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Sujet / Message Forces armées burundaises

le Mer 23 Fév - 1:13
Forces armées burundaises

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Au Burundi, la création d’une armée au sens large du terme date de la période monarchique. Elle a évolué avec les différents conflits frontaliers et surtout les guerres contre les arabes esclavagistes de Rumaliza en 1884 et les allemands en 1903. Cette armée traditionnelle a été remplacée par celle de l’occupant (Allemands et après les Belges). Dans d’autres pays, les puissances colonisatrices ont formé des armées locales pour les épauler dans le maintien de l’ordre établi et aussi pour combattre en Europe au cours des deux guerres mondiales. Par ailleurs, la Belgique n’a pas formé une armée au Burundi et au Rwanda car elle devait respecter une résolution de la Société des Nations (SDN). C’est ainsi qu’il y avait des militaires congolais au Burundi sous les ordres des Belges.

Au mois de juin 1959, malgré le résolution de l’ONU, le ministre belge des colonies Van HEMELRYCK a autorisé la Force Publique du Congo à recruter des volontaires burundais et rwandais. Le 1 er contingent était de 70 burundais et 35 rwandais. A l’indépendance du Congo en juillet 1960, ces soldats ont regagné leurs pays et les burundais ont été désarmés et renvoyés sur leurs collines. Un autre recrutement de 145 burundais se fera juste avant l’indépendance du Congo. 5 officiers burundais (MICOMBERO, RYUMEKO, NTUNGUMBURANYE, SHIBURA et KARORERO) ont été envoyés à l’Ecole Royale militaire en Belgique pour suivre une formation d’officiers. La garde territoriale du Ruanda-Urundi a été créée le 13 juin 1960.

La constitution d’une armée nationale a été l’enjeu politique majeur. Au Rwanda, elle a été constituée selon les quotas ethniques avancés par le colonisateur. La Belgique voulait donner des moyens aux hutu pour contrer la monarchie tutsi, à l’indépendance. Le colonel LOGIEST, ancien commandant de la force belge au Rwanda, disait ceci dans son livre Mission au Rwanda : « J’estime nécessaire de mettre rapidement sur pied une force autochtone composée officiellement de 14 % de tutsi et de 86 % de hutu, mais pratiquement de près de 100 % de hutu. »

Au Burundi, la situation a été différente. Ce sont les burundais qui ont essayé d’orienter la constitution de l’armée. Le recrutement se faisait à l’image du gouvernement en place. Quand l’Uprona a gagné les élections, ce sont ses sympathisants qui ont dominé l’armée. L’idée germait chez certains que l’armée pourrait dominer un jour la scène politique. On a même remarqué que les jésuites du collège Saint- Esprit ont encouragé leurs élèves à rejoindre l’armée dans la catégorie des officiers. Espéraient-ils voir un jour certains anciens collégiens comme MICOMBERO et BAGAZA devenir Président du Burundi ?

A l’indépendance, l’armée burundaise a été confiée au Colonel belge HENNIQUIAU en tant que chef d’Etat Major avec un adjoint burundais. L’ armée burundaise évoluera avec un double commandement belge et burundais. Elle obéira plutôt au commandement burundais qu’au commandement belge.

L’armée était dirigée par le capitaine MICOMBERO et la Gendarmerie par le capitaine SERUKWAVU. Au départ, ils dépendaient du 1 er ministre et après, du cabinet du roi. Un climat de méfiance s’est instauré entre les deux corps en raison des traitements différents (soldes et autres avantages) au profit des gendarmes. Au niveau ethnique, le gendarmerie était dominée par les officiers hutu alors que l’armée était dominée par des officiers tutsi. Politiquement, la gendarmerie était proche du groupe Uprona dit Monronvia. Elle n’a même pas hésité à libérer MIREREKANO de la prison et de le porter en triomphe dans la ville de Bujumbura. Ce fut la même gendarmerie chargée de la sécurité des institutions qui tentera un coup d’Etat contre le roi en 1965 avec l’appui feu (mortiers)des officiers hutu de la Base des forces armées. A partir de ce moment, la purge contre certains éléments hutu de l’armée et de la gendarmerie a commencé. Elle se poursuivra avec les « préparatifs de coup d’Etat de Nkaka ». Nkaka est une vallée de la province de Ngozi qui était censé être le lieu des préparatifs de ce coup d’Etat. Des officiers hutu ont été accusés à tort ou à raison d’avoir préparé un coup d’Etat.

En 1971, les divisions au sein de l’armée auront une tournure régionaliste. La soi-disante tentative du coup d’Etat de Muramvya a inauguré la mise à l’écart des officiers de Muramvya et la domination de la seule région de Bururi au sein de l’armée. D’après mes informations recueillies dans les archives de l’armée, le coup d’Etat n’était pas régionaliste. En 1971, c’étaient le tour des officiers et des politiciens de Muramvya et Jenda à être inquiétés. En effet, un complot venait d’être découvert ou dénoncé par le témoin anonyme le Général Ndabemeye.

Pour les intellectuels des autres régions autres que Bururi, il s’agissait d’un montage pour les éliminer du pouvoir.Plusieurs personnes ont été arrêtées : Les officiers Ntungumburanye, Rubeya et Ryumeko ; les civils Manirakiza, Etienne Ntiyankundiye, Ntawurishira, Libère Ndabakwaje, Charles Baranyanka et Basita. Personne ne venait de Bururi. Le seul témoin à charge était un témoin anonyme (qui était en réalité le chef d’Etat major de l’armée Ndabemeye). L’avocat des accusés a eu aussi sa peine.

Coup monté ou véritable coup d’Etat en préparation ? En réalité, d’après mes enquêtes, il y’a eu préparation de coup d’Etat contre Micombero. La seule fuite qui a donné lieu à des arrestations fut le recrutement de Ndabemeye par Ntungumburanye. Ndabemeye, chef d’Etat major en conclut que c’était un coup d’Etat de Muramvya et alerta la justice. Comme il ne connaissait que Ntungumburanye, toute personne suspecte d’amitié avec lui fut arrêtée. Furent arrêtés donc des hommes ayant participé dans le complot et d’autres qui ne savaient rien du coup d’Etat.

Paradoxalement, le noyau dur du coup d’Etat ne fut pas complètement démantelé. Les officiers de Bururi ayant participé dans des préparatifs du coup d’Etat ont échappé aux arrestations. Certains ont été promus à des postes importants dont la sûreté. Ainsi, toutes les traces de ce complot furent éliminées et la justice n’a eu aucune preuve tangible pour condamner les accusés. Ndabemeye n’a pas eu le courage d’affronter Ntungumburanye en l’absence d’une preuve de ce recrutement. Plusieurs accusés furent condamnés à mort. Plusieurs appels à la clémence ont poussé Micombero à accorder la grâce présidentielle à tous les accusés malgré l’insistance de Simbananiye d’appliquer les peines à la lettre.

Cette grâce présidentielle donna un souffle nouveau à plusieurs milieux tutsi alors que chez les hutu, le pouvoir avait appliqué le principe de « deux poids, deux mesures ». Les hutu comploteurs en 1969 ont été assassinés et les tutsi de 1971 ont échappé à la mort.

En 1972, l’attaque au Sud du pays par des extrémistes hutu en provenance de la Tanzanie donna l’occasion rêvée par les extrémistes tutsi de liquider tous les militaires hutu. L’armée fut alors mono- ethnique tutsi. Cette armée devint alors une armée au service de la domination d’un groupe régionalo-ethniste. Toutes les tentatives de coup d’Etat devront avoir la bénédiction de certains milieux politico-militaires tutsi de Bururi. Les officiers non originaires de la province de Bururi furent écartés des postes clé de l’armée comme le G3, G2 et G1, chargé respectivement des opérations militaires, des renseignements et du personnel. Aucun officier non originaire de Bururi ne pouvait accéder au poste du chef d’Etat major après le Général Ndabemeye. Il faudra attendre la création du poste de chef d’Etat major adjoint chargé de la gendarmerie originaire de Muramvya au cours du régime de Buyoya I.

Après les événements de Ntega –Marangara d’août 1988, les hutu ont commencé à exiger plus de transparence au niveau des recrutements à l’armée, surtout à l’ISCAM où aucun hutu connu d’avance n’était admis, en dehors de quelques exceptions souvent parrainés par quelques officiers supérieurs. Cette ouverture ne s’est accompagnée d’un mauvais accueil à l’ISCAM notamment par le biais du fameux baptême académique.

La politisation excessive de l’armée qui a atteint son paroxysme quand les officiers ont été sommé de cotiser pour Buyoya en 1993. Cette cotisation n’a pas été collectée en raison de la protestation des officiers. C’est cette politisation qui est responsable de la situation actuelle. L’armée de Buyoya n’a pas été préparée à sa défaite ; d’où la réaction brutale de certains militaires.

Plus que jamais, elle est appelée à évoluer positivement. Le peuple burundais n’a pas besoin d’une armée à majorité hutu ou tutsi. Il a besoin d’une armée patriotique composée de fils dignes de la nation burundaise et non de leurs ethnies. Le jour où l’armée sera composée des militaires convaincus de la défense du peuple tout entier, le pays sera sauvé.

Je termine cet article en rappelant la fameuse phrase du roi Ghézo du Dahomey : « Si tous les fils et les filles apportaient leurs mains pour boucher les trous du royaume , la nation serait sauvée ».

Espérons que toutes les filles et les fils de la nation burundaise apporteront leurs forces et intelligence au service de la paix et de la prospérité du peuple burundais


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