pourtant elle a su déployer des sciences de gestion pertinente comme nous l’indique à juste titre Ron Eglash :
« Il nous faut réfléchir, comme ça a été dit avant, sur les méthodes traditionnelles d’auto-organisation. Ce sont des algorithmes robustes. C’est une façon d’utiliser l’auto-organisation – de faire de l’entrepreneuriat – de façon douce, de façon égalitaire. Si nous voulons trouver un meilleur moyen de faire ce genre de choses, il ne faut pas regarder plus loin que l’Afrique pour trouver des algorithmes robustes d’auto-organisation »
C’est-à-dire qu’il est possible, en remettant en cause certaines conclusions, de considérer qu’une autre Vision du Vivre Ensemble est possible, que la marche en avant d’un progrès gouverné par un capitalisme libéral toujours plus inégalitaire, violent et destructeur n’est pas une fatalité, que la posture de l’autruche qui consiste à se voiler la face derrière son confort quotidien pour ne pas constater l’effondrement animal et écologique que subit la planète, n’est pas l’unique réflexe. On peut si on dispose de suffisamment d’humilité interroger comme l’ont fait Ron Eglash et d’autres avant lui l’Afrique subsaharienne, non pas sa face visible qui peine à suivre la course de la modernité mais la face invisible, celle pratiquement incomprise et oubliée mais pourtant millénaire de l’initiation et des rites avec pour chef d’orchestre le Baka d’Afrique Centrale.
image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/06/1470016_10151664105956222_276796674_n.jpg
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Edgard Tokam
(1) Armand Bouquet et M. Debray Plantes médicinales de la Côte d’Ivoire et Féticheurs et médecines traditionnelles du Congo (Brazzaville)
(2) Etudes des Plantes utilisées dans la médecine traditionnelle du Pr. Kurt Hosttetmann, Professeur honoraire en Pharmacognosie et Phytochimie de l’Ecole de Pharmacie Genève-Lausanne dont il fut le Directeur à partir de 1981. Il reçut également la médaille d’or Egon Stahl de la Society for Medicinal Plant and Natural Product Research (GA).
(3) Pays Bamoun dans la région du Grassland à l’Ouest du Cameroun.
source: http://chroniques-baka.com/circonvolutions-temps-partie-iii#sdfootnote1anc
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le Lun 14 Aoû - 15:40

Tewfik Hamel, politologue et chercheur en histoire militaire

Alger abrite aujourd’hui la 11e session des pays voisins de la Libye. Quelles sont, selon vous, les perspectives d’une telle rencontre ? A quoi peut-on s’attendre à travers la rencontre d’Alger ?
La situation reste précaire en Libye. Le statu quo n’est ni souhaitable, ni tenable. La stabilité a toujours besoin d’être consolidée. Les défis sont énormes ; Le processus politique qui a commencé reste incertain. Le pays est désespérément divisé en centres de pouvoir rivaux: le Congrès général national à Tripoli et la Chambre des représentants à Tobrouk. Seul le gouvernement de Tobrouk est reconnu par la communauté internationale. Les deux gouvernements représentent les principaux blocs politiques de la Libye. Aucun n’est vraiment en mesure de prendre le contrôle territorial complet ou attirer un soutien populaire. Leur rivalité dépasse la simple dichotomie islamistes contre laïcs: il s’agit essentiellement d’une lutte pour l’accès au pouvoir et aux ressources. Les campagnes militaires à l’appui de chaque côté ont été lancées: Opération Dignité (Tobrouk) et Opération l’Aude de la Libye (Tripoli). Dans un pays sans une armée formelle – mais où les armes sont partout -, les brigades armées exécutant ces campagnes ont acquis une influence politique significative. Certaines des décisions politiques les plus importantes dans le cadre des préparatifs de la crise actuelle ont été faites sous la menace. En effet, les armes ne cessent pas de s’exprimer à chaque blocage, aussi mineur soit-il.
L’activité criminelle est clairement liée aux intérêts des milices: non seulement comme une source de revenus, mais aussi comme un moyen de maintenir le contrôle sur le territoire et d’empêcher les groupes rivaux de gagner du pouvoir et de l’influence. Il est donc probable que le crime restera un élément fondamental de la situation politique fragmentée en Libye. En outre, comme les réseaux criminels prospèrent en l’absence d’un contrôle étatique fort, leur existence neutralise les initiatives de mise en place d’un gouvernement national unifié, posant ainsi une barrière systématique contre la paix à long terme.
Egalement inquiétante est la transnationalisation et radicalisation des groupes extrémistes locaux libyens. Le djihadiste en Libye est alimenté par des développements ailleurs (Mali, Irak, Syrie, etc.) et par des doctrines importées. Sur le terrain, cela se traduit par une attraction continue pour les combattants à se joindre à Daech et l’expansion de ses activités. Le camp djihadiste profite certainement du chaos gouvernemental actuel, mais son agenda et méthodes transnationaux seront difficiles à contenir, même si le contrôle effectif de l’Etat devrait être établi.
Le jeu des puissances extérieures aggrave la situation et complique la tâche d’arriver à une solution politique. D’où l’incertitude sur le dialogue interlibyen qui se déroule actuellement sous les auspices de l’ONU et qui bénéficie d’un large soutien de la communauté internationale, ainsi que de vastes couches de la population libyenne exaspérées et épuisées par la violence et la fragmentation sévissant dans leur pays. La capacité de nuisance des puissances extérieures n’est pas négligeable. Leur présence en Libye est pressante et multiforme : forces spéciales, conseils militaires et civils, cooptation de responsables locaux, etc. Ces facteurs compliquent la tâche de la diplomatie algérienne.
Le ministre Abdelkader Messahel a beaucoup insisté sur l’importance de cette réunion, non seulement pour la Libye mais pour la sécurité de toute la région. «La sécurité est un problème commun; si on veut trouver une solution politique à la Libye, il faut parler de la sécurisation de la région», a-t-il déclaré. Quelle lecture en faites-vous ?
C’est une question de bon sens que la stabilisation de la Libye est un impératif stratégique pour l’Algérie et de favoriser une solution politique basée sur un dialogue interlibyen inclusif. Mais souvent l’histoire est tragique. «La pensée stratégique n’est rien, sinon pragmatique. La stratégie est l’étude» comment faire « , un guide pour accomplir quelque chose et le faire efficacement. La question qui intéresse la stratégie est: l’idée fonctionnera-t-elle? Plus important encore, est-il probable que cela fonctionne dans les circonstances particulières dans lesquelles elle sera prochainement testée? «Les facteurs cités impliquent que l’Algérie doit non seulement prendre en compte l’équilibre interne, mais aussi les intérêts des puissances extérieures. L’impératif immédiat consiste à éviter la généralisation de la violence, un objectif que tous les acteurs partagent. En ce sens, Alger a intérêt à ajuster son approche en adoptant une «neutralité active» – et non pas passive.
Sans une influence réelle sur le terrain et parmi les populations libyennes particulièrement les groupes armés, il est difficile pour l’Algérie d’imposer la solution politique et l’agenda des négociations. Les populations soutiennent les groupes dans les endroits où ces groupes sont déjà assez forts pour imposer une structure d’incitation (ou système de contrôle) qui apporte la prévisibilité, l’ordre, la sécurité et la stabilité. Un facteur décisif dans la détermination de la stratégie de financement des conflits est l’équilibre relatif des forces entre les forces belligérantes. La force d’un groupe influence est en partie déterminée par sa puissance et sa capacité à contrôler le territoire. Le choix des activités de financement d’un groupe est déterminé à la fois par sa relation avec la société en général et sa force relative par rapport à l’appareil exécutif de l’État. En clair, la solution passe par le renforcement de l’acteur susceptible d’apporter la stabilité autour duquel les institutions de l’Etat seront consolidées tout en définissant les règles de partage du pouvoir.
Alger a de tout temps soutenu la solution politique à travers un dialogue interlibyen à l’intérieur de la Libye, loin de toutes les interférences étrangères. Quel est d’après vous le poids et l’impact réel de ces «interférences étrangères» ?
Enorme et néfaste. Les interférences extérieures ont joué un rôle important dans la prolongation du conflit dans Ubari, par exemple. L’ingérence régionale et internationale a aggravé les lignes de faille dans le sud. La guerre pour le contrôle du pays fait rage entre factions armées dans le nord de la Libye, un conflit ignoré déchire deux tribus dans et autour de la ville d’Ubari d’environ 25 000 habitants, située dans le sud-ouest de la Libye – des rivalités violentes pour le contrôle des ressources ont vu le jour entre les Touareg et les Toubou. La bataille a fait rage sur les ressources et l’identité. Ce conflit devient une guerre de procuration avec l’intervention des puissances extérieures. La paix qui a finalement été négociée est fragile, et si le statu quo persiste, la probabilité d’un nouveau conflit est forte. Étant donné les liens familiaux et tribaux forts entre les Touareg et les Toubou dans l’ensemble du Sahel, le prochain conflit pourrait facilement se répandre au-delà de la ville d’Ubari et dans la région élargie. L’Algérie doit y garder un œil. L’environnement chaotique en Libye infesté d’éléments criminels et terroristes, la fragmentation du paysage politique libyen et la prédominance des intérêts égoïstes principalement impériaux des puissances extérieures au détriment de la stabilité de la Libye sont autant de facteurs qui compliquent la tâche de la diplomatie algérienne.
K. B.
Photo: Le ministre Abdelkader Messahel
source:https://www.letempsdz.com/index.php/132-actualite/189965-tewfik-hamel,-politologue-et-chercheur-en-histoire-militaire-la-stabilisation-de-la-libye-est-un-impératif-stratégique-pour-l-algérie-
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le Lun 14 Aoû - 15:55

Tewfik Hamel, politologue et chercheur en histoire militaire

Alger abrite aujourd’hui la 11e session des pays voisins de la Libye. Quelles sont, selon vous, les perspectives d’une telle rencontre ? A quoi peut-on s’attendre à travers la rencontre d’Alger ?
La situation reste précaire en Libye. Le statu quo n’est ni souhaitable, ni tenable. La stabilité a toujours besoin d’être consolidée. Les défis sont énormes ; Le processus politique qui a commencé reste incertain. Le pays est désespérément divisé en centres de pouvoir rivaux: le Congrès général national à Tripoli et la Chambre des représentants à Tobrouk. Seul le gouvernement de Tobrouk est reconnu par la communauté internationale. Les deux gouvernements représentent les principaux blocs politiques de la Libye. Aucun n’est vraiment en mesure de prendre le contrôle territorial complet ou attirer un soutien populaire. Leur rivalité dépasse la simple dichotomie islamistes contre laïcs: il s’agit essentiellement d’une lutte pour l’accès au pouvoir et aux ressources. Les campagnes militaires à l’appui de chaque côté ont été lancées: Opération Dignité (Tobrouk) et Opération l’Aude de la Libye (Tripoli). Dans un pays sans une armée formelle – mais où les armes sont partout -, les brigades armées exécutant ces campagnes ont acquis une influence politique significative. Certaines des décisions politiques les plus importantes dans le cadre des préparatifs de la crise actuelle ont été faites sous la menace. En effet, les armes ne cessent pas de s’exprimer à chaque blocage, aussi mineur soit-il.
L’activité criminelle est clairement liée aux intérêts des milices: non seulement comme une source de revenus, mais aussi comme un moyen de maintenir le contrôle sur le territoire et d’empêcher les groupes rivaux de gagner du pouvoir et de l’influence. Il est donc probable que le crime restera un élément fondamental de la situation politique fragmentée en Libye. En outre, comme les réseaux criminels prospèrent en l’absence d’un contrôle étatique fort, leur existence neutralise les initiatives de mise en place d’un gouvernement national unifié, posant ainsi une barrière systématique contre la paix à long terme.
Egalement inquiétante est la transnationalisation et radicalisation des groupes extrémistes locaux libyens. Le djihadiste en Libye est alimenté par des développements ailleurs (Mali, Irak, Syrie, etc.) et par des doctrines importées. Sur le terrain, cela se traduit par une attraction continue pour les combattants à se joindre à Daech et l’expansion de ses activités. Le camp djihadiste profite certainement du chaos gouvernemental actuel, mais son agenda et méthodes transnationaux seront difficiles à contenir, même si le contrôle effectif de l’Etat devrait être établi.
Le jeu des puissances extérieures aggrave la situation et complique la tâche d’arriver à une solution politique. D’où l’incertitude sur le dialogue interlibyen qui se déroule actuellement sous les auspices de l’ONU et qui bénéficie d’un large soutien de la communauté internationale, ainsi que de vastes couches de la population libyenne exaspérées et épuisées par la violence et la fragmentation sévissant dans leur pays. La capacité de nuisance des puissances extérieures n’est pas négligeable. Leur présence en Libye est pressante et multiforme : forces spéciales, conseils militaires et civils, cooptation de responsables locaux, etc. Ces facteurs compliquent la tâche de la diplomatie algérienne.
Le ministre Abdelkader Messahel a beaucoup insisté sur l’importance de cette réunion, non seulement pour la Libye mais pour la sécurité de toute la région. «La sécurité est un problème commun; si on veut trouver une solution politique à la Libye, il faut parler de la sécurisation de la région», a-t-il déclaré. Quelle lecture en faites-vous ?
C’est une question de bon sens que la stabilisation de la Libye est un impératif stratégique pour l’Algérie et de favoriser une solution politique basée sur un dialogue interlibyen inclusif. Mais souvent l’histoire est tragique. «La pensée stratégique n’est rien, sinon pragmatique. La stratégie est l’étude» comment faire « , un guide pour accomplir quelque chose et le faire efficacement. La question qui intéresse la stratégie est: l’idée fonctionnera-t-elle? Plus important encore, est-il probable que cela fonctionne dans les circonstances particulières dans lesquelles elle sera prochainement testée? «Les facteurs cités impliquent que l’Algérie doit non seulement prendre en compte l’équilibre interne, mais aussi les intérêts des puissances extérieures. L’impératif immédiat consiste à éviter la généralisation de la violence, un objectif que tous les acteurs partagent. En ce sens, Alger a intérêt à ajuster son approche en adoptant une «neutralité active» – et non pas passive.
Sans une influence réelle sur le terrain et parmi les populations libyennes particulièrement les groupes armés, il est difficile pour l’Algérie d’imposer la solution politique et l’agenda des négociations. Les populations soutiennent les groupes dans les endroits où ces groupes sont déjà assez forts pour imposer une structure d’incitation (ou système de contrôle) qui apporte la prévisibilité, l’ordre, la sécurité et la stabilité. Un facteur décisif dans la détermination de la stratégie de financement des conflits est l’équilibre relatif des forces entre les forces belligérantes. La force d’un groupe influence est en partie déterminée par sa puissance et sa capacité à contrôler le territoire. Le choix des activités de financement d’un groupe est déterminé à la fois par sa relation avec la société en général et sa force relative par rapport à l’appareil exécutif de l’État. En clair, la solution passe par le renforcement de l’acteur susceptible d’apporter la stabilité autour duquel les institutions de l’Etat seront consolidées tout en définissant les règles de partage du pouvoir.
Alger a de tout temps soutenu la solution politique à travers un dialogue interlibyen à l’intérieur de la Libye, loin de toutes les interférences étrangères. Quel est d’après vous le poids et l’impact réel de ces «interférences étrangères» ?
Enorme et néfaste. Les interférences extérieures ont joué un rôle important dans la prolongation du conflit dans Ubari, par exemple. L’ingérence régionale et internationale a aggravé les lignes de faille dans le sud. La guerre pour le contrôle du pays fait rage entre factions armées dans le nord de la Libye, un conflit ignoré déchire deux tribus dans et autour de la ville d’Ubari d’environ 25 000 habitants, située dans le sud-ouest de la Libye – des rivalités violentes pour le contrôle des ressources ont vu le jour entre les Touareg et les Toubou. La bataille a fait rage sur les ressources et l’identité. Ce conflit devient une guerre de procuration avec l’intervention des puissances extérieures. La paix qui a finalement été négociée est fragile, et si le statu quo persiste, la probabilité d’un nouveau conflit est forte. Étant donné les liens familiaux et tribaux forts entre les Touareg et les Toubou dans l’ensemble du Sahel, le prochain conflit pourrait facilement se répandre au-delà de la ville d’Ubari et dans la région élargie. L’Algérie doit y garder un œil. L’environnement chaotique en Libye infesté d’éléments criminels et terroristes, la fragmentation du paysage politique libyen et la prédominance des intérêts égoïstes principalement impériaux des puissances extérieures au détriment de la stabilité de la Libye sont autant de facteurs qui compliquent la tâche de la diplomatie algérienne.
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Photo: Le ministre Abdelkader Messahel
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Signaler une anomalie Venesuela et petrodollars .

le Jeu 14 Sep - 12:56
Venezuela : Les implications de la vente de brut dans d’autres devises que le dollar

                  14 septembre 2017



Le pétrodollar est plus important pour la domination mondiale des Etats-Unis que l’exportation d’armes ou la culture hollywoodienne parce qu’il permet aux Etats-Unis d’être le plus important exportateur de billets verts dont tout le monde a besoin pour acheter du pétrole. Le Venezuela a décodé de dédollariser son économie. Pour connaître les implications de cette mesure, il faut regarder le contexte géopolitique dans lequel cela se produit.
Après que le Président Nicolás Maduro ait décidé jeudi dernier que toutes les entreprises qui vont signer des contrats avec l’Etat vénézuélien négocieront avec des devises différentes du dollar, le vice-président Tareck El Aissami a trouvé pertinent que le secteur de la production génère les mécanismes nécessaires grâce à la banque publique et privée pour aller vers un nouveau panier de monnaies.
Lors d’une réunion de travail sur le Plan Constituant pour la Paix et la Prospérité Economique avec des chefs d’entreprises au Ministère du Pouvoir Populaire pour l’Economie et les Finances, il a déclaré : « Nous devons rompre le joug du dollar, » en expliquant que ceux qui souhaitent enchérir dans les ventes du DICOM doivent transférer leurs comptes en banque dans une autre devise. « Nous n’allons plus vendre en dollars, la vente en dollar est déjà terminée, » a ajouté El Aissami en soulignant que ces mesures sont adoptées pour contrecarrer les sanctions économiques imposées par les Etats-Unis.
D’autre part, il a assuré que les Vénézuéliens qui ont demandé les sanctions seront jugés en ajoutant que le Venezuela est en trains de transférer ses comptes dans d’autres banques du monde qu’il a remerciées pour leur soutien. « Dans le système bancaire public, nous avons déjà des postes de correspondants dans tous ces pays (la Russie, la Chine, l’Inde, l’Europe), » a-t-il indiqué.
Comment le dieu pétrodollar gère
Le dollar des Etats-Unis est devenu la monnaie prédominante pour les paiements internationaux parce que jusqu’au milieu du XX° siècle, l’or était le système monétaire dominant basé sur une quantité fixe de réserve d’or conservée dans les banques nationales, ce qui limitait les prêts. A ce moment-là, Washington a réussi à s’approprier 70% des réserves d’or du monde (sans compter l’URSS) affaiblissant le Royaume Uni et laissant de côté la création du système financier de Bretton Woods en 1944.
Pour atteindre la domination mondiale souhaitée, il s’est appuyé sur 2 outils principaux : le dollar états-unien et la puissance militaire. Certains pays ont développé des alliances militaires alternatives et rompu avec la dépendance envers le dollar états-unien pour ne pas être dominés.
Dans les années 70, le dollar a fait une chute dramatique due à la croissance économique de l’Allemagne et du Japon et à la réticence de l’Union Européenne à ajuster ses politiques économiques pour maintenir l’équilibre dollar-or. La devise a été revitalisée par le soutien d’exportateurs de pétrole comme l’Arabie Saoudite et les échanges pétrole contre armes des Etats-Unis. Richard Nixon, en 1971, a ordonné unilatéralement de supprimer la convertibilité directe du dollar en or et ainsi, le pétrole est devenu la base du système du dollar états-unien (Nixon Shock). A cause de cela, le contrôle du commerce pétrolier est une priorité de la politique étrangère de Washington.
Quand les membres de l’OPEP ont soutenu ce mécanisme, la demande mondiale de pétrodollars états-uniens a atteint un sommet historique et les pays se sont vus obligés d’acheter des dollars pour obtenir du pétrole sur le marché international.
On dit que la participation des Etats-Unis à l’actuel produit intérieur brut mondial ne doit pas excéder 22% mais 80% des paiements internationaux se font avec leurs dollars dont la valeur est excessivement haute comparée avec d’autres monnaies. A cause de cela, cela produit un bénéfice financier significatif alors que la forte demande de dollars dans le monde permet à leur Gouvernement de refinancer sa dette à des taux d’intérêt très bas.
Dédollariser est une menace
Tout pays qui lutte contre le dollar est considéré comme une menace directe pour l’hégémonie économique des Etats-Unis et le haut niveau de vie de leurs citoyens, c’est pourquoi les élites à Washington cherchent à résister à ce processus à tout prix. Le dirigeant libyen Muammar al-Khaddafi a été renversé et assassiné après avoir décidé de vendre son pétrole en euros et après avoir introduit le dinar d’or pour remplacer la monnaie européenne.
Oui, un dirigeant assis sur 150 tonnes d’or réel a proposé de vendre du pétrole contre des monnaies d’or réel. C’est pourquoi le président français de l’époque, Nicolás Sarkozy, a dit que la Libye mettait en danger la stabilité financière mondiale » basée sur une monnaie sans correspondance qui ne profitait qu’au consommateur états-unien.
Avec certaines banques et compagnies énergétiques européennes qui opèrent à l’intérieur de leurs frontières, la Chine, la Russie et l’Iran poursuivent une politique de dédollarisation pour échapper à la domination des Etats-Unis. En 2014, le Ministère des Finances russe a annoncé l’augmentation de la participation des contrats en roubles tandis qu’en mai dernier, au sommet de Shanghai, la Russie s’est engagée à signer la vente de 400 000 millions de dollars de gaz naturel à la Chine dans les 30prochaines années en payant en roubles et en yuans. Ils ont appelé cela « l’accord du siècle. »
En août dernier, pendant sa visite en Crimée, le président russe Vladimir Poutine a annoncé que « le système des pétrodollars devrait entrer dans l’histoire » tandis que « la Russie discute de l’utilisation des monnaies nationales dans les accords mutuels avec différents pays » à cause de la politique de sanctions de l’Occident.
Ces derniers mois, la Chine a signé des accords avec le Canada et le Qatar pour des échanges de monnaies nationales, faisant du Canada le premier centre offshore pour le yuan en Amérique du Nord et doublant (et même triplant) le commerce avec la Chine pour un montant estimé de 200 000 millions de yuans. Les échanges directs de devises entre la Chine et le Qatar récemment sanctionné représentent à 5 700 millions de dollars, ce qui en a fait la base de l’utilisation du yuan sur les marchés du Moyen Orient où on a peu confiance dans le dollar à cause de l’exportation de l’inflation. Il faut espérer que d’autres pays de l’OPEP signeront des accords avec la Chine.
La Chine a aussi encouragé l’établissement d’un centre de compensation à Kuala Lumpur, qui encouragera une meilleure utilisation du yuan dans le sud-est asiatique, cela moins d’un mois avant que Singapour, le principal centre financier d’Asie, ne devienne un centre d’échange de yuans par l’échange direct du dollar de Singapour en yuan.
L’Iran a annoncé récemment qu’il renonçait à utiliser les dollars états-uniens pour son commerce extérieur. Le président du Kazakstan, Nursultan Nazarbayev, a chargé récemment la Banque Nationale de la dédollarisation de l’économie de son pays, le Royaume Uni envisage de se libérer de ses dettes en yuans alors que la Banque Centrale Européenne discute de la possibilité d’inclure le yuan dans ses réserves officielles.
Tandis que dans le monde réel cette tendance et l’inflation aux Etats-Unis augmentent, dans la presse, la propagande anti-russe augmente.
La guerre est mondiale et elle est économique, il faut le répéter
En termes de ressources, qui a de l’or ou du pétrole sous son sol devrait pouvoir déterminer les questions géopolitiques ou l’hégémonie d’une monnaie. Cependant, la puissance militaire est aussi un facteur déterminant de ce réajustement de l’autorité au milieu de l’effondrement du système capitaliste. Beaucoup de pays cherchent à sortir leurs réserves d’or déposées dans les caves de la Banque de la Réserve Fédérale des Etats-Unis, plus encore depuis qu’ en 2013, cette banque a refusé de rendre les réserves d’or allemandes à son propriétaire.
Vu que le monde ne veut pas dépendre plus de ses dollars, Washington opte pour la déstabilisation de la région pour conduire tout éventuel rival à l’affaiblissement. Des experts pensent qu’il y a peu d’espoir que les Etats-Unis survivent à la vague même de chaos qu’ils ont déchaînée dans le monde entier.
Tandis que la dette états-unienne de presque 20 bilions de dollars est presque aussi importante que celle des 28 membres de l’Union européenne et supérieure à ce que les Etats-Unis produisent en un an, le message que donne la relation entre la dette et le PIB aux investisseurs est que le pays pourrait avoir des problèmes pour payer ce qu’il doit. Obama et Bush fils ont vidé les coffres de l’Etat et ont détruit les fonds de sécurité sociale, entre autres, en finançant la « Guerre contre le terrorisme » et en payant des dépenses d’autres départements.
Même quand la Russie, par la voix du premier ministre Dmitry Medvedev, a reconnu que les Etats-Unis l’ont amenée à une guerre économique à grande échelle, la dette russe est faible comparée avec celle de l’Europe. Sa croissance économique avant 2011 a été plus forte que celle des Etats-Unis, de l’Allemagne, de la France, du Japon et des autres pays du G8. Poutine a payé la presque totalité de la dette extérieure du pays avec la vente d’hydrocarbures au moment où ses prix étaient élevés.
Les mécanismes de contrôle mondial installés dans le pouvoir ont fait couler la relation Etats-Unis-Russie grâce à des intrigues et des campagnes qui ont fini par une batterie de sanctions envers le peuple russe. De plus, face aux blocus que l’OTAN a instaurés sur le gaz naturel russe grâce à des conflits en Ukraine et en Syrie, le Gouvernement de Poutine a pu les esquiver grâce au projet turc South Stream et à l’imminente déroute de l’Etat islamique en Syrie.
La dédollarisation de l’Union Euro asiatique amènerait la crise au monde occidental encore plus quand l’Europe s’agite autour de la crise des banques et que le Sénat des Etats-Unis a décidé d’augmenter temporairement le plafond de la dette pour que les autorités états-uniennes puissent assigner plus de 15 000 millions de dollars à l’aide aux victimes de l’ouragan Harvey.
A l’horizon, les « contrats du futur »
Le marché pétrolier vénézuélien a devant lui l’opportunité de ce qu’on appelle les « contrats du futur » du pétrole en yuans que la Chine encourage. Cette sorte de contrats oblige les parties à acheter ou à vendre à un prix fixe déterminé avant. Cela pourrait devenir le nouveau schéma pour ceux qui réalisent l’achat et la vente d’instruments financiers sur les marchés boursiers et pourrait être le nouveau point de référence pour les commerçants pour faire de la Chine le plus important importateur de pétrole du monde. Selon le vice-président vénézuélien, de plus, la Chine a manifesté son intérêt pour payer le pétrole vénézuélien en yuans.
Seuls les contrats de West Texas Intermediate (WTI) et de Brent sont commercialisés sur le marché mondial du futur et tous 2 sont estimés en dollars états-uniens mais cela permettrait aux exportateurs comme la Russie, l’Iran, le Qatar ou le Venezuela d’éviter d’utiliser le dollar parce que les acheteurs pourraient payer leur pétrole avec des yuans ou de l’or après avoir converti le monnaie chinoise en onces d’or.
Selon ce que dit Michael Snyder sur son blog The Economic Collapse, avec l’économie, Pékin a joué aux échecs et l’Occident aux dames et malheureusement pour Washington, nous sommes arrivés au point où l’échec et mat est déjà à l’horizon. Le Venezuela prend position pour préserver son autodétermination et sa souveraineté dans la paix à un moment de définitions géopolitiques qui détermineront le cours économique du monde dans les prochaines décennies.
traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos
Source en espagnol :http://misionverdad.com/trama-global/que-implica-la-venta-de-crudo-venezolano-en-otras-monedas-distintas-al-dolar
via:http://bolivarinfos.over-blog.com/2017/09/venezuela-les-implications-de-la-vente-de-brut-dans-d-autres-devises-que-le-dollar.html
En savoir plus sur http://reseauinternational.net/venezuela-les-implications-de-la-vente-de-brut-dans-dautres-devises-que-le-dollar/#fF4CUyjKSXSHU0fm.99
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