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Sujet / Message BRICS

le Ven 8 Sep - 21:00

Poutine inaugure le concept de « monde multipolaire juste » dans lequel les contrats pétroliers pourraient contourner le dollar et s’échanger en pétrole, en yuans et en or.



Pepe Escobar
Vendredi 8 Septembre 2017



Le sommet annuel des BRICS de Xiamen – dont le président Xi Jinping était autrefois le maire – ne pourrait pas intervenir dans un contexte géopolitique plus incandescent. 

Encore une fois, il est essentiel de garder à l’esprit que le noyau actuel des BRICS est « RC », le partenariat stratégique Russie-Chine. Ainsi, sur l’échiquier de la péninsule coréenne, le contexte de la RC – avec les deux pays qui partagent des frontières avec la RPDC – est primordial. 

Pékin a opposé un veto définitif à la guerre – le Pentagone en est très conscient. 

Le sixième essai nucléaire de Pyongyang, bien que planifié depuis longtemps, intervient seulement trois jours après que deux bombardiers stratégiques américains B-1B, qui peuvent transporter des bombes nucléaires, aient conduit leur propre « exercice » de conserve avec quatre F-35Bs et quelques F-15 japonais. 

Tous les observateurs de l’échiquier coréen savaient qu’il y aurait une réponse de la RPDC à ces exercices de « décapitation » à peine déguisés. 

Ce qui ne laisse que l’option du retour à la seule proposition rationnelle possible : le « double gel » de la RC. Gel des exercices militaires USA/Japon/Corée du Sud ; gel du programme nucléaire de la Corée du Nord ; la diplomatie prend le relais. 

La Maison-Blanche a préféré évoquer des « capacités nucléaires » de mauvais augure comme mécanisme de résolution de conflit. 
Une mine d’or en Amazonie, ça vous dit ? 

Sur le front du plateau du Doklam, Pékin et New Delhi ont au moins décidé, après deux mois de tensions, de procéder au « désengagement rapide » de leurs troupes frontalières. Cette décision était directement liée à l’imminence du sommet des BRICS – où la Chine et l’Inde étaient en danger de perdre la face. 

Le premier ministre indien Narendra Modi avait déjà essayé un gambit déstabilisateur de ce type avant le sommet des BRICS de Goa l’année dernière. A ce moment, il insistait pour dire que le Pakistan devait être déclaré « État terroriste ». La RC y avait dûment opposé son veto. 

Modi a également ostensiblement boycotté le sommet sur l’initiative Belt and Road de Hangzhou en mai dernier, essentiellement à cause du Corridor économique Chine-Pakistan (CPEC). 

L’Inde et le Japon rêvent de contrer l’initiative Belt and Road avec un semblant de projet de connectivité, l’Asia-Africa Growth Corridor (AAGC). Croire que l’AAGC – avec une envergure et des fonds bien moindres que ceux de la nouvelle Route de la soie – pourra lui voler la vedette, c’est tomber dans le rêve éveillé. 

Quoi qu’il en soit, Modi a émis quelques signes positifs à Xiamen. « Nous avons une mission d’éradication de la pauvreté, et d’assurer la santé, le système sanitaire, l’apprentissage, la sécurité alimentaire, l’égalité homme-femme, l’énergie, l’éducation. » Sans cet effort de grande envergure, les ambitieux rêves géopolitiques de l’Inde resteront lettre morte. 

Pour sa part, le Brésil est immergé dans une tragédie socio-politique de grande ampleur, menée par une non-entité vampirique et corrompue, l’usurpateur Temer. Le président du Brésil, Michel Temer, est arrivé à Xianmen pour colporter « ses » 57 privatisations majeures auprès des investisseurs chinois – y compris des mines d’or dans une réserve naturelle amazonienne de la taille du Danemark. Ajoutons-y une austérité de masse sur les dépenses sociales et des législations anti-travail des plus dures, et on comprendra qu’en ce moment, le Brésil donne l’image d’un pays dirigé par Wall Street. L’ordre du jour est de profiter du butin, vite. 

La nouvelle banque de développement des BRICS – une contrepartie de la Banque mondiale – est, comme prévu, tournée en dérision par tout Washington. Xiamen a démontré la façon dont la nouvelle banque est seulement en train de commencer à financer des projets des BRICS. Elle n’est pas comparable à la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (Asian Infrastructure Investment Bank, ou AIIB). Les deux entités investissent dans des gammes de projets différents – l’ AIIB est plus spécifiquement orientée sur la nouvelle Route de la soie. Leurs buts sont complémentaires.
Des ‘BRICS Plus’, sinon rien 

Sur l’arène mondiale, les BRICS sont déjà une nuisance majeure envers l’ordre unipolaire. Xi l’a exprimé poliment par ces mots, « nous, les cinq pays, devrions jouer un plus grand rôle dans la gouvernance mondiale ». 

Joignant le geste à la parole, Xiamen a présenté des « dialogues » avec le Mexique, l’Égypte, la Thaïlande, la Guinée et le Tadjikistan ; cela fait partie de la feuille de route du dénommé « BRICS Plus » – la conceptualisation par Pékin, proposée en mars dernier par le ministre des affaires étrangères Wang Yi, de l’extension de partenariats/coopérations. 

Une autre émanation du « BRICS Plus » peut être détectée dans le lancement possible, avant la fin 2017, d’un partenariat économique régional inclusif (Regional Comprehensive Economic Partnership, RCEP) – dans le sillage de l’annulation du TPP. 

Contrairement à ce que dit la narrative occidentale, le RCEP n’est pas « dirigé » par la Chine. Le Japon en fait partie – ainsi que l’Inde et l’Australie, et les 10 membres de l’ASEAN. La question immédiate porte sur le jeu auquel l’Inde pourrait jouer pour entraver le RCEP en parallèle de son boycott de la nouvelle Route de la soie. 

A Johannesburg, Patrick Bond a développé une théorie importante, selon laquelle « des forces économiques centrifuges sont en train de diviser les BRICS, à cause de la surproduction, de la dette excessive et de la démondialisation. Il interprète le processus comme « l’échec du capitalisme centripète désiré par Xi. » 

Mais cela n’a pas à finir comme ça. Ne sous-estimons pas le pouvoir du capitalisme centripète chinois – surtout quand les BRICS passeront à la vitesse supérieure. 
La triade pétrole/yuans/or fait son entrée 

C’est quand le président Poutine a commencé à parler que les BRICS ont exposé leur vraie bombe. Géopolitiquement et géo-économiquement, Poutine a mis en avant un « monde multipolaire juste », et un rejet du protectionnisme et de nouvelles barrières dans le commerce mondial. Le message est clair et net. 

Le changement de donne induit par la Syrie – où Pékin a silencieusement, mais fermement soutenu Moscou – doit être évoqué ; « c’était largement grâce aux efforts de la Russie et d’autres pays concernés que les conditions d’une amélioration ont été créées en Syrie. » 

Sur la péninsule coréenne, il est clair que la Russie-Chine pensent à l’unisson ; « La situation se rapproche d’un conflit majeur ». 

Le jugement de Poutine est aussi cinglant que la réponse de la RC est rationnelle ; « accroître les pressions sur Pyongyang pour stopper le programme de missiles nucléaires est malavisé et futile. Les problèmes de la région ne peuvent être résolus que par le dialogue direct de toutes les parties concernées, sans pré-conditions. » 

La conception de l’ordre multilatéral de Poutine et Xi est clairement visible dans la Déclaration de Xiamen, qui propose une paix « menée par l’Afghanistan et gagnée par l’Afghanistan » et un processus de réconciliation nationale, impliquant le Format de consultations de Moscou et le « Coeur du processus Asie-Istanbul ». 

C’est un langage codé qui appelle à une solution afghane asiatique (et non occidentale) arbitrée par l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), une entité menée par la RC, et dont l’Afghanistan est observateur et futur membre à part entière. 

Poutine a ensuite enchaîné sur un point fondamental : « La Russie partage les inquiétudes des BRICS sur l’injustice de l’architecture financière et économique mondiale, qui ne donne pas la place qui leur revient aux économies émergentes. Nous sommes prêts à travailler ensemble avec nos partenaires pour promouvoir des réformes des règles financières internationales et surmonter la domination excessive d’un petit nombre de monnaies de réserve. » 

« Surmonter la domination excessive d’un petit nombre de monnaies de réserve » est une façon polie d’énoncer ce dont les BRICS discutent depuis des années ; comment contourner le dollar, ainsi que le pétrodollar. 

Pékin est prêt à passer à la vitesse supérieure. Bientôt, la Chine lancera des marchés à terme pétroliers libellés en yuans et convertibles en or. Une véritable affaire « gagnante-gagnante » à la chinoise est inscrite dans la démarche, puisque les yuans seront convertibles en or aussi bien à la bourse de Shanghai qu’à celle de Hong Kong. 

La nouvelle triade du pétrole, des yuans et de l’or est de fait gagante-gagnante-gagnante. Aucun problème si les fournisseurs d’énergie préfèrent être payés en or au lieu de yuans. Le message central est que le dollar sera contourné. 

Cela veut dire que la Russie – et l’Iran, l’autre plate-forme clé de l’intégration eurasienne – pourront contourner les sanctions en vendant leur énergie dans leurs monnaies, ou en yuans. 

La RC – via la Banque centrale russe et la Banque populaire de Chine – ont développé des échanges roubles-yuans depuis un certain temps déjà. 

Une fois que cette démarche dépassera les BRICS pour s’étendre aux membres aspirants des « BRICS Plus », puis à tout l’hémisphère Sud, la réaction de Washington sera assurément nucléaire (au sens figuré, espérons-le). 

La doctrine stratégique de Washington décrète que la RC ne doit pas être autorisée à devenir prépondérante sur le territoire eurasien. Et pourtant, ce que les BRICS préparent géo-économiquement ne concerne pas seulement l’Eurasie – mais tout l’hémisphère sud. 

Les factions du Parti de la guerre de Washington déterminées à instrumentaliser l’Inde contre la Chine – ou contre la RC – vont avoir un réveil douloureux. Même si les BRICS font face à différents remous économiques, leur feuille de route de long terme, bien au delà de la Déclaration de Xiamen, est déjà fermement en place. 


Paru sur Asia Times sous le titre The real BRICS bombshell 
Traduction Entelekheia 
Photo Pixabay : Xiamen, Chine. 
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Sujet / Message QUI A GAGNÉ LA « GUERRE FROIDE »?

le Mar 12 Sep - 16:15

Dans un article récent, nous affirmions que : « les États-Unis et les puissances du camp occidental n’ont pas gagné la « Guerre froide », mais que le camp soviétique, plus vulnérable...


Robert Bibeau
Mardi 12 Septembre 2017

image: http://www.alterinfo.net/photo/art/default/17101836-21634901.jpg?v=1505136131


L’ARTICLE EST DISPONIBLE SUR LE WEBMAGAZINE http://www.les7duquebec.com/7-au-front/qui-a-gagne-la-guerre-froide/


Dans un article récent, nous affirmions que : « les États-Unis et les puissances du camp occidental n’ont pas gagné la « Guerre froide », mais que le camp soviétique, plus vulnérable (non financiarisé), s’est désagrégé le premier alors que le camp impérialiste occidental, engagé sur la même pente glissante, mais s’étant transformé au capital financier, a freiné sa chute en absorbant les économies de ces pays dits « communistes » (sic) en crise systémique de capitalisme. La dernière concaténation du capital financier mondialisé étant la Chine maoïste, enfin sortie du féodalisme, dernier recours devant retarder la déchéance du mode de production capitaliste » (1).

Ce à quoi un lecteur a rétorqué « Les USA ont gagné la Guerre froide parce qu’en ce monde une seule loi règne depuis des milliers d’années : la loi du plus salaud. (…) Ils ont trahi les accords de Yalta. Ils ont fait chuter le prix du pétrole parce que la principale ressource de devises de l’URSS était le gaz de Sibérie, ils ont incité les Russes à gaspiller du fric dans la guerre des étoiles et ils ont fait de la provocation en Afghanistan » (2).

Très complexe cette guerre soi-disant « froide » plus souvent « chaude » comme on a pu le constater en Corée, en Indochine, à Cuba, en Angola, en Afghanistan, en Palestine, en Irak, en Afrique, au Moyen-Orient et même en Serbie et dans le Caucase. Parfois elle redevient « froide » comme à Berlin en 1989, et en Russie en 1991. Racistes jusqu’à la moelle, quand ce sont les peuples du Tiers-monde qui tombent sous les bombes, les idéologues du capital proclament que ces guerres sont « froides », une guerre n’étant « chaude » que si ce sont des blancs qui succombent.

Une guerre « froide » ça n’existe pas. Une guerre de classes est toujours chaude même si par moment elle se déroule en usine, à la bourse, sur les lieux de travail, sur les barricades, et qu’elle inflige moins de morts que sur d’autres champs de bataille. La preuve en est que de 1941 à 1945 deux camps impérialistes s’unirent pour écraser dans le sang « chaud » un troisième camp impérialiste; alors qu'entre 1945 et 1991 (à la chute du Politburo et l’accaparement du capital soviétique par les apparatchiks socialistes), les deux camps survivants de l’holocauste militaire se livrèrent la guerre « chaude » par pays ressources interposés.

Il ne faut pas s’y tromper – l’évènement le plus important au moment de la « chute » de l’URSS – ne fut pas la destitution du Comité central du Parti communiste, mais l’accaparement du capital productif, des moyens de production, par les apparatchiks des régimes dits « socialistes », y compris en Chine et en Albanie. Il n’y a pas eu chute de l’URSS et de son camp – il y eut simplement glissement économique – politique – juridique – diplomatique et militaire du camp impérialiste russe qui permit aux bureaucrates de pays d’Europe de l’Est et de pays d’Asie et d’Afrique de s’emparer directement – individuellement – privément – de la propriété étatique des moyens de production – d’échanges et de communication. Cette réorganisation fut la conséquence non pas des pressions américaines, mais de l’éclatement des contradictions internes à ce système capitaliste industriel incapable de poursuivre sa transformation vers la capitalisation financière sans faire éclater les vieilles structures de sa superstructure capitaliste archaïque. Il ne faut jamais oublier qu’une problématique trouve toujours son origine et sa solution dans ses contradictions internes et ensuite, secondairement, dans les forces exogènes – externes –.

Le capitalisme industriel soviétique tel que plaquer dans les pays conquis par le pseudo « communisme » soviétique ne pouvait durer s’il ne se transformait pas en capitalisme financier où l’argent, ce « capital virtuel », circule sur les bourses du monde indépendamment du capital réel – industriel et productif, comme il en était dans le camp impérialiste occidental. Ai-je besoin d’expliquer que les capitalistes financiers « socialistes » étaient paralysés par la structure de pouvoir – les aspects légaux et juridiques – des échanges monétaires au sein de l’alliance impérialiste soviétique et entre l’alliance soviétique et l’Alliance impérialiste Atlantique ?

La conclusion de la pseudo « guerre froide » (très chaude dans les pays ressources du tiers-monde) marqua l’adaptation du camp impérialiste soviétique qui ajusta ses lois pour les rendre conformes aux nécessités du capitalisme financier. La conséquence fut que des milliardaires poussèrent tels des champignons vénéneux sur le corps putride des ex-pays pseudocommunistes… dont la superstructure s’adapta aux développements de l’infrastructure et leurs forces productives arriérées furent absorbées par les puissances impérialistes occidentales avancées – L’Allemagne recommençant à faire produire dans ces néocolonies de l’Est après leur « libération » (sic) la France et l’Italie aussi. Pour la plupart, les pays de l’exRussie impériale se sont alors subordonnés au camp impérialiste occidental sauf la Russie et quelques néocolonies (Biélorussie, Kazakhstan, Azerbaïdjan, Arménie, Tadjikistan, Ukraine, etc.) ce qui provoqua l’ire du navire amiral occidental qui exigeait que l’immense Russie se soumette et s’intègre totalement ainsi que ses néocolonies sous la botte de l’OTAN. Ce n’était pas un différend idéologique qui séparait ces deux camps impérialistes, mais un conflit économique antagoniste où une seule puissance hégémonique devait diriger le camp des survivants. Tant que la Russie poutinienne, l’Iran, la Chine maoïste, ne l’auront pas compris la guerre « chaude et froide » se poursuivra en Ukraine, en Syrie et ailleurs. Oubliez Zbigniew Brzeziński, Henri Kessinger, Richard Nixon, Ronald Reagan et Margaret Thatcher et d’autres criminels ainsi que leur guerre des étoiles ridicule – l’histoire des sociétés capitalistes (totalitaire ou libérale) s’écrit dans les usines, sur les lieux de production et d’échanges, et sur le parquet des bourses du monde (3).

(la semaine prochaine – La guerre d’Afghanistan vu autrement)

(1) http://www.les7duquebec.com/7-au-front/menace-de-guerre-nucleaire-le-dessous-des-cartes-a-washington/
(2) http://www.les7duquebec.com/7-au-front/menace-de-guerre-nucleaire-le-dessous-des-cartes-a-washington/
(3) Robert Bibeau (2017) Question nationale et révolution prolétarienne sous l’impérialisme moderne. L’Harmattan. Paris. 145 pages. Sur Amazon https://www.amazon.ca/Question-nationale-r%C3%A9volution-prol%C3%A9tarienne-limp%C3%A9rialis/dp/2343114749/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1496234995&sr=8-1&keywords=Robert+Bibeau



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Sujet / Message Re: BRICS

le Mar 12 Sep - 16:18

Corée du Nord: une "menace mondiale" qui requiert une "réponse mondiale", dit le chef de l'Otan  10/09/2017
















Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a dénoncé dimanche la multiplication des essais nucléaires et de missiles balistiques de la Corée du Nord, "une menace mondiale" qui requiert une "réponse mondiale".

"L'attitude inconsidérée de la Corée du Nord est une menace mondiale qui requiert une réponse mondiale, ce qui inclut bien entendu l'OTAN", a déclaré M. Stoltenberg dans l'émission politique dominicale The Andrew Marr Show, sur la BBC.

"Nous demandons à la Corée du Nord d'abandonner ses programmes nucléaires, ses programmes de missiles et de s'abstenir de procéder à d'autres essais, car il s'agit d'une violation flagrante de plusieurs résolutions de l'ONU sur la sécurité et d'une menace pour la paix et la stabilité", a-t-il ajouté.

Interrogé pour savoir si une attaque nord-coréenne contre le territoire américain de Guam (Pacifique) tomberait sous le coup de l'article 5 du traité de l'Otan, qui veut qu'une attaque contre un des pays membres de l'alliance est considérée comme une attaque contre tous, M. Stoltenberg a refusé de "spéculer" sur ces considérations.
"Ce que je dirais, c'est que nous nous concentrons maintenant entièrement sur la manière dont nous pouvons contribuer à une solution pacifique au conflit", a-t-il dit.

Le Conseil de sécurité de l'ONU est appelé par Washington à se prononcer lundi sur de nouvelles sanctions sévères contre la Corée du Nord, accusée de menacer la paix avec ses programmes d'armement nucléaire et conventionnel.

https://www.lorientlejour.com/article/1071764/coree-du-nord-une-menace-mondiale-qui-requiert-une-reponse-mondiale-dit-le-chef-de-lotan.html

En savoir plus sur http://www.alterinfo.net/notes/Coree-du-Nord-une-menace-mondiale-qui-requiert-une-reponse-mondiale--dit-le-chef-de-l-Otan_b17086159.html#UDcQ4fU8O2AjUEHd.99
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Sujet / Message La dette US a dépassé les 20 trillions

le Jeu 14 Sep - 12:23
La dette US a dépassé les 20 trillions, mais il y a bien pire

 
Sep 14, 2017

[url=whatsapp://send/?text=La+dette+US+a+d%C3%A9pass%C3%A9+les+20+trillions%2C+mais+il+y+a+bien+pire - https%3A%2F%2For-argent.eu%2Fla-dette-us-a-depasse-les-20-trillions-mais-il-y-a-bien-pire%2F][/url]

Lundi dernier, en fin d’après-midi, le gouvernement fédéral des États-Unis a annoncé que la dette nationale a enfin dépassé la barre fatidique des 20 trillions. Ce n’était qu’une question de temps. Cela aurait déjà dû se produire en mars, mais la mise en place d’un nouveau plafond de la dette l’a gelée.
Durant les 6 derniers mois, tout emprunt du gouvernement était illégal. Une situation plutôt compliquée pour l’Oncle Sam vu que le gouvernement américain n’a plus produit d’excédent budgétaire depuis 20 ans. Les États-Unis ont besoin de la dette pour faire tourner le pays.
Sans la capacité d’emprunter officiellement de l’argent, le Trésor a donc passé ces 6 derniers mois à emprunter de façon officieuse. Soit en se servant dans les caisses de retraite fédérale ou encore en recourant à ce que le département du Trésor appelle lui-même des « mesures extraordinaires » afin d’assurer la continuité des services publics.

Nouvelle résolution temporaire de la crise du plafond de la dette

En fin de semaine dernière, la crise du plafond de la dette a connu un épilogue provisoire alors que le gouvernement a une nouvelle fois décidé de le suspendre de façon temporaire.
C’est ainsi que du jour au lendemain, la dette nationale américaine a bondi de plusieurs centaines de milliards de dollars alors que ces sommes empruntées durant des mois de façon officieuse ont vu leur existence être actée dans les comptes.
La dette américaine s’élève aujourd’hui à 20,1 trillions de dollars, une somme supérieure au PIB annuel du pays. On pouvait croire que cette information allait faire la une des journaux. Pourtant, les médias ont à peine abordé ce dossier. La une du New York Times du 12 septembre parle de l’ouragan Irma, de la Corée du Nord et de l’alcoolisme en Iran. Même la une du Wall Street Journal est muette à ce sujet.

La spirale de la dette américaine

Mais pour être honnête, ce montant n’a aucune importance. 20 trillions, il s’agit d’un chiffre rond psychologique qui n’est pas plus important que disons 19,999 trillions.
Le nœud du problème n’est pas le montant de la dette en lui-même, mais la façon dont elle évolue. Et cette tendance n’est pas positive. Année après année après année, le gouvernement américain dépense plus qu’il collecte en impôts.
D’après les propres chiffres du Trésor, le déficit budgétaire du gouvernement pour les 10 premiers mois de cette année fiscale (d’octobre 2016 à juillet 2017) s’élève à 566 milliards. C’est plus que le PIB annuel de l’Argentine.
Vu que le gouvernement américain doit emprunter la différence, toutes ces dépenses se traduisent en une dette nationale plus élevée. Et comprenez bien que la dette est fatale.
L’histoire est remplie d’exemples de civilisations dominatrices qui se sont ensuite écroulées sous le poids d’une dette partant en vrille, de l’Empire ottoman à la monarchie française dans les années 1700.
Ou comme l’a dit un ancien secrétaire au Trésor, Larry Summers : « Combien de temps le plus gros emprunteur du monde peut-il rester la première puissance planétaire ? »
Il est difficile de projeter sa puissance lorsque vous devez constamment emprunter de l’argent aux Chinois… ou lorsque votre banque centrale doit créer de la monnaie sortie tout droit de son chapeau. Pourtant, régler le problème de la dette américaine est aujourd’hui devenu presque impossible.

Des dépenses quasi incompressibles

Pour s’en convaincre, il suffit de se pencher sur les 4 postes de dépense les plus importants du budget américain : la sécurité sociale, Medicare, la défense et, malheureusement, le service de la dette.
Ces 4 éléments représentent à eux seuls près de 90 % des dépenses gouvernementales ! Rogner sur la sécurité sociale ou sur Medicare serait un suicide politique. Et dire qu’aujourd’hui 10 000 baby-boomers par jour rejoignent les rangs des bénéficiaires de ces programmes…
Il y a ensuite les dépenses militaires, qu’il sera très difficile de réduire de façon significative en cette période de menaces et de guerres permanentes.
En fait, la proposition de budget actuel de la Maison Blanche prévoit une augmentation de 10 % du budget de la Défense pour le prochain exercice fiscal.
Et enfin le service de la dette, qu’il est impossible de réduire sans risquer de provoquer la plus grosse crise financière de l’histoire moderne.
En résumé, il est quasi impossible de toucher à 90 % du budget fédéral… ce qui signifie que les chances de réduire la dette via la diminution des dépenses est presque mission impossible. La solution serait-elle d’augmenter les taxes ? Peut-être, mais rien n’est moins sûr.
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les rentrées fiscales américaines sont très stables. Elle représente environ 17 % du PIB. On peut considérer cet argent comme la part du gâteau économique qui revient au gouvernement.
Le poids de la fiscalité baisse et augmente à la marge au fil du temps. Les présidents vont et viennent. Les variations ne s’éloignent jamais loin de ces 17 %. Dans un tel contexte, la solution la plus évidente consisterait à laisser l’économie croître sans restriction.
En cas de croissance, les rentrées fiscales augmenteraient, ce qui ferait baisser la dette, du moins en termes de pourcentage par rapport au PIB. Mais il y a un problème : la dette progresse bien plus vite que le PIB.

La dette américaine augmente bien plus vite que le PIB

À titre d’exemple, la dette a augmenté de 7,84 % durant l’année fiscale 2016. Et pourtant, même en prenant en compte les « avantages » de l’inflation, les États-Unis ont enregistré une croissance de seulement 2,4 % durant la même période.
Autrement dit, l’endettement est 3 fois supérieur à la croissance. Soit tout le contraire de ce dont nous avons besoin. Plus inquiétant encore, cette croissance économique limitée a lieu dans un environnement de taux historiquement bas.
Les économistes nous disent que ces taux bas sont censés doper la croissance. Ce n’est pas ce que l’on constate. Si la croissance est si basse maintenant, que se passera-t-il si la FED continue de relever les taux ? Et, cela dit en passant, ces relèvements de taux auront un impact négatif sur la dette vu que le coût du service augmentera.
C’est très bien d’être optimiste et d’espérer le meilleur. Mais ce problème va continuer de nous hanter, il serait idiot de croire que cela n’a aucune conséquence. Il n’y aucune raison de paniquer ou d’être alarmiste. En revanche, les gens rationnels ont tout intérêt à voir la réalité en face et à penser à un plan B. (…)
Traduction de l’article de Simon Black, publié le 12 septembre 2017 sur SovereignMan.com (sous-titres ajoutés)
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Sujet / Message Re: BRICS

le Jeu 14 Sep - 12:33
La Russie et la Chine contre l’empire du dollar

                 14 septembre 2017




C’est à tort que nous considérons chaque conflit armé dans le monde comme distinct des autres. La presque totalité d’entre eux s’insère dans un rapport plus général entre d’un côté « l’empire américain d’Occident » et, de l’autre, les BRICS qui tentent de lui opposer « un ordre international alternatif ». Ce rapport de force se joue aussi bien au plan militaire qu’au plan financier.
Un vaste arc de tensions et de conflits s’étend de l’Asie orientale à l’Asie centrale, du Moyen-Orient à l’Europe, de l’Afrique à l’Amérique latine. Les « points chauds » le long de cet arc intercontinental —Péninsule coréenne, mer de Chine méridionale, Afghanistan, Syrie, Irak, Iran, Ukraine, Libye, Venezuela et autres— ont des histoires et des caractéristiques géopolitiques différentes, mais en même temps sont reliés à un unique facteur : la stratégie avec laquelle « l’empire américain d’Occident », en déclin, essaie d’empêcher l’émergence de nouveaux sujets étatiques et sociaux. Ce que redoute Washington se comprend par le Sommet des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) qui s’est tenu du 3 au 5 septembre à Xiamen en Chine.
Exprimant « les préoccupations des BRICS sur l’injuste architecture économique et financière mondiale, qui ne prend pas en considération le poids croissant des économies émergentes », le président russe Poutine a souligné la nécessité de « dépasser la domination excessive du nombre limité de monnaies de réserve ». Référence claire au dollar US, qui constitue presque les deux tiers des réserves monétaires mondiales et la monnaie par laquelle se détermine le prix du pétrole, de l’or et d’autres matières premières stratégiques. Ce qui permet aux USA de conserver un rôle dominant, en imprimant des dollars dont la valeur se base non pas sur la réelle capacité économique états-unienne mais sur le fait qu’ils sont utilisés comme monnaie mondiale. Le yuan chinois est cependant entré il y a un an dans le panier des monnaies de réserve du Fonds monétaire international (avec le dollar, l’euro, le yen et la livre sterling) et Pékin est sur le point de lancer des contrats d’achat du pétrole en yuan, convertibles en or.
Les BRICS demandent en outre la révision des quotas et donc des votes attribués à chaque pays à l’intérieur du Fonds monétaire : les USA, à eux seuls, détiennent plus du double du total des votes de 24 pays de l’Amérique latine (Mexique compris) et le G7 détient le triple des votes du groupe des BRICS. Washington observe avec une préoccupation croissante le partenariat russo-chinois : les échanges entre les deux pays, qui en 2017 devraient atteindre les 80 milliards de dollars, sont en forte augmentation ; en même temps augmentent les accords de coopération russo-chinoise dans le domaine énergétique, agricole, aéronautique, spatial et dans celui des infrastructures. L’achat annoncé de 14 % de la compagnie pétrolifère russe Rosneft par une compagnie chinoise et la fourniture de gaz russe à la Chine pour 38 milliards de m3 annuels à travers le nouveau gazoduc Sila Sibiri qui entrera en fonction en 2019, ouvrent à l’export énergétique russe la voie à l’Est tandis que les USA essaient de lui bloquer la voie à l’Ouest vers l’Europe.
Perdant du terrain sur le plan économique, les USA jettent sur le plateau de la balance l’épée de leur force militaire et de leur influence politique. La pression militaire US en mer de Chine méridionale et dans la péninsule coréenne, les guerres des USA et de l’Otan en Afghanistan, les guerres au Moyen-Orient et en Afrique, le coup d’épaule des USA et de l’Otan en Ukraine et la confrontation consécutive avec la Russie, entrent dans la même stratégie de confrontation mondiale contre le partenariat russo-chinois, qui n’est pas seulement économique mais géopolitique. Y entre aussi le plan de miner les BRICS de l’intérieur, en ramenant les droites au pouvoir au Brésil et dans toute l’Amérique latine. C’est ce que confirmait le commandant du U.S. Southern Command, Kurt Tidd, qui prépare contre le Venezuela l’« option militaire » brandie par Trump : dans une audition au Sénat, il accusait la Russie et la Chine d’exercer une « influence maligne » en Amérique latine, pour faire avancer là aussi « leur vision d’un ordre international alternatif ».
Manlio Dinucci
Traduction: Marie-Ange Patrizio
En savoir plus sur http://reseauinternational.net/la-russie-et-la-chine-contre-lempire-du-dollar/#7rqJlwRyp11vzgbT.99
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Sujet / Message Le Dieu-dollar contre PétroYuan

le Mar 19 Sep - 14:16
Geab 117 : Crise systémique occidentale 2017-2019 Le Dieu-dollar contre la Grande Tentation du PétroYuan

                  19 septembre 2017



Qatar, Corée du Nord, Mer baltique, risques de 3ème guerre mondiale… les rodomontades militaires dont nous affligent l’information depuis cet été vont de pair avec l’arrivée désormais programmée, imminente et inéluctable du scenario-catastrophe pour le dollar comme monnaie unique de référence internationale : le PetroYuan sera en place à la fin de l’année… plus qu’une pétro-monnaie, c’est une pétro-gazo-auro-monnaie ! L’Occident s’apprête donc à basculer dans l’anachronisme complet avec cet acte fondateur du monde multipolaire du XXIème siècle. 2014-2017, nous voici donc au terme de trois ans d’exacerbation des tensions sur toutes les lignes de front Occident-reste du monde, face à la perspective de la fin du règne du dollar sur le monde et de tous les systèmes financiers et économiques connexes. Sanctions, blocus, proxy-guerres, menaces militaires directes… toute la question est de savoir si l’actuel fracas des armes est réellement annonciateur d’un énième suicide de l’Occident dans le vain espoir d’arrêter le temps ou si le pouvoir attractif des solutions d’avenir est sur le point d’emporter toutes les résistances.

L’effet-aimant du PétroYuan nouveau !

La Chine, qui est le premier importateur mondial de pétrole, se prépare à lancer des contrats à terme pour le pétrole brut libellés en yuan chinois et convertibles en or, créant potentiellement la plus importante référence asiatique dans le domaine pétrolier et permettant aux exportateurs de pétrole de contourner les standards libellés en dollars américains, par des transactions en yuan [1]. Pour rendre le contrat libellé en yuan plus attrayant, la Chine prévoit que le yuan sera entièrement convertible en or sur le marché de changes de Shanghai et de Hong Kong. Le mois dernier, la Shanghai Futures Exchange et sa filiale Shanghai International Energy Exchange, INE, ont terminé avec succès quatre tests d’environnement de production pour les contrats à terme de pétrole brut, et l’échange se poursuit avec les travaux préparatoires pour la liste des contrats à terme de pétrole brut visant à lancer les opérations à la fin de cette année. La tarification chinoise des actifs en yuans – conjuguée au plan de Hong Kong Stock Exchange visant à vendre des contrats d’or physique évalués dans cette monnaie – créera un système grâce auquel les pays peuvent contourner le système bancaire étasunien.
Les pays qui vont profiter immédiatement de cette révolution sont bien entendu les pays sous sanctions occidentales : Russie, Iran, Venezuela pour commencer… qui au passage sont assis sur les plus grosses réserves mondiales de gaz et de pétrole au monde, raison pour laquelle nous parlons de pétrogazoYuans – sachant que le gaz est l’énergie d’avenir plus que le pétrole.

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/09/img2-22bf0-29e4b.jpg

Localisation des réserves de gaz dans le monde
Source : EIA, 2015



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Localisation des réserves de pétrole dans le monde
Source : Wikimedia Commons, 2014

L’Iran et le Venezuela en particulier ont beaucoup souffert de leur mise au ban du système international qui les a empêchés d’investir significativement dans les infrastructures de production, laissant leur potentiel largement inexploité ; ces deux pays s’engouffreront donc dans l’opportunité ouverte par les pétroyuans.
L’Iran [2] et la Russie [3] en particulier, mais aussi d’autres plus petits producteurs comme l’Angola [4] et le Nigeria [5], vendent déjà leur pétrole et leur gaz à la Chine en yuans. Mais l’inconvertibilité du yuan aboutissait au développement d’une zone-yuan en dehors du système international, sans existence officielle donc, avec toutes les incertitudes pour les producteurs concernés sur l’avenir de cette part de réserves monétaires.
Tout va changer avec ces nouveaux contrats à terme qui s’assortissent désormais d’une consigne claire de la part de la Chine, qui sonne comme un coup de tonnerre dans le ciel déjà tourmenté du règne du roi dollar : « Nous favoriserons désormais les producteurs acceptant de nous vendre leur énergie en yuans ! »

Ce qui nous amène au Qatar

Depuis deux ans, le Qatar a mené plus de 86 milliards de dollars de transactions en yuans [6]. Il s’est en outre réconcilié cet été avec le pays avec lequel il partage le plus grand gisement de gaz naturel au monde, l’Iran [7], ce qui lui permet de ne pas reconduire le moratoire de 12 ans qu’il s’était lui-même imposé dans l’exploitation de cette gigantesque réserve qui fait de lui la troisième puissance gazière du monde. Bref, le Qatar sunnite et pro-occidental, bascule du côté de l’Iran et de la Chine, risquant d’entraîner dans son sillage l’Arabie Saoudite, ce qui signerait bien évidemment la mort définitive du pétrodollar. D’où l’agitation fébrile qui s’est emparé de la région à la fin du printemps dernier. Mais les politiques de sanction et de boycott n’ont désormais plus qu’un effet : jeter des pays entiers dans les bras de l’ « Autre Monde » devenu force irrésistible d’attraction.

L’Arabie Saoudite basculera-t-elle de l’autre côté ?

Dans un contexte où le gaz commence à détrôner le pétrole – obligeant l’Arabie Saoudite à investir dans des infrastructures spécifiques à l’extraction de gaz, où les Etats-Unis sont désormais un concurrent majeur de leur allié stratégique saoudien en termes de production de gaz (et ont réduit leurs importations de 14 millions de barils par jour en 2007 à 8 millions en 2017), et où les Russes ont diminué leurs importations de pétrole saoudien, perdre le client chinois et risquer de se retrouver avec de vastes excédents de production qui feront s’effondrer les prix, n’est pas une décision facile pour une Arabie Saoudite qui a déjà souffert de la crise des prix des dernières années [8]. Sans compter que l’ « Autre Monde » apporte des garanties de fermeté et de stabilité des prix (via son système OPEP rénové en OPEP+NOPEP) que n’apporte plus l’Occident (puisque les Etats-Unis n’y participent pas). Pas étonnant dans ces circonstances que le roi Salman d’Arabie Saoudite [9] vienne d’écarter de la succession le Prince Ben Nayef en faveur du Prince Ben Salman connu pour ses sympathies russes et chinoises [10].
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Bien sûr, en acceptant de se faire payer en yuans, l’Arabie Saoudite risque de perdre la protection militaire américaine. Les Chinois ont conscience du dilemme épineux dans lequel ils mettent le pays et ont pour cela d’autres atouts dans leurs manches : une autorisation d’émission de bons en yuans par l’Arabie Saoudite, la création d’un fond d’investissement saoudo-chinois, ou encore acquisition d’une partie des 5% de la Saudi Aramco (compagnie nationale saoudienne d’hydrocarbures) qui doivent bientôt être introduits en bourse sur les marchés internationaux [11].
Basculera ? Basculera pas ? C’est le dossier iranien, et donc l’appareil militaire de l’Arabie Saoudite, qui peut bloquer l’évolution via une guerre Iran-Arabie Saoudite. Mais là encore, le choix de Ben Salman comme prince héritier peut jouer en faveur de la bascule. Ben Salman est en effet un acteur majeur de la campagne militaire au Yemen et, à ce titre, il est proche de l’appareil militaire de son pays dont il a probablement la confiance.
Autre argument en faveur d’un retournement de l’Arabie Saoudite : la région. Nous avons vu que le Qatar avait déjà pris parti. Le Koweït et le Sultanat d’Oman, fidèles aux principes d’une politique étrangère neutre tournée vers la médiation (notamment dans le conflit autour du Yémen [12]), ont refusé de prendre position et de fait se retrouvent plutôt dans le camp d’en face – la proximité historique du Koweït et de la Russie étant bien connue et le Sultanat d’Oman devenant à sa plus grande joie le hub aérien des Qataris en lieu et place de Dubaï [13]. La Turquie, comme nos lecteurs l’ont su avant tout le monde, est « passée à l’Est ». Et même parmi les 4 boycotteurs – Arabie Saoudite, Bahreïn, Egypte, Emirats Arabes Unis – l’un des sept émirats de l’EAU, l’Emirat de Sharjah, prévoit déjà de lancer des bons en yuans et devenir ainsi le premier émetteur du Marché des Bons Interbancaires Chinois du Moyen-Orient [14]. Déclencher une guerre contre l’Iran comme préalable à l’exécution du plan Vision 2030 [15] dont le Prince Ben Salman est à l’origine et qui positionne l’Arabie Saoudite en puissance régionale, ne serait donc pas un très bon point de départ.
Enfin, l’opinion publique internationale ne sera pas facilement acquise au soutien de l’Arabie Saoudite dans un conflit direct entre cette dernière et l’Iran. Sa réaction au boycott du Qatar en fournit un indice précurseur clair.
Notre équipe ne voit pas vraiment comment la péninsule arabique pourrait résister à de telles sirènes.

Les armées du Dieu-Dollar à la rescousse du système d’endettement-financement US

L’avènement du pétroyuan, c’est bien évidemment la fin du dollar comme pilier du système monétaire international et donc la fin de l’incontournabilité du dollar, une monnaie nationale que les aléas de l’Histoire ont amenée à supporter l’économie mondiale, aujourd’hui trop lourde pour elle.
Dès lors qu’il n’y a plus obligation à passer par le dollar US dans les transactions internationales, la perception de la valeur de la devise américaine va changer radicalement, pour se porter davantage sur la réalité de la solidité de l’économie US, de sa production, de ses exportations… autant d’indicateurs actuellement dans le rouge.

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/09/img4-95b3e-fb6af.jpg

Balance commerciale US (août 2016 – juillet 2017)
Source : US Census Bureau, 2017
Certes, le dollar ne va pas disparaître à la fin de l’année. Mais tout est affaire de tendance. Or plusieurs gros pays vont se ruer sur les pétroYuans : Russie, Iran, Venezuela pour commencer, en plus de la Chine bien sûr. Mécaniquement, le dollar va perdre de la valeur et enclencher une fuite hors d’un dollar que tout le monde sait appuyé sur des fondamentaux faibles. Le retour probablement massif des dollars vers les Etats-Unis va provoquer de l’inflation [16]. Et nous entrons là dans le territoire miné du débat sur les vertus et/ou des dangers de l’inflation sur la dette US, débat dans lequel cet article n’a pas vocation à entrer mais dont l’existence permet tout de même d’entrevoir le fait que certains morceaux du système de gouvernance étasunienne (à commencer par l’actuel président) peuvent être en faveur d’une baisse du dollar.
En très résumé, il y a les tenants de la perpétuation du système d’endettement qui permet de continuer à se financer même si on n’en a plus les moyens (dont l’armée, sous perfusion de deniers publics, fait probablement partie) et ceux qui privilégient la réduction du poids de la dette (économie réelle). Si l’inflation est un moyen de réduire la dette ce qui satisfait les seconds, elle discrédite en même temps le mécanisme d’endettement ce qui ne sied pas aux premiers.

La supériorité de l’armement US en question

Le secteur disproportionné appuyé sur le système d’endettement permis par l’incontournabilité du dollar, c’est bien sûr l’armée des Etats-Unis et tous ses avatars de par le monde, à commercer par l’OTAN mais aussi les systèmes de défense au Japon, en Corée du Nord, en Arabie Saoudite, etc…
Cet appareil militaro-industriel est aussi un business qui rapporte énormément d’argent aux Etats-Unis. Mais ce business, comme tous les autres, subit de plein fouet la concurrence des nouvelles puissances (Russie, Chine, Inde, etc…). Si le pays n’a plus les moyens d’investir dans son absolue supériorité technologique, les concurrents sont nombreux pour récupérer les parts de marché. Or la course à la supériorité technologique dans ce domaine est bien entamée et les concurrents sont dans un mouchoir de poche désormais [17].
Notre équipe estime qu’il est temps de questionner les discours d’absolue supériorité du système militaire américain, discours bien trop sonores pour ne pas évoquer des effets de communication. Si nous sommes bien entendu dans l’impossibilité d’affirmer quoi que ce soit dans ce domaine, nous pensons qu’il est utile aujourd’hui de questionner ce prédicat car ce questionnement fournit des pistes de compréhension du monde assez pertinente. Voici quelques indices qui justifient ce questionnement…
Notes
[1] Source : Nikkei Asian Review, 01/09/2017
[2Source : BBC, 08/05/2012
[3] Source : Financial Times, 01/06/2015
[4] En 2015, l’Angola a adopté le Yuan comme seconde devise officielle du pays… et sa première devise, le Kwanza, est acceptée par la Chine comme devise de paiement. Source : MacauHub, 05/08/2015
[5] Le Nigéria a ouvert ses réserves de change au Yuan dès 2011. Source : CSMonitor, 06/09/2011
[6] Source : Reuters, 26/04/2017
[7] Source : The Independent, 24/08/2017
[8] Source : South China Morning Post, 04/09/2017
[9] Le Roi Salman a 81 ans et serait en mauvaise santé.
[10] Source : Sputnik, 21/06/20017
[11] Source : Nikkei Asian Review, 01/09/2017
[12] Source : AlMonitor, 14/11/2012
[13] Source : ArabianIndustry, 13/06/2017
[14] Source : Reuters, 31/08/2017
[15] Source : Les Echos, 21/06/2017
[16] Depuis août 2016, l’inflation US a considérablement augmenté, passant de 1 à 2,7 en février dernier ( !) pour rebaisser à 1,6 en juin et remonter depuis (1,9 en août). Source : USInflation Calculator, 14/09/2017
[17] Depuis longtemps, DeDefensa tente d’attirer l’attention du public sur cette évolution avec des articles très documentés sur les échec du F-35, sur le limites de la domination aérienne US, etc… Source : DeDefensa, 16/09/2015. Lire également à ce sujet l’article « L’Armée US est en mauvais état ». Source : NationalInterest, 14/02/2017
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Sujet / Message La Chine envisage un nouvel ordre mondial

le Mer 20 Sep - 15:16
La Chine envisage un nouvel ordre mondial s’appuyant sur un marché du pétrole soutenu par l’or

                  20 septembre 2017



DENPASAR, Indonésie – La Chine devrait prochainement lancer un contrat à terme sur le pétrole brut, évalué en yuan et convertible en or, une initiative que les analystes présentent comme pouvant transformer ce secteur.
Ce marché pourrait devenir le prix de référence du pétrole brut le plus important en Asie, étant donné que la Chine est le plus grand importateur de pétrole au monde. Le pétrole brut a généralement un prix basé sur les contrats à terme intermédiaires du Brent ou du West Texas, tous deux libellés en dollars américains.
Cette initiative chinoise permettra aux exportateurs comme la Russie et l’Iran de contourner les sanctions américaines en commerçant en yuan. Pour mieux favoriser ce commerce, la Chine déclare que le yuan sera entièrement convertible en or sur les marchés des changes de Shanghai et de Hong Kong.
image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/09/20170831ChinaOilImportPie_middle_320.png
« Les règles du jeu mondial concernant le pétrole pourraient commencer à changer énormément », a déclaré Luke Gromen, fondateur d’une société de recherche en macroéconomie basée aux États-Unis, la  FFTT.

Le Shanghai International Energy Exchange a commencé à former les utilisateurs potentiels et est en train d’effectuer un grand nombre de tests à la suite de sa mise en place qui s’est faite en juin et juillet. Ce sera le premier marché chinois de contrats à terme sur les matières premières ouvert aux fonds de pension, sociétés commerciales et sociétés pétrolières étrangères.
La plupart des importations de brut en Chine, en moyenne environ 7,6 millions de barils par jour en 2016, est achetée par des contrats à long terme entre les principales compagnies pétrolières chinoises et les compagnies pétrolières étrangères. Des transactions se déroulent également entre les grandes compagnies chinoises et les raffineurs chinois indépendants, et entre les grandes compagnies étrangères et les entreprises de trading internationales.
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Alan Bannister, directeur pour l’Asie de S & P Global Platts, un fournisseur d’informations sur l’énergie, a déclaré que la participation active des raffineurs indépendants chinois au cours des dernières années « a créé un marché de participants domestiques plus diversifié, créant un environnement dans lequel un tel marché est plus susceptible de réussir ».
La Chine veut depuis longtemps réduire la domination du dollar américain sur les marchés des matières premières. Les contrats à terme sur l’or, libellés en yuan, sont négociés au marché du Shanghai Gold Exchange depuis avril 2016, et cette place boursière envisage de lancer ce produit à Budapest, plus tard dans l’année.
Des contrats en yuan sur l’or ont également été lancés à Hong Kong en juillet, après deux tentatives antérieures infructueuses, car la Chine cherche à internationaliser sa monnaie. Ces contrats ont été modérément couronnés de succès.
L’existence de contrats à terme en yuan sur le pétrole et l’or signifie que les utilisateurs auront l’option d’être payés en or physique, déclare Alasdair Macleod, responsable de la recherche chez Goldmoney, une société de services financiers basée sur l’or de Toronto. « C’est un mécanisme susceptible d’attirer les producteurs de pétrole qui préfèrent éviter d’utiliser des dollars mais qui n’étaient pas prêts à accepter des paiement en yuans pour la vente de pétrole à la Chine ».
Ces contrats sur l’or libellés en yuan auront des implications importantes, en particulier pour des pays comme la Russie et l’Iran, le Qatar et le Venezuela, a déclaré Louis-Vincent Gave, directeur général de Gavekal Research, une société de recherche financière basée à Hong Kong.
Ces pays seraient moins vulnérables à l’utilisation du dollar comme « arme économique » par Washington quand ils subissent la politique étrangère des États-Unis, a-t-il déclaré : « En créant un marché de l’or réglé en renminbi [un nom alternatif pour le yuan], la Russie peut maintenant vendre du pétrole à la Chine contre du renminbi, puis utiliser l’excédent de monnaie qu’elle gagne pour acheter de l’or à Hong Kong. En conséquence, la Russie n’a pas besoin d’acheter des actifs chinois ou de l’échanger en dollars. »
Grant Williams, un conseiller de Vulpes Investment Management, un sponsor de hedge funds basé à Singapour, a déclaré qu’il s’attendait à ce que la plupart des producteurs de pétrole se réjouissent d’échanger leurs réserves de pétrole contre de l’or. « C’est un moyen de transformer le liquide noir en métal jaune. C’est un mouvement stratégique que d’échanger du pétrole pour de l’or, plutôt que pour des bons du Trésor des États-Unis, qui peuvent être imprimés sans garantie », nous dit-il.
Parts de marché
La Chine a indiqué aux producteurs que ceux qui sont heureux de lui vendre en yuans bénéficieront de plus d’opportunités commerciales. Les producteurs qui ne vendront pas en yuan à la Chine perdront leur part de marché.
L’Arabie Saoudite, un allié américain, en est un exemple. La Chine lui  a proposé de lui payer son pétrole en yuan, fin juillet, selon les médias chinois. Nous ne savons pas encore si l’Arabie Saoudite va céder à son plus grand client, mais Pékin a déjà réduit la part de l’Arabie Saoudite dans ses importations totales, qui est passée de 25% en 2008 à 15% en 2016.
Les importations chinoises de pétrole ont augmenté de 13,8% en glissement annuel au premier semestre de 2017, mais les approvisionnements venant d’Arabie Saoudite ont progressé de 1% en glissement annuel. Dans le même délai, les envois de pétrole russes ont bondi de 11%, faisant de la Russie le premier fournisseur de pétrole à la Chine. L’Angola, qui a fait du yuan sa deuxième monnaie légale en 2015, a dépassé l’Arabie Saoudite avec une augmentation de 22% des exportations de pétrole vers la Chine au cours de la même période.
Si l’Arabie Saoudite accepte les yuans pour payer le pétrole, déclare Gave, « Washington aura du mal à l’avaler et le Trésor américain verra cela comme une menace pour l’hégémonie du dollar (…) et il est peu probable que les États-Unis continueront à approuver les ventes d’armes modernes à l’Arabie Saoudite et la protection intégrée de la Maison des Saoud [la famille dirigeante du royaume] qui les accompagne. »
L’alternative pour l’Arabie Saoudite est aussi peu appétissante. « Le fait d’être expulsé du marché chinois voudra dire être obligé de déverser des stocks de pétrole excédentaires sur la scène mondiale, assurant ainsi un faible prix qui continue pour le pétrole », nous fait remarquer Gave.
Mais le royaume trouve d’autres façons de rester en contact avec la Chine. Le 24 août, le ministre saoudien de l’Économie et de la Planification, Mohammed al-Tuwaijri, a déclaré à Jeddah que le gouvernement envisageait la possibilité d’émettre des bons du trésor libellés en yuan. L’Arabie Saoudite et la Chine ont également convenu d’établir un fonds commun d’investissement de 20 milliards de dollars.
En outre, les deux pays pourraient cimenter leur relation si la Chine devait investir dans l’offre publique initiale prévue de 5% des parts dans Saudi Aramco, la compagnie pétrolière nationale de l’Arabie Saoudite. Cette vente devrait être la plus grande jamais faite, même si les détails sur le lieu d’inscription et l’évaluation sont encore insuffisants.
Si la Chine devait investir dans Saudi Aramco, le prix du pétrole saoudien pourrait passer du dollar américain au yuan, remarque Macleod. Sur le plan crucial, « si la Chine peut se lier Aramco, avec la Russie, l’Iran et autres, ils auront une influence sur près de 40% de la production mondiale et pourront progresser dans leur désir de virer le dollar pour le remplacer par le yuan », nous dit-il.
La Chine s’efforce également d’établir d’autres marchés de référence, sur le gaz et le cuivre, car Pékin cherche à transformer le yuan en la monnaie commerciale naturelle pour l’Asie et les marchés émergents.
image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/09/20170911_gold_yuan2_mag_large_580.jpg


Les contrats à terme en Yuan devraient attirer les intérêts des investisseurs et des fonds, tandis que les majors pétroliers étatiques, tels que PetroChina et China Petroleum & Chemical (Sinopec), fourniront des liquidités pour assurer le commerce. Les entités enregistrées localement de JPMorgan, une banque étasunienne, et UBS, une banque suisse, sont parmi les premières à obtenir l’approbation pour négocier le contrat. Mais il est entendu que le marché sera également ouvert aux investisseurs particuliers.
Damon Evans
Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone.
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Sujet / Message La Russie a besoin d’une nouvelle stratégie en Afrique

le Sam 30 Sep - 21:19
La visite du président guinéen à Moscou a été l’occasion, pour Vladimir Poutine, de rappeler que la Russie avait annulé 20 milliards de dollars de dettes des pays d’Afrique.
Contrairement aux abus répandus dans les relations du continent avec certains de ses partenaires, les relations avec l’Afrique sont mutuellement bénéfiques pour la Russie, et présentent de bonnes perspectives pour l’avenir. Selon le quotidien Vzgliad.

A l’âge de 79 ans, Alpha Condé dirige la Guinée depuis plus de 7 ans mais il a vécu la majeure partie de sa vie en France. Son pays a fait partie des premiers à obtenir leur indépendance en Afrique noire, et fêtera son 60e anniversaire l’an prochain. En Guinée, tout comme dans la plupart des pays du continent, les socialistes sont restés au pouvoir jusqu’au début des années 1990. Ils ne s’orientaient pas uniquement sur l’URSS, maintenant un équilibre entre l’ouest et l’est, entre l’Europe, les USA, l’URSS et la Chine.
Le pouvoir a changé en Guinée dans les années 1990, et à cette époque la plupart des pays d’Afrique ont formellement renoncé à l’«orientation socialiste», même si les mêmes partis et les mêmes têtes étaient restées au pouvoir. Ainsi, le président angolais Santos se souvient encore de Leonid Brejnev. Et indépendamment de celui qui se trouve au pouvoir dans tel ou tel pays africain, pratiquement chacun d’eux souhaite que la Russie revienne en Afrique — car avant le début des années 1990 elle était un acteur majeur sur ce continent.
Aujourd’hui l’Union africaine, qui regroupe tous les pays du continent, suit de très près les démarches entreprises par la Russie. Moscou reviendrait-il en Afrique?
Oui et non. Le fait est que sur les 55 pays de l’Union africaine, six font partie de l’Afrique du Nord: l’Égypte, la Libye, l’Algérie, le Maroc, la Tunisie et le Soudan. Ce n’est pas vraiment l’Afrique au sens géopolitique, plutôt une partie du monde arabe — et c’est avec ces États que la Russie entretient les relations les plus développées, caractérisées par un commerce important (les trois quarts des échanges totaux avec l’Union africaine), de nombreux touristes et des voyages périodiques de responsables russes — par exemple, Vladimir Poutine s’est rendu en visite dans quatre de ces six pays d’Afrique du Nord (excepté la Tunisie et le Soudan).
Alors que l’Afrique subsaharienne, réunissant 49 des 55 États de l’Union africaine, est une tout autre histoire. Les relations étaient très proches à l’époque soviétique mais aujourd’hui la Russie entreprend seulement des tentatives de les relancer. Or il faut agir dans les conditions d’une concurrence accrue.

L’Afrique noire est le continent le plus prometteur du XXIe siècle parce qu’elle est peu exploitée, contient d’immenses ressources naturelles et possède la main d’œuvre la moins chère du monde. Les principaux acteurs se battent entre eux pour elle: l’Europe, les USA, la Chine, l’Inde, le Japon, le monde arabe. Même la Corée du Sud, le Brésil et la Turquie ont leur propre stratégie africaine. Qu’en est-il de la Russie?
Moscou mise sur l’Afrique du Sud. Ce pays n’est pas seulement le plus puissant du continent sur le plan économique: c’est également son représentant informel sur la scène internationale. L’Afrique du Sud fait partie des BRICS, autrement dit le club informel sino-indo-russe où elle représente l’Afrique, tout comme le Brésil représente l’Amérique du Sud. L’Afrique du Sud est probablement le seul pays d’Afrique noire avec lequel la Russie réalise non seulement des projets économiques conjoints, mais entretient également une coopération politique au niveau des chefs d’État. Les présidents des deux pays se rencontrent chaque année aux forums des BRICS, Valdimir Poutine s’est rendu deux fois en visite en Afrique du Sud — et c’est le seul pays d’Afrique noire qu’il a visité.
En effet, Dmitri Medvedev, à l’époque président, s’est rendu en Afrique du Sud mais aussi au Nigeria, en Angola et en Namibie. Mais ce voyage date de huit ans et il est resté l’unique voyage du chef de l’État russe en Afrique au sud du Sahara. En même temps, c’est justement à cause des positions affaiblies de la Russie dans cette région du monde qu’il faut utiliser le format des relations personnelles entre les premiers dirigeants.
Il ne s’agit pas seulement du fait qu’en Afrique, tout est relié aux chefs d’État. Simplement, la puissance de l’influence occidentale à travers différentes compagnies et un système intégré de formation des cadres (ce que font la France, le Royaume-Uni et les USA) ne pourront être compensés que par un travail de Moscou dans ce même sens. Certes, la Russie ne dispose pas d’autant d’argent que les USA ou la Chine, mais elle a des relations aussi bien au niveau des responsables qui ont fait leurs études en URSS, qu’en hommage à l’aide que l’Union Soviétique a apporté aux pays d’Afrique à l’époque.

Sachant que cette aide était très diversifiée — de l’exploration géologique aux armes, du soutien sur la scène internationale à la construction d’écoles, de la formation des cadres aux projets d’infrastructure. Aujourd’hui la concurrence est énorme pour l’attention des Africains. A tel point que les Sud-Coréens se battent pour ce marché avec les Japonais alors que les Chinois investissent d’importantes sommes d’argent sur le continent.
Mais tous les autres pays en concurrence sur le continent noir n’ont pas l’avantage de la Russie: une très bonne réputation. Bien que certains pays en veuillent à Moscou d’avoir disparu dans les années 1990, aujourd’hui tout le monde est conscient de son retour. De nombreuses compagnies russes — Rousal, Rosneft, Gazprom, Renova — travaillent en Afrique. L’agence Rosvooroujenie fournit des armes, Rosatom et les Chemins de fer russes réalisent des projets prometteurs sur le continent. Mais il n’existe aucun programme global, aucune stratégie africaine.
Sachant que dans l’entourage proche de Poutine on compte au moins deux « africanistes »: Sergueï Ivanov a travaillé au Kenya, Igor Setchine au Mozambique et en Angola. Mais ils ont également d’autres affaires, et l’Afrique ne fait pas partie des priorités. La Russie a besoin depuis longtemps d’un représentant spécial du président pour l’Afrique. Poutine doit effectuer des visites dans les principaux pays (après lesquelles la bureaucratie nationale bougera).
Il faut organiser des sommets réguliers Russie-Union africaine, comme ceux organisés non seulement par la France et la Chine, mais également par la Turquie.
Les intérêts russes en Afrique sont vastes: le profit d’un accès aux matières premières locales et au marché intérieur grandissant est indéniable.
La Russie dispose de toutes les capacités nécessaires pour revenir en Afrique — intellectuelles, humaines, économiques et historiques. Il faut simplement apporter à ce mouvement un caractère organisé et stratégique. Pour que les actions de tous les acteurs russes en Afrique soient coordonnées et soumises aux tâches nationales concrètes, aux intérêts de la Russie.
Vzgliad
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Sujet / Message La Chine dispose de 12 100 tonnes de réserves d’or prouvées

le Mer 4 Oct - 11:35
« Officiel ! La Chine dispose de 12 100 tonnes de réserves d’or prouvées »

                 04 octobre 2017



Il y a actuellement de très nombreuses rumeurs et d’immenses fantasmes qui se déversent sous forme d’articles plus ou moins alarmistes concernant la fin du dollar américain, sur fond de mise en place du pétro-yuan convertible en or.
En effet, la Chine, désormais, achèterait son pétrole en or… Nous y reviendrons car ce sujet est évidemment très important, mais en substance, sachez raison garder. Non le dollar ne s’effondrera pas, pas plus aujourd’hui, qu’hier ou demain.
On nous annonce la fin du dollar américain tous les 3 mois, pour dans 2 mois ! Et attention, si vous ne faites pas telle ou telle chose, vous allez tous mourir emportés dans l’immense explosion du roi dollar… Sauf que l’on ne voit rien venir.
Pourtant, je ne suis pas le dernier à alerter à longueur d’article sur les immenses risques qui pèsent sur nous ; pourtant, s’il est un risque qui, pour moi, n’en est pas un, c’est bien celui de l’effondrement du dollar.
Le dollar est infiniment plus solide que l’euro, même si là encore, vous savez tout le bien que je pense des monnaies fiduciaires… Je leur préfère l’or bien évidemment.
Le dollar donc ne s’effondrera pas sous les tous petits coups de butoir du pétro-yuan doré… fut-il convertible, et je vous expliquerai longuement pourquoi et ce qu’il se trame derrière.
En attendant, cela ne retire rien à la puissance « métallique » de la Chine, dont les réserves d’or pour sa banque centrale sont très largement en hausse ainsi que ses réserves d’or minières, dont les quantités « prouvées » font de la Chine un géant de l’or.
C’est l’agence de presse officielle Xinhua qui revient sur les derniers chiffres
BEIJING, 2 octobre (Xinhua) — Les réserves d’or prouvées de la Chine ont atteint 12 100 tonnes à la fin 2016, faisant d’elle le deuxième plus grand détenteur d’or au monde, après l’Afrique du Sud.
Zhang Yongtao, vice-président de l’Association d’or de la Chine, a révélé ce chiffre lors d’une conférence de presse.
L’année dernière, le total des transactions d’or sur le marché chinois s’est élevé à 70 000 tonnes, a précisé M. Zhang, qui a prévu un volume dépassant les 100 000 tonnes d’ici 2020.
La Chine est le plus grand producteur d’or au monde depuis dix ans et le plus grand consommateur d’or de ces quatre dernières années. Elle vise à augmenter sa production annuelle d’or à 500 tonnes d’ici 2020, contre 450 tonnes actuelles.
Au premier semestre de l’année, un total de 207 tonnes d’or a été produit, en baisse de 9,8 % en glissement annuel, selon l’administration.
Cependant, la consommation d’or a progressé d’environ 10 % sur un an pour atteindre 545 tonnes sur la même période, avec une hausse de plus de 50 % de la demande en lingots d’or.
Attention aux chiffres ! Attention aux fausses paniques !!
Quand on vous parle de 70 000 tonnes ou de volumes de transactions de 100 000 tonnes, c’est l’ensemble de toutes les transactions réalisées sur le marché chinois de l’or : on y additionne donc les achats et les ventes, ce qui fait que les volumes sont très importants. On compte les « échanges », il ne s’agit pas de 100 000 tonnes, la même tonne changeant ainsi de mains plusieurs fois dans l’année.
Il n’en reste pas moins qu’en l’espace de quelques années, le marché chinois est devenu incontournable. Majeur même, concurrençant directement la place traditionnelle de Londres pour le négoce des métaux précieux.
Alors oui, la Chine a un impact important sur le marché de l’or, en partie parce que la Chine n’exporte pas sa production aurifère et importe de l’or du monde entier pour assouvir son appétit, mais toujours en prenant garde de ne pas peser sur les cours à la hausse.
D’ailleurs, pensez-vous que l’or baisserait légèrement comme il le fait actuellement si cette histoire de pétro-yuan convertible en or était de nature à augmenter significativement la demande globale d’or ?
Au prochain épisode, je vous expliquerai pourquoi donc cette histoire de yuan convertible en or pour acheter le pétrole est à la fois passionnante, géopolitiquement très importante, mais que cela n’aura, à court ou moyen terme, aucune influence sur les cours de l’or !
Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !
Charles SANNAT
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Sujet / Message Saudi Aramco

le Mer 1 Nov - 21:13

À propos de « Saudi Aramco ».



L’intrigue dans le triangle Pékin – Riyad – Washington prend un tournant très inquiétant qui peut aboutir à la guerre. C’est pourquoi le roi saoudien s’est rendu à Moscou début octobre.
Par Valentin KATASSONOV
 « Saudi Aramco » est une compagnie pétrolière créée en 1933 suite à un accord de concession entre le gouvernement saoudien et la société américaine « Standard Oil of California ».  Son nom d’origine est « California-Arabian Standard Oil Company ». Depuis 1944, l’entreprise s’appelle « Arabian American Oil Company ».
En 1950, le roi Abdul Aziz ibn Saoud a menacé de nationaliser le secteur pétrolier dans le pays, forçant le partenaire américain à accepter la répartition des bénéfices à hauteur de 50/50. Le siège de la compagnie a été déplacé de New York en Arabie Saoudite (Dhahran).
En 1973, après le soutien américain à Israël pendant la guerre du Kippour, le gouvernement saoudien a acquis une participation de 25% dans la société et en 1974, sa part s’élevait à 60%.
Finalement, en 1980, l’entreprise est devenue la propriété du gouvernement saoudien à 100%.
En novembre 1988, la compagnie a reçu un nouveau nom – « Saudi Arabian Oil Company » (ou « Saudi Aramco »). C’est la plus importante entreprise en Arabie Saoudite, la base même de l’ensemble de son économie ainsi que de son système financier.
Jusqu’à récemment, 90% de bénéfices de l’entreprise étaient reversés au budget de l’Etat.
 « Saudi Aramco » n’est pas une société publique, elle n’a pas d’actions négociées sur le marché et ne publie pas de bilans financiers. Cela rend l’évaluation de l’entreprise un peu difficile, mais personne ne doute que « Saudi Aramco » est la compagnie pétrolière la plus importante au monde. Elle possède plus de 100 gisements de pétrole et de gaz en Arabie Saoudite avec des réserves d’au moins 264 milliards de barils de pétrole, ce qui représente environ un quart de réserves mondiales de cette matière première. Il n’y a pas de données exactes et exhaustives quant aux volumes globaux de pétrole extrait, il y a des données seulement pour ces dernières années. Ainsi, en 2013, « Saudi Aramco » a produit 3,4 milliards de barils de pétrole brut. La production annuelle de pétrole et de gaz de la société saoudienne est, selon les experts, deux fois plus importante que celle de la plus grande entreprise américaine « Exxon Mobil ».
Il est à noter que « Saudi Aramco » n’apparaît jamais dans les classements des plus grands producteurs de pétrole du monde car elle ne publie pas ses indicateurs financiers tels que le bénéfice, le chiffre d’affaires, les actifs et la capitalisation boursière. Par conséquent, les premières lignes dans la notation sont détenues par les entreprises américaines « ExxonMobil » et « Chevron », les chinoises « Sinopec » et « PetroChina », l’anglo-hollandaise « Royal Dutch Shell », la britannique « BP » et la française « Total ». Cependant, tout le monde sait parfaitement que ces leaders du secteur pétrolier mondial sont des nains à côté de « Saudi Aramco ». Car cette dernière a des succursales et des filiales en Chine, au Japon, aux Philippines, en République de Corée, à Singapour, aux Émirats Arabes Unis, aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Et elle a une flotte impressionnante de superpétroliers.
C’est pourquoi, lorsqu’en 2016 « Saudi Aramco «  a annoncé son intention de privatiser la société par le biais d’IPO (Initial Public Offering, ce qui veut dire l’introduction en bourse), cette nouvelle a fait l’effet d’une bombe sur les marchés financiers.
Un certain nombre de représentants officiels du gouvernement de l’Arabie Saoudite affirment que le produit de la privatisation de « Saudi Aramco » sera utilisé principalement pour le développement de l’entreprise elle-même. Aujourd’hui, la société est principalement engagée dans l’extraction et l’exportation du pétrole brut, mais il est nécessaire de transformer « Saudi Aramco » en une entreprise polyvalente qui prévoit un traitement en profondeur des hydrocarbures; les bénéfices serviront à créer des installations pour le traitement des produits pétroliers et un large éventail de produits pétrochimiques.
Une autre explication des raisons de cette privatisation : l’argent de la vente partielle de « Saudi Aramco » constituera le fond souverain national. Il est envisagé de créer le plus grand fond souverain du monde d’un montant de 2 trillions de dollars afin de financer un vaste programme de diversification de l’économie saoudienne. Car ce n’est un secret pour personne que le pays devra se préparer à dire adieu à  l ‘«âge pétrolier» ainsi qu’à s’éloigner de sa mono-spécialisation qu’est le domaine pétrolier.
En effet, en Arabie Saoudite, un travail intense est en cours pour créer un tel programme. Récemment, à Riyad, s’est tenue la première conférence «Initiative pour investissements de demain» au cours de laquelle les représentants de l’Arabie Saoudite ont annoncé certaines mesures pour la future restructuration de leur économie. La diversification s’effectuera non seulement grâce à la réorganisation structurelle de l’économie du pays, mais aussi grâce à l’acquisition par l’Arabie Saoudite des actifs à l’étranger.
Pour effectuer cette vente, « Saudi Aramco » prévoit de se séparer de ses actions représentant environ 5% du capital de la société. Pour comprendre ce que ces 5% représentent en réalité, nous avons besoin d’une estimation quant à l’éventuelle valeur marchande de l’entreprise. Presque immédiatement après l’annonce de cette vente (c’était en janvier 2016), une somme sensationnelle a été annoncée par les médias à partir des déclarations d’un analyste indépendant en matière de pétrole Mohammed al-Sabban qui a travaillé comme conseiller principal auprès du Ministère saoudien du Pétrole. Il a estimé la société à 10 000 000 000 000 (dix trillions) de dollars américains. À titre de comparaison, notons que la capitalisation de la plus grande compagnie pétrolière américaine « ExxonMobil » en 2016 dépassait à peine 350 milliards de dollars.
Plus tard cependant, ce chiffre sensationnel a commencé à fondre comme la neige au soleil. Des chiffres plus raisonnables ont commencé à apparaître, le plus souvent 2 trillions de dollars. Cela signifie que l’Arabie Saoudite sera en mesure de gagner de la vente de 5% de sa société un montant égal à environ 100 milliards de dollars. Le principal atout de la société n’est même pas le volume actuel record de la production de pétrole, mais toutes ces réserves d’hydrocarbures qui se trouvent à sa disposition. Aucun des concurrents mondiaux de cette compagnie pétrolière ne peut rêver de l’égaler ne serait-ce qu’un peu.
Actuellement, Riyad met à jour les données portant sur les réserves d’hydrocarbures dans les champs détenus par « Saudi Aramco ». Les rapports financiers sont soigneusement préparés dans les formats nécessaires à la vente. Une restructuration de l’entreprise en vue de l’optimisation de sa gestion est en marche. Enfin, on a procédé à la réduction de l’impôt sur les bénéfices de l’entreprise. Traditionnellement, le taux d’imposition était de 90%. Cette année, il est fixé à 50%, ce qui correspond à peu près au niveau d’imposition des principales compagnies pétrolières occidentales. Réduire le taux d’imposition augmente les dividendes et rend l’entreprise plus attrayante en matière d’investissement.
Le gouvernement de l’Arabie Saoudite a négocié avec les bourses potentielles dans lesquelles les actions de « Saudi Aramco » pourraient être émises. Les principaux prétendants étaient considérés comme les bourses de New York et de Londres. Entre eux il y a même eu une querelle pour le droit de mener cette opération. Riyad a commencé à jouer assez habilement sur cette compétition négociant sur les frais de commission pour le placement.
Cependant, depuis le début de cette année, les évaluations du marché de « Saudi Aramco » ont chuté de façon tout à fait inattendue. On a commencé à apercevoir des estimations de l’ordre de 1,5 trillions de dollars, puis de 1 trillion. La société de conseil « Wood Mackenzie » a même estimé « Saudi Aramco » à 400 milliards de dollars ce qui l’a rapprochée de l’américaine « ExxonMobil ». Tout à coup, les conseillers occidentaux se sont mis à parler d’un « discount » : puisque la société appartient à l’état et l’émetteur des papiers boursiers est un état, ils doivent par conséquent être vendus au rabais. Cela est principalement dû à la crainte que l’état qui maintient aujourd’hui le taux d’imposition à hauteur de 50% puisse subitement changer d’avis et retourner à 90% comme c’était le cas dans le passé.
En outre, il y a une crainte que le prix du pétrole dans les années à venir sera bas, et « Saudi Aramco » ne sera pas en mesure de faire de gros bénéfices. Cependant, tout cela n’explique pas la raison pour laquelle les évaluations de l’entreprise saoudienne ont si durement chuté en un an.
Les experts considèrent que la raison à cela est la pression que Washington exerce sur Riyad. La réaction de Washington est, à son tour, le résultat des pressions exercées sur Riyad par la Chine qui veut régler le pétrole acheté à  « Saudi Aramco » en yuans et non en dollars.
À ce jour, la Chine est devenue le premier importateur mondial de pétrole, ce qui place les États-Unis au deuxième rang. Dans le même temps, la Chine est le principal acheteur du pétrole saoudien, et il ne veut plus régler l’or noir avec la monnaie américaine. Un certain nombre d’exportateurs de pétrole vers la Chine ont déjà effectué des paiements partiels ou totaux en RMB. Ce sont, tout d’abord, le Nigeria et l’Iran. Récemment, la Russie a également commencé à fournir du pétrole à la Chine en yuans (pour le moment, cette part est assez insignifiante).
Se trouvant en position de dépendance par rapport aux Etats-Unis, l’Arabie Saoudite a jusqu’ici refusé les paiements en yuans. D’autre part, ce refus lui coûte cher car la Chine commence à remplacer progressivement  le fournisseur saoudien par d’autres. Jusqu’à récemment, les Saoudiens occupaient la première place dans l’approvisionnement en pétrole de la Chine, maintenant ils ont été devancés par la Russie. Si cela continue, « Saudi Aramco » pourrait perdre complètement le marché chinois.
Riyad se trouve ainsi entre le marteau et l’enclume. Il est difficile d’imaginer la violence de la réaction américaine si l’Arabie Saoudite se met à vendre ne serait-ce qu’un seul baril de pétrole en yuans. Ce sera le défi direct au pétrodollar qui est né justement en Arabie Saoudite dans les années 1970 après les négociations entre Henry Kissinger et le roi Faisal.
Washington a sévèrement mis en garde l’Arabie Saoudite afin qu’elle s’abstienne de cette démarche inconsidérée à savoir remplacer le dollar par le yuan dans le commerce avec la Chine. Car cela pourrait entraîner d’autres transactions « dissidentes » : en  roubles, en roupies, en rials, etc…
A propos : cette année, Pékin commence à négocier sur ses marchés de matières premières en RMB, et affirme que ce commerce ira croissant.
Dans l’entourage du président américain, il y a déjà des suggestions significatives de bloquer le placement des actions « Saudi Aramco » à la bourse de New York. En outre, il y a des signes trop évidents qui démontrent l’existence des attaques organisées afin de faire chuter  la valeur des actions de la compagnie pétrolière saoudienne. Dans ces conditions, Riyad a reporté l’entrée en bourse de ses actions sine dia.
Cependant, la situation ne se résoudra pas d’elle-même, l’Arabie Saoudite sera bien obligée de choisir entre le dollar et le yuan.
En augmentant la pression sur Riyad, Pékin a proposé aux Saoudiens de directement racheter les 5% de « Saudi Aramco » afin d’éviter de longues procédures habituelles de placement des actions sur les marchés boursiers occidentaux. Pékin se dit prêt à payer un prix « juste », en l’occurrence environ 100 milliards de dollars. Les autorités chinoises ont déjà annoncé la formation d’un Consortium comprenant des entreprises énergétiques et financières ainsi que le fond souverain chinois, afin d’acheter ce « morceau » de la société saoudienne. Ce consortium, tel que rapporté par les médias chinois, est prêt à devenir l’investisseur-pivot de « Saudi Aramco ».
La victoire de Pékin dans ce jeu d’échecs avec Washington neutralise la menace américaine de perturber la vente de « Saudi Aramco » et pousse en même temps Riyad à prendre la décision en faveur du yuan.
L’intrigue dans le triangle Pékin – Riyad – Washington prend ainsi un tournant très inquiétant qui peut aboutir à la guerre. C’est pourquoi le roi saoudien s’est rendu à Moscou début octobre.
Valentin Katassonov
Valentin Katassonov est Professeur au Département de Moscou de l’Institut d’Etat de Finance internationale, docteur en sciences économiques, membre correspondant de l’Académie des sciences économiques et commerciales. Il fut consultant des Nations Unies (1991-93), membre du Conseil consultatif auprès du Président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) (1993-96), chef du Département des relations monétaires internationales du ministère des Affaires étrangères de la Russie (2001-11).
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Sujet / Message La Chine inaugure une « Nouvelle ère de pouvoir international et d’influence »

le Mer 1 Nov - 22:04
On aurait tort de considérer la réunion du 19e Congrès du Parti Communiste Chinois comme une simple grand messe destinée à asseoir le pouvoir de XI Jinping : c’est une déclaration de mobilisation au service d’un Projet: devenir la puissance mondiale dominante sous tous les aspects. Ce Congrès inaugure une »Nouvelle ère de pouvoir international et d’influence ».

A la cérémonie de clôture, il a été annoncé que la pensée de Xi Jinping sur « le Socialisme avec ses caractéristiques chinoises pour une nouvelle ère » allait être insérée dans la Charte du Parti, c’est un symbole. La Chine ne tourne pas le dos au socialisme , au pouvoir et à la propriété étatique, elle ne va pas aller dans le sens d’une démocratie bourgeoise, au contraire, elle va encore plus se trouver sous le contrôle de l’élite du Parti.

C’est une pierre angulaire, une pierre sur laquelle la Chine va ériger les bases d’une nouvelle ère. La chine veut sous tous les aspects se mettre à la place qui lui revient, c’est à dire la première. C’est une déclaration de challenge à l’égard de l’Ouest, c’est une mise en ordre de bataille avec accessoirement la ratification du pouvoir absolu d ‘un homme, d’un chef au sens militaire, qui entre ainsi dans le panthéon mythique de l’histoire chinoise.

Par ailleurs le Parti s’est organisé de telle façon que XI n’ait aucune concurrence et soit assurer de se succéder à lui même . Il a la garantie de la durée et de la continuité.

La tyrannie, l’autocratie sont dialectiquement liées au Projet et en sont des conditions nécessaires: l’heure n’est pas à la libéralisation démocratique, à l’ouverture , à l’alignement sur l’Ouest mais à l’approfondissement du modèle chinois qui a fait la preuve de son succès et de son efficacité. Il ne s’agit plus d’affaiblir le Parti mais de le renforcer, de le muscler, de le rendre plus dur et bien sur moins corrompu. La Chine ne veut pas devenir capitaliste , elle veut conserver son modèle « communiste » original et pour cela elle doit l’approfondir. Le politique doit imposer sa volonté à l’économique . Le rôle du Parti dans l’économie et la micro économie doit être renforcé. Les déséquilibres qui se manifestent dans le système le chinois en particulier en 2015, ne seraient pas corrigés par une libéralisation au contraire puisqu’ils sont produits par cette libéralisation laquelle conteste en quelque sorte les valeurs Chinoises.

Il ne s’agit pas de renforcer l’exposition aux valeurs occidentales ou à celles du marché global, au contraire, il s’agit d’affirmer les valeurs chinoises, de son système et c’est ainsi qu’il faut comprendre la volonté/nécessité d’imposer le Yuan, de globaliser la monnaie chinoise. La Chine est le premier importateur mondial de matières premières, et la première puissance économique, il est normal qu’elle influence, qu’elle fixe les Valeurs. Si on n’a rien compris à cela on n’a rien compris au Projet Chinois et aux orientations qu’il fixe. On risque le contresens dramatique qui conduit à sans cesse crier au loup et à prédire l’effondrement du système chinois alors qu’il prend les dispositions pour se renforcer en s’approfondissant . C’est un constat et un retour en arrière, il ne s’agit plus de s’adapter mais d’adapter le monde extérieur au poids chinois.

C’est important car le talon d’Achille du système chinois, c’est la dette, le poids des dettes. Dans une optique libérale capitaliste, la Chine doit connaître un moment Minsky , une révulsion qui serait provoquée par le choc entre les Valeurs spéculatives domestiques, les Valeurs économiques productives nationales et les valeurs extérieures, le tout synthétisé par le change. Le change, les mouvements de capitaux ou une crise du change: impossibilité à stabiliser le cours du Yuan, perte de maîtrise des taux d’intérêt et révulsion en chaîne. Si la Chine s’ouvrait plus et se rendait plus ouverte aux Valeurs extérieures, elle se mettrait en position de perdre le contrôle de ses choix géopolitiques; mais si au contraire elle cadenasse , alors elle a les moyens de les satisfaire.

Les firmes étrangères s’en sont rendu compte, elles sont quasi unanimes à considérer qu’elles ne vont pas être bienvenues! Les investissements directs sont de moins en moins importants pour l’économie chinoise, ils ne contribuent que pour un peu plus de 1% au produit national, ils contribuaient pour 2,3% en 2006 et 4,8% en 1996.

Les trois défis chinois, rejet du modèle libéral

La chine sous la férule de Xi s’est mise en ordre de bataille pour défier la domination américaine, la coopération/concertation est remplacée par la rivalité pour la première place. Pour cela il faut renforcer le modèle autoritaire et non pas l’affaiblir par la libéralisation.

La Stratégie chinoise doit permettre de lutter concrètement contre la domination du dollar dès cette année. Pourquoi il est vital de s’affranchir du dollar?

La Chine a compris que le dollar était le véhicule de la libéralisation , un véhicule qui est une arme dans les mains des américains. Le dollar joint à l’ouverture financière, aux libres mouvements de capitaux, dont voulait le Président de la Banque Centrale (sur le départ) est porteur de contradictions dangereuses pour le système chinois, donc au lieu de s’y lier il faut s’en affranchir tel est le raisonnement de Xi Jinping . Le dollar véhicule la Loi de la Valeur dont précisément les leaders chinois veulent s’exonérer. La loi de la Valeur, c’est la sanction économique du volontarisme politique par le biais du marché, et c’est précisément ce dont les dirigeants chinois veulent s’affranchir.

La Chine a compris que le dollar était le véhicule de la « libéralisation » , libéralisation qui est en réalité un asservissement aux américains, ce véhicule est une arme dans les mains des américains. La promotion internationale du Yuan est indispensable, c’est la pièce maîtresse de l’édifice sur lequel Xi Jinping veut asseoir la primauté de la Chine.

Le dollar véhicule l’impérialisme américain et anglo saxon par le biais des juridictions, des réseaux et des sanctions/ embargos qui sont autant de mesures coercitives. il n’y a pas de possibilité d’un Projet autonome si on ne s’affranchit pas du dollar et si on n’offre pas à ses partenaires économiques et politiques la possibilité de s’en affranchir.

Si lamais Xi réussisait c’est un boulevard qui s’ouvre devant lui:

-projet(s) chinois séduisant(s) aussi bien pour l’intérieur que pour les partenaires extérieurs,

-investissements productifs colossaux qui à la faveur d’une monnaie reconnue globalement attire les flux de capitaux,

-assèchement du pool de financement américain/anglo-saxon,

-baisse du dollar et de son attrait,

-le poids des déficits augmente, ils deviennent difficiles à financer

-il force les autorités américaines à des choix dramatiques entre le beurre et les canons

-exacerbation des contradictions sociales, dislocation du consensus

Bref une véritable stratégie cohérente, dialectique en diable.
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Sujet / Message guerre economique

le Mar 14 Nov - 9:25

Dans ce qui ne peut être décrit que comme un diatribe nationaliste de type « l’Amérique d’abord », le président américain Donald Trump a fait hier un discours de quasi-guerre économique aux dirigeants du gouvernement et des ministres du commerce lors de la conférence de la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique (APEC) à Da Nang, au Vietnam.


Nick Beams
Mardi 14 Novembre 2017


Abandonnant le ton relativement modéré qu’il a adopté en Chine au cours des deux derniers jours, Trump a lancé une tirade contre ce qu’il a appelé « les violations, la tromperie ou l’agression économique » dans la région – des remarques clairement dirigées contre Pékin.

Le discours a été présenté comme une élaboration majeure de la politique américaine vis-à-vis de ce que Washington appelle la région indo-Pacifique. Élevant sa voix si forte que les haut-parleurs de la salle commençaient à craquer, Trump reprocha à la Chine et à d’autres pays de poursuivre des politiques qui détruisaient les emplois aux États-Unis.

« Nous ne pouvons plus tolérer ces abus commerciaux chroniques et nous ne les tolérerons pas », a-t-il déclaré.

« Malgré des années de promesses non tenues, on nous a dit qu’un jour, tout le monde se comporterait de manière juste et responsable. Les gens en Amérique et dans toute la région indo-Pacifique ont attendu que ce jour vienne. Mais cela n’a jamais été le cas, et c’est pourquoi je suis ici aujourd’hui – pour parler franchement de nos défis […] À partir de ce jour, nous allons être compétitifs sur un pied d’égalité. Nous n’allons pas laisser les États-Unis en profiter. Je vais toujours mettre l’Amérique en premier ».

La diatribe de Trump comportait deux éléments essentiels : une attaque contre le système commercial multilatéral relevant de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et un appel implicite à la formation d’un groupe régional, centré sur les États-Unis, dirigé contre la Chine.

Sans citer spécifiquement la Chine, Trump a déclaré que des pays avaient été « acceptés par l’Organisation mondiale du commerce, même s’ils ne respectaient pas les principes énoncés. En termes simples, nous n’avons pas été traités équitablement par l’Organisation mondiale du commerce. »

Les États-Unis, a déclaré M. Trump, ont adhéré aux principes de l’OMC, encourageant les entreprises privées, l’innovation et l’industrie. Mais « d’autres pays ont utilisé la planification industrielle gérée par le gouvernement et les entreprises publiques » pour s’engager dans « le dumping des produits, la manipulation des devises et les pratiques industrielles prédatrices ».

Ces pays ont ignoré les règles pour prendre l’avantage sur ceux qui les ont suivis, provoquant des « distorsions énormes » dans le commerce et menaçant les fondements mêmes du commerce international.

« Les emplois, les usines et les industries ont été retirés des États-Unis et de nombreux autres pays », a déclaré Trump.

L’appel à un nouveau bloc, centré sur les États-Unis et visant la Chine, est contenu dans l’utilisation du terme indo-Pacifique par la Maison-Blanche pour décrire ce qui était auparavant appelé la région Asie-Pacifique.

Comme l’a noté le Financial Times, certains dans le public écoutant le discours de Trump à Da Nang ont été enclins à absoudre son utilisation de la phrase comme un lapsus. Mais c’était un « effort calculé pour dévoiler sa stratégie naissante pour l’Asie, qui implique une coopération accrue entre les États-Unis, le Japon, l’Australie et l’Inde visant à contrer l’influence toujours croissante que la Chine exerce en Asie ».

Le président américain a carrément mis à l’écart le cadre multilatéral mis en place par les États-Unis eux-mêmes au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et qui a régi le commerce international au cours des sept dernières décennies. Il a déclaré que les États-Unis conclueraient des accords bilatéraux avec « toute nation de l’indo-Pacifique qui veut être notre partenaire et respectera les principes du commerce équitable et réciproque ».

Trump a déclaré : « Ce que nous ne ferons plus, c’est de conclure de grands accords qui nous lient les mains, abandonnent notre souveraineté et rendent une application significative pratiquement impossible ».

En définissant ce qu’il a appelé « le rêve indo-Pacifique », Trump a déclaré que ceux qui respectaient les règles seraient « nos partenaires économiques les plus proches ». Ceux qui ne les respectent pas, a-t-il dit, « peuvent être certains que les États-Unis ne fermeront plus les yeux sur les violations, sur la tricherie ou sur l’agression économique. Cette époque est révolue. »

Trump n’a laissé aucun doute sur l’orientation de la nouvelle stratégie en énumérant une série de pratiques que les États-Unis reprochent à Pékin de s’engager.

« Nous ne tolérerons plus le vol audacieux de la propriété intellectuelle. Nous affronterons les pratiques destructrices consistant à forcer les entreprises à donner leur technologie à l’État et à les forcer à passer des accords de coentreprises en échange de l’accès au marché. »

« Nous nous attaquerons au subventionnement massif des industries par le biais d’entreprises publiques colossales qui mènent des concurrents privés à la faillite. »

Trump a défini un programme visant à réduire la perspective des investissements chinois dans les pays de la région à travers le projet One Belt, One Road de Pékin. Il a déclaré que les États-Unis recentreraient leurs efforts de développement en appelant la Banque mondiale et la Banque asiatique de développement à diriger leurs opérations « vers des investissements d’infrastructure de haute qualité qui favorisent la croissance économique ».

Les États-Unis réorganiseront « nos institutions de financement du développement pour qu’elles incitent mieux les investissements du secteur privé dans vos économies et offrent des solutions de rechange solides aux entreprises dirigées par l’État qui sont assorties de nombreuses conditions ».

Ce vague engagement à « faire plus » ne fait que souligner la réalité que les États-Unis ont peu à offrir en matière d’initiatives économiques concrètes face aux grands projets d’investissement chinois.

Le discours de Trump a été suivi quelques minutes plus tard par une allocution du président chinois Xi Jinping. Tout en ne mentionnant pas les remarques de Trump, Xi a souligné la coopération internationale, l’ouverture économique et la nécessité de soutenir le multilatéralisme.

Xi a déclaré qu’au cours des dernières décennies, la mondialisation économique avait contribué de manière significative à la croissance mondiale et était devenue « une tendance historique irréversible ». Il a déclaré : « Nous devons continuer à favoriser une économie ouverte qui profite à tous. L’ouverture apporte le progrès, tandis que l’auto-isolement laisse à la traîne. »

Le discours de Xi contenait des phrases et des thèmes qui auraient à un moment donné constitué le centre d’une allocution d’un président américain. Cela souligne l’énorme transformation de la structure de l’économie mondiale.

La Chine, tout comme les États-Unis, fonctionne sur la base de ses intérêts économiques nationaux. La différence est que tandis que les États-Unis voient l’ordre mondial actuel comme menant à leur déclin économique, les dirigeants chinois, représentant les intérêts des oligarques et des multimillionnaires qui constituent la classe dirigeante du pays, ne voient que des opportunités.

Pékin cherche à utiliser sa force économique croissante dans ce cadre pour faire avancer l’objectif stratégique de devenir une « grande puissance » et de se rapprocher « de la scène centrale », selon les mots de Xi au congrès du Parti communiste chinois le mois dernier.

Il n’y a pas de solution pacifique à ce conflit. Sa logique objective ne va que dans une direction : vers la guerre entre les États-Unis et la Chine, alors que la classe capitaliste américaine cherche à contrer son déclin économique sensible par la force militaire.

(Article paru d’abord en anglais le 11 novembre 2017)


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Sujet / Message guerre economique

le Mar 14 Nov - 9:42

Dans ce qui ne peut être décrit que comme un diatribe nationaliste de type « l’Amérique d’abord », le président américain Donald Trump a fait hier un discours de quasi-guerre économique aux dirigeants du gouvernement et des ministres du commerce lors de la conférence de la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique (APEC) à Da Nang, au Vietnam.


Nick Beams
Mardi 14 Novembre 2017


Abandonnant le ton relativement modéré qu’il a adopté en Chine au cours des deux derniers jours, Trump a lancé une tirade contre ce qu’il a appelé « les violations, la tromperie ou l’agression économique » dans la région – des remarques clairement dirigées contre Pékin.

Le discours a été présenté comme une élaboration majeure de la politique américaine vis-à-vis de ce que Washington appelle la région indo-Pacifique. Élevant sa voix si forte que les haut-parleurs de la salle commençaient à craquer, Trump reprocha à la Chine et à d’autres pays de poursuivre des politiques qui détruisaient les emplois aux États-Unis.

« Nous ne pouvons plus tolérer ces abus commerciaux chroniques et nous ne les tolérerons pas », a-t-il déclaré.

« Malgré des années de promesses non tenues, on nous a dit qu’un jour, tout le monde se comporterait de manière juste et responsable. Les gens en Amérique et dans toute la région indo-Pacifique ont attendu que ce jour vienne. Mais cela n’a jamais été le cas, et c’est pourquoi je suis ici aujourd’hui – pour parler franchement de nos défis […] À partir de ce jour, nous allons être compétitifs sur un pied d’égalité. Nous n’allons pas laisser les États-Unis en profiter. Je vais toujours mettre l’Amérique en premier ».

La diatribe de Trump comportait deux éléments essentiels : une attaque contre le système commercial multilatéral relevant de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et un appel implicite à la formation d’un groupe régional, centré sur les États-Unis, dirigé contre la Chine.

Sans citer spécifiquement la Chine, Trump a déclaré que des pays avaient été « acceptés par l’Organisation mondiale du commerce, même s’ils ne respectaient pas les principes énoncés. En termes simples, nous n’avons pas été traités équitablement par l’Organisation mondiale du commerce. »

Les États-Unis, a déclaré M. Trump, ont adhéré aux principes de l’OMC, encourageant les entreprises privées, l’innovation et l’industrie. Mais « d’autres pays ont utilisé la planification industrielle gérée par le gouvernement et les entreprises publiques » pour s’engager dans « le dumping des produits, la manipulation des devises et les pratiques industrielles prédatrices ».

Ces pays ont ignoré les règles pour prendre l’avantage sur ceux qui les ont suivis, provoquant des « distorsions énormes » dans le commerce et menaçant les fondements mêmes du commerce international.

« Les emplois, les usines et les industries ont été retirés des États-Unis et de nombreux autres pays », a déclaré Trump.

L’appel à un nouveau bloc, centré sur les États-Unis et visant la Chine, est contenu dans l’utilisation du terme indo-Pacifique par la Maison-Blanche pour décrire ce qui était auparavant appelé la région Asie-Pacifique.

Comme l’a noté le Financial Times, certains dans le public écoutant le discours de Trump à Da Nang ont été enclins à absoudre son utilisation de la phrase comme un lapsus. Mais c’était un « effort calculé pour dévoiler sa stratégie naissante pour l’Asie, qui implique une coopération accrue entre les États-Unis, le Japon, l’Australie et l’Inde visant à contrer l’influence toujours croissante que la Chine exerce en Asie ».

Le président américain a carrément mis à l’écart le cadre multilatéral mis en place par les États-Unis eux-mêmes au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et qui a régi le commerce international au cours des sept dernières décennies. Il a déclaré que les États-Unis conclueraient des accords bilatéraux avec « toute nation de l’indo-Pacifique qui veut être notre partenaire et respectera les principes du commerce équitable et réciproque ».

Trump a déclaré : « Ce que nous ne ferons plus, c’est de conclure de grands accords qui nous lient les mains, abandonnent notre souveraineté et rendent une application significative pratiquement impossible ».

En définissant ce qu’il a appelé « le rêve indo-Pacifique », Trump a déclaré que ceux qui respectaient les règles seraient « nos partenaires économiques les plus proches ». Ceux qui ne les respectent pas, a-t-il dit, « peuvent être certains que les États-Unis ne fermeront plus les yeux sur les violations, sur la tricherie ou sur l’agression économique. Cette époque est révolue. »

Trump n’a laissé aucun doute sur l’orientation de la nouvelle stratégie en énumérant une série de pratiques que les États-Unis reprochent à Pékin de s’engager.

« Nous ne tolérerons plus le vol audacieux de la propriété intellectuelle. Nous affronterons les pratiques destructrices consistant à forcer les entreprises à donner leur technologie à l’État et à les forcer à passer des accords de coentreprises en échange de l’accès au marché. »

« Nous nous attaquerons au subventionnement massif des industries par le biais d’entreprises publiques colossales qui mènent des concurrents privés à la faillite. »

Trump a défini un programme visant à réduire la perspective des investissements chinois dans les pays de la région à travers le projet One Belt, One Road de Pékin. Il a déclaré que les États-Unis recentreraient leurs efforts de développement en appelant la Banque mondiale et la Banque asiatique de développement à diriger leurs opérations « vers des investissements d’infrastructure de haute qualité qui favorisent la croissance économique ».

Les États-Unis réorganiseront « nos institutions de financement du développement pour qu’elles incitent mieux les investissements du secteur privé dans vos économies et offrent des solutions de rechange solides aux entreprises dirigées par l’État qui sont assorties de nombreuses conditions ».

Ce vague engagement à « faire plus » ne fait que souligner la réalité que les États-Unis ont peu à offrir en matière d’initiatives économiques concrètes face aux grands projets d’investissement chinois.

Le discours de Trump a été suivi quelques minutes plus tard par une allocution du président chinois Xi Jinping. Tout en ne mentionnant pas les remarques de Trump, Xi a souligné la coopération internationale, l’ouverture économique et la nécessité de soutenir le multilatéralisme.

Xi a déclaré qu’au cours des dernières décennies, la mondialisation économique avait contribué de manière significative à la croissance mondiale et était devenue « une tendance historique irréversible ». Il a déclaré : « Nous devons continuer à favoriser une économie ouverte qui profite à tous. L’ouverture apporte le progrès, tandis que l’auto-isolement laisse à la traîne. »

Le discours de Xi contenait des phrases et des thèmes qui auraient à un moment donné constitué le centre d’une allocution d’un président américain. Cela souligne l’énorme transformation de la structure de l’économie mondiale.

La Chine, tout comme les États-Unis, fonctionne sur la base de ses intérêts économiques nationaux. La différence est que tandis que les États-Unis voient l’ordre mondial actuel comme menant à leur déclin économique, les dirigeants chinois, représentant les intérêts des oligarques et des multimillionnaires qui constituent la classe dirigeante du pays, ne voient que des opportunités.

Pékin cherche à utiliser sa force économique croissante dans ce cadre pour faire avancer l’objectif stratégique de devenir une « grande puissance » et de se rapprocher « de la scène centrale », selon les mots de Xi au congrès du Parti communiste chinois le mois dernier.

Il n’y a pas de solution pacifique à ce conflit. Sa logique objective ne va que dans une direction : vers la guerre entre les États-Unis et la Chine, alors que la classe capitaliste américaine cherche à contrer son déclin économique sensible par la force militaire.

(Article paru d’abord en anglais le 11 novembre 2017)


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