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Guerre franco-prussienne de 1870-1871

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Sujet / Message Guerre franco-prussienne de 1870-1871

Message par Syfou le Lun 28 Mar - 23:19

Guerre franco-prussienne de 1870


Spoiler:
Napoléon III et Bismarck, le 2 septembre 1870
à Donchery, entrevue après la bataille de Sedan.
Reproduction d'une œuvre de Wilhelm Camphausen.

La guerre franco-prussienne (19 juillet 1870 - 29 janvier 1871) opposa le Second Empire français et le royaume de Prusse et ses alliés (elle est parfois appelée guerre franco-allemande, ce qui est une erreur car l'Allemagne en tant qu'entité politique a été fondée justement à l'issue de cette guerre). Le conflit marqua le point culminant de la tension entre les deux puissances, résultant de la volonté prussienne de dominer toute l'Allemagne, qui était alors une mosaïque d'États indépendants. La défaite entraîna la chute de l'Empire français et la perte pour le territoire français d'une partie de l'Alsace-Lorraine.

L'exploitation de la fébrilité de la France

La candidature, le 21 juin 1870, du Prince allemand Leopold de Hohenzollern-Sigmaringen au trône d'Espagne, vacant depuis la révolution de septembre 1868, est l'élément déclencheur de la guerre. Le 6 juillet, le duc de Gramont, ministre des Affaires étrangères, annonce que la France s'oppose à cette candidature. Le 12 juillet, Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen retire sa candidature, selon la déclaration de son père le Prince Antoine. Le 13 juillet, alors que la France lui demande, par l'intermédiaire de son ambassadeur Benedetti envoyé auprès de lui dans la ville d'eaux d'Ems, de garantir le retrait de Léopold, le roi Guillaume de Prusse, agacé, fait confirmer la renonciation du prince, en ajoutant qu'il « n'a plus rien d'autre à dire à l'ambassadeur ».

Cependant son télégramme (la dépêche d'Ems), relatant son entretien avec l'ambassadeur de France, est réécrit par le Chancelier de Prusse Von Bismarck (même si Léopold s'est bien retiré), pour laisser croire à un congédiement humiliant de l'ambassadeur de manière à provoquer l'indignation des Français. Le premier ministre cherche en effet à abaisser la France, dont la position diplomatique est un obstacle pour souder les États allemands et ouvrir la voie à l'unité allemande. Or, après le succès en 1866 de la bataille de Sadowa lors de la guerre austro-prussienne et la rebuffade de la crise luxembourgeoise (1867), embarrasser la diplomatie française, plus qu'une nouvelle guerre victorieuse, lui apparaît comme le moyen le plus efficace d'atteindre son but. Même s'il ne cherche pas forcément la guerre, le chancelier Von Bismarck est bien informé des réalités de l'armée française, vieillissante, fort peu préparée à une guerre européenne, démoralisée par le désastre de l'expédition au Mexique (soldats mal équipés, mauvais positionnement des dispositifs, absence de chefs de valeur). Il sait en conséquence qu'une guerre pourrait servir les objectifs allemands de la Prusse.

La presse parisienne dénonce l'affront. La mobilisation, arrêtée secrètement le 13 juillet, est signée le 14. Le 15, elle est approuvée par le Corps législatif. Malgré les ultimes avertissements d'Adolphe Thiers ("Vous n'êtes pas prêts !", criait-il aux parlementaires belliqueux), le Corps législatif français vote aussi les crédits de guerre. Le 16 juillet, le maréchal Bazaine est placé à la tête du 3e corps de l'Armée du Rhin. Il reçoit autorité sur les armées des généraux Frossard et Ladmirault ainsi que sur la Garde impériale.

Le général Chabaud-Latour est chargé de la défense de la capitale. Des travaux sont entrepris au fort du Mont-Valérien, aux forts de Montrouge, de Bicêtre, d'Ivry, de Vanves, d'Issy, puis le 3 août aux forts de l'Est, et à Saint-Denis ; plus d'une vingtaine de redoutes sont construites. Le 17 juillet, lors d'un rassemblement populaire d'étudiants et d'ouvriers à la Bastille, Émile Ollivier, poussé par l'opinion publique, déclare la guerre à la Prusse (la déclaration sera officielle deux jours plus tard). Le 19 juillet, Émile Ollivier, devant le Corps législatif, dit accepter la guerre « d'un cœur léger ». Les États allemands prennent alors parti pour la Prusse qui paraît agressée. Napoléon III, pacifiste mais malade, laisse faire. Le 19 juillet, la France déclare la guerre à la Prusse. Cette décision provoque un rassemblement enthousiaste des Parisiens devant le palais des Tuileries. Peu se rendent compte que l'armée française est mal préparée à cette guerre.

Armements et troupes

"Nous sommes prêts et archi-prêts, il ne manque pas à notre armée un bouton de guêtre." Général Le Boeuf de l'Armée française, propos recueillis par M.Martre, ancien professeur à la Sorbonne, retraité vivant dans le Lot-Et-Garonne.

Fusils

Le Chassepot modèle 1866 français, avec une munition de 11 mm, a une portée utile de 150 mètres qui est nettement supérieure à celle du fusil Dreyse allemand . Ce dernier a une munition de 15 mm qui est moins puissante et moins précise. Par surcroit, l'effet vulnérant de la balle Chassepot était dévastateur. Plus de 80% des pertes infligées aux troupes adverses en 1870-71 ont été imputées après la guerre aux effets du fusil Chassepot. Mais l'Armée française a la mauvaise idée d'acheter des munitions à la manufacture belge de Herstal en omettant le fait que le Kronprinz était un des actionnaires de cette manufacture. Les commandes de munitions n'arrivent pas à temps à Sedan. À court de munitions, Napoléon III se rend pour éviter un carnage. La manufacture d'Herstal explique par courrier cette défaillance de livraison du fait de la désorganisation qui règne sur les routes. La manufacture présente malgré tout sa facture qui sera réglée par la IIIe République.

Pistolets

Le Lefaucheux 12 mm marin est un pistolet francais employé durant le conflit de 1870 utilisant des cartouches de 12 mm à broches. Son rechargement est lent du fait de sa conception. En effet, la portière de rechargement ne permet d'insérer qu'une seule cartouche à la fois.

Artillerie

Le canon Krupp allemand en acier se charge par la culasse, tandis que son homologue français est en bronze et se charge par la bouche. Ces avantages sont cependant limités par la qualité du métal et les deux types de canons sont rayés. Par contre, la cadence de tir du canon Krupp est nettement supérieure et la portée du canon Krupp est de 6 km contre 4 km pour les canons français. La supériorité allemande vient aussi de l'utilisation d'obus percutants plutôt que fusants. Le canon de campagne français ou « Pièce de 4 » utilisait surtout des obus fusants plûtot que percutants, avec seulement trois distances d'éclatement possibles. Cette infériorité technique greva la « Pièce de 4 » d'une infériorité rédhibitoire par rapport aux effets du canon Krupp. L'infériorité de l'artillerie française, d’après le général Suzanne, directeur de l’artillerie en 1870, découlait aussi du mode d'emploi de l’artillerie : dispersion excessive de l'artillerie avec absence de grande batteries, duel avec l’artillerie adverse avec pour seul résultat d'attirer sur elle une concentration des batteries ennemies. Une seule grande batterie fut constituée par le colonel de Montluisant à Saint-Privat le 18 août. Elle infligea de fortes pertes à la garde prussienne.

Enfin, il faut citer les canons à balles de Reffye, ces mitrailleuses qui tiraient environ 75 coups à la minute. Chaque fois que les officiers, commandant ces batteries de mitrailleuses à 6 pièces, comprennent qu’il valait mieux ne pas engager la lutte contre l’artillerie adverse mais contre l’infanterie, des résultats spectaculaires sont obtenus. Il semble même que la majorité des pertes prussiennes infligées par l'artillerie française leur soit imputable.

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Sujet / Message Re: Guerre franco-prussienne de 1870-1871

Message par Syfou le Lun 28 Mar - 23:26

Cavalerie

La précision et les effets vulnérants des fusils tels que le Chassepot ainsi que l'utilisation d'obus percutants rendent les charges de cavalerie inutiles. A ce titre, la guerre franco-allemande (avec la guerre de sécession) marque le déclin irrémédiable de cette arme qui avait dominé les champs de bataille pendant 150 ans. La cavalerie française était supérieure à celle des prussiens mais l'artillerie prussienne rendait les charges de la cavalerie française inutiles.

Troupes

Au début du conflit, la France dispose de 265 000 soldats réunis dans l'Armée du Rhin contre 500 000 soldats prussiens auxquels s'ajoutent les forces de quatre États allemands du sud, soit un total de 800 000 soldats. La mobilisation terminée, les troupes françaises comptent 900 000 soldats contre 1 200 000 soldats allemands et prussiens.

Bref rappel des faits
Une victoire sans appel de l'Allemagne

Mal préparés, très inférieurs en nombre et très mal commandés, les Français sont sévèrement battus dans plusieurs batailles, où ils font cependant quelquefois preuve de panache : menacé d'encerclement par l'armée du Kronprinz à Frœschwiller, Mac Mahon sacrifie sa cavalerie pour dégager un axe de retraite vers Metz et Verdun.

À la bataille de Frœschwiller-Wœrth, les régiments cuirassiers chargent héroïquement dans Frœschwiller et dans Morsbronn où ils sont écrasés par les coalisés : des premier et deuxième régiments de cuirassiers il ne restera que peu de survivants.

Le 2 septembre, à la bataille de Sedan, l'empereur français Napoléon III capitule avec

39 généraux
Entre 70 000 et 100 000 soldats,
entre 419 et 650 canons et
entre 6 000 et 10 000 chevaux.
553 pièces de campagne et de siège
66 000 fusils
Cela entraîne deux jours plus tard, à Paris, une révolution sans violence et la création d'un gouvernement de défense nationale.

Une nouvelle défaite française écrasante a lieu à Metz, où le maréchal Bazaine capitule le 29 octobre, livrant

3 maréchaux
6 000 officiers
170 000 à 180 000 soldats
1 660 canons
278 000 fusils
3 millions d'obus
23 millions de cartouches
L'armée impériale est désormais totalement inexistante.

A Paris on proclame la déchéance de l'empereur et la Troisième République. Le général Trochu et Gambetta tentent de réorganiser ce qui reste des armées françaises en déroute pour repousser les forces prussiennes qui assiègent rapidement Paris.

Ce qui reste des armées françaises tente de résister et parvient à faire reculer l'ennemi, notamment sur la Loire. Mais très affaiblies, elles doivent battre en retraite sur tous les fronts. Face à la déroute, le gouvernement de la Défense nationale, demande l'armistice. Après les élections législatives 400 députés votent pour l'arrêt de la guerre contre 200 républicains décidés à continuer le combat.

Un armistice est signé le 28 janvier 1871, dix jours après la proclamation à Versailles, de Guillaume comme empereur allemand. La stratégie de Bismarck est une réussite.

Les pertes humaines

Cette guerre fait 44 000 morts dans les rangs de l'armée allemande soit 14 % des effectifs, (dont la moitié de maladie), 128 000 blessés et 100 000 malades.

Elle coûte à la France 139 000 morts (au combat ou de maladie), 143 000 blessés et 320 000 malades. Ces chiffres comprennent aussi les civils touchés par les bombardements, la famine et les tragédies telle celle du camp de Conlie.

La variole a aussi décimé les rangs des deux armées, cependant, les Prussiens qui connaissaient l'efficacité du rappel antivariolique ont eu nettement moins de pertes dues à cette maladie. En effet, sur 8 500 Prussiens contaminés, 450 en sont morts, en revanche, les Français qui ne connaissaient pas le rappel du vaccin ont eu 125 000 contaminations et 23 500 décès.

L'insurrection de la Commune

Cependant, la Garde nationale et les ouvriers de Paris refusent d'accepter la défaite, critiquant le gouvernement conservateur pour n'avoir pas su organiser une résistance nationale efficace, et prennent le contrôle de la capitale le 18 mars, mettant en place un gouvernement insurrectionnel : la Commune de Paris. Avec l'accord tacite des Prussiens, celle-ci est combattue puis écrasée lors de la « Semaine sanglante » (21-28 mai) par le gouvernement d'Adolphe Thiers réfugié à Versailles.

Le traité de paix

Le traité de paix préliminaire franco-allemand, signé à Versailles le 26 février, est confirmé par le traité de Francfort (10 mai 1871).

La France doit rendre à l'Allemagne les territoires annexés par Louis XIV en 1681 ainsi que Metz, française depuis 1552, soit les quatre anciens départements de l'Alsace-Lorraine (Haut-Rhin sauf Belfort, Bas-Rhin, une très grosse partie du département de la Moselle, une grosse partie du département de la Meurthe et une toute petite partie du département des Vosges qui constituent jusqu'en 1919 la province allemande d'Alsace-Lorraine) et payer une indemnité de guerre de 5 milliards de francs or. Les troupes allemandes occupent une partie de la France jusqu'à ce que le total des indemnités soit versé en septembre 1873.

L'annexion devait concerner la Moselle et l'Alsace dont le territoire de Belfort, mais étant donné la bravoure des troupes françaises du colonel Pierre Philippe Denfert-Rochereau lors du siège de Belfort, ce territoire resta à la France en contrepartie d'autres territoires lorrains (les villages correspondant au champ de Bataille de Saint Privat : « le tombeau de ma garde » disait Guillaume Ier de Prusse).

Conséquences de la guerre : naissance de l'Empire allemand et de la IIIe République française

Alors que la guerre unit tout l'Empire allemand sous la couronne prussienne, la France devient une république (février 1870) où la mémoire de la Commune divise longtemps la droite et la gauche. Une conséquence indirecte de la guerre est que les États pontificaux, qui ne sont plus sous protection française, sont annexés (le 20 septembre 1870) par l'Italie, complétant l'unification du pays. L'Allemagne décide aussi d'annexer l'Alsace et la Moselle, qui seront reprises à la fin de la Première Guerre mondiale.

La conséquence immédiate de cette guerre est l'avènement de l'Allemagne bismarckienne qui va dominer seule l'Europe continentale pendant près de 30 ans et faire que la France, diplomatiquement isolée, en soit évincée. Mais animant plus que jamais le nationalisme, reste en France le sentiment d'une revanche à prendre qui s'amplifie jusqu'en 1914 (Première Guerre mondiale).

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